Wrathcult : VII

Ξ avril 2nd, 2014 | → 0 Comments | ∇ Melodic Death Metal, Symphonic Black Metal |

Wrathcult : VIIL’aventure Wrathcult commence en 2013 autour de six Italiens désireux de proposer leur forme de black/death mélodique à tendances symphoniques. L’Italie abrite tout de même pas mal de formations du genre comme Graveworm, Stormlord ou Darkend. Wrathcult espère sortir des sentiers battus et sort sa première démo auto-produite sobrement appelée « VII ». Ils essaient de faire ressortir une ambiance moyen-âgeuse au vu de la pochette et de l’atmosphère générale. Voyons donc ce que donnent ces quatre titres.

Pas facile, dès le départ, de se faire une opinion positive de Wrathcult car le groupe enchaîne les boulettes. L’intro par exemple. Normalement, elles sont censées poser le décor, mettre l’auditeur dans le bain, lui montrer à peu prêt sur quel terrain il va se situer. Ici, on se demande où on se dirige vraiment. La mélodie est sympathique et les chœurs, bien que basiques, apportent un peu de charme. Toutefois c’est le piano qui pose souci. On pourrait croire que le claviériste maîtrise son instrument jusqu’à ce qu’on ressente des problèmes d’enchaînement. Pire encore, les fausses notes pointent le bout de leur nez. Cela encourage guère l’auditeur à continuer son écoute.

Les boulettes continuent sur « Burning Tree ». Les guitaristes sont au poil, ainsi que le batteur, qui proposent un ensemble cohérent et captivant, même si plutôt simple dans l’esprit. Tandis que le claviériste propose des lignes minimalistes, le chant alterne voix black murmurées, growl et…chant clair à côté de la plaque. Sans oublier la basse, maniée par un musicien qui semble vouloir se démarquer mais qui, au final, finit par gêner la progression du morceau. La faute, sans doute, à des soucis d’harmonisation et de mixage…

Les plus courageux iront jusqu’au bout de la démo. Même s’ils ne ratent pas grand-chose, ils découvriront une fin plus harmonieuse et plus maîtrisée. Pas de chant clair ni de basse décalée, mais plutôt un black/death mélodique épique porté par des claviers sympas, malgré une batterie qui semble parfois avoir du mal à suivre (« Northern Forest »). Rien d’extraordinaire mais au moins ça sauve le tir.

Au final, on ne sait quoi penser de Wrathcult. Il y a beaucoup de choses à corriger pour la suite et il est clair que ce que l’on peut entendre dans cette démo n’est pas forcément encourageant. Les Italiens ont donc beaucoup de pains sur la planche…

 

Diabolus Arcanium : Spellbound

Ξ mars 31st, 2014 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Diabolus Arcanium : SpellboundLes groupes de black symphonique pleuvent de plus en plus dans les quatre coins du monde si bien qu’on ne sait même plus où donner de la tête. On peut choisir de rester fidèles à la Norvège et guetter les nouveaux opus, on peut aussi choisir de garder un œil sur la scène russe qui sort tous les mois des morceaux très attractifs, ou alors on peut choisir d’aller plus loin encore et de se diriger vers les pays qui ne sont pas réputés pour leur dynamisme en termes de black symphonique, comme l’Inde. Même si ce pays héberge plus d’un milliard d’habitants, les formations du style ne se comptent que sur les doigts d’une main : Demonic Resurrection ou Cosmic Infusion pour ne citer que les plus connus. Depuis peu, le petit monde du metal a fait la connaissance de Diabolus Arcanium, originaire de Chennai. A la base, les musiciens s’amusaient à mélanger le melo death et le power metal puis, à cause de soucis divers et variés et de la réorganisation du line-up, la musique a changé de forme pour ressembler à un black symphonique épique doté d’un son proche de celui des années fin 90’s début 2000’s.

Après une intro instrumentale plutôt gothique et inquiétante, « Spiritual Entropy » est là pour nous montrer dans quelle direction se dirige le groupe. On est clairement dans une mixture Emperor / Dimmu Borgir période « For All Tid »/ « Stormblast » avec un soupçon de Dissection. La production fait toutefois la différence puisqu’il s’agit de fait-maison. On le sent au niveau du son, assez synthétique, mais aussi au niveau des vocaux, pas toujours maîtrisés malgré ce côté caverneux qui se répercute grâce à un peu de reverb, et de la batterie, qui ressemble affreusement à une programmation par ordinateur sur la majeure partie des plans (en particulier les blasts).

Ceci dit, les titres de Diabolus Arcanium tiennent particulièrement bien la route. Les claviers apportent une ambiance toute particulière, si bien qu’on se situe ni trop dans le sympho, ni trop dans l’atmo. Le côté épique des guitares, comme sur « Frozen Dreams », permettent de jongler entre le black plus direct et le black plus mélodique. Et il y a des titres qui possèdent une empreinte bien à eux avec un dynamisme imprenable et des changements de rythme bien venus comme sur « Of Fire and Ashes », convainquant et surprenant. Cette chanson tranche littéralement avec la piètre qualité d’« In Death’s Embrace », qui n’a rien à voir avec la piste du même nom présente dans le « Enthroned Darkness Triumphant » de Dimmu Borgir. Le mixage semble différent, moins bon, bâclé, comme s’il n’avait pas suivi le même traitement. On manque alors de cohérence, ce qui est dommage…

Il est possible que Diabolus Arcanium soit un groupe indien à suivre. Il y a quelque chose de sympa qui se dégage de leurs compositions, malgré de gros clichés, un côté prévisible, des influences évidentes, des soucis de production…pour un premier jet, ils sont pardonnés, en plus la qualité musicale est au rendez-vous. Il faut juste espérer que les musiciens rebondiront pour nous pondre un deuxième opus de meilleure qualité, avec plus de personnalité.

 

Astovidatu : Dissolver of Souls

Ξ mars 19th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Astovidatu : Dissolver of SoulsAstovidatu est le projet de quatre Belges désireux de recréer l’atmosphère du black metal des années 90. Ils décident de se diriger du côté du black metal symphonique avec comme inspirations Emperor, Limbonic Art et Summoning. C’est dans cette optique qu’ils sortent en 2013 leur premier full length « Dissolver of Souls », soit huit ans après leur formation. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils auront eu du mal à sortir leur album.

Contrairement à leurs influences, Astovidatu fait dans le fait maison et (quasiment) l’amateurisme. Même si les membres proviennent de différents groupes et horizons, le son et les structures des compositions laissent à désirer. Le chant black d’Arne manque de puissance et d’incision, les guitares manquent de force et de panache malgré un côté raw, la batterie programmée a parfois du mal à suivre, et les claviers ne sonnent pas toujours biens…

Seul le côté orchestral des compos tient plutôt bien la route, avec des nappes souvent présentes et des chœurs chantés en latin, presque liturgiques, comme sur l’intro « Dissolver of Souls » ou « Astovidatu » sans oublier le côté épique de « Undead – Lord of Men ». Le côté black metal des compos est bien présent, même si le côté tranchant, noir et malsain se retrouve étouffé par une production légère. Sur « Triomf van het kwaad », la guitare mène la danse mais ne parvient pas à nous faire accrocher tant elle est fade et pas suffisamment catchy. Elle se fait même absorber par les claviers et perd du coup sa place.

Astovidatu tombe aussi dans le piège des titres longs. Huit minutes, c’est cool quand l’ensemble est maîtrisé, varié et prenant. C’est long quand la force manque à l’appel et que la linéarité prend le dessus. Il n’y a même pas d’accélérations. Suffit d’écouter « Moutain Twilight » et on perd complètement le fil. Ce n’est pas un style qui convient aux Belges…

Pas grand-chose à dire sur cet album. Malgré une volonté de bien faire (et une version orchestrale réussie de « Ashes of Faith »), Astovidatu ne remplit pas son contrat et nous laisse non seulement sur notre faim, mais aussi avec un sentiment d’amertume. La Belgique a déjà fait mieux en la matière, comme en témoignent Saille et Orion’s Night…

 

Ered Wethrin (USA) : Tides of War

Ξ février 14th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Black Pagan, Symphonic Black Metal |

Ered Wethrin (USA) : Tides of WarLe label Allemand Northern Silence Productions ne se rate pas depuis un bon moment, et il suffit de voir ses dernières sorties pour se rendre compte qu’il a le chic pour dégoter de sacrés groupes comme Woods Of Desolation, Gallowbraid ou Caladran Brood. Ici, il s’agit d’un nouveau one man band, Ered Wethrin, originaire de Salt Lake City, tout comme les deux derniers groupes cités. Son nom provient de l’univers de Tolkien (« Ered wethrin » signifiant « les montagnes de l’ombre », une chaîne de montagne dans la Terre du Milieu) et sa musique se caractérise comme une sorte de black atmosphérique épique.

On pourrait croire qu’Ered Wethrin emprunte le même chemin que Summoning et Caladan Brood. Ce n’est pas totalement faux dans la mesure où l’ensemble baigne dans le même type d’ambiance. Les chœurs, les claviers, les arrangements et les plans épiques sont nombreux, il suffit d’écouter des titres comme « Frigid Tides », « Into the Stars » ou « Requiem of the Fallen » pour s’en rendre compte, les nappes et les mélodies entêtantes et guerrières rappelant inévitablement les Autrichiens.

Là où Ered Wethrin se démarque, c’est dans la production, plus raw, plus étouffée, faisant la part belle aux guitares atmosphériques, au chant black torturé et à des plans assez sombres, pas si loin de Woods Of Desolation en définitive. L’album se dote alors d’un côté très underground très proche du son black des années 90 qui n’est pas déplaisant pour l’ambiance et qui permet de relever les passages les plus ambiants dans lesquels les samples et arrangements sont de la partie (comme « Frigid Tides » avec ses bruits d’eau). Beaucoup de passages instrumentaux tapissent cette fresque épique, mais pas forcément à bon escient puisqu’on tend parfois à perdre le fil (les morceaux font quand même dans les 10 minutes).

Le one man band n’accélère que très rarement son rythme mais arrive à nous entraîner avec lui dans un « Realm of the Tyrant » plus agressif, légèrement plus rapide, plus mélancolique avec ses guitares tremolo et plus folklorique. « Bloody Annals and Brooding Skies » possède aussi ses petites accélérations, entre parties atmosphériques, parties épiques, et parties plus symphoniques, mais ce sont véritablement les guitares qui mènent dans la danse au niveau mélodie malgré le soutient léger des claviers.

Ered Wethrin n’essaie pas d’en faire des tonnes avec son premier album « Tides of War » contrairement à ce que la majeure partie des groupes tente de faire actuellement. Le musicien reste fidèle à l’esprit des années 90 et n’intègre pas d’éléments trop pompeux ni indispensables. Il va à l’essentiel sans copier Summoning ou Caladan Brood, malgré une influence évidente. Inutile de préciser que les adorateurs de ces groupes-là devraient être intéressés par cette nouvelle formation. Même si elle n’atteint pas le même degré d’excellence, un petit voyage en Terre du Milieu n’est pas de refus.

 

Dimentria : Doomed

Ξ janvier 27th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Dimentria : DoomedLes amateurs le savent très bien : la Russie est devenue le nouveau pays du black symphonique depuis une dizaine d’années et il est souvent très recommandé de se tourner vers cette partie de l’Europe pour découvrir des nouveaux groupes. Ces derniers sont prolifiques puisque de nombreux albums sont à l’honneur tout au long de l’année, et c’est vers Dimentria que nous nous tournons. Actif depuis 2007, la bande a sorti une petite démo avant de se lancer dans la production de son premier full length auto-produit, « Doomed ».

Comme bon nombre de formations, Dimentria est influencé par les gros combos de black symphonique comme Dimmu Borgir (très flagrant sur « Visions of Belshazzar ») ou Carach Angren avec ces relents horrifiques et théâtraux (« Prophet »). On devine qu’il s’agit de black symphonique russe grâce aux quelques growls, au côté très rapide, à l’utilisation de plages ambiantes, à l’apparition de quelques chants lyriques féminins, et évidemment, à l’emploi de la langue russe. Sans oublier la surenchère d’éléments symphoniques plutôt réalistes comme sur « Last Stand Centuries ». Cela peut paraître très abstrait mais les Russes ont le mérite de proposer un black symphonique reconnaissable, avec leur patte bien à eux, une patte qu’on retrouve aussi bien dans Stigmatic Chorus que dans Atra Mustum, Nox Doloris, Arcane Grail, Anno Diaboli ou Sinister Frost.

Pas de surprises, donc, au sein de ce « Doomed ». Les Russes suivent la ligne de conduite bien établie mais ne se contentent pas non plus de recopier bêtement le schéma. Certains titres valent tout de même le détour comme « You’ve Lost Everything » et ses claviers fantomatiques angoissants, ou « Breakthrough » et son côté cinématique très prononcé, chœurs et gros riffs en tête. C’est rapide et très porté sur le côté dramatique, le violon est à la fois dominant et tordu comme le fait si bien les Biélorusses de Diavoliada, l’ambiance épique à la Stormlord et les parties vocales sont parfois très proches de Shagrath (Dimmu Borgir). Dimentria nous offre tout un panel de choses et essaie, semble-t-il, de prendre à chaque formation réputée la recette de son succès. Ca marche très bien sur les compos des Russes car ces derniers se débrouillent plutôt bien. Avec la patte « russe » pré-citée, cela apporte un peu plus de personnalité mais il faut faire attention à ne pas trop emprunter, au risque de se perdre en cours de route.

Ceci dit, l’album tient particulièrement la route. Certes, on ne saura pas étonnés, mais certains passages valent le coup d’oreille puisque le mélange est très appréciable et non dénué d’émotions. Les guitares ont de la rage, le chant de la hargne, les claviers une force et l’ambiance sombre nous met bien dans le bain. Une bonne sortie en définitive pour Dimentria.

 

Maleficentia : Revelation from the Ancestral Whisper

Ξ janvier 24th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Maleficentia : Revelation from the Ancestral WhisperPour ceux qui ont plusieurs trains de retard, petit rappel: Maleficentia se forme en 1998 autour d’Aragoth (Mausoleum), guitariste de son état, désireux d’intégrer des synthés dans sa musique. Il est rapidement rejoint par des musiciens partageant la même ambition et forme au final un groupe de black symphonique qui se transformera en une sorte de mix entre Graveworm et Dimmu Borgir. Les Parisiens changent plusieurs fois de line-up et sortent deux albums, « Born of Steel and Fire » et “Under the Banner of Suffering” avant d’accoucher de ce “Revelation from the Ancestral Whisper” cinq ans plus tard, en 2008.

Maleficentia a fait des efforts considérables puisque la production est meilleure et que les vocaux ressortent plus qu’à l’accoutumer : une voix black possédée et très énergique qui apporte pas mal de peps à la musique bien qu’elle soit de manière générale assez classique. Ceci dit, les Frenchies ne misent pas que sur ça puisqu’ils ont d’autres cordes à leur arc. Des musiciens expérimentés provenant d’autres formations soutenues comme Garwall ou Ave Tenebrae mais aussi une force certaine dans la mise en place des claviers. Des nappes insistantes, des chœurs et un peu d’orgue, cela apporte un côté sacré voire liturgique indéniable à la musique comme dans « Through the Mirror of Flesh ».

Le petit hic quand on écoute l’album dans son intégralité, c’est le mixage des guitares qui ont du mal à ressortir lorsqu’elles servent d’accompagnement aux claviers ou lorsque les blasts ont le premier rôle. Il faut attendre des moments plus « calmes », quelques leads ou quelques touches techniques pour qu’elles ressortent et apportent un côté diabolique, une réponse satanique aux claviers divins assez intéressante comme dans « In the Shadow of the Labarum ».

Malgré quelques défauts et linéarités, l’album se dote de morceaux plutôt efficaces et prenants comme le duo « Heuritic Embrace » et « A Forgotten Sanctuary » qui arrivent à mélanger de façon homogène les claviers, les chœurs, les guitares et les vocaux pour un rendu très appréciable, avec des mélodies que l’on retient bien et un enchaînement bien venu entre les différentes parties. On en redemande.

Même si « Revelation from the Ancestral Whisper » ne révolutionne rien dans sa démarche, il s’agit tout de même d’un album à plusieurs facettes, un peu long mais efficace, avec ses moments forts. Le petit frère devrait arriver incessamment sous peu, espérons que Maleficentia a encore de l’inspiration et de quoi nous ravitailler en black symphonique de qualité.

 

Rise Of Avernus : L’Appel du Vide

Ξ décembre 4th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Doom/Death, Gothic Metal, Symphonic Black Metal |

Rise Of Avernus : L'Appel du VideOriginaire de Sydney, Rise of Avernus est devenu de façon très rapide en valeur forte en Australie. En effet, le quintet a fait grande impression avec la sortie de son premier EP éponyme en 2012, lui offrant la possibilité de partager la scène avec des groupes renommés comme Rotting Christ, Enslaved ou Apocalyptica. Ce n’est pas pour rien. Les membres viennent d’horizons différents, certains ayant officié dans le folk, le doom ou l’atmo. Leur expérience passée et leurs influences personnelles leur permettent d’officier dans un style de metal atypique, quelque chose qu’ils aiment appeler « orchestral progressive doom metal », en particulier avec la sortie de leur premier album chez Code666, « L’Appel du Vide ».

Parler de doom symphonique serait toutefois prématuré puisque les Australiens ne se contentent pas de passages lents, lourds, pessimistes ou mélancoliques. Ils intègrent aussi pas mal de death metal et d’éléments gothiques dans leur musique, avec notamment un mélange de growl et de chants clair féminin atmosphériques. On pourrait alors parler sans se tromper d’une fusion de doom/gothique et de death symphonique avec une pointe de black metal dans certaines ambiances.

Il est un fait avéré, c’est que Rise of Avernus veut nous en mettre plein les oreilles mais aussi renforcer la réputation qu’il a pu obtenir jusqu’à présent. De ce fait, les musiciens ne font pas les choses à moitié. Le mastering est confié à Jens Bogren aux Fascination Studios (Deathronic, Rotting Christ, Dark Tranquillity, Bilocate, Orphaned Land…) et la pochette est réalisée, sans grande surprise, par Seth Siro Anton.

Ceci dit, Rise of Avernus n’a pas misé que sur les gros noms du metal, il a aussi fait de son album une bombe sombre et symphonique à souhait. Avec le premier morceau « A Triptych Journey », on sait immédiatement qu’on va avoir droit à du lourd. La montée en puissance avec l’apport successif des différents instruments nous amène à un ensemble puissant, riffs et growl death en tête, avec des orchestrations extrêmement alléchantes et bien foutues, arrangées par le guitariste Matthew Bell. Le morceau alterne gros passages death sympho en mid tempo et passages plus doom/gothic avec l’intervention de la chanteuse et claviériste Cat Guirguis apportant pas mal de romantisme sombre.

Cela est plus flagrant sur la suite, notamment « The Mire » qui nous permet d’apprécier des moments plus atmosphériques, doux et mélancoliques même si le death symphonique finit souvent par s’incruster. On remarquera que les interventions de Cat se font indépendamment de celles du growler, le death symphonique et son côté brutal étant d’un côté, le doom gothique et son côté doux et mélancolique de l’autre, tel un dialogue entre deux personnages. On n’est pas loin d’une sorte de fusion entre Septic Flesh, Paradise Lost et Draconian.

« Ethereal Blindness » fait partie des exceptions puisque cette fois-ci c’est du chant clair que nous avons, masculin et féminin. L’ambiance est plus tragique, renforcée par le piano et le violon, paradée de quelques accélérations tranchantes et d’envolées symphoniques de qualité, dignes de Dimmu Borgir. Et du chant clair on en a aussi sur le très joli « Embrace the Mayhem » qui joue énormément sur les atmosphères et en particulier sur un côté jazzy avec cette basse et ce saxophone. Au moins, avec Rise of Avernus, on varie les plaisirs.

Les Australiens placent la barre relativement haut avec ce premier méfait. « L’Appel du Vide » est un album très réussi, riche, soigneusement orchestré et suffisamment prenant et ambiancé pour qu’on passe un bon moment le temps de trois quart d’heure. Manque plus qu’à voir si Rise of Avernus peut transcender le tout sur ses prochaines sorties…

 

Ghoulchapel : Nightmarish Illusions

Ξ novembre 30th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Ghoulchapel : Nightmarish IllusionsS’il y a bien un pays qui mériterait de se dynamiser un peu en matière de black symphonique, c’est bien l’Arménie. Les groupes du genre doivent à peine se compter sur les doigts de la main. Seul Blood Covenant semble tirer son épingle du jeu depuis 2001. Avec quatre albums au compteur, ils ont montré qu’ils étaient les leaders dans ce domaine, avec un line-up assez imposant. Le guitariste et programmeur Mark Erskine faisait partie de la bande avant de partir cette année pour fonder au mois d’août son propre groupe, Ghoulchapel, avec son ami Ando Kamavosyan. Une formation qui s’est faite très rapidement, à croire que les acolytes sont plutôt pressés. Ils disent vouloir créer quelque chose de nouveau afin de revitaliser leur pays. Et cette nouvelle force se matérialise sous la forme du premier album « Nightmarish Illusions », sorti en novembre, soit après trois mois d’activité.

Le titre de l’opus peut rappeler celui du dernier full length de Bishop Of Hexen, « The Nightmarish Compositions ». Ce n’est pas anodin. Ghoulchapel est inspiré par les histoires de fantômes, les récits horribles et les cauchemars. Même s’il emprunte aux Israéliens leur thématique, il ne s’intéresse pas à officier dans le même registre. Les Arméniens se rapprochent davantage d’Hymir ou de Carach Angren, le côté théâtral en moins. L’ambiance inquiétante est présente ainsi que ce côté fantomatique et effrayant que l’on peut retrouver dans « Lammendam », notamment dans les mélodies au piano et au violon. Ghoulchapel joue de ce côté-là, en intégrant des éléments death metal et en composant une bonne partie de ses orchestrations par ordinateur. Ce n’est pas spécialement pro à l’oreille mais les atmosphères sont là, en témoigne l’introduction « The Beginning » qui met l’auditeur dans le bain.

Ghoulchapel est un groupe qui semble vouloir tout miser dans les orchestrations ainsi que dans la vitesse et dans l’agressivité de sa musique. En cela, les claviers et les programmations sont très mises en avant et les blasts (assez basiques dans l’ensemble) sont souvent de la partie lorsqu’il ne s’agit pas de la double pédale. Les guitares ont vraiment du mal à se tailler la part du lion, surtout que les riffs suivent principalement les mélodies au violon, on ne les distingue donc pas beaucoup, comme dans « In the Hands of the Forest ». La musique du quatuor manque cruellement de puissance surtout avec une batterie sonnant particulièrement synthétique, avec une frappe qui manque de force.

Le reste des morceaux suit cette ligne de conduite. Des blasts qui ne cassent pas trois pattes à un canard, des lignes de piano qui soulèvent certains passages mais qui se ressemblent, des orchestrations bien fichues mais couvrant beaucoup trop les guitares, un chant black plutôt convainquant alternant parfois avec un growl death. L’ennui, c’est que certains passages sont très bons et d’autres sont plus basiques, comme dans « Where the Fear Conquers All », ou « Ghoul Chapel » qui met davantage l’accent sur les guitares. Mais souvent, l’enthousiasme retombe. Cela n’empêche pas les titres d’être tout à fait convenables, même si on se serait attendu à mieux pour un groupe prétendant apporter quelque chose de « nouveau » en Arménie.

Ghoulchapel n’aurait peut-être pas dû se précipiter car son « Nightmarish Illusions » manque de moments forts, de puissance, et d’efficacité. Le thème des fantômes étant de plus en plus présent dans le monde du black symphonique (Carach Angren, Bishop Of Hexen, Withering Soul, Hymir, Serpenthia, etc) il aurait sans doute fallu présenter les choses autrement et prendre le temps de peaufiner. Ceci dit, c’est sympa et c’est encourageant pour un pays qui manque de représentants, d’autant plus que le leader Mark Erskine semble s’investir énormément : il a d’autres projets comme Edengard ou Ao Eterno et s’occupe des artworks (celle de ce « Nightmarish Illusions » rappellerait presque l’artwork du « No Closure » de Withering Soul »). Ghoulchapel pourrait donc être à surveiller, malgré tout.

 

Carpe Tenebrum : Mirrored Hate Paintings

Ξ novembre 22nd, 2013 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Carpe Tenebrum : Mirrored Hate PaintingsAstennu a un planning bien chargé à la fin des années 90. Il officie deux ans (1997-1999) chez Dimmu Borgir et fait partie du line up ayant engendré le remarqué « Spiritual Black Dimensions », est aussi dans Covenant le temps de la sortie du célèbre « Nexus Polaris » (1998), et est surtout le membre fondateur et tête pensante du groupe Carpe Tenebrum avec le vocaliste Nagash (lui aussi membre de Dimmu Borgir et de Covenant, décidément).

Quand le second album des compères, « Mirrored Hate Paintings », sort, beaucoup se demandent quel en est vraiment l’intérêt, et pour cause : musicalement parlant, on se retrouve avec une musique très proche du « SBD » de DB en certainement moins symphonique. Il faut dire que ce « MHP » a été enregistré quasiment en même temps que l’opus de la bande à Shagrath dans le même studio (Abyss Studio) et sous la houlette de Tommy Tagtgren, la finalisation ayant lieu en hiver 1998.

Avec « Mirrored Hate Paintings », on ne peut pas dire qu’Astennu et Nagash aient pris le risque d’engendrer une musique dotée d’un autre univers puisque, n’ayons pas peur de le dire, l’œuvre n’est autre qu’un « SBD » numéro 2. On retrouve la même empreinte, à savoir les blasts contenus, le riffing dense, la patte black metal obscure, l’ambiance brumeuse, le chant tantôt black, tantôt rauque et la présence importante de claviers.

Toutefois, Carpe Tenebrum arrive à se différencier de ses compères norvégiens pour plusieurs raisons. D’une, il n’y a pas de batteur, Astennu ayant été contraint de se contenter d’une vilaine boîte à rythme. De deux, il n’y a pas de chant clair, ici on a préféré remplacer les interventions divines de Vortex par des interventions diaboliques et très agaçantes, sortes de narration en voix déformée que l’on retrouve sur la majeure partie des titres, notamment l’intro de « The Abyss’s Mystic Haze » et le final de « Ludus ». De trois, la basse est légèrement plus audible et un poil plus technique mais cela ne l’empêche pas d’être parfois noyée dans le flot de claviers et de blasts. De quatre, les éléments symphoniques comportent quelques divergences. N’est pas Mustis qui veut. Même si Astennu utilise quelques sonorités, quelques nappes, quelques arpèges similaires à ce qui est fait sur « SBD », on ne retrouve pas des parties symphoniques pures et dures à la « The Promise Future Aeons ».

Quoi qu’il en soit, même si on tente un temps soit peu d’oublier les antécédents d’Astennu et de Nagash, les références à « SBD » finissent toujours par revenir. Rien que le premier titre contient les ingrédients d’un « Reptile » ou d’un « Grotesquery Conceiled ». Ca va vite, ça nous transporte dans la noirceur de leur musique avec cette atmosphère quasi fantomatique et la patte atypique d’Astennu niveau riffing et soli.

Malgré tout, il faudrait être de mauvaise foi pour ne pas trouver des qualités dans la musique de Carpe Tenebrum et ce, en dépit des nombreuses ressemblances avec « SBD ». On retrouve une partie de la force de ce dernier avec des montées en intensité, des accélérations bienvenues, des coups de claviers bien placés et des riffs qui font mouche. Sans oublier les moments forts avec des passages calés de manière judicieuse pour renforcer l’intensité, « The Painting » en est un bon exemple ainsi qu’« And Forever », ces deux titres étant sans doute les deux plus grosses pièces de ce « Mirrored Hate Paintings ».

« Mirrored Hate Paintings », même s’il n’a pas marqué les esprits contrairement au « SBD » qui a bien mieux fonctionné, reste un album très satisfaisant qui devrait parler à tous les amateurs de Dimmu Borgir. La musique et les paroles sont loin d’être bâclées et truffées de maladresse, contrairement à tout l’aspect visuel et conceptuel : une faute de latin dans le nom (normalement Carpe Tenebrae), une faute de frappe dans la tracklist sur la pochette arrière (« And Fever »), une faute d’étiquetage au niveau du morceau « Lured Like Your Thought », indiqué comme instrumental alors qu’il y a bel et bien du chant et des paroles, et des fautes de couleurs dans le livret (de l’écriture claire sur un fond clair ne font généralement pas bon ménage…).

 

Shadowcraft : Principles of Chaos

Ξ octobre 17th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Shadowcraft : Principles of ChaosCela fait plus de vingt ans maintenant que la scène black metal grecque s’est implantée avec Rotting Christ ou Necromantia en fers de lance. Une scène riche, avec ses diversités musicales, qui s’est étendue jusqu’au black symphonique avec Transcending Bizarre, par exemple, depuis le début des années 2000. Des formations ont tenté de suivre les traces de leurs ainés, sans grand succès. Pourtant, Shadowcraft, originaire de Thessaloniki, semble s’être fait un chemin dans le domaine qui lui correspond le mieux. Actif depuis 2005, créateur de plusieurs démos plutôt bien perçues, l’arrivée du claviériste Q_Snq quelques années plus tard lui a permis de s’affirmer et d’étendre son horizon musical vers un black symphonique plus original et avant-gardiste, en témoigne le nouvel album, « Principles of Chaos »…

La pochette cosmique et magique peut rappeler celles de « The Sad Realm of the Star » d’Odium ou d’ « In Abhorrence Dementia » de Limbonic Art. On y retrouve dans tous les cas un personnage qui semble avoir une forte attirance pour la beauté du cosmos. Shadowcraft se situe un peu de ce côté-là sans posséder la violence et le côté vindicatif de ses confrères norvégiens mais l’aspect spatial, épique et théâtral sont bien présents, sans oublier les influences Emperor (la base) et Dimmu Borgir (lorsque les orchestrations sont plus poussées). Ca a beau être grec, l’ambiance de ce « Principles of Chaos » est 100% norvégienne.

L’intro orchestrale dramatique semble longue et on peine du coup à démarrer l’album, mais lorsqu’arrive l’éponyme, tout va mieux. Les riffs black et épiques sont légions et les claviers distillent une atmosphère majestueuse. La symphonie est enveloppante et les sonorités sont variées, si bien que l’auditeur n’a aucun mal à rentrer dans le monde de Shadowcraft. La musique des Grecs peut sonner de façon féérique comme sur « The Light of Apollo » avec la flute et l’allée et venue des cordes. Les vocaux ont aussi une présence importante puisqu’ils ne sont pas linéaires et jouissent d’une variété non négligeable. En clair, on n’a pas que du chant black.

Il y a deux morceaux importants dans ce « Principles of Chaos » à savoir les deux parties « Burning Sun ». La première, « Ascending », est une pièce ambiante cosmique qui nous embarque très haut dans les cieux. On se retrouve tantôt avec un passage onirique, tantôt avec un passage inquiétant très proche du dark ambient. Puis « Bringer of Plagues and Suffering », la seconde partie, montre le côté plus noir de Shadowcraft qui accélère le rythme et le tranchant de ses riffs. Ces derniers ne sonnent pas assez malsain à cause d’une production un peu trop proprette, ce qui peine à immerger l’auditeur, qui ne retiendra que le côté grandiloquent des orchestrations.

On pourra toutefois se délecter d’un « Transcending into Infinite Aeons » varié et mélodique dans lequel le riffing nous guide, soutenu par les blasts et par des claviers inspirés, en témoignent ces petits sons et le clavecin. La majesté de Shadowcraft revient après deux titres basés sur le côté dérangeant des vocaux.

Les Grecs ne nous laissent pas sur notre faim avec ce « Principles of Chaos ». Ils nous livrent un bon album plutôt efficace et bien fichu, loin d’être linéaire puisque nous ne nous retrouvons pas avec la même ambiance du début à la fin. Seule l’originalité pêche un peu puisque l’ombre des Norvégiens plane sur l’ensemble des morceaux, cependant le groupe arrive à utiliser ses influences de façon intelligente…il serait dommage de ne pas en profiter.

 

Immergo : Sunken World

Ξ octobre 5th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Immergo : Sunken WorldLa mode est à l’océan dans le black symphonique actuel, en témoigne les péripéties maritimes de Stormlord, les histoires de pirates de Carach Angren, les voyages de colonisations d’A Land Beyond The Sea (dans un registre plus « mélodique » ceci dit) ou le ratage récent de Tond. Les Finlandais d’Immergo ne dérogent pas à la règle avec la sortie de leur premier album sous leur nouveau nom (le groupe étant né des cendres de Drowlich).

Il faut dire que le sextet s’en sort très bien avec ce « Sunken World » qui nous emmène dans les profondeurs d’un monde sous-marin. L’auditeur prend son souffle le temps de dix morceaux et s’engagent dans un black/death symphonique impérial et puissant qui fracasse bien comme il faut, comme si Immergo était le descendant d’une famille de grandes figures comme Vesania, Dimmu Borgir, Fleshgod Apocalypse ou Sycronomica dans une moindre mesure.

L’intro au piano et très porté sur les orchestrations nous laissent pantois et ne présage que du bon pour la suite. Au moins, on n’est pas trompé sur la marchandise puisque « The Earth Unseen » démarre avec une entrée en puissance dévoilant tout le potentiel d’Immergo. Les riffs black mélodiques sont accompagnés d’une rythmique efficace et véloce tandis que les orchestrations majestueuses nous embarquent volontiers dans l’univers du groupe. Les violons s’envolent, soutenus par un chant black tranchant, qui peut parfois virer vers le growl.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le groupe ne manque pas de force et frappe fort, très fort. « False Premise » insiste sur un jeu de guitare très mélodique qui pourrait éventuellement rappeler Kalmah tandis que les chœurs en fond ajoutent un côté mystique. Le piano est souvent présent aussi, à la manière de Sycronomica qui aime bien porter ses compos sur de solides arpèges. Idem sur « The Murderer from the Beginning » dont l’ambiance fantomatique rappellerait presque le dernier méfait des Finlandais de Serpenthia.

Ce qui est bien avec Immergo, c’est sa capacité de nous proposer un album varié, qui ne traîne pas en longueur. On a du lourd avec du bien costaud et destructeur mais aussi du fantomatique (comme sus-cité) mais aussi du théâtral/dramatique avec « Shapeshifter » qui alterne les rythmes ou « Figures of Deconstruction » avec ses différentes envolées et ses moments épiques. De ce côté-là, il n’y a rien à dire tant c’est bien composé, riche et fouillé. Le seul souci réside sans doute dans la trop grande prédominance de l’orchestration, qui parfois écrase tout de son poids. Il est clair qu’Immergo joue beaucoup là-dessus, et il faut faire attention à l’overdose.

Bien qu’encore jeune dans cet univers black symphonique, Immergo livre un très bon « Sunken World » qui ne présage que du bon pour l’avenir. Il est clair qu’avec un début aussi prometteur, et auto-produit de surcroît, les Finlandais ont toutes les chances de percer et d’attirer l’attention, en espérant qu’ils aient de quoi nous impressionner par la suite.

 

Tond : Key to the Watery Gates

Ξ octobre 5th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Tond : Key to the Watery GatesEn cette ère du numérique dans laquelle tout le monde peut enregistrer sa musique et la poster n’importe où et n’importe comment, on peut trouver des artistes tout à fait honorables avec un certain savoir-faire et un certain talent, mais aussi des artistes qui tentent de faire du metal comme ils peuvent, sans vraiment savoir s’ils ont les compétences nécessaires. C’est le cas de Tond, petit duo américain formé en juin dernier qui semble avoir l’ambition de faire des concepts albums et de raconter des histoires sur le long terme. Ce projet transpire d’optimisme car le résultat sur leur premier MCD “Key to the Watery Gates” est loin d’être admirable…

Les deux Américains se disent influencés par le black symphonique (Dimmu Borgir, Stormlord) et le black folklorique/viking (Bathory, Windir) pour ce qui est de l’ambiance ou des parties acoustiques. Il ne faut cependant pas espérer avoir un ensemble proche de ces formations là. « Voyage on the Wandering Star » est très pénible à écouter. Le chant clair est mauvais, ainsi que la production qui ne met en avant que les grésillements des instruments. La batterie est mal programmée puisque des plans sont vides et sans efficacité. Les parties acoustiques sonnent parfois fausses, il y a des soucis dans le son (par exemple, ça saute).

On ne s’étalera pas non plus sur un « The Wrecking of a Nobel Vessel » complètement dégueulasse et affligeant (batterie horrible, riffs souvent à côté, et j’en passe) ou un « Alone and Adrift » dont le seul atout réside dans la mélodie. Le bruit des vagues n’arrive même pas à nous emporter dans le concept marin de Tond.

En fait, rien est à sauver tant l’ensemble semble amateur. C’est comme si le duo avait superposé ses instruments sans vraiment penser au fond. L’ambiance est inexistante car les claviers ne relèvent rien si ce n’est quelque chose de très brouillon comme le début de « Far Beyond This Mortal Realm ». Je ne parlerais même pas des morceaux qui suivent à moins que vous soyez adeptes du viol auditif créé par une basse vrombissante et inaudible.

Rien à dire de plus concernant ce MCD raté qu’il faut éviter à tout prix, sauf si vous êtes du genre « amateur de souffrance » auquel cas vous serez ravis. Tond est loin de fournir un travail acceptable et ne fait pas partie des artistes en herbe au talent caché. S’il continue sur cette lancée, il lui sera très difficile de remonter le niveau…

 

Stormlord : Hesperia

Ξ septembre 15th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Stormlord : HesperiaStormlord a toujours su prendre son temps pour confectionner ses albums, en témoigne le bon « Mare Nostrum » qui aura mis quatre avant de voir le jour. Pour « Hesperia », c’est cinq ans que l’on a dû attendre, une petite éternité pour les amateurs du groupe. Et pour cause : les Italiens ont encore souffert d’un changement de line-up, les guitaristes et claviéristes ayant mis les voiles, rapidement remplacés par, respectivement, Andrea Angelini et Riccardo Studer. Ils ont aussi signé chez un nouveau label, à savoir Trollzorn Records, très tourné vers le folk et le pagan. Par contre, il y a quelque chose qui ne change pas chez Stormlord : son goût pour le travail de qualité et la mythologie gréco-romaine.

A l’instar de « Mare Nostrum », les Italiens continuent sur leur lancée avec un voyage maritime vers le jardin des Hespérides dans lequel vivent des nymphes qu’on nomme, évidemment, les Hespérides. Parmi elles, il y a la fameuse Hespérie, la femme dont les musiciens semblent s’intéresser le plus. C’est donc sur cette idée que s’ouvre l’album avec « Aeneas », tambours en avant. D’entrée de jeu, on sent que Stormlord a pris un autre tournant. Même si l’ensemble reste épique et férocement efficace, on découvre une approche plus progressive et un goût beaucoup plus prononcé pour les influences death metal. Mélangés aux éléments symphoniques et à son black metal moderne, on découvre un groupe dans l’air du temps, qui n’a pas peur d’évoluer, sans pour autant nous faire un fourre-tout maladroit. Non, Stormlord mélange ça bien et sait entraîner l’auditeur dans son univers sans qu’il se perde une seule seconde. « Aeneas » est vraiment une belle entrée en matière avec une puissance indéniable.

« Motherland » et son ambiance arabisante rappelle le « Legacy of the Snake » présent sur « Mare Nostrum », à la différence que le sitar (assez cliché quand même dans le metal oriental) disparaît au profit d’autres instruments traditionnels plus immersifs. On a l’impression d’entendre un Orphaned Land ayant passé du côté du black metal. Ce passage du côté de l’oriental n’est pas anodin puisque dans la mythologie, le jardin des Hespérides était censé se situer sur les rives océaniques du Maroc. Le côté oriental a réellement été travaillé puisque même les guitares nous offrent des riffs et des mélodies arabisantes. Il faut dire que Stormlord semble avoir envie de se mettre à la page. L’oriental dans le metal est assez à la mode en ce moment. Mais pas que. Les bidouilles électroniques le sont aussi et les Italiens n’ont pas oublié d’en intégrer quelques unes, dans « Bearer of Fate ». Que ceux qui n’aiment pas ça se rassurent, ce n’est pas flagrant, elles sont même rares et apparaissent en particulier au début, sous la forme de voix synthétiques. Cela ne gâche en rien le souffle épique qui règne sur l’intégralité de ce morceau, morceau dans lequel la douce voix d’Elisabetta Marchetti fait son apparition.

La force de cet album réside aussi dans la capacité qu’a Christiano Borchi d’alterner les vocaux. On passe du chant black au chant death en passant par le chant clair ou la narration. C’est encore plus varié et surtout mieux exploité et mieux maîtrisé. On découvre un growl plutôt poignant sur un « Hesperia » chanté en italien qui joue la carte du doom/death symphonique, avec de très belles orchestrations qui pourront, éventuellement, rappeler Rhapsody. Le tempo se ralentit avec une instrumentale au piano assez mélancolique (« Sic Volvere Parcas ») longue d’une petite minute. Ca a beau être relaxant, ça m’apparaît plus comme du remplissage qu’autre chose car ce titre n’apporte rien de concret à l’album. Ce point d’interrogation passé, on pourra se délecter de « Those Upon the Pyre », la chanson la plus progressive de ce « Hesperia », qui joue sur les ambiances et les tonalités. La harpe et les vagues nous guident jusqu’à des orchestrations impériales à la Ex Deo avant de nous offrir un morceau tout en finesse, basé sur un rythme mid tempo. On découvre les mille et unes facettes de Stormlord, notamment la diversité des vocaux, le tranchant des guitares, la douceur des parties acoustiques, et j’en passe. Un final en apothéose.

« Hesperia » est un album très abouti et est sans doute une œuvre majeure dans la carrière de Stormlord après le terrible « Gorgon Cult » et le réussi « Mare Nostrum ». Les Italiens nous montrent qu’ils savent s’adapter et qu’ils ne se laissent pas abattre, même après un changement de line up. Les compositions sont suffisamment riches et prenantes pour passer un très bon moment. Stormlord a encore muri, et s’est en plus offert les services de Giuseppe Orlando pour ce qui est de la production (Necrodeath, Crest Of Darkness) et de Mika Jussila pour ce qui est du mastering (Nightwish, Amorphis, Finntroll…). Comme quoi, nos chers Italiens ont bien fait de prendre leur temps…

 

Erimha : Reign Through Immortality

Ξ août 20th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Erimha : Reign Through ImmortalityIl existe une tendance qui se fait de plus en plus courante en ce moment dans le milieu du black/death symphonique, à savoir la tendance visant à mélanger les influences Dimmu Borgir et Behemoth. Sidious et Aeonhyzar, pour ne citer qu’eux, nous l’ont récemment montrés. Il faut dire que c’est une combinaison efficace, puisqu’on y prend les orchestrations de l’un et la puissance de feu de l’autre. L’idéal, c’est que le groupe qui pratique ce type de metal puisse y ajouter sa patte.

Erimha, originaire du Québec, s’en sort plutôt bien. Ce qui fait la différence, c’est le côté épique et véloce presque tout droit sorti de chez Keep Of Kalessin, l’aspect thrash en moins, ainsi que la thématique basée sur la spiritualité et la mythologie sumérienne (Erimha signifiant « armée » ou « légion »). Cela donne une autre couleur aux orchestrations et à l’ambiance générale, parfois mystique, parfois guerrière.

C’est après une introduction sonnant antique à la manière d’Ex Deo ou de Fleshgod Apocalypse que tout s’enclenche comme sur des rouages. « Ascetic » alterne les parties black metal et les parties death metal avec une certaine pointe de mélancolie, sans oublier de mettre le paquet sur le côté grandiloquent du sympho. Car oui, Erimha officie dans un black symphonique très virevoltant, où les claviers ont une très grande place. Ceci dit, le mixage a bien été étudié puisque aucun instrument ne se retrouve étouffé par un autre. Les blasts et les riffs sont bien audibles et puissants, le vocaliste propose growls et cris black, les chœurs renforcent l’aspect sombre et mythologique des compos et le sympho s’intègre particulièrement bien.

Certes, le groupe ne propose rien de nouveau dans le domaine puisqu’il s’agit d’un style – et d’une tendance, comme je l’ai dit – très pratiqué ces temps-ci. Mais il a le mérite de varier les titres et d’offrir une musique efficace et aux bonnes ambiances comme l’excellent « Bewildering Nightmare », mettant en avant des chœurs en latin et un solo de bonne qualité. « The Ritual of Internicion » fait penser à du Keep Of Kalessin qui aurait goûté au plaisir du symphonique, « Saunter to Extinction », l’instrumental, ne nous présage qu’une déflagration et c’est loupé, puisque « Cataclysmic Tides » tend à ennuyer et est un peu mou du genou. Heureusement, Erimha se rattrape avec « Metempsychosis » mais on sent qu’il s’agit de la fin de l’album, on perd en intensité – malgré de bonnes choses, surtout à la fin – et on ne retrouve pas la fougue et la force des premiers morceaux. Il faut dire que les cinq ou six premiers titres sont très bons.

Ce deuxième méfait, « Reign Through Immortality » est vraiment intéressant et mélange bien le black, le death et le sympho, sans que cela soit dénaturé. Erimha a tout le potentiel pour faire parler de lui tant dans sa province québécoise que dans l’ensemble de son pays, mais aussi dans le monde entier. En tout cas, il a déjà une signature chez Victory Records, ce qui est déjà une bonne chose.

 

Elderblood : Son of the Morning

Ξ août 10th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Elderblood : Son of the MorningElderblood, c’est une nouvelle formation black symphonique ukrainienne fondée par le multi instrumentiste Astargh, quittant Nokturnal Mortum en 2011 pour se consacrer à son propre groupe. Il recrute son confrère Odalv (Ulvgegr, ex-Nokturnal Mortum) ainsi que le bassiste Hagalth l’année suivante et rentre aux Dark Essence Studios de Kharkiv afin de sortir le tout premier opus, « Son of the Morning ».

Rien à voir toutefois avec Nokturnal Mortum puisque le trio officie dans quelque chose de plus grandiloquent et de très légèrement influencé par le mélo death. Même si on retrouve des relents guerriers et une mise en valeur de la culture ukrainienne à travers les paroles mais aussi des passages épiques, telle une épopée historique, Elderblood a sa patte qui permet de le différencier, notamment les orchestrations très soignées et les offensives permanentes de riffs black tranchants et de vocaux arrachés.

Les morceaux dépassent toujours les cinq minutes trente et peuvent même atteindre les neuf minutes. Ceci est dû au côté plutôt « cinématographique » des compos, le groupe tentant de nous offrir une progression et de ne nous raconter une histoire de bout en bout. Cela commence par une introduction inquiétante où les violons se veulent menaçants, comme si on se situait sur les restes d’un champ de bataille. Déboule ensuite « Dies Irae » qui fait la part belle aux chœurs et aux chants en latin, à la manière d’Hermh. Elderblood, toutefois, ne s’attarde pas là-dessus et enchaîne riffs et claviers puissants. Le chant peut toutefois dérouter puisqu’il s’agit d’une sorte de superposition de voix, le rendu n’étant pas totalement convaincant. La musique reste très commune, même si l’ensemble est tonique. Pareil sur « Manifestation of Dark Essence », qui bien que très énergique, mise principalement sur les orchestrations, les riffs étant plutôt bateau.

Il faudra attendre la moitié de l’album pour découvrir un ensemble plus intéressant et inspiré. Même si la mélodie d’intro de « My Death » reste très prévisible et basique, elle fait mouche tant c’est ce qu’on attend d’un album de black symphonique. Elderblood se rattrape avec les différents passages et la mise en valeur de la basse, en accord avec le piano. Finie la superposition de vocaux, Astargh nous montre sa vraie voix, à savoir un chant extrême ni vraiment black, ni vraiment death. C’est un titre qui reste plus en mid tempo et propose des sonorités très variées. « The XI-th Angle », lui, détonne par sa progression impeccable, ses claviers superbes, et ses mélodies bien choisies. Les riffs sont colorés et la voix nous conte une histoire sur onze parties. Le break est magique et le solo furieux anticipe un passage de pur black symphonique de toute beauté.

L’album se conclut avec un « Re-birth » majestueux et un « Dreamless » ambiant. Elderblood a fait du très bon travail sur ce « Son of the Morning », comme une fusion d’Emperor et de Dimmu Borgir avec un côté plus guerrier et une approche plus classique. Il ne réinvente pas le style et peine quelque peu à s’affirmer lors de la première moitié de l’opus, mais arrive tout de même à nous fournir un black symphonique qui vaut le détour et qui contient ses petites perles. Un bon début.

 

Agathodaimon : In Darkness

Ξ juillet 23rd, 2013 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Agathodaimon : In DarknessAgathodaimon, une des figures emblématiques du black mélodique allemand depuis plus de quinze ans, a toujours eu une carrière en dents de scie avec de bons albums mais aussi des moins bons, si bien que sa discographie complète est loin d’être remarquable. Et pourtant, signé chez Nuclear Blast dès le départ avec « Blacken the Angel » jusqu’à la sortie du très bon « Phoenix » chez Massacre Records, Agathodaimon a plus d’une corde à son arc. Son seul souci, c’est de ne pas réussir à être constant, ainsi un album peut être excellent et un autre terriblement ennuyeux. Le groupe avait tout de même réussi à sortir deux bons opus d’affilée (« Serpent’s Embrace » et « Phoenix ») mais il semblerait que la série s’arrête ici puisque le nouveau « In Darkness » n’est, et il faut le dire, pas à la hauteur…

Le visuel est d’emblée très beau puisqu’Agathodaimon remet le couvert en affichant une statue sur l’artwork. Elle a deux facettes différentes, une normale et une « pourrissante » ou tombant en poussière, ce qui n’est pas sans rappeler la statue de « Majesty and Decay » d’Immolation. Ceci dit, celle d’Agathodaimon nous laisse deviner les relents gothiques qui parsèment la musique des Allemands. Ils se focalisent sur les ambiances mélancoliques et froides, principalement véhiculées par les guitares, et mettent les claviers au second plan, de sorte à ce qu’ils soient moins proéminant, comme ils avaient pu l’être sur « Phoenix » ou « Serpent’s Embrace » par exemple. « In Darkness », l’éponyme, est donc l’un des seuls morceaux très tourné vers le black symphonique. Les guitares envoient des riffs épiques, accompagnés de claviers incisifs. Si le chant black est toujours aussi tranchant, le chant clair du guitariste a perdu de son romantisme pour un ton plus guerrier. « I’ve Risen » aussi a une bonne empreinte symphonique mais la mélodie sent le réchauffé et l’erreur de prononciation de « Risen » (prononcé exactement comme « reason ») donne un tout autre sens aux paroles et la musique semble tout à coup moins imposante.

Le reste de l’album perd toute accroche, notamment à cause de morceaux plus mous comme un « Favourite Sin » bien niais ou un « Oceans of Black » hors propos avec ses vocaux synthétiques. « Höllenfahrt der Selbsterkkenntis » aussi peine à nous faire adhérer à cause de son manque de force. Agathodaimon avait émis l’idée d’intégrer des influences doom dans ses compositions, histoire d’alourdir l’ensemble, mais il manque de la cohésion entre tous les éléments si bien qu’on se perd au fil de l’album. Heureusement toutefois que les Allemands restent fidèles à eux-mêmes sur certains titres comme « Dusk of an Infinite Shade » ou « Adio », alternant parties très mélodiques et entraînantes, parties plus profondes, et parties acoustiques, histoire d’apporter une pause.

S’il on le compare aux dernières sorties d’Agathodaimon, « In Darkness » est décevant et bien en deçà de l’excellent « Phoenix ». Moins accrocheur, moins puissant et moins envoûtant, il ne fait que confirmer cette carrière en dent de scie, même si certains morceaux sont plutôt bons. S’il on le compare au reste des sorties black mélo, « In Darkness » est un album moyen et bien en deçà du potentiel du groupe, qui nous a déjà habitués à mieux. On peut même dire que la statue sur la pochette est à l’image de l’opus : en demi teinte…

 

Retribution (ESP) : Opus Serpentis (Prologue)

Ξ juillet 20th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Retribution (ESP) : Opus Serpentis (Prologue)Créé par le duo L. Shihan et S. Scimoth sous le nom de YK3 en 2005, puis renommé en Retribution en même temps que l’arrivée de membres supplémentaires, ce projet espagnol de black symphonique ne manque pas d’audace. Les sept musiciens ont transformé peu à peu leur musique en un ensemble grandiloquent et théâtral et il se pourrait que l’Espagne ait enfin trouvé son représentant black symphonique, puisque ce style est loin d’être exploité chez les ibériques.

C’est en 2013 qu’ils donnent enfin une suite à leur premier opus sorti en 2007. Une suite assez particulière puisqu’il s’agit d’une sorte de mélange entre Dimmu Borgir, Rhapsody, et Danny Elfman. On retrouve le black metal de l’un ainsi que son ambiance symphonique, le côté épique et théâtral de l’autre, et l’aspect sombre et mystérieux du compositeur d’une bonne partie des films de Tim Burton. On ne pourra pas parler de fusion puisque l’ensemble tend parfois à manquer de cohérence. Les différents éléments peinent à entrer en osmose, les riffs, les vocaux et les claviers sympho faisant – et ce, chacun leur tour – remplissage.

Ainsi, lorsque ce sont les riffs qui mènent, la grandiloquence du sympho n’est là que pour faire jolie, et inversement. Les guitares n’ont d’ailleurs pas souvent le monopole, en témoignent des titres comme « Corpus Anticristi Y3K » où les envolées aux violons dominent tout le long. Malgré tout, ce titre est sans doute le plus complet et le plus représentatif de l’univers de Retribution. Le jeu rappelle les couplets d’un « Gateways » de Dimmu Borgir auquel s’ajoute tout un ensemble vocal, chœurs, chant black voire death et chant soprano offert par Itea Benedicto, avant un passage plus speed guidé par un solo épique.

Même si les orchestrations sonnent souvent synthétiques, elles n’en restent pas moins de bonne qualité, et tiennent la route. « The One » arrive à nous embarquer : les voix se confrontent même si elles manquent de force. Les guitares ont du mal à se faire entendre tant le reste de l’instrumentation les recouvre, même si quelques riffs black font timidement leur apparition.

On a tout de même droit à une fresque épique et impériale comme le montre bien « Promised Land ». A la fois sombre et chaleureuse, certaines tonalités rappellent les symphonies arabisantes proches de certaines BO telles que Lawrence d’Arabie. Le rythme est soutenu et surtout porté par la batterie et les claviers. La voix a ses moments de faiblesse et les guitares ne tirent leur épingle du jeu qu’à certains moments.

On pourrait presque parler d’opéra black metal. « Opus Serpentis » est un EP surtout fait en prévision de l’album « Corpus Anticristi Y3K » qui devrait arriver très prochainement. On découvre alors un groupe qui a le cul entre deux chaises. D’un côté, on a un aspect théâtral indéniable mené par plusieurs types de voix et accompagné de claviers virevoltants et bien menés. D’un autre, on a un ensemble souffrant de nombreuses faiblesses, notamment les guitares, quasiment camouflées. Retribution ne doit donc pas hésiter à arranger ce souci de mixage afin de donner plus de puissance et plus de peps à sa musique, qui reste souvent dans la même ligne de conduite. En attendant, on est curieux de voir ce que ce projet peut devenir sur le long terme…

 

Astral Winter : Perdition

Ξ juillet 1st, 2013 | → 0 Comments | ∇ Melodic Black Metal, Symphonic Black Metal |

Astral Winter : PerditionOn ne peut pas dire que le multi instrumentiste Josh Young aura chômé cette année car il sort pratiquement simultanément les nouvelles œuvres d’Astral Winter et d’Atra Vetosus, « Perdition » pour l’un, « Voices from the Eternal Night » pour l’autre, sachant qu’un autre AW est prévu. Bref, il y a de quoi se mettre sous la dent pour les amateurs de black mélodique. Et pourtant. On ne pourra pas dire que « Perdition » est très black mélodique puisque le musicien a décidé de faire un album intégralement acoustique. La guitare sèche, les synthés, le piano et les samples sont les uniques instruments à l’honneur, pour un ensemble plutôt…glacial.

Young nous avait habitués à cet univers hivernal avec « Winter Enthroned » prouvant son amour pour les terres glacées grâce à un black mélodique symphonique de toute beauté. Ici, on retrouve la même ambiance, le metal en moins, mais rien n’est dénaturé. Le piano cristallin y joue beaucoup ainsi que les nappes glaciales, fonds d’ambiance et violons. On entend aussi des samples de vent mais aussi de pluie et d’orage. Pas de neige cependant, tant elle est silencieuse, mais on la devine rien qu’à l’écoute de morceaux tels que « An Endless and Vast Horizon » ou « A Vision in the Eclipsing Moon ». Les mélodies sont telles qu’on s’imagine sans souci les prairies remplies de neige, les arbres dénudés et figés par le froid glacial de l’hiver, la rudesse du vent ainsi que le froid paralysant de la pluie. D’autant plus que tous les morceaux sont reliés presqu’en un par le vent et la pluie.

Malgré un côté simpliste, dû à une certaine linéarité lorsqu’on digère les morceaux ensemble, le travail de composition reste très bon puisque l’ambiance est respectée et qu’une certaine technique apparaît dans les notes de piano. De plus, certaines pistes comme « To Destroy the Vale of Time » et « Shrouded in Mist and Pale Light » se dotent de douces paroles, parfois comme un murmure, parfois comme un écho dans le lointain. Cependant, cela ne suffit pas, certains morceaux sont assez redondants et l’album en entier n’est pas facile à faire passer. Quelques titres de temps en temps, c’est mieux.

En gros, un chouette album ambient acoustique pour Astral Winter qui montre qu’il peut s’adoucir en temps voulu mais certains défauts sont persistants comme les répétitions de passages ou de notes. De plus, l’utilisation permanente des mêmes instruments – et ce de la même manière – ne permet pas de varier le propos. Dommage, mais en tout cas, plusieurs moments valent le détour, si tant est qu’on aime les ambiances glaciales.

“Shrouded in mist and pale light

I behold the palace forever cast in twilight

My spirit heeds the calls to eternity

I embrace Perdition, as my lifeforce whithers away”

 

Chthonic : Bú-Tik

Ξ juin 2nd, 2013 | → 0 Comments | ∇ Melodic Death Metal, Symphonic Black Metal |

Chthonic : Bú-TikDepuis « Mirror of Retribution », Chthonic montre une constance à toute épreuve, à raison d’un album tous les deux ans et d’une signature méritée chez Spinefarm. C’est un fait, les Taïwanais ont conquis l’Europe grâce à leur black/death symphonique teinté d’éléments asiatiques. Un style de metal que le groupe lui-même s’amuse à appeler « orient metal ». Il faut dire que le quintet a sa propre identité et un concept que lui seul peut proposer. Chaque album est un véritable cours d’histoire vu qu’on nous raconte les événements qui ont fait de Taïwan le pays que nous connaissons actuellement. Chthonic avait entamé une trilogie avec « Seediq Bale » concernant les nombreuses guerres et événements ayant chamboulé la vie paisible des Taïwanais. Avec « Bu Tik », un nouveau chapitre s’ouvre cette fois-ci avec l’histoire du Massacre 228, ce chiffre faisant référence au jour où l’incident a commencé (le 28 février, de l’année 1947).

Si le terme « Bu Tik » paraît nébuleux pour ceux ne maîtrisant pas les langues asiatiques, le groupe nous le traduit à sa façon par : « violence vertueuse » ou « défense justifiable ». Ces termes se font davantage comprendre avec le morceau « Defenders of the Bu Tik Palace », sur lequel le concept s’explique. En effet, le palais Bu Tik était utilisé en tant que quartier général par les Japonais en 1930 pour endiguer une révolte seedeq (un des groupes aborigène de Taïwan). En 1947, ce palais a aussi été utilisé par l’armée taïwanaise lors du massacre où de nombreuses personnes se sont battues contre la dictature chinoise. Il s’agissait du plus gros mouvement pour l’indépendance de Taïwan.

D’un point de vue musical, on comprend la direction empruntée par le groupe. Dans le fond, « Bu Tik » se situe dans la même ligne de conduite que « Takasago Army », mais dans la forme, on se retrouve avec un ensemble plus tourné vers le death, moins black et moins folk, mais plus symphonique et épique. Ainsi, si l’introduction instrumentale, très traditionnelle, met en avant des violons impériaux, « Supreme Pain for the Tyrant » montre bien le chemin vers lequel se dirige Chthonic. Rageur, dynamique mais aussi mélodique, Freddy Lim nous offre de nouveau une alternance de vocaux (avec une préférence pour le growl death cependant) et nous gratifie de son erhu si caractéristique, avec sa mélodie bien asiatique, pendant un refrain plus posé. « Sail into the Sunset’s Fire » joue davantage sur des riffs tantôt death, tantôt black, et les solos, tout en mettant en valeur la qualité et la puissance des orchestrations. « Next Republic » fait pâle figure à côté, car seuls les chœurs du refrain semblent réellement attirer notre attention.

La suite de l’opus possède de bons moments mais aussi des moments plus plats, la faute à un manque d’éléments marquant les titres au fer rouge. En cela, certains morceaux passent totalement inaperçus comme « Between Silence and Death » ou « Resurrection Pyre » malgré une exécution carrée et quelques samples de crépitements de feu. Ca ne suffit malheureusement pas car Chthonic nous a toujours habitués à un petit quelque chose qui fait qu’un titre se différencie d’un autre. Mais ce petit quelque chose il ne l’a pas abandonné, en témoignent les premiers titres décrits ainsi que le destructeur « Defenders of Bu Tik Palace » qui montre tout le talent et la force des Taïwanais. Un ensemble efficace qui suit une logique bien précise, entre un départ plutôt sombre entraîné par un sitar chinois et une suite extrêmement riche où on découvre un panel diversifié d’éléments musicaux, comme les instruments traditionnels (sitar, erhu, flute), la variété du rythme et des riffs mais aussi du chant, Freddy laissant sa place à Doris Yeh (bassiste et leadeuse du groupe) dont l’empreinte vocale apporte un charme indéniable et rappelle un titre comme « Quasi Putrefaction ».

Produit par Richard Bengtson aux Sweetspot Studios suédois, ce septième méfait n’est pas fondamentalement excellent mais montre un groupe taïwanais infatigable et toujours en grande forme qui se dirige de plus en plus vers le death metal et qui laisse peu à peu son black metal du début. Ce changement n’est pas à voir comme un mal mais plus comme une évolution logique car Chthonic traverse les âges et fait évoluer ses concepts. Dommage toutefois que tous les morceaux ne soient pas aussi prenants et émotifs qu’un « Seediq Bale » ou qu’un « Takasago Army ».

 

Orion’s Night : In the Beginning

Ξ mai 30th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Orion's Night : In the BeginningOrion’s Night est fondé en 2006 par le batteur Jean-Michel Parmentier et le claviériste David Piotrowicz dans le but de créer un metal orchestral influencé par la musique classique (baroque et romantique) et les thèmes musicaux de films. Désireux de se situer vers quelque chose d’inspiré par le rêve, le cosmos et la mythologie, les membres optent pour le nom d’Orion’s Night et tentent de trouver d’autres membres susceptibles de les suivre dans leur aventure. Ce n’est qu’en 2009 que le line-up devient réellement stable, composé de musiciens venant de sphères très différentes, une aubaine pour ce groupe désireux de varier les plaisirs et de toucher le plus de monde possible.

C’est ainsi que sort le premier MCD en 2010, « In the Beginning ». Un premier jet tiré vers le black/death au caractère épique, orchestral, mélodique, onirique et cosmique, qui ne peut qu’évoquer une fusion entre, respectivement, Dissection, Dimmu Borgir, Skyfire et Arcturus. Cela se sent bien le long de ces cinq titres, mettant le paquet sur les claviers et les ambiances. Pour le coup, on peut dire que le côté orchestral est réussi vu que c’est l’élément qui ressort le plus dans la musique d’Orion’s Night. Mais ils ne laissent pas les éléments purement metal de côté vu qu’on à affaire à des riffs et à des vocaux tantôt heayv, tantôt black, tantôt death, pour une diversité qui n’est pas à renier.

C’est après l’introduction spirituelle et mystérieuse où la soprano Marie Billy fait son apparition que la machine se met en route avec « Across the Time », dont l’introduction rappelle indéniablement Skyfire (genre « Shivering Shade » ou « Awake »). En d’autres termes, c’est véloce et très mélodique avec des guitares et des claviers en osmose. Toutefois, l’ensemble (et c’est aussi valable pour le titre suivant) sonne un peu amateur avec parfois quelques difficultés à imbriquer certains éléments, certains passages. De plus, le chanteur Olivier Putz semble avoir plus de facilité dans le registre du growl death que dans le chant black.

Mais c’est à partir de « Temple of Anubis » qu’Orion’s Night devient vraiment intéressant et moins amateur, avec cette empreinte cosmique plus flagrante. Les claviers nous transportent tandis que les guitares et les vocaux apportent cette touche d’agressivité. L’ambiance s’étire de plus en plus pour nous emporter dans l’univers du sextet, avec ses envolées, ses chœurs, et ses touches oniriques. La mythologie prend aussi ses marques, avec Anubis, puis « Downfall of Cronos », le titre le plus long mais aussi celui le plus inspiré. Ici, on nous raconte une histoire, avec une narration qui ne peut qu’évoquer Kobi Farhi d’Orphaned Land (comme dans « Warrior »). Les enchaînements sont parfaits, avec ces accélérations bienvenues, ces claviers cosmiques à la Arcturus bien mis en avant. Non vraiment, on passe un très bon moment sur « Downfall of Cronos ».

Un opus intéressant pour ces Belges qui proposent autre chose que leurs confrères de Saille. C’est moins violent, moins malsain mais plus mélodique, plus onirique et plus orchestral, ce qui ne déplaira pas aux amateurs du genre. Même si certains titres sonnent amateurs (la faute, sans doute, à une production maison), on sent qu’Orion’s Night a du potentiel, surtout lorsqu’on se rapproche des derniers morceaux. On espère un premier full length pour réellement voir de quoi ils sont capables.

 

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