Rise Of Avernus : L’Appel du Vide

Ξ décembre 4th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Doom/Death, Gothic Metal, Symphonic Black Metal |

Rise Of Avernus : L'Appel du VideOriginaire de Sydney, Rise of Avernus est devenu de façon très rapide en valeur forte en Australie. En effet, le quintet a fait grande impression avec la sortie de son premier EP éponyme en 2012, lui offrant la possibilité de partager la scène avec des groupes renommés comme Rotting Christ, Enslaved ou Apocalyptica. Ce n’est pas pour rien. Les membres viennent d’horizons différents, certains ayant officié dans le folk, le doom ou l’atmo. Leur expérience passée et leurs influences personnelles leur permettent d’officier dans un style de metal atypique, quelque chose qu’ils aiment appeler « orchestral progressive doom metal », en particulier avec la sortie de leur premier album chez Code666, « L’Appel du Vide ».

Parler de doom symphonique serait toutefois prématuré puisque les Australiens ne se contentent pas de passages lents, lourds, pessimistes ou mélancoliques. Ils intègrent aussi pas mal de death metal et d’éléments gothiques dans leur musique, avec notamment un mélange de growl et de chants clair féminin atmosphériques. On pourrait alors parler sans se tromper d’une fusion de doom/gothique et de death symphonique avec une pointe de black metal dans certaines ambiances.

Il est un fait avéré, c’est que Rise of Avernus veut nous en mettre plein les oreilles mais aussi renforcer la réputation qu’il a pu obtenir jusqu’à présent. De ce fait, les musiciens ne font pas les choses à moitié. Le mastering est confié à Jens Bogren aux Fascination Studios (Deathronic, Rotting Christ, Dark Tranquillity, Bilocate, Orphaned Land…) et la pochette est réalisée, sans grande surprise, par Seth Siro Anton.

Ceci dit, Rise of Avernus n’a pas misé que sur les gros noms du metal, il a aussi fait de son album une bombe sombre et symphonique à souhait. Avec le premier morceau « A Triptych Journey », on sait immédiatement qu’on va avoir droit à du lourd. La montée en puissance avec l’apport successif des différents instruments nous amène à un ensemble puissant, riffs et growl death en tête, avec des orchestrations extrêmement alléchantes et bien foutues, arrangées par le guitariste Matthew Bell. Le morceau alterne gros passages death sympho en mid tempo et passages plus doom/gothic avec l’intervention de la chanteuse et claviériste Cat Guirguis apportant pas mal de romantisme sombre.

Cela est plus flagrant sur la suite, notamment « The Mire » qui nous permet d’apprécier des moments plus atmosphériques, doux et mélancoliques même si le death symphonique finit souvent par s’incruster. On remarquera que les interventions de Cat se font indépendamment de celles du growler, le death symphonique et son côté brutal étant d’un côté, le doom gothique et son côté doux et mélancolique de l’autre, tel un dialogue entre deux personnages. On n’est pas loin d’une sorte de fusion entre Septic Flesh, Paradise Lost et Draconian.

« Ethereal Blindness » fait partie des exceptions puisque cette fois-ci c’est du chant clair que nous avons, masculin et féminin. L’ambiance est plus tragique, renforcée par le piano et le violon, paradée de quelques accélérations tranchantes et d’envolées symphoniques de qualité, dignes de Dimmu Borgir. Et du chant clair on en a aussi sur le très joli « Embrace the Mayhem » qui joue énormément sur les atmosphères et en particulier sur un côté jazzy avec cette basse et ce saxophone. Au moins, avec Rise of Avernus, on varie les plaisirs.

Les Australiens placent la barre relativement haut avec ce premier méfait. « L’Appel du Vide » est un album très réussi, riche, soigneusement orchestré et suffisamment prenant et ambiancé pour qu’on passe un bon moment le temps de trois quart d’heure. Manque plus qu’à voir si Rise of Avernus peut transcender le tout sur ses prochaines sorties…

 

Empire Drowns : Bridges

Ξ janvier 30th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Doom/Death, Gothic Metal |

Empire Drowns : BridgesLa scène metal danoise est de plus en plus en ébullition grâce à des groupes au talent certains. Chaque genre a sa vedette, sa figure emblématique et son cercle de fans, car ce petit pays sait être éclectique. Pas de discrimination, il met en valeur autant de formations que de styles, que ce soit le black metal avec Angantyr, le heavy avec Mercyful Fate, le death metal avec Panzerchrist, le folk avec Tyr, le modern metal avec Mnemic le cyber avec The Interbeing…et peut-être le gothic metal avec Empire Drowns.

Même si le quintet est encore jeune, il a plus d’une corde à son arc. Les membres ont fait des premières parties de combos réputés tels que Saturnus ou Blazing Eternity. Ils sont expérimentés et proviennent de formations à la réputation certaine ( Aurora, Thorium, Withering Suface), officiant dans le death metal ou dans le gothic. Ils connaissent donc leur sujet et nous le font bien comprendre avec la sortie de leur second EP « Bridges », à paraître chez Mighty Music / Target Distribution.

Doté d’une production made in Kristian Thomsen (The Storm, Supercharger, Oliwer Weers), l’opus nous présente une musique très ambiancée basée sur la lourdeur des guitares et leur harmonies, et parradée de quelques nappes de claviers pour apporter un petit plus de profondeur. Il se place du côté du gothic metal/rock mais aussi du doom/death, en particulier sur le premier morceau « Bridges ». Rythme lent, guitares plaintives, chant lamenté et mélodies mélancoliques sont à l’honneur, non sans rappeler les fameuses formations du genre.

La suite se veut beaucoup moins doom et beaucoup plus rapide, avec cette insistance sur un chant rageur mais linéaire, et sur des guitares bien lourdes mais répétitives. Cet hybride de metal, rock, gothic et death permet de créer un ensemble original mais aussi homogène, peut-être trop même. On décroche vite et même si les titres sont courts, on se demande s’il ne vaudrait mieux pas passer au suivant. Certains éléments tendent à agacer (notamment ce chant rapidement énervant) et ce manque de prise de risque. Pourtant les ambiances sont prenantes et elles auraient mieux été exploitées si le reste de l’instrumentation avait été à la hauteur. C’est le cas sur un « Rats » en demi-teinte. L’auditeur est tiraillé entre le côté affreusement barbant d’un riff qui vient et revient sans cesse, et le côté éthéré et beaucoup plus inspiré du refrain, dont la mélodie rentre très vite dans la tête, au point devenir attachante.

« Bridges » n’est sûrement pas la réussite danoise de l’année car Empire Drowns doit davantage diversifier son jeu afin de ne pas lasser l’auditeur dès les premières minutes. S’il veut devenir l’égérie danoise de gothic metal, il va devoir travailler son style et éviter de perdre toute son énergie en court de route.

 

Rosa Infra : Change of Scenery

Ξ juin 16th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Gothic Metal |

Rosa Infra : Change of SceneryFormé en 2006 autour du vocaliste et bassiste Nikolay Karpushin, Rosa Infra est une petite formation russe mais prometteuse venue de Moscou. Beaucoup de promotions auront été faites autour de ce groupe en devenir, les avis étant souvent plutôt positifs. En dépit d’une imagerie sombre, le quatuor arrive à s’attribuer un aspect romantique qui n’est pas sans rappeler leur compatriotes Finlandais de To Die For.

Rosa Infra sort son tout premier album « Change of Scenery » chez Sound Age Productions, et le moins que l’on puisse dire, c’est que le combo s’influence en grande partie de formations très célèbres telles que Paradise Lost, Type O Negative ou encore Sinamore pour toutes les facettes gothiques, que ce soit les ambiances, véhiculées ne serait-ce que par le clavier ou la voix quasi lyrique de Nikolay, mais aussi le rythme mid tempo voire lent ainsi que l’accordage grave des guitares, à l’image de « Lie to Rescue » ou encore « The Forgiven », sans doute les morceaux les plus classiques du genre. Il faut dire que de ce côté là, les Russes ne semblent pas vraiment prendre de risque, puisant dans leurs influences principalement, pour un ensemble manquant d’attrait et d’originalité.

Toutefois, il ne faut pas s’arrêter là, car Rosa Infra intègre plus d’éléments qu’on le croit. En effet, le quatuor semble chercher son style et tente de trouver le mélange qui sied le mieux à ses compositions. Ainsi, on retrouve des éléments du metal moderne, mais aussi de l’atmosphérique mélancolique sur « Sonata di Dolorum », de l’indus/electro sur « Again One » ou « Snow Angela », et du death metal sur « Unity in Sin », avec des growls en prime.

On passe alors d’une atmosphère à une autre au cours de cet album, mais Rosa Infra n’apporte rien et ne semble pas vouloir intégrer une patte personnelle. Lorsqu’ils s’expérimentent à l’électro ou à l’indus, on ne peut que penser à des groupes classiques, pour ce qui est des touches death, on pensera à Orphanage et son mélange death/goth, le growl puissant de George en moins. Enfin, pour ce qui est du chant, on croirait entendre un mélange des voix du défunt Peter Steele et de Mikko Heikkil (Sinamore) en moins bien maîtrisée.

Ce qui lasse vite, finalement, c’est le manque de variation du chant, mais aussi du rythme. Pas d’accélérations, même occasionnelles, pas de ralentissements ni de riffs développées. Rosa Infra fait une musique simple comme bonjour et ne profite pas de cette simplicité pour essayer d’intégrer des moments forts, si bien que l’ennui nous gagne vite, très vite…

Ils ont beau être prometteurs, leur premier album « Change of Scenery », malgré des essais ambitieux, n’apporte rien à la scène gothique ni au metal, et ce ne sont pas les petites expérimentations électroniques et atmosphériques qui arriveront à faire oublier ce minimalisme des plus complets, ainsi que ce manque de justesse flagrant qui devra vivement être corrigé. Amateurs du genre, passez votre chemin…

 

Impromtus Ad Mortem : Eden a Luz Centuria

Ξ mai 29th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Gothic Metal |

Impromtus Ad Mortem : Eden a Luz CenturiaCe n’est pas vraiment en Colombie qu’on irait chercher un bon groupe de metal. Non seulement le pays n’est pas réputé pour sa scène, mais en plus les moyens de médiatisation et de distribution sont faibles. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’Amérique Latine souffre évidemment de l’exportation de ses groupes, et outre les Krisiun et consorts au Brésil, le reste peine véritablement à émerger.

Pourtant, en Colombie aussi il y a des formations. Beaucoup, cependant, ont splitté, sont en suspend ou manquent de dynamisme. De quoi nous empêcher, nous Européens, de découvrir des groupes locaux. Malgré tout, le label suédois Salute Records a déniché un petit combo d’Ibagué, à savoir Impromtus Ad Mortem, qui utilise un patronyme latin pour effectuer dans du metal gothique. Il s’agit de huit musiciens très mélancoliques, formés en 2002 mais peu actifs, ils n’ont sorti qu’une démo, un album et un EP. La bande a tout de même plus d’une corde à son arc, chaque membre ayant sa place et son instrument de prédilection, que ce soit le violon ou le hautbois, mais aussi une grande expérience musicale, car ils ne sont pas non plus débutants.

En dépit de ces qualités, le groupe ne semble pas vraiment fait pour être remarqué, leur sorties étant passées inaperçues et leur concerts n’étant pas très remplis. La faute à un problème de personnalité. La faute à un problème de justesse. La faute à un problème de production, aussi. Ce qui se voit irrémédiablement sur leur dernier EP en date « Eden a Luz Centuria ».

Trois morceaux le composent, mais pas vraiment les plus remarquables qui soient. Impromtus Ad Mortem alterne les chants, que ce soit la voix mélancolique de Diana et le grunt de Hugo. Il intègre aussi des passages lancinants au piano, accompagnés d’un fond très gothique aux claviers, assez atmosphérique dans l’esprit, pas loin de Dark Sanctuary. « Soledad « Amante Immortal » porte de ce fait bien son nom, mais en dépit de son aspect planant, il n’embarque guère dans le monde des Colombiens, idem sur « Eden a Luz Centuria », proposant quelque chose de plus baroque, avec son violon en fil conducteur. Cependant, ce sont les claviers qui ressortent le plus de cet ensemble sombre, les guitares souffrant d’un problème de production. Quant au titre live, n’en parlons pas, il ne fait que confirmer les problèmes de justesse du groupe, notamment dans la voix de Diana.

Il n’y a pas grand chose à retenir de ce « Eden a Luz Centuria », malheureusement, si ce n’est que le groupe pourrait rendre sa musique attrayante en améliorant et la production, et la justesse, et l’interprétation. On aura clairement entendu mieux en matière de metal gothique, par exemple sur leur précédent album, qui restait correct. Cet EP est donc dispensable mais témoigne de la signature du groupe chez un label, son premier. En espérant que cela puisse l’emmener quelque part…

 

Armaga : Walpurgis Night

Ξ mars 20th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Doom Metal, Gothic Metal |

Armaga : Walpurgis NightQuelle drôle d’idée pour Armaga de faire enregistrer un concert pour une édition spéciale DVD alors que le groupe en lui-même existe depuis un peu plus de trois ans ? Même s’il a effectué quelques concerts et enregistré deux albums, il faut dire que le groupe n’a toutefois pas l’expérience nécessaire pour se mettre sur son 31 et s’aventurer avec un premier DVD signé chez MSR Productions. Sans doute un coup de promo pour accueillir le nouveau chanteur Sergey, remplaçant de Demether Grail et d’Oleg. En tout cas, il s’avère que ce « Walpurgis Night » se découvre dans un package de qualité, mais le contenu laisse quelque peu perplexe.

Pour commencer, Armaga se situe dans un registre doom/gothique très sombre et très tourné vers l’horreur et l’épouvante. Les Russes racontent donc des histoires effrayantes en utilisant un rythme lent, des guitares lourdes et accordées dans les graves, des claviers utilisant des sonorités symphoniques ou des orgues, et un chant black tendant à accentuer les fins de phrases. L’opus « Dark Authority » est sans doute l’album ayant le plus plu, sans doute grâce à ces ambiances particulières et cet aspect parfois morbide. C’est aussi cet album qui est joué lors du concert en question, même si quelques morceaux proviennent de l’album d’avant, « In the Ruins ».

Le groupe doit donc s’affirmer sur la scène et le chanteur doit être à la hauteur afin de prouver qu’il est digne de faire partie d’Armaga. La salle semble assez petite et le public pas très enthousiaste. C’est à peine si on l’entend réagir et les applaudissements sont quelques peu timides. Certes, ce n’est pas un gros groupe mais il ne s’agit pas non plus d’un mauvais groupe, Armaga faisant partie des figures dark/gothiques de la scène russe. Mais il s’avère que le courant ne semble pas passer et que la salle peine à chauffer. Les musiciens eux mêmes peinent à montrer leur hargne et leur envie de se promouvoir. Tous restent statiques, cachés derrière leur instruments. Le chanteur, à la limite, essaie de se mettre en valeur en alternant les techniques de chant (chant black/chant death) et offrent les mimiques qui vont avec, poing en l’air, gestuelle imposante, petit headbang etc. Le batteur lui, se contente de faire tourner ses baguettes autour de ses doigts et de maîtriser son rythme sans grande conviction. Alors oui, il ne faut pas chercher une dynamique immense, d’autant plus que les parties claviers sont samplés et que l’apparition d’un membre guest aurait été de rigueur.

Pour ce qui est de l’installation de l’ambiance, c’est assez difficile, les lumières étant plus bleues que rouges/oranges, alors pour le côté horreur on repassera. Les accessoires adéquats manquent aussi, on ne demande pas la lune mais au moins la preuve que le spectateur est rentré dans le manoir d’Armaga (allusion à la pochette de l’album « Dark Authorities »). Cela empêche donc le spectateur/auditeur de se trouver immerger dans l’univers du groupe. Enfin, il y a un certain manque de communication avec le public, les trois quarts des morceaux étant joués sans transitions et dans un ordre étrange donnant l’impression que tous se ressemblent. Le chanteur dira tout de même quelque mot mais avec une voix black, histoire de jouer le jeu jusqu’au bout.

Armaga a le mérite de mettre de la poigne dans l’exécution de « Overgrown Gates » et « Heartless », l’atmosphère étant bien rendue et les instruments bien mis en valeur, à la différence que les claviers samplés tendent à recouvrir les guitares mais pas la batterie qui se dote d’une double pédale efficace et percutante. La suite se voit dotée d’orgues, de choeurs et de xylophones ainsi que d’accélérations et de décélérations soudaines jusqu’à un « Last Exile » plus black symphonique – bien que doomesque – dans son ensemble. Toutefois il y a rien à dire de plus dans la mesure où les titres sont quasiment construits de la même manière et qu’il est difficile de les distinguer quand on ne connaît pas très bien le groupe. Il faut donc avoir digéré les opus d’Armaga pour pleinement apprécier leur travail, ce que peut-être les spectateurs de la salle n’ont pas fait.

Ce DVD, qui aurait pu être ambitieux, reste intéressant pour ceux désirant découvrir le groupe ou au moins les voir en live, mais le lieu et le contexte restent décevants et non propices à l’immersion du spectateur dans un univers horrifique et gothique.

 

Gothminister : Anima Inferna

Ξ mai 5th, 2011 | → 6 commentaires | ∇ Gothic Metal, Industrial Metal |

Gothminister : Anima InfernaL’âme des enfers…la plongée irrémédiable dans des ténèbres encore plus profondes, le mysticisme, et aussi…l’univers sombre de bandes dessinées.

Gothminister s’extrait de cette folie accablante qui emplissait le dernier « Happiness in Darkness » afin de nous offrir une œuvre sans doute plus sombre et plus terrifiante, « Anima Inferna ».

Le temps a passé depuis un « Gothic Electronic Anthems » basique et un « Empire of Dark Salvation » assez teuton dans l’air, proche de certaines formations telles que Rammstein ou Oomph. Ce nouvel opus semble être synonyme d’un certain changement et d’une certaine évolution, un certain renouveau que beaucoup pourrait fort apprécier. Car les norvégiens changent leurs thèmes et exploitent une facette qu’on ne leur connaissait pas.

Même si la musique reste toujours aussi gothique dans l’âme, l’ensemble perd peu à peu de ses sons industriels pour nous proposer quelque chose de relativement plus electro, voire parfois techno, sans délaisser ce côté sombre qui leur sied bien.

Les onze titres sont donc le reflet d’un groupe semblant vouloir se marginaliser davantage, offrant une musique pas si facile d’accès malgré ces quelques relents pop présents sur des morceaux tels que « Liar » ou « 616 » : la reprise d’un morceau de Michael Jackson sur le précédent opus était peut-être synonyme d’une embarquée dans une certaine pop metal.

Toutefois, l’évolution est là, tant dans les claviers que dans les ambiances et les riffings, bien plus lourds, et rassurez vous, plus Metal et plus accrocheurs. Des riffs parfois plus proches d’un black metal mélodique comme sur « A.I », et d’autres relativement plus maîtrisés et intéressants comme sur le morceau introducteur « Stonehenge ».

La voix, quant à elle, détient toujours ce certain timbre rugueux et froid quasi identique à celui de Till Linderman de Rammstein ou d’Alexx Wesseldsky d’Eisbrecher, tout en étant très grave et sombre, parfois comme un râle ou un grognement, assez gothique sur les bords. La faiblesse réside toujours sur les aigus, où les difficultés se font ressentir. Mais la petite nouveauté sur cet opus, c’est ces quelques parties au chant black, à la manière de « The Beauty of Fanatism ».

Mais cet album ne se suffit pas à cela, et au sein de ce « Anima Inferna », un concept est aussi davantage exploité, se basant étrangement sur certains faits mystiques comme ceux du site monolithiques de Stonehenge, ainsi que le Juggernaut, une force implacable détruisant tout sur son passage, à l’image d’une divinité ténébreuse et colérique, mise en valeur par des chœurs et une agressivité imparable des riffs. Mais outre cet aspect on ne peut plus mythologique, le Juggernaut, personnage de bande dessinée dans l’univers des comics de Marvel, ainsi que la pochette proche de l’univers d’un certain personnage nommé Batman, transcrivent cette idée de surnaturel, et de don de la nature. Car rappelons le, les héros dans cet univers pourtant fascinant, sont toujours des personnages déchus, torturés, plongés dans leur bulle sombre et désolée. A l’image de cet album particulier et très représentatif, où l’électronique implique cette notion de modernité, et où les éléments gothique permettent la représentation de cette mélancolie, de cette lourdeur et de cette noirceur redoutables.

L’ensemble reste toutefois homogène, et le rythme est souvent le même, malgré quelques petites variations. Fini aussi les morceaux inutiles de trente secondes, les plus courts ici sont au nombre de deux et ne sont qu’une ultime descente dans des enfers électroniques à la manière de « Hell Opens Gate ».

Les norvégiens originalisent un peu plus son travail mais ne nous tiennent pas en haleine pour autant. L’ensemble de la discographie reste correct et intéressante, sans véritablement se démarquer. Certains groupes sont voués à ce destin, Gothminister y compris…

 

Rain (CH) : The Bioactive

Ξ janvier 19th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Gothic Metal, Industrial Metal |

Rain (CH) : The BioactiveRain se meurt…le deluge s’est arrêté…

“Bioactive” est le dernier EP du combo suisse après après 7 ans de formation, et 3 CD. Rain nous fait donc ses adieux. Rain nous quitte…une bonne fois pour toute?

J’en doute. Il faut savoir que Rain n’est pas tout à fait mort malgré leur split-up. Ce groupe a en effet fait une sorte de mutation vers quelque chose de plus agressif, mutation organisée par le guitariste compositeur Drop, désirant changer de registre. Des cendres de Rain sera né Sybreed.

Il n’est donc pas étonnant de voir que la sortie de l’EP “Bioactive” coincide avec la sortie de “Slave Design” de Sybreed. Les deux sont liés, plus que l’on ne le croit. Ce processus a été mis en place pour que les fans de Rain jetent une oreille sur la musique de Sybreed. Très astucieux. Surtout quand on jette un coup d’oeil à la tracklist de “Bioactive”: deux nouveaux titres, et deux qui figurent sur “Slave Design”, “Bioactive” lui-même et “Static Currents”. Un bon moyen de faire ses adieux à Rain tout en disant bonjour à Sybreed.

Du coup, à quoi devons-nous nous attendre? A des mélodies envoutantes, des chants murmurés, et beaucoup de claviers à la Rain, ou des guitares tranchantes, un chant hurlé, et un enrobage électronique à la Sybreed?

Un peu des deux.

L’ordre des titre n’est pas anodin. Si “Bioactive” est mis en premier, c’est bien pour attirer l’attention des auditeurs vers quelque chose de cybernétique et incisif, ce qui fera la patte de Sybreed. Riffs saccadés, chant tantôt hurlé, tantôt clair, ambiance futuriste en prime….ce “Bioactive” ci se veut être la version raccourcie et moins arrangée du “Bioactive” de Sybreed, tout comme “Static Currents”. Tout ce qu’on reproche, c’est le chant moins assuré de Ben, et les samples étouffés, ce qui nous rappelle que c’est bien Rain qu’on écoute…

“Deleted Memories” reste plus ancré dans le sombre univers de Rain, avec toujours autant de claviers. Les guitares, moins agressives, sont pourtant efficaces sur ce titre lent et planant, où l’électronique en arrière plan créent une réelle ambiance dark. Le chant de Ben est plus juste et travaillé que celui de Sin, et surtout beaucoup plus en adéquation avec le style Rain/Sybreed, sans pour autant oublier les murmures. Un titre bien sympathique pour ma part, surtout si vous aimez les univers glauques.

Et la pochette? Ah, la pochette…eh bien je ne saurais vous dire ce que c’est…j’ai bien essayé de trouver une forme, une signification, mais rien à faire. Par contre le logo a changé. On remarque son changement de design et sa ressemblance avec le futur logo de Sybreed. Comme quoi…

Le dernier EP de Rain ne sera intéressant que pour les titres “Contamination” et “Deleted Memories”, les nouveaux titres en somme, puisque les deux derniers deviendront ceux de Sybreed. Ce opus fonctionne comme l’autre EP sorti la même année, nommé “3 Tracks Promo“: deux chansons typés Rain, deux chansons pour leur mutation. Fans de Rain, n’hésitez pas, fans de Sybreed, abstenez-vous. Cette composition n’est donc pas indispensable, juste “optionnelle”…

Une fin de vie regrettable pour Rain qui aurait pu nous sortir un album d’exception, leur opus le plus abouti étant toutefois “Starlight Extinction“; mais il est dommage que les deux derniers EP n’aient réellement servis que de promotion à un groupe en devenir: Sybreed

 

Gothminister : Happiness in Darkness

Ξ novembre 5th, 2009 | → 0 Comments | ∇ Gothic Metal, Industrial Metal |

Gothminister : Happiness in DarknessTroisième album pour les Norvégiens de Gothminister après un deuxième bon album nommé “Empire of Dark Salvation” en 2005. Quatre ans plus tard, le groupe a muri puisque leur musique est cette fois ci plus ‘dark’, plus gothique que jamais.

Quand je dis plus dark, c’est une référence au titre de leur album, ‘Happiness in Darkness‘, littéralement, ‘Le Bonheur dans les Ténébres’. Et oui ça existe. De nouveau le thème des ténèbres, aussi important sur cet album que le précédent avec des titres tels que “Darkside“.

En réalité, cet album est la continuité de l’autre. Souvenez vous! Le dernier titre d’”Empire of Dark Salvation” se nommait “Happiness of Darkness” (‘Le Bonheur des Ténèbres’). Ici, nous avons enfin fait un bon DANS les ténèbres.

Un petit tour du côté de la pochette. Elle représente le chanteur lui-même (toujours autant maquillé). Un fond noir, très brumeux, on peut même voir apercevoir des constructions au loin. Détruites ? Possible. Cette pochette nous donne bien évidemment une idée de l’album.

Bon, au niveau de la musique…on retrouve toujours le mélange du métal gothique avec le métal industriel. Par conséquent, quelque chose de sombre mais bien rythmé, grâce aux samples et aux claviers. En parlant d’eux, il faut noter une grosse amélioration au niveau des lignes et des effets. Une grande puissance avec, en prime, une ambiance électro voire techno qui pourrait ravir les inconditionnels d’indus/electro, dans des titres tels que “My Savior”, ou “Freak”.

Du côté des guitares, bonne rythmique et très bons riffs. Grâce à elles, on sait qu’on est toujours en train d’écouter un groupe de métal et non d’électro, ça peut rassurer. Elles lancent des offensives, elles restent aggressives. Le titre d’ouverture “Dusk Till Dawn” illustre ces propos. Ce titre est d’ailleurs dans la même veine que “Dark Salvation” de l’album précédent : un pur bijou dans le genre gothic indus : puissance magistrale, rythme entraînant, sombre…un excellent titre.

La batterie et la basse restent souvent en accord. Pas trop de fantaisies sur ce point là, en même temps, les musiciens ne risquent rien. On pourrait le leur reprocher. Mais bon, restons dans l’optique de l’alchimie, et en effet, cette alchimie fontionne bien, sans quoi la musique ne nous apporterait pas la patte Gothminister que nous aimons tant.

Quant au chant, il est plus modulé, plus mélodique. La voix est plus en accord avec l’ambiance, plus grave, avec parfois quelques ressemblances avec le chanteur Till Lindermann de Rammstein qui pourraient tromper (au niveau des descentes dans les graves et des montées dans les aigus).

Au niveau de l’enchaînement des titres, il y a une bonne organisation. On a vraiment l’impression de faire une descente en enfer, ici ce serait plutôt dans les ténèbres. On part d’un titre énergique et pas très sombre “Dusk Till Dawn“, pour continuer dans quelque chose de plus gothique et plus mysthique “Darkside“, la partie sombre dans laquelle on tombe, en passant par “Freak”, un titre plutôt glauque par les claviers et les jeux de guitares, le rendu est plutôt intéressant pour nos petites oreilles. “Sideshow”, titre très sombre mais à l’ambiance extrêmement magnifique. Jusqu’à arriver à un titre calme en plein milieu de l’album “The Almighty“, chantée par une chorale de femme, sans guitares, mais très gothique,accompagnée par des xylophones. On se croirait dans un film de Tim Burton à la “Edouard aux Mains d’Argent“…ou même “l’Etrange Noel de Monsieur Jack”.

Quant au reste, dans le même style, mais de plus en plus sombre musicalement parlant, surtout au niveau des claviers, qui contribuent en particulier à nous donner une ambiance noire.

Points d’interrogation : “Mammoth”, qui détonne de tous les autres titres. Il est plutôt calme, pour ma part, il ne colle pas avec le reste de l’album. Trop léger, trop fade…il ne possède pas l’empreinte du groupe, pas très gothique/indus, plutôt gothique tout court.

L’autre point d’interrogation, c’est la reprise de “Thriller” de Michael Jackson made in Gothminister. Inutile à mon goût. Le rendu est super electro. La voix n’est pas tout à fait dans le rythme. C’est plutôt étrange. Reprendre un titre pop et le transformer en indus… c’est gâcher la fin de l’album, et c’est très décevant. Autant ne pas reprendre du tout le hit le plus ultime du Roi de la Pop.

Bon album tout de même. Les fans de Gothminister ne seront pas déçus. L’identité du groupe y reste identique, mais il faut surtout remarquer que la musique est bien plus mature, plus maîtrisée. Un bond en avant pour le groupe en somme.

Attendons donc le prochain album pour confirmer tout cela.

 

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