Jenarium : Rise of the New Sun

Ξ juillet 20th, 2011 | → 0 Comments | ∇ Fusion, Industrial Metal |

Jenarium : Rise of the New SunJenarium est sans doute le one man band, ou le projet le plus impressionnant et le plus créatif jamais réalisé ces dernières années dans l’univers du rock/metal à influences diverses. Rares sont ces personnes qui arrivent à elles-seules à créer une musique des plus incroyables et immersives, digne d’un film ou d’un roman musical. Je veux dire par là que l’univers de Jenarium est un des plus grandiose jamais entendu, si tant est qu’on aime la science fiction, le fantastique, le futurisme, l’épique, ou encore le symphonique…

« Rise of the New Sun » provient de la mythologie de Jenarium, exclusivement créée par les soins de Robert Dominic Gennari (auteur/compositeur). Un homme imaginatif, au commande de tous les instruments ainsi de la production et de l’enregistrement de son bébé (la masterisation a tout de même été faite à Hollywood par Tom Baker – Nine Inch Nails, Matrix!), en compagnie du Radium Symphonic Orchestra, de Craig Parker pour certaines narrations (l’elfe Haldir dans le Seigneur des Anneaux), ou de Christina Jonas (soprano), de véritables stars en Nouvelle Zélande et en Australie.

L’album est étonnant tant il déborde d’idées, aussi bien au plan musical que mythologique. En effet, Rober Dominic Gennari nous propose un concept album grandiloquent, avec une histoire, une mythologie, des personnages, des races, des planètes, des lieux insolites, et j’en passe. Il sera difficile de faire court sur cette chronique, le développement de l’histoire sera sans aucun doute abrégé, mais pour vous plonger définitivement dans l’œuvre, tout ce que je vous conseille c’est d’aller sur le site officiel de Jenarium.

Gennari décrit son œuvre comme une saga cyber/héroïque, mélangeant habilement électronique, metal, et sympho, le tout se passant dans un avenir assez lointain où les conquêtes spatiales sont les clés du progrès. A la manière d’un film, l’album s’ouvre de cette façon :

«  Sur le territoire de Numarea

Dans la région du dessous, se trouvait un système de cavernes

Sa profondeur était inconnue

Lors de l’ancien temps, ces cavernes étaient habitées par une horde de créatures féroces, nocturnes et néolithiques

Connues sous le nom de « la nation Rifer »

Pendant des années et des années, on pensait que les cavernes étaient vides

…mais nous avions tort… »

Le monde de Jenarium se compose de deux types de populations : les Sinturians, qui sont les premiers nés, avancés, beaux et mortels, ils sont comme la garde impériale destinée à protéger les terres de Numarea; et les Rifers, décrits ci-dessus. Nous nous retrouvons bien sûr avec un monde typiquement manichéen. L’histoire suit donc une continuité, les cavernes sont, soit disant, vides, jusqu’à ce que les créatures et des morts apparaissent un peu partout sur les contrées de Numarea. La seule solution pour éviter l’invasion : s’allier, bien que les différentes races de Numarea ne soient pas totalement d’accord. Si l’alliance n’a pas lieu, et si une certaine relique n’est pas trouvée, la suite sera beaucoup plus sombre, les Rifers sortiront de leur caverne et élimineront toute forme de vie.

Par conséquent, tous les morceaux de l’album se suivent, sans discontinuité, telle une BO. Il n’est donc pas difficile de nous croire en plein film, les images nous viennent automatiquement à l’esprit, à l’entente même des paroles, des sons, des effets, des guitares…

Les premières écoutes sont très difficiles. Cet opus est un véritable ovni du Metal, car même si la mythologie, en soit, est hallucinante et fouillée (je n’ai pas évoqué toutes les races, toutes les régions, tous les océans, les différentes ères…), la musique en elle-même est très difficile d’accès. On passe véritablement du coq à l’âne en un clin d’oeil, il faut aimer le mélange de genres et d’ambiances en à peine une minute. Et surtout aimer les moments électro/techno.

Commençons donc par une introduction, sorte de « bande annonce » de l’album, narrée par Craig Parker (à la Luca Turilli). On nous explique les événements, les habitants du monde de Jenarium, etc, sur un fond musical étrange. Bruits de créatures, choeurs sombres, symphonie planante et envoûtante malgré ce certain côté terrible. On arrive ensuite à un « Apokalyptein » au début techno/electro très casse tête, débouchant de suite sur une fin de titre aux multiples sonorités, grognements, voix robotiques, effets futuristes, notes de violons…ce n’est que le début d’un voyage intersidéral dans l’Hydroverse (l’univers).

Un « Danger Rising » montre un morceau très typé Metal industriel (NIN?), tout en ayant ce côté dansant, malgré des tonnes de samples de tous les genres, les vocaux sont alternés, et le tout va de paire avec un « Message from the Hydroverse » aux violons, les envolées sont épiques, les choeurs terribles, sur un léger fond électronique, les voix semblant toutes droits sorties du futur.

Plus on avance dans l’album, et plus on découvre un monde étrange, où les « enfants de Jenarium » se retrouvent préoccupés par la venue de la nation Rifer, ci bien que la techno disparaît au profit d’une suite bien plus grandiloquente et guerrière, toujours fusionnée avec un certain côté cybernétique et pré-apocalyptique. Les choeurs prennent davantage de place et les orchestration sont beaucoup plus mises en avant à partir de « Clamare ex Altus » aux narrations en latin (renforçant le côté épique) et de « Valida Viktor Miserere » aux riffs tranchants.

Tout le long de ces quatorze titres, on a ces choeurs en arrière plan qui unissent toutes les pistes en une seule, ci bien qu’on peut réellement affirmer que cet opus se compose d’une seule chanson, divisée en quatorze sous parties. Le pic se situe sans doute à l’interlude « Born in Numarea » racontant la vie de Kintoria (un grand homme), alternant passages calmes à voix robotique/clair, passages aux symphonies typiquement ciné, et passages héroïco/spatiaux (02:15). Le titre à retenir.

Si un côté « ethnique » se fait ressentir dès « Mare Flamma », notamment avec l’apparition d’un texte écrit en grec ancien, le côté cyber/symphonique, lui prend, définitivement place sur « Descend to the Pit » rappelant Mechina, conduit par une ligne de basse, des choeurs puissants, épique et sombre en italien (l’orchestre Royal et Philharmonique de Melbourne) un rythme mécanique, des bruits de machine…

L’album se conclut sur un duo de morceau, conduit par « Sol Ascende », les grognements de créatures s’éteignent, la symphonie est mélancolique et grandiloquente, rappelant les œuvres de grands compositeurs de BO (J.Williams, H.Zimmer, H.Shore entre autres), avec ce final astral digne des crédits défilant en fin de film.

On peut certainement voir du Luca Turilli au sein de cet opus (les choeurs, l’électro, la narration, le grandiloquent) mais Gennari a su imposer son style et sa façon de créer les choses. « Rise of the New Dawn » est un album déroutant et impressionnant, mais relativement très inspiré, et incomparable. Le sieur aurait même été influencé par Trent Reznor.

Des concepts albums, on en voit souvent, mais d’un tel acabit, sans doute pas. Voici donc un véritable bijou, inclassable qui plus est, déjà salué par de nombreux auditeurs, dont des stars comme Eric Bana (acteur), Duncan Roy Lorien (ex-batteur de David Bowie et Bryan Adams) ou John Tempesta (ex-Rob Zombie).

Entrez donc dans le monde de Jenarium…

 

Waltari : Below Zero

Ξ décembre 12th, 2009 | → 0 Comments | ∇ Fusion |

Waltari : Below ZeroWaltari, avec 23 années de présence, n’aura pas eu le succès qu’il aurait dû recevoir. Après 14 albums, tous bien différents les uns des autres, dont le fameux “So Fine!” aux nombreuses inspirations, il ne faut tout de même pas oublier que Waltari a été l’un des groupes les plus influents de la scène finlandaise, quoiqu’assez boudé par le public.

Mais pourquoi donc? Parce que le groupe intègre énormément de styles de musique différents dans leur composition, passant du funk, à la pop, et même de la techno. Certains pensent qu’ils n’ont pas acquis une identité propre. En réalité, ils font tout simplement ce qu’ils aiment, peu importe le style qu’il mélange avec leur métal.

Leur nouvel opus en est encore une preuve concrète. “Below Zero“, littéralement “En dessous de Zero“, est un savoureux mélange de heavy metal avec tout un panel de genre, dont majoritairement la musique électronique, le résultat est donc assez surprenant mais bien intéressant, quoiqu’un peu barré, on peut l’avouer.

On se délecte sans difficulté du titre éponyme d’ouverture, qui possède un rythme des plus entraînant, des riffs bien incisifs et très heavy, parfois même saccadés et un piano accompagnateur bien présent, mis en avant par quelques petits sons aux claviers. Le chant se démarque par une superposition des voix, superposition qui se trouve tout au long de l’album.

La musique industrielle fait son entrée avec “In the Cradle”, claviers et samples énormément mis en avant, les guitares s’intégrant avec brio dans cette ambiance bien glaciale. Le chant est extrêmement juste, mélancolique, parfois crié, et ultra charismatique, tout comme “Synthax Error”, qui est plus techno avec ce rythme rapide et cette fausse batterie assez caractéristique du style.

La magie créatrice de Waltari nous concoctera des titres très funk comme “Without Lies” et “My Own Satifaction” au niveau du couplet, assez originaux et faisant vaguement penser à ce que faisait Red Hot Chili Peppers sur Freaky Styley, batterie et basse en tête, les guitares lançant des offensives aux refrains.

Et quelle surprise à l’écoute de “Endless Highway”? Se serait-on attendus à une introduction typé jazz, avec ce piano, cette trompette et cette contrebasse?

Cet album est si riche en sonorités: des sons vous en avez partout, des solos de guitares aussi, ainsi que des refrains entraînant. Il y en a réellement pour tous les goûts, et rien qu’à l’écoute de ce “Below Zero“, on sent que les membres ont pris un malin plaisir à varier les styles pour étonner encore une fois leurs auditeurs. Ca part littéralement dans tous les sens, difficile de pouvoir donner un style à Waltari, à part “Fusion”. Un album intéressant si vous aimez les mélanges et le style progressif. En effet les titres sont assez longs, les structures varient, mais ne se répétent pas. Impossible de s’ennuyer.

Pour ma part, l’artwork et le titre ne s’associent pas vraiment à l’album. On devrait s’attendre à une ambiance froide, d’où cette planète gelée, mais ce n’est pas le cas, excepté pour “In the Cradle” comme je l’ai décris. L’ensemble reste fluide, bien audible, entraînant… Même les claviers, pourtant utilisés à bon escient, mais parfois effacés, n’arrivent pas à justifier l’usage de cette pochette et de ce titre, car ils sont trop chaleureux. Un point d’interrogation donc, mais ne gâchant pas le plaisir procuré à l’écoute de ce opus.

 

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