Armaga : Walpurgis Night

Ξ mars 20th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Doom Metal, Gothic Metal |

Armaga : Walpurgis NightQuelle drôle d’idée pour Armaga de faire enregistrer un concert pour une édition spéciale DVD alors que le groupe en lui-même existe depuis un peu plus de trois ans ? Même s’il a effectué quelques concerts et enregistré deux albums, il faut dire que le groupe n’a toutefois pas l’expérience nécessaire pour se mettre sur son 31 et s’aventurer avec un premier DVD signé chez MSR Productions. Sans doute un coup de promo pour accueillir le nouveau chanteur Sergey, remplaçant de Demether Grail et d’Oleg. En tout cas, il s’avère que ce « Walpurgis Night » se découvre dans un package de qualité, mais le contenu laisse quelque peu perplexe.

Pour commencer, Armaga se situe dans un registre doom/gothique très sombre et très tourné vers l’horreur et l’épouvante. Les Russes racontent donc des histoires effrayantes en utilisant un rythme lent, des guitares lourdes et accordées dans les graves, des claviers utilisant des sonorités symphoniques ou des orgues, et un chant black tendant à accentuer les fins de phrases. L’opus « Dark Authority » est sans doute l’album ayant le plus plu, sans doute grâce à ces ambiances particulières et cet aspect parfois morbide. C’est aussi cet album qui est joué lors du concert en question, même si quelques morceaux proviennent de l’album d’avant, « In the Ruins ».

Le groupe doit donc s’affirmer sur la scène et le chanteur doit être à la hauteur afin de prouver qu’il est digne de faire partie d’Armaga. La salle semble assez petite et le public pas très enthousiaste. C’est à peine si on l’entend réagir et les applaudissements sont quelques peu timides. Certes, ce n’est pas un gros groupe mais il ne s’agit pas non plus d’un mauvais groupe, Armaga faisant partie des figures dark/gothiques de la scène russe. Mais il s’avère que le courant ne semble pas passer et que la salle peine à chauffer. Les musiciens eux mêmes peinent à montrer leur hargne et leur envie de se promouvoir. Tous restent statiques, cachés derrière leur instruments. Le chanteur, à la limite, essaie de se mettre en valeur en alternant les techniques de chant (chant black/chant death) et offrent les mimiques qui vont avec, poing en l’air, gestuelle imposante, petit headbang etc. Le batteur lui, se contente de faire tourner ses baguettes autour de ses doigts et de maîtriser son rythme sans grande conviction. Alors oui, il ne faut pas chercher une dynamique immense, d’autant plus que les parties claviers sont samplés et que l’apparition d’un membre guest aurait été de rigueur.

Pour ce qui est de l’installation de l’ambiance, c’est assez difficile, les lumières étant plus bleues que rouges/oranges, alors pour le côté horreur on repassera. Les accessoires adéquats manquent aussi, on ne demande pas la lune mais au moins la preuve que le spectateur est rentré dans le manoir d’Armaga (allusion à la pochette de l’album « Dark Authorities »). Cela empêche donc le spectateur/auditeur de se trouver immerger dans l’univers du groupe. Enfin, il y a un certain manque de communication avec le public, les trois quarts des morceaux étant joués sans transitions et dans un ordre étrange donnant l’impression que tous se ressemblent. Le chanteur dira tout de même quelque mot mais avec une voix black, histoire de jouer le jeu jusqu’au bout.

Armaga a le mérite de mettre de la poigne dans l’exécution de « Overgrown Gates » et « Heartless », l’atmosphère étant bien rendue et les instruments bien mis en valeur, à la différence que les claviers samplés tendent à recouvrir les guitares mais pas la batterie qui se dote d’une double pédale efficace et percutante. La suite se voit dotée d’orgues, de choeurs et de xylophones ainsi que d’accélérations et de décélérations soudaines jusqu’à un « Last Exile » plus black symphonique – bien que doomesque – dans son ensemble. Toutefois il y a rien à dire de plus dans la mesure où les titres sont quasiment construits de la même manière et qu’il est difficile de les distinguer quand on ne connaît pas très bien le groupe. Il faut donc avoir digéré les opus d’Armaga pour pleinement apprécier leur travail, ce que peut-être les spectateurs de la salle n’ont pas fait.

Ce DVD, qui aurait pu être ambitieux, reste intéressant pour ceux désirant découvrir le groupe ou au moins les voir en live, mais le lieu et le contexte restent décevants et non propices à l’immersion du spectateur dans un univers horrifique et gothique.

 

Amentes : It Could All Have Vanished

Ξ mai 15th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Doom Metal, Oriental Metal |

Amentes : It Could All Have VanishedUn sentiment profond de mélancolie et de désespoir assemblé à une ambiance aérienne et orientale, voici ce que nous concocte les membres du groupe méconnu Amentes.

Mélange de musique ethnique à consonances doomesques, « It Could All Have Vanished » , premier album du combo, est une petite perle dans le genre, simpliste mais subtile.

Autoproduit par le groupe lui-même, créée de toute pièce par cinq membres passionnés, cet opus se veut être riche en mélodies et en harmonies. Décryptage d’un album particulier…

“Tout cela aurait pu disparaître”.

Disparaître, ne plus exister, se volatiliser sans laisser de trace…autant de mots pour qualifier ce sentiment d’amertume et de nostalgie en repensant au fait qu’une action ou une autre aurait pu empêcher un événement ou en produire un autre. L’album se base justement sur cette idée là, d’où cette musique lourde mais aussi apaisante. Les guitares sont accordées dans le grave, la basse est dominante, le rythme n’est pas très rapide, mais l’est suffisamment pour nous maintenir par les ambiances aériennes, principalement créées par les claviers. Ces derniers sont bien particuliers, très simplistes, et peu originaux, faisant penser à des musiques de fond dans des anciens jeux vidéos (« IX » ou « Master of Emotion »). Mais les sonorités restent variées, nous imitant des sons d’instruments orientaux, mais aussi des chœurs. Le piano est assez mélancolique et fait quelques apparitions pour soutenir cette ambiance pesante et la montée en puissance des guitares.

Des sentiments et des ambiances contradictoires se dégagent de cet opus.

La joie et la tristesse, la chaleur et la fraicheur, le pesant et l’apaisant…

Il est intéressant de voir qu’à l’intérieur même des titres, autant de termes puissent ressortir d’une telle manière. Un titre peut commencer d’une façon assez lourde, avec des guitares presque étouffées, un growl minimaliste, un jeu de claviers assez basique, et partir vers quelques choses de plus lumineux et aérien, notamment par l’arrivée d’un chant clair presque sacré (« IX », « The Path Below Me »).

« The Insanity Within You » possède un début assez glacial et mystérieux, les guitares lançant des offensives la batterie légèrement plus martelée qu’à l’accoutumer, le chant clair sacré….mais l’arrivée de l’ambiance orientale et du growl semble réchauffer un peu plus l’atmosphère, l’entrée en scène du piano apportant un soupçon de tristesse dans la compo.

« Through Currencies » est doté une première moitié très atmosphérique, avec ce fond sonore et ces chœurs, ce côté sacré et énigmatique, ce rythme lent, mais arrivé à la deuxième moitié, lorsqu’un solo émotif fait son entrée et que les guitares deviennent plus incisives, le tout se veut plus lourd et moins apaisant, plus dans une optique death, rythme syncopé, growl et j’en passe…

Le doom mélodique des serbes se veut donc assez progressif, d’où cette longueur des titres et ces brutaux changements de structures et d’ambiances.

« Sacrifice Me », où le titre aux multiples facettes, le plus intéressant, le plus long, le plus abordable, le plus émotif…

Premier visage : un début plutôt agressif, batterie martelée et guitares tranchantes, claviers atmosphériques en ambiances…tout cela apaisé par un passage plus calme, au chant clair sacré et mélancolique aux riffs orientaux. Retour à l’agressivité, un grow lamenté en tête.

Deuxième visage : une mélodie plus chaleureuse aux claviers, soutenue par une guitare basse bien prédominante et des riffs plus joyeux qu’anéantissant.

Troisième visage : une partie plus acoustique calme pour de bon le tout, les claviers créant une mélodie prenante et triste.

Quatrième visage : retour aux sources, agressivité et mysticité, guitares tranchantes et growl incisif et torturé.

Cinquième visage : les guitares sont dominantes, accompagnées de la batterie. Riffs syncopés et orientaux, peu charismatiques mais tout de même…puissance des claviers toujours aussi sacrés en fond. Solo oriental et émotif sur un rythme lent, s’accélérant petit à petit.

Sixième visage : chant clair sur un piano chaleureux, on se croirait à une procession. Growl ensuite sur fond de claviers aériens et des guitares perdant de leur tranchant.

Septième visage : mélange des chants, growl, clair, et sacré, renforçant ce côté mélancolique et surtout énigmatique. Rythme lent, très doomesque. Quelques notes de piano partant dans les aigues. Un solo concluant ce titre long de plus de neuf minutes…

On pourrait croire que cet album est très simpliste mais il l’est moins en effet au bout de plusieurs écoutes. Même si les instruments sont, au final, assez étouffés l’un par l’autre et que ce sont plus les claviers qui ressortent de cet ensemble particulier, le tout est assez homogène et agréable. Surtout, ne pas jugez cet album à sa pochette ridicule, ni aux fameuses premières écoutes. C’est très trompeur dans ce cas, le doom d’Amentes étant riche en sonorités et en ambiance. Toutefois, on reproche indéniablement à cet album son côté minimaliste au niveau de l’instrumentation et de la voix, et ce léger manque de maturité.

 

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