Rise Of Avernus : L’Appel du Vide

Ξ décembre 4th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Doom/Death, Gothic Metal, Symphonic Black Metal |

Rise Of Avernus : L'Appel du VideOriginaire de Sydney, Rise of Avernus est devenu de façon très rapide en valeur forte en Australie. En effet, le quintet a fait grande impression avec la sortie de son premier EP éponyme en 2012, lui offrant la possibilité de partager la scène avec des groupes renommés comme Rotting Christ, Enslaved ou Apocalyptica. Ce n’est pas pour rien. Les membres viennent d’horizons différents, certains ayant officié dans le folk, le doom ou l’atmo. Leur expérience passée et leurs influences personnelles leur permettent d’officier dans un style de metal atypique, quelque chose qu’ils aiment appeler « orchestral progressive doom metal », en particulier avec la sortie de leur premier album chez Code666, « L’Appel du Vide ».

Parler de doom symphonique serait toutefois prématuré puisque les Australiens ne se contentent pas de passages lents, lourds, pessimistes ou mélancoliques. Ils intègrent aussi pas mal de death metal et d’éléments gothiques dans leur musique, avec notamment un mélange de growl et de chants clair féminin atmosphériques. On pourrait alors parler sans se tromper d’une fusion de doom/gothique et de death symphonique avec une pointe de black metal dans certaines ambiances.

Il est un fait avéré, c’est que Rise of Avernus veut nous en mettre plein les oreilles mais aussi renforcer la réputation qu’il a pu obtenir jusqu’à présent. De ce fait, les musiciens ne font pas les choses à moitié. Le mastering est confié à Jens Bogren aux Fascination Studios (Deathronic, Rotting Christ, Dark Tranquillity, Bilocate, Orphaned Land…) et la pochette est réalisée, sans grande surprise, par Seth Siro Anton.

Ceci dit, Rise of Avernus n’a pas misé que sur les gros noms du metal, il a aussi fait de son album une bombe sombre et symphonique à souhait. Avec le premier morceau « A Triptych Journey », on sait immédiatement qu’on va avoir droit à du lourd. La montée en puissance avec l’apport successif des différents instruments nous amène à un ensemble puissant, riffs et growl death en tête, avec des orchestrations extrêmement alléchantes et bien foutues, arrangées par le guitariste Matthew Bell. Le morceau alterne gros passages death sympho en mid tempo et passages plus doom/gothic avec l’intervention de la chanteuse et claviériste Cat Guirguis apportant pas mal de romantisme sombre.

Cela est plus flagrant sur la suite, notamment « The Mire » qui nous permet d’apprécier des moments plus atmosphériques, doux et mélancoliques même si le death symphonique finit souvent par s’incruster. On remarquera que les interventions de Cat se font indépendamment de celles du growler, le death symphonique et son côté brutal étant d’un côté, le doom gothique et son côté doux et mélancolique de l’autre, tel un dialogue entre deux personnages. On n’est pas loin d’une sorte de fusion entre Septic Flesh, Paradise Lost et Draconian.

« Ethereal Blindness » fait partie des exceptions puisque cette fois-ci c’est du chant clair que nous avons, masculin et féminin. L’ambiance est plus tragique, renforcée par le piano et le violon, paradée de quelques accélérations tranchantes et d’envolées symphoniques de qualité, dignes de Dimmu Borgir. Et du chant clair on en a aussi sur le très joli « Embrace the Mayhem » qui joue énormément sur les atmosphères et en particulier sur un côté jazzy avec cette basse et ce saxophone. Au moins, avec Rise of Avernus, on varie les plaisirs.

Les Australiens placent la barre relativement haut avec ce premier méfait. « L’Appel du Vide » est un album très réussi, riche, soigneusement orchestré et suffisamment prenant et ambiancé pour qu’on passe un bon moment le temps de trois quart d’heure. Manque plus qu’à voir si Rise of Avernus peut transcender le tout sur ses prochaines sorties…

 

Kimaera : The Harbinger of Doom

Ξ septembre 6th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Doom/Death, Oriental Metal |

Kimaera : The Harbinger of DoomKimaera aura subi de nombreuses mutations. Que ce soit un changement de nom et de style au début de sa carrière (le Chimera heavy metal se transformant en Kimaera doom/death) ainsi que de nombreuses allées et venues au niveau du line-up, faisant que le chanteur/guitariste JP Haddad est le seul membre fondateur…le groupe libanais a eu du mal à trouver une stabilité. La preuve encore cette année, puisque le batteur Erce Arslan a rejoint ses rangs. Pourtant, ses albums ont tous attiré l’attention : le premier et maladroit « Ebony Veiled » en 2006 et le mature « Solitary Impact » en 2010. Kimaera se distingue par l’intégration de claviers aux sonorités dramatiques et d’un véritable violon aux notes mélancolique, faisant de lui une entité originale dans le paysage doom/death moyen-oriental. Rien à voir avec les Jordaniens de Bilocate et de Chalice Of Doom. Kimaera met en avant les parties death et les touches atmosphériques de sa musique.

Cela se ressent toujours avec le nouveau méfait, « Harbinger of Doom », quelque part entre Anathema, Paradise Lost et My Dying Bride, avec les touches orientales et les instruments traditionnels en plus. Enivrant de profondeur, de mélancolie, mais aussi de beauté, les Libanais montrent qu’ils ont une forte personnalité. « Ancien Serpents » le prouve avec son introduction très accrocheuse, menée par des riffs lourds, ces chants arabes et ces claviers atmosphériques. Le growl de JP a beaucoup de charisme et mène de bout en bout un titre variant les moments épico-symphoniques à la Aeternam et les moments les plus portés sur les ambiances. L’auditeur goûte aux douceurs de l’orient et s’embarque à la fois dans un ensemble agressif où les riffs mènent la danse, avec des claviers et un rythme soutenu.

Même si le death est souvent mis en avant, le doom et sa mélancolie apparaissent toujours à un moment ou à un autre. « Daugther of Eve » nous offre un passage superbe, claviers, violon et chant féminin en tête, de même pour « Castual Stray », débordant de lumière. Bien que les riffs et les growls ne soient jamais loin, ils ne détruisent en rien la beauté des moments les plus tristes et dramatiques. Ils les relèvent, en apportant cette touche d’agressivité. Le côté oriental y fait beaucoup aussi, la gamme mettant souvent en avant des instants touchants. Ou au contraire épiques, lorsque le rythme s’accélère, comme sur l’excellent et sombre « Claim the Dark », avec ses mélodies typiques à la guitare et aux claviers. Incisifs, sur le féroce « Blood of Saints », un des meilleurs morceaux.

« The Harbinger of Doom », c’est une connexion de très grande qualité entre doom et death, entre lumière et ténèbres, entre Est et Ouest, entre atmosphères et agressivité, un album aussi touchant que rageur, montrant un groupe très mature et en passe de devenir une des références du Moyen-Orient, que l’on parle de death/doom ou de metal en général. Désormais, Kimaera ne nous montre plus son potentiel, mais son talent.

 

Chalice Of Doom : Into Hypnagogia

Ξ juillet 4th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Doom/Death |

Chalice Of Doom : Into HypnagogiaFondé en 2010 par Fares, Azmo (Al-Lat) et Ahmad, Chalice Of Doom est un des plus « gros » groupes de melo doom/death au Moyen-Orient, là où la plupart se focalise davantage dans le black, le death ou le thrash. Avec la sortie de son premier opus « Immemorial Nightfall », le combo a attiré l’attention de nombreux labels, et finalement le deal s’est conclu avec les Espagnols de Memento Mori pour l’arrivée du second opus « Into Hypnagogia ». Les Jordaniens malgré leurs trois années d’activité montrent une réelle maturité de composition et un professionnalisme indéniable. On comprend alors pourquoi cet album risque de faire parler de lui.

L’intro « Lucid Incubus » écrite par Maria Zvyagina (Immensity, ex-Wine From Tears) montre une facette sombre et épique de Chalice Of Doom avec ces nappes et ces chœurs tout en annonçant la couleur. Il s’agit de doom à claviers porté par une atmosphère très mélancolique, voire gothique, influencée en partie par des groupes comme Swallow The Sun, October Tide ou My Dying Bride, sans oublier le Katatonia des débuts. Sur « Death Gown », les notes de piano sont très sensibles, le growl caverneux résonne, les chœurs et le chant clair de Giampaul (session), guidés par les guitares plaintives, montrent un certain désespoir.

La mixture est d’autant plus touchante sur « Shaheed » (Martyr), sur laquelle les influences orientales se font beaucoup plus ressentir. Une chanson dédiée à “tous ceux qui ont perdu leur âmes pour l’amour de la paix lors des derniers événements du Moyen-Orient”, comme le disait une annonce lors de la sortie du single il y a quelques mois. Le growl de Fares est écrasant à mesure que les guitares et le tempo lent apportent beaucoup de mélancolie. Les claviers distillent une ambiance inquiétante, certaines mélodies orientales font leur apparition, sans oublier le chant clair en arabe d’Azmo qui nous ferait presque tirer une larme.

Il faut dire que Chalice Of Doom sait particulièrement bien faire véhiculer des sentiments, que ce soit le désespoir, la tristesse, la peine et j’en passe. « Dyers of Dusk » le montre bien avec son alternance de passages en mid tempo et de passages lents. Quelques influences black se font même entendre au milieu avec sa légère accélération et son chant typique. Tous les instruments restent en tout cas en accord et les notes de piano permettent d’apporter un côté dramatique. « Profound » renforce la sensibilité, avec son chant clair prenant, et « Against the Winds » frappe fort avec ses riffs monolithiques, ses claviers perturbants, sa flute et la pluralité des chants : les voix de Fares, de Christinia Kroustali, de Marius Strand et d’Azmo se marient à la perfection.

L’album, malgré sa forte dose d’émotions, souffre légèrement de sa longueur puisque huit voire neuf titres auraient largement été suffisants. On perd un peu l’attention au fil du temps à cause de plusieurs linéarités même si on ne peut qu’apprécier le style de Chalice Of Doom. L’outro reste tout de même délicieuse, dans un style proche de celui de Bilocate, ambient, sombre, chaleureux et enveloppant. En un mot : magnifique.

Un coup de maître pour ce petit groupe jordanien qui semble avoir un bel avenir devant lui, ce qu’on espère, au vu de la difficulté qu’ont les groupes du coin pour se faire reconnaître. A noter que Chalice Of Doom a pu, en 2012, livrer le premier concert impliquant des growls depuis 2007, à cause des problèmes avec les autorités.

 

Graveyard Of Souls : Shadows of Life

Ξ juin 4th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Doom/Death |

Graveyard Of Souls : Shadows of LifeL’Espagne tente petit à petit de se remettre en valeur malgré des sorties métalliques inégales ces derniers temps. Ce mois de juin voit l’arrivée du tout premier album du trio de Burgos, « Shadows of Light ». Très peu d’informations ont été révélées sur ce petit groupe. Il faut dire qu’il s’est formé il y a à peine un an et est donc très jeune. Est-ce qu’il arrivera malgré tout à être à la hauteur ?

Graveyard of Souls officie dans un doom/death qui rappelle Indecadence pour les atmosphères, Helevorn pour la mélancolie et les touches gothiques, et Tiamat pour l’émotion. On se retrouve alors avec un rythme passant du lent au mid tempo, soutenus par des claviers envoûtants et oniriques, des riffs guidant la mélodie et un growl caverneux de bonne facture. Dès le début, l’éponyme « Shadows of Life » nous embarque dans l’univers des Espagnols avec cette puissance atmosphérique indéniable. L’auditeur est embarqué dans une musique où les chœurs ont une place importante, même s’ils ne sonnent pas toujours réalistes. « Dreaming of Some Day to Awake » se situe dans la même lignée, même s’il manque d’accroche dans sa progression.

Les mélodies sont toujours là pour nous embarquer, et ce, tout le long de l’album. Même si « Memory of the Future » sonne plus tranchant et accélère le rythme, il y a toujours ces guitares pour nous rappeler que Graveyard of Souls joue sur les émotions et l’osmose entre guitare et claviers, comme sur un « Follow Me » touchant à son paroxysme. Rien de mielleux cependant, tout se tourne du côté de la mélancolie qui prend une autre dimension avec le morceau « Mad World », reprise de Tear For Fears. Les Espagnols lui donnent un aspect plus grave et solennel, à l’image de la cover de Gary Jules. Le growl est toutefois trop poussif et retouché pour convaincre.

La suite de l’opus manque de moments marquants et même « Dead Earth » n’est pas aussi pessimiste qu’il en a l’air. On a presque l’impression qu’il s’agit du morceau le plus dynamique et le plus joyeux, contrairement à un « There Will Come Soft Rains » plus ambient par moment, avec des passages acoustique. Toutefois, Graveyard of Souls semble utiliser la même recette sur la majeure partie de ses titres : les claviers auraient gagné à être plus diversifié et les mélodies plus travaillées.

Malgré des bonnes choses, « Shadows of Life » reste un opus fragile souffrant de quelques linéarités et d’un manque de personnalité. Il n’en reste pas moins agréable à écouter, certaines mélodies restant en tête pendant un moment, comme celles de l’éponyme par exemple, le titre qui fait sans doute le plus mouche. Graveyard of Souls doit donc faire ses preuves pas à pas et solidifier sa musique.

 

Dionysus (PAK) : Hymn to the Dying

Ξ février 14th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Doom/Death |

Dionysus (PAK) : Hymn to the DyingDionysus fait partie des quelques privilégiés ayant la possibilité de se trouver une place et de se faire un nom dans la petite scène pakistanaise. Formé en 2010 et guidé par les frères Ahmed, le groupe a su faire parler de lui et s’exporter hors de leur Asie natale, en témoigne cette signature chez les Suédois très respectés de Salute Records. Le trio met en avant sa personnalité atypique avec la sortie de leur premier EP « Hymn to the Dying », dédié aux morts et à tous ceux qui vivent dans le déclin et la pauvreté.

L’EP s’ouvre avec un morceau acoustique, « Glimpse of the Beloved », distillant une atmosphère fraîche et douce grâce à une mélodie limite moyenâgeuse. La qualité du son et la légèreté de l’ambiance détonnent avec le reste de l’opus, légèrement plus raw, plus brute de décoffrage et plus écrasant, emmené de bout en bout par une mélancolie pesante.

L’étiquette de « doom/death » que se donne le trio n’est pas totalement juste dans la mesure où on se retrouve davantage avec un black metal tristounet parfois épique, bercé des changements de rythme réguliers. « Valor of the Phoenix » ou « Bathing in Unholy Blood » le montrent bien, avec leur rapidité, leurs riffs et leur voix écorchée typiquement black. Quelques éléments death metal s’introduisent timidement, notamment les growls, mais aussi des touches folkloriques comme une flûte traditionnelle, ou un ou deux soli épiques.

Toutefois, « Burial Ground » et « Angels of Heaving Light » fonctionnent comme des contre exemples, car c’est bel et bien à un doom/death auquel nous avons à faire. Raw et mélancolique, il met en avant des parties lourdes embarquées par le growl caverneux de Waleed et quelques touches acoustiques. Il faut croire que les frères Ahmed sont très friands de ces incursions légères et douces, tranchant littéralement avec le pesant et le côté écorché de leurs compos. Le dernier morceau met d’ailleurs plus le paquet sur les chants clairs et les murmures, comme des prières,

Difficile de se faire un avis définitif sur le travail de Dionysus, qui livre un EP correct, souffrant de quelques linéarités, mais personnel et bercé par les origines culturelles des frères Ahmed. « Hymn to the Dying » met en relief un pays dont le metal est tourné vers l’extrême et qui manque réellement de reconnaissance, la faute à certaines lois en vigueur et à un manque certain de distribution. Alors si vous ne connaissez pas la scène pakistanaise, profitez-en.

 

Empire Drowns : Bridges

Ξ janvier 30th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Doom/Death, Gothic Metal |

Empire Drowns : BridgesLa scène metal danoise est de plus en plus en ébullition grâce à des groupes au talent certains. Chaque genre a sa vedette, sa figure emblématique et son cercle de fans, car ce petit pays sait être éclectique. Pas de discrimination, il met en valeur autant de formations que de styles, que ce soit le black metal avec Angantyr, le heavy avec Mercyful Fate, le death metal avec Panzerchrist, le folk avec Tyr, le modern metal avec Mnemic le cyber avec The Interbeing…et peut-être le gothic metal avec Empire Drowns.

Même si le quintet est encore jeune, il a plus d’une corde à son arc. Les membres ont fait des premières parties de combos réputés tels que Saturnus ou Blazing Eternity. Ils sont expérimentés et proviennent de formations à la réputation certaine ( Aurora, Thorium, Withering Suface), officiant dans le death metal ou dans le gothic. Ils connaissent donc leur sujet et nous le font bien comprendre avec la sortie de leur second EP « Bridges », à paraître chez Mighty Music / Target Distribution.

Doté d’une production made in Kristian Thomsen (The Storm, Supercharger, Oliwer Weers), l’opus nous présente une musique très ambiancée basée sur la lourdeur des guitares et leur harmonies, et parradée de quelques nappes de claviers pour apporter un petit plus de profondeur. Il se place du côté du gothic metal/rock mais aussi du doom/death, en particulier sur le premier morceau « Bridges ». Rythme lent, guitares plaintives, chant lamenté et mélodies mélancoliques sont à l’honneur, non sans rappeler les fameuses formations du genre.

La suite se veut beaucoup moins doom et beaucoup plus rapide, avec cette insistance sur un chant rageur mais linéaire, et sur des guitares bien lourdes mais répétitives. Cet hybride de metal, rock, gothic et death permet de créer un ensemble original mais aussi homogène, peut-être trop même. On décroche vite et même si les titres sont courts, on se demande s’il ne vaudrait mieux pas passer au suivant. Certains éléments tendent à agacer (notamment ce chant rapidement énervant) et ce manque de prise de risque. Pourtant les ambiances sont prenantes et elles auraient mieux été exploitées si le reste de l’instrumentation avait été à la hauteur. C’est le cas sur un « Rats » en demi-teinte. L’auditeur est tiraillé entre le côté affreusement barbant d’un riff qui vient et revient sans cesse, et le côté éthéré et beaucoup plus inspiré du refrain, dont la mélodie rentre très vite dans la tête, au point devenir attachante.

« Bridges » n’est sûrement pas la réussite danoise de l’année car Empire Drowns doit davantage diversifier son jeu afin de ne pas lasser l’auditeur dès les premières minutes. S’il veut devenir l’égérie danoise de gothic metal, il va devoir travailler son style et éviter de perdre toute son énergie en court de route.

 

Apostate (UKR) : Trapped in a Sleep

Ξ janvier 27th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Doom/Death |

Apostate (UKR) : Trapped in a SleepEtrange carrière qu’est celle des Ukrainiens, avec une formation en 1993, un split up en 1998 pour former un autre projet, une reformation l’année d’après puis un nouveau split up en 2001 pour une réorientation musicale. Et enfin la résurrection en 2009 par Oleksandr. C’est donc treize ans après l’EP «  A Song to the Dead Lake » que sort « Trapped in a Sleep » en 2010 chez les Américains de Metallic Media.

Nul besoin de revenir sur la qualité de la scène ukrainienne, qui vaut son pesant d’or. D’une certaine manière, on peut dire qu’Apostate fait partie du décor. Ses compositions sont de qualité mais ne sont pas suffisamment percutantes, et ce, à cause d’un problème d’identité. Dans un style doom/death, le quintet peine à varier ses riffs et se contente un peu trop de manger à tous les râteliers. Il se rapproche du vieux Paradise Lost et de Draconian avec « Earth Escape Plan ». Il touche au sympho dans « Worm » ou l’éponyme « Trapped in a Sleep » dans un death metal « ralenti » et non doom, car il manque cette mélancolie et ce côté pesant. Il s’essaie aux instrumentaux épiques avec « Eternal Return » et arriverait presque à s’assimiler au « Sahara » d’Orphaned Land avec les premières minutes de « Sisyphean Struggle », notamment au niveau de la mélodie principale à la guitare accompagnée d’un chant clair presque sacré à la Kobi Farhi.

Ceci dit, chaque titre à un passage que l’on remarque, pris entre deux parties mollassonnes. On appréciera le mélange de la lourdeur de la guitare à la profondeur du growl et à la puissance du clavier sur « Earth Escape Plan », ou le côté quasi épique et sombre à la Dominia de « Trapped in a Sleep », parfois paradé d’éléments black metal. Toutefois la longueur des morceaux nous empêche de pleinement apprécier l’ensemble de l’œuvre. Faire « comme les autres » n’est pas suffisant si on ne prend pas suffisamment de risque et c’est ce qui manque à Apostate, de la prise de risque et des moments forts. La répétition des riffs sur l’éponyme ainsi que l’inutilité de l’intro et la lourdeur de « Filling the Void » créent une barrière qui nous coupent dans notre élan.

Pour un prochain opus, Apostate devra se démarquer davantage et éviter le remplissage s’il veut éviter de passer à la trappe, ce qui serait dommage, car il y a tout de même des bonnes choses dans cet album, ainsi que de la bonne volonté. Seulement, c’est la linéarité et le manque de personnalité qui lui font défaut. S’accrocher serait donc de rigueur.

 

Indecadence : Elephant

Ξ novembre 7th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Doom/Death |

Indecadence : ElephantMalgré les apparences, le doom/death est continuellement en train de nous réserver des surprises. Même si on découvre des formations se situant dans la même lignée, même si on tombe sur des ersatz, même si certains combos ne révolutionnent rien, il y a toujours des groupes qui, bien que dans l’ombre, arrivent à concocter leur patte personnelle afin de se démarquer un temps soit peu de la masse. Il faut savoir où les trouver. Mais lorsqu’on les trouve, le résultat est plus qu’inattendu.

En cela, Indecadence fait partie de ces petites surprises. Les Espagnols, après dix ans de formation, sortent enfin leur premier album début 2012 après une démo et un EP discrets. Signés chez les ukrainiens d’Arx Productions, ils trouvent le moyen de sortir de leur cachette afin de livrer ce « Elephant », un opus qu’il ne faut absolument pas prendre à la légère. La musique est à l’image de la pochette : nature, belle mais aussi lourde et imposante. En effet le sextet se situe entre deux tendances. Partisan de la lourdeur et de l’écrasement mais aussi de l’aérien et du mélodieux. Il tire ses influences de Katatonia ou de Paradise Lost tout en s’octroyant des passages atmosphériques à la Anathema, voire ambient ou folklorique, sans oublier certains relents post-rock. Indecadence ne fait pas dans la simplicité, le mélange forme un doom/death mélodique, atmosphérique et mélodieux.

Ici, rien n’est centré sur la souffrance ou de quelconques lamentations. Même si les ambiances sont généralement moroses, elles dégagent quelque chose de lumineux, grâce à une osmose parfaite entre les claviers, les samples de la nature, les guitares et l’alternance de chant. Le duo intoducteur « Diaro de un Difunto » et « Tryouts » montre bien le potentiel d’Indecadence, mélangeant allègrement lourdeur et légèreté. Il y a toujours cette guitare écrasante en arrière plan et, en contraste, cette lead guitare éthérée créant des mélodies raffinées.

Si « Sleepy » renforce le tout avec un côté très planant et ces claviers quasi mystérieux, « Dissapointed » met l’accent sur le côté post-rock mélangé au death et à la lourdeur du doom. Growl caverneux, claviers vaporeux, chant clair hypnotique, l’ensemble est envoûtant avant de passer ensuite à quelque chose de plus traditionnel (« Willow 13 » entres autres). Il ne faut pas renier les parties atmosphériques et instrumentales, qui tranchent avec l’agressivité des parties death metal. « Hypocrite » et « Incide » le montrent très bien, avec l’utilisation subtile du clavier.

« Elephant », l’éponyme, est une belle continuité dans le royaume de l’éthéré. Point de metal sur ce morceau, mais de l’ambient très porté sur la nature et accompagné de touches électroniques, sans non plus être pompeuses. Une belle fresque envoûtante, quasi folklorique au niveau des guitares et des percussions typiquement espagnoles, emportant l’auditeur dans des contrées chaleureuses.

En clair, si vous êtes partisan du pesant et d’un certain tranchant dans le doom/death, ce « Elephant » ne vous est peut-être pas dédié. Par contre si vous aimez le doom/death mélodique, atmosphérique et métissé, peut-être y trouverez-vous votre compte tant que ce sont les ambiances et la complicité des guitares qui ont le premier rôle. Une belle découverte pour un album passé quasiment inaperçu.

 

Inborn Suffering : Regression to Nothingness

Ξ novembre 2nd, 2012 | → 0 Comments | ∇ Doom/Death |

Inborn Suffering : Regression to NothingnessIl se sera fait attendre celui-là. En effet Inborn Suffering n’aura pas beaucoup fait parler de lui depuis la sortie de son premier full length « Wordless Hope » jusqu’à maintenant, soit six ans plus tard. Il faut dire que l’attente vaut le coût car d’une, le quintette livre un album mature et abouti et de deux, il est en passe de devenir une des figures majeures du doom/death en France aux côtés d’Ataraxie.

Passons aux choses sérieuses avec ce « Regression to Nothingness » signé chez les Russes de Solitude Prod et masterisé par Jens Bogren (Katatonia, Opeth, etc). L’opus jouit d’une production impeccable bien adaptée à l’ambiance véhiculée au travers des compositions. C’est sombre sans avoir à trop se rapprocher des Finlandais, et lamenté sans se tourner du côté du doom russe. Inborn Suffering arrive à avoir une personnalité particulière même si on arrive à repérer les influences, que ce soit Swallow the Sun ou Mourning Beloveth entres autres.

Les Français arrivent à créer un album de sept titres très cohérents et très accrocheurs. Ici, on ne tombe pas dans la complainte facile mais dans un doom qui sait autant être death qu’atmosphérique. On passe aisément de parties plus agressives à des parties plus planantes et envoûtantes, mélangeant la lourdeur à la douceur et à la légèreté. En cela, il y a une véritable osmose entre les riffs pesants et tranchants, le chant alternant growl, hurlement déchiré et parties claires, et les claviers, qui complètent et affinent l’atmosphère générale, que ce soit sur « Grey Eden » ou sur le morceau éponyme.

Solitude Prod a le chic pour dégoter les bons groupes de doom à claviers, mais ne vous y méprenez pas. Inborn Suffering ne mise absolument pas tout sur cet instrument, au contraire. Il sait absolument faire de ses guitares des éléments clés, de même pour le chant, grave et profond. Si « Born Guilty » démarre les hostilités avec une bonne dose de death metal, la suite sera d’autant plus posée et atmosphérique, tranchant littéralement avec ce qui a été proposé avant. Idem avec « Another World ». L’agressivité du death ne reste jamais longtemps. Ce sont les éléments dark et atmosphériques qui finissent par prendre le dessus, en apportant une bonne dose d’émotions.

Inborn Suffering propose réellement un album dense, compact et profondément désespéré, guidé par de fines mélodies, éléments clés de cette souffrance quasi permanente. Même si les frenchies ne révolutionnent rien, ils arrivent toutefois à créer un ensemble prenant et sombre, sans craindre de perdre l’auditeur en cours de route. Une belle réussite, française qui plus est.

 

Frailty : Melpomene

Ξ avril 3rd, 2012 | → 0 Comments | ∇ Doom/Death |

Frailty : MelpomeneIl n’est pas facile de trouver des groupes en Lettonie qui sortent du lot, et encore plus en matière de doom. Pourtant, depuis sa création en 2003, Frailty a réussi à tracer sa route, devenant pour ainsi dire l’une des principales figures du metal underground letton. Le sextet est même parvenu à sortir son premier album, « Lost Lifeless Lights », chez Solitude Productions, la crème de la crème en ce qui concerne les labels spécialisés dans le doom et ses variantes.

Frailty continue donc sur sa lancée, enregistrant les nouvelles compositions au Pentagon Studio et signant chez les ukrainiens de Arx Productions tout en s’octroyant une distribution par Firebox et Solitude Productions. Les Lettons s’attachent cette fois ci à la mythologie grecque et la muse de la tragédie, Melpomene. Sur la pochette, nous pouvons d’ailleurs voir cette muse assise sur une tombe et jouant de la guitare.

Musicalement, le groupe en question s’évertue à concocter un doom/death assez moderne en ce qui concerne le son, la production étant propre et mettant en avant tous les instruments sur un pied d’égalité. De plus, les musiciens n’ont pas mis de côté les mélodies si caractéristiques de leur premier album ainsi qu’un certains petit côté funéraire présent dans les morceaux les plus longs. Mais ce que l’on peut remarquer, c’est l’apparition d’arrangements orchestraux pour un résultat très symphonique.

Bien que la notion de « symphonique », à proprement parler, n’existe pas (ou peu) dans le doom, si ce n’est pour évoquer les nappes d’ambiances typiquement funéraires (et encore), Frailty intègre bel et bien des symphonies dans sa musique, mais il y a une nuance : en effet, lorsque les touches purement symphoniques apparaissent, c’est dans les titres les plus courts et les moins doom. On se retrouve donc avec un death symphonique dans un style mid tempo, comme sur un « Wendigo » entraînant, évoquant les esprits malins indiens, sur un « Thundering Heights » jouant plus sur les atmosphères, ou sur un « The Eternal Emerald » épique et grandiloquent. Ce n’est pas non plus Septic Flesh, mais tout de même.

A contrario, les titres les plus longs tels que « Desolate Moors » ou « The Doomed Halls of Damnation » restent bien doom, bien pesants et mélancoliques à souhait. L’ensemble peut rappeler Saturnus ou encore les formations russes telles que Revelations Of Rain, entre autres : un growl profond, un rythme très ralenti et écrasant, des riffs lourds et lamentés, et un fond aux claviers très enveloppant et atmosphérique. Ces complaintes cachent souvent certaines déflagrations, comme le final de « The Doomed Halls of Damnation » et sa déferlante de riffs accompagnée d’un chant quasi black.

Et c’est ce que nous fait Frailty, une musique où la mélancolie côtoie l’agressivité, où le désespoir rencontre la tempête, où les ténèbres ne font qu’un avec les hymnes épiques, et ce, malgré le côté répétitif – bien qu’hypnotique et antique – de « Underwater » et de quelques autres. Ce qui correspond aussi à ce que nous propose Frailty, c’est « The Cemetary of Colossus », une instrumentale de plus de treize minutes : une fresque death metal ralentie mais très orientale et mythologique où se rassemblent guitares aux mélodies antiques, orchestrations et choeurs.

« Melpomene » est donc une belle réussite pour Frailty qui a travaillé sur un ensemble bipolaire, tantôt doom/death, tantôt death symphonique avec une rythmique proche du doom, possédant ses moments forts et ses moments plus linéaires, réservé aux amateurs d’ambiances puissantes.

 

Salem (ISR) : Playing God and Other Short Stories

Ξ mars 29th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Doom/Death, Oriental Metal |

Salem (ISR) : Playing God and Other Short StoriesLes précurseurs du death/doom métal israélien sont de retour en cette année 2010 avec un septième album. Un opus qui s’avère être un concept album.

En effet, le titre de l’album, « Playing God ans Other Short Stories » suggère que le groupe va nous raconter quelques petites histoires sur ceux ou celles qui jouent à Dieu dans la vie de tous les jours. En réalité, d’après les paroles, il s’agirait des politiciens et même des Super Héros. Salem a toujours intégré au sein de leur musique, des paroles pour la plupart assez engagées. De plus, le concept de l’album se fait aussi ressentir au niveau de la tracklist : trois parties distinctes en ressortent, chaque partie possédant quatre titres.

Cette fois-ci, le groupe s’arme d’un nouveau label, Pulverised Records, après avoir moult fois changé, signant même chez Season of Mist quelques années auparavant. Le son est d’ailleurs bon, le tranchant des guitares et l’agressivité de la voix étant plus mis en avant. La pochette quant à elle, aux dominantes de noir et de rouge, fait ressortir un crâne en son milieu, un symbole inscrit sur son front, entouré, semble-t-il, de lames tranchantes…

Pour ce qui est de la musique, le groupe nous pond de nouveau un opus où le death et le doom se côtoient, sauf que cette fois-ci, je dirais que c’est plus leur côté death qui est mis en avant. Par la vitesse du rythme, le tranchant des guitares et des vocaux entre autre. De plus, du fait de leurs origines, les compos sont parfois ponctués de mélodies orientales, notamment aux riffs et aussi à l’apparition ponctuelle de claviers, trop rares (mais en même temps, ce n’est absolument pas la marque de fabrique du groupe…). Ambiance orientale notamment mise en avant par l’arrivée de percussions et de chant féminin arabe.

Le premier titre “Drums of the Dead Part 1” commence par une intro de percussions, soutenues ensuite par l’arrivée en masse des guitares, d’excellents riffs orientaux, et de saccades, le tout mis en valeur par la bonne double pédale de la batterie. Le growl de Zeev Tananboim est incisif, et des vocaux féminins viennent apporter un peu plus de douceur au cœur de cette agressivité.

Alors que « Drums of the Dead Part 2 » est plus doom dans le rythme et la lourdeur des guitares, et que l’ambiance orientale est d’autant plus audible (riffs et percussions en tête), « Exodus » est un titre beaucoup plus rendre-dedans et bien death : rythme syncopé et double pédale, technique des grattes, vocaux bien maîtrisés et plus modulés…à noter que ce titre-ci est la reprise du très célèbre « Exodus » de Bob Marley. Une version, bien sûre, plus agressive, mais toute aussi rythmé et intéressante, les atmosphères jamaïcains remplacées bien évidemment par une atmosphère orientale, donnant de nouvelles couleurs à une chanson reggae.

Les trois parties de « Mark of the Beast » sont malheureusement trop linéaires, elles se ressemblent de beaucoup, notamment par la voix, qui à la longue, devient assez lassante, et les lignes de batterie et de guitares. Ca en devient même pesant, mais heureusement, les vocaux féminins apportent un peu plus d’originalité au sein de ces compos.

Des titres totalement inutiles complètent l’album, comme « Downfall of Paris Part 1 » où l’on entend que des roulements de tambours militaires pendant deux minutes (surtout que ce sont tout le temps les mêmes !), ou comme « I Hate Pigs ! » où on assiste en direct à une exécution de cochons (totalement ridicule…).

Le dernier titre « Playing God » finit par le commencement (d’où le titre). Taillé plus doom à son tour, on sent quand même une influence prog, surtout par la longueur mais aussi les changements de structures. Très oriental au niveau des riffs, et des vocaux féminins utilisés à bon escient, on a aussi droit à des breaks où batterie et basse sont le fil conducteur. Même si les guitares sont assez bourrines par moment et que le chant semble un peu étouffé par cette masse de riffs, ce titre reste assez intéressant car plus original que les autres (à noter l’apparition de chœurs masculins, énonçant, sans doute, des prières…).

Un album sympathique mais qui ne marque pas. Dommage. On aurait espérer se souvenir un minimum des titres à la fin d’une première voire deuxième écoute, mais non, il faut plus d’écoute que cela, car, en finalité, c’est assez linéaire. Quelques titres sortent tout de même des sentiers battus comme « Exodus » ou « Playing God », dont j’ai expliqué les raisons.

Je le conseille tout de même pour les amateurs de la fusion doom/death et ceux aimant un minimum les sonorités orientales. Les autres, vous pouvez tester mais je ne suis pas sûre que cela vous convienne. Les fans de Salem peuvent être déçus, car on ne retrouve pas vraiment la magie des premiers opus, plus martiale et prenante…

 

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