Wrathcult : VII

Ξ avril 2nd, 2014 | → 0 Comments | ∇ Melodic Death Metal, Symphonic Black Metal |

Wrathcult : VIIL’aventure Wrathcult commence en 2013 autour de six Italiens désireux de proposer leur forme de black/death mélodique à tendances symphoniques. L’Italie abrite tout de même pas mal de formations du genre comme Graveworm, Stormlord ou Darkend. Wrathcult espère sortir des sentiers battus et sort sa première démo auto-produite sobrement appelée « VII ». Ils essaient de faire ressortir une ambiance moyen-âgeuse au vu de la pochette et de l’atmosphère générale. Voyons donc ce que donnent ces quatre titres.

Pas facile, dès le départ, de se faire une opinion positive de Wrathcult car le groupe enchaîne les boulettes. L’intro par exemple. Normalement, elles sont censées poser le décor, mettre l’auditeur dans le bain, lui montrer à peu prêt sur quel terrain il va se situer. Ici, on se demande où on se dirige vraiment. La mélodie est sympathique et les chœurs, bien que basiques, apportent un peu de charme. Toutefois c’est le piano qui pose souci. On pourrait croire que le claviériste maîtrise son instrument jusqu’à ce qu’on ressente des problèmes d’enchaînement. Pire encore, les fausses notes pointent le bout de leur nez. Cela encourage guère l’auditeur à continuer son écoute.

Les boulettes continuent sur « Burning Tree ». Les guitaristes sont au poil, ainsi que le batteur, qui proposent un ensemble cohérent et captivant, même si plutôt simple dans l’esprit. Tandis que le claviériste propose des lignes minimalistes, le chant alterne voix black murmurées, growl et…chant clair à côté de la plaque. Sans oublier la basse, maniée par un musicien qui semble vouloir se démarquer mais qui, au final, finit par gêner la progression du morceau. La faute, sans doute, à des soucis d’harmonisation et de mixage…

Les plus courageux iront jusqu’au bout de la démo. Même s’ils ne ratent pas grand-chose, ils découvriront une fin plus harmonieuse et plus maîtrisée. Pas de chant clair ni de basse décalée, mais plutôt un black/death mélodique épique porté par des claviers sympas, malgré une batterie qui semble parfois avoir du mal à suivre (« Northern Forest »). Rien d’extraordinaire mais au moins ça sauve le tir.

Au final, on ne sait quoi penser de Wrathcult. Il y a beaucoup de choses à corriger pour la suite et il est clair que ce que l’on peut entendre dans cette démo n’est pas forcément encourageant. Les Italiens ont donc beaucoup de pains sur la planche…

 

Aephanemer : Know Thyself

Ξ février 19th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Melodic Death Metal |

Aephanemer : Know ThyselfOriginaire de Toulouse, Martin Hamiche est la tête pensante d’Aephanamer, un projet death mélodique ambitieux que le musicien espère emmener très loin en essayant de combiner puissance et beauté au sein d’un style qui peut se faire aussi harmonieux qu’agressif et tranchant. Cette année, Aephanemer fait un pas en avant en proposant d’office un premier EP auto produit en format digipack, « Know Thyself », mixé par Maciej Dawidek (Widek) et dessiné par Niclas Sundin (Dark Tranquillity). Rien que ça.

Il faut dire que le sieur Hamiche a de la ressource, et cela s’entend dès le morceau « Resilience » qui, même s’il ouvre l’EP de façon classique avec une mélodie insistante à la guitare, montre une certaine puissance de feu et un sens particulier de l’harmonie. Son mélo death n’est franchement pas loin de certaines pointures du genre comme Dark Tranquillity ou In Flames pour la rythmique, et Skyfire pour les claviers symphoniques, les notes astrales au piano et les mélodies à outrance à la guitare (ce qui se confirme sur « Inner Storm »).

Pas de chant, ici ce sont les instruments qui s’occupent de tout et le couple clavier/guitare en sont les principaux responsables avec des motifs souvent néo-classiques. C’est sans doute ce qui manque à cet EP, pouvoir apposer un growl sur des parties rythmiques et des refrains qui auraient du coup été beaucoup plus catchy. Mais le résultat reste quand même très acceptable, avec une technique indéniable et une instrumentation sans défauts majeurs : batterie et basse à leur place, claviers bien mis en avant, sans être trop prédominants, et guitare maîtresse guidant l’auditeur dans le dédale de soli héroïques.

Des soli qui, d’ailleurs, finissent par lasser car trop présents et trop insistants. Il est sûr qu’avec des titres sans paroles, il faut une présence, une ligne conductrice histoire de ne pas lâcher prise. La méthode de Martin Hamiche est très bonne, toutefois les morceaux auraient gagné en efficacité s’ils avaient été plus courts : quatre d’entre eux font plus de cinq minutes et manquent de diversité à force de la répétition quasi constante de la même mélodie.

« Know Thyself » reste un EP très intéressant, soigné et très pro. Mon petit doigt me dit qu’Aephanemer risque d’aller loin. Martin semble d’ailleurs avoir trouvé d’autres musiciens afin de monter un line up complet et commencer les concerts. Le prochain full length prévu pour 2015 nous en dira certainement plus sur le style du groupe qui, même s’il manque encore d’identité pour le moment, montre un fort potentiel.

 

Thyrien : Hymns of the Mortals – Songs from the North

Ξ février 5th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Folk Metal, Melodic Death Metal |

Thyrien : Hymns of the Mortals - Songs from the NorthVous voulez du folk ? Vous voulez du melo death ? Vous voulez du black ? Thyrien est là pour ravir vos oreilles. Les Finlandais sont de retour cette année avec leur premier full length « Hymns of the Mortals » qui aura mis du temps à naître puisque les titres ont commencé à être composés aux alentours de 2008, soit un an après le debut EP « The Frozen North ». Thyrien fait un grand pas puisqu’il signe chez le label Massacre Records, fait mixer son opus par Olli Mattila and Jarno Hänninen aux D-Studios et s’entoure d’un claviériste guest qui n’est autre qu’Emmi Silvennoinen d’Ensiferum.

Le style du groupe se remarque dès le début avec le duo ”Far Beyond Midgard” et ”Vengeance Through My Soul”, intro instrumentale symphonique contemplative et morceau d’ouverture efficace qui intègre habilement un death/black mélodique dans la lignée de Norther mais avec cette ambiance hivernale distillée par les claviers. Les riffs melo death sont rageurs tandis que le chant black nous emmène dans la mythologie nordique. C’est classique et le groupe n’invente rien, mais l’ensemble a le mérite d’être très bien ficelé, sans temps morts, de quoi nous empêcher de nous ennuyer.

La suite est bien plus folk avec des mélodies à la guitare bien caractéristiques. C’est festif, véloce et entêtant comme sur ”Eternal Journey” avec ses choeurs et ses cris guerriers qui ponctuent le morceau. ”The Frozen North” est une version totalement remasterisée du morceau phare du premier EP et montre un Thyrien plus agressif et sombre malgré des moments plus calmes guidés par la guitare contrairement à un ”Forest Is My Throne” plus doux, plus solennel, véritable hommage aux forêts protectrices, avec ce couple claviers/guitares.

Il est toutefois dommage que les passages les plus folks ne soient pas totalement intégrées dans les morceaux. Comme dit plus haut, ce sont les guitares qui s’occupent de toutes les mélodies et les nappes agissent en soutient pour renforcer l’atmosphère. Pourtant, on découvre d’autres instruments (imités par les claviers) comme le violon, la flute et l’accordéon pour ne citer qu’eux qui apparaîssent principalement en début de titre comme sur ”Deathwish” ou ”When the Horizon Burns” ou en renfort alors qu’on se serait attendu à les entendre régulièrement, à divers endroits. Thyrien mise plus sur l’aspect melo death de sa rythmique, bien que ”Tinasormus”, dynamique et bien folklorique, agisse presque comme un titre de Finntroll.

« Hyms of the Mortal » est un album relativement efficace qui nous permet de découvrir un groupe mélangeant trois styles de façon cohérente, même si ce n’est pas spécialement original. Thyrien a enfin réussi à mettre sur pied ses idées en dépit de nombreux coups du sort comme le manque de moyen et de temps ou bien les changements de line-up, déstabilisant le processus de composition. Peut-être que cela valait le coup d’attendre sept ans…

 

Firestorm (UKR) : Sands of Time

Ξ février 3rd, 2014 | → 0 Comments | ∇ Melodic Death Metal, Oriental Metal |

Firestorm (UKR) : Sands of TimeLa chaleur et le feu, tout comme le froid et la glace, ont souvent inspiré les groupes dans le choix de leur nom. Firewind, Rhapsody Of Fire ou Skyfire, ainsi que Firestorm comme il est question ici. Il semble qu’il y ait une bonne dizaine de formation à avoir acquis ce patronyme, la plupart officiant dans le heavy ou le power metal. On dirait que nos Ukrainiens sont les seuls à avoir choisi la voie du metal extrême, et en particulier du death mélodique. Ils se sont formés tout récemment et ont déjà sorti leur premier EP « Sands of Time » qui ne peut qu’éveiller en nous la chaleur des sables de l’orient et une petite pensée pour le premier volet de Prince Of Persia…

La pochette nous indique clairement que nous allons voyager en plein Moyen-Orient dans un désert mystérieux. L’écriture en sanskrit pour le titre de l’album, en revanche, prouve que le groupe ne sait pas encore faire la différence entre Moyen-Orient (pays arabes) et Extrême Orient (pays asiatiques, dont l’Inde en l’occurrence). Nous pouvons nous rendre compte de cela à l’écoute de l’ambiance et des mélodies : ce n’est pas du côté de Rudra ou de Kartikeya que nous allons mais plus du côté d’Arkan ou d’Orphaned Land

Pas de doutes à avoir dès l’ouverture du titre éponyme. « Sands of Time » est un hommage aux mélodies arabisantes que l’on a souvent retrouvé dans les albums des groupes pré-cités, et Firestorm se débrouille d’ailleurs très bien. Son mélo death oriental nous met très bien dans le bain avec une ambiance bien chaleureuse et une mélodie à la guitare très insistante qui nous rappelle très bien les soli de Yossi Sassi (Orphaned Land). La lourdeur du riffing se rapproche d’Arkan et le growl caverneux d’Aeternam.

Les influences sont claires et nettes mais heureusement, il ne s’agit pas d’un simple copier/coller. Les Ukrainiens n’intègrent pas d’instruments traditionnels. Les guitares nous offrent la puissance et la mélodie et les claviers font véhiculer l’ambiance à coups de nappes quasi symphoniques, sombres et chaleureuses à la fois, notamment sur « Let It Burn ». Firestorm ne tombe donc pas dans le cliché des éléments folkloriques et délivre une puissance de feu remarquable à coups de mélodies entêtantes et de riffs tranchants (« Memorial »).

Les quatorze minutes passent très vite mais une chose est claire, c’est que ces Ukrainiens nous offrent un EP de death oriental 100% pur jus, un mélange entre un Orphaned Land moins prog et folkorique et un Aeternam moins symphonique qui fait mouche dès le premier morceau. Vivement la suite.

 

Temnein : 404 BC

Ξ novembre 29th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Melodic Death Metal |

Temnein : 404 BCLes groupes actuels se plaisent à puiser dans les mythologies, comme si elles étaient une force, un moyen de montrer que l’on est dans l’air du temps et qu’on peut créer une musique autour de ce sujet. Temnein n’est pas une exception. Ce groupe est originaire de Nancy et est influencé par Between The Buried And Me et At The Gates. Certains n’en ont jamais entendu parler mais ce quintet a tout de même eu de bons retours avec sa première démo et a eu l’occasion de faire des concerts avec Hypno5e, Hacride ou Valborg. C’est pour janvier 2014 que les Lorrains nous proposent leur premier album « 404 BC » dans lequel l’auditeur suit un personnage en proie à divers conflits moraux.

Ici, Temnein montre plusieurs facettes de sa personnalité. Son death mélodique et progressif prend désormais une autre teinte. Des influences hardcore, groove voire black se mêlent habilement dans les compositions, comme le montre « Self Division » qui enchaîne accélérations et passages plus sombres. Les mélodies sont aussi à l’honneur au sein de cet album qui mise sur les harmonies entre les guitares. En cela, certains moments rappellent indéniablement le death mélodique suédois et l’ombre d’At The Gates plane encore sur certains riffs, comme sur « Tangled » ou « Heart Hooks ».

Cependant, grâce à la richesse de ses compos, Temnein ne se repose pas que sur ses influences suédoises puisque le côté thrashy et le côté progressif jouent un rôle important. Les morceaux sont longs et se dotent de parties souvent saccadés tandis que le chant extrême de Yoann nous scande des paroles souvent abruptes. « Bright Knife » montre bien la complexité de la musique de Temnein avec ses treize minutes alambiquées dans lesquelles on alterne soli techniques, riffs tranchants, parties syncopées et parfois même passages polyrythmiques. On sent que les Frenchies essaient de flirter avec plusieurs horizons à la fois. Parfois c’est assez maladroit puisqu’on passe du coq à l’âne sans transitions, et il arrive qu’on se retrouve avec plusieurs longueurs. Mais la prise de risque est là et il est clair qu’avec un petit peu plus d’expérience, ils pourront nous en faire de voir de toutes les couleurs par la suite.

Même si on perd parfois notre attention, le côté progressif étant parfois trop poussif et les mélodies trop développées, il y a tout de même des moments de calme comme sur les deux uniques instrumentales « Slave / Master », introduction symphonique et attachante, et « Dropping Light », titre acoustique mystique.

Temnein livre un album encourageant qui parfois manque de puissance malgré le mixage et le mastering de Yann Klimezyk, qui a déjà travaillé avec des artistes français comme Kells ou Pobox. En dépit en ça, le gros label danois Mighty Music semble leur faire confiance, ce qui n’est pas une mauvaise chose car il y a beaucoup de travail dans les compos du quintet et beaucoup d’espoir. On verra bien ce que cela donne par la suite.

 

Fallen Joy : Inner Supremacy

Ξ novembre 22nd, 2013 | → 0 Comments | ∇ Melodic Death Metal |

Fallen Joy : Inner SupremacyDébut 2010, nous avions découvert Fallen Joy, petit groupe parisien de death mélodique, à l’occasion de la sortie auto-produite de son premier EP « Order to Die » enregistré aux studios Sainte-Marthe et diffusé dans toute l’Europe. Ce premier jet montrait un groupe prometteur même si ses compos manquaient d’originalité. Trois ans après, les revoilà sur pied et encore plus hargneux que jamais avec l’arrivée de leur premier full length, « Inner Supremacy ».

Cette fois-ci, le groupe voit plus loin puisqu’il a signé chez les Canadiens de Spread The Metal Records, s’est offert le mixage et le mastering d’Anthony Chognard (Smach Hit Combo) et une sortie non pas européenne mais mondiale. Le quintet semble bien progresser et malgré plusieurs changements de line-up, il semblerait qu’il ait les bases nécessaires pour non seulement tourner auprès des plus grands (Kataklysm, Morbid Angel, Cryptopsy) mais aussi servir des compositions raffinées et efficaces.

Nos premières impressions n’auront pas été fausses : Fallen Joy est un combo qui a du potentiel et cela s’entend très bien avec ce premier rejeton plutôt bien exécuté. Les Parisiens ont le mérite de faire un bon dosage entre brutalité, technique et mélodie si bien que les titres ont suffisamment d’énergie et de culot pour attirer notre attention. Bien sûr, certains restent classiques, comme « Back to Life » ou « Breaking the Light », qui sonnent très suédois dans l’esprit, mais Fallen Joy a quelque chose qui permet tout de même de se faire une identité, à savoir son chant quasi black, très criard, son côté mélancolique et son déferlement de mélodies.

Les morceaux contiennent toujours autant de soli, ces derniers faisant partie intégrante de la musique des Parisiens. Certains regrettaient cette profusion de mélodies sur « Order to Die », ils le regretteront sans doute encore une fois sur cet opus, mais elle fait souvent mouche sur « Hymn to Silent Soliders » ou « Burst of Hope » qui sonne limite arabisant dans le riffing.

En tout cas, le quintet ne se contente pas s’assembler technique, mélodie et brutalité, puisqu’il sait tout autant varier les rythmes et les ambiances. On peut avoir du rapide comme du mid tempo « War of the Undead », quelque chose de quasi pagan comme sur « Hold the Final Breath » où le growl s’invite, ou quelque chose de plus tranchant et agressif comme sur « The Rage to Live on » avec ses riffs dissonants. Sans oublier l’introduction mélancolique et symphonique à la Dawn Of Tears, « Back to Life », exécutée aux claviers, qui cette fois-ci, n’est pas un avant goût puisque ce type d’ambiance ne se retrouve nullement sur le reste de l’album.

La production semble moins puissante, moins aux petits oignons que l’EP précédent, mais il n’empêche que ce « Inner Supremacy », avec sa pochette qui ne peut qu’évoquer le Pain de Sucre de Rio, est un bon opus. Fallen Joy confirme sa capacité à captiver son auditeur sans en faire des tonnes et même si, de nouveau, c’est l’originalité qui pèche, on ne leur en voudra pas : vaut mieux cela que de la soupe technique sans fond et sans accroche. S’il continue sur cette lancée, le quintet pourrait faire partie des futures références françaises en death mélodique…

 

Dawn Of Tears : Act III: The Dying Eve

Ξ novembre 17th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Melodic Death Metal |

Dawn Of Tears : Act III: The Dying EveCette troisième sortie des Espagnols de Dawn Of Tears se sera faite attendre, et pour cause. Non seulement cela fait quatre ans qu’on n’avait pas eu de nouvelles mais en plus, ce « Act III : Dying Eve » est la suite logique des deux tueries que sont « Descent » (2007) et « Dark Chamber Litanies » (2009). Cette fois-ci, ils ont eu l’occasion de se dégoter un label (Inverse Records) et de s’extraire de leur statut de groupe autoproduit. Voyons voir ce que donne ce nouveau méfait, sorti fin septembre 2013.

Eh bien il semblerait que Dawn Of Tears soit toujours autant en forme. Le premier titre « A Cursed Heritage » est dans la digne continuité des efforts précédents, à savoir un death mélodique mélancolique et émotif, mené par une alternance de chants criards, presque black, et de chants growlés, de guitares énergiques et mélodiques, et de claviers aux touches symphoniques. Les Espagnols ouvrent l’album d’une main de maître avec un condensé de brutalité et de mélodie, tout en ponctuant leur titre de moments plus calmes et de soli plaintifs, comme à leur habitude. Cela n’annonce que du bon.

Et ce n’est pas trompeur puisque « Present of Guilt » enchaîne avec un jeu de guitare proche d’un « Lost Verses ». Mais le moins que l’on puisse dire, c’est que les Espagnols accentuent l’aspect émotif et mélancolique de leur compos. Les petites touches aux claviers ainsi que le chant féminin sont très touchants et apportent une autre dimension. Sans parler du soli, assez tortueux, dans l’esprit du groupe.

Je parlais précédemment de l’aspect symphonique, mais il n’est pas extrêmement mis en avant. Il sert plus de fond et Dawn Of Tears ne mise absolument pas dessus puisque ce sont vraiment les guitares qui ont le premier rôle. Cependant les claviers permettent de renforcer l’atmosphère mélancolique, déjà bien présente dans les riffs et les soli, et le sympho permet justement de guider les musiciens qui peuvent même s’orienter vers quelque chose de très proche du néo-classique comme sur « Lament of Madeleine », « The Dark Secret » ou « Prize Denied ».

La tension ne descend pas sur le reste de l’opus puisque le groupe renforce toujours plus l’aspect mélancolique de ses compos en ajoutant du piano ou une pointe de chant féminin. Parfois on croirait entendre du melo death/gothic. Cela se confirme sur « Angel Gone », le paroxysme, en contradiction avec un « 7th Seal » plus costaud, plus sombre et tranchant.

Pas de doutes à avoir, ce nouveau Dawn Of Tears est très bon et même si on ne retrouve pas tant de nouveautés que ça, le groupe n’a pas perdu son énergie, ni son amour pour la mélancolie, en gros, il a conservé son identité, ce qui n’est pas plus mal, quand on voit tous ces combos qui se laissent facilement influencer d’albums en albums…Si vous êtes en panne de bon death mélodique, vous pouvez tester ce « Act III : The Dying Eve » sans problèmes.

 

Eternal Oath : Ghostlands

Ξ novembre 5th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Melodic Death Metal |

Eternal Oath : GhostlandsOn a peu ou pas entendu parler d’Eternal Oath. Et pourtant, il fait partie des formations suédoises de death mélodique nées au tout début des années 90 aux côtés d’In Flames, d’Amon Amarth ou d’A Canorous Quintet (désormais This Ending) pour ne citer qu’eux. Ils ont même eu le bassiste Ted Lundstrom (Amon Amarth) dans leurs rangs au tout début. Mais cela ne fait pas tout. Des éléments les ont ralentis, en particulier le manque de moyen et de diffusion, mais aussi l’anonymat des débuts, d’autant plus que le premier album est sorti en 1999, alors que leurs confrères avaient énormément de succès. Pourtant, Eternal Oath a eu l’occasion d’enregistrer ses productions aux Studios Fredman et de tourner avec la plupart des gros groupes suédois. Ce n’est pas non plus un groupe inconnu au bataillon puisqu’il a tout de même son public et un style tout particulier. Ses albums sont solides mais manquent de prétention, malgré le remarqué « Wither ». En dépit de ses progrès, le groupe décide de faire un break en 2006. Mais la créativité bouillonne encore. Un concert en 2011 lui montre qu’il a encore du potentiel, d’autant plus que l’accueil est excellent. La reformation est inévitable. Eternal Oath renait. Et de cette renaissance apparaît « Ghostlands ».

Les quatre membres fondateurs s’entourent d’un nouveau bassiste et d’un nouveau claviériste avant de reprendre là où ils s’étaient arrêtés. Ils engagent Jocke Skog (Clawfinger, Scarpoint, Meshuggah) pour la production de leur nouvel album et travaillent sur des compositions plus mélancoliques qu’à l’accoutumer. Cela fait mouche…Eternal Oath se différencie largement de ses confrères suédois. Ses morceaux sont plus « lents », plus sombres, plus émotifs et dramatiques. Plus symphoniques aussi. On pourrait très facilement les rapprocher d’Eternal Tears Of Sorrow ou de To Die For, bien qu’ils aient une identité bien à part, un côté plus mystique, légèrement moins romantique. « Into the Mist of Sorrow » nous met bien dans le bain. C’est une intro très douce mais aussi très triste, laissant place à un « Entangled in Time » plus dynamique. Le growl est rageur et les riffs bien entraînants, accompagnés de claviers symphoniques mélancoliques. Eternal Oath ne vise pas l’agressivité à tout prix, le tranchant renforce la mélancolie et la profondeur. Cela se sent sur « Tears of Faith » qui se tente de sonorités black. Mais le chant, quand il n’est pas growlé, peut être clair, créant une atmosphère gothique lorsqu’il se couple à une voix féminine. L’émotion est au rendez-vous lorsque les timbres se mêlent, lorsque les soli apparaissent et que les claviers délivrent des nappes brumeuses.

Le sympho n’est jamais trop pompeux et permet d’instaurer cette atmosphère dramatique. Une atmosphère qui peut parfois être pesante et profonde, comme sur le doomesque « Stolen Innocence », dans lequel les murmures nous donneraient presque des frissons. Le rythme est lent, les guitares harmonieuses, les claviers inquiétants et les accélérations particulièrement intenses. Au moins, Eternal Oath sait incorporer les moments forts sans en faire de trop et diversifie aisément son propos. Cela se voit de nouveau sur « Fields of Dreams » et « A Hymn for the Fallen » qui proposent des éléments plus modernes avec des touches électroniques. Mais ces dernières ne durent pas. Elles laissent vite place aux guitares et au mid tempo ainsi qu’à une ambiance romantique pas loin de To Die For : le chant clair et grave, mêlé au piano et au chant féminin, renforce cette impression.

C’est l’éponyme « Ghostlands » qui conclut l’œuvre avec une touche dépressive et épique à la fois, presque touchante. Eternal Oath n’aura pas fait les choses à moitié. L’album de son retour est très satisfaisant, gagnant en cohérence et en maturité. Le groupe repart donc sur de très bonnes bases.

 

Chthonic : Bú-Tik

Ξ juin 2nd, 2013 | → 0 Comments | ∇ Melodic Death Metal, Symphonic Black Metal |

Chthonic : Bú-TikDepuis « Mirror of Retribution », Chthonic montre une constance à toute épreuve, à raison d’un album tous les deux ans et d’une signature méritée chez Spinefarm. C’est un fait, les Taïwanais ont conquis l’Europe grâce à leur black/death symphonique teinté d’éléments asiatiques. Un style de metal que le groupe lui-même s’amuse à appeler « orient metal ». Il faut dire que le quintet a sa propre identité et un concept que lui seul peut proposer. Chaque album est un véritable cours d’histoire vu qu’on nous raconte les événements qui ont fait de Taïwan le pays que nous connaissons actuellement. Chthonic avait entamé une trilogie avec « Seediq Bale » concernant les nombreuses guerres et événements ayant chamboulé la vie paisible des Taïwanais. Avec « Bu Tik », un nouveau chapitre s’ouvre cette fois-ci avec l’histoire du Massacre 228, ce chiffre faisant référence au jour où l’incident a commencé (le 28 février, de l’année 1947).

Si le terme « Bu Tik » paraît nébuleux pour ceux ne maîtrisant pas les langues asiatiques, le groupe nous le traduit à sa façon par : « violence vertueuse » ou « défense justifiable ». Ces termes se font davantage comprendre avec le morceau « Defenders of the Bu Tik Palace », sur lequel le concept s’explique. En effet, le palais Bu Tik était utilisé en tant que quartier général par les Japonais en 1930 pour endiguer une révolte seedeq (un des groupes aborigène de Taïwan). En 1947, ce palais a aussi été utilisé par l’armée taïwanaise lors du massacre où de nombreuses personnes se sont battues contre la dictature chinoise. Il s’agissait du plus gros mouvement pour l’indépendance de Taïwan.

D’un point de vue musical, on comprend la direction empruntée par le groupe. Dans le fond, « Bu Tik » se situe dans la même ligne de conduite que « Takasago Army », mais dans la forme, on se retrouve avec un ensemble plus tourné vers le death, moins black et moins folk, mais plus symphonique et épique. Ainsi, si l’introduction instrumentale, très traditionnelle, met en avant des violons impériaux, « Supreme Pain for the Tyrant » montre bien le chemin vers lequel se dirige Chthonic. Rageur, dynamique mais aussi mélodique, Freddy Lim nous offre de nouveau une alternance de vocaux (avec une préférence pour le growl death cependant) et nous gratifie de son erhu si caractéristique, avec sa mélodie bien asiatique, pendant un refrain plus posé. « Sail into the Sunset’s Fire » joue davantage sur des riffs tantôt death, tantôt black, et les solos, tout en mettant en valeur la qualité et la puissance des orchestrations. « Next Republic » fait pâle figure à côté, car seuls les chœurs du refrain semblent réellement attirer notre attention.

La suite de l’opus possède de bons moments mais aussi des moments plus plats, la faute à un manque d’éléments marquant les titres au fer rouge. En cela, certains morceaux passent totalement inaperçus comme « Between Silence and Death » ou « Resurrection Pyre » malgré une exécution carrée et quelques samples de crépitements de feu. Ca ne suffit malheureusement pas car Chthonic nous a toujours habitués à un petit quelque chose qui fait qu’un titre se différencie d’un autre. Mais ce petit quelque chose il ne l’a pas abandonné, en témoignent les premiers titres décrits ainsi que le destructeur « Defenders of Bu Tik Palace » qui montre tout le talent et la force des Taïwanais. Un ensemble efficace qui suit une logique bien précise, entre un départ plutôt sombre entraîné par un sitar chinois et une suite extrêmement riche où on découvre un panel diversifié d’éléments musicaux, comme les instruments traditionnels (sitar, erhu, flute), la variété du rythme et des riffs mais aussi du chant, Freddy laissant sa place à Doris Yeh (bassiste et leadeuse du groupe) dont l’empreinte vocale apporte un charme indéniable et rappelle un titre comme « Quasi Putrefaction ».

Produit par Richard Bengtson aux Sweetspot Studios suédois, ce septième méfait n’est pas fondamentalement excellent mais montre un groupe taïwanais infatigable et toujours en grande forme qui se dirige de plus en plus vers le death metal et qui laisse peu à peu son black metal du début. Ce changement n’est pas à voir comme un mal mais plus comme une évolution logique car Chthonic traverse les âges et fait évoluer ses concepts. Dommage toutefois que tous les morceaux ne soient pas aussi prenants et émotifs qu’un « Seediq Bale » ou qu’un « Takasago Army ».

 

Path Of Destiny : Parasite God

Ξ octobre 16th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Melodic Death Metal, Symphonic Black Metal |

Path Of Destiny : Parasite GodPath of Destiny vient d’Allemagne, un petit pays concernant le black symphonique. Formé en 2007, le combo a eu l’occasion de jouer dans certains festivals réputés tels que le Legacy-Festival en 2009 et le Metalfest en 2011. On ne peut pas dire que ces Allemands aient loupé quoi que ce soit, entre de très bonnes prestations, une bonne promotion (même si auto produit) ainsi qu’un premier full length plutôt bien vu (« Rise and Fall » – 2010).

Janvier 2012 marque la sortie du nouvel EP de Path of Destiny nommé « Parasite God ». Enregistré aux Echolux Studios par Andy Schmidt, il se compose de six titres dont certains ont été écrit en 2009. Le groupe a toutefois réussi à les réarranger afin de les restructurer et d’apporter de nouvelles idées, ce qui permet de les mettre en adéquation avec les morceaux les plus récents. Tout se situe donc dans la même logique, à savoir un death/black mélodique symphonique puissant, efficace et bien produit, quelque part entre Dimmu Borgir et Fleshgod Apocalypse.

En cela, on ne pourra pas dire que Path of Destiny révolutionne le genre mais il a le mérite de bien se débrouiller. Les titres restent fidèles au metal extrême symphonique actuel en mettant l’accent sur la lourdeur, les atmosphères, l’agressivité et la mélodie, quatre facteurs qui, a priori, rendent l’écoute d’un opus du genre plutôt agréable. Pas de doute en tout cas sur la qualité de la musique des Allemands. Après une introduction instrumentale et guerrière, tambours, cuivres et choeurs en tête, « Unleashed Memories » montre la capacité de Path of Destiny à concocter des titres véloces, de par l’aspect death mélodique omniprésent, mais aussi sombre grâce aux touches black et aux orchestrations.

« Messiah » met largement plus en avant un death metal racé, guidé par des riffs tranchants et carrés, un growl efficace et des orchestrations plus impériales, tandis que les autres pistes sont plus axées sur la mélodie. On note que leur exécution ne pardonne pas, malgré quelques petites linéarités et quelques passages fades, mais il faut dire que l’enchaînement des riffs, couplé aux claviers, fait mouche.

L’EP en question a beau ne faire que 25 petites minutes, on n’a pas vraiment le temps de s’ennuyer et on découvre un groupe qui tire ses influences de plusieurs styles, à savoir l’épique digne des BO de films, le black (symphonique) scandinave pour les ambiances et le death mélodique « en général » pour le reste. Même s’il n’est pas formidable en soit, et que le growl reste un poil linéaire, il a le mérite d’embarquer l’auditeur dans un concept basé sur la Mort.

 

Svartalvheim (NZ) : Cosmic Sorrows

Ξ septembre 9th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Melodic Death Metal, Symphonic |

Svartalvheim (NZ) : Cosmic SorrowsEn règle générale, la Nouvelle Zélande n’est pas un pays très tourné vers le metal symphonique, qu’il soit soft ou extrême. On retrouve davantage de heavy metal, de death metal ou de black metal. Et pourtant, même si ce n’est pas une tradition, une formation pourrait renverser la tendance : Svartalvheim. Rien que son nom en dit long. Certains connaissent peut-être le groupe norvégien de black symphonique Ancient. « Svartalvheim » est le nom de leur premier opus, sorti en 1994. Pour autant, les Neo-Zélandais ne se rapprochent pas énormément de leur musique mais il est clair que leur metal symphonique extrême se compose de black metal et de death metal, en particulier du mélodique.

A la base, le combo officiait dans le doom mais il s’est vite rendu compte que c’était le metal symphonique qui lui correspondait le mieux. Ceci donna naissance à une démo puis à cet album, « Cosmic Sorrows », largement influencé par le death mélodique cristallin d’Eternal Tears of Sorrow,(période pré « Children of the Dark Waters »), par le death mélodique astral et véloce de Skyfire, par le death metal à consonances symphoniques (Septic Flesh, Fleshgod Apocalypse) ainsi que par le metal symphonique en général.

Le résultat s’annonce donc mélodique et épique. Dès le premier morceau, « Fettered to the Unreasonable », on découvre immédiatement un death mélodique parfois bourrin, très symphonique et atmosphérique au niveau des ambiances. On découvre aussi la grande faiblesse : la production. Le son des claviers est très bon, cependant la batterie est trop mise en avant (la double pédale insupportable…) et les guitares sont noyées. Le chant, lui, s’en sort plutôt bien, alternant growl profond et cri black.

Si on fait abstraction de ce point faible, on se retrouve au fil des morceaux avec une musique bien calibrée et très dynamique, on n’est pas prêt de s’ennuyer. Même si les influences sont là, on rentre très rapidement dans l’univers d’un groupe misant sur les atmosphères. Les choeurs, les orchestrations ainsi que les notes de piano cristallin sont à l’honneur, tranchant avec le côté agressif et rapide des guitares et du chant. « Quantum Singularity » (entre autres) met bien ceci en valeur.

Pour ajouter un peu plus d’originalité, on retrouve aussi des éléments plus modernes, avec des touches électroniques et limite core avec « This Temple Will Not Hold » et « Oppression from Within », mais toujours soutenues par cette vélocité au niveau des grattes, ce tranchant dans le chant, et ces belles atmosphères. C’est astral et légèrement cosmique, comme le suggère le titre de l’album.

Au final, l’auditeur est rapidement embarqué dans un paradis féerique grâce à un death mélodique éthéré mais toutefois trop uniforme. Les titres sont tous très rapides et peinent à laisser place à un peu de répit. Seuls « Synthetic Society » et « Lack of Scepticism, a Road to Ruin » arrivent à imposer des changements de structure ainsi qu’une touche sombre, apportée par quelques influences black metal, notamment dans le type de mélodie.

Il aurait donc fallu plus de variété dans les titres mais ce n’est pas ça qui nous fera lâcher l’affaire. Malgré de gros défauts, rapidement dissimulés par des qualités indéniables, « Cosmic Sorrows » est l’album d’un groupe encore jeune mais prometteur, risquant, si toutefois il mûrit et progresse, de livrer une musique puissante, extrême et épique au possible. C’est en tout cas bien parti, au vu de ce qu’ils nous offrent au sein de ces neufs titres entraînants.

 

Zonaria : Arrival of the Red Sun

Ξ juillet 27th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Melodic Death Metal, Symphonic Blackened Death Metal |

Zonaria : Arrival of the Red SunZonaria fait partie de ces petits groupes qui se démarquent largement de la scène death mélodique, très saturée et surtout remplie de copies plus ou moins conformes. Depuis ses débuts en 2007 avec « Infamy and the Breed », les Suédois ont réussi à imposer leur patte dans un pays où le Death Metal est roi, et ce grâce à la mise en place d’un melo-death lourd aux consonances black et aux relents apocalyptiques. Si « The Cancer Empire » entamait une orientation musicale plus moderne, « Arrival of the Red Sun » la confirme.

Le quatuor, qui se sera au préalable séparé de son bassiste, est de nouveau rentré aux célèbres Abyss Studios sous la houlette de Jonas Kjellgren (Scar Symmetry) pour l’enregistrement de son nouvel opus, qui sort tout de même quatre ans après le précédent. Zonaria aura mis du temps et il faut dire qu’ils ont profité de ce précieux temps pour peaufiner leur compositions, affirmer leur style mais aussi leur position. En effet, ces gars d’Umea font certainement partie de la nouvelle vague death mélodique suédoise, ce qui change largement des groupes aux trop forts relents core.

« Arrival of the Red Sun », de manière conceptuelle, semble être une parfaite suite logique puisque les thématiques sentent bon l’apocalypse, car ici ce « soleil rouge » est le principal responsable de l’holocauste. Pas de retour en arrière possible, tout est censé brûler à en croire la pochette rougeoyante. Si le concept atteint ici son paroxysme, les titres en eux-mêmes se teintent eux aussi d’une aura noire et dense, certes déjà présente sur les opus précédents, mais relevées par la présence de claviers symphoniques. Par conséquent, il va falloir s’habituer à une nouvelle influence notable dans l’appréhension des parties orchestrales : Dimmu Borgir.

La fusion Hypocrisy/Behemoth ne sera donc plus la seule à être détectée. Zonaria a toujours su mettre à profit ses influences afin de ne pas tomber dans la copie facile, mêlant les mélodies et les atmosphères de l’un avec l’agressivité et la lourdeur de l’autre tout en ajoutant une patte bien particulière qui fait la différence. Sur cet opus, ils ne dérogent pas à la règle puisque des titres comme « Arrival of the Red Sun » ou « Liberation Zero » rappellent leurs confrères deathsters. Mais désormais, il faut ajouter à cela des touches symphoniques bien présentes, propulsant Zonaria dans la cour des groupes de death/black mélodique symphonique, avec des arrangements dignes d’un « In Sorte Diaboli » ou d’un « Abrahadabra ».

Concept pessimiste oblige, les claviers apportent donc beaucoup aux ambiances en installant des touches plus ou moins grandiloquentes au sein d’un melo death bien burné. Si la première moitié de l’opus montrait un Zonaria plus traditionnel, plus fidèle à ses anciennes chansons, avec des claviers posant purement et simplement une atmosphère sombre et étouffante (« Arrival of the Red Sun »), la seconde moitié, elle, dirige Zonaria vers un ensemble plus moderne et plus proche de la mode du moment (c’est à dire, le death symphonique). Le trio « Full Spectrum Dominance », « My Vengeance Remains » et « Face My Justice » montrent irrémédiablement de quoi les Suédois sont capables. Les riffs tranchants se mêlent à une voix hargneuse et à du sympho souvent imposant, parfois inquiétant et quelques fois épiques et mystérieux. Les mélodies zonarienne à la guitare s’accompagnent de mélodies typiquement dimmuborgiriennes aux claviers, alternant les passages aux riffs tronçonneurs et les passages plus pompeux. Impossible d’échapper aux choeurs sombres. Ceci dit, c’est réussi.

Avec une production un poil plus propre et un nouveau label, Zonaria s’embarque pour de bon vers une orientation musicale plus accessible et plus tape à l’oreille (si je puis dire). Cependant, sans être révolutionnaires, ils savent varier leur propos et équilibrer le tout sans en faire de trop, sans être trop niais ou trop simpliste, ce qui fait de cet « Arrival of the Red Sun » une des meilleurs sorties de melo-death suédois depuis des années.

 

Aesmah : Imeria

Ξ juin 27th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Melodic Death Metal |

Aesmah : ImeriaAvec toutes les dernières sorties mais aussi les nombreuses déceptions, il est clair que ce n’est pas vers le death mélodique qu’on se tourne le plus en ce moment, la plupart des groupes étant tombés dans la facilité et les relents core. Pour changer d’air, on passe en général son chemin et on se dirige vers quelque chose de plus innovant ou a contrario, de simple mais efficace. Et pourtant, si on suit cette logique, on risque de passer à côté d’un petit groupe français originaire de la région de Lyon. Il s’est formé il y a trois ans et a déjà deux sorties à son actif, « Hegemony », paru en 2009, et la démo dont je m’apprête à vous parler, « Imeria ».

Bien que l’enregistrement ait été effectué l’année dernière sous la houlette du chanteur guitariste Olivier Girard et de la bande, elle-même, c’est cette année que nous arrive ce « Imeria », sensiblement dans la même veine qu’ « Hegemony » mais certainement plus travaillé et personnel. En dépit de fortes influences Dark Tranquility dans les riffs typiquement melo death, Aesmah a réussi à ne pas tomber dans les stéréotypes et à se forger un univers, grâce à un concept musical et parolier atypique.

De ce fait, le quatuor a puisé dans son imagination pour nous offrir un petit monde sensible et harmonieux, quelque part entre le melo death, le folk, l’électro et le prog. Sa musique est à l’image de cette pochette où siège une île flottante dont s’émerveille un voyageur. On se retrouve avec quelque chose de naturel et de spontanée, embarqués par des riffs qui font mouche, des changements de rythme inattendus et plaisants, emmenés par des guitares aux touches plus acoustiques et des voix claires et mélancoliques (« Colorless Mind »), parfois féminines comme sur « Inside Indestructible », effectuées par Charlotte Kouby.

Le prog se fait largement ressentir sur la longueur des morceaux (jusqu’à plus de huit minutes) ainsi que sur leur avancement. On progresse réellement dans l’esprit mélodique d’Aesmah, qui arrive à ne pas trop en faire, tout en installant une ambiance quasi onirique, à l’image de « Chimera » et son duo clavier/guitare entêtant.

De ce côté là, les claviers apportent beaucoup à la musique des frenchies. On retrouve autant de nappes que de touches de piano, que d’éléments symphoniques ou folk, ou même de légères sonorités électroniques pas trop pompeuses. Dans ce sens, « The Deceptive Haven » apporte la hargne nécessaire, tant dans le growl et le riffing que dans le jeu des claviers et ce côté « moderne ».

On regrettera certaines linéarités, notamment sur « Wasted by Suen », le titre le plus court, et c’est un comble ! Malgré sa bonne ambiance, il semblerait qu’Aesmah soit plus à l’aise sur les morceaux les plus longs, à l’image de « Endless Wrench », qui résume à lui tout seul l’opus du groupe, tantôt brute et rapide, tantôt harmonieux et doux, tantôt atmosphérique et envoûtant.

Si on est un temps soit peu sensible à ce mélange, on passe un très bon moment avec ce « Imeria » dans les oreilles, qui nous immerge dans un melo death travaillé et tout en finesse, avec des mélodies touchantes, des ambiances parfois sombres, une alternance de voix loin d’être ennuyante, pas loin de la mélancolie d’Anachronaeon. Une démo servie avec un package de qualité en prime. A se mettre sous la dent pour les amateurs.

 

Mandragora (LTU) : Carnal Cage

Ξ mai 20th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Melodic Death Metal |

Mandragora (LTU) : Carnal CagePour faire du death mélodique, on n’a pas forcément besoin de tomber dans les gros clichés metalcoriens et/ou dans la niaiserie ou la mélodie facile. Et ça, les Lithuaniens de Mandragora l’ont bien compris. Ce groupe existe depuis 1998 et a déjà eu l’occasion de faire ses preuves, même si c’est assez récemment que le quintet sort de vrais albums. Avec un air de pas y toucher, les Slaves ont tout de même atteint le Wacken et participé à des Battle Contest qu’ils ont gagné. On est donc en droit d’espérer beaucoup de ce groupe, aussi prometteur que bon nombre de formations du genre, et pourtant…

En dépit de ses origines, c’est du côté de la Suède qu’il faut se tourner car Mandragora semble être très inspiré par cette scène très riche en matière de death metal. Que ce soit mélo ou non, la musique des Lithuaniens tire autant chez Arch Enemy que chez Edge of Sanity ou Amon Amarth pour ne citer qu’eux. Pas de surprises, tous les morceaux sonnant comme du déjà entendu et manquant énormément d’originalité. On se retrouve en définitive avec un heavy death mélo, tirant sur le progressif par moment, surtout lors des morceaux les plus longs, et on en retrouve quelques uns. Sans oublier le côté technique dans l’utilisation de certains riffs comme sur « Desolate Fields » par exemple.

Mandragora se perd un peu et on sent qu’ils ont du mal à proposer un ensemble homogène, entre des titres ennuyeux et répétitifs ou des titres plus dynamiques et rentre dedans tels que « Curse of Existence ». Mais il est clair que pour chaque chanson, des références de la scène death mélodique suédoise nous passe par l’esprit, si bien qu’il est clair et net que les Lithuaniens devraient travailler ce fort manque d’inspiration afin d’avoir plus de personnalité. « Unconscious » en est un exemple bien typique. Même s’il est bien amené, son riffing reste très stéréotypé ainsi que son refrain pratiquement plagié sur des tas de formations existantes. La surprise survient, mais pas dans le bon sens du terme : en réalité on se surprend à connaître à l’avance la construction du refrain.

Il est franchement rageant de se rendre compte de tous ces petits détails alors que l’album, en soit, commence plutôt bien. Au niveau du chant, on est loin du chant à la limite de l’hurlé avec des imbrications de voix claires. On se retrouve davantage avec un growl bien teigneux qui tend sur le pig squeal, sans doute plus flagrant sur un titre comme « Walk to Fall ». Hormis ça, Mandragora avec « Masquerade » se la joue à la Arkan en intégrant une introduction acoustique orientale très mystérieuse…avant de nous asséner de riffs très death mélodique à la Arch Enemy

On aurait aimé plus de personnalité, on aurait aimé plus de hargne, on aurait aimé ne pas se surprendre à connaître tout par cœur en une seule écoute… « Carnal Cage » n’apporte décidément rien si ce n’est prouver que les copies conformes perdurent encore, perdant en qualité au fil des années. Mandragora aurait pu profiter de son statut de « découverte » pour nous en montrer de toutes les couleurs. A la place de ça, on a plutôt l’impression qu’il nous fait un tribute album en mélangeant des bouts de chansons d’Arch Enemy, Amon Amarth ou In Flames réunis, en modifiant la voix, et en ajoutant des rares touches de claviers et quelques riffs techniques. Le pire, c’est que ce n’est pas si mauvais et certains titres sont bien fichus. Toutefois, c’est moins bien, et ce n’est pas la bonne production qui pourra nous faire éluder ces soucis. Bref, un album parfait pour ne pas se prendre la tête et encore…

 

Soulline : We Curse, We Trust

Ξ mai 15th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Melodic Death Metal |

Soulline : We Curse, We TrustBeaucoup doivent en avoir assez de voir du death mélodique partout. Ce genre reste sans aucun doute un des plus actifs, fragmenté en plusieurs sous-sous-genres, permettant de savoir ce que nous préférons le plus ou non. C’est un fait, il y en a pour tous les goûts, et la tendance actuelle se tourne vers la modernisation du genre, avec, au choix, un death mélodique teinté de metalcore, un death mélodique symphonique, ou un death mélodique dit « moderne », avec un son plus synthétique, plus passe-partout et, selon les cas, des éléments électroniques. La plupart des nouveaux groupes se situent dans cette tendance là, et Soulline ne déroge pas à la règle.

Ces Suisses sont actifs depuis 2000 et auront passés plusieurs années à faire des concerts, devenant ainsi un des groupes à avoir un impact important sur le public suisse. C’est ce qui les poussa à faire un premier album, puis un second, jouant au Wacken en 2008 avec E-Force ou Nightwish, ou au Blitzkrieg V East Tour en 2010 avec les maîtres de Vader.

Leur différentes tournées et soutiens les auront aidé à se faire une bonne réputation dans la sphère death mélodique. Soulline s’octroie les faveurs des Danois de Target Distribution et Mighty Music pour la publication, de Peter Tagtgren (Hypocrisy, Pain) pour le mixage dans son célèbre Abyss Studio, ainsi que celles de Jonas Kjellgren (Scar Symmetry, Katatonia) pour la masterisation. C’est donc un son en béton armé qui nous est promis.

Et c’est bien le cas. La production est solide et totalement moderne, mais sans doute trop lisse et policée, trop synthétique vis à vis de ce qui nous est offert. Soulline ne fait pas partie de ceux effectuant dans un death mélodique/metalcore, ni de ceux intégrant des chants clairs niais lors des refrains. Les Suisses misent sur la mélancolie de leur mélodies et donc sur l’émotion, plus que sur l’agressivité de ses compositions, même si les growls et les cris restent très hargneux, comme sur « Our Fate Interupted », pour ne citer que lui.

Le morceau introducteur, « The Curse in Our Minds », met bien en avant l’univers de Soulline, montrant, d’une part, que les Suisses utilisent à bon escient le clavier, et d’autre part qu’ils arrivent à gérer l’aspect émotionnel de leurs compositions, entre les samples de vent, les incrustations discrètes d’une voix claire loin d’être mièvre, et l’utilisation de riffs mélodieux. Idem sur « Hollow » qui utilise des parties plus acoustiques et limite gothiques sur les couplets pour nous faire adhérer à leur monde. On se croirait dans un « Epilogue » de To Die For.

Certains titres comme « Sleepers Statement » sonnent trop communs avec ces guitares lancinantes, ces notes de piano en fond et cette voix un peu trop posée. Idem pour « When We Freeze » ou « The Unconscious March », avec ces riffs limites saccadés, mais ils ont le mérite d’être efficaces et agressifs, que ce soit dans le son des guitares que dans les types de voix. Il y a l’harmonie nécessaire pour que l’on reste suffisamment accrochés, avec une instrumentation bien amenée.

Malgré tout, Soulline ne fait pas dans le death mélodique surexcité, comme celui de Skyfire par exemple. Il ne fait pas dans l’électronique non plus, genre Seecrees. Les Suisses restent principalement en mid tempo, empruntant parfois un rythme plus lent. Mais ils savent amener des accélérations quand il faut, en dépit d’un manque flagrant de quelques blast. Ca n’aurait pas fait de mal.

Alors pour ceux qui en ont un peu marre du death mélodique aux relents metalcore ou du death mélodique qui carbure sans vraiment ressembler à quelque chose, ce « We Curse, We Trust » peut être pour vous, sachant qu’il s’agit d’un concept exprimant le conflit entre ce que vous voulons et ce dont nous avons besoin, le destin prenant toujours le pas sur les rêves que nous pouvons avoir.

 

Nothnegal : Decadence

Ξ avril 18th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal, Melodic Death Metal |

Nothnegal : DecadenceLes Maldives, c’est surtout un petit coin de paradis en plein milieu de l’océan Indien où tout est parfait, ou presque, avec ses plages, ses atolls et le soleil à longueur d’année. Loin, très loin de l’univers apocalyptique que nous propose son groupe phare, Nothnegal. En effet, ce dernier a subi une ascension fulgurante après la sortie de son premier EP en 2009, dans un style black death mélodique très influencé par la scène finlandaise, et pour cause, il a été mixé par Anssi Kippo (Children Of Bodom, Norther).

Officiant à l’intérieur d’une scène qui se veut underground et mal réputée, les Maldiviens ont toutefois réussi à se faire un nom depuis peu, en s’octroyant une signature chez le désormais très réputé label Season of Mist ainsi que les services du batteur Kevin Talley (Daath, ex-Hate Eternal) et du claviériste Marco Sneck (ex-Kalmah). Il faut dire que ce groupe du bout du monde ne fait pas les choses à moitié et profite de l’opportunité qui lui est apportée, et c’est ainsi que sort un « Decadence » ambitieux en ce début d’année.

Nothnegal change d’esthétique et de style, se déchargeant de son côté black metal et ne gardant que l’aspect death metal tout en ayant un son plus moderne, plus cyber et plus dans l’air du temps. Il faut dire que le groupe, malgré sa jeunesse, joue dans la cour des grands avec cette production impeccable et ces huit titres maîtrisés et bien qu’officiant dans un death mélodique, il ne tombe pas dans le metalcore facile et le chant clair à gogo. Au contraire, les Maldiviens restent attachés aux principales caractéristiques du melo death.

Ils veulent avant tout supprimer cette vision paradisiaque de notre esprit. Avec « Decadence », on se retrouve dans un monde en déclin, asséché et futuriste, perturbé par les diverses créations humaines. Le visuel s’oriente vers un ensemble mi pessimiste, mi technologique, avec ces crop circle et cette alternance de symboles venus de chez Stargate et des, excusez du peu, zarbis pokémon. La musique en elle-même représente bien l’artwork. Elle est assez bien calibrée et immersive, lourde et puissante, parfois proche du « The Hinderers » de Daath tant par les ambiances que par l’instrumentation générale. Mais en plus mélodique. Le morceau « Salvation » montre bien ce que peut nous faire les Maldiviens, avec ce caractère mystérieux voire onirique dans les claviers en arrière plan. Les bidouilles électroniques cybernétiques sont au rendez vous ainsi que des touches symphoniques discrètes comme sur « Janus », avec sa batterie mécanique et sa mélodie entêtante.

Il y a toujours une mélodie, principalement au clavier, qui nous embarque à chacun des morceaux, accompagnée d’un enrobage électronique. Même si la plupart sont toute simples, ça reste efficace et assez facile d’accès, bien qu’il faille apprécier l’ambiance générale ainsi que le manque de patate dans l’exécution des guitares. Ca a beau être lourd, le jeu n’est pas suffisamment incisif, la faute à la production, qui fait la part belle au growl rageur et à la programmation (« Decadence »). Toutefois, un « Armageddon » peut remonter le niveau avec ces sons adaptés aux phénomènes crop circle, à savoir, des touches très OVNI dans l’esprit.

Un titre comme « R.A.D.A.R » se teinte d’éléments progressifs, avec ses sept minutes et sa variété d’ambiances et de sonorités. L’introduction dark/electro/gothique et son murmure cadavérique laissent vite place à des guitares précises et à un clavier plus cybernétique que jamais, avec son va et vient éléctronique. Idem sur « Sins of Our Creations », laissant cette fois-ci l’honneur à un chant clair pas très juste mais au moins, loin d’être niais.

Il aurait fallu une production moins lisse, une plus grande variété de refrains et plus d’accélérations pour que cet album soit excellent, mais il faut dire que les Maldiviens fournissent un album vraiment bon et bien ambiancé, aussi bien fait pour les amateurs d’indus/cyber que pour les amateurs de melo death, l’équilibre entre les deux étant quasi parfait.

 

Voice Of The Soul : Into Oblivion

Ξ avril 15th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Melodic Death Metal |

Voice Of The Soul : Into Oblivion2007 – Koweit. Kareem Chehayeb forme un petit groupe avec quelques uns de ses amis, désireux de pouvoir jouer de la musique dans un groupe de musique à part entière, le jeune homme ayant beaucoup écrit avant de franchir le pas. Le combo, encore sans nom, souffre rapidement de plusieurs changements de line up mais il n’est pas si difficile de trouver des metalheads au Koweit, le pays étant petit et la scène metal très peu sollicitée. Malgré les soucis liés au régime actuel, la formation arrive à se rendre à la représentation Battle of the Bands pour un petit concert mais il lui faut un patronyme. Sur l’ipod de Kareem, c’est « Voice of the Soul » de Death qui tourne. Il choisit donc ce nom, tout en pensant à cette honnêteté que ce morceau lui inspire, et qui représente la scène du Koweit.

Aujoud’hui en 2012, Voice Of The Soul fait partie des combos les plus actifs du Koweit, avec Benevolent, entres autres. La petite formation, désormais stable, semble-t-il, a déjà sorti trois EP en trois ans, dont ce « Into Oblivion », marquant un cap dans la carrière des moyen orientaux. En effet, ils affirment leur style mais se retrouvent handicapés par la position géographique de chacun, les membres étant désormais basés dans des pays différents. Ca ne les a toutefois pas empêchés de rentrer aux Sarj Studios, une référence au Moyen Orient, pour enregistrer cet EP prometteur.

Voice Of The Soul fait partie de ces formations influencées par la scène death mélodique suédoise. Heureusement, les musiciens ne sont pas là pour suivre leur références au pied de la lettre. Au contraire, ils apportent leur patte et une mélancolie qui leur est propre, sans toutefois apporter ces relents orientaux propres à leur position géographiques. Pas ou vraiment peu d’éléments arabisants, Voice Of The Soul mise tout dans les riffs et les différentes rythmiques, conférant à cet EP un aspect varié et progressif.

« Into Oblivion » démarre avec un « Immolation » varié, entre une intro doomesque et une suite plus melo death mais qui ne perd pas de son aspect lourd et agressif. Pas de chichi, pas de refrains au chant clair, pas de parties techniques ou de soli endiablés, Voice Of The Soul fait dans la simplicité avec ce côté suédois qui n’est pas à mettre de côté. En effet, le groupe s’inspire d’Arch Enemy ou de At The Gates, entres autres. En dépit de ça, il préfère faire la part belle aux riffs et parties purement instrumentales, le growl de Kareem n’étant pas l’élément le plus important.

« Pandemonium » met bien dans le bain avec cet aspect bien mélodeath et cette alternance de growl et de chant plus criard, plus black. C’est entraînant et accrocheur, suffisant pour permettre à Voice Of The Soul de se faire un nom. L’EP aurait pu être ennuyant sans de nombreux changements de dynamiques, octroyant à la galette une diversité non négligeable de passages et rythmes. « Cast Away in Betrayal » se rapproche davantage des standards death metal tandis que « Wither » et ses onze minutes de mélancolie, propose un mélange de doom/death et de death mélo totalement captivant.

Voice Of The Soul met à profit ses influences suédoises pour nous offrir une reprise de l’excellent « Under a Serpent Sun » d’At The Gates. La version koweïtienne est plus lourde et plus compressée mais reste totalement correcte et fidèle à la version de base. Dans tous les cas, il s’agit sans doute de la première cover d’At The Gates fournit par un groupe du Moyen Orient, une expérience intéressante.

Le combo réussit à fournir un EP tout ce qu’il y a de plus classique mais progressif, sans tomber dans le piège du mélange death mélo/metalcore. Une belle avancée pour Voice Of The Soul qui met en avant son art et son pays. A encourager.

 

Scorned Deity : The Monarchy Memoirs

Ξ mars 23rd, 2012 | → 0 Comments | ∇ Melodic Death Metal, Symphonic |

Scorned Deity : The Monarchy MemoirsOn connaît déjà le black symphonique américain, mais moins le death symphonique. Mélodique de surcroît. On sait que ce style est de plus en plus grandissant, comme un nouveau souffle au sein de la scène metal actuelle. On sait aussi que ce n’est pas nouveau et que la plupart du temps, ce death symphonique se retrouve teinté d’éléments black. C’est le cas avec Scorned Deity, venu de Detroit (Michigan). Le quintette sort en 2011 son tout premier album auto produit et masterisé par ses soins le son est donc correct, bien que parfois amateuriste, mais il n’empêche que le groupe a fait un gros effort pour produire son opus et surtout, pour le composer.

Scorned Deity s’inspire des monarchies passées et de leurs héritages, des empires qui se sont effondrés ainsi que des imperfections de l’humanité. Pour cela, les Américains ont décidé d’effectuer dans un death/black mélodique véloce et épique embarqué par des éléments symphoniques de qualité. Pas d’arrangements purement orchestraux, il s’agit toutefois de grandes nappes enveloppantes et omniprésentes. Le tout sonne très finlandais de ce côté là et peut rappeler des formations telles que Omnium Gatherum, Kalmah en ce qui concerne les envolées aux claviers. Pour ce qui est de l’aspect purement death mélodique, c’est du coté de la Suède qu’il faut se tourner, avec des inspirations Soilwork ou In Flames.

Le résultat reste tout de même assez long avec treize morceaux pour quasi cinquante minutes de musique, car les compositions en soit peinent à varier sur la longueur. Toutefois, il s’avère que Scorned Deity a paufiné ses créations afin de les rendre efficaces et parfois progressives. Riffs tranchants, mélodies embarquantes, soli furieux et claviers symphoniques épiques. Les Américains ne rigole pas, alternant growl et chant plus criard. Le duo d’introduction « As Dusk Repells Light » (instrumentale sombre) et « Infernal Depravity » peuvent mettre sur la voie avec cette agressivité sans relâche mêlée à une mélodie loin d’être mielleuse. Cerise sur le gâteau, il n’y a pas de chant clair et pas de refrains niais. Au moins, l’album a le mérite de proposer des parties cohérentes.

Le groupe arrive à intégrer des plans très death metal avec la lourdeur qui va avec comme sur « Incremental Resentment », mais c’est surtout la mélodie qui prime et comme on le dit, trop de mélodie tue la mélodie. L’auditeur peut rapidement se retrouver noyer. Il n’empêche que la vélocité et la technicité des riffs nous entraînent vite dans le monde de Scorned Deity. « The Alteration of Mankind », par exemple, et un des titres les plus prenants et les plus épiques/symphoniques, avec ces choeurs, ces violons et ces orgues. Rapide d’exécution et parfois sombre, il démolit tout sur son passage.

Si « Pale Thoughts of Dreams » apporte de la douceur lors d’une minute avec une mélodie acoustique, « Self Immolation » propose un mélange d’éléments classiques et d’éléments plus modernes, entre parties saccadées, parties plus death mélodique, encouragés par des claviers et des petites touches électroniques. Idem pour la conclusion de l’album, « Polluted Minds » très finlandais dans l’esprit mais relativement efficace avec son solo endiablé.

« The Monarchy Memoirs » est un album ayant ses qualités et ses défauts pris entre éléments classiques et éléments modernes et touches finlandaises. Scorned Deity apporte toutefois sa petite patte mais il faut mettre beaucoup plus de personnalité là dedans et améliorer la prod, même si celle ci est très correcte. Il n’empêche que les morceaux sont très efficaces et nous donnent du fil à retordre, guidés par des éléments symphoniques riches. A découvrir.

 

Midnight Realm : Polarissima

Ξ mars 16th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Melodic Death Metal |

Midnight Realm : PolarissimaMidnight Realm, c’est un groupe de six Anglais officiant dans le death mélodique. A la base, ce projet n’était pas du tout sérieux et se résumait à quelques répétitions dans les chambres de chacun jusqu’à ce que chaque membre apporte sa pierre et que les premiers morceaux dévoilés reçoivent un accueil plutôt bon dans le monde entier.

Aujourd’hui, le groupe a déjà enregistré un premier EP « Abstract Connections » avant de se consacrer à cette nouvelle sortie nommée « Polarissima ». Midnight Realm fait partie de ces formations officiant dans un dit death mélodique moderne, avec une production en béton, des mélodies dans l’air du temps, des riffs parfois polyrythmiques et des effets électroniques. Inspiré par Dark Tranquility, Soilwork ou Textures, le combo arrive à intégrer ses influences tout en ajoutant sa patte et son univers apocalyptique et décadent comme sur l’intro symphonique « Polarissima » et le très énergique « Abstract Connections », entre death mélo traditionnel, death mélo moderne et saccadé.

L’EP reprend là où le groupe s’était arrêté avec leur précédente sortie. Il s’agit donc de la suite logique, les pochettes se ressemblants sur ce point là ainsi que du côté des paroles qui continuent de nous dépeindre un monde asséché où le soleil est sur le point de disparaître et où l’eau devient rare et on ne peut plus précieuse. La Terre est donc désolée et ressemble à un paysage de Lune. « Solaris » nous explique le problème tout en intégrant les interrogations du personnage sur son avenir. Le death mélodique est ici parsemé d’éléments symphoniques, comme une harpe et quelques arrangements orchestraux ainsi que le titre suivant, évoquant l’univers de Skyfire dès l’introduction. On se retrouve aussi avec une alternance growl/chant clair pour différencier les couplets des refrains. De ce côté là, peu d’originalité mais Midnight Realm le fait bien et ne tombe pas dans la niaiserie dont nous avons l’habitude d’entendre en ce moment. De plus, un chant trop mielleux ne collerait pas du tout à l’ambiance de l’EP.

Cette dernière, pessimiste et mélancolique, se fait davantage ressentir sur le dernier morceau « Requiem » qui entremêle les riffs, les sonorités électro et les nappes atmosphériques en fond. Le résultat oscille entre mélodie et bonne agressivité pendant près de sept minutes, soulignant le côté impardonnable du monde décrit dans les textes. Un fort côté progressif se fait aussi ressentir, notamment lors des variations de structures, car ici on ne se retrouve plus vraiment dans le schéma couplet/refrain mais plus dans une succession d’événements, entre furie, mélancolie, saccades et noirceur jusqu’à une fin poignante. Midnight Realm devrait faire beaucoup plus de morceaux de cette trempe là.

Les Anglais offrent ici un EP qui n’innove pas, certes, mais qui se laisse écouter et qui possède une ambiance toute particulière. Les parties batterie ont été exécutées par Alex Rüdinger (Threat Signal, Ordinance) tandis que l’enregistrement a été fait aux studios Numbskull Audio. Alors si vous ne voulez pas vous prendre la tête en matière de death mélodique et vous passer un EP qui passe tout seul, sans agacer, prenez ce « Polarissima ».

 

Symbolic (GER) : Scarvest

Ξ février 15th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Melodic Death Metal |

Symbolic (GER) : ScarvestSymbolic aura eu du mal à faire parler de lui en France et pourtant il s’avère que ce quintette est une valeur sûre en Allemagne en matière de death metal. Formé en 2005, le groupe a réussi à sortir un album et un single auto produit avant de se lancer pour de bon et signer avec le prestigieux Twilight-Vertrieb, lui donnant une opportunité en or en matière de distribution. Et ça marche.

Bien qu’officiant dans un genre de plus en plus saturé, Symbolic arrive à faire de sa musique un death metal moderne aux touches mélodiques, sans tomber dans les pièges du conformisme. Pas de mièvrerie, pas de voix claires, pas de bidouilles qui n’ont pas lieu d’être. Les Allemands envoient du lourd et en plein dans le mille, se permettant non seulement de nous asséner d’un déluge de riffs mais aussi d’expérimenter de temps à autre histoire de ne pas rendre sa musique trop uniforme.

Après donc plus de six ans d’activité, Symbolic est en droit d’essayer de nous offrir l’album de la maturité et il est clair que ce dernier n’en manque pas. Le quintette commence d’office par nous faire un jeu de mot avec le titre de son album, « Scarvest » étant un mélange de « scar » et de « harvest ». Mais ce n’est pas les blés que les musiciens fauchent, mais bien des têtes, et avec une lame bien aiguisée, à l’image même de leur musique. Pas de pitié, l’ensemble est bien racé et bien compact, avec une base melo death mais modelée grâce à des éléments modernes voire core tant dans la rythmique parfois syncopée et dans le growl qui tourne au criard.

« Everlasting » et « Achille’s Son » nous offrent une très bonne dynamique et de relents bien death metal, avec les soli qui vont bien, parfois proche du neo classique et de Necrophagist dans le même temps. Les touches progressives restent très évidentes tant dans la longueur des morceaux que dans le côté barré et alambiqué de certains passages à la guitare très recherchés. Toutefois, lorsque la lourdeur s’impose parradée d’une certaine agressivité, c’est plutôt de Death que l’on se rapproche (« Down to Zero »), pour ensuite se diriger vers quelque chose de plus aérien et symphonique (« Mysery »). Symbolic aime jouer sur ces facettes, car chaque piste est délicieuse et dotée d’une identité bien à elles.

On conclut avec un « 7H8P7P5H7 » au nom très mystérieux mais bourré de bonnes choses, entre le côté très catchy et technique des riffs, le dynamisme du rythme, la lourdeur de l’ensemble, le growl impeccable de Bastian et surtout le final très inattendu et expérimental qui commence avec des sons cybernétiques pour terminer avec des guitares hypnotiques, des voix bizarres, des sons retro et une batterie limite techno pour un ensemble très « jeu vidéo ».

Symbolic s’est bien débrouillé et c’est un death mélodique moderne et lourd qui s’offre à l’auditeur, pas mielleux pour un son et pas bourré de claviers pour autant. Les Allemands s’imposent et seront sans aucun doute sur le devant de la scène d’ici quelques temps. Ce « Scarvest » fouillé et catchy est plus que prometteur.

 

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