Oestre : La Dernière Renaissance

Ξ mars 26th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Industrial Metal, Modern Metal |

Oestre : La Dernière RenaissanceMalgré les apparences, Oestre existe depuis 2003. Les Frenchies originaires de Limoges ont déjà sorti trois albums mais il faut croire que le manque de promotion et de distribution était au rendez-vous puisqu’ils sont quasiment inconnus au bataillon. Pourtant, les musiciens ont de la ressource et surtout une envie très affirmée d’étendre leur renommée. Cela nous mène au quatrième album, « La Dernière Renaissance », sorti sous les commandes de Black Wave Promotion (Calling Of Lorme) pour la distribution et la communication.

Les nouvelles compos montrent un groupe plus mature et moins timide qu’à l’accoutumer. La rage y est décuplée ainsi que l’agressivité des riffs et le côté immersif de l’ambiance. Oestre fait dans le metal moderne, mélange de Meshuggah/Textures et de musique industrielle et ambiante. La mixture peut souvent apparaître mécanique et inhumaine comme sur « De L’atome à la Lumière » ou « Memento ». Oestre s’amuse à fusionner les genres pour éviter d’alterner parties purement metal moderne/ambiante ou électronique, et c’est une force. Les Frenchies jouent donc sur l’inattendu.

Les titres sont dans l’ensemble très solides, précis et carrés. L’atmosphère véhiculée est souvent malsaine et sombre, comme en témoigne un « Des sirènes et des bombes » avec un soupçon d’éléments rappelant le cyber metal (bidouilles, touches robotiques, intro quasi dark ambient…). « Le Théorême de Moebius » joue sur la technique et la programmation de la batterie, toujours avec ce côté saccadé et ce chant rageur. Il est vrai que les riffs peuvent paraître répétitifs à la longue, mais heureusement que la fusion des styles est là, histoire de rendre le tout plus original.

Oestre…un groupe à suivre, oui. Dommage qu’il ne s’affirme que maintenant, mais comme on dit, mieux vaut tard que jamais. Avec « La Dernière Renaissance », les Frenchies se redécouvrent et nous offrent un opus tranchant, solide, parfois même élégant, et un jeu plus personnel, malgré des influences évidentes. Les fans de modern et d’indus devraient s’y reconnaître.

 

Mechina : Xenon

Ξ janvier 29th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Death Metal, Industrial Metal |

Mechina : XenonDepuis le début de sa trilogie en 2011, Mechina a apporté un nouveau souffle au metal symphonique extrême en mélangeant l’indus, le death, le djent, le symphonique et l’épique pour un résultat futuriste et spatial. « Conqueror », « Empyrean » et maintenant « Xenon », les Américains savent comment faire évoluer et transporter ses auditeurs grâce à une mixture particulière qu’il semble être le seul à proposer pour le moment.

Depuis qu’il est sorti de sa phase cyber death avec « The Assembly of Tyrants », il ne pense qu’à nous en mettre plein les oreilles avec une ambiance cinématographique, des sonorités nouvelles, industrielles voire horrifiques, du riffing tantôt death tantôt polyrythmique et une alternance chant clair/growl. C’est très bien fait et particulièrement efficace, et sur ce « Xenon », la mayonnaise prend toujours, en particulier quand on écoute des morceaux comme « Terrea » ou « Zoticus » qui jouent dans le grandiloquent spatio-épique à coups de grosses orchestrations, de riffs saccadés et à la tonalité djent. On est en plein dans le monde de la bande à Joe Tiberi qui nous mélange du Star Wars, du Star Trek et du que sais-je avec un panel d’éléments non négligeable qui enrichissent la musique du combo, comme du piano, des éléments ethniques, des chants venus d’ailleurs, des bidouilles électroniques qui s’en vont et reviennent, histoire de nous rappeler que nous faisons un voyage spatial, comme sur « Tartarus » ou l’éponyme. En quelques mots, on pourrait dire que Mechina est grandiose et puissant. Mais il y a un mais…

« Xenon » a beau être la troisième partie de la trilogie, on n’a pas l’impression d’avoir avancé par rapport à « Empyrean », notamment dans la composition des morceaux. Ces dernières arborent souvent la même structure, des riffs qui finissent par être répétitifs, un rythme qui ne varie pas, quelques breaks avec du chant clair et du clavier, des sons qui semblent apparaître juste pour remplir et non pour apporter quelque chose de nécessaire à l’histoire, et un peu trop de choses d’un coup comme sur « Phedra » ou « Erebus ». Cela donne, par conséquent, l’impression de ne pas respirer, les chœurs, les orchestrations, les riffs death et le côté djent ravageant tout sur son passage. On regrettera aussi le manque de prise de risque avec le chant clair : il est toujours atmosphérique et sonne de la même manière, à croire qu’il s’agit de la même mélodie et de la même tonalité sur tous les morceaux, et ce, depuis « Conqueror »…

En fait, Mechina c’est tout à fait le groupe qui plait ou qui ne plait pas, sans vrai juste milieu. Soit on adore toute cette grandiloquence spatio-épique très typée Science-Fiction, peu importe la redondance des riffs et le manque de modulation sur certains passages, soit on est gavés par le côté répétitif et la surenchère d’effets, faisant que le tout sonne parfois creux. « Xenon » est donc un album à la fois dans l’ombre de ces prédécesseurs et éclairée par les nouvelles ambitions d’un groupe qui part sur une nouvelle trilogie. Espérons que les prochains épisodes soient plus mouvementés et diversifiés histoire de découvrir l’autre possible facette de cette formation américaine…

 

Slave Machine : Disconnected

Ξ décembre 13th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Industrial Metal |

Slave Machine : DisconnectedSlave Machine est un groupe formé par Kevin et David en 2011 avec pour but de créer une musique puissante taillée pour la scène et influencée par la scène metal industrielle actuelle. Il leur faut deux ans pour compéter le line-up et s’atteler à la composition de leur premier album,[Disconnected], enregistré au mois de mars 2013 sous la production de David Potvin (One Way Mirror, T.A.N.K.), signé chez Dooweet Records et sorti au mois d’octobre dernier.

C’est après une introduction industrielle menée par des guitares rageuses que la machine se met en route. Les Parisiens nous offrent « Anthrophobia » et nous balancent toute leur rage grâce à des riffs tranchants et à une rythmique efficace. Pourtant, malgré ces qualités, les points faibles se font rapidement ressentir, notamment la mise en arrière plan des éléments industriels, qui peinent finalement à immerger l’auditeur, et la faiblesse du chant : une alternance de chant criard qui manque d’articulation et de chant clair atmosphérique qui a ses limites à la fois dans les aigus et dans les graves.

Dans tous les cas, l’alliage est dans l’air du temps et on sent que le groupe veut nous faire un mélange de modernité et de brutalité, un peu à la manière de Fear Factory mais en moins thrashy et avec un chant plus hardcore. Il faudra se pencher sur « Just Like Me » pour découvrir un Slave Machine plus inspiré. Il s’agit d’un titre qui remplit plutôt bien son contrat puisque les touches indus, le côté saccadé des riffs et la rage du chant arrivent à nous transporter dans le concept d’un groupe désirant mettre un terme à toutes les nouvelles technologies.

« Relevant » montre que les Parisiens ont de la gnac mais prouve surtout que les compos sont avant tout taillées pour la scène. Le martèlement, l’incision des riffs et les hurlements en sont un bon exemple (un titre comme « Will You » aussi).

[Disconnected] est en réalité un album qui manque légèrement de personnalité mais qui doit certainement plus s’apprécier en concert ou en soirée metal avec des copains qu’en écoute isolée sur son canapé. Cela se ressent d’autant plus dans le mixage, qui met relativement en valeur les grattes, la batterie et le chant hurlé au détriment du chant clair et des bidouilles industrielles, beaucoup plus en retrait. Cela nous donne finalement envie d’une seule chose : aller voir Slave Machine en concert.

 

Soncesvit : Tenebrae

Ξ avril 26th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Industrial Metal |

Soncesvit : TenebraeFondé en 2009 et créé par l’unique membre Ivan Luzan, Soncesvit est une formation représentant bien le metal industriel ukrainien avec ces sonorités électroniques et ces influences teutonnes. Ivan avait surtout envie de faire ce qu’il lui plaisait et de se séparer de fait de ses acolytes de Tin’ Sontsya afin de se diriger vers le folk/indus. A défaut d’avoir le nécessaire, il s’est attelé à la composition de son premier MCD appelé « Tenebrae », dans une bonne veine industrielle allemande et pour cause…

Ce « Tenebrae » regroupe en fait différentes versions du titre phare remixées par des grandes figures de l’indus ukrainien ou russe comme Type V Blood, Reactor ou encore Distorted World. Rien d’original dans la forme et encore moins dans le fond vu que le titre « Tenebrae », en lui-même, est une sorte de repompe de Rammstein. Que ce soit le rythme, les riffs, les claviers indus à petites tendances symphoniques, la voix ultra proche de Till Lindemann et même la langue allemande (très étonnant pour une formation ukrainienne), tout y est. Tellement qu’à la première écoute, on penserait s’être trompé de CD. Eh non. Le titre éponyme aurait très bien pu figurer sur un des derniers opus du sextet allemand dans la catégorie des morceaux ratés. Décevant.

Heureusement que pour sauver ce « Tenebrae » de la catastrophe, il y a les remixes. Ces derniers ont le mérite de lui faire remonter la pente et même si on se retrouve avec 8 reprises, elles ont l’avantage d’être assez différentes et d’avoir leur personnalité, de sorte qu’on a l’impression d’écouter un morceau différent à chaque fois, ce qui n’est pas plus mal. La version de Type V Blood sonne plus cybernétique, celle de Panzertank mise sur les rythmiques et l’électronique, celle de Distorted World touche au mystérieux et au dark electro, celle de t-U.Bus montre un aspect techno et celle de Project e.v.a & Heart Hunter transforme les vocaux et fait disparaître les guitares. Sans doute le remix le plus original et le plus prenant.

Passons au dernier titre inédit, « ????? », censé montrer ce que nous réserve Ivan pour son prochain opus. Il s’agit là de folk/indus, un mélange de Rammstein, encore, et de folk avec des instruments ethniques comme le bandura, le sopilka ou le telynka. C’est assez spécial, plutôt original sans non plus être transcendant ni extraordinaire. Les défauts reviennent vite à la charge (sauf que là, exit l’allemand, bonjour l’ukrainien). L’accordéon en fin de morceau fait une rupture brutale, à la limite du crédible.

Bref. Rien de folichon sur ce MCD montrant un one man band très friand d’indus allemand au point de copier les pointures du genre. On ressort de cette écoute désolé et pas très confiant vis-à-vis du futur musical de Soncesvit. Quelques remixes sortent du lot et proposent quelque chose de différent mais le reste manque énormément de personnalité, à croire que la scène ukrainienne est en manque d’indus, au point de faire n’importe quoi. Un gros point d’interrogation en somme.

 

Mechina : Empyrean

Ξ janvier 14th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Industrial Metal, Symphonic |

Mechina : EmpyreanMechina est attendu au tournant depuis la sortie de son album révélation « Conqueror ». Les Américains, en digne représentant d’un space metal grandiloquent, prouvaient qu’il était possible de donner un nouveau souffle au metal industriel. Même si la recette de base rappelle un mélange de Fear Factory et de Meshuggah, l’ensemble même des morceaux va bien au delà de ces deux piliers grâce à la mise en place d’orchestrations et d’un souffle épique imprenable.

La sortie d’ « Empyrean » a quelque peu été compromise puisqu’à la base, le nouvel opus devait voir le jour l’an dernier. Suite à des problèmes d’argent et de mastering, le groupe passe alors plus de temps sur son nouveau rejeton, et le jeu en vaut la chandelle. Car ce qu’il avait proposé sur le single « Empyrean » sorti en avril se retrouve bouleversé et remis en question. Le son est bien meilleur et les orchestrations plus travaillées.

Avec « Empyrean », le quatuor poursuit ce qu’il avait entamé avec « Conqueror ». Le concept est toujours science fiction. L’auditeur suit un groupe d’humains échappant à une Terre ravagée par un holocauste nucléaire et en partance pour une nouvelle planète, Empyrean, en 2632. Il s’agit donc d’une histoire narrée à travers onze morceaux reliés en un bloc. Il est donc conseillé d’écouter l’opus du début à la fin afin de saisir toutes les subtilités.

Bien qu’on soit pas très loin de « Conqueror » pour ce qui est de la recette principale, on est tout de même un cran au-dessus. Le travail a payé et le death industriel de Mechina se dote désormais d’une âme. On découvre un ensemble très cohérent, dans lequel se côtoient divers éléments, des expérimentations cybernétiques (« [Cryostasis_Simulation_2632_01] », aux tonalités djent, en passant par la lourdeur et l’agressivité du death, sans oublier les arrangements symphoniques de grande qualité.

Il ne serait pas inconcevable de dire que « Empyrean » peut plaire à tous les amateurs de bandes sons, qu’elles proviennent de films/séries ou de jeux vidéos science fiction. L’introduction « Aporia », suivie de « Asterion » pourraient rappeler certaines d’entre elles, comme BattleStar Galactica, Deus Ex Human, Ratchet and Clank, Mass Effect, Halo…agrémentées de riffs tranchants et de growls. Les chants féminins arabisants apportent une petite touche orientale voire ethnique histoire d’apporter un peu de chaleur dans le froid de l’espace.

Mechina a mûri et la palette musicale en devient plus variée. Les guitares sont moins linéaires et plus en harmonie avec le reste de l’instrumentation. Une véritable fresque épique s’offre à nous, à l’image d’ « Interregnum », porté par un chant clair atmosphérique, des choeurs, et un final grandiose. « Imperialus » et « Catechism » mettent l’accent sur une osmose parfaite entre l’harmonie des orchestrations et l’agressivité du death metal (blasts, gros riffs, growls). Sans oublier « Terminus », qui, du haut de ses dix minutes, nous transportent très loin tout en sachant nous tenir en haleine jusqu’au bout grâce aux changements de rythme et au côté épique prédominant.

L’alliage du death et du sympho fait des siennes ces derniers temps, et on pense forcément à « The Great Mass » de Septic Flesh. Ici, rien de comparable, non seulement parce qu’on ne se retrouve pas avec la même ambiance, mais aussi parce qu’il n’y a pas de véritable orchestre. Et c’est ce qui, finalement, manque à Mechina. De vrais cuivres et de vrais violons apporteraient une autre dimension aux compositions des Américains, histoire de les rendre encore plus vivantes et plus profondes.

Malgré tous ces bons points, la musique de Mechina reste encore perfectible. D’une, les orchestrations, bien qu’excellentes, mériteraient d’être moins linéaires. Certains changements d’ambiance permettent de varier l’utilisation de la programmation, mais sinon, ça manque un peu de folie et d’envolées majestueuses, le groupe utilisant un peu trop souvent les mêmes lignes. Autres défauts : le chant clair, un peu trop mielleux sur certains passages, et le mixage, en particulier les balances. A cause d’elles, le son n’est pas toujours correct et certains réglages sont de rigueur s’il on veut apprécier l’ensemble à sa juste valeur et saisir les subtilités.

2013 commence plutôt bien avec ce groupe ayant un regard vers l’avenir sans renier ses origines. Mechina peut se targuer d’officier dans un space metal unique en son genre grâce à un « Empyrean » captivant. Plus qu’à attendre 2015 maintenant, en espérant que la dernière partie de la trilogie surplombera toutes les autres.

 

Forgotten Souls : Sirius 12

Ξ novembre 18th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Industrial Metal, Modern Metal |

Forgotten Souls : Sirius 12Au fil des années, la Pologne a toujours su nous émerveiller, que ce soit pour son death metal (Vader, Decapitated, Azarath) ou pour son black symphonique (Hermh, Vesania, Luna Ad Noctum). Mais dans le domaine de l’extrême, il y a aussi quelques formations de metal avantgardiste dont Forgotten Souls, tout droit venu de Cracovie. Actif depuis 1998, les Polonais ont à ce jour 4 albums dont certains flirtaient largement avec le gothique et le doom. Depuis, le quintette s’est dirigé vers quelque chose de plus expérimental, dans un terrain où les frontières ne sont plus des limites. Ainsi, c’est avec plaisir qu’on découvre leur nouveau matériel, « Sirius 12 », loin des albums uniformes et fades que l’on a pu entendre ces derniers mois.

Forgotten Souls retrouve son ancien line-up et profite de ce retour pour se lancer dans un renouveau inattendu. Il puise dans plusieurs styles, s’accaparant des éléments death metal, modern metal, cyber metal, black metal, et parfois même black metal symphonique pour nous offrir des compositions archi travaillées et maîtrisées. Loin d’être fourre-tout, elles embarquent l’auditeur dans un monde certes barré, mais à l’image même de ce quintette à la recherche d’ambiances encore peu exploitées.

Fort de son inventivité, Forgotten Souls repousse l’impossible et n’hésite pas une seule fois à intégrer tout un panel de sonorités aussi riches les unes que les autres. On passe volontiers d’un style à un autre, avec cette alternance de riffs mais aussi de chants, qu’ils soient death, black, clair ou atmosphérique (« The Flight », « Can’t Resist »). Pourtant, il n’est pas si difficile que ça de s’accrocher aux titres car il existe un fil conducteur permettant de rattacher toutes les parties entre elles : les arrangements industriels/cybernétiques et expérimentaux. On retrouve continuellement ces effets, plus ou moins synthétiques, liant tous les morceaux entre eux comme un tout. Ainsi on peut voir « Sirius 12 » comme une grande fresque avec différents actes et différentes scènes : le moderne avec « The Flight », le death avec « Sirius 12 », le cyber metal avec « Na Horyzoncie » et « Signals », l’arabisant avec « Can’t Resist », le symphonique avec « The Black Tsar », et j’en passe.

Difficile donc de coller une étiquette parfaite à cette œuvre tant elle sort de l’ordinaire et il faut dire que Forgotten Souls a le mérite de proposer quelque chose de très fouillé et de très riche. En cela, les expérimentations nous proposent de découvrir la capacité de Forgotten Souls à proposer des parties atmosphériques impromptues (« Sirius 12 ») tout comme des parties plus rentre dedans où la mélodie prime, qu’on le veuille ou non.

En plus de cela, on découvre avec étonnement la présence d’une clarinette, un instrument qu’on ne voit pas souvent dans le metal mais qu’on avait pu entendre précédemment avec un groupe tel qu’Aenaon. On peut l’entendre sur le premier morceau, l’introduction donc, mais il fait partie intégrante du titre « Na Horyzoncie », mélangé aux bidouilles cybernétiques et à l’aspect mécanique des riffs et du rythme. Sans oublier le jazzy « Willow Green » et son côté barré mais énergique.

La Pologne n’est pas prête de s’essouffler, ni même Forgotten Souls qui a, sans doute, atteint la consécration. Jamais le quintette n’avait atteint ce stade, mélangeant avec habileté plusieurs styles tout en gardant une cohérence, une puissance et un savoir faire quasi parfaits, d’autant plus qu’il a tout enregistré et produit lui-même, à l’exception du mixage de la batterie. Signé chez Mighty Music, « Sirius 12 » et son petit aspect futuriste, tel un voyage à travers les dimensions, a de quoi faire des adeptes. Une très bonne sortie en perspective.

 

Doppler (ESP) : Apophenia: Type I Error

Ξ août 11th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Industrial Metal, Math Metal |

Doppler (ESP) : Apophenia: Type I ErrorIl existe des tas de styles de metal bien différents les uns des autres, mais il semblerait que beaucoup de pays se laissent influencer par les tendances actuelles, à savoir le metal moderne et expérimental à coups de structures mathématiques et de touches industrielles. Doppler, originaire de Madrid, ne déroge pas à la règle et se laisse embarquer dans cette immense vague de formations aux relents polyrythmiques. Cependant, le quatuor ne tombe pas pour autant dans la facilité et il faut dire que pour un premier opus, les Espagnols arrivent à sortir du lot avec un math/indus loin d’être totalement banal.

En effet, les musiciens ne se contentent pas d’intégrer un max de technique afin de se faire comprendre. Certes, les influences vont de Meshuggah en passant par les petits jeunots de The Interbeing pour ne citer qu’eux, mais en tout cas, le mix de parties brutales, expérimentales, death metal et ambientes font de ce « Apophenia: Type I Error » un album quelque peu à part. Même si le visuel rappelle le design cybernétique des récentes formations, Doppler s’en éloigne et nous emmène dans une autre machine : le cerveau humain. Nous suivons donc les différentes phases d’un esprit torturé et schizophrénique, si bien que ce côté perturbé se retrouve irrémédiablement dans la musique, grâce à des hurlements maladifs, des saccades perturbées et une arythmie omniprésente (« The Delinery and the Giant » ou le trio des « Falling »).

Dès « Pareidolia », on sent ce côté mathématique couplé à l’indus, mais ce dernier est loin d’être omniprésent, bien au contraire. Soit il appuie certaines parties, soit il créé une ambiance toute particulière, mais ce sont bien les guitares et les cris d’Albano qui mènent la danse, en mettant l’accent sur une agressivité certaine. C’est tranchant, rentre dedans, loin d’être gentillet ni lumineux, tout est fait pour que l’auditeur se croit perdu dans cet esprit malade. Même si « Asynchronous Forms » paraît un chouillat plus facile d’accès avec son ouverture très moderne et embarquante, on a vite fait de tomber dans les expérimentations de Doppler, qui n’hésite pas à intégrer quelques pig squeals ainsi que quelques riffs proche du death metal. Sans oublier ce break très meshuggesque.

Malgré un groove immense et forcément un peu lassant sur la fin, on peut vite ressentir certaines linéarités, notamment au niveau du chant, trop souvent hurlé et peu modulé (hormis les quelques pig squeals et cris à tendance black), des guitares trop carrées, et du manque de variation au niveau du rythme. Peu voire pas d’accélérations dignes de ce nom viennent contrebalancer ce tempo plutôt moyen, ce qui reste dommage. Heureusement toutefois qu’il y a l’indus et d’autres styles extrêmes pour diversifier cet opus.

Doppler livre un album tout à fait correct, s’avérant être bon au fil des écoutes. Le temps nous donne toutes les clés nécessaires pour apprécier la musique du quatuor, ces derniers pouvant apporter un peu de sang frais à l’Espagne, avec en plus une production signée Jacob Hansen (Heaven Shall Burn, Raunchy, Aborted) après un passage aux Sadman Studios.

 

Ono : Plus Ultra

Ξ août 5th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Ambient, Industrial Metal |

Ono : Plus UltraOn avait découvert le Slovaque d’0n0 avec la sortie de son premier album « Path », ce dernier ayant réussi à mélanger plusieurs styles pour créer une forme d’indus expérimental très particulière. Twisted est donc de retour en milieu d’année 2012 avec un EP « Plus Ultra », confirmant le talent de cet homme aux nombreuses facettes.

Rien à voir avec tout ce qui sort actuellement, que ce soit l’indus old school en manque d’inspiration ou le djent/indus trop syncopé et linéaire, 0N0 sort des sentiers battus et nous fait voir sa vision des choses. Ses compositions sont loin d’être trop gentillettes ou porteuses d’espoir, bien au contraire, c’est le métissage qui prend le pas afin de nous en faire voir de toutes les couleurs. Torturé et malsain, voilà les maîtres mots de l’univers du Slovaque qui ne lésine pas sur le côté tordu et étrange de ses titres.

« Plus Ultra » est dans la digne continuité de « Path » et rien est à redire de ce côté là. L’auditeur se retrouve embarqué dans un melting pot de styles, passant de l’ambient inquiétant (« The Horrible Trauma of Birth ») à un post hardcore perturbé parsemé de riffs maladifs. Mais 0n0, c’est avant tout du metal industriel avec sa dose considérable d’expérimentation. Les sonorités aux claviers laissent la lumière de côté pour apporter les ténèbres et la terreur. Mixés à des guitares lourdes et dérangées, le résultat n’en est que dérangeant, comme sur « How ? », soulevant une question difficile à répondre. Rien à voir avec son successeur, « Plus Ultra », qui lui, mise sur les blasts et un certain aspect black (riffs, voix, ambiance).

Cerise sur la gâteau, Twisted conclut cet EP avec un long et étonnant « A Rite to Rise » , mixant le doom/death et la musique industrielle. Le musicien nous fait part de sa voix claire et planante sur des riffs lourds et écrasants et des claviers à la fois proche du funéraire et du cyber. Pas aussi malsain qu’un « Sleepless Slumber » mais tout aussi dérangé, avec ses mélodies lamentées, son rythme lent et mécanique, et ses bruitages perturbants. Résolument froid et inhumain, on peut y voir ici une forme de cyber/doom particulièrement immersive et métissée.

La Slovaquie nous montre une fois de plus de quoi elle est capable grâce à son one man band 0n0 qui nous livre un EP de nouveau très recherché et ambitieux. Laissez vous donc embarquer dans cet univers torturé le temps de quelques minutes car si vous aimez les musiques distordues et alambiquées, ce « Plus Ultra » ne peut que vous être destiné.

 

Mechina : Empyrean (Single)

Ξ avril 14th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Industrial Metal |

Mechina : Empyrean (Single)Ca fait sept ans que Mechina s’évertue à jouer un metal novateur et personnel, proposant un ensemble musical que peu avait exploré jusqu’à maintenant. Différents albums et démos se sont succédés jusqu’à présent, tous emprunts d’une marque de fabrique atypique et d’un désir de montrer une facette futuriste à un public certain.

La sortie du concept album « Conqueror » avait propulsé Mechina dans la cour des grands, loin du côté approximatif du très cyber « Assembly of Tyrants ». Ici, les Américains effectuent dans un space metal aux relents death metal, mélangeant éléments modernes et symphoniques avec brio. En attendant la venue très attendue du nouveau « Empyrean », le quatuor lance un nouveau single du même nom, censé représenter sa direction musicale.

Il faut dire que Mechina ne change pas trop sa recette en ce qui concerne les riffs meshuggesques couplés à des riffs plus death, des parties guitares qui peinent à varier mais qui créent une rythmique toute particulière, syncopée et mécanique. On se retrouve dans la digne continuité de « Conqueror », normal, « Empyrean » étant la suite directe de ce qui avait été commencé l’année dernière.

Mechina continue à nous propulser dans un voyage spatial épique et puissant. Il élabore ses parties symphoniques afin de les rendre plus impériales et grandiloquentes. Les parties électroniques sont là pour accentuer le côté futuriste et technologique de la chose, ainsi que l’alternance growl/chant clair, sans doute utilisée pour nous donner plusieurs points de vue. S’il ne devait que rester l’aspect orchestral de la chose, comme ce qui avait été fait avec le single « Andromeda », on croirait entendre une des créations du compositeur français David Bergeaud, responsable des bandes sons spatiales et futuristes des jeux vidéo de la gamme Ratchet and Clank, entres autres.

A défaut de pouvoir nous mettre l’album sous la dent avant le mois de mai (ou plus), on peut toujours se délecter de ce single alléchant, mid tempo et embarquant, afin de se propulser dans l’espace et éviter tous les petits tracas du moment. Atmosphérique et symphonique, « Empyrean » est le futur du metal / le metal du futur, selon Mechina.

 

Hate Field : Scary Fairy Tale

Ξ mars 24th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Industrial Metal, Oriental Metal |

Hate Field : Scary Fairy TaleS’il y a bien une scène qui bouge au Moyen-Orient (hormis la Jordanie ou l’Israël), c’est bien l’Egypte, recueillant pas mal de formations toutes plus ou moins talentueuses. La majeure partie officie dans l’extrême et rares sont les metalheads qui décident de choisir un style plus synthétique : le metal industriel. Dans tout le Moyen Orient, les groupes pratiquant ce style ne se comptent même pas sur les doigts d’une main. On a récemment découvert Seth ECT en Turquie avec son cyber/death/black. Il est maintenant temps de découvrir Hate Field.

Fondé en 2009 par l’ex-bassiste d’Odious (un des groupes égyptiens les plus anciens), Alfi Hayati, Hate Field est tout d’abord une sorte d’hommage à Metallica (d’où le nom de scène, une version modifié du patronyme de James Hetfield). C’est aussi une manière de mélanger l’authentique et le synthétique, le chaud et le froid, la culture et la technologie. En effet, Alfi mélange son metal industriel avec une bonne panoplie d’éléments arabisants.

On pourrait donc appeler ça du metal industriel oriental. Ce one man band mené par Alfi a le mérite de proposer quelque chose bien différent de ce qu’on a l’habitude d’entendre. Bien que l’hommage soit, en quelque sorte, porté à Metallica, c’est plus du côté de Rammstein (une des influences du bonhomme) qu’on se situe, même s’il ne s’agit pas de copier coller à proprement parler. A part les claviers et les samples qu’on aurait pu retrouver chez les Allemands, c’est peut-être certaines intonations de voix d’Alfi qui peuvent nous mettre sur la voie. Hormis ça, on se retrouve avec un « Scary Fairy Tale » sacrément original.

Alfi a réussi à mettre de côté les influences oriental black qui auraient pu provenir d’Odious afin de privilégier l’aspect groovy et dynamique des compositions. La majeure partie de l’album n’est pas très rapide, on se situe plus dans un mid tempo entraînant subissant quelques mutations, comme de légères accélérations (« Hope Overdose »). Toutefois ça reste très énergique et porté sur les mélodies orientales jouées à la guitare ou aux claviers. Ces mélodies peuvent aussi se ressentir dans la technique de chant. Bien que la voix d’Alfi ne soit pas totalement juste, elle reste tout de même acceptable et varie entre parties claires ou parties growlées (sur « Hope Overdose » ou « Deadly Supafly »).

Les titres restent bien travaillés, Alfi composant et écrivant tout. « Sweet Nightmare » apporte cette touche orientale imprenable, embarquée par cette lead guitare plus raw et son fond d’ambiance chaleureux. Idem sur un « Maybe in Another Life » plus atmosphérique, entre musique indus et musique arabe. Un morceau aussi fait pour la danse que pour le headbang, bercé par quelques rares techno beats.

Hate Field arrive à étonner avec un « New Bom’s Army » en duo avec la chanteuse Riham Zakzouk. Touches symphoniques, riffs tranchants, interludes électroniques soutenues par cette mélodie orientale. C’est peu commun et sacrément saisissant. L’avantage, c’est qu’Alfi arrive à doser ses touches industrielles de façon à ce qu’elles ne noient pas ses compositions. Ainsi, si quelques bruitages s’incorporent à la mélodie de base, il faudra attendre la moitié ou la fin d’un titre pour avoir toute une partie basée sur les claviers (« 13 », ou le « We Will Win » cybernétique).

« Scary Fairy Tale » n’est pas un album qui s’écoute mais se ressent, tant il laisse transparaître une inspiration et une émotion venant tout droit des expériences d’Alfi. D’où cet aspect très personnel et cette envie de fournir quelque chose de différent. La production a beau être encore un peu défaillante (faite avec les moyens du bord à Alexandrie), il n’empêche qu’elle arrive à faire ressortir cette originalité qu’il est de plus en plus difficile de trouver chez les jeunes groupes actuels. A se mettre dans les oreilles, et très fort.

 

Calling Of Lorme : Corporation

Ξ février 1st, 2012 | → 0 Comments | ∇ Industrial Metal |

Calling Of Lorme : CorporationLa surface n’est qu’un vaste terrain de chasse, les sujets infestés se répliquant de plus au plus au point d’atteindre 95% des humains. L’expérience ratée n’est que le fruit d’ambitions plus ou moins tordues menant le monde à sa perte. Dans les profondeurs, un petit groupe de scientifiques tentent de trouver un remède à la maladie très virulente qui se propage. Enfermée dans un laboratoire, l’équipe de la Lorme Corporation fait de son mieux pour éradiquer les cellules contaminées avant une possible annihilation…

Calling of Lorme, c’est une bande de cinq scientifiques fous – dont une infectée, officiant dans un metal industriel assez classique mais tournée vers un aspect assez futuriste et dark. La formation marseillaise fondée en 2010 met à profit son imagination afin de sortir son premier EP au mois d’août dernier, basant sa musique sur le concept sus-cité. Les ambiances se retrouvent donc assez perturbées par ces thématiques bien sombres et pessimistes, créant une aura désespérée et assez technologique sur les bords.

Toutefois, l’ensemble peut rappeler une fusion entre Rammstein et Zeromancer, de par la simplicité et l’efficacité des riffs, le type de chant et l’utilisation de l’électronique. Ajoutez à cela quelques sonorités assez cybernétiques et une atmosphère pesante et vous pouvez vous faire une idée du metal industriel de Calling of Lorme.

La mise en bouche se fait malheureusement sans surprises, « Maim Me » débutant avec des touches électroniques sombres et annonciatrices des événements. Toutefois, la partie purement industrielle s’avère réussie malgré son côté minimaliste et le mélange guitare/claviers/samples reste bien amené, nous offrant par la même occasion un titre intéressant, souffrant de la faiblesse de son chant et de son manque de profondeur, même dans les passages les plus gutturaux.

C’est sur un « Primal Fate » classique mais tordu que nous débouchons ensuite avec des guitares saturées et un rythme accrocheur mené par un double pédale rageuse, l’électronique rappelant que nous nous situons quelque part dans le futur, dans un complexe scientifique. « Before Aurora » justement nous octroie de belles parties aux claviers alors que le tout se teinte davantage d’éléments atmosphériques surtout lors du refrain au chant accentué évoquant un Till Lindemann couplé à la voix astrale de Marika Staub. Par contre, la fin de l’EP ne se fait pas sans encombres avec un « Addiction » assez hargneux guidé par un son électro hypnotique et des guitares saccadées.

Malgré un visuel et un concept très cybernétique, Calling of Lorme nous offre un premier jet typiquement metal industriel, classique, encore approximatif et faible dans les vocaux. Cela reste toutefois très encourageant dans la mesure où les atmosphères dark, les interventions des claviers et de voix féminines sont au point. Une suite est très attendue.

 

Flawed Element : Breaking the Silence

Ξ octobre 5th, 2011 | → 4 commentaires | ∇ Alternative, Industrial Metal |

Flawed Element : Breaking the SilenceSi dans certains pays le metal industriel est roi, il ne l’est pas forcément ailleurs, et encore moins à Singapour, petit pays semblant de plus en plus prendre de l’assurance pour nous présenter toute une vague de nouveaux groupes plus ou moins talentueux. Flawed Element fait partie de ces jeunes formations essayant de mettre en valeur une musique devenue commune avec le temps, tout en y ajoutant une certaine patte personnelle et sans tomber dans une quelconque forme d’obsolescence.

S’inspirant de groupes américains très connus tels que Linkin Park ou Breaking Benjamin, les singapouriens se sont arrangés pour faire un mélange plutôt habile de metal industriel et de metal alternatif, tout en incorporant des éléments digne du metal moderne que l’on entend assez souvent. Ajoutez à cela une très bonne production et un professionnalisme sans équivoque, octroyant à ce « Breaking the Silence » un son résolument moderne et puissant.

Il était donc temps pour eux de briser le silence après trois années de formation et quelques petits concerts. Cet opus est un concept album où l’auditeur suit un certain personnage, de son réveil après un long sommeil à la découverte d’un monde au bord de l’extinction jusqu’à sa mission qui est de le rétablir. Ce concept peut rappeler à certains celui de la trilogie Matrix, et la pochette bleue ressemble étrangement à ce fond vert où se superposent des chiffres et des lettres, telle une ligne de code.

Dès le premier morceau, tout devient alors clair, et on voit immédiatement à quoi nous avons à faire. Intro industrielle mécanique, puis couplet très accessible et posé, pour un refrain facile à retenir aux riffs simples mais tranchants où se mêlent des sons électroniques et une voix hargneuse mais passe partout.

Flawed Element semble avoir emprunté le chemin de la facilité, tout d’abord par le mélange des styles mais aussi par les mélodies parfaitement minimalistes. Toutefois, on se surprend à mémoriser certains passages, comme ceux de « Scars », le hit par excellence de cet album. Efficace, rentre dedans, il démontre une véritable puissance des claviers et une modulation du chant forte intéressante, passant d’une voix claire à une voix criarde bien hargneuse.

Hormis cela, l’auditeur passe d’un morceau à l’autre sans trop difficulté, dans la mesure où chacun est une suite logique, histoire de suivre le concept sus-cité. « Desolation », par exemple, montre un côté plus écorché et mélancolique, notamment grâce à l’apparition du piano. Mais en général, les sonorités industrielles ne sont pas de trop, elles ne sont pas non plus omniprésentes mais servent à poser le concept et à renforcer quelques ambiances tout au plus. Rien de très grandiloquent de ce côté ci donc (« Worms on Concrete »).

En clair, Flawed Element fait dans la simplicité pour mieux mettre en relief une certaine efficacité, mais ne se démarque pas pour autant, même si l’assemblage proposé reste intéressant et maîtrisé. Ce n’est qu’après tout un premier jet, de qualité qui plus est, on attend donc la suite pour voir de quoi sont capables ces singapouriens.

 

Blood Stain Child : Epsilon

Ξ septembre 25th, 2011 | → 30 commentaires | ∇ Industrial Metal, Melodic Death Metal |

Blood Stain Child : EpsilonBlood Stain Child, c’est avant tout un des groupes les plus opportunistes qui soient, et ce depuis sa formation au Japon en 1999. Alors que les deux premiers opus pompaient gracieusement le travail de Children Of Bodom et de Kalmah réunis, les deux suivants avaient quant à eux réussi à attirer les foules de par un côté electro ainsi que par les très grosses influences In Flames, retrouvées tant dans les riffings que dans la voix elle-même. A croire que BSC préfère avant tout surfer sur la vague du succès actuel plutôt que de se trouver une réelle identité, devenant pour le coup on ne peut plus facile d’accès.

Aujourd’hui, en 2011, les nippons sortent leur nouvel opus « Epsilon » signé chez Coroner Records et produit par Ettore Rigotti de Disarmonia Mundi. Conscient de la mise en valeur de styles marginalisés tels que l’electro metal voire le cyber metal, Blood Stain Child décide donc de moduler sa musique afin de se retrouver de nouveau dans l’air du temps, s’appropriant un style cybernétique qui, finalement, ne lui correspond pas. En effet, malgré ce côté futuriste autant conceptuel que musical, Blood Stain Child n’officie actuellement que dans un melo death electronique archi popisant, bien joyeux et tout en couleur. La pochette, elle-même, aurait bien pu être créée pour le nouveau volet de Final Fantasy…

Le changement de line up reste tout de même conséquent vu que le chanteur Sadew quitte le groupe, laissant place à un nouveau batteur Gami (ex-Youthquake) ainsi qu’à une chanteuse grecque très lolita nommée Sophia. Cette dernière, bien sûr, apporte non seulement une touche féminine mais aussi un côté plus punchy, plus moderne et moins linéaire, malgré le chant crié de Ryo à la Anders Friden. Mais il est évident en tout cas que la demoiselle se taille la part du lion, son chant astral étant mis aux premières loges et étant plus accentué que celui de Ryo, à la limite du sous mixage. Par dessus le marché, les riffs alternent entre riff bien death melo et riffs typiques metalcore, qu’on retrouve aisément au sein de break down typiques.

Ceci dit, il faut avouer le côté entêtant de certaines pistes, qui mélangent parfaitement bien les sons electro/techno, les voix et les guitares, à l’image de « Sirius VI », « Forever Free » ou « Stargazer ». Mais malgré le côté extrême de la musique des nippons (notamment les parties guitares), le tout est pour le coup trop gentillet, trop mielleux et même parfois niais, comme un « S.O.P.H.I.A. » trop simple, trop mignon, trop prévisible.

Même si quelques voix synthétiques s’incorporent au sein de certaines compos, même si des sons futuristes nous embarquent dans cette univers de geek, même si les chanteurs de Disarmonia Mundi (Ettore Rigotti et Claudio Ravinale) viennent pousser la chansonnette sur trois titres, l’album peine à convaincre et lasse à partir de la moitié. Et surtout…les « plagiats » d’In Flames restent tout de même encore évidents (« Unlimited Alchemist », « La+ »).

Évidemment, tout n’est pas mauvais, et « Epsilon » se veut être un album en demi teinte. Car même si l’on sent malgré tout une certaine envie de changer et de nous proposer « autre chose », les recettes d’ « Isolator » et de « Mozaiq » restent les mêmes. Toutefois, l’arrivée de Sophia semble bien avoir chamboulé le mode de fonctionnement de Blood Stain Child, qui, bien que jouissant d’une alternance chant clair/chant crié, obtient une touche plus soft, plus astral. Cependant, le gros problème réside bel et bien dans l’agencement des parties dance/techno, parfois trop présentes (« Dedicated to Violator »).

Le cinquième opus de Blood Stain Child divisera sans aucun doute, proposant quelque chose que l’on aimera ou que l’on n’aimera pas. Pour cela, seule son écoute vous permettra d’en avoir le cœur net.

 

Ono : Path

Ξ septembre 2nd, 2011 | → 4 commentaires | ∇ Industrial Metal |

Ono : PathOn connaît très mal le metal en Slovaquie, et encore moins le metal industriel, qui peine à s’étendre du côté de l’Europe de l’Est. Et pourtant un homme, Twisted, a tenté sa chance, et le voilà maintenant qui tire son épingle du jeu en nous proposant son style de metal industriel grâce à 0n0, son projet, prenant son nom d’un code binaire mystérieux, symbole de l’énergie créative et de l’infini.

0n0, c’est avant tout une entité étrange et particulière, menée par cet homme. C’est aussi une façon de penser et de voir, une façon d’appréhender la musique et surtout les éléments industriels. Une façon de rassembler des idées, aussi tordues les unes que les autres, d’en faire quelque chose, malgré une antonymie certaine. En définitive, il sera difficile de classer cette musique en question tant elle se retrouve métissée. Et c’est ce qu’est parvenu à faire 0n0. Ce one-man band a réussi à se faire une petite réputation sur le net, la faute à un style indéfinissable. Vu comme du metal expérimental, Twisted nous fait une combinaison folle d’éléments, intégrant autant du black, du death, de l’indus mais aussi du doom, et nous voilà au sein d’un gros et étrange melting pot.

Il est aussi rare de retrouver ces éléments combinés ensemble, aussi sommes nous curieux d’écouter le résultat, et l’album « Path » est le seul moyen d’en avoir le cœur net. Six titres le composent pour une quarantaine de minutes à peu près, quarante minutes de musique distordue, torturée voire malsaine, où les styles fusionnent, ainsi que les idées, les mélodies étranges, les ambiances sombres et particulières. Pour certains, il sera difficile de s’imprégner de cette musique folle, totalement décadente, partant littéralement dans tous les sens. Pour d’autres, ce sera le contraire, ce côté déjanté faisant tout au plus parmi de nous.

Les idées sont là, ainsi que l’ambition, sans aucun doute. Twisted s’occupe de tous les instruments ainsi que de la production, mettant en avant les rythmes lents et lamentés ainsi que des éléments industriels curieux et mécaniques, des riffs distordus, aigus, et malsains, et un chant, qu’on peine à qualifier. Parfois proche d’un chant black, d’un murmure aussi ou d’une complainte, il nous suit dans cette infinité d’idées, comme si nous nous retrouvons pris au piège dans l’esprit de Twisted. « S.I.L.K » par exemple est un réel défouloir de riffs et d’ambiances stressantes, plus proches cette fois-ci d’un black metal perdu dans le monde d’un post hardcore à la Neurosis. C’est sombre, terrible, maladif, l’indus renforce cette idée en nous lançant des offensives de claviers effrayants.

Cependant lors de « Sleepless Slumber », c’est notre esprit tout entier qui se perd dans une infinité obscure et permanente, le temps de près de neuf minutes. Morceau doomesque et fantomatique, le côté mécanique, presque cybernétique, est davantage relevé, ainsi que ces sons malsains, cette voix décharnée, ce riff d’ouverture totalement perturbant, ces sonorités électroniques mystérieuses. Lent mais captivant, spirituel aussi et relativement dérangeant, voici sans aucun doute le véritable représentant de l’album.

Mais tout n’est pas que dérangé et dérangeant, un titre tel que « They » plonge l’auditeur dans une espèce de black ambient assez lumineux malgré des effets de riffs particuliers, alors que « Trance-formation », lui, nous montre une facette plus tribale voire ethnique, où se magnifient des sonorités très chaleureuses et amicales. Doux, sensible, le voyage est agréable et serein, et l’indus nous propose un fond sonore somptueux.

L’expérimentation. Le maître mot de cet album si rocambolesque. Tellement qu’on peine à croire que nous nous situons au cœur du même opus au cours de ces six morceaux. Il y a bien évidemment une sorte de signature musicale, l’indus et l’électro étant présents du début à la fin, dans chacun des titres. Toutefois on peut se retrouver désarçonnés par, peut-être, un manque de cohérence. Du black au doom en passant par l’ethnique et même le death metal sur un « Feed the Flame » terriblement mécanique, on passe d’un style à l’autre, comme ça, sans véritables raisons. Un fourre tout instrumental fortuit ou bien pensé ? Un tour du côté du titre éponyme, « Path », nous en dit davantage. Ce dernier rassemble tout ce qu’on a pu découvrir le long de ces longues minutes. L’ambient, le black, le doom, l’indus, le death…et plus encore.

Le voyage s’arrête lentement mais la plongée dans cet album ne sera pas anecdotique tant il s’en dégage une certaine aura. 0n0, pour un premier jet, nous gratifie d’un « Path »dense, immersif, spontané et surtout personnel, à écouter au moins une fois.

 

Shadowcast : Space Age Revolution

Ξ août 26th, 2011 | → 7 commentaires | ∇ Industrial Metal |

Shadowcast : Space Age RevolutionNé en 1999 à Vienne, en Autriche, Shadowcast est le second projet des chanteurs Clemens Mayr et Lukas Linderbenger d’Amortis (black symphonique), avant que ce dernier ne splite après 2001 et nous offre « Gift of Tongues », l’opus d’adieu. La naissance de Shadowcast marqua un tournant pour le duo, désirant officier dans quelque chose de beaucoup plus éthérée et industrielle, bien loin de la noirceur, de l’agressivité et des symphonies presque grandiloquentes d’Amortis. Une première démo vit le jour en 2000 avant d’être suivie par un album en 2002, « Desperate Accuse Dimension », lançant pour de bon la carrière des autrichiens, et montrant pour le coup leur nouvelle facette après la dissolution de leur ancien groupe. Un an plus tard, un nouvel opus vit le jour, et après près de huit ans d’absence, Shadowcast revient en grande forme avec un « Spage Age Revolution » rayonnant.

L’album s’annonce comme voyage spatial presque initiatique dans un monde proche et lointain à la fois. A l’image de la pochette, c’est atmosphérique et étrange, l’espace nous est offert sur un plateau d’argent, à la manière de cette personne désarticulée nous offrant Saturne dans la paume de sa main.

« L’espace, l’ultime frontière » disait-on dans une série télévisée, Shadowcast nous montre sa révolution à travers une nouvelle ère, en mélangeant des éléments industriels et parfois électroniques à un fort aspect atmosphérique, malgré un tranchant certain que l’on peut sentir aisément dans des riffs simples mais bien trouvés et adaptés à l’environnement musical de Shadowcast. Rien de fantastique dans ces guitares pourtant lourdes, tout le génie se retrouve dans les compositions des claviers, à cheval entre un Shade Empire et un The Kovenant, l’aspect black metal en moins. Les effets sonores sont variés, sans non plus être abusifs et à la limite du supportable, tout est dosé avec habileté afin de faire transparaître cette impression de voyage cosmique. Tantôt nous sommes pris dans un déluge de sons métalliques (« Space Age Revolution »), tantôt ce sont les sonorités futuristes qui prennent le dessus (« Zero Zone »), tantôt les guitares prennent le premier rôle et se retrouvent paradées d’éléments électros/cosmiques du plus bel effet (« Killing Lifestyle »). Au moins, Shadowcast fait dans la subtilité à l’image d’un « Endtyme », qui, après les écoutes, se révèle plus riche qu’il n’en a l’air.

Par conséquent, l’opus se révèle bien prenant, malgré quelques passages et morceaux ennuyants, comme « Moments » qui tend à nous endormir. Toutefois, le duo de chanteur assure tout le long de ces onze morceaux, alternant chant grave et rauque, et chant clair, lui-même devenant distordu, comme s’il on parlait dans une radio. Mêlé aux guitares et aux claviers, ces voix deviennent donc plus adaptées à la musique en question, même si parfois elles manquent d’agressivité, mais elles ont plus d’impact sur un « Close 2 Everything » embarquant l’auditeur très loin dans un monde futuriste, riffs incisives et claviers imposants. A contrario, la balade « Change of Belief » par exemple marque l’apparition d’un chant féminin mélancolique sur un fond sombre et gothico/atmosphérique.

En fait, ce « Space Age Revolution » peut nous rappeler le travail de Dominanz, notamment par l’aspect indus/atmo et spatial, sauf que Shadowcast pousse le vice encore plus loin en ce qui concerne les sons cosmiques, tel un Samael époque « Eternal » contaminé par les sons synthétiques et les refrains entêtants (« Hellsong »).

Malgré tout, l’ombre d’Amortis semble planer encore un peu au-dessus d’eux. Car même si l’aspect black metal a totalement été évincé, même si les éléments industriels prédominent largement, et même si l’ensemble est totalement éthéré, on retrouve des symphonies discrètes en fond dans chacun des morceaux, histoire de rendre le tout encore plus spatial, comme sur « Creation Enigma » ou encore « Endtyme ». On peut aussi citer « Tomorrow », qui nous montre un jeu de claviers assez particulier, entre symphonie de fond et sons électros au premier plan, les guitares devenant pour le coup plus écrasantes malgré ce côté lancinant, la voix claire s’apparentant davantage à celle de Lex Icon (The Kovenant).

Les membres du groupe ont beau officier dans le black ou le death grâce à leur groupes annexes, il n’empêche qu’ils nous offrent là un bon album d’indus/atmo spatial, mettant bien l’accent sur les claviers, un peu à la manière de feu Amortis. Jouissant d’une bonne production et d’un bon label, « Space Age Revolution » marque comme il faut le retour de Shadowcast, même si on peut regretter le fait que les guitares soient un peu trop souvent en retrait.

 

Jenarium : Rise of the New Sun

Ξ juillet 20th, 2011 | → 0 Comments | ∇ Fusion, Industrial Metal |

Jenarium : Rise of the New SunJenarium est sans doute le one man band, ou le projet le plus impressionnant et le plus créatif jamais réalisé ces dernières années dans l’univers du rock/metal à influences diverses. Rares sont ces personnes qui arrivent à elles-seules à créer une musique des plus incroyables et immersives, digne d’un film ou d’un roman musical. Je veux dire par là que l’univers de Jenarium est un des plus grandiose jamais entendu, si tant est qu’on aime la science fiction, le fantastique, le futurisme, l’épique, ou encore le symphonique…

« Rise of the New Sun » provient de la mythologie de Jenarium, exclusivement créée par les soins de Robert Dominic Gennari (auteur/compositeur). Un homme imaginatif, au commande de tous les instruments ainsi de la production et de l’enregistrement de son bébé (la masterisation a tout de même été faite à Hollywood par Tom Baker – Nine Inch Nails, Matrix!), en compagnie du Radium Symphonic Orchestra, de Craig Parker pour certaines narrations (l’elfe Haldir dans le Seigneur des Anneaux), ou de Christina Jonas (soprano), de véritables stars en Nouvelle Zélande et en Australie.

L’album est étonnant tant il déborde d’idées, aussi bien au plan musical que mythologique. En effet, Rober Dominic Gennari nous propose un concept album grandiloquent, avec une histoire, une mythologie, des personnages, des races, des planètes, des lieux insolites, et j’en passe. Il sera difficile de faire court sur cette chronique, le développement de l’histoire sera sans aucun doute abrégé, mais pour vous plonger définitivement dans l’œuvre, tout ce que je vous conseille c’est d’aller sur le site officiel de Jenarium.

Gennari décrit son œuvre comme une saga cyber/héroïque, mélangeant habilement électronique, metal, et sympho, le tout se passant dans un avenir assez lointain où les conquêtes spatiales sont les clés du progrès. A la manière d’un film, l’album s’ouvre de cette façon :

«  Sur le territoire de Numarea

Dans la région du dessous, se trouvait un système de cavernes

Sa profondeur était inconnue

Lors de l’ancien temps, ces cavernes étaient habitées par une horde de créatures féroces, nocturnes et néolithiques

Connues sous le nom de « la nation Rifer »

Pendant des années et des années, on pensait que les cavernes étaient vides

…mais nous avions tort… »

Le monde de Jenarium se compose de deux types de populations : les Sinturians, qui sont les premiers nés, avancés, beaux et mortels, ils sont comme la garde impériale destinée à protéger les terres de Numarea; et les Rifers, décrits ci-dessus. Nous nous retrouvons bien sûr avec un monde typiquement manichéen. L’histoire suit donc une continuité, les cavernes sont, soit disant, vides, jusqu’à ce que les créatures et des morts apparaissent un peu partout sur les contrées de Numarea. La seule solution pour éviter l’invasion : s’allier, bien que les différentes races de Numarea ne soient pas totalement d’accord. Si l’alliance n’a pas lieu, et si une certaine relique n’est pas trouvée, la suite sera beaucoup plus sombre, les Rifers sortiront de leur caverne et élimineront toute forme de vie.

Par conséquent, tous les morceaux de l’album se suivent, sans discontinuité, telle une BO. Il n’est donc pas difficile de nous croire en plein film, les images nous viennent automatiquement à l’esprit, à l’entente même des paroles, des sons, des effets, des guitares…

Les premières écoutes sont très difficiles. Cet opus est un véritable ovni du Metal, car même si la mythologie, en soit, est hallucinante et fouillée (je n’ai pas évoqué toutes les races, toutes les régions, tous les océans, les différentes ères…), la musique en elle-même est très difficile d’accès. On passe véritablement du coq à l’âne en un clin d’oeil, il faut aimer le mélange de genres et d’ambiances en à peine une minute. Et surtout aimer les moments électro/techno.

Commençons donc par une introduction, sorte de « bande annonce » de l’album, narrée par Craig Parker (à la Luca Turilli). On nous explique les événements, les habitants du monde de Jenarium, etc, sur un fond musical étrange. Bruits de créatures, choeurs sombres, symphonie planante et envoûtante malgré ce certain côté terrible. On arrive ensuite à un « Apokalyptein » au début techno/electro très casse tête, débouchant de suite sur une fin de titre aux multiples sonorités, grognements, voix robotiques, effets futuristes, notes de violons…ce n’est que le début d’un voyage intersidéral dans l’Hydroverse (l’univers).

Un « Danger Rising » montre un morceau très typé Metal industriel (NIN?), tout en ayant ce côté dansant, malgré des tonnes de samples de tous les genres, les vocaux sont alternés, et le tout va de paire avec un « Message from the Hydroverse » aux violons, les envolées sont épiques, les choeurs terribles, sur un léger fond électronique, les voix semblant toutes droits sorties du futur.

Plus on avance dans l’album, et plus on découvre un monde étrange, où les « enfants de Jenarium » se retrouvent préoccupés par la venue de la nation Rifer, ci bien que la techno disparaît au profit d’une suite bien plus grandiloquente et guerrière, toujours fusionnée avec un certain côté cybernétique et pré-apocalyptique. Les choeurs prennent davantage de place et les orchestration sont beaucoup plus mises en avant à partir de « Clamare ex Altus » aux narrations en latin (renforçant le côté épique) et de « Valida Viktor Miserere » aux riffs tranchants.

Tout le long de ces quatorze titres, on a ces choeurs en arrière plan qui unissent toutes les pistes en une seule, ci bien qu’on peut réellement affirmer que cet opus se compose d’une seule chanson, divisée en quatorze sous parties. Le pic se situe sans doute à l’interlude « Born in Numarea » racontant la vie de Kintoria (un grand homme), alternant passages calmes à voix robotique/clair, passages aux symphonies typiquement ciné, et passages héroïco/spatiaux (02:15). Le titre à retenir.

Si un côté « ethnique » se fait ressentir dès « Mare Flamma », notamment avec l’apparition d’un texte écrit en grec ancien, le côté cyber/symphonique, lui prend, définitivement place sur « Descend to the Pit » rappelant Mechina, conduit par une ligne de basse, des choeurs puissants, épique et sombre en italien (l’orchestre Royal et Philharmonique de Melbourne) un rythme mécanique, des bruits de machine…

L’album se conclut sur un duo de morceau, conduit par « Sol Ascende », les grognements de créatures s’éteignent, la symphonie est mélancolique et grandiloquente, rappelant les œuvres de grands compositeurs de BO (J.Williams, H.Zimmer, H.Shore entre autres), avec ce final astral digne des crédits défilant en fin de film.

On peut certainement voir du Luca Turilli au sein de cet opus (les choeurs, l’électro, la narration, le grandiloquent) mais Gennari a su imposer son style et sa façon de créer les choses. « Rise of the New Dawn » est un album déroutant et impressionnant, mais relativement très inspiré, et incomparable. Le sieur aurait même été influencé par Trent Reznor.

Des concepts albums, on en voit souvent, mais d’un tel acabit, sans doute pas. Voici donc un véritable bijou, inclassable qui plus est, déjà salué par de nombreux auditeurs, dont des stars comme Eric Bana (acteur), Duncan Roy Lorien (ex-batteur de David Bowie et Bryan Adams) ou John Tempesta (ex-Rob Zombie).

Entrez donc dans le monde de Jenarium…

 

Xe-None : Dancefloration

Ξ mai 31st, 2011 | → 0 Comments | ∇ Industrial Metal |

Xe-None : DanceflorationL’expérience du premier album studio n’aura pas été de tout repos pour les russes de Xe-None. En effet, la sortie de « Dance Metal [Rave]olution » en 2008 a plutôt été controversée, entre les adorateurs et les détracteurs d’un Metal plutôt étrange et hors du commun. Car même si le quintette se fait plutôt discret en Europe, il n’en reste pas moins les certains créateurs d’un « dance metal », entre electro, indus et techno dans leur contrées hivernales. Rassurez vous, ce nom n’a rien d’officiel, il s’agit simplement d’une habitude que le combo a pris. Aux auditeurs de juger donc…

Dans tous les cas, Xe-None, après encore un EP enregistré en 2009, contrôle cette fois ci le dérapage effectué avec le premier album afin de nous sortir un « Dancefloration » moins bizarre, moins casse-oreille, et surtout plus mature…

Pour les amateurs de metal indus qui auraient ratés un numéro, « Dance Metal [Rave]olution », créé par des adorateurs de musique industrielle et de metal, se caractérisait par des morceaux assez typés techno, ultra dansant, presque EBM, trop dynamiques et sans répit, embarqués par un poum-poum incessant, des guitares beaucoup trop en arrière plan, une alternance chant masculin et féminin du plus mauvais effet, accompagnée de sonorités électroniques à la limite de l’indigestion. Les mots sont forts mais représentent bel et bien ce qu’était Xe-None avant ce… « Dancefloration ».

Pourtant bien d’autres groupes se sont essayés à mélanger « techno » et « metal », la génération « electro-indus » entre autre, voire les confrères italiens à la T3chn0ph0n1a. Mais il faut l’avouer, cette année, Xe-None se surpasse, et nous livre un album assez…rocambolesque.

Basant son concept sur les contrastes entre technologies présentes et passées, voire une certaine nostalgie de nos engins de l’époque, Xe-None nous fait danser une nouvelle fois le temps de 9 titres et de près de 40 minutes. J’ai volontairement omis un morceau, mais celui étant particulier, je détaillerais davantage son contenu plus tard. Mais pour le moment, concentrons-nous sur les chansons en question. De « Heartcore » à « VHS » le rendu est techno et metal, l’un ne dominant pas sur l’autre. Evidemment, les éléments electroniques, et les techno beats sont de la partie, à l’image de combos d’electro indus, mais en plus poussé. A l’instar d’un « Summertime » ou d’un « Dance Row », l’ensemble est ultra dynamique, et vraiment adapté à tout adorateur d’indus ou d’electro. La voix du chanteur Lexy est plus rentre dedans qu’à l’accoutumer, plus en retenu sur certains passages et moins déraillée. Par contre il accentue davantage les cris aigus très saturés à la T3chn0ph0b1a, tout comme sur un « Faceless » où la voix au timbre spécial d’EvilAnn se pose avec attention, rappelant tout de même les voix féminines presque synthétiques des chansons techno que l’on a déjà entendues.

Mais ne vous y méprenez surtout pas, les guitares sont toujours là pour lancer des offensives et nous rappeler que nous écoutons bel et bien du Metal, comme sur le déchainé « Heartcore », aux riffs destructeurs et techniques, ou un « Dreamcity » voire un « BlackHole Time » plus lents, plus atmosphériques mais plus axés sur des rythmiques bien metal malgré des éléments indus peut-être même trop omniprésents.

Heureusement, Xe-None s’est arrangé sur cet opus pour diversifier les morceaux, et même si le tout se veut dense, tout est arrangé au millimètre près afin que rien ne se ressemble. Les introductions notamment, possèdent ce petit son électronique qui lui est propre. Mais pas seulement. Un titre à lui tout seul peut posséder ce petit son en fil conducteur, à la façon de « I Seek You » ou « Cyber Girl », reprenant des sonorités déjà perçus dans de vieux jeux vidéo, le premier faisant penser à un « Video Kid » de The Birthday Massacre, le second morceau rappelant les passages de Super Mario dans des tuyaux ! Une petite originalité qui vaut le détour, malgré un chant féminin à tendance casse-oreille et pas totalement juste…

Maintenant, il est temps de venir au dixième titre. Il semblerait que ce soit la chanson la plus inattendue de tout l’album, et de toute la discographie de Xe-None, connaissant les personnages en question. Finis les éléments techno, le rythme danse, et même l’electro/indus. Place au metal pur et dur, bienvenue au metal extrême !

L’introduction dotée de samples de vent et de véhicule à chenille ne laisse présager pourtant rien. Mais quand la batterie (boîte à rythme ?) est lancée, rien ne l’arrête. Double pédale, blast beat, riffs à la limite d’un Black mélodique, chant crié presque saturé, clavier aux allures de sympho et sons de piano…nous voilà embarqués pendant plus de six minutes dans un enfer musical, un déluge de riffs, d’ambiances sombres, même lors du refrain poussé à l’extrême par une EvilAnn qui n’en fait pas des masses. On n’est pas loin ici des compositions d’In Silentio Noctis en moins « lyrique » ou des premiers Catamenia en légèrement moins rapide et sympho malgré ce gros côté furieux prédominant, peut-être plus proche d’un « Above » de Samael pour le côté extrême et la voix. Un morceau prenant et étonnant qui plus est.

En voilà quelque chose de bon. Ces russes nous en mettent plein les oreilles, et nous offrent un opus varié, entraînant, surtout bâti pour les admirateurs d’electro/indus ou de techno. Un ensemble assez « select », tout de même, bien que plus Metal, plus recherché, et plus mature. Il s’agit d’un gros changement en perspective par rapport à un « Dance Metal [Rave]olution » presque risible. Bien qu’on puisse toujours affirmer que Xe-None nous fait encore du Xe-None, il est clair qu’un gros petit plus a été incorporé aux morceaux, rendant ce dernier « Dancefloration » bien moins fantaisiste et décadent.

 

Gothminister : Anima Inferna

Ξ mai 5th, 2011 | → 6 commentaires | ∇ Gothic Metal, Industrial Metal |

Gothminister : Anima InfernaL’âme des enfers…la plongée irrémédiable dans des ténèbres encore plus profondes, le mysticisme, et aussi…l’univers sombre de bandes dessinées.

Gothminister s’extrait de cette folie accablante qui emplissait le dernier « Happiness in Darkness » afin de nous offrir une œuvre sans doute plus sombre et plus terrifiante, « Anima Inferna ».

Le temps a passé depuis un « Gothic Electronic Anthems » basique et un « Empire of Dark Salvation » assez teuton dans l’air, proche de certaines formations telles que Rammstein ou Oomph. Ce nouvel opus semble être synonyme d’un certain changement et d’une certaine évolution, un certain renouveau que beaucoup pourrait fort apprécier. Car les norvégiens changent leurs thèmes et exploitent une facette qu’on ne leur connaissait pas.

Même si la musique reste toujours aussi gothique dans l’âme, l’ensemble perd peu à peu de ses sons industriels pour nous proposer quelque chose de relativement plus electro, voire parfois techno, sans délaisser ce côté sombre qui leur sied bien.

Les onze titres sont donc le reflet d’un groupe semblant vouloir se marginaliser davantage, offrant une musique pas si facile d’accès malgré ces quelques relents pop présents sur des morceaux tels que « Liar » ou « 616 » : la reprise d’un morceau de Michael Jackson sur le précédent opus était peut-être synonyme d’une embarquée dans une certaine pop metal.

Toutefois, l’évolution est là, tant dans les claviers que dans les ambiances et les riffings, bien plus lourds, et rassurez vous, plus Metal et plus accrocheurs. Des riffs parfois plus proches d’un black metal mélodique comme sur « A.I », et d’autres relativement plus maîtrisés et intéressants comme sur le morceau introducteur « Stonehenge ».

La voix, quant à elle, détient toujours ce certain timbre rugueux et froid quasi identique à celui de Till Linderman de Rammstein ou d’Alexx Wesseldsky d’Eisbrecher, tout en étant très grave et sombre, parfois comme un râle ou un grognement, assez gothique sur les bords. La faiblesse réside toujours sur les aigus, où les difficultés se font ressentir. Mais la petite nouveauté sur cet opus, c’est ces quelques parties au chant black, à la manière de « The Beauty of Fanatism ».

Mais cet album ne se suffit pas à cela, et au sein de ce « Anima Inferna », un concept est aussi davantage exploité, se basant étrangement sur certains faits mystiques comme ceux du site monolithiques de Stonehenge, ainsi que le Juggernaut, une force implacable détruisant tout sur son passage, à l’image d’une divinité ténébreuse et colérique, mise en valeur par des chœurs et une agressivité imparable des riffs. Mais outre cet aspect on ne peut plus mythologique, le Juggernaut, personnage de bande dessinée dans l’univers des comics de Marvel, ainsi que la pochette proche de l’univers d’un certain personnage nommé Batman, transcrivent cette idée de surnaturel, et de don de la nature. Car rappelons le, les héros dans cet univers pourtant fascinant, sont toujours des personnages déchus, torturés, plongés dans leur bulle sombre et désolée. A l’image de cet album particulier et très représentatif, où l’électronique implique cette notion de modernité, et où les éléments gothique permettent la représentation de cette mélancolie, de cette lourdeur et de cette noirceur redoutables.

L’ensemble reste toutefois homogène, et le rythme est souvent le même, malgré quelques petites variations. Fini aussi les morceaux inutiles de trente secondes, les plus courts ici sont au nombre de deux et ne sont qu’une ultime descente dans des enfers électroniques à la manière de « Hell Opens Gate ».

Les norvégiens originalisent un peu plus son travail mais ne nous tiennent pas en haleine pour autant. L’ensemble de la discographie reste correct et intéressante, sans véritablement se démarquer. Certains groupes sont voués à ce destin, Gothminister y compris…

 

Samael : Lux Mundi

Ξ avril 10th, 2011 | → 15 commentaires | ∇ Dark Metal, Industrial Metal |

Samael : Lux MundiIl est étonnant à quel point la sortie d’un nouvel album de Samael est soumise aux plus grandes interrogations. Les suisses en effet, s’amusent toujours à brouiller les pistes et à confectionner des albums aussi différents les uns des autres. Différents, certes, mais chacun apporte son lot d’ambiances et d’émotions, si bien que chacun est comme un ovni au sein de la discographie de ce groupe atypique, loin de respecter les conventions ou des étiquettes précises. Samael expérimente et va au-delà des codes, et ce depuis le début. Du très black « Worship Him » à l’album de transition « Passage » en passant par l’atmosphérique et arabisant « Reign of Light » jusqu’au très lourd « Above », le quatuor n’a cessé de progresser, évoluant irrémédiablement vers une musique indus, tout en allant aux frontières du nouveau et de l’étrange…

Mais même si Samael sait se faire plaisir et sait utiliser son grand talent en matière de compositions pour concocter des opus si particuliers, les suisses, dernièrement, semblent s’être attirés les foudres de ses plus fervents fans. En retournant vers leurs origines black et en ajoutant le lien manquant entre «Passage » et « Ceremony Opposites », Samael a engendré par mal de déception avec un « Above » linéaire, brutal, plus brouillon et mal mixé, au chant monocorde. Le récent EP « Antigod », dispensable de surcroît, avait encore plus inquiété les auditeurs, ne retrouvant pas la patte que Samael s’évertuait souvent à intégrer dans ses chansons…

« Lux Mundi » arrive donc, jouant semble-t-il avec l’obscurité et la lumière, ces deux antithèses pourtant si belles et bien représentées au sein de ce nouvel opus. La pochette, par exemple, n’est autre que le contraire de « Solar Soul ». Nouveau fruit de Patrick Pidoux (designer s’étant occupé des trois dernières covers du groupe) qui exécute les souhaits du chanteur/guitariste Vorph et créé une série de rayons partant et/ou finissant au centre de la pochette, centre qui n’est autre qu’un oeil, sens ultime permettant de capter la lumière…

Moins cosmique qu’à l’accoutumée donc, mais si représentatif de l’esprit et des ambiances véhiculées au sein de cette oeuvre. « Lux Mundi » est difficile à appréhender tant les atmosphères sombres et les sonorités lumineuses diffèrent de morceau en morceau…un ensemble loin d’être homogène et assez diversifié, inclassable de surcroît…car même si Samael s’est inéluctablement dirigé vers un black indus puissant et aérien, il faut dire que ce « Lux Mundi » se dirige davantage vers un Dark Metal écrasant…

En tout cas, il est clair que nos suisses préférés n’auront jamais autant varié les sons, les intros et les ambiances en un seul album, et c’est ce que l’on remarque immédiatement après écoute. Ce mesclin imprenable, cette tendance à différencier les titres leur donnent une identité, une empreinte musicale bien définies. Toutefois, il semblerait que des Passages de-ci de-là aient été empruntés aux précédents opus, avec ce côté nouveau et expérimental en prime. Ainsi, on peut aussi bien retrouver le côté aérien et froid d’ « Eternal » que le côté impérial et mythologique de « Solar Soul », couplé aux vocaux de « Reign of Light » et à certains Passages lourds et profonds de « Passage »…

Mais le changement reste tout de même quelque peu inattendu. Le rendu est particulier, fort, puissant. « Lux Mundi » est sombre, très sombre malgré ce nom lumineux. Assez sombre pour embarquer l’auditeur dans des contrées nouvelles et abyssales où les sonorités fusent. Les morceaux malgré ce rythme au tempo moyen détiennent une certaine aura et une certaine force. Même si celle-ci est loin d’égaler le côté martial de « Passage » ou « Eternal » entre autres, « Lux Mundi » est doté de riffs lourds et taillants, et d’une voix bien grave et offensive. La basse, mieux mise en avant, accentue d’autant plus cette impression d’obscurité et les claviers atteignent irrémédiablement leur paroxysme en matière de sons et d’effets. Xy nous sort le grand jeu, nous offrant des choeurs, des sons impériaux, d’autres plus étranges et distordus, des violons synthétiques, des nappes aériennes, d’autres plus sombres et j’en passe… Pour le coup, chaque instrument a sa place, nous montrant sa puissance, sa contribution et on est vraiment bien loin du mixage mal fichu et de cet ensemble brouillon sur « Above » où tout était écrasé par une batterie omniprésente et des vocaux monocordes des plus agaçants.

L’album démarre donc en trombe avec « Luxferre », qui semble tirer son intro de celle d’ « On the Rise » chez « Solar Soul ». Un rythme rapide et entraînant, une batterie claquante, des riffs efficaces, un refrain mémorable et des claviers d’une puissance accrue à la manière d’un « Rain ». La suite se veut d’autant plus martiale et tranchante : les riffs s’enchaînent et fonctionnent telles des cisailles, le chant de Vorph n’a pas perdu de son charisme et de son agressivité, les claviers et la boîte à rythme ont une place qui leur est propre. On est donc loin du bordel véhiculé par « Above » mais vraiment plus proche des anciens opus, plus carrés, maitrisés mais aussi émotifs. Si « Let My People Be » et « For a Thousand Years » sont les plus aériens à la manière d’ « Eternal », « In the Deep » reste le plus sombre, écrasant et rageur, avec « Antigod », à l’exception que ce dernier ne possède pas cette fibre ultime et détient malgré tout une linéarité et un léger manque d’inspiration. « Pagan Trance » et son intro synthétique suivie d’accents assez ethniques pourrait faire penser au travail effectué sur « Era One ». « Soul Invictus », fonctionnant un peu comme « Antigod », rappelle les sonorités mythologiques et impériales employées sur « Ave! » dans « Solar Soul ».

Cependant, il y a bel et bien un morceau qui pourrait en étonner plus d’un. « The Truth Is Marching On », la conclusion de l’opus, reste sans doute le titre le plus efficace, grandiose, épique même, et rapide. Après un commencement bizarroïde, qui n’est autre que l’arbre cachant la forêt, la suite, telle une déflagration, cartonne littéralement. Ça blast beaucoup, des Passages sont assez syncopés, les riffs agressifs, le chant furieux et les claviers détiennent de multiples facettes pour un résultat dense et sans répit. Un peu à la “Passage“…

« Lux Mundi » n’est donc pas une déception, mais une bonne surprise. Toutefois, il est si diversifié et emprunte tant aux autres albums qu’on est en droit de se poser des questions sur son originalité. Même si le tout pourrait apparaître assez brouillon, l’aspect expérimental et fort restent bel et bien présents: l’ensemble de l’opus révèle une petite dose de nouveauté.

Alors que l’EP « Antigod » semblait montrer la direction musicale empruntée par Samael, il s’avère, à contrario, qu’elle était d’autant plus flagrante avec le morceau bonus « Architects » sur « Solar Soul », beaucoup plus dans l’esprit. Un retour aux sources donc, plus qu’une évolution, malgré tout doté d’éléments déjà connus et d’autres légèrement nouveaux…

 

Rain (CH) : Sephirots

Ξ février 20th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Dark Metal, Industrial Metal |

Rain (CH) : SephirotsVoici le tout premier album des Suisses de Rain, Sephiroths, prenant pour concept le mythe de la Création, vue notamment dans la religion juive…mythe représenté par un arbre de vie…d’où la pochette : un arbre rouge resplendissant de mille feux.

Outre ce concept des plus sympathiques, il faut noter que le groupe a toujours été comparé à leurs aînés Suisse de Samael, surtout avec leur album « Passage », et comme par hasard, la sortie de « Sephiroths » est annoncée quelques mois après celle d’ « Eternal » de Samael

Coïncidence ou non, Rain ne s’est jamais caché de s’inspirer de leurs confrères, en leur piquant par exemple les jeux de claviers et la modulation de la voix…

Ceci étant, attelons-nous sur « Sephiroths ». Que trouver de particulier, d’original ? Que devons-nous réellement retenir de cet album ? Disons, pas mal de défauts.

Il faut l’admettre, malgré une idée de base assez bonne, le tout reste un peu fade, notamment par des instruments qui ont du mal à s’imbriquer les uns dans les autres. Au cœur de leur metal gothic/electro à tendance black voire symphonique, le tout reste peu homogène. Chaque instrument est de son côté et on sent peu d’alchimie. La voix est peu assurée, même si le mélange de growl et de chant clair ou même murmuré est intéressant. Les guitares sont peu techniques et linéaires, sauf pour les quelques solos, relevant un peu le niveau…la batterie, sorte de boîte à rythme, adepte de la double pédale, s’emboîte pas trop mal avec le reste…quant aux claviers, leur lignes se ressemblent beaucoup trop à mon goût au fil de ces sept titres.

Le titre introducteur et instrumental « Crystalline Formations » peut lasser par le fait qu’il n’y ait aucune progression et que les notes au piano soient les même du début à la fin (les fonctions des claviers changeant seulement les ambiances). Si l’album peut ennuyer l’auditeur par son manque cruel de dynamisme et d’harmonies accrocheuses, nous donnant parfois une impression de déjà-vu (disons, déjà-entendu !) « Blotzheim » remonte le niveau par son accélération digne de ce nom et son ambiance on ne peut plus black : batterie tonitruante, puissance des claviers, chant crié, mais guitares…un poil effacées.

Malgré le fait que l’album ne se veuille pas très concluant au fil des titres, il faut attendre le dernier morceau « Seventh Seal » pour vraiment avoir une chanson digne de ce nom, bien organisée, bien orchestrée, bien foutue, bref, du tout bon, fonctionnant comme un réel contre exemple. Les claviers apportent une ambiance bien dark sympho dès l’intro et continuent leurs offensives dans les différentes parties du titre, variant leur fonctions ; la batterie bien bourrine est accompagnée de guitares bien rentre dedans, envoyant la sauce pendant les refrains, et ne perdant par leur agressivité pendant les couplets. Le chant lui, se veut extrêmement particulier et incisif dans les refrains : une superposition de voix, l’une en growl, l’autre saturée. « Seventh Seal » est LE titre de l’album par son côté apocalyptique, et s’annonce comme étant le fil conducteur des futurs albums de Rain.

Du haut de ses trente deux minutes, je ne pense pas que l’auditeur soit réellement conquis, surtout s’il faut attendre le dernier titre pour entendre quelque chose d’original. Malgré tout, ce n’est qu’un premier album, et le premier rouage dans un engrenage. La machine enclenchée, Rain nous aura sortie de très bons albums plus matures, dont « Starlight Extinction », leur bijou. En conséquence, ne vous faîtes pas une idée du groupe rien qu’avec cet album, ce serait bien dommage.

 

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