Doro : Raise Your Fist

Ξ octobre 19th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Heavy Metal |

Doro : Raise Your FistQuand je pense que certains s’imaginaient que « Fear No Evil » serait le dernier opus de la donzelle…voici un beau pied de nez. Même s’il marquait les vingt cinq ans de carrière de Doro, il n’avait certainement pas été fait en tant que cadeau d’adieu, car la Reine est de retour cette année avec une nouvelle galette du nom de « Raise Your Fist ». Cet album n’est, une fois de plus, pas un hasard car on s’approche à grand pas des trente ans de carrière de la Hurleuse. Il sera donc un atout pour sa tournée mondiale qui aura lieu l’an prochain et qui passera du côté du Wacken Open Air.

Il n’y a rien à dire du côté de la qualité de ce nouvel opus qui continue à faire perdurer l’héritage de « Hellbound » (1985), l’album ayant lancé la jeune femme et ses acolytes sur le devant de la scène heavy metal allemande. N’oublions pas que la Reine a une carrière exemplaire : six ans auprès des Warlock et prêt de vingt quatre ans en solitaire avec des sorties régulières et attendues. Exemplaire mais pas parfaite pour autant, en témoignent les décevants « Machine II Machine » (1995) ou « Love Me in Black » (1998). Toutefois, rien n’ébranle Doro et sa pêche d’enfer car depuis 1989 et le grand « Force Majeure », le rêve continue.

Pour « Raise Your Fist », donc, le line up ne change pas, on retrouve de nouveau Johnny Dee à la batterie et Nick Douglas à la basse, ainsi que le dessinateur Geoffrey Gillespie qui s’est encore une fois chargé de l’artwork (on reconnaît bien sa patte avec ses dessins fournis et très colorés, avec une Reine rajeunie et vêtue de cuir). Musicalement, Doro reste fidèle à elle-même et ne change pas vraiment sa recette. A l’image de ses opus précédents, on sait pertinemment à quoi on va avoir à faire et il faut avouer qu’avec le temps, il n’y a plus vraiment d’effet de surprise. Cependant, ce qu’on est sûr d’obtenir, c’est un heavy metal burné et efficace, avec son lot de boulets de canon, de ballades, et d’hymnes.

Pas de doute à l’écoute de « Raise Your Fist in the Air» et de « Revenge », véritables hymnes à la « All We Are », de quoi nous inciter à lever notre poing et à headbanger. Riffs endiablés, chant rageur très accrocheur, rythme dynamique et mélodies entêtantes. On est en plein dans du Doro et sa marque de fabrique est toujours respectée. Les ralentissements de rythme sont aussi les bienvenues, que ce soient sur les très hard rock « Rock Till Death » ou « Coldhearted Lover », traditionnels, certes, mais diablement efficaces.

Même si la belle montre quelques difficultés à monter dans les aiguës (on n’est pas jeune éternellement!), elle reste tout de même au top, ne reculant devant rien. En cela, « Grab the Bull » prouve les faiblesses ainsi que les forces de Doro, avec ce mid tempo prenant et les interventions de Gus G., le guitariste d’Ozzy Osbourne. Tant qu’on est dans les invités, ne ratons pas « It Still Hurts », ballade sensible en compagnie de Lemmy. Les chanteurs étonnent par leur capacité à apporter une âme et une grande émotivité.

Avant de terminer, quelques boulets de canon tels que « Little Headbanger », qui porte bien son nom, nerveux, dur et costaud, ou « Victory », qui propose vraiment quelque chose de différent, comme si Aerosmith côtoyait Kuyss. On découvre une Doro différente, qu’on peine à reconnaître, en particulier dans son cri aux alentours des 02:10. Toutefois, afin de nous remettre de nos émotions, on a tout de même droit aux ballades caractéristiques, que ce soit le symphonique « Engel », le gentillet « Free My Heart » ou le doux et puissant « Hero », en hommage à Ronnie James Dio.

Doro nous offre une fois de plus du dynamisme, de l’efficacité, de la sensibilité et de la diversité afin d’embarquer encore et toujours l’auditeur dans son heavy metal. Elle ne s’essouffle pas et continue sont travail, toujours en compagnie de son ami compositeur Joey Balin avec qui elle a eu l’occasion de bosser sur des opus tels que « Triumph & Agony » et « Force Majeure ». Il est toutefois dommage que des morceaux ne se terminent pas, comme l’éponyme par exemple (vous savez, on diminue le son petit à petit et on passe au morceau suivant…). En tout cas pas de doute : Doro est bien présente, et ce « Raise Your Fist » risque de bien emballer les fans de la Metal Queen car tout ce qui fait son charme y est réuni. Longue vie !

 

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