Rainwill : Canvas

Ξ février 7th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Melodic Death Metal |

Rainwill : CanvasRainwill aura mis du temps à se décider et à composer de nouvelles chansons et galettes, car depuis sa formation en 2000, ce n’est que presque dix ans plus tard que le groupe a franchi le cap de la démo pour sortir son premier opus « Canvas » signé chez MSR Productions.

On connaît bien l’étendu du death mélodique et sa popularité dans le monde metallique, la scène européenne étant sans doute la plus grande. En Russie aussi, le style bouge énormément, se rapprochant tantôt des formations actuelles (Soilwork, Disharmonia Mundi entres autres) ou s’essayant à adopter une autre teinte. Rainwill se situe entres les deux, entre ce que nous entendons déjà et ce qu’on peine à entendre, c’est à dire quelque chose de plus innovant, même s’il est normal de se demander si le death mélodique peut encore nous surprendre.

Les Russes nous sortent donc « Canvas » tout en restant inspirés non seulement par la scène scandinave mais aussi par les tendances industrielles de leur pays. Cela s’entend dès le début de l’opus avec l’introduction et les morceaux « Eternal Grief » ou « Scenes on Canvas », offrant à la fois des riffs mélo death, des riffs bien lourds, et des growls bien sauvages, des cris black plus faiblards, et des sonorités industrielles et mécaniques assez bien placés.

La majeure partie des titres proposent son lot d’agressivité et de passages plus calmes, alternant growl, chant clair et crié, ce qui n’est pas vraiment une source d’innovation, comme sur « White Sand » ou « In Twilight of a Stage ». Il faut tout de même apprécier le côté blasé du chant clair et celui trop étouffé du chant black, seul le growl s’en sort plutôt bien, en imposant une certaine lourdeur.

Il faut dire qu’avec Rainwill, on change rapidement de registre, car si « Long Expectation » s’aventure dans le symphonique, les interludes « When Thought Comes to Life » et « The Call of Dispair » touchent plus au folk et à l’acoustique avec ces samples très naturels et cette guitare très sobre et douce. Idem pour « The Price of Mistake » qui conclue assez bien l’opus avec ces touches acoustiques, ce côté mélancolique et cette lourdeur dans ces riffs qui percutent bien.

En définitive, rien d’exceptionnel pour Rainwill qui aurait pu surprendre davantage s’ils n’avaient pas gardé cette patte trop actuelle et commune. Ajoutez à cela les approximations dans les compos et les chants et l’opus reste correcte, avec de bonnes choses mais sans plus.

 

Through Art : Kamaswami

Ξ décembre 26th, 2011 | → 3 commentaires | ∇ Melodic Death Metal |

Through Art : KamaswamiS’il y a bien un pays qui peine à faire parler de lui en matière de metal, c’est bien la Serbie. Manque de Promotion et de moyen oblige, les groupes ont beaucoup de mal à s’exporter à l’étranger, bien que dans leur terre natale, le problème soit moins important, étant donné qu’un bon panel de formations arrivent malgré tout à avoir une bonne réputation et un lot certain de fans.

De ce fait, on a peut-être déjà entendu d’Amentes en matière de doom mélodique, de Draconic pour le modern metal, ainsi que d’autres petits groupes pour leur heavy metal. Mais dans le domaine du death metal, mélodique qui plus est, il y a bien un petit groupe, Through Art, qui a réussi à trouver une ouverture afin de s’y infiltrer. Le quintette, originaire de Belgrade et découvert en 2006, aura sorti quelques démos avant de s’attaquer à un premier opus « Kamaswami » signé chez les Grecs de Sleaszy Rider Records (Odious, The Elysian Fields).

Through Art a le mérite d’apporter à son death metal mélodique des éléments modernes sans non plus l’en abreuver, si bien que leur musique se veut direct et réactive mais pas niaise ni mielleuse. Dans ce sens, disons que les Serbes se rapprochent plus du death metal tout court lors de certains passages lourds et furieux que du melo death lancinant de Disarmonia Mundi, entre autres. Bien sûr, nous ne sommes pas à l’abri des chants clairs, que Through Art utilise parfois à trop haute dose (« Sharp Edge Embrace », « Neuron ») sans non plus tomber dans les clichés qui sont: refrain = chant clair. Ainsi on se retrouve avec une sorte de progression au sein des morceaux, qui ne suivent pas toujours le fameux schéma couplet/refrain, mais partant plutôt dans une histoire particulière mélangeant donc le growl grave et maîtrisé et le chant clair mélancolique et assez puissant de David Milosevic.

Par dessus le marché, les riffs sont lourds et dynamiques, bien melo death dans l’esprit parfois, mais ils savent se faire plus saccadés par moment, proche de certaines polyrythmies, ou plus heavy. Les soli sont simples mais efficaces, comme dans « The Grind », on n’est pas dans la démonstration, mais il est vrai que l’ensemble, que ce soit les soli ou les rythmiques, manquent de prise de risque. Par contre, il y a l’exception qui confirme la règle avec « Eons to Come », montrant une facette plus diversifiée, avec un growl plus rageur et expressif, des passages plus atmosphériques, et surtout ce riff catchy, entraînant l’auditeur dans l’univers des Serbes.

Dommage que la pochette de Dusko Bjeljac, représentant une multitude d’animaux à la fois, ne soit pas totalement à l’image de la musique de Through Art, qui si elle avait été plus variée, aurait parfaitement collé à cet artwork atypique (lion, serpent, papillon, etc). Mais il n’empêche que le quintette livre un album correct et agréable, malgré encore quelques approximations et un manque de « folie ». Il faut consolider le tout.

 

Red Descending : Kingdoms

Ξ décembre 17th, 2011 | → 12 commentaires | ∇ Melodic Death Metal, Symphonic |

Red Descending : KingdomsMalgré les a priori que nous pouvons avoir en ce moment sur le death mélodique, notamment sa tendance à être trop moderne, à s’échapper des codes originels, à apporter un lot de mélodies peut-être trop étouffantes au détriment de la brutalité pure du death metal et à incorporer des voix claires pas forcément utiles dans certains cas, il se pourrait que nos mauvaises impressions, pourtant justifiées, passe à la trappe avec cette découverte australienne venue de Perth. Le quatuor formé en 2003 et auteur de plusieurs démo et d’un album en 2008 franchit un grand pas, non seulement en prenant de l’assurance, mais en renforçant sa musique d’éléments variés et beaucoup plus sombres, empruntés à certaines formations connues telles que Kalmah, Dimmu Borgir ou Summoning. On ne parlera pas de pompage pour la sortie de ce « Kingdoms » mais plutôt d’influences, qu’on retrouvera autant dans le melo death à voix black propre aux Finlandais, les mélodies et symphonies sombres des Norvégiens, et le côté épique et antique des Autrichiens.

En effet, Red Descending repart dans les récits héroïques d’antan en les mettant en musique, mais surtout, en les habitant d’une aura sombre et guerrière au sein d’un death mélodique tendant sur le symphonique et le black, tant au niveau des riffs que du chant, mi-crié, mi growlé. Les choeurs, les parties folkloriques, les mélodies rapides et renversantes à la guitare favorisent l’aspect épique de la musique des Australiens, bien que l’accent soit porté sur le côté sombre de cet ensemble recherché et même progressif : les titres sont longs et parfois alambiqués et ont chacun leur mouvement, témoins de la narration des événements dans les paroles. Le titre est révélateur de l’histoire, les royaumes étant représentés à l’intérieur même du livret, tant par la pochette sur laquelle siège un château dont la hauteur sépare le monde terrestre et le monde du ciel, que par les pages délivrant des images de monde marin ou désertique.

L’affrontement entre les royaumes est terrible et puissant, on nous parle autant de mort que de vie, autant de lumière que d’obscurité, autant de rois que de tyrans, autant de vent que de froid sur une musique véloce et maîtrisée. Nous voilà bercés par la vélocité des riffs, endiablés par la brutalité de certains passages, enchantés par des parties sombres et mystérieuses. Même si l’introduction peut rappeler Pirate des Caraïbes avec son violon en fil conducteur, il n’en est rien puisque les guitares prennent le dessus sur un « Burned to Death » entraînant. Le chant black se veut rageur pendant le couplet tandis que le refrain laisse apparaître un growl et le chant féminin de Jesse Millea. Rassurez vous, ce chant féminin ne se retrouve quasiment plus sur les prochains morceaux, qui tendent cependant à devenir plus sombres et plus furieux. « Inferno » porte bien son nom de ce côté là. Il nous octroie, le temps de six minutes, un mélange de death mélodique et de black symphonique soutenu par une agressivité palpable. L’ensemble nous prend en haleine jusqu’au moment ultime où les claviers se mettent en valeur et que tout fusionne. Atmosphérique et puissant. Une claque.

De l’épique « Reprieve » au prog, rapide et moyen-âgeux « This Endless War », Red Descending n’oublie rien et apporte à son album des titres accrocheurs et à retenir, renforcés par un mélange réussi de puissance et de finesse. « Througn Unknown » nous laisse entrevoir la différence flagrante de genre entre chaque passage, alternant death mélo et black mélo, toujours avec élégance et avec ces touches de claviers en arrière plan. Toutefois, c’est sur l’éponyme « Kingdoms » que le contraste se fait, grâce à un ensemble harmonieux, atmosphérique, parfois guerrier. On se retrouve avec l’impression d’être sur un champ de bataille après la bataille, les percussions étant trompeuses, les voix terminant le récit dans un murmure et une certaine mélancolie.

Une belle découverte encore une fois. Red Descending nous offre un album qui ne tombe pas forcément dans le piège des mélodies niaises, de la fausse brutalité et des chants clairs. Ce « Kingdoms » auto-produit nous présage que du bon pour le futur des Australiens, avec leur death mélodique symphonique aux relents black et épique. Un opus à se mettre sous la dent.

 

Cypecore : Take the Consequence

Ξ décembre 1st, 2011 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal, Melodic Death Metal |

Cypecore : Take the ConsequenceDésormais reconnaissable grâce à leur « c » allongé par des barres comme un circuit en guise de logo et à leur duo de couleur jaune/noir, Cypecore fait un retour en grande forme deux ans après un « Innocent » convainquant. Cette fois-ci, le quintet a trouvé un label susceptible d’améliorer la distribution de son travail, Twilight Vertrieb devenant de plus en plus l’égérie des nouvelles formations allemandes. Malgré le fait d’être signé, Cypecore continue de tout faire tout seul, prenant de l’assurance quant à la production et à l’enregistrement des morceaux effectué dans leur propre studio. Le son est en béton armé, facilitant l’écoute de ce « Take the Consequence » et son appréhension.

Cypecore change peu sa recette, basant sa musique sur des riffs death mélo typiquement suédois mélangés à des variantes thrashisantes voire parfois modernes, tout en utilisant les influences à bon escient. Ajoutez à cela les fameuses touches cybernétiques, cette fois-ci plus mises en avant, et vous avez une bonne définition du son actuel des allemands.

« Take the Consequence » commence là où « Innocent » se finit. La progression ne choquera donc personne, car l’enchaînement du cd à l’autre se fait d’une grande facilité, la différence étant l’accentuation du côté dense et lourd apporté par les riffs et le le chant, oscillant entre growl et cri typé hardcore. Comme « Innocent » nous le sous-entendait, nous voici donc face aux conséquences de nos actes. Et nous vivons dans ce monde, détérioré par toutes les manipulations entreprises par l’homme. Manipulations touchant au désastre, qu’elles soient mécaniques, physiques ou chimiques. L’air devient toxique, la guerre a éclaté, et l’humain est dénué de tous sentiments. Le voilà maintenant pris au piège dans un monde invivable. Ces événements sont mis en relief par un certain aspect progressif, histoire de narrer les faits de plus, la pochette et son masque à gaz ainsi que l’intérieur du livret, très pessimiste et destructeur, ne peut que confirmer la chose.

Finalement, le mélange des couleurs jaune et noir n’est pas si anodin, dans le sens où l’on peut y voir cet aspect chimique mélangé à la noirceur des événements. Ce qui n’est pas totalement faux en soit, le livret et son champignon nucléaire confirmant les faits. Mais la musique de Cypecore détient un côté plus sombre et plus acéré par rapport à un « Innocent » en manque de prise de risque. On n’a toutefois pas atteint un stade ultime d’originalité, ces deux albums n’apportant pas un plus à la scène death mélo en général, mais il s’avère qu’il y a quelque chose qui se dégage de ce « Take the Consequence ». Sans doute, Cypecore a enfin réussi à mettre en valeur son concept.

L’album se rallonge, pour le même nombre de titres, à savoir douze, sauf que certains dépassent largement les cinq minutes. On a donc droit à une heure de musique pour un rendu très sombre et futuriste. Bien que ce sont les riffs qui battissent l’opus de A à Z, il n’empêche que l’atmosphère dégagée par certaines plages ralenties et lourdes ne peuvent que confirmer cet aspect morbide et décadent (« Plague », « Coma Vigil »).

Comme sus-cité, les éléments électroniques sont beaucoup plus présents, sans non plus noyer le contenu de cet album, mais ils posent le décor et agissent principalement en guise d’introduction pour chaque morceau (« The Lie of Redemption », « Feel the Ground [Devastated] »). On peut aussi les entendre au sein même des chansons comme sur le long « And the Sun Will Never Rise Again ». Enfin, couplés à des parties syncopées et énervées, on croirait entendre Sybreed parmi cette vague de modern metal mélangeant les relents électroniques et la vague cyber. En clair, Cypecore se retrouve le cul entre deux chaises, à savoir le melodeath et le neo-thrash.

Encore une fois, je vais m’attacher à l’intro et à l’outro, qui restent de nouveau de très bonne qualité et originales. Elles ouvrent et clôturent l’album comme il se doit, aussi apportent-elles beaucoup d’atmosphères et d’effets, si bien qu’on a véritablement l’impression de se retrouver dans un film de science-fiction. L’intro se dote d’une ambiance à la Matrix, avec ses violons apocalyptiques et son ambiance décadente, avec cette voix distordue et cette batterie mécanique. L’outro, quant à elle, nous gratifie de nappes de claviers sombres et futuristes, à l’arrière plan robotique, avant de nous faire part d’un rythme et de quelques guitares sous couverts de sonorités industrielles. Mais ne vous laissez pas berner par ses quatorze minutes, car la fin du morceau s’avère être une piste cachée puisqu’au moins huit minutes séparent le début du véritable final.

La machine Cypecore est en marche, et fonctionne plutôt bien, quand on voit la qualité et le côté pro de ce groupe, pourtant fondé en 2007. Le potentiel est confirmé, bien que l’opus en question « Take the Consequence » ne soit pas une merveille du genre. En tout cas, on ne peut pas leur reprocher un manque de personnalité, car les allemands ont leur patte, ce qui est plus qu’encourageant. La suite confirmera peut-être ces dires…

 

Cypecore : Innocent

Ξ décembre 1st, 2011 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal, Melodic Death Metal |

Cypecore : InnocentLa scène metal allemande reste connue pour son metal industriel (Rammstein, Oomph !…) ou son death technique (Obscura, Necrophagist), mais elle l’est moins pour son death mélodique ou son cyber metal. Pourquoi est-ce que je vous parle de ça ? Parce que Cypecore, originaire de Sinsheim, nous mixe un melodeath à la suédoise avec un peu de cyber à la Sybreed. Le résultat n’est pas forcément inattendu si tant est que l’on connaisse les failles de ces deux styles : on peut forcément s’attendre à quelque chose de mielleux, à du chant clair, à des sonorités électroniques trop mises en avant, à des influences trop fortes, en gros, à un manque d’originalité.

Il serait toutefois maladroit de partir sur ces bases là alors que Cypecore déroge quelque peu à la règle. Bien sûr, les influences se font ressentir (Dark Tranquility, In Flames pour le côté melodeath) mais elles sont utilisées à bon escient, si bien que l’écoute de l’album n’est pas si dépourvue d’intérêt. Pas de chant clair, si ce n’est la présence de quelques effets…Cypecore maîtrise son sujet avec sa sensibilité, tout en rajoutant des éléments cybernétiques sans non plus en faire de trop. Il y a donc un juste milieu mais peut-on parler de prise de risque ? A vouloir ne pas trop en faire, le quintet n’en fait peut-être pas assez…

Malgré une auto-production de qualité et un packaging soigné, mettant en valeur les couleurs phares de Cypecore, à savoir le jaune et le noir, l’album se composant de douze titres ne met pas totalement en valeur les thématiques qu’il aimerait exposer. Ainsi, s’il on parle de prise de conscience, de la période pré-apocalyptique, du courage face à la mort, des rouages du temps et des machines, l’ambiance, bien que sombre et futuriste dans son ensemble, reste quelque peu approximative de temps à autre, si bien qu’on se retrouve avec quelque chose d’inégal de ce côté là. Toutefois, même si les sonorités électroniques n’interviennent pas sur tous les titres, le growl maîtrisé et les riffs acérés et précis du duo de guitaristes nous mettent bien sur la voie, tout en se teintant d’éléments thrash sur certains passages (« Everydying »).

De plus, les soli restent plutôt bien trouvés et les passages atmosphériques tranchent avec le côté agressifs des morceaux, relevant le côté cybernétique des compos même si cet album n’est pas le plus cyber du monde. Par contre, des samples du genre viennent s’intégrer à certains endroits, tel que l’introduction de « Final Hour » qui, avec son alarme, ses bruits et ses nappes futuristes, ne peut que nous évoquer le cataclysme dont nous aurons la signification dans le prochain album « Take the Consequence » (2010). Mais rien que le côté furieux et rentre dedans de « Something Inside » ou «The Origin of Hate » peuvent nous mettre sur la voie, le côté mélodique ne prenant pas trop le pas sur le côté agressif.

Jusque là, si le côté cybernétique n’avait pas paru si évident, il le devient beaucoup plus à l’écoute de l’intro et de l’outro, qui sont justement censées mettre en lumière le plus possible le concept et l’atmosphère principale de ce « Innocent ». La première met en avant des sonorités électroniques robotiques et mécaniques, pendant qu’une mélodie sombre et mystérieuse au clavier nous emporte jusqu’à une partie plus inquiétante où les violons et le piano font leur apparition. Pas de guitare cependant, tout est instrumental mais particulièrement immersif et bien ficelé, si bien que cette intro pourrait faire partie des meilleurs titres de l’opus (et du cyber en soit). La deuxième est une conclusion digne de ce nom, laissant sur notre faim, certes, mais nous préparant à la suite, grâce à des sonorités industrielles et une mélodie particulièrement douce et cristalline.

« Innocent » est plutôt bien fichu, ne manque pas de bons riffs et de bons moments, mais on aurait aimé plus de prises de risque quant à la mise en valeur des atmosphères et la diversité des riffs. Le potentiel est tout de même là mais il faut qu’il soit confirmé. Peut-être le sera-t-il avec « Take the Consequence » (2010)…

 

Souldrainer : Heaven’s Gate

Ξ novembre 22nd, 2011 | → 14 commentaires | ∇ Melodic Death Metal, Symphonic |

Souldrainer : Heaven's GateIls nous avaient émus, ils nous avaient touchés, ils nous avaient embarqués dans un univers poignant, sombre et désespéré, et les voici revenus, quatre ans après le désormais reconnu « Reborn ». Ce dernier témoignait d’une maturité et d’une originalité sans conteste, proposant un death mélodique symphonique de très bonne facture, bourré de morceaux aussi prenants les uns que les autres, « First Row in Hell » ou « Angel Song » en étaient les dignes représentants.

Peu de temps après, Souldrainer céda à cette fâcheuse manie qui est de se décharger des frontmen et des principaux guitaristes, comme certains groupes récemment, trop nombreux pour les citer. Le vocaliste Johan Kiltkou et le guitariste Daniel Dlimi partent donc de leur côté, le charisme et la rage de chacun de ces deux membres étant remplacés par le membre originel, Marcus Edvardsson, s’occupant aussi de la musique et des paroles.

De nouveau, Souldrainer a décidé de travailler seul, sans producteur, afin non seulement d’éviter les influences externes, mais aussi de présenter une musique aussi organique que possible. Ce « Heaven’s Gate » se retrouve malgré tout signé chez Vicisolum Productions et enregistré aux Empire Studios, en Suède.

Comme l’album précédent, les Suédois nous proposent un album sombre et chaotique, où la mélancolie et les chœurs démoniaques sont de la partie, à travers un death mélodique loin de ressembler à tout ce qui se présente en ce moment, dans une veine moderne ou électronique. Souldrainer s’échappe donc de ce courant-ci en nous montrant quelque chose de beaucoup plus lourd et moins banal, proche tout de même des célèbres Hypocrisy ou Amon Amarth pour ce qui est du côté brute et aérien à la fois.

Il est aussi question de death symphonique sur ce « Heaven’s Gate », mais en moins accru, les arrangements purement orchestraux étant malheureusement moins présents au détriment de l’émotion. Ce sont donc les chœurs, masculins en majorité, qui servent de toile de fond, renforçant cependant le côté atmosphérique de certaines compositions, comme sur « The Quest » ou « Low » aux légères consonances arabisantes voire impériales.

De toute manière, c’est d’un monde relativement décadent que nous parle Souldrainer, la guitare mélangeant riffs death et riffs thrash dans un fond mélodique, aidée par un chant grave et hargneux au débit soutenu, comme sur l’opus précédent. Toutefois, la plus grosse différence réside dans le timbre, bien différent de celui de Johan Kiltkou, qui bien qu’étant soutenu par des effets d’amplification, restait pour le moins charismatique et bien mis en valeur. Une bonne caractéristique que l’on ne retrouve plus tellement au sein de ce « Heaven’s Gate ».

Le côté glauque a aussi perdu en intensité, puisque les samples, effets et autres chœurs féminins ne rendent plus compte de cette atmosphère dérangeante. Mais les claviers restent omniprésents, même lors du court, agressif et excellent « Fed by Fire », aux riffs imparables et au dynamisme contagieux, ou lors de « Alien Terror » un peu étrange mais aux chœurs imposants, comme sur un « Together » de Samael. En parlant de ce morceau des (petits) Suisses, les connaisseurs se rappelleront de son rythme ralenti et de son côté mélancolique, ces caractéristiques-ci étant aussi celles du nouveau Souldrainer. En effet, par rapport à un « Reborn » à la bonne rapidité d’exécution, les morceaux de « Heaven’s Gate » possèdent un rythme sans doute moins rapide, mais tout de même relativement dynamique en majorité, bien que « Low », « The God Delusion » ou « Gate Guard » soient assez lents dans leur ensemble. Et même si le groupe se qualifie de « doom/death mélo », il semble un peu exagérer de faire mentionner le terme « doom », la majeure partie des titres ayant un rythme certain et une approche death/thrash bien poussée, quoique le titre éponyme peut largement être catégorisé comme tel (avec les forts relents funéraires en prime).

Contrairement à un « Reborn » qui parfois nous proposait des sons de boîte à musique, « Heaven’s Gate » lui fait parfois apparaître quelques clochettes, de nouveau sur un « Low » mettant le paquet sur les ambiances, ou des sonorités électroniques à l’instar d’un « Gate Guard » mettant en avant ce côté extra-terrestre (la pochette!) et même atmosphérique, comme sur un « Deus Ex Machina » de The Monolith Deathcult, la brutalité en moins.

Qu’on le veuille ou non, Souldrainer a tout de même changé une partie de sa recette, rendant l’opus sans doute moins original que « Reborn » ne l’était. Même si les Suédois nous font un death mélodique loin des sorties actuelles, il n’empêche que certaines pistes voire passages détiennent des longueurs ou une linéarité quelque peu dérangeantes, rendant ce « Heaven’s Gate » moins transcendant qu’il aurait pu l’être. La banalité de certains riffs peut tout aussi bien se retrouver écrasée par une exécution bien recherchée, ce qui détonne particulièrement d’un titre à l’autre.

En clair, cet opus reste particulièrement bon, même si l’on aurait aimé plus de prises de risque et de folie, toutefois le changement de line-up semble avoir eu une certaine conséquence sur la mise en forme des compositions, le rendu étant quelque peu différent. Il n’empêche que si vous aimez les ambiances chaotiques, sombres et parfois mélancoliques, cet album pourrait vous intéresser.

 

Disarmonia Mundi : Mind Tricks

Ξ novembre 20th, 2011 | → 14 commentaires | ∇ Melodic Death Metal |

Disarmonia Mundi : Mind TricksAttention: chronique de la réédition de cet album (2011)

Depuis que Disarmonia Mundi a signé chez Coroner Records afin de sortir et de distribuer son album « The Isolation Game », ce label n’en finit pas de profiter de l’occasion pour rééditer certaines œuvres de leurs amis italiens, dont le « Nebularium » entres autres. Cette fois-ci, c’est au tour de « Mind Tricks », renouvelant non seulement la pochette (le clown est davantage mis en valeur) mais aussi la production, la masterisation et le nombre de bonustracks.

« Mind Tricks » est à la base le troisième album des turinois après des débuts quelques peu compliqués, mettant en jeu des problèmes de line up et de distribution. 2006 est donc l’année de la consécration pour Disarmonia Mundi, prenant le death mélodique de Soilwork ou de Scar Symmetry et ajoutant des éléments électroniques et atmosphériques afin de sonner plus moderne. Pari réussi pour ce combo italien, qui fait des ravage en Europe, principalement. Car même s’il a eu du mal à se stabiliser, tant au niveau des musiciens que du style pratiqué, le multi instrumentiste et producteur Ettore Rigotti a su mettre en avant son groupe depuis le début, lui donnant une fois pour toute une vie, malgré les difficultés.

Bien que la musique de Disarmonia Mundi ne soit pas la plus originale qui soit, il n’empêche qu’au sein des morceaux, il se dégage une énergie et un dynamisme qui ne sont pas à ignorer. Et même si on se retrouve avec un death mélodique moderne aux relents électroniques comme on en voit souvent en ce moment, il serait dommage de cracher sur la qualité des musiques et le talent des musiciens, loin d’être manchots. Les riffs sont maîtrisés, bien que déjà entendus, rappelant les bien connus Soilwork ou Scar Symmetry, même si par intermittence, on penserait à du In Flames (riffs et voix comprise) ayant copulé avec du Blood Stain Child, le chant de Sophia et les sonorités techno en moins (« Resurrection Code », « Nihilistic Overdrive »).

Peu de surprises malheureusement au sein de ce « Mind Tricks » conservant la même substance que la version originale, seul le son arrangé par Ettore Rigotti est plus moderne, plus dans l’air du temps, bien que trop compressé, trop lisse, ce qui nous ferait presque regretter le premier mixage. Si des titres se démarquent du lot tant par leur rapidité que leur tranchant et leur aspect plus sombre (« Parting Ways », « Liquid Wings »), d’autres restent trop gentillets et mielleux, tant par l’électronique que par l’apparition de chants clairs au niveau des refrains (« A Taste of Collapse »).

Attachons nous maintenant aux nouveautés présentes dans cette réédition, outre la nouvelle pochette et le nouveau mixage. Quatre nouveaux titres composent cet opus, ces bonus ne sont pas non plus des plus transcendants (l’inutile et niais « Celestial Furnace » version multimedia) mais « Ringside Seat to Human Tragedy », en duo avec Christian Alvestam (Solution .45, ex-Scar Symmetry) nous gratifie d’un growl digne de ce nom et d’un ensemble peut-être moins banal, avec de bons riffs efficaces.

L’album n’est pas non plus révolutionnaire mais est bien révélateur du travail et de l’univers de Disarmonia Mundi, qui avec le temps, ne cesse de s’attirer de plus en plus de fans. Toutefois, la réédition de ce « Mind Tricks » est plus intéressante pour la beauté de l’objet et pour les non connaisseurs du groupe, le tout restant tout de même (trop) fidèle à l’original, les bonus en plus. A vous de voir ce que vous voulez en faire.

 

Blood Stain Child : Epsilon

Ξ septembre 25th, 2011 | → 30 commentaires | ∇ Industrial Metal, Melodic Death Metal |

Blood Stain Child : EpsilonBlood Stain Child, c’est avant tout un des groupes les plus opportunistes qui soient, et ce depuis sa formation au Japon en 1999. Alors que les deux premiers opus pompaient gracieusement le travail de Children Of Bodom et de Kalmah réunis, les deux suivants avaient quant à eux réussi à attirer les foules de par un côté electro ainsi que par les très grosses influences In Flames, retrouvées tant dans les riffings que dans la voix elle-même. A croire que BSC préfère avant tout surfer sur la vague du succès actuel plutôt que de se trouver une réelle identité, devenant pour le coup on ne peut plus facile d’accès.

Aujourd’hui, en 2011, les nippons sortent leur nouvel opus « Epsilon » signé chez Coroner Records et produit par Ettore Rigotti de Disarmonia Mundi. Conscient de la mise en valeur de styles marginalisés tels que l’electro metal voire le cyber metal, Blood Stain Child décide donc de moduler sa musique afin de se retrouver de nouveau dans l’air du temps, s’appropriant un style cybernétique qui, finalement, ne lui correspond pas. En effet, malgré ce côté futuriste autant conceptuel que musical, Blood Stain Child n’officie actuellement que dans un melo death electronique archi popisant, bien joyeux et tout en couleur. La pochette, elle-même, aurait bien pu être créée pour le nouveau volet de Final Fantasy…

Le changement de line up reste tout de même conséquent vu que le chanteur Sadew quitte le groupe, laissant place à un nouveau batteur Gami (ex-Youthquake) ainsi qu’à une chanteuse grecque très lolita nommée Sophia. Cette dernière, bien sûr, apporte non seulement une touche féminine mais aussi un côté plus punchy, plus moderne et moins linéaire, malgré le chant crié de Ryo à la Anders Friden. Mais il est évident en tout cas que la demoiselle se taille la part du lion, son chant astral étant mis aux premières loges et étant plus accentué que celui de Ryo, à la limite du sous mixage. Par dessus le marché, les riffs alternent entre riff bien death melo et riffs typiques metalcore, qu’on retrouve aisément au sein de break down typiques.

Ceci dit, il faut avouer le côté entêtant de certaines pistes, qui mélangent parfaitement bien les sons electro/techno, les voix et les guitares, à l’image de « Sirius VI », « Forever Free » ou « Stargazer ». Mais malgré le côté extrême de la musique des nippons (notamment les parties guitares), le tout est pour le coup trop gentillet, trop mielleux et même parfois niais, comme un « S.O.P.H.I.A. » trop simple, trop mignon, trop prévisible.

Même si quelques voix synthétiques s’incorporent au sein de certaines compos, même si des sons futuristes nous embarquent dans cette univers de geek, même si les chanteurs de Disarmonia Mundi (Ettore Rigotti et Claudio Ravinale) viennent pousser la chansonnette sur trois titres, l’album peine à convaincre et lasse à partir de la moitié. Et surtout…les « plagiats » d’In Flames restent tout de même encore évidents (« Unlimited Alchemist », « La+ »).

Évidemment, tout n’est pas mauvais, et « Epsilon » se veut être un album en demi teinte. Car même si l’on sent malgré tout une certaine envie de changer et de nous proposer « autre chose », les recettes d’ « Isolator » et de « Mozaiq » restent les mêmes. Toutefois, l’arrivée de Sophia semble bien avoir chamboulé le mode de fonctionnement de Blood Stain Child, qui, bien que jouissant d’une alternance chant clair/chant crié, obtient une touche plus soft, plus astral. Cependant, le gros problème réside bel et bien dans l’agencement des parties dance/techno, parfois trop présentes (« Dedicated to Violator »).

Le cinquième opus de Blood Stain Child divisera sans aucun doute, proposant quelque chose que l’on aimera ou que l’on n’aimera pas. Pour cela, seule son écoute vous permettra d’en avoir le cœur net.

 

Deviant Syndrome : Inflicted Deviations

Ξ août 31st, 2011 | → 0 Comments | ∇ Melodic Death Metal |

Deviant Syndrome : Inflicted DeviationsSi le death black mélodique semble tourner en rond du côté de certains groupes, il s’avère qu’en Russie de nouvelles révélations émergent et nous montrent que rien n’est encore perdu. On pourrait craindre la venue de ce jeune groupe russe mais il n’en est rien, car Deviant Syndrome est loin de nous faire rire ni pleurer. Ces moscovites ont plus d’une corde à leur arc et bien que rassemblés depuis 2005, ce n’est que cette année qu’ils décident de sortir leur premier album nommé « Inflicted Deviations », sorti chez Mazzar Records. Enregistré dans trois studios différents pour la mise en boîte de tous les instruments, l’album a reçu une grande attention de la part du quintette, malgré les nombreux changements de line up et les nombreuses représentations live.

A l’instar d’un « The Great Mass » de Septic Flesh, l’image sur la pochette n’est pas entière et ce que nous voyons n’est qu’un morceau d’une grande fresque faite entièrement par un certain Pablo the Elephant, un artiste et designer assez réputé en Russie. Mais heureusement, l’intégralité de la fresque est retrouvable à l’intérieur-même du livret, si vous le dépliez. Les images que nous retrouvons sont bien représentatives de l’album, montrant aussi bien des formes ésotériques que démoniaques, magiques, décharnées ou encore mécaniques. L’ensemble peut faire épique, comme cette musique, qualifiée de « death mélodique technique et épique » par le groupe lui-même.

Malgré tout, Deviant Syndrome ne s’est pas fait prendre au piège et contrairement à ces formations de death/black mélodique en perte de souffle, il joue du côté des plus grands et/ou des plus connus. Car il faut le dire, l’originalité pure et dure n’est pas le mot qu’il faut employer pour qualifier la musique des russes, car ces derniers ne lésinent pas en ce qui concerne les références et influences. De mélodies techniques de Kalmah ou Eternal Tears Of Sorrow en passant par la magie et la vélocité de Skyfire voire même le côté symphonique de Norther ou Dimmu Borgir, Deviant Syndrome n’a pas peur de ses similarités, car fort heureusement, il arrive malgré tout à intégrer une certaine patte au sein des compos, même si l’ombre des plus grands semble planer au-dessus de sa tête.

Le quintette arrive donc à nous faire un mélange harmonieux et majestueux de mélodies et d’ambiances, les guitares étant pour le coup aux premières loges. A l’image d’un « Spectral » de Skyfire, Deviant Syndrome sur « Consequence » (marquant l’arrivée de Aleksi Sihvonen de Norther au chant en invité spécial) arrive à nous concocter des riffs rapides et magiques, à nous offrir des envolées remarquables aux claviers, à nous emmener dans un monde froid et lumineux.

Un passage du côté de « Entire Cosmic Elements » nous emmène dans quelque chose de plus sombre et éthéré, un léger aspect symphonique en fond, mais un ensemble plus près d’un Skyfire ayant copulé avec un Kalmah. Rapidité d’exécution au niveau des riffs et des solos, maîtrise parfaite des instruments, mélodies enchanteresses sous un aspect davantage black, on est vraiment éloigné du death mélo en manque d’inspiration et plus proche d’un heavy/death/mélo électrique, épique et surprenant.

Sur un total de neuf morceaux, Deviant Syndrome nous montre son savoir et sa technique, sans se lasser de nous offrir des solos maîtrisés et aériens, histoire de propulser l’auditeur au début de la carrière de Kalmah entre autres. « Liberation » par exemple, long de près de neuf minutes, montre les russes au sommet de leur art. Progressif et instrumental, voici une pépite pour les amateurs de death black mélodique en bonne et due forme. Comme si la scène mélodique finlandaise/suédoise venait de fusionner en un seul morceau, tout est fait pour passer un agréable moment, riche, émotif et explosif. Du solo de guitare au solo de basse en passant par le solo de claviers, d’une partie technique en passant par une partie plus sombre et agressive voire symphonique, on tend à passer du coq à l’âne mais le titre avance et prouve que Deviant Syndrome ne se limite pas qu’à emprunter des idées, il les concrétise et les magnifie.

« Inflicted Deviations » malgré ses quarante et une minutes reste une pièce unique et épique, malgré les influences. Deviant Syndrome s’est même fait repérer par Kalmah, qui leur a proposé de faire une partie de leur concert ensemble, ce qui prouve en partie leur talent. Ce premier jet est donc plus qu’encourageant pour la suite, les russes s’étant déjà fait une certaine notoriété.

 

Assault (SGP) : The Exceptions of the Rebellions

Ξ juin 26th, 2011 | → 0 Comments | ∇ Melodic Death Metal |

Assault (SGP) : The Exceptions of the RebellionsAssault est une formation toute droit venue de Singapour, un pays où le Death Mélodique n’est pas roi, mais où certains groupes arrivent à se faire une certaine renommée, comme Rudra entre autres. Fondé en 2006, Assault fête donc ses cinq ans cette année, et nous propose pour l’occasion son tout premier effort, un EP auto produit de quatre titres, « The Exceptions of the Rebellions ». En effet, les singapouriens, après cinq ans de loyaux services sur scène et après moult concerts et reprises, les voilà qui se lancent dans l’aventure studio.

A quelques mois près, la sortie coïncide de près ou de loin avec celles des nouveaux In Flames et Arch Enemy, deux « pointures » suédoises du death mélodique, et surtout deux grandes sorties, selon les points de vue bien évidemment. Assault passe outre cela et propose alors son univers et sa façon de concocter son death mélodique.

Là où certains groupes de death mélodique moderne incorporent une dose d’éléments metalcore à leur musique, Assault essaie d’en faire abstraction, même si quelques breakdown typiques font leur apparition. Toutefois le quatuor n’en abuse absolument pas et nous fait finalement un death mélodique assez traditionnel, malgré quelques légères touches personnelles. Le morceau introducteur par exemple, « Subversion », nous lance directement dans le bain et dès les premières notes, on sait pertinemment à quoi nous devons nous attendre : beaucoup d’énergie et une certaine volonté d’user des guitares comme d’un chant. Lors du refrain notamment, la voix de Clarence et les guitares se couplent, tel un duo. De plus, ces mélodies à la guitare superposées apportent quelque chose d’assez mélodieux sans tomber dans le mielleux, et nous permettent de suivre le mouvement sans s’ennuyer, jusqu’à une fin plus agressive et sombre. Autre exemple, un morceau comme « Rebellions Retribution » et ses lignes de guitares émotives sonnent comme une sorte d’ode ou d’hymne dédié aux martyrs et rebelles disparus lors des guerres, l’album semble d’ailleurs leur être dédié. Cette partie se veut donc calme et délicate, avant de repartir sur les chapeaux de roue avec un rythme dynamique et des riffs efficaces.

En tout cas il est clair que cet EP ne sonne pas comme les nombreuses sorties death mélodique actuelles, copies presque conformes des In Flames, Norther et consorts…même si Clarence alterne différents chants, comme le growl et le chant crié à la limite du cri black metal (« Subversion »), même si le rythme peut être reconnaissable ainsi que cette certaine dynamique, il est clair qu’un petit quelque chose se dégage, sans non plus être extraordinaire. Car même si le guitariste Hanesh s’en tire plutôt bien niveau riffings et soli, le batteur, lui, semble prendre plus de peine à maintenir un rythme correct et varier les techniques, ou même à suivre l’aspect énergique qu’offrent les guitares comme sur un « War on Humanity » peu motivé et lancinant.

Mais en tout cas, il y a du travail, comme en témoigne un « Fall of Obscurity » très entêtant et efficace du début à la fin, entre techniques guitaristiques très appréciables parfois proches d’une sorte de heavy death, soli poignants et chant entraînant…tout y est sur le morceau le plus intéressant de l’opus.

Assault sort donc un EP encourageant et intéressant, et ne suit pas le parcours des nombreux groupes de death mélodique moderne, s’extirpant des influences core et nous proposant quelque chose de plus traditionnel, sans trop l’être pour autant. Voilà peut-être là une nouvelle bonne découverte singapourienne…

 

Dark Lunacy : Weaver of Forgotten

Ξ décembre 20th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Melodic Death Metal |

Dark Lunacy : Weaver of ForgottenDark Lunacy nous avait impressionné et en partie ému avec la sortie de « The Diarist », concept album basé sur le siège de Leningrad. Le combo magnifiait la Russie avec force et finesse, tout en incorporant des tas d’ambiances dramatiques, des chœurs et des solos magnifiques. Quatre ans plus tard, voici que « Weaver of Forgotten » frappe à nos portes. Au vu de la pochette, des titres, et des thèmes, il est clair et net que cette formation italienne ne changera pas ses habitudes : la Russie sera encore à l’honneur, mais après le fameux siège précédemment évoqué, en partie en ruine… Toutefois, un changement majeur et conséquent est à dénoter et est , sans aucun doute, vecteur d’interrogations. En effet, le line up a presque été remanié dans sa totalité, Mike Lunacy demeurant le seul et l’unique membre fondateur du groupe parmi de nouveaux musiciens. On est donc en droit de se demander si la qualité de la musique sera au rendez vous…

L’intro instrumentale mélancolique au piano, à la flute et au violon, bercée par un léger solo de guitare, rappelle l’époque de « The Diarist » et nous laisse présager de bonnes choses. Mais à l’écoute des autres morceaux, le voile tombe. Finie cette agressivité impalpable, finie cette voix tranchante et bien gueularde, finies les guitares mises en avant et puissantes, fini ce côté dramatique et bienvenue à la déception. L’ensemble est assez mou du genou, peu prenant, on ne retiendra aucune mélodie ni aucune émotion. Les vocaux sont d’ailleurs beaucoup plus arrangés, de telle sorte qu’ils se veulent moins brutes de décoffrage mais plus lisses, à la limite du synthétique et du murmure parfois. L’opus est donc comme aseptisé, rêche, linéaire, à mesure que les claviers prennent d’autant plus d’importance à l’intérieur même des titres, ci bien qu’on peut affirmer avoir à faire à du death symphonique. Plus d’orchestre et de chœurs sur « Masquerade » ou « Mood », et moins de solos de guitares ravageurs et émotifs, mais les atmosphères semblent rester toute aussi dramatiques et mornes que sur les précédents opus. Et heureusement, car telle était la patte de Dark Lunacy, cette petite touche d’originalité et d’esthétisme leur ayant créé une certaine identité.

En parlant d’originalité, il me faut vous évoquer le titre « Forgotten », aux samples et ambiances froides et énigmatiques, proches d’un death indus teinté de black. Doté d’un rythme dynamique parfois syncopé, véritable mouton blanc parmi les moutons noirs, il relève largement le niveau et nous propose d’autres sonorités, d’autres horizons…peut-être le futur de Dark Lunacy, qui sait ?

Mais hormis cette touche de nouveauté assez remarquable il faut le dire, des désillusions résident au sein de la ballade « Snow » (à ne pas confondre avec « Snowdrift » dans « The Diarist »), molle et trop concentrée sur un chant omniprésent et lancinant, mais aussi au sein des deux autres titres d’ambiances, complètement inutiles. Trop courts (17 secondes l’un et 55 secondes l’autre) et composés uniquement de samples de voix, ils n’aident en aucun cas l’auditeur à s’imprégner de l’ambiance principale, et du concept. Dark Lunacy nous avait pourtant habitués à poser le décor grâce à cela, et à nous laisser imaginer, grâce aux sons, des événements, des périples, des drames…or avec « Afraid » et « Weaver », rien ne nous vient à l’esprit…

Il faut croire qu’en ce moment, de plus en plus de groupes décident de changer la recette de leur succès, abandonnant de ce fait leur principe de base au profit d’un manque cruel de dynamisme et de titres terriblement moins transcendants. Une grosse déception donc pour ce groupe ayant pourtant concocté de superbes albums et dont le changement de line up semble, a priori, lui avoir destitué de tout son charme et de toute son originalité. En espérant que cet opus ne soit qu’une parenthèse, voire une erreur de parcours…

 

Dawn Of Tears : Dark Chamber Litanies

Ξ juillet 24th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Melodic Death Metal |

Dawn Of Tears : Dark Chamber LitaniesDes perles musicales, on en entend très peu et il est de plus en plus rare qu’un groupe nous envoie voyager, nous transporte vers d’autres horizons et sorte des sentiers battus, et ce d’autant plus dans le domaine du death mélodique où les groupes foisonnent et finissent de plus en plus par se ressembler. Mais Dawn of Tears sort du lot, Dawn of Tears nous impressionne, Dawn of Tears sait où frapper fort.

En effet, les espagnols, après un premier album « Descent » autoproduit, faute d’avoir trouvé un label, nous sort en 2009 un EP de cinq titres nommé « Dark Chamber Litanies » toujours aussi bien ficelé, bien produit et bien composé. Car en effet, on retrouve les éléments qui faisaient le charme de « Descent », c’est-à-dire ce léger côté prog’, ces quelques relents black présents tout au fil de l’album, des titres longs, où les structures ne se ressemblent pas, des titres prenants, où les riffs et les solos de guitares sont excellents, où les ambiances nous envoie vers un autre monde…

« Dark Chamber Litanies » possède ce côté martial, percutant mais aussi céleste, les orchestrations étant plus mises en avant, ainsi que les harmonies et la technique des guitares. « Descent » n’était pas dénué de tout ça bien au contraire, mais le groupe semble avoir renforcé ces éléments tout au long de cet EP-ci.

Ainsi on ne sera pas étonnés de retrouver plusieurs longues introductions musicales faites aux claviers et à la guitare notamment sur « Cadent Beating » et « Since They’re Gone ». Des intros totalement évasives dans lesquelles on se perd dans les méandres d’un monde enchanté, mystérieux, peut-être même sacré. De plus, les guitares n’auront jamais été autant mélodiques et lourdes à la fois, harmonieuses et agressives, soutenues par un clavier quasi omniprésent, assombrissant les compos et apportant cette ambiance si particulière qu’est celle de Dawn of Tears, d’où ce fin côté black. On pourrait même percevoir un léger côté power dans certains passages des deux premiers titres, surtout dans le rythme. Un mélange de styles qu’on ne peut s’empêcher de remarquer et qui pourrait sans doute nous faire penser aux fameux Children of Bodom.

Toutefois, comme précédemment dit, Dawn of Tears a sa propre identité et outre proposer une musique variée, il sait nous offrir des compositions riches et percutantes. Si la rapidité des rythmiques et des riffs nous empêchent un tant soit peu de nous ennuyer, le dynamisme nous mettant littéralement en transe, si l’orchestration nous propulse dans des horizons si éloignés, la force de cet EP réside aussi dans la voix du chanteur. En effet, outre parfois alterner le chant death et le chant black dans certains passages, J.Alonso s’essaie parfois au chant clair comme sur « Since They’re Gone » ou « Winds of Despair ». L’effet est saisissant car non seulement, l’alternance vocaux gutturaux/vocaux clairs est bien maîtrisé, mais en plus cela apporte un peu plus d’émotion et de sensibilité au sein même de cette puissance et de cette lourdeur indéniables.

Toutes les compos se suivent et ne se ressemblent pas. Diversifiées et surtout intenses, le groupe sait nous offrir toute une palette d’émotion et de rythme. Alors que « Cadent Beating » est assez rapide, et axée sur les claviers et « Winds of Despair » sur les riffs, « As My Autumn Withers » se veut plus en mid tempo, ralentissant donc la cadence mais apportant ce truc qu’il manquait depuis le début pour avoir un EP envoutant. Les solos sont impeccables et enivrants et ces quelques notes aux claviers, ce petit son si particulier, soulèvent le côté mélancolique et même nostalgique de cette chanson et accompagnent sans soucis les guitares. Enfin je trouve que « Mr Jarrod » possède ce petit côté folk dans la mélodie faite à la gratte et dans les ambiances. Un titre agressif dans les riffs et le rythme mais surtout unique dans la composition, quelques notes de piano apportant un peu de douceur au milieu de cette brutalité.

Mais « Dark Chamber Litanies » possède cette patte divine, céleste, qu’on ne retrouvait pas dans « Decent ». Là où ce dernier s’axait plus sur des compositions sombres, tristes et écrasantes (dans le bon sens du terme), l’EP en question semble plus lumineux bien que tranchant notamment dû aux claviers symphoniques, mais aussi au chant féminin qui pointe le bout de son nez dans certains passages comme dans « Cadent Beating » ou « Mr Jarrod » .Ca radoucit un peu le tout.

Toujours sur cet élément céleste, je vous laisse jeter un coup d’œil aux pochettes de « Decent » et « Dark Chamber Litanies ». La première représente sans aucun doute un ange déchu d’où sa posture, son regard perdu et triste et la noirceur de ses ailes confirmant sa « Descente » dans le monde des mortels. La deuxième est toujours la représentation d’un ange, majestueux et debout cette fois-ci, dans un lieu saint, sans doute une église ou une chapelle. Alors on pourrait croire que l’une est sombre, l’autre plus éclatante si on compare les représentations et, dans la foulée, la musique, mais on remarquera le contraste des tons de couleurs, la première étant étrangement plus claire que la seconde, histoire de nous rappeler que rien n’est trop noir ni trop blanc, tout est un pur mélange des deux.

Que dire de plus de ce magnifique EP à part le fait qu’on soit conquis et pris pendant une trentaine de minutes dans une musique si entraînante, tranchante, mélodique et percutante…Dawn of Tears reste un groupe à la magie créative épatante, alliant aisément le death à quelques sonorités black et sympho à l’instar de groupes tels que Skyfire ou Kalmah. A noter pour les intéressés que cet EP est aussi en téléchargement libre sur le site officiel du groupe et qu’il serait bête de s’en priver surtout que ça en vaut vraiment le détour.

 

Dark Lunacy : The Diarist

Ξ mai 17th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Melodic Death Metal |

Dark Lunacy : The DiaristDans le monde du death mélodique existent des tas de groupes qui se ressemblent, des groupes s’efforçant de percer dans le milieu, des groupes devenant de plus en plus commerciaux année après année, des groupes tentant de nous faire une musique qui se démarque. Et c’est ce qu’essaie de faire Dark Lunacy : sortir des sentiers battus et nous proposer quelque chose de plus personnel, de plus intimiste, de plus dramatique…

Souvent comparé à In Flames et à juste titre, les Italiens sortent en cette année 2006 « The Diarist », un nouveau concept album sur le siège de Leningrad par la Wehrmacht pendant la seconde guerre mondiale, siège lui-même raconté par une femme dans un journal intime (« diary » étant le journal intime, « diarist » étant la personne qui écrit ce journal).

De nouveau, Dark Lunacy semble magnifier la Russie comme ils l’avaient déjà fait sur leur premier album de qualité, « Devoid ». Ainsi il ne sera pas étonnant de voir dans la tracklist des noms russes ou correspondant à ce même pays. La pochette aussi est très révélatrice et ne peut nous empêcher de penser aux rues des villes de cette ancienne union soviétique.

Pour le coup, le combo n’hésite pas à nous plonger dans une ambiance morne et nostalgique, bercée de sentiments patriotiques comme sur le titre introducteur « Aurora » où des chants traditionnels sont de la partie, dès l’intro mais aussi pendant les refrains, des chants se situant au cœur même d’un rythme rapide et entraînant, où l’agressivité du growl, la mélodie et le tranchant des guitares semblent porter en eux un soupçon de tristesse. « Play Dead », dans la même veine, est agrémenté de samples qui nous offrent des claquements de bottes et des extraits de discours, ceci permettant de nous imaginer l’oppression permanente que les habitants de Leningrad vécurent à cette époque noire de l’histoire.

Si « Pulkovo Meridian » se veut terrible avec cet orgue funèbre qui pare la chanson d’un sentiment de désespoir et cette agressivité dans les riffs et dans le chant, un titre comme « Snowdrift » se veut au contraire bien calme et mélancolique, dotée d’une émotion sans égale où un chant féminin vient nous bercer le temps de quelques petites minutes. Un orchestre en fond, une atmosphère glaciale, un timbre de voix si particulier, un piano en fil conducteur…puis enfin l’arrivée du chant death et des grattes, comme une déflagration, un passage vers la torpeur, et finalement ce duo magnifique entre les deux chanteurs.

« Suffering is what I See »…

Deux titres instrumentaux totalement douloureux et prenants sont présents sur cet album.

Notamment « Diarist » où l’on entend le bruit d’une machine à écrire, puis un discours en russe, quelques terribles notes de piano s’envolent, avant l’arrivée des sirènes, annonçant un bombardement imminent, les pleurs d’un bébé, puis enfin la chute des bombes, les tirs d’armes à feu…totalement déroutant, le tout se veut résolument historique et empreint d’une émotion sans égale, rappelant ce passé si douloureux.

L’émotion atteint son paroxysme avec le magnifique « Heart of Leningrad », où les atmosphères mélancoliques et dramatiques sont mises en avant. Si l’intro se veut particulière avec son solo de guitare accrocheur et ce growl grave murmuré, le tout se veut plus tranchant tout en restant délicat, les refrains semblent faire ressortir toutes les souffrances, le solo étant émotif, et le growl très triste, les breaks après ces mêmes refrains sont totalement uniques et graves, les claviers et le piano en soutient apportent une ambiance de désolation. Le solo en milieu de titre est impeccable et doté d’une mélancolie qu’il est impossible de ne pas apercevoir, les notes s’envolent, notre être se fige, jusqu’au final magistral du titre, claviers atmosphérique en ambiance, battements de cœur en arrière plan, le growl torturé, la déflagration finale par des riffs si touchants et syncopés, et le clavier accentuant ce côté sentimental par des notes encore plus aigues. Grandiose.

En guise de conclusion, Dark Lunacy nous fait un titre extrêmement bien ficelé, « Farewell Song » (le chant d’adieu). Six minutes trente de tristesse et de souvenirs, amené par un piano en fil conducteur, des riffs saccadés, simplistes mais efficaces, et un rythme véloce, un chant très modulé et incisif, et quelques notes bien trouvées de synthé, soulevant ce côté douloureux et dramatique. Alors que l’orchestre et les percussions militaires nous renvoient en guerre, les chœurs en arrière plan n’arrangent pas la chose et fonctionnent comme une commémoration, un hommage à tous ceux étant tombés pendant le conflit, les hommes, les femmes, les enfants (on se souvient alors de « Diarist » avec ces pleurs d’enfants…). Une fin totalement déchirante.

Dark Lunacy ne serait qu’un vulgaire groupe de death mélo sans ce côté dramatique et cette patte symphonique qui prédominent tout au long de l’album et c’est en effet ces quelques éléments qui font ressortir leur personnalité particulière. Même si quelques passages sont assez monotones, du fait de la linéarité des guitares et de la batterie, les ambiances et le chant arrivent à faire oublier ce léger manque de technique dans l’instrumentation. « The Diarist » est une terrible plongée vers quelque chose de déchiré et mélancolique.

 

Norther : N

Ξ avril 5th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Melodic Death Metal |

Norther : NNorther a souvent été comparé à des groupes tels que Children of Bodom ou In Flames, et pour cause, les influences étaient évidentes. Toutefois, le groupe a su profiter de ces influences-ci pour enfin proposer une réelle identité à l’intérieur de leur compo.

Ce qui nous frappe le plus à l’écoute de cet album, ce sont d’abord toutes ces mélodies qui brillent d’une noirceur et d’une froideur sans égal, mais aussi ce rythme bien death quoique parfois légèrement heavy, ces riffs assez thrashy, et ces doubles voix, tantôt growlé, tantôt claire, apportant une dose d’émotion en plus. Avec toujours autant de technique, « N » (et son nom assez minimaliste il faut le dire) se veut être un album se démarquant de beaucoup des précédents opus et des influences qui ont assez souvent collé à la peau de Norther.

En effet, l’avantage avec cet album, c’est qu’on est pris dedans du début à la fin, on ne s’ennuie pas : une signature chez Century Media (d’où une qualité de son bien plus haute), des mélodies enivrantes, une durée moyenne des titres, une certaine homogénéité, une diversité qu’il est bon de noter…du commercial me diront certains. Peu importe…car tout ce que peut nous apporter un groupe nous est mis à disposition sur cet album : de l’émotion, de l’originalité, de la technique…une emprise totale nous emmenant au plus profond de leur univers sombre.

« N », c’est avant tout le premier titre, nommé « My Antichrist », un titre furieux appréhendé par des couplets aux guitares mélodiques et techniques, où la double pédale de la batterie est à l’honneur, et par des refrains ô combien prenants, froids et sombres, sans doute dû à ces claviers en ambiance, et à ce chant, tantôt crié, tantôt clair…une hargne qu’on retrouve aussi bien dans la musique que dans les mots.

Deuxième titre percutant, « Frozen Angel », glacial à souhait et sublime. Le rythme est rapide et entraînant, à mesure que les claviers jouent un rôle extrêmement important, car, ce sont littéralement eux qui jouent la mélodie de bout en bout. Les guitares, parfois saccadées et aux solos impressionnants, suivent ces claviers avec rage et noirceur, tandis que le chant semble cracher toute sa rage. Les refrains sont paradoxalement différents : changement de rythme, guitares plus lentes, chant clair, et ambiance plus douce, plus chaleureuse et plus clair…un véritable contraste à l’intérieur d’un seul et même titre.

Alors que « To Hell » semble être une descente dans un enfer glacé, les samples et les claviers aux premières loges, les saccades des guitares ne nous laissant pas indifférents, et les deux voix se mariant à la perfection, « Always and Never » met plus l’accent sur le chant crié et les guitares, aux riffs monstrueux, parfois heavy, parfois thrash.

« If You Go » est une agréable balade, assez poignante, par cette intro aux xylophones, et ces quelques notes de piano au son on ne peut plus cristallin. Les guitares sont lentes et parfois acoustiques, le chant étant pour la plupart du temps clair, mais quand le rythme s’accélère et que le growl réapparait, véhiculant un élan de rage incomparable, l’émotion est au rendez-vous, et ça fait mouche.

Même si des titres sont plus lents que les autres, et semblent plus déchirés et sombres que les autres (le mélancolique « Saviour » et le désespéré « Forever and Ever »), ce qui apporte une dimension en plus au sein de cet album, nous n’avons plus aucun doute : la qualité et le perfectionnisme du groupe sont là. Norther fait décidément dans l’originalité et est enfin sorti de l’ombre de ses compatriotes finlandais. Pas dénué d’âme pour un sous, tout est peaufiné à l’extrême, bien composé, varié, et terriblement envoutant.

 

Asguard : Dreamslave … Awakening

Ξ février 12th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Dark Metal, Melodic Death Metal |

Asguard : Dreamslave ... AwakeningAsguard…un tel nom peut vous faire penser à un petit extra-terrestre grisâtre vu dans une série télé, ou au nom de la cité mythique des dieux scandinaves et pourtant…le combo est biélorusse et avait adopté à l’époque le nom d’Ancient Castle, sans même une seule référence divine…avant de choisir celui d’Asguard, plus mystique dans un sens…

Le groupe, peu connu, a quand même plusieurs albums au compteur, « DreamslaveAwakening » étant leur quatrième, mais aussi, la suite de « Dreamslave », une épopée death/indus voire électro sur l’esclavagisme des humains, et par conséquent, leur déshumanisation…cet album raconte en réalité, le réveil de ces hommes déchus et leur envie d’agir face à leurs oppresseurs, histoire qu’il est possible de tout de suite deviner grâce à un simple coup d’œil à la tracklist : « Rebellion », puis « Awakening » (le réveil), et ensuite « From the Abyss to Misty Heaven » ( Des abysses jusqu’au ciel brumeux). Ce concept est aussi mis en valeur par la pochette de l’album : une personne est attachée et prise au piège par des bras mécaniques…

Il est vrai qu’un tel groupe, par le fait qu’il soit pratiquement inconnu en France, puisse interloquer, mais ce serait sous-estimer un talent certain qu’il est en effet bon de souligner. Asguard possède un don pour raconter une histoire prenante, grâce à une musique toute aussi intéressante, aux harmonies accrocheuses et aux atmosphères futuristes.

Le premier titre “From Chaotic Memory” plante le décor et sert de prélude : un fond électronique, une ambiance cyber, pas de guitares, mais quelque chose de très planant, histoire de nous faire entrer dans le bain…jusqu’au titre suivant, « Something in the Past », réel enchaînement avec ce prologue instrumental, partant sur les chapeaux de roues avec des riffs déchainés, une batterie tonitruante et une voix bien death, accompagnés de synthés et d’effets électroniques…

En effet, l’électronique prend une part importante dans la composition des titres, amenant un côté spatial voire même épique et assez dark à cause de certaines nappes de synthés (« Like Fallen Stars ») ou de la synthétisation de la voix (« Rebellion »). La dualité entre les guitares saccadées et la mélodicité du piano est un atout fort tout au long de l’album, apportant une bonne dose de modernité et d’émotion, notamment sur « Buried Alive » qui reste le meilleur exemple.

Le tout reste assez homogénéisé et on ne s’ennuie pas, sans doute dû à la diversité des harmonies, et du concept assez science fiction de l’album. Le chant est assez varié, passant d’un simple chant clair ou synthétique pour certains morceaux, à du growl, ou des cris. La basse est assez mise en valeur, je dois dire : son jeu est très optimisé.

Je n’épiloguerais pas sur les deux derniers titres de l’album, qui sont des reprises (de Kreator entre autre), bien en-dessous des originales …

Un énième album sur l’esclavage des hommes dans le futur, mais très intéressant à son écoute. Malgré son côté death/indus/electro, cet album est loin de se retrouver au palmarès des albums dit « cyber-metal », toutefois, il est assez futuriste pour attirer les amateurs d’originalité et de modernité. Un album que je conseille vivement, dans lequel les « electronic lovers » pourraient y trouver leur compte.

 

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