In The Guise Of Men : Ink

Ξ septembre 12th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Metalcore, Modern Metal |

In The Guise Of Men : InkActif depuis 2003, le groupe In the Guise of Men a cependant mis un peu de temps pour faire parler de lui. L’EP cinq titres sorti en 2005 a eu du mal à attirer l’attention, faute de distribution. Pourtant, le combo proposait déjà une musique éclectique et originale, sortant carrément des carcans. Il remet le couvert sept ans plus tard mais cette fois-ci avec de meilleurs moyens de diffusion : une production et un mastering au Ltpstudio et une signature chez Send The Wood Music.

Dans quelques jours sort le second EP de In the Guise of Men nommé « Ink ». La musique est de nouveau difficile à classer tant le groupe s’amuse avec les styles, les humeurs et les ambiances. Il s’agit d’un metal résolument tranchant dans lequel les musiciens diversifient les rythmes, apportant une certaine intensité. On passe autant du mid tempo au rapide (« Dog to Man Transpositions ») sans oublier de faire un tour du côté du plus lent avec le pesant « Blue Lethe ». On découvre aussi quelque chose de plus axé sur la polyrythmie, en témoignent ces riffs saccadés et mathématiques. Nous ne parlerons cependant pas de djent dans la mesure où In the Guise of Men n’intègre pas cette tonalité. Il s’agit donc d’une polyrythmie dense qui se mélange à des riffs moins carrés, plus naturels voire plus sombres comme sur « Suicide Shop ».

La bande ne prive pas pour autant sa musique d’émotion. On découvre autant de colère que de mélancolie avec des titres alternant moments plus aériens et moments plus destructeurs. Les chants se mélangent, que ce soit le chant rageur, le chant clair ou les cris. On passe de l’un à l’autre avec cohésion et on a l’impression d’assister à des conflits dans le cerveau d’un homme comme sur un « Drowner » très mélancolique. La désillusion d’un « Sale Paradise » peut aussi être intéressante même si la justesse du chant peut parfois titiller. Ce détail fait partie des petits défauts de l’EP, le chant étant assez particulier et pas toujours bien en place. Il n’empêche qu’il est indispensable à la musique d’ In the Guise of Men mais aurait gagné en intensité s’il avait été plus juste. Autre petit défaut, la ressemblance de certaines structures (liée, sans aucun doute, à la polyrythmie).

Il n’empêche qu’In the Guise of Men améliore son jeu par rapport à l’EP précédent et jouit d’un meilleur son. Sa musique éclectique est un atout majeur puisque cela permet à l’auditeur de découvrir ses diverses facettes. Il est de ce fait sûr et certains que le groupe pourra, à l’avenir, nous montrer de nouvelles sonorités et de nouvelles émotions, histoire d’expérimenter un peu plus. On espère alors en découvrir davantage (en particulier parce que « Drowner » et « Dog to Man Transpositions » figuraient déjà sur l’EP de 2005).

 

Fall Of Mirra : Circling the Wagons

Ξ mai 8th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Metalcore |

Fall Of Mirra : Circling the WagonsBien qu’on en entende peu parler en France ou en Europe, Singapour fait sans doute partie des pays asiatiques les plus actifs avec l’Inde, entre autres. On y retrouve une scène très diversifiée, avec les vétérans de Rudra (death/black) ou plus récemment les neo/industrialleux de Flawed Element. Il y a aussi Fall Of Mirra, qui n’officie pas dans le même domaine mais qui se fait une petite réputation dans son continent, et même ailleurs. Le quintette s’est fondé en 2007, a sorti un EP, et sort son nouvel album « Circling the Wagons » cette année-même.

En voyant le nom du groupe, on peut se demander ce à quoi renvoie « Mirra ». Rien de très exotique, pour le coup, apparemment il s’agit de Dave Mirra, un professionnel du BMX, qui n’est jamais tombé dans toute sa carrière. Le mot « fall », la « chute », est donc une façon de le faire tomber, dans l’imaginaire de chacun.

Fall Of Mirra peut, d’un côté, étonner par son patronyme, mais aussi par le style de metal employé. Il est très difficile de poser une étiquette à la musique des Singapouriens. Tantôt hardcore, tantôt deathcore, parfois même thrashy, l’ensemble reste indescriptible, mais il s’avère que le tout reste cohérent et relié par un élément commun : les touches progressives. Le quintette arrive donc à sortir des sentiers battus avec son album « Circling the Wagons », dont le nom reprend une expression idiomatique typiquement anglaise signifiant « s’unir en défense d’un intérêt commun ».

Dès le début, « With Hindsight » annonce les hostilités avec une entrée en matière très agressive, pas d’introduction aucune, tout démarre sur les chapeaux de roue avec des riffs vifs et tranchants et un growl agressif, avant d’arriver à un aspect saccadé, puis, plus calme. Lorsque le chant hurlé fait son apparition, on se rend d’ores et déjà compte que Brandon maîtrise beaucoup mieux les voix gutturales que les cris, pourtant écorchés, mais moins poussés. Idem sur un « Weight of the Crown » qui met en avant la dualité des vocaux et un breakdown d’une lourdeur écrasante.

Les Singapouriens appartiennent à cette mouvance dite « moderne » qui intègre des éléments progressifs et des touches de claviers utilisés avec parcimonie. Heureusement, le groupe n’en abuse pas et dissémine ses influences parfois born of osiriennes sur une petite partie de l’album. Cela soulève quelques éléments et apportent des atmosphères parfois sereines, parfois sombres comme sur un « Home » torturé ou « Weight of the Crown ».

Des touches électroniques arrivent à se frayer un chemin dans ce déluge de riffs furieux, ce dynamisme imparable et ces voix très hargneuses, comme sur « Sundown » aux alentours de 01:57 ou « Beneath Oceans » qui lui, mettra l’accent sur des touches plus techno, sans non plus être étouffantes et dénuées d’intérêt.

Le clavier peut aussi être plus classique avec un côté plus symphonique et aérien, guidé par un piano, sur l’instrumental « The Respite », qui amorce la fin de l’opus mais qui montre aussi le potentiel de Fall Of Mirra.

Les amateurs du célèbre « kicker » Chuck Norris pourront se délecter avec un titre portant le nom de ce héros. Étrangement, il s’agit du morceau le moins violent, mais cela ne veut pas dire que l’agressivité n’est pas de mise. C’est un piano qui ouvre le bal, suivi d’une basse lancinante, avant une montée en puissance particulière : mélange des styles, lourdeur des guitares, variété des vocaux et passages plus atmosphériques, avant un final assez bourrin.

Singapour fait vraiment partie des pays qui peuvent nous apporter de bonnes surprises et malgré son artwork « mignon », Fall Of Mirra étonne et offre un panel d’éléments non négligeables, qui pourront peut-être permettre à l’auditeur d’apprécier une œuvre différente et sincère le temps de vingt neuf petites minutes.

 

The Interbeing : Edge of the Obscure

Ξ juillet 5th, 2011 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal, Metalcore |

The Interbeing : Edge of the ObscureFormé en 2001 par Dara Toibin, Torben Pedersen et Jacob Aa Hansen, The Interbeing n’était juste qu’un élément de plus dans la sphère du metal danois, avant la sortie de leur première démo et l’obtention de plusieurs prix, dont le Danish Metal Awards, l’Underground Music Awards ou le Royal Metal Grand Prix. Dix ans plus tard, la formation devenue quintette arrive sur le devant de la scène afin de développer un son déroutant, influencé par différents styles musicaux.

En effet, dès les premières écoutes, nous retrouvons facilement à l’intérieur de ces onze morceaux, les riffs syncopés et polyrythmiques de Meshuggah, des mélodies à la Soilwork, des parties industrielles à la Fear Factory voire Sybreed, ainsi que de forts relents metalcore. Du neo-thrash à tendance metalcore donc ? On pourrait dire ça, même si l’album et la musique de The Interbeing restent riches et ne se limitent pas qu’à cette étiquette-ci…

Car à travers ce style particulier, ce genre de metalcore industriel moderne, nous nous retrouvons en plus avec de forts accents cybernétiques, la faute aux nombreux éléments indus aux claviers, à cet aspect froid, mécanique et futuriste, à l’alternance chant crié/clair/synthétique, à ces ambiances déshumanisées, sombres et perdues…The Interbeing, même si piochant dans différents styles, originalise le cyber metal en cette année 2011, lui donnant plus de force, d’intensité et d’agressivité…

Ici, comme une majorité de groupes cyber, la musique suit un concept et un certain type de parole. « Edge of the Obscure » n’est autre que l’arrivée d’une nouvelle ère pour les personnes les plus décharnées…le concept met en avant une entité de fiction, mi machine-mi humaine (la pochette la représente bien), entité que nous suivons du début à la fin de l’album. « Ledge of Oblivion », dernier titre, n’est autre que le passage de la créature de « l’autre côté », après que nous l’ayons suivi dans la dystopie et des mondes distincts. Le côté obscur donc, n’est autre que le passage vers ce monde sombre et oublié, dans lequel règne une imposante et perpétuelle éclipse de soleil.

Cela ne vous dit rien ? Un certain groupe français, Fractal Gates, bien qu’officiant dans un melodic death, avait exploité ce genre de concept avec un « Altered State of Consciousness » (le livret en est le plus belle exemple) grâce à une production signée Jacob Hansen dans ses propres studio. La relation ? Rien à voir avec le bassiste Jacob Aa Hansen (il y a de quoi se tromper avec un patronyme presque identique!) mais le sieur a produit ce “Edge of the Obscure” ainsi que des groupes tels que Volbeat, Mercenary, Clonecircle ou Hatesphere

Jetons maintenant une oreille plus attentive à la musique, attachée par de solides chaînes à ce concept atypique. Dès l’introduction « Elusive Atmosphere », l’auditeur se retrouve plongé dans un monde obscur et étouffant, les claviers en arrière plan et les bruits étranges ne pouvant être qu’un pas de plus. Cette intro cybernétique est suivie de près par un « Pulse Within the Paradox », résultat de la fornication de Fear Factory, Meshuggah et de Trivium version cyber. Étonnant mais pas si original que ça, rien que le passage aux alentours de 03:05 aurait pu apparaître dans le « Chaosphere » de Meshuggah, tandis que le reste est du FF tout craché.

Toutefois, ce morceau est sans doute le seul à approcher de près les frontières de ces groupes, le reste étant tout de même plus personnel, malgré les riffings du même acabit. Brutal, ambiancé, synthétique, électronique, futuriste, apocalyptique…les morceaux s’enchaînent avec une violence inouïe et décapante, tels des lames de rasoir, à la manière d’un Sybreed en plus poussé, comme en témoigne « Tongues of the Soiled » . Ne vous attendez donc pas à un metalcore niais et peu original comme on en a l’habitude d’entendre ces derniers temps. La facette core est exploitée à bon escient, sans atteindre l’over dose, au sein de ce cyber neo thrash.

Si un « Fields of Grey » et son intro futurico-mécanique émotive nous propulse dans une déflagration étonnante de riffs syncopés, et de cris déshumanisés jusqu’à un refrain fort et poignant, « Swallowing the Light » n’est autre que l’approche continue vers les terres sombres précédemment évoquées. Ce titre marque la moitié de l’album et montre une approche beaucoup plus sombre et torturée, plus robotique et déstructurée. The Interbeing se fiche donc des codes et mélange encore et encore ses influences avec des éléments beaucoup plus personnels et originaux. « Celestial Flames » marque un véritable contraste avec son riffing syncopé, ses éléments electro, et son refrain destructeur. Remarquez…nous sommes avec cette créature, près de ce monde et de cette éclipse salvatrice.

L’aventure se termine en douceur et en ambiance avec un « Ledge of the Oblivion » torturé. Les cris décharnés et presque étouffés en fond renforcent l’aspect mélancolique et désolé (« oblivion » étant l’oubli), les riffs sont continu et désorientés, aseptisés, procurant un aspect technologique, et les mélodies et les arrières plan, si on élude les parties guitares (comme au début et à la fin du morceau), peuvent évoquer un « Oxygene » d’un certain Jean-Michel Jarre…

Une très bonne révélation danoise dans le domaine du cyber metal, un genre qui s’étend, s’étend, s’étend…Ce « Edge of the Obscure » signé chez Target Distributions/Mighty Music reste un album puissant et monstrueux, fait aux petits oignons, où la fusion des instruments, du concept et des styles est des plus réussie, même si les influences sont là. A découvrir donc, et à suivre de très près !

 

Figure Of Six : Brand New Life

Ξ mai 10th, 2011 | → 0 Comments | ∇ Metalcore |

Figure Of Six : Brand New LifeCertains se souviendront peut-être du premier opus de ces six italiens, « Aion », sorti chez Locomotive Records, et proposant un concentré de metalcore basique, et peu innovant. Un opus peut-être décevant mais plutôt encourageant, surtout quand on écoutait la qualité de la musique offerte le long de neuf titres.

Cependant Figure of Six, trois ans après « Aion », fait un pas en avant et modernise sa marque de fabrique avec un « Brand New Life » propulsant l’humain au sein d’un monde changé, d’une vie nouvelle. Les italiens améliorent leur jeu, signent chez Tiefdruck Music, se font encourager par The Dillinger Escape Plan, et brouillent les pistes. En effet, que de modernité au sein d’un hardcore lorgnant aussi bien vers le metalcore que le death mélodique ainsi que le thrash et l’électro…

Le mélange des étiquettes peut forcément faire peur, mais il faut avant tout savoir que rien n’est fait au hasard, tout se mélange à merveille au sein d’une musique efficace et relativement prenante. Proche d’une certaine formation italienne nommée Logical Terror, Figure of Six ne fait pas ici dans l’anticipation ni le futuriste, bien qu’incorporant un large panel de sonorités electroniques et de samples. En effet, l’ensemble de l’album est régulièrement empli de nappes aux claviers et de bidouilles sonores en arrière plan, n’occultant évidemment pas l’agressivité des riffs, qui peuvent aussi bien devenir death voire thrashy, tout en restant très mélodiques et maîtrisés. L’apposition d’un chant tantôt typé death mélo, tantôt metalcore, peut rapprocher les compos de celles de Soilwork, l’électronique en plus à la manière de « Brand New Life » ou « Lady Enemy », mais peut aussi les rendre insupportables comme sur « Siren’s Call ».

Toutefois, dans cet album, electro ne rime pas avec grandiloquent, mais avec finesse et ambiances. Car toutes les atmosphères sont apportées grâce à l’apport des claviers, assombrissant les morceaux d’une part, les éclaircissant d’autre part, ou les modernisant considérablement en dernier lieu, comme « Believer » et sa superbe intro. De plus, ajoutées à quelques parties saccadées, l’ensemble devient alors plus proche d’un groupe tel que Sybreed, d’autant plus que le son des guitares s’y rapprochent considérablement…

Les points forts résident sans doute au sein d’un « Brand New Life » furieux ou d’un « War from the Inside » totalement colossal et inquiétant, situé entre Logical Terror et Sybreed voire Scar Symmetry. Un condensé d’agressivité niveau riffings, soutenu par un chant hargneux et par des claviers imposants et sombres. Alors que « My Perfect Day » délivre un death mélodique plutôt sympa et vraiment catchy, le dernier morceau « Something », a contrario, a une tonalité et une dynamique différentes, proche d’une ballade pessimiste et apocalyptique, les orchestrations en plus.

Un « Brand New Life » plus pensé et plus inspiré, malgré quelques défauts de vocaux. Figure of Six nous offre donc un album dynamique et moderne, bien que les similitudes se fassent vite entendre avec certains groupes, dont ceux sus-cités. Produit et mixé par Tue Madsen (Mnemic, Dagoba, Dark Tranqullity), cet opus est fait pour tous les amateurs de mélanges, bien faits de surcroît.

 

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