Godsmack : Godsmack

Ξ janvier 1st, 2011 | → 10 commentaires | ∇ Neo Metal |

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Le premier album est souvent synonyme de beaucoup de choses : le franchissement d’une étape, le pas en avant vers une possible notoriété, l’exposition au grand public de son savoir faire, la mise en valeur de son univers…certains groupes, même avec un premier essai, n’arrivent pas à dégager ces quelques points…d’autres arrivent petit à petit à se faire connaître au fil des sorties…et d’autres font une ascension fulgurante, comme Godsmack.

Cette formation américaine était encore inconnue au milieu des années 90 mais la sortie de son album éponyme a irrémédiablement changé la donne. Le quatuor a réussi, non sans difficulté, à pimenter son néo métal, relevant son originalité, lui apportant une saveur comme on en a peu goûté. Avec la sortie de l’album éponyme, Godsmack gagne en popularité très rapidement, certains de leurs morceaux étant même gratifiés de Grammy Awards…une carrière prometteuse leur tendait donc les bras et cet album en était ainsi le prélude…

Derrière cette pochette aux dominantes de rouge et de noir, où s’affiche une femme étrange et percée, se cache un opus dynamique, technique, empreint de beaucoup de groove, de tranchant et de mélodie, et ce, mis en valeur par les guitares lourdes et brutes de Tony Rombola. En effet, ce musicien de génie maîtrise extrêmement bien son instrument, offrant une dimension en plus à la musique de Godsmack, et l’éloignant de ce fait de ses rivaux tels que Disturbed, System of a Down, Korn ou encore Slipknot. Ici tout est basé sur une méthode imparable de gratte, frottement métallique, agressivité des jeux et des rythmiques, mais aussi solos en tout genre relativement efficaces, puissants et mélodieux (« Keep Away », « Moon Baby »). La complicité menée avec le bassiste Robbie Merill est d’autant plus remarquable tant le travail apporté par les deux musiciens est recherché et surtout bien foutu. La basse est elle aussi mise en relief sur la majeure partie des titres, empreinte d’un groove intéressant et prenant, créant le rythme ou la structure des morceaux dont elle est la maîtresse(« Immune », « Now or Never »). Enfin le batteur Tommy Stewart (qui sera remplacé par la suite par Shanon Larkin) n’a non plus aucun mal à adapter son jeu à celui de ses confrères, apportant donc ce rythme dynamique à une technique plutôt simpliste mais surtout efficace.

Bien sûr, il ne faut pas oublier non plus l’alchimie présente entre ces instruments et la voix de Sully Erna, sans doute le pilier, l’élément irremplaçable de Godsmack. Doté d’un timbre de voix plutôt grave, puissant et hargneux, le chanteur maîtrise lui aussi son organe à la perfection, renforçant pour la plupart du temps ce groove incessant et ce dynamisme impalpable, et mettant encore plus en valeur l’agressivité et la rage des compos. Variant ses méthodes de chant, le musicien peut aussi bien avoir un chant clair posé que tranchant, crier, murmurer ou fredonner des airs en duo avec la guitare (« Situation »).

L’assemblage de tous ces éléments, permettent d’autant plus à l’auditeur d’appréhender les thèmes intégrés par le combo américain dans l’ensemble des compos. Les paroles sont avant tout écrites par Sully Erna, et déteignent sa rage, sa souffrance et sa colère, d’où cette incision des riffs et du chant dans « Time Bomb » et« Moon Baby », ou a contrario, cette lamentation et cette peine si touchante dans « Stress ».

Mais hors de ces thèmes si pessimistes existent bel et bien quelques morceaux plus doux et suaves, plus originaux et dépaysant, comme « Now or Never » avec un groove énorme et un violon lors du refrain, « Immune » mené de bout en bout par une basse omniprésente, mais surtout « Voodoo », le dernier morceau, aux rythmiques et sonorités tribales et arabisantes, rêveurs, voyageurs, et envoutant. Ce type de titre avec ses ambiances bien particulières est présent dans chaque album du groupe (notamment dans « IV » avec le titre « Voodoo Too », la suite de « Voodoo » en quelque sorte).

Toutefois, malgré l’originalité évoquée, quelques longueurs se font ressentir, ainsi que la linéarité de certains titres, qui parfois ont tendance à se ressembler et à “lasser” l’auditeur. Ils possèdent en majorité la même structure de base et varient peu (à part bien sûr quelques exceptions dont celles cités précédemment).

Mais quel premier album ! A l’écoute de sa totalité, on comprend pourquoi il a tant été apprécié, reconnu et primé de surcroit… « Godsmack » se place irrémédiablement au rang des grands albums de néo et était ainsi le premier pas vers une notoriété encore plus grande, vers des opus encore meilleurs. A posséder.

16/20

 

Godsmack : Godsmack IV

Ξ septembre 26th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Neo Metal |

Godsmack : Godsmack IVEn à peine trois albums, Godsmack s’était propulsé sur les devants de la scène metal américaine en nous proposant un genre de néo métal totalement enivrant mais surtout bien dynamique. Mais au delà de l’agressivité impalpable que cachent les compositions de ce groupe talentueux et loin d’avoir la langue dans sa poche, les américains prouvent aussi qu’ils sont en constante évolution et que chaque sortie n’est pas synonyme de linéarité. Après “Godsmack“, l’opus révélateur fort en groove et tranchant, un “Awake” hypnotique et plus progressif, un “Faceless” bien plus brutal et un album à part, “The Other Side“, dévoilant la face calme et acoustique d’une formation pourtant bien loin d’être gentillette, “IV”, symbole même du stade périlleux du quatrième album nous propose de nouvelles couleurs et de nouveaux horizons.

En effet, au fil de ces quelques cinquante minutes, Godsmack explore un univers qu’on avait jusqu’à présent peu découvert. On était bien habitués à ce sentiment de haine et de dégoût qui planaient encore et toujours dans chaque opus, à travers une musique représentative et un chant ultra rageur, sur “IV” cependant, la mélodie prime et les rythmiques semblent s’être apaisées. Le tout se veut irrémédiablement moins endiablé et même à la rigueur moins efficace.

Pourtant, la prise de risque est intéressante, voire même conséquente. On découvre des parties de gratte intéressantes, des morceaux plutôt blues où la guitare est mise en avant, d’autres plus acoustiques à la manière de “One Rainy Day”, ode à la pluie et à la sérénité, où un fond sonore de déluge vient bercer un chant harmonieux et terriblement envoûtant, accompagné d’une basse ô combien maîtrisée. De plus, “Hollow”, au double chant masculin/féminin, semi acoustique, se veut assez percutant et sort de l’ordinaire : mélange de guitares et de mandoline, rythme simple mais efficace, et technique de chant en prime.

Il est donc étonnant de voir cette variété de titres, d’autant plus que “Speak” ou “No Rest for the Wicked” restent ancrés dans cet esprit très brute. Un rythme décoiffant et un chant crachant toute la rage possible et imaginable, emmené par des guitares incisives à souhait et des solos on ne peut plus maîtrisés mais ressemblant trop à ce qu’on avait souvent l’habitude d’entendre jusqu’à présent. De même pour “The Enemy“, lourd et sombre.

Si “Bleeding Me” est très redondant notamment au niveau des lignes de gratte et du chant, quelque peu “casse pied”, “Voodoo Too”, lui, rappelle le titre “Voodoo” présent dans l’album “Godsmack“. Normal, il s’agit de la continuité, et on reconnaitra ce chant presque tribal et ces percussions africaines…envoutant et hypnotique.

Une petite déception tout de même pour cet opus qui, étrangement, n’arrive pas à la hauteur des précédents, malgré cette volonté du groupe de nous présenter des compos originales mais trop acoustiques et peu entraînantes en règle générale, même si bien sûr, quelques morceaux sortent du lot. Pas le meilleur album, mais pas mauvais pour autant, “IV” vaut le détour si vous aimez les ambiances plus calmes et les rythmes d’autant plus blues.

 

Godsmack : Awake

Ξ juin 19th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Neo Metal |

Godsmack : AwakeAprès le succès de leur premier album tout simplement appelé « Godsmack », les américains décident de rempiler pour second album en cette année 2000. Nommé « Awake » et composé de onze titres tous aussi dynamiques et intéressants les uns que les autres, le groupe, avec leur compos de très bonnes factures, ne pouvait pas s’attendre à autant de succès et de récompenses après la sortie de ce fameux « Awake ». Car si le titre « Goin’ Down » a servi pour la BO du film Mission Impossible : 2, si « Awake » a été numéro 1 sur les radios américaines pendant plusieurs semaines, si « Vampires » et « Greed » ont tous deux gagnés des Grammy Awards, c’est sans doute dû à un certain alliage, faisant la marque de fabrique de Godsmack : puissance, mélodie et technique.

Cet alliage s’était pas mal retrouvé sur leur album précédent, mais pour le coup, il faut savoir qu’il se sera concrétisé sur cet album-ci. Les titres sont homogènes et tous d’une puissance étonnante, même les plus calmes comme « Trippin’ » ou « Bad Magick ». Tous les membres se démarquent et font ressortir leur instrument fétiche, si bien que si l’un venait à disparaître du groupe, l’âme en viendrait à s’envoler…Ainsi, le guitariste Tony Rombola a une technique propre à lui-même et une façon de faire chanter sa guitare assez particulière, créant de superbes mélodies. Le bassiste Robbie Merill allie à la perfection son instrument avec la batterie et met en valeur des notes assez graves de façon à mettre en avant un léger côté sombre. Le batteur Tommy Stewart, étant cette fois ci un membre à part entière (puisque précédemment, il ne venait que pour les concerts), a une technique de frappe assez efficace donnant pas mal de dynamisme aux compos (à noter qu’il sera par la suite remplacé par Shanon Larkin). Enfin, le chanteur Sully Erna est sans doute le personnage qu’on retient le plus dans l’histoire. Charismatique à souhait, son chant est extrêmement bien modulé et suit une alternance qui lui est propre ; en effet, il peut très bien être clair, posé, aérien que hargneux et crié (à la manière de « Greed » ou de « Sick of My Life » par exemple).

Sur ce, attachons nous donc aux titres. L’album s’ouvre avec une bonne claque dans la gueule vu que « Sick of My Life » est d’une agressivité et d’un tranchant sans faille. L’intro sombre et lente à la basse n’est que le calme avant la tempête puisque s’ensuit une véritable déflagration : guitares lourdes, riffs efficaces, rythme rapide, chant incisif, et surtout des paroles dotées de thèmes assez récurrent chez Godsmack, axés sur un certain dégoût de la vie, de soi-même, des autres etc (d’où la mention « Parental Advisory » , les textes étant assez explicites…).

Deux tueries suivent de près ce titre, j’ai nommé « Awake » et « Greed », puissants et dynamiques à souhait. On retrouve ici ce que le combo sait faire de mieux, c’est-à-dire faire des couplets assez brutaux, où les grattes ne font pas de cadeau et où le chant est assez incisif, pour ensuite en venir à des refrains extrêmement mélodiques, aériens, et surtout très facile à retenir. Tout vous reste dans la tête en peu de temps, c’est ça qui est magique chez Godsmack : leur aptitude à vous concocter des titres aussi réussis et prenants.

Les autres titres sont dans la même veine mais n’égalent pas ceux précédemment cités. Même s’ils sont très bons et entraînants, on ne retrouve pas la force, la puissance et la lourdeur précédemment retrouvées. « Mistakes » est lente, assez sympathique, mais dotée d’un interlude assez mauvais, « Forgive Me » est assez répétitif mais l’ambiance est vraiment intéressante, « Spiral », concluant l’album en finesse, possède des consonances orientales et ce n’est pas étonnant. Godsmack nous habitue à placer, dans sa tracklist, un titre assez exotique doté de percussions, riffs orientaux, chant aérien (sur Godsmack , le titre « Voodoo » était oriental, sur Faceless , c’est « The Awakening », sur IV , c’est Voodoo Too », sur The Oracle , c’est « What If »…).

Mention spéciale au titre « Vampires », très original il faut le dire (pas pour rien qu’il ait gagné un Grammy). Principalement instrumental, la voix apparait tout de même de temps en temps et raconte tout simplement une courte histoire sur les vampires, leurs origines, leurs capacités, etc, sur un fond musical lourd, sombre, et hypnotique. Les solos sont vraiment excellents et le rythme impeccable. De quoi se régaler pendant quelques minutes.

En clair, « Awake » est l’album qui aura propulsé pour de bon Godsmack et confirmé son style. Simple mais efficace, mélodique et agressif, cet opus fait sans doute parti des meilleures réussites du combo avec « Faceless » et « The Oracle », assez proches les uns des autres. Du bon son, que demander de plus ?

 

Godsmack : The Other Side

Ξ mai 18th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Neo Metal |

Godsmack : The Other SideMais qu’avons-nous là ?

Un album acoustique !?

Arf…

Il est normal de nous demander pourquoi un groupe de métal, et surtout un groupe tel que Godsmack nous sort un album acoustique. La réponse est simple.

Désireux de nous montrer une autre facette, un nouveau monde, un autre côté (d’où le titre de l’album), les américains décident alors de sortir « The Other Side ».

Devons nous avoir une certaine appréhension ? Devons nous nous attendre à quelque chose d’ennuyeux, monotone ? Ou devons-nous, au contraire, faire confiance à ce groupe si particulier et foncer sans hésitation vers une nouvelle ambiance ?

La réponse est une nouvelle fois toute simple : oui.

Car en effet, « The Other Side », c’est un voyage vers quelque chose de serein, de reposant, d’aérien et prenant. C’est le côté clair, le contraire de ce qu’à l’habitude de nous pondre Godsmack. Et pour renforcer cette idée de lumière et de chaleur, le combo reprend quelques uns de leurs titres phares, la plupart bien bourrins et agressifs, pour les transformer en acoustique.

Et ça fait mouche. L’avantage, c’est qu’il y a des nouveaux titres dans le tas, comme « Running Blind », « Touché », et « Voices ». Calmes, bien évidemment, nous sommes bercés par ces balades à la guitare, ce chant aérien et extrêmement mélodieux, ces quelques percussions qui parfois, remplacent la batterie, ces petits effets sonores pour donner une ambiance en plus…rien à faire, on est pris dedans, et on en veut plus. Avec « Voices », on se croirait sur la terrasse d’une maison, à regarder la pluie tomber et écouter…d’où ce duo de voix, ces notes rafraichissantes et cette phrase souvent répétée « listen to the rain ».

Pour ce qui est des titres originaux permutés en acoustique, il est étonnant de voir à quel point la hargne est toujours présente : toujours aussi rapides, toujours aussi tranchants, à la différence que les grattes ont changé de son, bien évidemment, pour coller à ce côté acoustique. « Re-Align », toujours aussi subtil, classique, mais efficace, le tout réarrangé pour le coup. D’ailleurs, je trouve qu’on se rend encore plus compte de la complexité de ce titre et des accords, des solos, et de la justesse impeccable du chant de Sully Erna, bien moins crié que sur l’original tout de même, mais possédant toujours ce timbre de voix si particulier.

« Asleep » étonne…il nous hypnotise…il nous attire…il nous paralyse…

Le titre ne vous fait penser à rien ? Même pas à « Awake » ? Bien sûr que si. C’est l’opposé d’Awake justement. Ici, le personnage du titre n’est pas éveillé mais endormi. Comme au bord de la mort, en pleine agonie, ou désirant mettre fin à ses jours. Calme, tranquille, doux, aérien…on entend les aiguilles d’une horloge en arrière plan, ces mêmes aiguilles créant le rythme. Les guitares jouent tout le temps les mêmes notes, des notes si particulières, sombres, graves…accompagnées d’un piano, discret mais audible, mettant en avant ce côté hypnotique et ajoutant une pointe de mystère…le chant semble fatigué mais pourtant si clair, si maîtrisé, si harmonieux…un titre efficace, qui même sans les saccades et la saturation des guitares, nous en fait voir de toutes les couleurs…

Sept titres composent donc cet album, c’est donc assez court. Mais on prend un réel plaisir à tout écouter, d’autant plus que la patte Godsmack n’a pas disparu. Même si c’est acoustique, leur âme est toujours là, et c’est d’autant plus appréciable. Si vous voulez découvrir une facette de Godsmack résolument plus douce et mélodique, cet opus est fait pour vous.

 

Godsmack : The Oracle

Ξ mai 2nd, 2010 | → 0 Comments | ∇ Neo Metal |

Godsmack : The OracleAprès quatre albums tous aussi passionnants les uns que les autres, après de nombreuses nominations aux Grammy Awards, après avoir composé pour des bandes originales de film, après avoir été plusieurs fois numéro un dans les ventes d’albums aux Etats Unis, et surtout, après quatre ans d’absence, les américains de Godsmack reviennent sur le devant de la scène pour nous présenter leur nouvel album, nommé « The Oracle ».

Après un « IV » moins hargneux, plus varié et plus calme, un « The Other Side » totalement acoustique, et une compilation « Good Times, Bad Times » regroupant tous leurs plus grands hits (notamment « I Stand Alone » et « Keep Away »), « The Oracle » se veut être une sorte de retour aux sources, vers des sonorités et une agressivité plus proches de « Awake » ou « Faceless ».

Toujours signé chez Republic Records, leur label de toujours, le groupe agrémente leur album de dix titres cette fois-ci pour une durée égalable aux deux ou trois albums précédents. Le changement est sans doute la durée des titres, plus longs pour certains, atteignant les six minutes trente.

La pochette est toute aussi mystique que « IV », les couleurs étant aussi chaleureuses, le logo du groupe sous une boule orangée et brillante, sans doute messagère de l’oracle…

On aurait bien aimé qu’un prophète nous annonce, par un oracle, quatre ans plus tôt, qu’une telle durée d’attente valait franchement la peine, que les compositions étaient plus sombres et tristes, que le groupe avait fait un bond en avant par rapport à « IV »….

Mais est-ce que cette annonce nous aurait servie à quelque chose ? L’effet de surprise n’aurait pas été au rendez-vous…

Car en effet, on est surpris en écoutant cet album…

Les membres de Godsmack font pourtant tout ce qu’ils savent faire, ils renouent avec leurs premières amours…mais l’ensemble se veut résolument plus sombre…et les instruments sont plus diversifiés.

Les guitares sont plus graves que d’habitude, la basse est encore plus prédominante, le chant part moins dans les aigus, des fonds sonores sont de la partie, affirmant ce côté sombre…

« Love-Hate-Sex-Pain » en est un très bon exemple : des guitares expressives, assez lamentées, une basse bien grave dont le jeu se démarque du reste des instruments, apportant une dimension en plus, un chant tantôt triste, tantôt rageur, et cette fin totalement mélancolique, cette lamentation, ces quelques notes de piano qui concluent habilement le titre…

A l’instar de « Voodoo » et de « Voodoo Too » sur les précédents opus, « What If » est très planant, hypnotique, et très spirituel, à la différence que le côté atmosphérique du titre côtoie un certain côté sombre : le fond sonore, les percussions africaines, la basse aux premières loges, le chant aérien, et les guitares offensives accentuant ce côté-ci. Long de plus de six minutes, « What If » se compose de deux principales parties, une première donc, plus calme et plus sereine, bien que sombre, et une deuxième toujours aussi ténébreuse mais beaucoup plus agressive, les guitares ayant devancé la basse et le chant scandant un « what if » rageur et puissant.

La diversité des titres est aussi au rendez-vous sur cet album, empêchant donc à coup sûr l’auditeur de se lasser.

Ainsi, on retrouve un côté funk avec le titre « Devil Swing », surtout pour le couplet, la rythmique étant prédominante ainsi que ces motifs syncopés, et ces solos de guitares. Le refrain est résolument plus rock, nous invitant à bouger, le chant étant des plus maîtrisés qui soit. A noter aussi, un superbe duo guitare/harmonica, très original et agréable.

« Forever Ashamed », quant à lui, possède une intro plutôt rock’n'roll et un refrain heavy et entraînant.

Dans les titres les plus traditionnels du groupe, j’ai nommé « Crying Like a Bitch » et « Saints and Sinners ». Guitares syncopées, rythme endiablé, chant hargneux, et surtout, refrains faciles à retenir.

La première chanson passera sans aucun doute sur les radios américaines, si ce n’est déjà le cas, le tout se voulant assez commercial et très facile d’accès. Ressemblant un petit peu à « Awake » avec ses rythmiques semblables et sa mélodie proche, ses jeux de guitares dont seul Tony Rombola a le secret, et ce chant très charismatique, les trois minutes vingt cinq passent relativement vite.

La deuxième est peut-être plus agressive, puissante et dynamique. Le refrain me fait vaguement penser à celui de « Re-Align » de l’album « Faceless », construit de la même manière et la mélodie étant elle aussi assez proche.

Deux bons titres en somme mais peu originaux.

Godsmack truffe une nouvelle fois l’album d’un titre instrumental, qu’il place cette fois-ci à la fin. Ici, il ne s’agit pas seulement d’un interlude, ou d’une simple fin, courte et lente, comme « Journey » sur l’album « Awake » ou « The Awakening » sur « Faceless ».

Nommé « The Oracle », comme l’album, cette chanson est une des plus longues de l’album, et surtout une des plus originales : variée et pétillante. Les instruments sont diversifiées, de nouvelles percussions, un piano, un violon, et un fond sonore accompagnant efficacement les guitares. Progressif à souhait, les structures varient régulièrement, si bien qu’on ne se retrouve pas avec un titre typé couplet/refrain.

Les genres se mélangent allégrement, d’une telle manière qu’on passe du métal traditionnel au heavy, de l’acoustique (comme au début) à quelque chose de plus symphonique, avec l’apparition du violon. Les jeux de guitares sont ultra variés : saccades, riffs monstrueux, solos, frottements…

Le milieu du titre marque un changement de rythme conséquent, le tout se voulant bien plus dynamique, et rentre dedans, la batterie étant de la partie.

On remarquera deux choses sur cet album.

Tout d’abord l’absence des chœurs, qu’on retrouvait généralement dans les refrains sur les albums précédents. Ainsi la superposition des voix de Sully Erna (chanteur) et de Tony Rombola (guitariste) n’apporte pas ce petit côté chaleureux et complice.

Ensuite, l’absence du titre « Whiskey Hangover », qui avait annoncé le retour du groupe il y a tout juste un an. Cette chanson devait non seulement être un avant goût de « The Oracle » mais devait aussi apparaître sur cet album-ci. Je vous conseille donc de l’écouter.

Enfin, je finis avec les thèmes de l’album. Ils ne différent pas trop des anciens opus, toujours basés sur un certain dégoût de la vie : le mensonge, la culpabilité, la honte, le repentissement mais aussi le sexe et la souffrance…

Situé quelque part entre « Faceless » et « IV », « The Oracle » est bien mieux que ce dernier, qui se voulait plus acoustique et blues. On retrouve avec plaisir le quatuor, qui nous en met plein les oreilles encore une fois et diversifie son jeu. La prise de risque est conséquente mais très intéressante, ce qui fait l’originalité de cet album et le démarque du reste de la discographie. Même si quelques titres (et ils sont rares) ressemblent un peu trop aux anciens, le reste se veut bien prenant, surtout par ce côté sombre qui prédomine beaucoup plus. Un très bon album en somme qui vaut d’être écouté tant pour les musiciens que pour l’ambiance qui s’en dégage.

 

Godsmack : Faceless

Ξ avril 4th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Neo Metal |

Godsmack : Faceless« Faceless » est le troisième album des américains de Godsmack…le troisième seulement, mais quelle popularité ! En l’espace de quelques années, le groupe s’est réellement frayé un chemin dans le domaine du néo métal, après un album éponyme très apprécié, et un second opus, « Awake », propulsant pour de bon le combo dans la cours des grands.

Car il faut le dire, Godsmack ne nous a pas fait du travail d’amateur avec « Faceless » : cet album est extrêmement bien foutu, très pro, carré, avec une très bonne production pour la peine. Pas étonnant que certains titres de cet opus aient servis pour une BO de film (à savoir, le Roi Scorpion) ou pour un jeu vidéo (Prince of Persia 2).

La musique de « Faceless » est enragée, les rythmes aussi entraînants et dynamiques les uns que les autres, les riffs monstrueux, le chant tranchant…Si « Straight Out of Line » démarre l’album sur les chapeaux de roues, avec cette intro à la basse, et l’arrivée en masse des guitares et ce chant clair crié, les titres suivants le sont encore plus, comme « Changes », très techniques dans les jeux de guitares, ou « Make Believe », extrêmement rentre dedans, notamment par cette batterie martelée d’une poigne de fer.

« I Stand Alone », véritable hit de l’album, résonne encore dans notre tête après la première écoute. Ce titre est vraiment impeccable du début à la fin. Les couplets sont incisifs et les refrains plus agressifs : les guitares sont déchainées, techniques et bien maitrisées, à mesure que le chanteur Sully Erna nous crache toute sa rage, tout le venin qu’il a en lui avec un chant ultra énervé, mais mélodique. Le break au milieu est d’autant plus intéressant, car plutôt atmosphérique et mettant en valeur le chant clair et plus posé…

Sis « Re-Align » se veut être dans la même veine, surtout dans la technique des grattes, irréprochables (Tony Rombola arrivant à faire sonner son instrument d’une façon on ne peut plus unique), « I Am », lui, est beaucoup plus calme, mais tout aussi prenant, surtout au niveau des refrains, très mélodique mais pourtant incisifs.

« The Awakening » est instrumental, comme pour chaque album du groupe. Cette fois-ci, l’ambiance se veut plus tribal (à la manière de Voodoo), avec des percussions et une sorte de chant lointain, comme un murmure venant de l’au-delà.

L’album se clôt en beauté avec « Serenity », qui porte extrêmement bien son nom, car bien différent du reste de l’album. En effet, ce titre est totalement calme, dénué de rage, et donc, plein de sérénité. Les guitares sont acoustiques, le chant très mélodieux et super beau, en duo pendant les refrains et surtout vers la fin avec le guitariste (qui intervient aussi par moment dans les autres titres en faisant des chœurs). Une conclusion très sereine.

« Faceless » est un réel déferlement de brutalité, où toute la rage du groupe est crachée, à travers les paroles (pas pour rien que la mention « Parental Advisory » est indiquée sur la pochette) mais non seulement à travers les guitares, qui sur cet album, sont beaucoup plus énervées. L’avantage aussi, c’est que dans toute cette agressivité se cache beaucoup de mélodies, notamment grâce à la voix, mais aussi les solos de guitares (présents au moins sur chaque titre). Une technique qu’il ne faut absolument pas nier, car c’est ce qui fait en partie la marque de fabrique de Godsmack. Un opus qui est donc intéressant de posséder, car, excellent.

 

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