Orphaned Land : All Is One

Ξ juin 13th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Oriental Metal, Progressive Metal |

Orphaned Land : All Is OneDepuis longtemps maintenant, Orphaned Land apparaît comme la figure emblématique de l’oriental metal de par son statut de pionnier au tout début des années 90 mais aussi de par son engagement mondial pour la paix dans le monde et l’unification des cultures et des religions. C’est un fait, les Israéliens font partie des rares groupes à rassembler lors de leurs concerts autant de chrétiens, de juifs et de musulmans sans un seul conflit, chacun d’eux étant enivré par un message universel de fraternité et d’égalité. Il faut dire que les albums du quintet sont explicites, de « Sahara » à « El Norra Alila » en passant par « Mabool » sans oublier le petit dernier « The Never-Ending Way of OrWarrior » mettant bien en valeur la patte d’Orphaned Land, à savoir un death prog alambiqué très oriental et chaleureux. Et puis il y a eu une tournée mondiale, une première tournée européenne d’oriental metal aux côtés des Tunisiens de Myrath et des Franco-Algériens d’Arkan (suivant de prêt les pas de leurs amis Israéliens) ainsi que la sortie de la toute première compilation d’oriental metal par Century Media (inspirée par Kobi Farhi lui-même), l’album solo du guitariste Yossi Sassi, une influence certaine auprès d’autres groupes d’oriental metal comme AIM Project ou Sand Aura, l’obtention d’un prix de la paix en Turquie et la nomination au très prestigieux prix Nobel de la Paix…bref, Orphaned Land est partout.

Pour le coup, après la sortie de l’excellent « Or Warrior » (qu’on abrège pour les besoins de la chronique), l’on pensait clairement devoir attendre six ou huit ans avant de retrouver un nouvel album, comme à l’accoutumer. Il faut dire qu’entre « El Norra Alila » et « Mabool », l’attente aura été de huit ans et qu’entre « Mabool » et « Or Warrior », elle aura été de six ans. En vingt ans d’existence, les Israéliens n’avaient sorti que quatre album et au vu de leurs nouvelles occupations, il était normal de ne pas s’attendre à un miracle. Sauf que…ils annoncent moins de deux ans après « Or Warrior » l’arrivée du nouveau rejeton. On est contents et sceptiques à la fois. Est-ce réellement bénéfique ? La musique s’en retrouvera-t-elle changée ? On savait déjà que le virage vers l’oriental pur et dur était inéluctable, au vu de la prédominance d’instruments traditionnels et de mélodies typiques dans « Or Warrior ». On peut alors deviner un tournant vers le commercial de chez commercial.

Eh bien, pour être commercial, ce petit nouveau, « All Is One », l’est assurément. La durée des titres a diminué : finis les longs morceaux de huit minutes et les structures alambiquées. Orphaned Land va ici droit au but avec une durée moyenne de quatre/cinq minutes et des structures plus simples, moins complexes. Les éléments death metal ont disparu : finis les growls et les riffs lourds, on privilégie le chant clair, les choeurs et les riffs plus doux. Finis aussi les titres costauds, on se retrouve avec plus de ballades (« Brother », par exemple). Enfin, on a des éléments orientaux à la pelle. En veux-tu ? En voilà ! Soli, chants et instruments traditionnels, orchestre (choristes, violons et violoncelles) etc…on en a plein les oreilles. On ne pourra pas dire que ce n’est pas commercial du tout mais on ne leur en voudra pas, car le message est très clair : « People should be judged by their hearts and inner sincerity, not their religious beliefs ».

Après le départ du deuxième guitariste Matti Svatitzski, un des membres fondateurs, pour raisons personnelles, c’est le jeune Chen Balbus qui le remplace, un des élèves de Yossi Sassi. L’album n’est cette fois-ci pas produit par Steven Wilson (Porcupine Tree) mais par le groupe lui-même, mixé par Jens Bogren (Devin Townsend, Bilocate, Opeth…) et enregistré dans trois pays différents : Israël, Turquie (seul pays musulman dans lequel Orphaned Land a le droit de jouer) et Suède histoire d’enfoncer le clou : trois pays, trois religions différentes. La pochette mêle habilement les symboles des religions chrétiennes, juives et musulmanes. Et les paroles sont parsemées de termes en latin, en hébreu et en arabe. Jamais Orphaned Land n’aura été explicite quant au message.

« All Is One » s’ouvre à la manière d’ « Or Warrior » avec un éponyme proche de « Sapari » dans la forme, à savoir un titre rythmé et un hymne à la fraternité. Les chœurs, les violons, les guitares orientales et le chant clair de Kobi sont à l’honneur sans oublier les soli de Yossi. C’est très dynamique et catchy mais la batterie est d’une linéarité, quel dommage ! Matan n’aura jamais été aussi peu inspiré. Heureusement il s’améliore sur « The Simple Man », un titre qui maintient le rythme et nous propose des structures bien orientales : les violons s’envolent, les guitares mènent la danse avec les chœurs…mais le final est totalement identique à celui de « Like Fire to Water » sur « El Norra Alila »…

Disons que, metalliquement parlant, on ne peut pas dire qu’Orphaned Land se soit réellement cassé la tête. Ca reste simple au possible, les riffs alambiqués de Yossi nous manquent ainsi que la batterie inventive de Matan, que ce soit sur « Through Fire and Water » avec du chant féminin (Mira Awad et non Shlomit Levy) et une structure de batterie identique à celle de « All Is One », ou « Shama’im ». Les riffs et les beats sont très pauvres, seul le chant très lumineux et chaleureux de Kobi, les orchestrations grandiloquentes et les instruments traditionnels sauvent la donne. On peut même dire que ce sont ces éléments qui prennent toute la place. Les mélodies, en tout cas, restent très belles, il n’y a rien à dire. On est bercés par les chœurs, les paroles en hébreu ou en arabe, les violons très dépaysant ou l’ultra sensibilité de « Let the Thruce Be Known », qui peut être vu comme le titre phare de l’album tant il est touchant.

Quelques titres restent tout de même plus créatifs comme « Freedom », qui aurait pu figurer sur l’album solo de Yossi car il s’agit d’un instrumental mené par les guitares et quelques éléments orientaux (sitars, percussions, orchestres), ou « Fail », un des titres les plus longs et les plus sombres. La narration est toutefois bien trop longue mais elle laisse place à un titre à cheval entre « Mabool » et « Or Warrior », à savoir plus complexe, moins facile d’accès et plus melo death, avec tout de même du growl et des parties claires très belles. « Our Own Messiah » est aussi efficace avec son alternance de parties plus calmes et de parties plus rapides. On n’atteint toutefois pas ce qui avait été fait avec « Mabool ».

Un gros travail a été fait sur les parties orientales, il est clair qu’aucun groupe n’en aura autant apporté, pas même Orphaned Land dans le passé. Ils se sont surpassés. Par contre, l’overdose n’est jamais très loin car trop d’oriental tue l’oriental. Il ne faudrait pas que les Israéliens dépassent les limites du supportable sur leurs prochaines productions. Ca reste malgré tout agréable si tant est qu’on apprécie toutes ces mélodies arabisantes.

« All Is One » (qu’on peut aussi détourner en « One Is All ») n’est pas le bijou que l’on aurait pu attendre mais il risque de marquer l’histoire de l’oriental metal au fer rouge tant il est riche au niveau des éléments folkloriques et symphoniques. Le message véhiculé est de plus très louable et montre très clairement l’engagement de ces Israéliens. Pour ce qui est des parties metal, on sent un certain relâchement : moins de rage et plus de douceur, moins de complexité et plus de simplicité. C’est sûr que c’est plus « in your face » mais il manque les éléments qui faisaient la personnalité d’Orphaned Land : le prog, l’agressivité, la technique et la richesse des riffs.

 

Sand Aura : Elegy of the Orient

Ξ janvier 22nd, 2013 | → 0 Comments | ∇ Oriental Metal, Progressive Metal |

Sand Aura : Elegy of the OrientSand Aura se forme en Egypte en 2007 autour de Muhammed Hassany et de Shung (Beyond East) dans le but de promouvoir l’oriental metal et de mettre en avant une thématique basée sur la paix, la fraternité et l’unification des cultures, traçant ainsi son chemin sur les pas des Israéliens d’Orphaned Land et des Franco-algériens d’Arkan. Dans un style oriental/progressive/death metal, le quatuor de l’époque (composé de Shung, Muhammed, Basma et Mustafa) sort son premier EP en 2011 avant de le rééditer en 2012 chez les Russes d’Haarbn Productions, avec deux nouveaux titres et une nouvelle pochette.

D’un point de vue musical, on se retrouve avec un oriental metal très similaire aux Israéliens et aux Français. A savoir un death progressif teinté d’éléments folkloriques orientaux et guidé par plusieurs chanteurs. Dans ce « Elegy of the Orient », ce sont trois vocalistes qui se partagent les morceaux, à savoir Muhammed pour les growls, Basma pour les chants arabisants féminins et Mustafa pour les chants traditionnels égyptiens et les choeurs. Cette alternance apporte beaucoup de complicité entre les membres ainsi qu’un côté authentique et très chaleureux. On découvre ainsi plusieurs histoire, racontées par plusieurs narrateurs ou personnages, selon les passages. On évite ainsi de tomber dans la linéarité en passant de l’extrême au soft et inversement, histoire de varier les plaisirs.

On le découvre d’office avec le très long « The Sand Aura (from the Land of Nod »), une fresque orientale perdue quelque part entre un « The Neverending Way of OrWarriOr » (Orphaned Land), un « Slaves for Life » (Amaseffer) ou un « Undama Tath’hur Al Shams Mn Al Gharb » (Narjahanam) en moins black metal, mélangeant le prog, le death, quelques touches symphoniques et les percussions orientales. L’ambiance nous permet de toucher du doigt les sables de l’orient grâce à cette fusion d’éléments tous aussi bien emboîtés les uns que les autres tandis que la production, même si loin d’être excellente, apporte cette touche naturelle qui permet de mettre en avant le tranchant et la mélodie des guitares.

Le duo des « Orphaned Child », long d’une douzaine de minutes en tout, met en valeur une ambiance plus sombre et mélancolique. Les nappes de claviers sont plus froides et le growl de Muhammed plus féroce, sans oublier les breaks instruments et les moments où le chant en arabe est à l’honneur. Dommage toutefois que la voix de Basma soit recouverte d’un enrobage synthétique à un certain endroit. Le charme de son timbre disparaît.

On retrouve aussi « Fountain of Moses », le morceau choisi pour faire partie de la compilation d’Oriental Metal sortie l’an passé chez Century Media. Une instrumentale grandiose, bercée par des guitares et des claviers arabisants. La mélodie principale est très typique, et pour cause, il s’agit de la reprise d’une chanson traditionnelle de la région appelée « Hava Nagila », version metal. Sans oublier le dernier bonustrack « Sidi Abd El-Raheem », en chant clair arabe, assez expérimental et groovy dans l’ensemble, avec sa guitare technique et envoûtante.

« Elegy of the Orient » est le premier jet particulièrement réussi de Sand Aura qui si n’atteint pas la perfection, touche du doigt l’authenticité et l’émotivité d’un « Orwarrior » d’Orphaned Land.

 

Anuryzm : Worm’s Eye View

Ξ juin 8th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Oriental Metal, Progressive Metal |

Ayant pour origine le pays du cèdre, le Liban, le projet « Anuryzm » emmené par le guitariste John Bakhos aura parcouru moult pays passant de la Turquie, au Canada, pour finalement s’installer aux cosmopolites Emirats-Arabes-Unis. Un projet qui avait été placé un temps en stand-by avant d’être relancé en 2007. Il prendra un tournant majeur lorsque John obtiendra la présence de l’ex- « Opeth », Martin Lopez sur le premier album qu’il envisage de réaliser. Une équipe est donc rassemblée autour de John avec la garantie de la venue de l’illustre batteur suédois. Celui-ci ne sera pas le seul invité. Le bassiste de jazz Rami Lakkis et le claviériste de « Textures » et d’« Ethereal » Uri Dijk complètent le tableau. Ensemble ils vont créer « Worm’s Eye View », le pendant arabe de « Textures ».

En effet, dès mise en lecture, cet opus nous offre droit à du « Textures »-like sans ambigüité. Sur « Fragmenting the Soul », « Anuryzm » y pratique un metal progressif moderne qui allie mélodies radieuses, un soupçon d’électro et de chant core. On ne devrait pas parler de riffs mais bien d’un courant électrique venant alimenter les circuits d’une machine. Le riffing particulièrement saccadé fera vivre un être inspiré par le chaos sur « Sintax of Trinity ». L’aspect malsain où s’est greffé une légère dose de musique orientale, sera chassé par une brise de mélodies enivrantes sur la seconde partie de piste. Comme pour « Fragmenting the Soul » nous aurons derechef un duel entre chant clair et chant core. Une dualité que nous retrouverons également sur le tourmenté, mais néanmoins rayonnant et lucide « Breaking the Ballot ». Pareil pour l’éponyme « Worm’s Eye View », bien que le chant clair y prenne encore pour cette fois une position plus déterminante. Un titre intéressant, car outre le vibrant tumulte qui irrigue le morceau, on nous met dans les coulisses d’un complot, d’un assassinat politique. Ainsi, l’entame se comprend comme une conversation entre un snipper et son commanditaire.

Il est assez surprenant de trouver ici une formation issue du monde arabe parvenir à un tel niveau technique ou de jouer un metal moderne aussi technique et aussi bien fignolé. Le jeu est particulièrement riche et équilibré, même si cela tient parfois de l’automatisme si on prend en compte la seule rythmique de « Wind Awake ». Car pour ce qui est du reste sur cette piste, on userait de douceur et de beaux artifices. Cette limpidité, cette fraicheur n’arrivera cependant pas à égaler celle de « Where Mockery Falls ». Le morceau se compose en deux parties bien distinctes musicalement: la première à tempo lent, jouissant d’une ambiance légère et jazzy, avec l’orgue Hammond en toile de fond; la seconde explosive et ravageuse. Le contraste est assez prononcé. On passe directement du jour à la nuit, du paradis à l’enfer. La rythmique frénétique de cette seconde partie de « WhereMockery Falls » aurait tendance à s’assimiler à celui de « Killing Time ». Seulement cette violence perdra au fur et à mesure de sa substance par une insertion efficace de mélodies progressives des plus sympathiques et rafraichissantes. Pour ce qui est des mélodies « Skygazing » fait aussi le plein. Ce qui est frappant c’est que nous avons là une ballade façon « Metallica ». Même le chant de Nadeem Bibby s’obstinerait à créer la confusion avec ce fameux groupe.

« Worm’s Eye View » nous fait voir la scène arabe d’un œil différent. Dès le premier ouvrage cette formation libanaise implantée dans le golfe persique parvient à égaler les meilleures formations occidentales du genre. Égaler au point d’y ressembler, voir trop ressembler concernant sa forte similitude à « Textures », dont la musique élaborée semblait tenir à l’épreuve de toute copie. On voit là que la participation de Uri Dijk a du jouer. Au moins elle aura été profitable, bien plus que celle de Martin Lopez qui donnerait ici une prestation moyennement calibrée pour ce style de musique. On critique, on critique, mais nous verrons comment « Anuryzm » s’en tirera avec un claviériste et un batteur à part entière. Pour le moment il faudra leur reconnaître un bon lancement, dont le Moyen-Orient pourrait s’estimer fier.

15/20

Originally reviewed by AlonewithL from Spirit Of Metal webzine.

The review can be read here:

http://www.spirit-of-metal.com/album-groupe-Anuryzm-nom_album-Worm’s_Eye_View-l-fr.html

 

Bak : Painter

Ξ mai 14th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Oriental Metal, Progressive Metal |

Bak : PainterBak ! Non je ne vous invite pas à aller dans le Bak à sable, mais il s’avère que Bak nous fait un come Bak en ce printemps 2012. Les Australiens avaient déjà fait bonne figure avec un premier opus nommé « Sculpture », mettant en musique un opera rock/metal très oriental, où se mêlaient autant d’éléments prog que d’éléments arabisants et Queen-esque.

Pour ceux qui ne le savent pas encore, le metal oriental ne se situe pas qu’au Moyen Orient, bien que les fondements y soient bien ancrés. De nombreux groupes ont commencé à percer dans le domaine, que ce soit aux Etats Unis, en France, en Russie ou en Australie, avec l’émergence de The Horn et ici, de Bak. Dîtes adieu aux kangourous et autres kiwis, dîtes bonjour aux chameaux et aux ibis ! Il va faire très chaud, et on va en avoir bien besoin, avec ce soleil qui se fait discret et ce vent qui se veut frais.

En attendant la sortie d’un futur nouvel album, c’est un EP qui nous est offert, un EP coloré et chaleureux, faisant l’apologie de la paix et de la préservation de l’écosystème. Ici, Bak change de domaine et passe de la Sculpture à la peinture. Et il y a bien une raison à cela : il existe un homme portant le nom de Samuel Bak, un peintre qui a échappé à l’holocauste, qui a étudié l’art en Israël et qui a réalisé plus de cent vingt cinq œuvres sur le thème d’Adam et Eve. Les Australiens se sont inspirés de son travail pour nommer leur nouvel EP.

La pochette est donc plus colorée, mais reflète toujours l’univers de Bak, avec la représentation de la Terre. Le trio s’adresse au monde entier à travers sa musique, se rapprochant pour le coup d’Orphaned Land, qui réussissent, grâce leur chansons, à réunir catholiques, juifs et musulmans sans effusion de sang. Le rapprochement avec les Israéliens n’est pas si incongru que ça musicalement, sachant que dans le premier titre « Us All », on retrouve des narrations dignes de celles de Kobi Farhi et des riffs pas loin de ceux de Yossi Sassi.

Parlons donc de ce morceau. Une fois de plus, Bak s’est entouré d’invités pour ce qui est de l’utilisation d’instruments traditionnels égyptiens ou indiens, que ce soit les percussions, les mandolines et quelques chants. On retrouve aussi les touches symphoniques déjà perçues sur le « Sculpture » avec ces guitares aux soli très rock et aux riffs plus lourds. Mais il faudra attendre la suite pour avoir une plus grande idée du potentiel de Bak, qui met le paquet sur l’aspect oriental de sa musique. Très mythologique, parfois mystique sur « Creation » avec ces ambiances très relevées. C’est surtout de l’instrumental, laissant souvent de côté les guitares, afin de transporter l’auditeur dans un autre monde.

Cependant, si vous voulez vous rendre compte de l’étendu de l’imagination de Bak, il faudra se tourner vers le très long et progressif « What Have We Done ». Un morceau en demi teinte cependant. Les événements défilent sous nos yeux, et on peut dire que la progression est très bien faite. Toutefois, on peut vite se retrouver agacé par les timbres très aigus des voix masculines. Ces dernières rappellent des voix typées heavy metal, sans le côté vif et aiguisé. Par contre, on appréciera davantage le chant principal, plus posé et arabisant, en totale adéquation avec la musique. On alterne donc entre parties acoustiques orientales et parties plus metal, plus rentre dedans, avant d’arriver à un déferlement de riffs proches de chez Dream Theatre, faisant place au côté hargneux qui manquait : tranchant des guitares, envolées de violons, et même growls.

Malgré tout, si on prend l’ensemble de ces quatre morceaux, l’EP manque de piquant, de moments forts, tout étant porté sur l’ambiance égyptienne. Toutefois, il semblerait que Bak s’accroche moins à ce qui faisait leur personnalité sur « Sculpture ». Ici, c’est plus soft, moins diversifié, moins prenant, même si l’utilisation des instruments traditionnels est du plus bel effet. On attend donc un album plus fourni, un peu plus teigneux, et surtout moins long, les titres les plus longs comportant tout de même pas mal de remplissage.

PS : une fois de plus, attendez vous à recevoir des haricots si vous commandez leur opus.

 

AIM Project : Bismillah

Ξ mai 8th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Oriental Metal, Progressive Metal |

AIM Project : BismillahSi je vous dis metal progressif et Tunisie, vous penserez sans aucun doute à Myrath. Oui mais pas tout à fait. Bien que ce groupe soit le fer de lance de la scène metal tunisienne, il y a un jeune homme qui fait parler de lui depuis plusieurs années, et surtout depuis la sortie de son premier album solo et instrumental, « A Neverending Pain of a Betrayed Man ». Je parle d’Anas Abid.

Malgré son jeune âge, le guitariste a tout de même une certaine expérience derrière lui en plus d’avoir grandi dans une famille bercée par la musique arabe. C’est donc tout naturellement que le musicien a décidé de mêler ses origines culturelles à sa passion dévorante pour le metal afin de créer une musique qui sort de l’ordinaire.

Les chroniques encourageantes et les diffusions de ses morceaux sur différentes stations de radio l’ont poussé à élargir ses influences et horizons. D’où ce nouveau project, AIM Project, censé mettre en relation l’occident et l’orient, le prog et la musique traditionnelle, au sein de quatre morceaux regroupés dans un petit EP nommé « Bismillah ».

« Bismillah » vient de la contraction de deux termes arabes « bismi » et « allah » signifiant « au nom de Dieu ». C’est un mot que l’on utilise avant de faire quelque chose, que ce soit manger ou boire. C’est aussi un terme encourageant et une façon de se préparer à faire des bonnes choses. C’est aussi un appel au soutient de son Dieu, pour recevoir ses bénédictions. C’est ce qui donne la force d’aller de l’avant pour les musulmans. C’est aussi le nom du premier morceau de l’EP, une instrumentale courte de deux minutes, qui met en avant les qualités guitaristiques d’Anas. L’ensemble reste rythmé, même si ce n’est pas très dynamique. C’est juste une entrée en matière, avec une mélodie arabisante qui rappelle fortement celle du début de « Birth of the Three » d’Orphaned Land. Les Israéliens ne sont jamais très loin lorsque l’on parle d’Oriental Metal.

Pour le moment, pas de quoi nous faire tourner la tête, ça reste assez classique dans l’appréhension du mélange prog et oriental, et encore plus dans « The Judgement Day » aux riffs rappelant parfois Myrath ou même Dream Theater (d’un côté, les Tunisiens en sont fortement influencés). Il y a du chant dans ce nouveau projet d’Anas, les parties criées étant confiées à Florian Thérèse. Pas de grande originalité de ce côté là, tant dans la technique de chant que dans l’enchaînement des riffs. Certes, Anas sait manier son instrument, mais il lui manque encore cette patte personnelle qui le différencierait des maîtres et des ersatz du moment. « Ruins of Azl’Aôm » par contre, apporte une pêche d’enfer et pas mal d’éléments supplémentaires, que ce soit des riffs endiablés et alambiqués et des orchestrations soignées de Julien Marocco, qui était aussi présent sur l’album « A Neverending Pain of a Betrayed Man ». L’aspect oriental se fait davantage ressentir, dans les ambiances, les riffs et le chant arabe de Salomé Perli, au timbre qui se rapproche de celui de Shlomit Levy (OL). D’ailleurs, le final acoustique à la luth rappelle une nouvelle fois les Israéliens sur le final de leur première version de « The Storm Still Rages Inside ». Encore une fois, les maîtres de l’oriental ne sont jamais loin !

C’est sans doute « The Mirror of Life » qui change un peu, malgré le riffing principal très proche des grands du prog. L’ambiance est bien chaleureuse, avec cette dualité de guitare et la voix aérienne de la guest Aleksandra Radosavljevic. Les influences sont bien intégrées même si le mélange de sonorités peut apparaître un peu brouillon. Toutefois, le tout embarque l’auditeur, autant dans les parties plus lancinantes que dans les parties plus rapides et agressives.

Il est de plus en plus risqué, désormais, d’officier dans l’oriental metal quand on ne prend pas assez de risque pour créer une musique qui change et qui apporte une émotion nécessaire. Anas Abid, justement, ne semble pas être assez casse-cou, sans doute à cause de ce désir de toucher le plus de monde possible. Mais dans ce domaine là, il faut vraiment prendre de l’avant et se forger une identité solide. Ce « Bismillah », malgré ses bons points, n’est pas assez fort et couillu pour sortir du lot car trop proche, dans tous les cas, des sorties prog et/ou orientales.

 

Bak : Sculpture

Ξ avril 19th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Oriental Metal, Progressive Metal |

Bak : SculptureSi vous deviez entreprendre des recherches afin de vous procurez du metal oriental, vers quels pays vous tourneriez vous ? L’Egypte, l’Israel, l’Arabie Saoudite, la Turquie…cela se comprend. Mais penseriez vous à chercher du côté de l’Australie ? Bien que ce soit le pays d’AC/DC, c’est aussi le pays de quelques formations marginales influencées par la mythologie égyptienne, à l’instar de Nile et de Karl Sanders aux USA. Si The Horn, par exemple, a déjà fait ses preuves en matière d’oriental black metal, Bak, lui, a encore beaucoup de temps d’années devant lui. Formé en 2010 à Sydney par trois mordus de mythologies orientales, le groupe met tout en œuvre pour s’octroyer un visuel tout ce qu’il y a plus arabisant, loin de la culture aborigène de leur contrée. Preuve en est, « Bak » était le nom d’un chef sculpteur d’Heliopolis, pendant le règne du pharaon Akhenaton, ce qui justifie le nom de leur premier album, « Sculpture ».

Ici, pas de didgeridoo ou autres instruments australiens, nous nous retrouvons avec un ensemble 100% oriental. Rien n’est feint, tout est naturel et bien fait, de quoi donner des boutons aux grosses pointures du genre ! En effet, Bak n’a rien à envier à ses aînés, sa musique est forte, sensuelle et archi chaleureuse, mélangeant metal, rock, prog, symphonique et folk. Les premières notes de « The Search » dépaysent déjà, avec son violon arabisant et sa mandoline, avant de nous embarquer dans un rythme exotique, où se côtoient aussi bien les riffs ravageurs que les chants clair et growlés. Les saccades et ce mélange rappelleront Orphaned Land, la lourdeur en moins.

Tout est vrai et authentique sur ce « Sculpture », que ce soit la variété des instruments traditionnels et des vocaux sur les longs « Can’t Understand » et « Not Just Your World ». Bak a invité des musiciens aguerris pour sa musique, que ce soit des membres de l’orchestre symphonique de Sydney, des chanteurs ou des musiciens ethniques, du Moyen Orient ou de l’Inde. Ce sont donc des personnes qui s’y connaissent et qui offrent à Bak leur savoir faire afin de rendre au mieux l’aspect folk et oriental des compositions. Les guitares metal renforcent la lourdeur, même si elles ne sont pas souvent présentes, car ce sont les ambiances et les chants qui priment, et non les éléments purement metal, bien que « Pay » apporte plus d’agressivité et une touche neo metal à ces claviers très oniriques.

Bak adore rendre ses compositions complexes dans certains morceaux, même si certaines parties peuvent être très simplistes et ne laisser apparaître que un ou deux instruments avec une voix. Ce n’est pas le cas sur « Our Time » qui nous en fait voir de toutes les couleurs avec son mélange d’opera, de mythologies, d’orient, de thrash et d’éléments oniriques. On retrouve même du neo-classique avec cette guitare archi mélodique à la Skyfire.

Je vous aurais bien parlé de Prince Of Persia, bien que la position géographique ne corresponde pas. Cependant, « Sands of Time » correspond bien à l’idéal musical de ce jeu vidéo avec ce groove imparable à la guitare et sa mélodie arabisante. Ajoutez les percussions, les instruments traditionnels, et tout y est.

Bak nous offre une épopée orientale hors du commun, riche et très dépaysante, destinée à tous les amateurs du genre et à ceux qui désirent découvrir de nouveaux horizons. Même si Bak, en soit, n’apporte rien en matière d’oriental, il faut dire que l’impression d’être en compagnie de pharaons ou de scribes existe bel et bien à l’écoute de ce « Sculpture » bien ficelé, quoique parfois un peu trop mou et trop gentillet. Une belle réussite en tout cas.

PS: et si jamais vous désirez vous procurer le CD, attendez vous à une surprise de taille dans le package…

 

Yossi Sassi : Melting Clocks

Ξ avril 16th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Oriental Metal, Progressive Metal |

Yossi Sassi : Melting ClocksEn 1991, Yossi Sassi fondait avec ses amis le groupe légendaire Orphaned Land, précurseur du metal oriental dans le monde entier. Vingt ans après, ce même guitariste décide de créer davantage afin de montrer la musique qui est en lui. Toujours autant attaché au projet qu’il appelle « le projet de sa vie », le jeune israélien ne s’éloigne pas pourtant d’Orphaned Land mais se créé son propre one man band en composant et produisant lui-même sa musique.

Les talents du musiciens ne sont plus à prouver. On se souviendra de ses solos d’exception dans Orphaned Land, notamment celui de « The Warrior » avec plus de quatre minutes d’intensité et d’émotion. De plus, le sieur sait jouer plus de 17 guitares et instruments traditionnels différents tout en expérimentant constamment et en proposant de nouveaux horizons. En plus de cela, Yossi Sassi a eu l’occasion de partager la scène avec des grandes figures metalliques telles que Metallica, Steven Wilson ou encore Marty Friedman et de coopérer avec des artistes internationaux, en plus de tourner dans plus de trente pays.

Après la tournée européenne entièrement orientale aux côtés d’Arkan et Myrath, le musicien s’attaque maintenant à la sortie de son premier album solo et à une première tournée déjà complète. Arrive donc « Melting Clocks », un album étonnant et bien différent de ce qu’a eu l’habitude de nous proposer l’Israélien. Ce dernier se charge de la majeure partie des guitares ainsi que de jouer du clavier, de l’oud, du saz, du bouzouki et autres instruments traditionnels. Il s’entoure de musiciens avertis pour ce qui est du piano, des percussions, des flutes en roseau et kaval, des violons et d’autres parties guitares. On retrouve donc Marty Friedman (ex-Megadeth) à la gratte sur « The Routine » tandis que Yossi se charge de la basse.

L’album « Melting Clocks » est une œuvre conceptuelle sur la vie, peut-être la vôtre, celle que vous vivez tous les jours. Le matin vous vous levez, vous voyez les rayons du soleil (« Fields of Sunlight »), vous devez vous dépêcher pour aller au boulot (« The Calling : Rush Hour ») et vous vous rendez compte que vous ne vivez que parmi des chiffres et des nombres, avec, finalement, peu de mots (« Number’s World »). Toute la journée vous êtes envahis par vos pensées, vous vous dîtes sûrement que vous n’êtes pas si bien que ça (« Ain’t Good Enough »), vous réalisez ce que vous faîtes de votre vie dans cette routine (« The Routine »). Vous aimeriez vous détendre et vous vous mettez à rêver, le temps de quelques minutes (« Sahara Afternoon »). A la fin de la journée, vous vous reposez un peu, tout en vous disant que vous vivrez la même chose le lendemain (« Simple Things »). La nuit, vous allez vous coucher, avec le sentiment que les choses sont compliquées. Vous faîtes face à vos peurs et à cette montre qui vous suit partout, à longueur de journée. Vous sombrez dans le rêve jusqu’au réveil le lendemain matin (« Melting Clocks »).

Yossi vous offre donc un voyage musical qui vous suit le temps d’une journée, alternant les genres et les ambiances, mélangeant l’Est et l’Ouest, le hard rock et la World Music, ainsi que des parties ambientes. Vous aurez de tout dans ce « Melting Clocks », mais surtout un condensé de douceur et de chaleur. Pas d’agressivité, cet album est le reflet de notre vie quotidienne, mélange de l’univers de Yossi et de ses propres inspirations. Les trois premiers morceaux rappellent sans aucun doute l’œuvre de Satriani, avec cette guitare insistante et chanteuse, remplaçant irrémédiablement une voix. Toutefois, le musicien ne se tourne pas du côté des guitar hero, au contraire. Même si son jeu est maîtrisé et très mature, il n’est pas dans le domaine de la technique et de la démonstration à tout prix. Il s’agit plus d’un metal/rock progressif à la croisée des genres, où se côtoient autant de parties occidentales que de parties orientales, comme « Drive » et ses breaks folk symphoniques proche du dernier Orphaned Land.

Ainsi, les non initiés à la musique arabisante pourront y trouver leur compte, l’exotisme n’étant pas l’élément majeur des compositions de Yossi. « The Calling : Rush Hour » par exemple, met l’accent sur un heavy rock lancinant tandis que « Ain’t Good Enough » ou « Another Day in the Office » se rapprochent davantage d’un hard rock surexcité, mélangeant le chant tantôt énervé tantôt aérien de Yossi ainsi que ses solos implacables, comme une seconde voix.

« Number’s World », le titre phare de l’album, est sans aucun doute le plus fort et le plus riche en sonorités. Il s’agit d’un rock/hard rock oriental très chaleureux, bien que mélancolique, où s’alternent couplets occidentaux et refrains orientaux très fournis avec son mélange de guitare électrique/acoustique et son panel d’instruments orientaux. Une belle réussite, avant le jazzy « Melting Thoughts », guidé par le tic tac d’un réveil en guise de rythmique et par la voix suave de Marina Maximilian Blumin, qui rappellent les parties féminines chantées sur le « Moon Safari » du groupe Air. On peut aussi rêver sur l’arabisant « Sunset » ou se laisser porter par un « Simple Things » attachant et très mélodique.

Ce voyage se termine par la version instrumentalisée de « Melting Thoughts », à savoir « Melting Clocks », comme si vous recommenciez encore une fois votre routine. Mais vous avez encore le choix. Allez-vous, encore et toujours, vous réveiller le lendemain au sein de cette routine qui vous fatigue et vous empêche de vivre vos rêves ? Ou prendrez-vous le temps de tordre ou de faire fondre l’horloge qui vous suit, tel le boulet du prisonnier, afin d’apprécier chaque moment de votre vie et de faire ce que vous aviez toujours eu envie de faire, qu’importe le prix ?

Peut-être trouverez vous votre réponse en écoutant cet album homogène et particulier, loin de ce qu’on a pu entendre venant de Yossi Sassi mais à l’image de sa sincérité et de son sens de l’intensité.

 

Deathbringer : Homo Divisus

Ξ mars 14th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Death Metal, Progressive Metal |

Deathbringer : Homo DivisusDeathbringer, c’est une formation aux différentes couleurs et nationalités, les membres étant biélorusses ou polonais et leur musique très métissée. Chacun apporte sa pièce à l’édifice, sa façon de voir les choses en fonction de son pays et de sa culture. Cela ne nous étonnera donc pas de constater que le death metal de Deathbringer se retrouve aussi carré et précis que le death metal polonais mais aussi très progressif, technique et mélodique, comme ce qu’ont l’habitude de nous concocter les pays de l’Est.

Ce n’est pas pour rien que la production a été confiée à Szymon Czech (Sceptic, Vesania, Devilish Impressions) dans les Studios X en Pologne et que certaines parties guitares ont été réalisées par Jacek Hiro. Le rendu est assez impressionnant, dans la mesure où le savoir faire de chacun se fait ressentir. De plus, le death progressif de Deathbringer se veut très long, avec des morceaux approchant les treize minutes, pour le meilleur et pour le pire…

Pour le meilleur car il s’agit d’un death metal intelligent, avec des structures calculées bien que peu définies tant tout part plus ou moins dans tous les sens. Les titres, dans leur globalité, comportent énormément de parties suivant, bien évidemment, une logique prédéfinie comme un « Prisoner » ou un « I Am What I am », très long mais assez bien construit, dans un style très technique et mélodique, avec une voix pas loin d’Anders Friden période « Clayman ».

Le groupe nous octroie des accélérations du plus bel effet, passant de parties lancinantes à quelque chose de plus agressif. Chaque instrument est à l’honneur, les guitares ayant le premier rôle mais n’omettant pas de laisser une place à la basse qui nous fait des lignes quelque peu fantaisistes. Ajoutez à cela la qualité des textes, des thèmes philosophiques ou existentiels et on se retrouve avec un death prog mélo avec des touches heavy assez attrayant vu de cet aspect là. « Black Pilgrim » peut faire partie des titres à retenir, alternant bien les différentes humeurs et parties, proposant des touches atmosphériques voire djent à certains moments.

Pour le pire car il est très difficile de suivre la cadence ! Le groupe a beau avoir l’audace de faire de son death prog un metal très complexe, il n’en demeure pas moins « casse gueule ». Si on n’arrive pas à suivre les premières minutes et les premières techniques, on se retrouve perdu jusqu’au bout ! Et c’est le risque, dès qu’on s’attache à des groupes de prog. Alors oui, Deathbringer pourrait se situer dans la même veine que Cynic, il possède ce petit grain de folie perturbant, mais malgré des passages plus conventionnels et plus ancrés dans un esprit death mélodique, il n’empêche que l’écoute est compliquée et qu’on peut vite être lassée.

Petit point non négligeable, les reprises ! On comprend mieux d’où vient ces touches heavy et ces relents death metal floridiens. Nous avons donc droit au « No Mean City » de Nazareth et au « Flesh and the Power It Holds de Death. Deathbringer accélère le rythme et l’agressivité pour le premier, ajoutant sa touche technique et progressive au sein du titre (on atteint quand même les huit minutes au lieu des six minutes). Le chant se rapproche du black selon les intonations et finalement, on se retrouve avec le morceau le plus maîtrisé et le plus accrochant de l’album. Pour ce qui est de Death, Deathbringer affirme (ou confirme) son admiration pour cette formation américaine pionnière du death metal. Rien de réellement extravagant ici, il s’agit tout simplement d’un hommage, rien de plus.

Que retenir de ce « Homo Divisus » ? Que c’est du death progressif bien complexe qui peut toutefois ravir les inconditionnels de titres tortueux et difficiles à analyser. Il faut simplement réussi à rentrer dans l’univers de Deathbringer sans lâcher prise une seule fois et c’est là qu’on peut découvrir tout le potentiel de ce groupe particulier qui arrive, tout de même, à intégrer des passages saisissants.

 

Harmony In Grotesque : Painted by Pain

Ξ février 17th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Death Metal, Progressive Metal |

Harmony In Grotesque : Painted by PainCe n’est plus nouveau : la scène russe est très riche, que ce soit en matière de black symphonique ou en matière de doom ou de death metal, si bien que les labels spécialisés dans le genre foisonne et propose régulièrement de nouveaux groupes ou de nouveaux albums tous aussi intéressants les uns que les autres. Harmony In Grotesque n’est pas tout jeune pourtant, sa formation datant de 1998. Mais ce n’est que récemment que le sextet s’est enfin décidé, après un DVD, signant chez les Ukrainiens de Arx Productions et étant distribué par Solitude Productions. Voici donc « Painted by Pain ».

Originaire de Sibérie, tout comme ses confrères de Kamlath, et officiant dans le même style de musique, Harmony in Grotesque s’acoquine avec le dark metal, progressif de surcroît, et nous surprend en s’accaparant bons nombres d’influences, que ce soit des influences death ou doom. Ainsi la majeure partie des titres sont très longs et surtout riches, rempli de mélodies et d’ambiances mélancoliques. C’est avec délicatesse que les Russes nous offrent dix titres soudés et souvent atmosphériques, malgré l’offensive du riffing death et des growls de Paul. Que ce soit le côté harmonieux et planant de « Frozen Blood of Trees », le côté acoustique à la Opeth sur « Aegrimonia Profunda », le côté bien death puis jazzy sur le final de « Scars in Memory » avec l’aide d’un chant féminin et le côté irrésolument froid et naturel sur « Siberia », Harmony in Grotesque sait faire de chaque titre un hymne particulier, proche de ses racines.

Malgré les apparences, c’est avec douceur que le sextet nous embarque, nous offrant un panel d’instruments, apportant une certaine richesse au niveau des mélodies et des atmosphères. Piano, claviers, violons, flutes, xylophone, instruments traditionnels, tout y est afin de nous proposer presque une heure de dark metal atmosphérique et progressif. Il ne faut pas avoir peur de la longueur, on passe facilement de deux minutes à dix minutes de façon déconcertante, les morceaux intermédiaires (~5 minutes) étant tout aussi prenant et impressionnant (l’instrumental « Gift Bringing Pain » mélangeant death/doom/dark et symphonique). Sans oublier « Slumber Stopped the Time » et ses nombreux changements de rythme parradés de voix claires étranges, de riffs tordus et d’une basse en folie.

Une bonne surprise pour Harmony In Grotesque livrant un album relativement riche, révélant de nouvelles choses à chaque écoute. Ce « Painted by Pain » n’est pas à prendre à la légère bien au contraire, d’autant plus que les sessions d’enregistrements auront été longues, la première ayant eu lieu en 2006 pour les parties batterie. Les Russes auront donc pris leur temps, et ce n’est pas un défaut, dans la mesure où ils ont réussi à concocter un opus révélateur et très varié.

 

Nerve End : Axis

Ξ janvier 21st, 2012 | → 0 Comments | ∇ Progressive Metal |

Nerve End : AxisLes mouvements djent ne cessent de s’accroître et touchent les jeunes formations en particulier. Popularisé par Periphery ou encore TesseracT, cette vague s’intègrent autant dans le hardcore que dans le metalcore, le deathcore, ou le math mais tous possèdent cette caractéristique bien précise : un style syncopé, progressif et polyrythmique avec quelques touches d’expérimentation.

La Finlande est elle aussi touchée par le virus djent. Nerve End vient de Joensuu et se compose de quatre gars motivés et ambitieux. Auteurs d’un premier EP en 2010, fiers des nombreuses impressions reçues ces derniers mois, les finnois sortent un nouveau petit essai fin 2011, en prévision d’une tournée au printemps prochain si tout se passe bien.

Quatre morceaux composent cette galette auto produite. C’est le chanteur/guitariste Joonas Kaselius qui s’est chargé de la production et de l’enregistrement, tout en donnant carte blanche à Aurelie Curie, une exploratrice urbaine aux USA, pour l’artwork sombre et aseptisé, et en invitant Aleksi Sihvonen (Norther, Medicated, ex-Imperanon) en guest.

Le groupe officie dans un metal moderne proche de l’hardcore mais en mélodique et avec ces relents djent et progressifs. L’entrée en matière se fait avec « Venom Willow » nous gratifiant déjà de sonorités électroniques ainsi que des riffs caractéristiques saccadés et polyrythmiques, avec ce claquement djent très pointu. Le chant crié de Joonas est assez inégal dans l’ensemble mais lorsqu’il est plus maîtrisé, il sied parfaitement à l’ambiance moderne dégagée sur cet EP. Le refrain par exemple reflète bien ce côté hypnotique que l’on retrouve dans le côté répété de certains riffs et des parties aériennes en fond. L’apparition d’Aleksi n’apporte pas grand chose, si ce n’est sa voix éraillée et son growl occasionnel en fin de morceau.

Parfois proche d’un Uneven Structure ou d’un Vildhjarta sur « The Squid » avec son ambiance glauque et étrange, Nerve End finit toujours pas revenir du côté des touches électroniques qui bercent l’ensemble des titres, tout en nous gratifiant de riffs mélodiques et maîtrisés, bien que déjà entendu des milliers de fois. Sur un « Axis of Rotation », on retrouve, en partie, des éléments mélo death pas loin du nouveau Norther, entres autres, à la différence que la voix reste toujours audible, furieuse ou aérienne, tout dépend des moments.

Nerve End ne manque pas de ressource, maîtrisant ses soli et tapant dans le mille en se situant dans un courant moderne et dans l’air du temps. Il faudra seulement faire attention aux fautes de justesse dans le chant et aux pièges du djent, pour ne pas tomber dans la banalité. Il ne manque plus qu’à confirmer ça avec un premier full length, tout en essayant d’intégrer un peu de folie et de fraîcheur.

 

Sworn (ARM) : Tended High

Ξ novembre 9th, 2011 | → 7 commentaires | ∇ Death Metal, Progressive Metal |

Sworn (ARM) : Tended HighComment ne pas succomber à la magnificence d’une œuvre vous transportant au-delà de toute espérance ? Le piège de l’addiction peut être tout proche à mesure que vous vous imprégnez d’un ensemble musical et de l’univers d’un groupe.

Ces tons de bleu ainsi que cette vue sur les sommets infinis d’un château ne sont que les reflets même du transport musical ainsi que de notre envie de céder et de ne plus lutter face à cette harmonie de notes et de couleurs.

Les arméniens présentent leur deuxième œuvre en 2006, nommée « Tended High », un titre ne pouvant que nous inciter à aller encore plus haut et plus loin. Pourtant méconnu, ce petit quintet a plus d’une corde à son arc en ce qui concerne l’inspiration et la création car au sein sept titres on atteint un stade de plénitude absolu, c’est le moins que l’on puisse dire. Sworn est à ne pas confondre avec le groupe norvégien de black mélodique du même nom car ici il s’agit de death/black mélodique, atmosphérique et progressif. Beaucoup de termes pour qualifier la musique des arméniens. En tous les cas, il est sûr que rien n’a été bâclé, la qualité des morceaux le prouve totalement.

Si vous voulez vous bercer de mélodies mélancoliques et magnifiques le temps de quarante et une minutes, cet album est à vous. Beau, riche, diversifié, « Tended High » est un très beau condensé d’émotions et d’ambiances effectué grâce à des parties acoustiques à la Opeth mais aussi grâce à des claviers imposants, planants et parfois symphoniques, parradés de guitares tranchantes.

Si le death prog de Sworn peut irrémédiablement évoquer Opeth, il y a bien d’autres figures du metal extrême pouvant faire leur apparition lors de l’écoute de cet album. Notamment les « héros » de nos compositeurs, à savoir Ihsahn, Samoth, Garm et Vortex. L’hommage à ces messieurs est non seulement rendu à la fin du livret, mais l’écoute approfondie de l’album nous met aussi sur la voie. Alors que les deux premiers ont apporté une influence particulière sur la composition des morceaux, des atmosphères et des parties black proches du travail d’Emperor sur les derniers opus, l’influence Garm/Vortex se fera davantage sur les vocaux, et surtout le chant clair, n’empruntant pas le même timbre mais plutôt les mêmes intonations et utilisations, histoire de relever le côté astral, atmosphérique, limite cosmique de morceaux tels que « In My Soul Despair » ou « Church Obliteration ».

Hormis cela, nous nous retrouvons avec des titres longs, fouillés et différents. Ainsi, si la majeure partie des titres se situent en mid tempo, nous pouvons aussi avoir des accélérations tout comme à des ralentissements, des breaks ou des parties acoustiques, paradés de claviers doux et mystiques en fond d’ambiance. « I Am of Night » par exemple contient un bon nombre de ses éléments, le chant tendant à être black et criard même si un chant clair mélancolique et planant fait son apparition en duo avec des arrangements symphoniques du plus bel effet.

Mais c’est sans doute le titre éponyme qui pousse le tout à son paroxysme, l’auditeur étant littéralement pris au piège par ces harmonies, ces ambiances, ces mélodies, ces instruments, ces voix…les quasi dix minutes passent beaucoup trop vite à mesure que les guitaristes nous offrent des plans orientaux appréciables. Et même quand nous pensons que c’est fini, il y a toujours un passage doux et calme, où se mêlent guitares acoustiques, percussions, piano et claviers pour nous bercer jusqu’à la prochaine accélération, le prochain solo en l’occurrence, suivi de suite par un ralentissement incroyable et un growl profond, le tout étant plus proche d’un doom/death écrasant, le fond d’ambiance relevant encore plus ce côté mélancolique qui ne cesse de nous suivre le long de cet opus.

Et même si Sworn est doué dans les parties extrêmes, il l’est aussi dans les parties instrumentales et acoustiques, tels que l’intro ambiente et nature « Once a Rainy Solitude » et l’outro « Nothing Lasts », planante et latino sur les bords.

Malgré son aura, ce « Tended High » comporte des défauts tels que le nombre et la qualité des pistes instrumentales, tout de même moins fouillées que les « vraies » compositions, malgré leur charme certain. Les claviers ont souvent un son trop amateuriste malgré le fait que les mélodies soient justes et que les nappes en fond d’ambiance collent parfaitement à l’univers musical de Sworn. Sinon, forcément, les influences peuvent faire défaut, même si pour le coup, les arméniens les utilisent avec justesse, sans pompage.

En définitive, il est clair que les adorateurs d’harmonies, de mélodies mélancoliques et d’ambiances seront comblés avec cet album riche de death/black/prog/atmo, si toutefois vous ne recherchez pas d’agressivité ou de violence.

 

Leviathan (GER) : Beyond the Gates of Imagination Pt. I

Ξ novembre 3rd, 2011 | → 1 Comments | ∇ Death Metal, Progressive Metal |

Leviathan (GER) : Beyond the Gates of Imagination Pt. IIl y a des tas de groupes portant le nom rageur du fameux monstre marin Leviathan, la plupart officiant dans du black ou du thrash metal. Ce Leviathan allemand fait partie des rares à jouer du death metal, mais pas n’importe quel type de metal de la mort. Le quintet fait dans le death progressif et avec une étiquette pareille, il est clair que nous aurons forcément affaire à quelque chose de particulier, long et fouillé.

Nous connaissons déjà Opeth et Edge Of Sanity en Suède ou Misanthrope en France, il est maintenant temps de découvrir cette jeune formation déjà auteur d’un EP sorti en 2010 nommé « From the Desolate Inside ». Ce « Beyond the Gate of Imagination Part 1 » est donc un pas de plus dans la carrière de Leviathan, qui bien qu’encore timide, arrive tout de même à nous faire un opus abouti et remarquablement inspiré.

Leviathan se dit inspiré par le death old school ainsi que par la scène scandinavienne en général en ce qui concerne le death mélodique, et cela s’entend dans la majeure partie des morceaux, détenant cette base bien présente. Des noms nous viendront forcément à l’esprit à l’écoute de certaines parties, tels que Kalmah pour le côté mélodique et véloce des guitares, In Flames ou encore Dark Tranquility. Mais il est clair que les allemands ne s’arrêtent pas là pour la conception de cet opus riche et varié. En effet, le combo ne s’est pas privé d’instaurer au sein de ses compositions des éléments classiques voire symphoniques, mais aussi des parties folk, épiques ou orientales.

« Beyond the Gate of Imagination », c’est avant tout un concept album emmenant l’auditeur de scènes en scènes, à travers le monde, ses endroits, ses idées, ses histoires. Chaque piste est différente mais les paroles et l’artwork futuriste (la porte de l’imagination) font que tout se rassemble en un tout. De plus, ce tout n’est que le reflet d’un monde imaginaire nous mettant en évidence l’échec de l’humain, d’où cette décomposition des titres en actes, au nombre de trois. Cependant, avant d’attaquer les différents actes, sachez que l’opus s’ouvre avec un prologue de quelques trois minutes, instrumental et mélodique, dans lequel Leviathan mélange riffings lourds et mélodieux sur un fond sonore quelque peu atmosphérique. Le décor est ainsi posé. Les rideaux s’ouvrent…

Acte 1 – Ce que nous faisons

Cette partie évoque la conduite de l’homme, ce qu’il a fait, ce qu’il fait et ce qu’il fera dans un futur proche. Ainsi, nous avons droit à des thématiques loin d’être glorieuses telles que les récentes catastrophes pétrolières, les guerres, les tortures. Dès un « Beneath a Blackened Sky » nous sommes plongés dans un death mélodique symphonique, le travail de compositions des claviers mais aussi des parties guitares étant tout de même bien recherchés. Même si certaines mélodies peuvent nous évoquer des formations bien connues, on ressent tout de même une certaine patte, une certaine façon de nous proposer quelque chose de frais, sans non plus être nouveau. Pour le coup, je ne parlerais pas de death metal concernant la principale influence de ce morceau, Children of Bodom. Les envolées mélodiques à la guitare ne peuvent qu’évoquer le refrain de l’éponyme « Children of Bodom », la ressemblance en étant presque frappante. A contrario, « Where Light And Death Unite » se verra légèrement plus sombre et plus lourd, même si les inspirations finlandaises restent tout de même bien présentes.

Acte 2 – Qui nous sommes

J’espère que vous n’avez pas décroché en lisant les quelques lignes du premier acte. Le second se veut relativement bien différent et on se retrouve loin du melo death finlandais. Leviathan pousse donc son concept jusqu’au bout avec un deuxième acte consacré à l’identité de l’homme, à son histoire, ses cultures, ses religions et ses abus sur la nature. Deux titres composent cette partie, de longueur moyenne. Mais déjà, le growl s’affirme, se veut plus profond, plus hargneux, ainsi que les guitares, qui se teintent d’éléments plus sombres, voire black. On retrouve aussi une touche plus folk et orientale, avec l’apparition de percussions, de sitars, de harpes et de quelques chants clairs sous couverts de guitares techniques à l’harmonie sans pareille. En réalité, rien n’est vraiment rapide ni agressif, Leviathan a trouvé un feeling qui lui était propre, sans chercher à être une entité destructrice à part entière.

Acte 3 – Nos ambitions

Cette fois-ci, le quintet rallonge la durée de ses deux derniers morceaux, les rendant encore plus prog qu’ils ne l’étaient, histoire de nous parler de l’orgueil, de l’envie, et de la mégalomanie de l’homme. L’auditeur a donc le temps de profiter, avec sept et neuf minutes de compositions, où la mélodie et les parties orchestrales se veulent plus omniprésentes. Des guitares acoustiques font leur apparition le temps d’un passage, rendant l’ensemble plus doux, plus aéré. Le growl est incisif mais a des réserves, même lorsqu’il se dirige vers quelque chose de plus criard.

En tout cas, c’est sans doute « Sway of the Stars » le pilier de cet acte, lui même divisé en trois autres actes. La progression est donc de mise, entre parties symphoniques à la limite du grandiloquent, parties plus atmosphériques, parties plus rapides et agressives. Certains seront peut-être désarçonnés par les changements de styles à l’intérieur même du morceau. En effet, il faut suivre, les instruments pouvant débouler à l’improviste, tels que les grattes acoustiques, les choeurs étranges, le piano etc. Même arrivé à la fin de l’opus, on sent que quelque chose va suivre à l’écoute de ces riffs carrés. Ce qui justifie le « part 1 » dans le titre.

Rien n’est donc vraiment fini…

Ce « Beyond the Gate of Imagination » s’écoute d’une traite, sans temps morts, malgré quelques soucis de linéarité à certains moments. Toutefois, cet album est véritablement riche, soigné, bien produit et travaillé, la qualité étant ressentie. En tout cas, Leviathan nous offre une œuvre qui se ressent et se vit, si tant est qu’on veuille bien en pénétrer le cœur.

 

New Discolour : Short of Ink

Ξ septembre 30th, 2011 | → 5 commentaires | ∇ Progressive Metal |

New Discolour : Short of InkAlors que les moyens de communication s’étendent et qu’Internet devient l’invention la plus facile d’accès pour s’approprier de la musique comme on veut, les jeunes groupes peinent à trouver leur voie, et rencontrent de plus en plus de difficulté pour être reconnus ou appréciés. Certains s’en sortent, d’autres non. Mais New Discolour semble s’être trouvé son propre chemin.

Fondé en 2008 par le guitariste Soren Thomsen et le batteur Lasse Mikkelsen, cette formation danoise se compose désormais de cinq musiciens à la personnalité et aux origines culturelles différentes. Depuis trois ans, ce mélange aura fait d’eux une entité particulière à la vision commune, leur octroyant le moyen de gagner l’Underground Music Awards du meilleur groupe metal au Danemark, et de jouer un metal progressif aux paroles authentiques, venant soutenir les atmosphères sombres qui se dégagent de ce nouvel opus, « Short of Ink ».

Ces paroles, du fait de cette diversité culturelle, sont une réponse critique face à la corruption, la politique et la bureaucratie, changeant de près ou de loin notre point de vue personnel. Toutefois, au sein de ces thématiques actuelles se cachent aussi l’espoir et le désir de retrouver la paix et le don.

Afin de mettre tout cela en valeur, le combo nous propose un metal progressif teinté d’éléments aussi différents les uns que les autres. Si un certain côté moderne ressort des compositions des danois, on peut aussi y retrouver des éléments thrash (« If I, If They, They Are, I… »), hardcore, voire même death, éparpillés de ci de là. Le tout reste pour le coup assez homogène et bien intégré, même si c’est sans doute le côté hardcore, voire post-hardcore, qui ressort le mieux de cet ensemble compact et écrasant.

Produit par Christian Blonde (The Cleansing, Invisius, Dawn of Demise), le son est lourd et met d’autant plus en valeur les ambiances torturées des titres, qui s’enchaînent sans trop de difficulté. Le chant de Artem Kushnirenko est offensif et écorché, et prend des intonations proche d’un Ben de Sybreed. Les guitares sont très tranchantes et nous offrent tout un panel de riffs précis, sans non plus viser une technique ou une mélodie absolues. « Black Face », entre autres, montre bien ce riffing impeccable et varié, passant de breakdowns à des parties thrash et death. « Yes, Yes, No » quant à lui, dégage des riffs core mais offre un passage atmosphérique à la mélodie redoutable.

On remarquera aussi les nombreux changements de rythme, prenant ses inspirations du groove, du funk ou encore du hip hop.

Cependant, une certaine linéarité pointe le bout de son nez, malgré les quelques trente deux minutes de musique. Les structures sont variés, l’album est en mouvement, mais on sent que quelques bouts de morceaux viennent se rattacher à d’autres. De plus, le passage d’un titre à l’autre peut être déroutant tant les différences de rythmiques nous sautent aux oreilles. Mais cela ne brise en rien le côté obscur du son…

New Discolour nous fait donc un bon premier opus, deux ans après un premier EP « Silent Scream » peu abouti. Ce « Short of Ink » reste tout de même court, mais met en valeur l’essence même du groupe, à savoir un ensemble lourd, varié, en mouvement, et surtout, sombre et torturé.

 

Amaseffer : Slaves for Life

Ξ octobre 19th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Oriental Metal, Progressive Metal |

Amaseffer : Slaves for LifeLes terres orientales et les mythes bibliques ont souvent été sources d’inspiration et de rêves multiples auprès des écrivains, des réalisateurs, mais aussi des compositeurs et, en l’occurrence, des groupes de métal. Amaseffer, jeune groupe israélien détenant justement le nom hébreu du peuple israélien dans l’Ancien Testament, exploite donc ce thème dans son album nommé « Slave for Life », premier opus d’une trilogie racontant l’esclavage mais aussi l’exode du peuple Hébreu d’Egypte vers leur Terre Promise, l’Israël.

Au cœur d’un metal on ne peut plus progressif, les titres étant très longs et bourrés de passages et de structures musicales aussi complexes que variés, à l’instar d’un groupe super star limite hollywoodien, Amaseffer nous dépeint ici une Egypte Antique grâce à de nombreuses ambiances orientales, arabisantes, envoutantes. Car en effet, une histoire, un concept, un véritable scénario nous est mis en musique tout au long de l’album, grâce notamment à de nombreux samples : des chevaux, des galops, des pas, des voix, des pages que l’on tourne, le crépitement d’un feu, des coups de fouet et j’en passe…l’univers est riche, somptueux, et superbement orchestré. Car outre le fait que les guitares soient les principaux éléments de la conception des titres, les riffs étant tranchants mais tout aussi mélodieux et harmoniques, les chœurs ethniques et l’orchestre aux multiples instruments orientaux tels que les violons, flutes et percussions agrémentent et pimentent les morceaux comme une bande son des plus intenses qu’on pourrait, sans doute, retrouver dans un grand film d’aventure ou historique. C’est forcément épique et grandiloquent, mais l’auditeur est surtout plongé dans cette ambiance antique et embarqué irrémédiablement au cœur des événements de l’époque. On vit les faits, on les ressent, et on ne s’ennuie pas une seule seconde.

Même si les chants orientaux et enivrants sont de la partie tout au long de cet album, le chant principal, mené par Mats Leven, est très juste, maîtrisé, et quelque peu situé entre un Tobias Sammet (Edguy) et un Roy Khan (Kamelot), proposant des gammes tout à fait intéressantes et harmonieuses. Quelque peu arabisant sur certains passages, mais souvent plus incisif, il est, avec l’orchestre, l’une des pièces maîtresse de cet opus et soutenus par des narrations données par Kobi Farhi d’Orphaned Land sur certains titres (« Slave for Life » entre autre) et des growls fournis par Angela Gossow d’Arch Enemy notamment sur « Midian ».

Hormis ces quelques points, l’album en lui-même est un véritable condensé d’éléments extrêmement bien maîtrisés et spectaculaire. Le combo révèle son génie au fil des titres, ces derniers dévoilant peu à peu une combinaison et une juxtaposition d’ambiances et de sonorités des plus variés et touchantes. Les émotions foisonnent à travers les alternances de passages calmes et plus rapides, et la variété des instruments, qu’on ne peut qu’admirer. Amaseffer, talentueux, a ce don pour nous concocter des mélodies imparables, si bien que tous les morceaux ont leur identité propre, des parties qui s’emboiteront petit à petit entre elle afin de former un tout, l’histoire, le scénario en question. Flirtant avec des passages grandioses, épiques, mais aussi torturés, où des complaintes viennent compléter cette fresque lamentée mais aussi pleine d’espoir, l’album se veut tout aussi sombre que lumineux, triste et joyeux. L’ensemble possède une sensibilité des plus déconcertante, une atmosphère des plus dépaysantes, des moments forts aussi, comme sur « Land of the Dead » et bien sûr, cette touche de virtuosité à travers des guitares efficaces.

Il est de plus tout à fait normal de penser un tant soit peu à Orphaned Land. Non seulement par la présence du chanteur Kobi Farhi, mais aussi des sonorités dans les jeux de guitares qui peuvent paraître un minimum similaire. Les ambiances aussi, peut-être, sont à comparer avec leur album « Mabool », merveilleux et riche, mais avec cette orchestre grandiloquent en moins. Mais tout est disant plus doux et moins abrupte que la musique d’Orphaned Land elle-même, qui, je le rappelle, a plus une base death folk qu’Amaseffer

Cette première partie de plus de soixante dix minutes, centré sur l’Exode, est totalement magnifique et prenante et ravira sans aucun doute les amateurs de metal prog mais surtout d’ambiances orientales. Amaseffer nous sort d’office un réel chef d’œuvre qu’il ne faudrait en aucun cas renier. Une belle réussite en matière d’atmosphère et de concept.

 

Myrath : Desert Call

Ξ janvier 25th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Oriental Metal, Progressive Metal |

Myrath : Desert CallMyrath est à la Tunisie ce qu’Orphaned Land est à l’Israel…dans un pays où malheureusement le metal est peu connu, Myrath essaye tout de même de sortir des sentiers battus pour nous faire découvrir une musique aux influences variées. Officiant dans un metal à la fois progressif et oriental, ce n’est qu’en 2007 que le groupe arrive enfin à faire diffuser sa musique outre Méditerranée, après avoir sorti en 2005 un opus en Tunisie seulement. Aujourd’hui, en 2010, l’engrenage ne semble plus pouvoir s’arrêter : en effet, la sortie de cet opus, « Desert Call » marque une signature chez les labels Nightmare Records/XIII Bis Records et une collaboration avec le claviériste d’Adagio, endossant la double casquette de producteur et ingénieur du son, une belle avancée pour un groupe en devenir.

La pochette pose le décor : nous voilà en plein désert, le Sahel nous appelle (d’où le titre), en adéquation avec le style de musique du groupe. Du côté de la tracklist, on a affaire à 11 titres cette fois-ci (10 + un titre bonus), longs, très longs, durant parfois près de dix minutes…il ne faut pas oublier qu’on a ici une galette de metal progressif avant tout, par conséquent, structures complexes et longévité des titres sont au rendez-vous. Il est normal qu’une telle longueur puisse interroger, sur la possibilité de se retrouver perdu, mais aussi, de vite se lasser.

Jetons un coup d’oreille à la musique pour répondre à ces quelques interrogations. Le titre introducteur, « Forever in a Day », est un peu le digne représentant de l’album et marque tant par sa lourdeur que pour sa mélodicité et ses ambiances. Ici, pas de préambule instrumental, tout démarre sur les chapeaux de roues : les guitares sont tranchantes et bien lourdes, le rythme rapide oscille entre batterie traditionnelle et percussions, les instruments orientaux sont à l’honneur d’où ces mandolines, violons et flutes, et le chant, qui a deux tendances : soit metal, et parfois lyrique à la Adagio, soit oriental, chanté ou parlé, comme ce que sait très bien nous faire le chanteur d’Orphaned Land. Bref, un mélange des styles fort bien appréciable dans ce titre durant à peine six minutes (ce qui est très peu pour cet album !).

Les titres s’enchaînent mais ne se ressemblent pas. Toutefois les influences sont notables. Comment ne pas penser à Dream Theater avec ses duos de claviers et de guitares comme sur « Desert Call » ou « Silent Cries » pendant les pauses ; Symphony X pour la partie guitare avec des riffs et des solos à couper le souffle, mais aussi des rythmes syncopés comme sur « Ironic Destiny »… et tout cela, bien mélangé et en version orientale. Rajoutez à cela un titre symphonique, « No Turning Back », ou les instruments traditionnels jouent un rôle important dans la composition de ce titre, violons et percussions en tête, accompagnés de guitares mélodiques et très rythmées, de chœurs, et de claviers en petite dose, créant une belle ambiance. Un petit point sur « Madness », qui porte bien son nom : des percussions folles mènent la barque, les guitares ont un jeu très hypnotique, avec un chant varié au possible. On varie les plaisirs avec « Memories », une jolie ballade très mélodique, le piano et le violon étant les pièces maîtresses de ce court morceau.

Les harmonies accrocheuses sur chaque morceau ne peuvent en aucun cas lasser l’auditeur, tout est bien foutu, carré, impeccable. Les refrains sont pour la plupart très prenant et on ressort d’une première écoute avec les mélodies en tête. Le point fort : la basse, extrêmement mise en avant (« Desert Call » et son solo ahurissant), ce qui est très plaisant car peu entendu.

Au moins avec cet album, c’est que Myrath n’a pas fait qu’un simple recyclage de leur dernier album « Hope », au contraire, l’innovation et l’amélioration de leurs compositions sont indéniablement les points qu’il faut souligner : un chant plus juste, plus modulé, moins cassé, des parties orientales mieux intégrées, et des structures peut-être plus complexes mais qui ne se ressemblent jamais, donc il est impossible de se perdre en cours de route, on sait à chaque fois si on a changé de titre ou non.

Myrath a un fort potentiel, qu’il ne doit en aucun cas négligé. Le groupe aura placé la barre assez haute étant donné que « Desert Call », il faut le dire, est bien meilleur que « Hope ». Un très bon album de prog’ oriental en somme, ne révolutionnant pas le style, certes, mais apportant une bonne dose de fraicheur (du moins, de chaleur !) par son côté exotique. Malgré des influences qu’il ne cache pas, le groupe n’aura pas perdu pour autant son identité. Je recommande vivement cet album aux amateurs du genre.

 

Seventh Epic : On the Edge

Ξ novembre 4th, 2009 | → 0 Comments | ∇ Progressive Metal |

Seventh Epic : On the EdgeIl y a le métal, il y a le métal expérimental, et il y a … Seventh Epic

Ce nom ne vous évoque rien ? Normal. Seventh Epic est un nouveau groupe Américain. Originaire de Charlotte en Caroline du Nord, composé de quatre membres, le groupe officie dans un rock/metal très expérimental, aux sonorités électroniques, qu’on pourrait parfois qualifier de synth rock…sonorités enclenchées bien évidemment par les claviers et les samples.

Leur histoire commence par une inscription sur myspace et par des invitations données ici et là à des gens susceptibles d’aimer leur musique (via les profils). A cette époque encore, le groupe avait mis en ligne deux de leurs titres, ‘Abstract Skies’ et ‘Off the Ground’. Plus il avait de succès et plus il composait.

Et les voilà maintenant à sortir leur premier album “On the Edge” début 2009. L’artwork est simple mais représentatif du titre de l’album (‘On the Edge‘ signifie littéralement “Sur le bord”, pas étonnant que le bonhomme sur la pochette soit au bord d’une falaise…).

Quant au son…et bien disons que le groupe défie les lois du métal ordinaire en nous plongeant dans quelque chose d’original et percutant, et dans un univers romantique et poétique.

Original et percutant par leur style. A savoir que leur métal est bien différent de ce qu’on a l’habitude d’entendre : c’est à dire quelque chose d’énergique mais calme à la fois, rien de violent, tout est posé et mélodique. Ils nous offrent beaucoup de styles musicaux différents, et tout ça en un album et accompagnés de guitares électrique au son assez lourd : on peut avoir un titre assez rock’n roll comme ‘Crescent’, quelque chose de plus pop sur ‘Move’, de l’électro sur ‘Cardboard Walls’, du métal normal sur ‘Disillusioned’ et un titre plutôt indus sur ‘To Keep Sane’. Ajoutez à cela des titres instrumentaux très atmosphériques comme ‘Astral‘, ‘On the Edge‘ et ‘Let It Go’ : planants. On est littéralement embarqué dans un monde de douceur grâce en l’occurrence aux claviers et ses jeux avec les sons, les bruitages, les ambiances, mais aussi les guitares, qui sont comme en osmose avec ces claviers. Disons qu’elles sont comme en train de jouer leur jeu.

Sur les titres plus énergiques, comme ‘Abstract Skies’, ‘Disillusioned’, ou même ‘To Keep Sane’, le métal qu’ils nous offrent détient énormément de bruitages électro et de samples, le tout mixé avec des guitares au rythme simple mais efficace. Pas de virtuosité, pas de solos, mais quelque chose de plus recherché : l’émotion. En effet, le guitariste ne cherche pas à prouver sa valeur mais à nous faire transmettre une émotion bien particulière, différente selon les gens : celle qui nous fera aimer le titre. Les bruitages de la guitare, un peu électro, est un élément. Les claviers quant à eux jouent avec les tonalités, alternent les styles. Ils sont primordiaux. Sans eux, la musique serait totalement morte. La basse est aussi mise en valeur et reste un élément capital. C’est un des fils conducteurs de l’album, présente en premier plan sur chaque morceau, débute certains titres (‘Astral‘, ‘Pieces’). Elle a ses propres lignes, pas spécialement en accord avec la batterie, le rendu est donc plutôt original. Le chant féminin est très posé, une voix plutôt soprano, carrément en osmose avec tous les instruments, atmosphérique à souhait, sans fautes de justesse, qui monte dans les aigus et le grave sans aucun soucis.

Le titre “Off the Ground”, lui, nous montre une autre facette du groupe, car là, ce dernier joue la carte de la surprise. Titre totalement électronique, chant féminin juste, batterie lente, guitares presque pas présentes, juste une ligne ou deux par ci par là…jusqu’à une fin totalement inespérée : fin du chant, arrivée en puissance de la batterie, des claviers, et des guitares : tout décolle d’un coup. Après plus de trois minutes de calme et de douceur, on s’en va dans quelque chose de plus rentre-dedans, tout en restant mélodique.

Pour ce qui est de l’univers romantique et poétique, il faut savoir qu’il y a des rimes à la fin des phrases, mais aussi à l’intérieur des phrases. Beaucoup d’assonances, c’est à dire des répétitions de sons au niveau des mots, je pense surtout à cette phrase-ci “There’s a light in the night that can shine just as bright as day “, voyez donc ‘light’, ‘night’, ’shine’, ‘bright’.

Romantique sur le sujet et les termes employés : on retrouve énormément les thèmes de la lumière et du ciel. Dans pratiquement chaque titre, on retrouve un ou plusieurs termes en rapport avec ces concepts (“A comet soaring through the sky ” dans ‘Move’, “More than some abstract photograph up in the skies ” dans ‘Abstract Skies’, “the sunlight in the stars” dans ‘Pieces’).

Le coup de cœur de l’album : ‘To Keep Sane’, le tout dernier titre et durant presque 5 minutes mais extraordinairement bien construit car il y a une réelle progression à l’intérieur de ce titre. Tout commence par des samples et le chant de Sarah. Puis arrivée des guitares, de la basse et des claviers, tous gentillets. Refrain bien métal car tout décolle, tout en mélangeant des sons électro. On revient au couplet, avec plus de bruitages. Refrain plus rentre dedans. Le chant est super bien maitrisé, super mélodique. En fait, les différents instruments arrivent petit à petit et sont de plus en plus puissants, jusqu’à la dernière partie du titre vers 3 minutes 30 : un mix claviers/samples/guitares/basse et une fin très atmosphérique au milieu de cette ambiance type indus : on plane, il n’y a pas d’autres mots à dire. L’album se fini d’une façon magistrale.

Cet album, outre mélanger les styles, nous montre que tous les instruments sont importants. Si vous enlevez ou remplacez ne serait-ce que la bassiste, ou même le claviériste, le groupe ne serait pas le même, il serait comme mort.

Vous vous devez donc de posséder cet album, ou du moins l’écouter au moins une fois, sinon vous rateriez quelque chose. Comme je le disais, ce n’est pas brut, donc les inconditionnels de death ou de black n’y trouveront pas leur compte. Par contre pour les autres…à écouter !

De plus, le petit truc c’est qu’à la deuxième écoute, on se rend compte qu’on a loupé des choses au niveau de la musique : des petits bruitages qu’on n’aurait pas entendu la première fois, un riff, une émotion en plus. En addition à tout cela, le son est totalement en stéréo, on a un son à gauche, un autre à droite, et si vraiment il y a l’un des deux haut parleurs qui ne fonctionne plus, c’en est fini de l’album.

Et en plus d’être d’excellents musiciens et d’être très sympathiques, ils ne courent pas après l’argent : leur album complet est en téléchargement libre sur leur site officiel malgré qu’il soit en vente sur d’autres sites web. Moyen simple et efficace de découvrir le groupe, qui essaye tant bien que mal de se faire connaître un peu partout dans le monde.

 

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