Blood Of The Arsonist : Exodus

Ξ février 3rd, 2013 | → 0 Comments | ∇ Melodic Metal, Oriental Metal |

Blood Of The Arsonist : ExodusSingapour a beau être petit, c’est un des pays asiatiques les plus actifs. La scène est en ébullition depuis quelques années, on en finit plus de voir arriver de jeunes formations avec un talent fou, suivant les traces des vétérans du coin. Elles ont aussi le don de proposer quelque chose de différent, loin des standards actuels. Du côté de l’extrême, on découvre aussi des musiciens inspirés se dirigeant du côté de la subtilité et de l’originalité, à l’image des Blood Of The Arsonist. Formé depuis deux ans maintenant, le quintette a choisi d’officier dans un mélo death suédois à la Amon Amarth couplé à l’esprit oriental et exotique d’Orphaned Land, de Nile ou de Melechesh.

C’est dans cet esprit que le premier EP voit le jour à l’été 2012. « Exodus » représente un combo désireux de se diriger vers d’autres horizons et de quitter leur Asie natale. Direction le Moyen-Orient et plus particulièrement le désert égyptien. La thématique principale des Singapouriens rappelle celle d’Amaseffer, basée sur l’exode. Le premier morceau nous met immédiatement dans le bain avec une introduction instrumentale mettant en avant des nappes symphoniques impériales et un solo de guitare oriental. Le tout nous amène naturellement à la déflagration de « Marching into the Abyss », guidée par les guitares insistantes d’Adly et d’Izzat.

Ce n’est pas sur ce genre de titre que les influences orientales se font ressentir, mais beaucoup plus sur un « Sentiment » thrashy, où le tranchant des guitares se taille la part du lion. Les musiciens tendent à assurer niveau technique, ils ne lésinent pas sur les soli et l’alternance entre vélocité, mélodicité et brutalité pure. Seul Shafiq semble en retrait avec un growl qui peine à percer, encore assez amateur et manquant de puissance.

La suite se veut beaucoup plus encourageante dans la mesure où Blood Of The Arsonist arrive à entraîner l’auditeur dans son melting pot. Certes, on est loin du côté captivant des plus grands, mais on retrouve un style et une efficacité toute particulière. Toutefois, ça manque un peu de charisme, la faute sans doute à une production faite maison, pas forcément à la hauteur de nos espérances. De plus les cinq morceaux passent très vite et ne font office que d’amuse-bouche : on aimerait en découvrir davantage. C’est avec un sentiment de frustration qu’on attend leur premier full length, en espérant que ces petits Singapouriens dépassent leurs limites.

 

Aloop : Dead End – New Deal

Ξ août 20th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Melodic Metal |

Aloop : Dead End - New DealEn 2002 se forme Aloop par un quintette danois désireux d’apporter quelque chose d’énergique, brutal et mélodique au sein d’une musique plus ou moins émotive. Leur but était de créer quelque chose d’unique et de recherché. Leur ambition les a poussé à sortir un premier jet en 2005, « Global Crisis », bien reçu par la presse en Scandinavie et en Europe, ce qui leur a valu le prix du meilleur album de l’année, le Danish Metal Awards. S’ensuivent beaucoup de concerts et de festivals, ainsi qu’un changement de line up, un des guitaristes étant remplacé par Henrik Mortensen.

Comme un boost, cela leur permet de repartir sur de bonnes bases et les voilà avec un nouvel opus, « Dead End/New Deal » signé chez Mighty Music et mixé par Jacob Hansen. Aloop continue son voyage dans une metal moderne entre death, thrash et metalcore, le tout mélangé avec d’autres styles musicaux.

On ne peut pas dire que les compositions des Danois ne sont pas dynamiques et énergiques, bien au contraire. Elles ne manquent pas de punch et alternent incessamment entre parties brutales et parties mélodiques, avec des couplets plus rentre dedans que les refrains. Toutefois, le mélange des genres est plutôt déstabilisant. Si le côté thrash moderne réside davantage dans les riffs et le côté death dans les lignes de chant, le côté core et mélo se retrouve plutôt dans les moments les plus calmes et les refrains. Les vocaux claires sont même désagréables et font une cassure par rapport au côté extrême des parties qui les précédent (« Deception », « Automation », « Point of No Return »…). Dommage que le schéma soit toujours identique de ce côté là, les refrains étant souvent là pour adopter des parties plus niaises et moins intéressantes finalement.

L’avantage avec Aloop, c’est que sa musique n’est pas si uniforme que ça. Même si la majorité des morceaux tendent à se ressembler, différents styles musicaux apportent un peu de nouveauté et de fraîcheur, même s’ils ne sont pas forcément très bien intégrés. Ainsi on peut retrouver le côté pop et rock dans certains refrains, des touches country au début de « Django », de l’horror avec « Falling » ou de l’acoustique avec le duo final « Hell on Earth ». Le seul soucis, c’est que ces styles semblent être ici pour faire «joli ». Je veux dire par là qu’ils ne servent que d’introduction, et on ne les retrouve pas à d’autres moments des morceaux en question, ce qui aurait pu apporter un plus considérable et mettre en valeur les atmosphères.

L’opus a beau parler de la condition humaine à travers plusieurs récits, il n’empêche que ce « Dead End/New Deal », bien qu’ambitieux, aura du mal à se démarquer des albums actuels de metal moderne, les éléments présents ayant souvent été entendus ou au contraire, trop peu exploités dans le genre et donc anecdotiques. L’énergie, la brutalité, et la mélodie sont au rendez-vous, mais cela ne suffit plus désormais.

 

Astral Tears : Hypnotic

Ξ mai 10th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Melodic Metal, Oriental Metal |

Astral Tears : HypnoticEn ce moment, les femmes ne sont pas tant à l’honneur que ça, et bien que l’on entende beaucoup de donzelles dans tout ce qui se rapporte au metal symphonique ou gothique, il n’est pas forcément facile d’entendre une voix féminine dans d’autres styles de metal. Les Eths, Arch Enemy, The Agonist et consorts n’ont plus rien à prouver depuis longtemps, mais on aimerait que des groupes mettent en avant un peu plus de féminité dans des genres où on ne l’attend pas forcément.

Le metal oriental, par exemple. Dans tous les groupes existants, on a du mal à entendre une femme, sauf dans Orphaned Land, ou peut-être Arkan. Mais dans tous les cas, les demoiselles n’ont pas le monopole et se retrouvent reléguées au second plan, juste histoire d’apporter une touche arabisante en plus. Astral Tears, groupe français orléanais, n’a pas fait cette erreur et il faut dire que c’est le charme de la chanteuse qui fait sa force. Ici, Beyza, d’origine turque, est LA chanteuse du quatuor et il faut dire qu’elle est très bien mise en avant dans cet ensemble pris entre le metal mélodique, le metal moderne et le metal oriental.

Astral Tears, ce sont des débuts acoustiques qui se sont transformés en metal. C’est aussi une envie d’assouvir une énergie débordante en tentant de créer des compositions originales. Le combo réussit tout de même ce pari, à savoir sortir du lot et proposer un album à l’identité qui lui est propre. En effet, les Orléanais ne se contentent pas que de metal mélodique, bien que ce soit le terme qui saute le plus aux oreilles, mais ils profitent de ce statut « mélodique » pour intégrer un panel d’éléments, que ce soit un son relativement moderne et dans l’air du temps, des éléments progressifs, des touches expérimentales sur certains passages, un groove assez neo sur les bords, mais surtout, et ce qui fait leur force, les éléments orientaux.

La France n’est pas forcément le pays le plus réputé pour son metal oriental, même s’il y a Arkan, en véritable fer de lance. Ici, en tout cas, Astral Tears n’en abuse pas mais ajoute la dose nécessaire afin de transporter l’auditeur dans l’orient. Sans vouloir vous désillusionner, l’oriental n’est pas l’élément primordial des compositions, toutefois le groupe profite des origines culturelles de Beyza pour apporter les influences nécessaires. Et ça fonctionne bien…

De prime abord, en écoutant les premiers morceaux, c’est à dire « Hate the Enemy» ou « Sinner », on ne peut que penser au groupe italien Lacuna Coil. La ressemblance reste assez saisissante, tant dans le riffing que dans la voix charmante de Beyza. Cependant, pour un début d’opus, on reste quelque peu sur notre faim…certes, les guitares sont lourdes et le rythme dynamique, et on sent directement que c’est ce qui fait la marque de fabrique d’Astral Tears. Mais il manque une touche d’originalité et un soupçon de piment, et pour un début, il y a de quoi douter sur le reste de l’opus.

C’est une fois passé le cap de « Desire » qu’on se rend compte de la force d’Astral Tears et de son côté assez novateur sur la scène française : l’exotisme. Le titre est assez oriental sur l’introduction et les couplets, que ce soit l’utilisation des percussions, des guitares ou de la voix de Beyza, très sensuelle et très arabisante lors des mélodies. Astral Tears arrive à mêler lourdeur et charme sans grande difficulté. Il arrive aussi à faire enchaîner ses morceaux avec cohérence. Preuve en est avec le duo « Desire »/ « Behind the Curtains » : on a l’impression qu’il s’agit d’un et même titre. Mention spéciale, en tout cas, pour sa montée en puissance inattendue.

La suite de ce « Hypnotic » se veut très punchy et bien rentre dedans, sans non plus tomber dans l’extrême. Les instruments sont pour le coup bien utilisés mais on regrette le manque de modulation et des guitares, et de la voix de Beyza. Difficile de l’entendre changer d’intonation car elle reste souvent sur ce même plan qui peut rendre certains passages très monotones. Idem pour les riffs, pas si variés que ça, mais suffisamment lourds pour garder l’auditeur attentif. Sauf peut-être sur « Awake », assez expérimental tout de même, avec ces changements de styles en cours de route, que ce soit le break typé metalcore, le fond très oriental dans la mélodie, le début assez djent avec cette guitare technique et dissonante, et ce côté atmosphérique, encore une fois pas si loin de Lacuna Coil, l’exotisme en plus. Pour le coup, ne vous attendez pas à des instruments typiquement orientaux tels les traditionnels oud, sitars et autres flûtes kaval. En réalité tout est dans la voix, certains riffings, certains types de percussions, rien de plus. Comme sur « My Reality », par exemple, qui met l’accent sur une atmosphère arabisante, sans non plus en faire trois tonnes.

De toute façon, plus on avance dans l’opus, plus on découvre des touches orientales. Comme pré-cité, ce n’est pas avec une écoute du début que vous pourrez vous faire une idée de la personnalité d’Astral Tears. Et il s’avère que les Orléanais ne sont pas si faciles que ça à cerner. Pas plus mal, dans un sens, cela nous permet de passer plus de temps à découvrir leur musique et les écoutes supplémentaires permettent de se rendre compte de choses qu’on n’avait pas encore appréhendées.

Le côté doux par exemple : même si l’ensemble reste très « in your face », très tranchant, le groupe apporte des touches calmes et sereines, comme un « Rebirth », qui grésille (je le précise, c’est fait exprès), un « Obsession » planant et lourd à la fois, ou un « Forgotten » acoustique très chaleureux qui me donne l’impression d’être chez moi.

Hormis ça, Astral Tears met à profit son côté moderne en ajoutant des sonorités électroniques. Ces dernières sont plutôt rares, mais suffisamment présentes pour qu’on les repère rapidement. Rassurez vous, ce sont juste des « touches », rien de bien méchant ou d’étouffant, au contraire. Elles tendent à relever certains passages et apporter une atmosphère supplémentaire, que ce soit sur le pont de « Desire », sur l’introduction de « Back to Life », qui précède un déferlement de riffs costauds, sur « Obsession », afin d’accompagner la guitare, ou sur « My Reality », fonctionnant ainsi comme un rythme.

En dépit des apparences (la pochette fait plus cybernétique qu’orientale, sauf au dos, où on retrouve des minarets), ce « Hypnotic » d’Astral Tears reste assez complet, exotique et dynamique. Toutefois il serait exagéré d’en faire une montagne, dans la mesure où il y a encore beaucoup de choses à revoir, que ce soit la variété des riffs ou la modulation du chant de Beyza. Par contre, la production reste très bonne et est un point très positif dans l’appréhension de la musique d’Astral Tears.

Finalement, si le groupe passe par là, il se pourrait que le metal à chanteuse français non symphonique non prog non criard en prenne un coup, car les Orléanais ont pour le coup un bel avenir en perspective. Espérons qu’ils aient suffisamment d’oreilles pour apprécier leur œuvre.

 

Voyager (AUS) : The Meaning of I

Ξ octobre 14th, 2011 | → 2 commentaires | ∇ Melodic Metal |

Voyager (AUS) : The Meaning of IC’est un fait. Voyager aime sortir ses albums en fin d’année, et surtout en automne, histoire de nous remonter le moral lors de terribles jours de pluie et de grisaille. Deux ans après un « I Am the Revolution » abouti et particulièrement bon, les australiens remettent le couvert avec quelque chose plus personnel, plus prog, plus introspectif.

Si le terme « voyager » était celui qui nous passait par l’esprit à l’écoute des compositions des australiens, il le devient encore plus évident ici, car les titres peuvent s’apparenter à des escales aussi différente les unes des autres. Comme si notre petit vaisseau s’arrêtait de planète en planète. La comparaison peut sembler absurde, mais pour les amateurs de Star Trek, l’évocation du nom de « Voyager » ne peut que nous rappeler les aventures d’un équipage perdu dans l’espace. Non seulement ce vaisseau porte ce même nom, mais en plus le logo du groupe ressemble presque trait pour trait à celui de la série, le « V » s’assimilant presque à l’espèce de communicateur que les membres de l’équipe portent sur la poitrine gauche.

Mes idioties passées (et encore), il faut dire que la pochette représente bien l’image même du voyage, cette mer noire d’un côté, ce ciel lumineux de l’autre, ces statues étranges à gauche et ce monument particulier, partant en ruine, à l’arrière. De plus, elle montre bien cette idée de « recherche de soi », le thème principal de l’album qui plus est. Pour ceux qui connaissent, elle a été créée par George Grie de chez neo surrealism art, tout comme celle de l’opus précédent, et s’intitule « In Search of Meaning ». Tout se rejoint.

En ce qui concerne la musique, Voyager reste dans la continuité d’un « I Am the Revolution », mais en moins pompeux au niveau des claviers. Bien sûr, ces derniers restent bien présents, tant au niveau de certains effets sonores que d’ambiances, mais le leader Daniel Estrin en fait beaucoup moins. Idem en ce qui concerne le chant, moins poussé, plus simple mais d’autant plus beau et maîtrisé, et bien adapté à l’ambiance générale des titres : atmosphérique et planante.

Par ailleurs, Voyager a mis l’accent sur les guitares et leur osmose, en rapatriant le guitariste Scott Kay. Pour le coup, nous voilà avec des grattes peut-être plus puissantes, plus travaillées, et plus unies, surtout lors des soli (« Fire of the Times », « Are You Shaded »), soli qui peuvent eux-mêmes se coupler avec les claviers (le répétitif « Momentary Relapse of Pain » par exemple) pour un résultat à la Dream Theater. L’ensemble peut aussi s’avérer dark, ou tranchant et énergique à la manière d’un « The Meaning of I » totalement jouissif et mélodique.

Eh oui, les mélodies sont omniprésentes dans tous les morceaux, si bien que ceux étant allergiques au trop plein de mélodies ne pourront supporter toutes les envolées effectuées par les claviers, les guitares, et même la voix. Un « Stare into the Night » par exemple, nous gratifie d’un refrain magnifique et entêtant, avec ce côté spatial bien présent, alors qu’un « The Pensive Disarray », avec Daniel Tompkins de TesseracT en guest, nous embarque littéralement dans des recoins presque maritimes.

Mais l’ensemble reste surtout bien heavy, comme un « Fire of the Times » (avec DC Cooper de Silent Force en guest) ou un « Are You Shaded ? » bien dans le bain avec les riffs et les parties vocales qui vont bien, et même des growls, nous rappelant les origines plus sombres de Voyager. Même si certains titres s’apparentent à une sorte de synth-pop, notamment à cause/grâce à l’utilisation du claviers. Une impression qui se concrétise davantage sur un « Iron Dream » en hommage à Peter Steele, où l’on retrouve un son proche de celui de Type O Negative, avec certains effets sonores propres et une voix quasi similaire sur certains passages. Le jeu de mot avec ’steele’ et ‘iron’ est d’ailleurs bien trouvé pour ce tribute.

Hormis cela, l’album souffre de sa longueur. Pas que l’ensemble soit d’une longueur époustouflante (un peu plus de cinquante deux minutes), mais lorsque vous avez treize titres dont deux balades niaises (« He Will Remain », « It’s Time to Know ») et une seconde partie qui tend à s’essouffler (à partir d’ « Iron Dream », faute de rythme), c’est normal que l’on commence à décrocher, et ce, malgré un certain travail de compositions.

Toutefois, ne vous y méprenez pas, ce « The Meaning of I » est un très bon album, inspiré et plein de bonnes choses, avec une production certes lisse, mais qui assure. Dommage cependant que la deuxième moitié de l’album peine à s’emboîter avec l’autre moitié, la continuité étant donc incertaine.

 

Voyager (AUS) : I Am the Revolution

Ξ novembre 23rd, 2009 | → 0 Comments | ∇ Melodic Metal |

Voyager (AUS) : I Am the RevolutionTroisième album des Australiens de Voyager après un dernier album Univers assez lassant au bout de plusieurs écoutes. Deux ans plus tard, la bande à Daniel Estrin nous offre une nouvelle galette, qui cette fois, fait mouche. Quelle plaisir à son écoute! Quelle bouffée d’air frais! Et surtout, quelle amélioration! Malgré le départ de la bassiste Melissa Fiocco et du guitariste Mark DeVattimo, Voyager a enfin trouvé son identité et un style de musique plus affirmé, se rapprochant par moment plus du métal industriel que du métal mélodique à tendance heavy métal.

Le tout se veut bien plus agressif, bien plus planant que les deux dernières compositions.

Dès le premier titre “Land of Lies”, le groupe nous embarque dans un Univers mélodique, dirigé par des guitares dynamiques, et une basse cette fois-ci améliorée. Les claviers sont décidément plus présents et plus spatiaux et nous font un solo en duo avec les guitares. La voix de Daniel Estrin s’est extrêmement améliorée : plus posée, moins fluette, et surtout, très atmosphérique. Je souligne aussi le fait que ce titre a parfois quelques sonorités se rapprochant de ce que fait Soilwork (groupe de death mélodique et surtout une des influences du Voyager) au niveau des riffs de guitares.

La majeure partie des titres comporte une intro aux claviers, très cosmiques par moment (“Lost”, “Straight to the Other Side” par exemple). D’une légèreté époustouflante, on a l’impression de se retrouver ailleurs, de planer même comme sur “The Devil in Me”, grâce à quelques accroches de guitares, mais aussi de voix. D’autre part, les mélodies aux claviers peuvent s’avérer très froides tout en restant ambiantes (“On the Run from the World”) et même, nous proposer une petite pause détente à l’avant dernière place de l’album sur “Without a Sign“.

Outre leur omniprésence, apportant donc le côté mélodique de l’album, le côté agressif vient des guitares qui, dans des titres tels que “Total Failure Existence“, ou “I Am the Revolution“, lancent des offensives et se saccadent par moment. De plus, sur un titre tel que “Straight to the Other Side”, accompagnées d’une batterie très énergique et en fusion avec le chant, elles nous lancent une sacrée intro rapide, pour nous guider pas à pas à un refrain super entraînant, résolument métal par les quelques riffs bien placés.

Ajoutez à cela une dualité des voix plus présente que sur les précédents opus. Tantôt claire sur la majorité des titres mais plus en avant sur “Time Like These”, extrêmement belle et atmosphérique sur “Lost”. Tantôt extrême, voire même growl sur “Close your Eyes” ou “Straight to the other Side”. Le chanteur joue donc sur un côté extrême de leur musique jamais exploré mais qui se veut très intéressant, car apportant quelque chose de différent.

Au niveau de la basse et de la batterie, rien à dire. Elles sont beaucoup plus travaillées, sans aucun doute. L’une est beaucoup plus audible, beaucoup plus en avant, et les lignes sont bien meilleures, tandis que l’autre n’est plus trop répétitive et a tendance à avoir un son très dance, plus industriel (“Lost”).

Quelle bonne surprise donc! Après plusieurs écoutes, mon plaisir reste intact, cet album ne possède pas les éléments pour lasser l’auditeur, comme l’avait fait le dernier en date, Univers. Il se veut très ambiant et mélodique, tout en ayant une petite partie froide agrémentée d’agressivité. Cet opus s’écoute parfaitement bien du début à la fin tant les titres s’emboitent les uns dans les autres et suivent une continuité déconcertante. Je pense donc qu’il pourra plaire à différents types de métalleux, notamment les amateurs de métal mélodique ou de heavy métal, par le chant et les guitares, mais aussi par les amateurs de métal industriel ou atmosphérique sans aucun doute, les claviers sont vraiment magnifiques.

Un très bon album en somme.

 

Army Of Anyone : Army of Anyone

Ξ novembre 4th, 2009 | → 0 Comments | ∇ Melodic Metal |

Army Of Anyone : Army of AnyoneArmy of Anyone, c’est la rencontre des frères DeLeo des Stone Temple Pilots et du chanteur/guitariste de Filter, Richard Patrick.

En effet, ce dernier avait à la base fait appel à eux pour l’aider à composer les chansons du dernier album de Filter, Anthems for the Damned. Mais l’alchimie a tellement bien fonctionné entre les membres qu’ils ont tous décidé de créer un nouveau groupe, Army of Anyone.

Ce qui par conséquent, amène à une fusion de styles musicaux : le rock alternatif de Stone Temple Pilots mélangé au metal alternatif voire indus de Filter. Et ça donne : du Heavy Rock, quelque chose de lourd mais tout de même peu agressif, mélodique, et plus rock que métal (ça va de soit).

Alors, le groupe ne sortira qu’un seul album éponyme en 2006 (donc Army of Anyone), mais même si c’est le seul, il est très bien. Une excellente coopération et une bonne production, avec un bon son.

Sur ce , je vais tenter de décrire l’ambiance de l’album, la musique.

On a donc affaire à un album contenant 11 titres, quoi de plus normal à priori. Super bien construit cependant, il s’ouvre avec un titre puissant et prenant, ‘It Doesn’t Seem to Matter’ : excellents riffs, très bonne basse au passage, on l’entend très bien. La voix de Richard Patrick est très bien posée et mélodique. Un titre plus qu’intéressant.

Le reste s’annonce sous de bons auspices puisque tout reste dans la même veine. Les refrains sont pour la plupart du temps très bien ficelés et accrocheurs, c’est à dire avec une mélodie qui leur est propre. La voix du chanteur est d’ailleurs plus mélodique et puissante que jamais (‘Goodbye’ par exemple), bien mieux que ses prestations dans Filter, et surtout bien plus modulée que dans les précédents albums. Guitares excellentes, très bons solos plein d’émotion (‘Father Figure’), et parfois rentre dedans (‘Disappear’, ‘Generation’), batteur bien en forme avec ses bons coups de pédales…

Ajoutez à cela des titres calmes et acoustiques tels que ‘A Better Place’ ou ‘Stop Look and Listen’, titres magistralement bien composés car les musiciens jouent avec les accords et les bémols, ce qui donne un bon rendu. De plus, l’ambiance est quelque peu paradisiaque, c’est comme si on jouait un air de gratte au bord de la plage, avec un type (Richard Patrick) qui accompagne très calmement par sa voix douce et claire. On pourrait même s’imaginer les Tahitiennes en bikini mais là c’est du fantasme…

Outre ces quelques points très positifs, rajoutons à cela un autre point positif, qui est le dernier titre de l’album qui bien sûr clôt l’album, oui, mais sublimement. C’est à dire que le titre ‘It Wasn’t Supposed to Happen’ est un titre avec des guitares acoustiques, donc par conséquent, quelque chose de calme. Le rythme est plutôt lent, mais l’ambiance est magnifique : la voix est une fois de plus très maitrisée, part dans les aigus, les graves, sans aucun soucis…la fin est totalement instrumentale, avec Richard Patrick qui joue avec sa voix comme d’un instrument, ce qui est plutôt intéressant à entendre pour ma part.

Bon pour conclure, un album dans la lignée de ce que fait Stone Temple Pilots et Filter. Quelque chose de lourd mais mélodique, sans être trop ennuyant et trop rapide. Ces musiciens là jouent avec les rythmes ce qui est très bien.

Je conseille vivement les titres “It Doesn’t Seem To Matter”, “Goodbye” et “This Wasn’t Suppose to Happen” pour les raisons que j’ai évoqué plus haut.

Les + :

-les riffs

-les mélodies

-le chanteur

Les – :

-La longueur de l’album, trop court!

-La base peut-être trop rock de l’album

 

Voyager (AUS) : Univers

Ξ octobre 26th, 2009 | → 0 Comments | ∇ Melodic Metal |

Voyager (AUS) : UniversVoyager est un groupe Australien de métal mélodique à forte tendance heavy. Tout droit de venu de Peth, le quatuor sort en cette année 2007 leur deuxième album, « Univers », quatre ans avant leur tout premier opus nommé « Element V ».

La marque de fabrique de ce groupe, c’est avant tout l’omniprésence des claviers, apportant de nombreuses atmosphères planantes au fil de l’album, et ce, dû au chanteur/claviériste et leader du groupe, Daniel Estrin, affectionnant beaucoup cet instrument de musique, et parant même la pochette très spatiale de l’album de claviers, en haut et en bas. C’est un choix, il l’assume, et il faut le supporter.

Car tous les allergiques aux claviers ne pourrons supporter cet album. Ils créent l’album, lui donne son identité. Sans eux, tout serait dénaturé.

Car les riffs de guitares sont trop fades, rares et pas assez mis en avant, mais dans un titre tel que « Deep Weed », ils se veulent légèrement plus agressifs que d’ordinaire, ce qui apporte un petit plus, mais rien de cassant. Quelques solos cependant se démarquent et ressortent de certains titres tels que « What I Need » et « White Shadow ». Alors que la bassiste essaye tant bien que mal de sortir des sentiers battus et de varier ses lignes, en vain, le batteur, lui, ne semble pas trop diversifier son jeu et ne prend pas de risque. Le chant de Daniel Estrin est bien trop mielleux, clair, calme, et souvent exagéré, surtout dans « Falling » ou « One More Time ». Par contre dans « Pulse 04 », il daigne enfin faire preuve d’un peu plus d’originalité en criant, tout simplement, à la fin…quant aux claviers, ils sont plutôt bons, mais peut-être trop old-school, au niveau des sons, vieillots…tout de même, ils apportent en majorité, pas mal d’ambiance spatiale et futuriste, un point assez sympathique, mais il aurait fallu qu’ils soient légèrement moins sollicités…

Les deux titres ressortant le plus de cet album sont sans doute « Everwaiting » et « White Shadow », fort en atmosphères, prenants, dynamiques…tous les instruments ont vraiment leur place, ils ne sont pas utilisés au détriment des autres. Une homogénéité plus qu’intéressante, d’autant plus qu’on retient aisément les mélodies.

Alors que l’interlude « Between the Sheets », courte et dénuée de guitares, nous laisse sur notre faim, « Sober » est un véritable calvaire, une véritable torture pour nos oreilles…extrêmement calme, mielleux, doux, lent, fade, pop, vieillot, et bien cul-cul…et en plus, il s’agit du titre phare de l’album, car possédant son propre clip…

Enfin, les deux derniers soucis de l’album, c’est d’abord la linéarité. Les structures ont tendance à se ressembler ce qui dénue vraiment le tout d’originalité. Le deuxième souci c’est la lassitude. Au début, on trouve cet opus plutôt sympathique et entraînant, mais il faut croire qu’il n’est pas fait pour durer dans le temps. Au bout de plusieurs écoutes, on pense le contraire, on ne le trouve plus aussi bien, on se dit justement que c’est trop gentillet. Et le surplus de mélodies, même si elles sont très jolies, semblent un peu nous dégoûter.

Décevant au final, « Univers » n’est en fait pas très abouti, et les onze titres ne semblent pas passer aussi vite qu’on le voudrait. Dommage.

 

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