Filter : Title of Record

Ξ octobre 29th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Alternative |

Filter : Title of RecordAprès avoir quitté Trent Reznor et Nine Inch Nails pour créer son propre groupe sobrement baptisé Filter, Richard Patrick sort avec son ami Brian Liesegang le premier album en duo (et grand succès) « Short Bus » dans lequel les compères se partagent les tâches et utilisent une boîte à rythme. Ils officient dans un metal/rock industriel à la NIN mais en plus accessible et avec une personnalité toute particulière, le bourreau de travail qu’est Richard Patrick désirant monter son groupe le plus haut possible et loin de l’ombre de son ancienne formation. Autant dire que la pression est forte au sein de la formation américaine. D’autant plus que les années qui suivent la sortie de « Short Bus » sont compliquées et il est alors difficile de savoir si le premier succès commercial de Filter allait avoir un petit frère.

Les différentes propositions de tournées les obligent à engager de nouveaux membres, Geno Lenardo à la guitare, Frank Cavanagh à la basse et Mark Walker à la batterie alors qu’initialement, Richard Patrick et Brian Liesegang comptaient suivre ce qu’ils avaient entamé avec « Short Bus », c’est-à-dire travailler en duo et avec leur propre moyens. Et même si tous les membres réunis apparaissent sur le vidéo clip « Dose », même s’ils travaillent sur des soundtracks pour X-Files, Spawn ou encore The Crow : City of Angels, c’est la débandade. Liesegang a d’autres projets et se tourne petit à petit vers un style de rock à tendances électroniques à la Radiohead tandis que Patrick, lui, veut conserver le style très couillu et lourd de leur précédent effort. Ils ont beau collaborer avec le groupe The Crystal Method, cela ne fait qu’envenimer les relations, l’un montrant de plus en plus son amour pour l’électro et l’autre désirant le mettre hors-jeu. Avec les disputes et les clashs, cela mène inévitablement au départ de Liesegang et des autres membres (Lenardo, Cavanagh et Walker) dans la foulée.

Patrick, qui a montré son côté possessif et exclusif, subit alors une traversée du désert. Son groupe a explosé, il n’a pas de studio et n’est pas vraiment polyvalent et décide donc de se prendre en main. Il se met alors à composer tout seul, à maîtriser d’autres instruments, à écrire des paroles et à monter son home studio « Abyssinian Son » après quelques soucis de bail. Il rencontre ensuite le producteur et ingénieur du son qui l’épaule lors du processus de composition et d’enregistrement. Mais Patrick ne se sent pas la force de continuer seul, il lui faut des musiciens, et en particulier ceux qui ont participé à la tournée de « Short Bus ». Walker est indisponible, puisqu’il est en tournée avec The Smashing Pumpkins, idem pour Lenardo, qui a une famille et qui sent bien que ses attentes sont différentes de celles de Patrick, mais ce dernier finit par être conciliant et le fait revenir. Cavanagh est aussi de retour. Steven Gillis remplace alors Walker au poste de batteur.

La bande de nouveau formée travaille donc sur les ébauches de Patrick, ses bouts de morceaux et ses paroles, et bossent comme des fous en s’octroyant les services de quelques musiciens de sessions (guitare acoustique, programmation, trompette, violoncelle, percussions…) et du mixeur Ben Grosse.

« Title of Record » nait petit à petit entre 1998 et 1999 avec onze compos plus sombres et surtout basées sur les expériences passées de Patrick. On s’éloigne du côté industriel de « Short Bus » et on se dirige plus vers un metal influencé par différents courants musicaux, comme le hard rock, la musique acoustique ou même le rock progressif. Les années de battement entre le premier opus et celui-ci a permis à Patrick d’améliorer son jeu et aussi sa voix, il alterne plus facilement chant rageur (dans le genre, type en colère) et chant plus doux et ultra modulé. Cela se sent directement dans « Welcome to the Fold », un des titres phare, qui s’étend sur plus de sept minutes et alterne entre rage excessive à coups de gros riffs et mélodie metallique guidée par quelques percussions. Grosse réussite de Filter, qui arrive à tenir l’auditeur jusqu’au bout, même avec son break atmosphérique, et qui justifie à lui seul l’écoute de l’album.

Il n’y a aucune honte à dire que Filter enchaîne les hits sur ce « Title of Record ». On comprend alors pourquoi il a fini disque de platine. Sur « Captain Bligh », Patrick n’a jamais eu une voix aussi belle, modulant son timbre comme jamais à mesure que les riffs et les moments tranchants s’enchaînent. On dit que ce morceau a été écrit en rapport avec Trent Reznor et son comportement antisocial lorsque le leader de Filter était encore chez NIN. « The Best Things », lui, conserve une flamme industrielle (boîte à rythme, petites bidouilles) et se place sans hésiter parmi les meilleurs titres des Américains. C’est mélodique mais aussi agressif, et le tout bien dosé. Parfait.

On a quand même des titres plus doux mais qui valent malgré tout le détour, même la ballade acoustique « Take a Picture » qui finit par prendre de l’ampleur dans les dernières minutes. D’autant plus quand on connaît le contexte et le sujet de cette chanson : en effet, Patrick, autrefois bien atteint par l’alcool, raconte un de ses grands moments de solitude, en particulier lors d’un trajet en avion, lorsqu’il était ivre mort et qu’il s’était complètement déshabillé. Imaginez le tableau.

Autre morceau plus soft mais non moins dénué de personnalité, « Cancer », qui, guidé par la basse hypnotique de Cavanagh, nous propose de l’atmosphérique sombre et quelque peu malsain (les murmures et le chant aérien rendent le tout assez déstabilisant). Il faut dire que la fin de l’album y va plus fort dans les atmosphères comme pour « I’m Not the Only One » qui montre une basse en fil conducteur et des guitares chantantes avant la déflagration finale. « Miss Blue » s’influence plus de l’alternatif avec des passages en acoustique et un refrain qui rappellerait presque un « Sweet Emotions » d’Aerosmith.

Les galères qui ont précédé la sortie de ce « Title of Record » ont sans doute contribué à la personnalité de cet album dense, complet et efficace, qui a marqué une part de l’histoire du metal/rock américain. Sous-estimé dans beaucoup de pays, il n’empêche que cet opus marque une période houleuse dans la carrière de Filter tout en lui permettant de montrer une autre facette de sa musique. « Title of Record » est donc un album à ne pas manquer…une sorte d’ « essentiel ».

 

Filter : The Sun Comes Out Tonight

Ξ juillet 11th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Alternative |

Filter : The Sun Comes Out TonightFilter a toujours jouit d’une très bonne réputation aux USA depuis ses débuts alors que le reste du monde peine à apprécier et à attendre parler de ce groupe quasi ancré dans la culture rock/metal californienne. Fondé en 1993 par Richard Patrick après son départ de Nine Inch Nails, le groupe a longuement attiré l’attention malgré les nombreux changements de line-up, sachant que le single « Hey Man Nice Shot » a largement augmenté leur cote de popularité, à cause d’un malentendu concernant la portée des paroles (qui ne concernent pas le suicide de Kurt Cobain un an plus tôt), que l’album « Title of Records » est sans doute leur meilleure œuvre et que « The Trouble with Angels » marque une renaissance après des sorties décevantes et une instabilité certaine. On est alors étonnés de voir débarquer sans prévenir le nouveau rejeton des Californiens, « The Sun Comes Out Tonight », de nouveau produit par Bob Marlette et signé chez Wind-Up (Evanescence, Drowning Pool, Creed, Seether…). Etonnés aussi de voir que deux membres uniquement sont indiqués sur le livret (Richard Patrick et Jonny Radkte) alors que les photos promos en montrent quatre. Etonnés aussi de la qualité de la pochette : elle n’est pas non plus extraordinaire mais bien meilleure que les artworks précédents.

Musicalement, on peut parler de retour aux sources puisqu’on retrouve les racines industrielles du groupe. Ce dernier avait, depuis plusieurs année maintenant, emprunté la route de l’alternatif mais là il est clair et net que ce sont les éléments électroniques qui font leur grand retour. Cela s’entend immédiatement avec « We Hate It When You Get What You Want » qui rappellerait même NIN, à la différence que Filter en est une version plus facile d’accès. Intro électronique, gros riffs saturés, petites bidouilles et chant rageur font de ce titre un titre relativement efficace et dans le pur style Filter. « What Do You Say » se situe dans la même lignée, avec les couplets guidés par la basse et les refrains qui déchirent tout. Richard Patrick semble avoir retrouvé une seconde jeunesse dans ses riffs mais aussi ses lignes vocales, très justes, tantôt éthérées, tantôt haineuses.

Filter alterne les types de morceaux puisqu’on a des titres in your-face comme ceux précédemment cités, des titres plus mid-tempo comme « Watch the Sun Come Out Tonight » où l’électronique a de l’importance dans les refrains (la voix trafiquée est imbuvable), des titres où l’indus se la joue cybernétique comme « This Finger’s for You » ou des ballades très mielleuses comme « Surprise », « First You Break It » ou « It’s Just You » où Richard Patrick abuse un peu trop du chant aigu, même s’il le module très bien. Ce qui détonne avec les chansons les plus agressives, qui malheureusement tendent à toutes se ressembler. Et à ressembler aux précédentes sorties, comme « Self Inflicted » dont l’intro est très proche d’un « Absentee Father » (Trouble with Angels) ou d’un « So I Quit » (The Amalgamut) avec ce cri féroce qui dure et ces riffs costauds en soutient.

« The Sun Comes Out Tonight » est très filterien dans l’âme et très bon, malgré quelques ballades inutiles (en mettre deux à la fin est de plus maladroit). Le retour à l’indus est plutôt bienvenu même si le groupe a beaucoup forcé sur les machines et les bidouilles, conférant à l’ensemble un aspect plus électro qu’indus. On peut dire que Filter vit avec son temps au vu de l’ajout d’éléments modernes, au point même que son style pourrait s’apparenter à une forme de « modern metal » (sans screams ni éléments core ni bourrinage ni djent ni fusion melo death/metalcore rappelant le modern metal tel qu’on le connait actuellement). Une très bonne sortie en définitive.

 

The Mars Chronicles : The Mars Chronicles

Ξ mai 3rd, 2013 | → 0 Comments | ∇ Alternative |

The Mars Chronicles : The Mars ChroniclesDes groupes ovnis, on en a souvent vu. Sauf que là, les Frenchies de The Mars Chronicles sont littéralement des petits bonhommes…blancs. Ici point de vert ni de gris, le quatuor s’est forgé un look atypique à coup de yeux noirs et de poudre blanche. On les croirait tout droit venu de Mars, prêt à partager la bonne parole, ou plutôt la musique. The Mars Chronicles, c’est avant tout un projet né en 2012 de la réunion de Devy Diadema et de Sébastien Ollive du groupe de rock progressif d’Opram, du batteur Morgan Berthet (Myrath, Eths, Eyeless) et de Yann Morvant (Lag I Run), ces mecs aspirent à nous proposer un metal alternatif influencé par le prog, le groove et l’atmosphérique.

On pourrait croire que le quatuor propose une musique très originale et particulière, au vu du look et du mélange des influences. Eh bien pas du tout. On se retrouve, certes, avec un metal alternatif frais et gentillet, mais il n’y a rien de vraiment particulier au sein de leur premier EP éponyme. Bien sûr, ce n’est sans doute pas la vocation du groupe qui tente de créer un contraste entre l’agressivité des guitares et le côté atmosphérique et mélodique des vocaux. De ce côté-là c’est plutôt réussi, vu qu’il existe bel et bien un contraste. Sur certains passages toutefois. La musique, en générale, est plutôt éthérée, portée sur les mélodies et un certain côté planant. Peu d’accélérations ni de réelle agressivité avec cet opus, les plus bourrins pourront donc passer leur tour. Pour les autres, ils peuvent toujours tenter d’apprécier ce mélange subtil de douceur et d’atmosphère. Toutefois, comme sus-cité, pas la peine de rechercher une quelconque originalité, l’ensemble restant plutôt conventionnel.

« Constant Show » commence de façon plutôt basique avec une rythmique influencée par le modern metal. Rien de particulier non plus lorsqu’arrivent les vocaux mais au moins les guitares proposent de belles harmonies qui nous guident le long de ces quatre minutes vingt. « Redefined » et « One and Only » sont les titres les plus mous et les plus doux, basés principalement sur le chant et sa façon d’alterner les harmonies, de passer de l’aigu au grave et inversement. Pour être honnête, le fameux contraste ne se ressent absolument pas tant les guitares sont, elles-aussi, douces et gentillettes.

Il faudra attendre « Abyss » (qui porte bien son nom d’ailleurs) pour réellement rencontrer cette dualité. Le tranchant des guitares de l’introduction, par exemple, se retrouve coupé par un passage plus mélodique et éthéré avant que ne survienne un nouveau passage incisif et technique, avec un solo. On ressent les influences math, avec ce côté polyrythmique et saccadé. Le morceau entier montre bien les deux facettes de The Mars Chronicles, jouant autant avec les mélodies atmosphériques qu’avec l’agressivité. En cela, on aurait aimé retrouver plus de hargne dans les vocaux, qui gardent toujours le même ton et ne deviennent pas rageurs lors des moments les plus intenses.

Malgré tout, The Mars Chronicles part sur la bonne voix avec cet EP signé chez Send The Wood et mixé par Christian Carvin aux All Production Studios. Il ne lui manque plus qu’à s’améliorer pour renforcer son identité et nous proposer des morceaux dignes de ce nom sur le prochain full length. Le contraste mélodie / agressivité doit aussi être plus marquant afin d’immerger davantage l’auditeur dans son univers. Allez les Martiens, on vous attend au tournant !

 

Funeral Parade : Funeral Parade

Ξ avril 7th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Alternative |

Funeral Parade : Funeral ParadePetit quatuor du sud de la France, fondé en 2010, Funeral Parade (à prononcer en Français) enregistre discrètement sa première démo en 2012. Inconnu au bataillon, il a toutefois de quoi attirer les foules, avec un style plutôt atypique et loin des stéréotypes. Non seulement les textes sont en français mais en plus le style est à la croisée des genres, même si emprunt d’une teinte rock/metal.

Quatre titres composent la démo et dès l’éponyme « Funeral Parade », on arrive à cerner la personnalité du groupe. Cette entité torturée s’amuse à créer un univers drôle et burlesque flirtant avec le glauque et le bizarre. Les mélodies barrées sont de la partie grâce à la complicité de la guitare et de la basse, tandis que le chant féminin de Lenny nous raconte l’histoire de la Funeral Parade. Les frenchies font preuve d’énergie avec un rythme qui ne s’arrête pas mais qui ne décolle pas pour autant. On devine alors les inspirations, à savoir le duo Tim Burton / Danny Elfman, mélange de Jack et de Charlie et la Chocolaterie mais en moins foufou malheureusement.

Le fossé se creuse avec la ballade « Le temps », moins personnalisée et plus commune, malgré la jolie prestation vocale de Lenny. Son timbre grave apporte beaucoup aux compositions, même si le français peine à passer. Heureusement, on retrouve le côté bizarroïde et décalé de Funeral Parade sur « Mrs Hyde », bien que ça manque de punch, et sur « Mon Venin ». C’est peut-être un peu plus costaud mais le chant a du mal à suivre la cadence, en particulier dans les graves. Des parties plus rageuses, voire criées, font remonter la pente.

« Funeral Parade » est un premier essai timide dans lequel on devine où se dirige le groupe. Mais il n’exploite pas toutes ses possibilités et peine à rendre sa démo attractive. La mise en bouche est pauvre et on aurait aimé que ces Frenchies nous en montrent plus, avec un peu plus de folie et d’énergie. Il n’empêche toutefois que l’ensemble reste cohérent et encourageant pour la suite.

 

Neroargento : Three Hours of Sun

Ξ novembre 12th, 2011 | → 1 Comments | ∇ Alternative, Electro Metal |

Neroargento : Three Hours of SunNeroargento fait partie de ces découvertes musicales actuelles, mises en valeur par le label italien Coroner Records au cours de l’année 2011. Ce one man band fondé courant 2010 a en tout cas plus d’un atout, et le sieur Alessio a de quoi nous le prouver. Ce multi instrumentiste, déjà membre dans plusieurs formations, a décidé de mettre toutes les chances de son côté en s’occupant de tout de A à Z, cet italien préférant travailler seul et trouvant que l’inspiration lui est plus favorable dans ce genre de cas. Il est donc temps d’en avoir le cœur net, et la sortie de son premier album « Three Hours of Sun » est une aubaine.

Alessio s’inspire des pays nordiques pour le nom de son album, ces derniers n’ayant que très peu d’heures de soleil lorsque l’hiver et les fortes tempêtes de neige apparaissent. Malgré le mélange de la couleur noire et grise dans la formation de son nom de scène, Neroargento ne fait rien de relativement froid ni sombre, étant donné que sa musique se veut pour le moins lumineuse, dynamique et originale.

Neroargento puise sa source dans le metal industriel de Nine Inch Nails, les débuts de Filter, et le neo metal de Linkin Park, proposant un ensemble compact, varié et diversifié. Ainsi, même si la base reste électro, l’ensemble s’emprunte d’éléments du metal alternatif, en témoignent les influences hors metal tels que le hip/hop ou le rap. Car il est clair qu’Alessio s’est fait plaisir et a laissé cours à son imagination, imposant sa folie créatrice. Si un « Trust » montre quelque chose de lourd, simple et dynamique, avec en guest Ettore Rigotti (Disarmonia Mundi) au chant, « Play Us Loud » nous balance un langage extra-terrestre étonnant, tandis que « Daedallus Calls » nous propose une facette résolument électronique et robotique, grâce à l’intégration de samples et de sons très synthétiques.

Les gros riffs et les claviers se taillent la part du lion, même si le chant aigu et aérien proche de celui de Richard Patrick de Filter ou de Chester Bennington de Linkin Park s’impose, malgré ce côté déjà entendu (« Advertising Muse »). Mais sur un « Helpless Like You », on découvre quelque chose de bien différent, notamment grâce à la présence de samples hip/hop, d’un rythme et d’un chant des plus caractéristiques du style. Un morceau à coup de scratch qui risque de faire plaisir aux amateurs.

Les titres sont courts et ne laissent pas vraiment le temps de découvrir tout le potentiel de Neroargento, misant principalement sur l’efficacité et le dynamisme. Par conséquence, on se retrouve davantage avec un ensemble frais, mais finalement simple et minimaliste, tant cela semble si facile d’accès. Manque de maturité sans doute. Il aurait fallu plus de subtilité et de prises de risque afin de ne pas avoir l’impression d’avoir déjà entendu ce que nous propose ce one man band. Toutefois, l’approche reste tout de même originale, grâce à la variété des éléments.

Malgré tout, le mélange électro/alternatif metal reste intéressant et bien exécuté, jouissant d’un mixage et d’une masterisation signée (encore lui) Ettore Rigotti, s’étant déjà chargé du son de Blood Stained Child, de Disarmonia Mundi ou de Destrage. Ce premier jet reste encore timide, malgré une volonté certaine de bien faire et de proposer quelque chose de rafraîchissant. On attend donc une suite moins discrète et plus imposante. Wait and see…

 

Flawed Element : Breaking the Silence

Ξ octobre 5th, 2011 | → 4 commentaires | ∇ Alternative, Industrial Metal |

Flawed Element : Breaking the SilenceSi dans certains pays le metal industriel est roi, il ne l’est pas forcément ailleurs, et encore moins à Singapour, petit pays semblant de plus en plus prendre de l’assurance pour nous présenter toute une vague de nouveaux groupes plus ou moins talentueux. Flawed Element fait partie de ces jeunes formations essayant de mettre en valeur une musique devenue commune avec le temps, tout en y ajoutant une certaine patte personnelle et sans tomber dans une quelconque forme d’obsolescence.

S’inspirant de groupes américains très connus tels que Linkin Park ou Breaking Benjamin, les singapouriens se sont arrangés pour faire un mélange plutôt habile de metal industriel et de metal alternatif, tout en incorporant des éléments digne du metal moderne que l’on entend assez souvent. Ajoutez à cela une très bonne production et un professionnalisme sans équivoque, octroyant à ce « Breaking the Silence » un son résolument moderne et puissant.

Il était donc temps pour eux de briser le silence après trois années de formation et quelques petits concerts. Cet opus est un concept album où l’auditeur suit un certain personnage, de son réveil après un long sommeil à la découverte d’un monde au bord de l’extinction jusqu’à sa mission qui est de le rétablir. Ce concept peut rappeler à certains celui de la trilogie Matrix, et la pochette bleue ressemble étrangement à ce fond vert où se superposent des chiffres et des lettres, telle une ligne de code.

Dès le premier morceau, tout devient alors clair, et on voit immédiatement à quoi nous avons à faire. Intro industrielle mécanique, puis couplet très accessible et posé, pour un refrain facile à retenir aux riffs simples mais tranchants où se mêlent des sons électroniques et une voix hargneuse mais passe partout.

Flawed Element semble avoir emprunté le chemin de la facilité, tout d’abord par le mélange des styles mais aussi par les mélodies parfaitement minimalistes. Toutefois, on se surprend à mémoriser certains passages, comme ceux de « Scars », le hit par excellence de cet album. Efficace, rentre dedans, il démontre une véritable puissance des claviers et une modulation du chant forte intéressante, passant d’une voix claire à une voix criarde bien hargneuse.

Hormis cela, l’auditeur passe d’un morceau à l’autre sans trop difficulté, dans la mesure où chacun est une suite logique, histoire de suivre le concept sus-cité. « Desolation », par exemple, montre un côté plus écorché et mélancolique, notamment grâce à l’apparition du piano. Mais en général, les sonorités industrielles ne sont pas de trop, elles ne sont pas non plus omniprésentes mais servent à poser le concept et à renforcer quelques ambiances tout au plus. Rien de très grandiloquent de ce côté ci donc (« Worms on Concrete »).

En clair, Flawed Element fait dans la simplicité pour mieux mettre en relief une certaine efficacité, mais ne se démarque pas pour autant, même si l’assemblage proposé reste intéressant et maîtrisé. Ce n’est qu’après tout un premier jet, de qualité qui plus est, on attend donc la suite pour voir de quoi sont capables ces singapouriens.

 

Filter : The Trouble with Angels

Ξ août 18th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Alternative |

Filter : The Trouble with AngelsFilter nous aura réservé pas mal de surprises ces dernières années depuis leur grand retour en 2007, après des soucis de line up et une cure de désintox pour le chanteur Richard Patrick (Ex Nine Inch Nails). L’album « Anthems for the Damned », assez rock acoustique, avait déçu pas mal de fans et ravivé les tensions. Les remixes qui avaient suivi avaient renforcé ce sentiment de déception, et la dernière compilation avait rendu les auditeurs sceptiques quant à la crédibilité du groupe. Qu’était devenu Filter, le groupe mythique de metal alternative aux Etats Unis ? Voir un groupe si ingénieux tomber aussi bas après un « Title of Record » et un « The Amalgamut » totalement déroutants, c’était trop. Alors forcément, on attend ce nouvel album avec appréhension. Vont-ils faire un retour aux sources ou simplement continuer sur leur lancée en nous proposant des titres gnan gnan, en manque d’originalité et surtout moins imaginatifs ?

Les mots de Richard Patrick sur Myspace étaient très attirants. Oui, il y aura bel et bien un retour aux sources. Non, il n’y aura pas de continuité avec « Anthems for the Damned », qui, je le précise, était surtout un coup de gueule contre la guerre en Irak et la politique de l’ex président George W. Bush. Oui, on va retrouver des morceaux thrashy et bien rentre dedans à la « Columbind », titre présent dans leur album « The Amalgamut ». Et surtout….oui, on aura droit à un changement de line up conséquent. Le bassiste John Spiker quitte le groupe, mais cela ne l’empêchera pas de produire cet album ci. Le guitariste Mitchell Marlow part et ne donne plus de nouvelles, toutefois, on sera étonnés de voir qu’il est remplacé par Rob Patterson, l’ex guitariste de Korn. Un bon point pour certain, un mauvais pour d’autre, bref…peut-être que cela redonnera un coup de punch au combo. Richard Patrick reste lui au chant et à la gratte, mais continue aussi d’écrire les paroles et en partie, la musique, comme il l’a toujours fait.

Côté production, Filter fait fort cette année et signe chez Nuclear Blast, de quoi se payer le luxe d’avoir un son plus que bon….

Mais alors, pour Filter, que signifie ces termes « retour aux sources » ?

Les inconditionnels crieront sans aucun doute : hargne, dynamisme, force, puissance et mélodie. Eh bien pour le coup…j’annonce fièrement à tous les déçus que c’est tout à fait ça. Vous aviez aimé « Welcome to the Fold » ou « You Walk Away » sur les albums précédents? L’album est pour vous !

Bon déjà il faut savoir que la base musicale de cet album tourne autour d’un metal rock alternative avec des relents thrash, des samples et quelques nappes de claviers. Avec tout cela, on retrouve enfin les mélodies entêtantes et prenantes qui prennent bien aux tripes mais aussi des thèmes plus pessimistes, d’où certains noms de chansons.

L’album s’ouvre donc avec « The Inevitable Relapse », premier titre mis en ligne par Filter sur leur myspace il y a quelques mois pour nous mettre en appétit. Après une intro assez mécanique, laissant place à une basse en fil conducteur, et à des guitares agressives, plutôt thrash, place à un refrain assez typique, entraînant, où le chant est poussé à l’extrême. Moins fatigué que sur les dernières sorties, plus rageuse, avec toujours un timbre plutôt aigu, Richard Patrick a bien progressé. Et on s’en rend d’autant plus compte sur le titre suivant. Une superbe modulation de sa voix, mélodieuse à souhait, sur un refrain ultra planant et des riffs géniaux.

« No Re-Entry » est sans doute la balade de l’album et me fait penser à celles présentes sur l’album du groupe Army of Anyone, autre formation de Richard Patrick. Quelque chose de très doux, quasi acoustique, très intimiste, mais surtout très atmosphérique et prenant. Les harmonies entre les grattes sont vraiment bien faites, le chant est très posé, et la mélodie générale, waouh… un titre plus long que la moyenne, où tous les instruments ont leur importance.

Alors que « Down with Me » possède un couplet comme lamenté et un refrain assez rock (et bien commercial par ailleurs…) sur un rythme tempo moyen, « Drug Boy » est l’exemple même du titre made in Filter, c’est-à-dire ce mélange entre hargne et mélodie, brutalité des grattes et atmosphères avec des samples en accompagnement…

J’en viens maintenant à ce qui m’a frappé le plus lors des premières écoutes, c’est-à-dire, la ressemblance avec les albums « Title of Record » et « The Amalgamut ». Bon, comme dit précédemment, « The Trouble with Angels » est un retour à ces albums-ci, mais de là à créer des intros assez ressemblantes sur certains morceaux ! Exemples parfaits : « Absentee Father », « Catch a Falling Knife » et « Clouds ». Bon l’avantage, c’est que la suite de ces titres-ci décolle, c’est bien énergique, les riffs sont excellents et on en vient facilement à oublier ce qui s’est passé au début. Du vrai Filter, en bonne et due forme et ça fait plaisir ! On ne peut être que ravis …

Maintenant…les gros hics.

Le dernier titre de l’album, « Fades Like a Photograph », vraiment niais, mou du genou, trop doux, en gros, vraiment à côté de la plaque. Principalement que du piano et du clavier, plus la voix du chanteur mais là on est limite dans le romantique et c’est vraiment…repoussant, par rapport à ce que fait Filter habituellement.

La pochette. Alors encore une fois, je ne sais pas ce qu’ils ont dans le crâne pour faire des pochettes aussi pourries. Jamais elles n’auront été potables. Toujours un design vraiment moche. On dit souvent de ne pas se fier aux pochettes, eh bien là pour le coup, si on se fiait à ça, Filter n’aurait pas d’auditeurs !

Au final, Filter remonte la pente et sort du trou dans lequel il était tombé, et heureusement d’ailleurs, car on commençait vraiment à se poser des questions quant à l’avenir du groupe. Cet opus est plutôt bon il faut le dire, mais pas assez prenant pour se hisser à la hauteur des autres. En tout cas, ça ne manque pas de pêche et ça s’écoute vraiment bien, sans ennuie, sans temps mort, sans grosses mauvaises impressions (à part les quelques points énoncés). Au moins on n’a pas de surplus de titres acoustiques. Maintenant que la pente est remontée, suffit de ne pas la descendre et de faire mieux, même si j’en doute, le génie du groupe semblant avoir définitivement disparu…

 

Filter : The Amalgamut

Ξ mars 17th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Alternative |

Filter : The AmalgamutDois-je présenter Filter?

Tout amateur de métal alternatif qui se respecte se doit de connaitre Filter, un des groupes les plus mythiques des USA. Surtout que le combo est assez connu pour passer sur les stations de radio américaine et sortir des BO pour des films, ayant tout de même pas mal de renommés (“X-Files” ou “Spawn” par exemple)…en même temps, il faut savoir que le leader chanteur/guitariste Richard Patrick sait bien tirer les ficelles et mener son groupe comme bon lui semble (oui, oui, le monsieur est bien le frère de Robert Patrick, l’acteur incarnant le méchant T-1000 dans Terminator 2).

Sauf que 2002 s’annonce comme une date primordiale dans la carrière du groupe. 2002 c’est l’année où Richard Patrick décide de sortir “The Amalgamut” juste avant de passer en cure de désintox, imposant un split provisoire au groupe. Un split qui va durer plusieurs année, avant que le leader ne reforme son groupe, mais sans les musiciens habituels, se privant du bassiste Frank Cavanagh, parti guerroyer en Irak…

2002, c’est aussi l’année où la musique de Filter atteint son paroxysme en terme d’originalité et de puissance, la cure, n’ayant pas fait que du bien au compositeur et parolier Richard Patrick (à cause du manque de temps pour composer, le manque d’imagination, et l’arrivée des nouveaux musiciens).

The Amalgamut” est le troisième album du combo, après un “Short Bus” très controversé, et un “Title of Record” très bien inspiré, et avant un “Anthems for the Damned” très décevant et en manque d’originalité.

Je n’irais pas par quatre chemins, la pochette est vraiment pourrie…mais comme on dit des fois, les mauvaises pochettes ne font pas de mauvais albums, et en voici un bel exemple. La galette se veut être très variée dans les compositions, les titres se différenciant bien.

Dans une veine métal alternatif/rock, le tout se veut être homogène et peu linéaire.

Rien de tel qu’un petit “You Walk Away” pour commencer l’album en beauté. Un titre sombre et bien énervé, où l’on retrouve le génie de Richard Patrick dans “Title of Record” : des guitares bien orchestrées et accordées de manière à ce qu’il y ait une subtile différence entre la lead guitare et la rythmic, une sorte de demi ton en moins, et le charme opère. Une basse extrêmement bien audible, et un chant, pour ma part, pas très “métal”, plutôt aigu et clair, mais efficace : tantôt posé, tantôt énervé, ce chant empêche réellement l’auditeur de s’ennuyer.

Si on a des titres assez thrashy, bien rentre dedans comme “Columbind”, assez jouissif dans les jeux de guitares et cette voix hurlée, ou “So I Quit”, totalement énervé et hypnotique dans les couplets mais si mélodique et prenant dans les refrains (une voix posée et des guitares harmonieuses), on a aussi droit à des titres plus calmes voire acoustiques tels que “Where Do We Go From Here”, une ballade très intimiste et remplie d’émotion, surtout quand arrive le solo de guitare vers la fin, ou “God Dawn Me” (ce qui me fait penser que les accords de guitares semblent avoir été en parti repris dans “Only You” de l’album suivant, “Anthems for the Damned“).

Enfin je me dois de vous parler des deux points d’interrogation de l’album, les deux derniers titres en réalité, “World Today” et “4th”…sincèrement je n’ai pas compris grand chose en les écoutant, le deuxième étant la suite du premier…je ne leur trouve aucun intérêt pour être franche…ennuyeux, car toujours le même rythme et la même platitude, pas de guitares, juste un fond sonore, et le chant de Richard Patrick, bien anormal en fait (monotone, trafiqué, c’est moche).

Outre ces titres qui auraient pu être supprimés, il faut tout de même reconnaître que l’album est bon, sans doute dû à un savoureux mélange d’agressivité et de mélodie. Bon, c’est loin d’être du death, mais c’est efficace dans le style. Un opus prenant, et assez direct dans les paroles (quand Richard Patrick n’est pas content…il le dit!), marquant la fin de “Filter première période”, c’est à dire, l’époque jouissive et inventive, qu’on ne retrouvera plus à partir de “Anthems for the Damned“.

 

Filter : The Very Best Things

Ξ octobre 1st, 2009 | → 0 Comments | ∇ Alternative |

Filter : The Very Best ThingsIls sont malins ces américains…

Ils s’absentent pendant sept ans et font patienter leurs fans…

Ils reviennent et sortent, non pas un album mais deux, « Anthems for the Damned » au son lisse, plus typé rock et « Remixes for the Damned », les remixes version électro/techno de l’album précédent…

Et là, une compilation, « The Very Best Things ». Pour se faire de la pub ? Récupérer des fans ? Faire découvrir leur musique ?

Certainement tout ça à la fois.

Car la planète Filter après un brute changement de line up et la cure de désintox du chanteur Richard Patrick s’est un peu cassée la gueule. Où sont les titres hargneux, terribles, atmosphériques et lourds ? Où sont les tubes tels que « Hey Man Nice Shot » ou « Welcome to the Fold » ? On n’en retrouve plus, comme si l’inspiration et l’audace s’étaient envolées au profit d’une musique plus commerciale et résolument plus accessible.

Même si à la base, Filter est un clone plus facile d’accès de Nine Inch Nails (dont Richard Patrick fut le guitariste), il n’en reste pas moins un bon groupe ayant osé faire des titres sortant de l’ordinaire, qu’importe les critiques et les scandales (l’album « Short Bus » ayant été virulemment attaqué à cause d’un titre soit disant en rapport avec la mort de Kurt Cobain de Nirvana).

Outre ces quelques déboires, et tous ces albums passés, Filter sort enfin la compilation, le CD censé regrouper, on s’en doute, les meilleurs titres, les plus représentatifs de leur opus…

Sauf que j’en doute réellement…

J’ai la vague impression que Filter veut plus se faire reconnaître comme une identité rock et non métal. Pourquoi je dis ça ? Un tour dans la tracklist s’impose.

Que voyons-nous ? Une bonne moitié de l’album si ce n’est plus est composée de titres bien calmes voire acoustiques. Pourtant les racines de Filter se situent bien dans le métal et non dans le rock acoustique plutôt gentillet. A la vue de titres tels que « Take a Picture », « Where Do We Go from Here », « One », « The Only Way » et j’en passe, il y a de quoi se poser des questions. Cette compilation est-elle faite pour endormir l’auditeur ? Est-elle faite pour initier les amoureux de Filter à l’acoustique ? Est-elle faite pour ramener des auditeurs hors métal ? Il y a de quoi se poser des questions. Je ne dis pas que ce sont de mauvais titres, au contraire. Ceux que j’ai cité sont extrêmement calmes et jolis, il faut le dire, les grattes acoustiques étant mises en valeur, les mélodies s’envolent, le chant aérien de Richard Patrick est très modulé et impeccable, partant dans les aigus sans soucis. Mais ces chansons sont surtout construites de la même manière, à tel point que certains passages des uns ressemblent aux passages des autres. Alors les insérer ensemble dans cette compilation, je trouve ça un poil exagéré.

A part ça, on retrouve les titres qui auront bien marqué les opus précédents, c’est-à-dire « Hey Man Nice Shot », le titre scandaleux justement, où la basse claire et charismatique de Frank Cavanagh est mise en valeur ; « Welcome to the Fold », totalement hargneux aux couplets, agressifs à souhait avec ces guitares tranchantes et le chant crié, mais absolument mélodieux et atmosphérique aux refrains, percussions en arrière plan, chant aérien et posé ; « The Best Things », dans une veine indus avec la boîte à rythme et les samples, et un jeu d’accord et de bémols irréprochable pendant les refrains créées par des guitares et une basse en parfaite osmose.

A cela s’ajoute bien évidemment des titres hors albums, comme « One », créé spécialement pour le premier film X-Files, calme lui aussi et mystérieux, ou même « Jurassitol » pour le film Spawn, plus tranchant mais pas du tout transcendant.

C’est bête que « You Walk Away », le meilleur titre et le plus métal de l’album « The Amalgamut » ne se soit pas retrouvé dans la compilation, cet album-ci n’étant vraiment pas à l’honneur je trouve. Mais bon. On ne va pas leur demander la lune, surtout depuis plusieurs années. Tout semble avoir basculé, tout semble avoir perdu de son éclat. Filter semble ne plus être le même, comme si son âme avait disparu. Quoique ! Le dernier titre de la compilation est un inédit. Comme quoi !

Hormis cette pochette ridicule (encore une fois…), « The Very Best Things » reste une compilation plutôt moyenne et assez dispensable car n’étant pas révélatrice du groupe en question. Dommage ! On se serait attendu à mieux, mais l’envie de vendre plus, et cette soif d’argent semblent aveugler de plus en plus les combos.

 

Filter : Remixes for the Damned

Ξ octobre 1st, 2009 | → 0 Comments | ∇ Alternative, Non classé |

Filter : Remixes for the DamnedLa première question que je me suis posée à propos de ce CD a été “Quoi, des remix?”

Car en effet, “Remixes for the Damned” n’est autre que le jumeau d’”Anthems for the Damned” remixé, sorti peu de temps après.

Étrange. Pourquoi sortir des remixes?

Je m’attendais quand même à quelque chose de metal, des titres modifiés mais au moins restant dans le même univers.

Mais pas du tout et justement, c’est là où ça ne va pas.

Les remixes sont tous remplis de samples électroniques, parfois limites techno. Alors vu que déjà j’étais allergique à ce style de musique, cet album m’a carrément dégoutée.

En fait je ne vois vraiment pas l’utilité de sortir cet album. Pourquoi changer des titres metal/rock très sympathiques en titres electro, réberbatifs, où la voix du chanteur Richard Patrick est trafiqué en des combines électroniques, voix limite saturée, aux paroles incompréhensibles par tout ce remu ménage qu’est la musique en fond ? Ajoutons à tout cela cette batterie casse oreille et tonitruante, ce Poum Poum incessant dans certains titres, des sons electro remplaçant les lignes de guitares électriques et les petits bruitages que faisaient celles-ci dans des titres que “Soldiers of Misfortune” ou “Kill the Day”. Bon les rythmes sont rapides, ok, mais quand même…voir des titres en plusieurs exemplaires (“Kill the Day”, “What’s Next”) trafiqués de différentes manières…ça rend pas…si on veut faire ça bien, on reprend tout l’album du début à la fin sans doublon mais bon ce n’est pas le cas et ça ne le sera jamais…c’est donc d’une linéarité et d’un gavage consternant…

Ah et oui, pour couronner le tout, les titres sont encore plus longs que les originaux…et là on se dit “qu’a-t-on fait pour mériter ça!!”

De plus, encore une pochette moche, on remarquera que celle-ci est le reflet de celle de “Anthems for the Damned” version rougeâtre, avec le casque et le fusil. Fallait pas s’attendre à un chef d’œuvre, certes, mais je n’y trouve pas trop d’originalité pour autant…

LA question : pourquoi ? Pour ramener plus de monde? Faire apprécier leur musique aux amateurs d’électro/techno ? Oui c’est ça, et Richard Patrick, chanteur, guitariste, parolier et compositeur de Filter ne s’en est pas caché. Non seulement il voulait faire “autre chose” que ce qu’il a l’habitude de faire, sortir un peu des sentiers battus, collaborer avec d’autres artistes, mais en plus il désirait viser un public plus large.

Une grosse déception pour Filter, après un “Anthems for the Damned“, album potable mais trop rock à mon goût. “Remixes for the Damned” n’en reste pas moins un album electro, loin de la magie créative de certains albums du combo tels que “Title of Record“. On est vraiment à milles lieux des mélodies enivrantes et des morceaux prenants et plein d’émotions, sur un fond rageur et des vocaux hargneux…

 

Filter : Anthems for the Damned

Ξ septembre 30th, 2009 | → 0 Comments | ∇ Alternative |

Filter : Anthems for the DamnedÇa faisait longtemps qu’on l’attendait cet album!

Sept ans après la sortie de l’excellent Amalgamut, les américains de Filter nous sortent une nouvelle composition, Anthems for the Damned, après beaucoup de changements au sein du groupe.

Pendant les sept années qui sont passées, le groupe a changé de line-up : Frank Cavanagh, le bassiste, s’est engagé dans l’armée pour la guerre en Irak, le groupe récupère donc Mika Finao et Mitchell Marlow. De plus, Richard Patrick, le chanteur et guitariste, en a vu des vertes et des pas mûres : il a suivi une cure de désintoxication (il était très alcoolique) et a formé un groupe rock avec les frères Deleo, Army of Anyone et ont sorti un album éponyme.

Qu’en est-il de l’album en question, Anthems for the Damned?

Dans un premier temps, le chanteur Richard Patrick avait tenu à souligner que cet album s’adressait en particulier à tous les soldats qui étaient partis en Irak, et à ceux qui étaient tombés. Anthems for the Damned signifie tout simplement Hymne pour les Damnés et justifie en effet cette dédicace. L’album est aussi un moyen de protester contre la politique de George W. Bush, car Richard Patrick l’a clairement expliqué dans une interview: Tout se casse la gueule ici.

Qu’en est-il du son ?

Personnellement je m’attendais à quelque chose de pas trop calme. Je connaissais les albums précédents, qui sont tout particulièrement excellents au niveau des riffs de guitares et du chant bien énervé et très mélodique.

En fait j’ai été déçue. Déçue de l’album en général et de ce qu’il dégage, car il possède malgré tout deux ou trois titres qui en valent vraiment la peine. Mais globalement, cet album ne ressemble pas du tout à ce qu’ils avaient fait précédemment. En fait je le trouve bien plus rock que metal, bien plus calme, et il est possible que le compositeur (qui n’est autre que le chanteur et guitariste Richard Patrick) ait largement été inspiré par son passage dans Army of Anyone.

C’est à dire que les titres, bien que destinés à ceux qui sont tombés restent des titres courts, et lents. Les guitares ne sont pas très accrocheuses et sont assez souvent acoustiques, les lignes de batterie très répétitives et le chant est dénué de cette agressivité comme il l’a souvent été. En fait je trouve que la voix est bien trop cassée et peu crédible, même si elle reste mélodique. Seule la basse vaut le coup que l’on se montre attentif vu qu’elle est très audible et bien en accord avec la musique (écoutez les titres Cold, Hatred is Contagious et Lie After Lie pour en avoir le coeur net).

Je vais peut-être plus m’attarder sur les titres qui sortent du lot, comme Soldier of Misfortune, un titre énergique, quoique très FM, écrit en 2003 par Richard Patrick lui-même qui a avoué que ce titre était encore valable à l’heure actuelle (à sa sortie en 2008). Soldier of Misfortune est comme une ode aux soldats engagés dans le combat en Irak et qui n’ont qu’un rêve : sortir de l’enfer qu’est l’Irak en personne. Sur ce titre donc, le chant est juste, mélodique et rempli d’émotions. Les guitares sont impeccables et techniques au niveau des bruitages qui accompagnent le chanteur.

Le deuxième titre qui en vaut la peine est What’s Next, titre contre Bush lui-même et sa politique, c’est en fait une dénonciation (George Bush is fucking us up sont les paroles exactes). What’s Next est donc très rentre dedans, et très haineux, déjà au niveau du chant, très énervé, des guitares qui lancent des offensives, et de la basse, qui est le principal leader du titre. Du haut de ses trois minutes trente, il n’en reste pas moins un titre efficace et intéressant au niveau des paroles.

Le troisième titre qui vaut l’écoute est I Keep Flowers Around, que je trouve magnifique. Le titre part en réalité en crescendo : début calme à ambiance dark, le chant impeccable est accompagné de la basse et de la batterie. Quand arrive le refrain, les guitares font leur coming-out et le chant devient de plus en plus agressif. Jusqu’à la fin du titre où tout décolle pour de bon, tout s’emboite magistralement, où le chant rempli de haine dure et dure et dure encore dans le temps, en un cri inexorablement perçant. On reconnait bien Filter sur ce groupe. Un chef d’œuvre.

Les points d’interrogations sur cet album sont sans aucun doute les trois derniers titres, des remix. Des reprises de trois titres principaux de l’album tournés en techno ou electro, c’est vraiment moche, c’est vraiment inutile, pourquoi faire cela? Déjà que la techno me donne la nausée, alors des titres de Filter tournés ainsi…

En gros, une vraie déception pour Filter mais j’espère au moins que le suivant sera un peu plus à l’image des deux derniers chefs d’œuvre qu’ils avaient sorti, à savoir Title of Record et The Amalgamut.

 

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