Dystopian Wrath : Dystopian Wrath

Ξ mars 27th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Dystopian Wrath : Dystopian WrathConnu d’abord sous le nom de Dystopian, Dystopian Wrath a longuement muté avant de s’engager pour de bon sur la voie de l’enregistrement. Les deux têtes pensantes, A. Wyldestone et D. Thompson, ont recruté les membres qui correspondaient à leurs attentes et tentent aujourd’hui de tirer le meilleur de leurs influences. C’est dans cette optique que nait au mois de mars de cette année le premier EP éponyme sorti chez Ukem Records.

Il n’y a pas si longtemps, les Britanniques de Sidious avaient impressionné avec leur première sortie dans une veine black/death symphonique brutale. Les Britanniques de Dystopian Wrath officient dans le même registre, le côté brutal en moins, la mélodie et l’harmonie en plus. Nous nous en rendons compte dès le départ avec « Suffering State », qui bien que pourvu d’accélérations, met au premier rang les mélodies à la guitare ainsi que le côté impérial des claviers. Un fin côté épique se laisse découvrir peu à peu, malgré des influences Dimmu Borgir évidentes (la voix possédée rappelle Shagrath).

On sent planer l’ombre d’Immortal pour ce qui est du riffing black mais les touches death permettent de s’éloigner de la Norvège pour se diriger davantage du côté de la Pologne comme sur « Back to the Maze » quelque part entre Behemoth et les groupes de black sympho du coin (Crionics, Devilish Impressions…). Avec « Black Sea of Tree’s », toutefois, on devine l’influence Carach Angren. Pas pour le côté théâtral mais pour le côté fantomatique d’une part (ressenti dans les touches de claviers) et le côté dépressif (au niveau des guitares et de la voix) qui n’est pas sans rappeler le titre « An Ominous Recording » de leur album « Where the Corpses Sink Forever. La différence, c’est qu’on n’assiste pas à plusieurs exécutions mais à un suicide (le coup de feu…).

Dystopian Wrath commence bien sa carrière avec cet EP de bonne facture qui, malgré un manque d’originalité, a le mérite de ne pas faire dans le pompeux avec des claviers trop prédominants, des mélodies déjà entendues ou du chant clair inadéquat. Il faut qu’il se lance, maintenant, afin de nous montrer ce qu’il peut faire sur la durée.

 

Narjahanam : Wa Ma Khufiya Kana A’atham

Ξ mars 18th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Oriental Metal, Symphonic Blackened Death Metal |

Narjahanam : Wa Ma Khufiya Kana A'athamIl y a des groupes qui ne sont pas pressés et qui prennent le temps de bien composer leurs morceaux. Le but n’est pas d’aller le plus vite possible mais de créer des chansons inspirées, complètes, précises, minutieuses afin de véhiculer un message et de transporter l’auditeur dans un autre univers. Narjahanam fait partie de ces formations. Le duo originaire du Bahrein a mis plus de six ans à conclure son nouvel album « Wa Ma Khufiya Kana A’Atham », après le bon « Undama Tath’hur al Shams Mn al Gharb ». Le jeu en valait la chandelle. Des années de travail acharné pour fabriquer un album mieux composé, mieux produit, plus riche et ambiancé. Il n’y a pas de doute, Narjahanam revient en grandes pompes.

La patience des fans du groupe de la première heure sera récompensée puisque « Wa Ma Khufiya Kana A’Atham » présente un groupe qui a évolué. Même si les titres présentent toujours des nappes de claviers impériales et sombres et une touche orientale inévitable, Narjahanam intègre davantage d’éléments folkloriques, comme des percussions, du sitar, de la mandoline, des flutes, etc. Le côté symphonique est toujours ultra présent, avec ses mélodies enveloppantes et envoûtantes et ses chœurs mystiques. Le mélange de black folklorique et de death symphonique est cette fois-ci mieux maîtrisé, si bien qu’on croirait entendre un mix entre Orphaned Land et Al Namrood.

Impossible de ne pas se retrouver dépaysé, Narjahanam maîtrise l’art du metal oriental à la perfection. Du rythme dansant de « Rimal Alzaman » à l’aspect impérial de « Kahf Alkhulood » en passant par l’instrumental « Ma Bayn Althulumat » sans oublier l’ultra mélodique « Ahlu AlQuboor » et l’agressivité de « Kitab altuqoos », il y en a pour tous les goûts, et tout amateur de metal oriental extrême saura s’y retrouver. Nous nous retrouvons avec un voyage d’une heure, guidée d’une main de maître par la tête pensante Mardus (et growl en arabe toujours aussi possédé).

Il manque toutefois un peu d’agressivité dans cet opus, ainsi que de noirceur. Les compos sont sombres et dans une optique black/death mais il n’y a pas le côté écrasant de « Undama Tath’hur al Shams Mn al Gharb » ni la violence et la rapidité des blasts. Le rythme est plutôt posé et l’accent est porté sur le côté oriental, les guitares faisant plus office d’accompagnatrices. Il y bien évidemment des phases plus tranchantes mais rien de bien vilains. Ceci dit, les titres sont suffisamment variés et envoûtants pour ne pas s’ennuyer.

Pas de temps mort, donc, sur ce « Wa Ma Khufiya Kana A’Atham ». Narjahanam a bien fait de prendre son temps et de confier ses compos à des professionnels situés aux quatre coins du monde. On notera le mastering d’Ivanenko Andrew aux Metal Sound Studios (Russie) ainsi que l’apparition de la top modèle brésilienne Maria Storani pour la pochette sans oublier les très belles images du livret qui nous embarquent, en un seul coup d’œil, dans les ténèbres de l’orient. Un must pour tout fan d’oriental metal qui se respecte.

 

Obsidian Gate : Whom the Fire Obeys

Ξ mars 16th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Obsidian Gate : Whom the Fire ObeysObsidian Gate, c’est vraiment quelque chose. Sous estimé malgré une qualité et une maîtrise du style impeccables, le groupe allemand ne s’est pas fait remarqué avec ses deux full lengths « The Nightspectral Voyage » et « Colossal Christhunt », sortis respectivement en 1999 et 2001. Pourtant, ils ne manquaient ni de véhémence, ni d’intensité dans la mesure où le croisement entre Limbonic Art/Arcturus/Bal Sagoth était particulièrement bien exécuté et prenant. Malgré un maxi sorti en 2002, les Allemands se séparent et font un break de cinq ans avant de recommencer, petit à petit, à composer. Ce n’est que maintenant que le nouvel album sort dans les bacs. Il est temps de découvrir la nouvelle facette d’Obisidian Gate

On quitte le monde des galaxies ainsi que l’empire romain pour se diriger vers la mythologie égyptienne. Cette dernière tend vraiment à inspirer bon nombre de formations comme Nile pour ne citer que lui, Karl Sanders étant un grand mordu de tout ce qui touche à l’Egypte ancienne. On peut se demander, pour le coup, si Obsidian Gate ne suit pas les pas de ses confrères américains. La thématique, la pochette et le visuel, l’influence death metal ainsi que le nom de l’album (« Whom the Fire Obeys ») rappellent un énormément un « Those Whom the God Detests ». Coïncidence ou non, il ne faut pas s’arrêter là. Les Allemands ont envie de nous en mettre plein les oreilles en nous offrant un condensé de black, de death, de sympho dans le genre « movie soundtracks » et de touches orientales.

« Sethian Legions March » ouvre l’album à la manière d’un film. Mélodie arabisante, orchestre très présent, chœurs, et relents guerriers, une chose est sûre, c’est que l’album s’annonce épique, massif et plutôt couillu. Et c’est le cas. « Jackal-Headed Devourer » tout comme « Khnemu Her-Shef » ne rigolent pas, mêlant quelques touches black à une rythmique brutal death et des envolées orchestrales de haute volée. La production est très clean (meilleure que sur le maxi « The Vehemence ») et fait surtout la part belle aux éléments symphoniques et orientaux. Les guitares, les blasts et le chant ne manquent toutefois pas de fougue et de force, pour le plaisir de nos oreilles. Vu ce que nous offre Obsidian Gate, on peut dire qu’on se retrouve avec une fusion Bal Sagoth, Nile et Fleshgod Apocalypse (en moins technique, brouillon et casse gueule il faut le dire), la magnificence du trio allemand en tête.

Le duo Marco/Markus a engagé Alexander Schiborr pour les aider du côté des claviers et de la programmation des orchestrations. Bon choix ! Même si on retrouve parfois le même type de plans symphoniques grandioses et envoûtants à la « Nightspectral Voyage », les violons, les cuivres et les instruments ethniques nous en font voir de toutes les couleurs comme sur « Sekhmet, The Wrathful » qui, mélangés à la brutalité du death/black, font terriblement mouche. On sent que le groupe est autant influencé par le metal que par la musique classique, le mélange est parfait, fouillé, précis, pensé jusque dans les recoins les plus fins. On comprend pourquoi les Allemands ont mis tant de temps à composer. Ca vaut réellement le coup.

Les morceaux ne sont pas aussi longs que sur leurs précédents méfaits (on ne dépasse pas les six minutes) mais au moins tout y est : pas de temps mort, une batterie qui tabasse, un chant charismatique, des riffs tranchants comme des lames de rasoirs, des orchestrations carrément hollywoodiennes, des mélodies qui restent en tête… « Buried Beneath the Glare of » est une sorte de croisement entre la folie d’Obsidian Gate et des musiques de film du genre « La Momie » ou « Stargate », dans le genre particulièrement puissant, écrasant et émotif. Si vous n’aimez pas les touches arabisantes, passez votre chemin. Quant à l’éponyme placé en fin d’album, on prend une baffe en pleine figure. Le groupe pousse d’ailleurs le vice jusqu’au bout en intégrant des paroles en égyptien (« Xaa Em, nefer-tmu en sessen, er sert ra, er sert ra ! »). Il fallait s’en douter. Déjà que ses précédents concept albums étaient écrits de manière particulièrement cohérentes, il ne fallait pas s’attendre à moins de sa part.

Que dire de plus ? Un retour en grande pompe, des morceaux qui font mouche à chaque instant, un travail de pro fait-maison (mixage, mastering, pochette, paroles…tout). Les fans de black/death symphonique risquent d’être conquis. Quant aux fans de la première heure et les plus attachés au black sympho des fin 90-début 2000, il est possible que la production trop clean et le côté moderne les déçoivent. On espère que le label Kristallblut Records fera son travail de promotion et de distribution pour donner une nouvelle chance à Obsidian Gate. Il serait dommage de passer complètement à côté de cet album…

 

Bjarm : Imminence

Ξ février 27th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Bjarm : ImminenceDécidément les Russes sont partout. Ils ont organisé les récents JO d’hiver, se sont opposés à la révolution ukrainienne et ont envahi la scène black metal symphonique. Nul besoin de rappeler que la majeure partie des nouvelles sorties du style proviennent de ce grand pays où les groupes prolifèrent à une vitesse hallucinante. Ici, nous nous intéressons à Bjarm, formé en 2009 et qui sort son premier full length « Imminence » ce mois-ci. Bjarm possède des atouts que la plupart de ses compatriotes n’ont pas : malgré une signature chez le géant russe Fono Ltd., il a réussi à se faire découvrir en dehors de son pays natal puisque le mastering s’est fait aux Fascination Street Studios de Jens Bogren sous la houlette de son collègue et ex apprenti Tony Lindgren (Paradise Lost, Kreator). Il faut donc s’attendre à une production digne de ce nom.

Cela s’entend d’entrée de jeu avec l’intro de trois minutes trente « Approaching of the Close » qui met en avant de bonnes orchestrations et des chœurs épiques, quasi hollywoodiens. Le côté sombre inhérent au style est bien présent et nous annonce des morceaux situés dans la même continuité, les guitares et le chant en plus. L’arrivée de « Knowledge of Doom » montre un groupe autant influencé par le black metal que le death metal puisque les deux styles fusionnent en un tout cohérent. Si le chant se veut possédé, au début, il devient plus rageur et adopte la forme d’un growl par la suite, un growl pas si loin de celui de Demonstealer de Demonic Resurrection. Le chant black, lui, apparaît uniquement sur la ballade « Oracle » et « The Highest Hall ».

Le sextet mise beaucoup sur les claviers, les arrangements et les samples afin d’instaurer une ambiance, et la qualité est là. Niveau guitares, l’originalité n’est pas de mise mais il faut dire que les riffs sont plutôt maîtrisés et en accord avec le sujet. On est en plein dans une épopée, les allers et venus des violons étant synonymes de diverses péripéties. Les breaks sont placés de sorte à mettre en avant des passages épiques, à la limite mythologiques (dans le sens, atmosphère greco-romaine, impérial et écrasante). On regrette rapidement le manque de moments forts et d’accélérations, comme c’est le cas sur « Omnious Dreams » ou « The Nine Worlds ». Une déflagration n’est pas négligeable, surtout dans un black/death symphonique aussi calculé et précis que celui de Bjarm.

Il faut tout de même « Fire Lord’s Torment » pour que l’ensemble décolle avec quelques prises de risque : côté dramatique, chœurs tragiques, riffs plus insistants et chant clair. On se rend aussi compte de la tendance du groupe à officier dans un black/death symhonique contrôlé, loin des accélérations et de la brutalité de certaines formations comme Arcanorum Astrum ou Atra Mustum.

Quelques influences classiques font leur apparition comme sur le titre éponyme, où l’agencement des mélodies rappelle un « King of Carnival Creation » de Dimmu Borgir. Les touches de synthés ainsi que le chant black de « The Highest Hall » nous embarquent quelques dizaines d’années en arrière, dans le black symphonique des années 90’s. Le décalage avec les autres morceaux est peut-être soudain mais reste le bien venu puisque l’efficacité est de mise.

Dans tous les cas, Bjarm livre un premier opus vraiment sympa, avec une production en béton et des orchestrations de qualité. Il est toutefois dommage que le groupe n’utilise que du mid tempo pour ses compos, le rythme étant souvent linéaire. Il nous arrive donc parfois de décrocher et il faut compter sur l’intensité du sympho, la mise en avant de certaines bidouilles, et la puissance de certains morceaux (« Fire Lord’s Torment » ou « The Highest Hall » en particulier) pour nous rappeler à l’ordre.

 

Scytherium : The Midnight Cadenza

Ξ décembre 19th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Scytherium : The Midnight CadenzaFondé en 2010, Scytherium est le seul groupe de black symphonique dans la région d’Orlando, aux Etats Unis. La pression est donc à son comble pour un sextet espérant dynamiser le coin et jouer une musique autant inspirée par les précurseurs (Emperor, Arcturus) que par des combos plus expérimentaux (Sigh) ou théâtraux (Carach Angren). Avec le second album, « The Midnight Candenza », on sent que les Américains tentent de mélanger la patte de chacune de leurs influences avec leur folie personnelle. On se retrouve donc avec un album rapide, parfois atmosphérique, souvent rentre dedans, et constamment empreint d’une aura fantomatique.

Les bases se posent avec « Cadenza of Decay », introduction classique dans le genre mais plutôt inquiétante avec ces notes de piano mélancoliques. On pourrait presque sentir le souffle glacial d’un fantôme derrière notre dos. Mais cela prend fin avec « The Inversion», un titre très dynamique qui mélange énormément de choses : la mélodie entêtante des guitares, les riffs, les claviers barrés, le punch de la batterie, le chant écorché et cette rythmique épique. La production est meilleure que sur l’opus précédent mais pas totalement au point que nous avons à de nombreux moments une impression de cacophonie. Les instruments se mélangent maladroitement tel un gros bazar.

On pense alors à une erreur de démarrage puisque cela s’améliore avec « Return to Forsaken Graves » ou « Depravity of Human Essence » qui nous présentent les choses de façon progressive et avec plus de cohérence et de délicatesse. Les mélodies sont plus directes mais aussi plus élégantes, la batterie plus écrasante et les riffs plus denses et plus accrocheurs. Ce n’est pas non plus excellent, le mixage étant tout de même pour quelque chose, mais on sent un potentiel et une façon de nous narrer une histoire macabre, en particulier sur « Night of the Sleepless Echo », qui porte très bien son nom, puisqu’il est bien nocturne, bien sombre et plutôt efficace dans son genre.

« The Midnight Cadenza » est un album tout à fait correct qui ne manque pas de punch ni d’inspirations, cependant certains moments sont très bons (comme sur « The Poltergeist Catastrophe », qui met en haleine dès son intro et pendant les refrains à coups de nappes et de gros riffs) et d’autres moins attractifs et plus classiques. Le côté barré et très orchestré aurait été mieux mis en valeur avec un mixage plus propre et plus adapté puisque l’écoute n’est pas totalement fluide et que nos oreilles doivent s’adapter à cet amoncellement d’éléments pas toujours faciles à distinguer. De plus, le growl semble plus adéquat pour ce genre de black symphonique, le chant black étant trop éraillé et agaçant. Scytherium doit donc songer à améliorer son son et à ne pas trop superposer de choses en même temps, au risque de perdre l’auditeur en cours de route…

 

Lyfthrasyr : The Engineered Flesh

Ξ décembre 17th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal, Symphonic Blackened Death Metal |

Lyfthrasyr : The Engineered FleshCeux qui suivent Lyfthrasyr depuis le premier album « The Final Resurrection » en 2005 s’étaient habitués à un groupe mêlant black symphonique, death mélodique et éléments progressifs pour un ensemble satisfaisant mais manquant encore de personnalité et de puissance. L’ombre des plus grands planait au-dessus de sa tête et il n’avait pas encore eu l’occasion de montrer qu’il pouvait aller au-delà de ses influences. Du coup, la carrière des Allemands avait on ne plus stagné depuis la sortie en 2007 de « The Recent Foresight », avec quelques concerts et surtout un album qui aura mis du temps à voir le jour.

Toutefois, on ne s’attendait pas à autant de changements. On dirait que Lyfthrasyr a décidé de laisser de côté les années passées pour aller de l’avant et se consacrer à autre chose. Le black/death sympho classique n’est plus à l’ordre du jour avec « The Engineered Flesh », sans doute parce qu’Aggreash (chant/guitare/claviers) est un peu transhumaniste sur les bords et c’est donc avec un black/death décidément plus cybernétique que le groupe revient.

Il faut dire que le combo se sent plus d’attaque pour un « post-modern black metal » (je cite). D’un côté, il est clair que la mode est à l’électro, aux éléments futuristes et aux thématiques pessimistes. On se retrouve avec un paquet de musiciens qui s’essaient à cela, avec plus ou moins de succès. Lyfthrasyr, lui, a eu tout le temps de travailler ses compos et le rendu est plutôt inattendu.

Dès le départ, avec « The New Era of Immortality », on est embarqué dans l’univers futuriste à coup de touches électroniques endiablés et de blasts. Les riffs sont bien tranchants, le chant alterne growl et cris black, la batterie (guidée par Nefastus, ex-Belphegor) est une vraie machine de guerre, les claviers nous balancent du sympho épique ainsi que quelques notes de piano pessimistes. Pas de doutes à avoir, on est bien plus proches de And Oceans (période « Cypher »), de Shade Empire (période « Sinthetic ») et d’Illidiance (période « Nexaeon ») que de Dimmu Borgir ou de Skyfire.

Et du cyber black/death, on y a droit sur tout l’album. Pas de répit, tout va très vite et le groupe nous embarque très bien dans son univers. L’électronique est subtile, les chœurs sombres, les breaks bien vus…on se retrouve avec un ensemble mélangeant habilement agression et atmosphères, furie et mélodie, brutalité et insanité.

Même si « Technological Singularity » nous propose quelque chose de plus abordable, de plus mid tempos et que « Mind Simulator » est plus posé malgré quelques accélérations et un piano dramatique, le rythme s’accélère largement avec un « Preserved Identity » à la grande puissance électronique. On est littéralement happés dans le monde synthétique des Allemands, loin de l’humanité, loin des sentiments et encore plus près des machines et du transhumanisme. Le côté pessimiste et déshumanisé se ressent davantage sur le dernier et long « Life Overdose », sorte de ballade torturée et touchante qui sait autant nous faire profiter des riffs, du chant écorché et murmuré, du piano, et de l’indus en arrière plan.

Lyfthrasyr a su trouver le temps de faire évoluer sa musique en expérimentant et en s’adaptant. Le résultat est plutôt bluffant, en particulier pour ceux qui s’attendaient à quelque chose dans la lignée des opus précédents. Evidemment, les Allemands feront sans aucun doute déserter les détracteurs de l’électro mais ceux qui apprécient le style et qui n’ont pas peur des expérimentations ne pourront qu’apprécier le résultat obtenu sur ce « The Engineered Flesh », à savoir un cyber black/death symphonique lourd et puissant mixé par Fredrik Nordström…

 

Aeonyzhar : Liberation

Ξ août 12th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Aeonyzhar : LiberationL’Allemagne a toujours eu des formations de black symphonique de qualité mais il faut dire que c’est une scène plutôt sous-estimée voire boudée. Obsidian Gate a eu l’occasion de nous balancer son sublime black symphonique cosmique en pleine figure et Sycronomica nous offre encore des compos de black symphonique mélodique et à tendance pagan. Hélas, l’Allemagne reste encore dans l’ombre de la Norvège, ce qui est bien dommage, car des formations naissantes valent tout de même le détour, comme Aeonhyzar par exemple, originaire de Hanovre.

Il s’agit d’un quintet formé en 2006 mais qui ne s’est réveillé que deux ans plus tard pour sortir le premier EP « Ascension ». Il lui a fallu cinq ans pour préparer le nouvel EP, « Liberation », anticipant l’arrivée d’un possible full length. Les Allemands jouent un death/black symphonique extrêmement puissant et bien mené de bout en bout. On ne pourra pas dire qu’ils ont fait les choses à moitié puisque leurs cinq morceaux sont d’une redoutable efficacité. Mélodique et brutale, sombre et bien orchestrée, la musique d’Aeonhyzar est très bien produite et très bien mixée pour un travail fait maison et sans grands moyens.

Dès « The Glorious Liberation », on découvre un groupe qui a des tripes, mélangeant habilement le death metal et le black metal avec un arrière plan symphonique. Le quintet nous en envoie plein la figure, avec un death penchant vers le made in Poland (Behemoth, Crionics) et un black symphonique pas très loin de Dimmu Borgir. Aeonhyzar se distingue par sa rapidité d’exécution, ses riffs implacables et son côté épique, en témoignent certains moments forts, où le symphonique s’intègre parfaitement à l’ensemble. Quelques voix claires font aussi leur apparition, mais avec parcimonie, comme sur « Seed of Oblivion ». Mais c’est vraiment le côté brut de décoffrage qui prédomine sur les morceaux, avec le growl bien en place de Patrick, proche de celui d’un certain Nergal.

On a quelques surprises même sur un « The Human Arts » sonnant norvégien mais avec des touches de piano à la Sycronomica et un passage néo-classique avec ses envolées à la guitare. On pourrait même retenir quelques influences Arcturus, en particulier sur « Ad Astra », dont le titre rappelle inévitablement un morceau portant le même nom sur l’album « La Masquerade Infernale ». On retrouve un interlude plus industriel mais cosmique avec des sons étranges, dans la tradition de la formation d’Oslo.

Très belle surprise ce « Liberation », passé totalement inaperçu. Aeonhyzar ne sonne clairement pas amateur et sort un très bon EP qui ne présage que du bon. Avec une telle puissance de feu et autant de passages prenants, il fait partie des jeunes groupes allemands les plus prometteurs du moment dans la catégorie death/black symphonique. Une belle réussite.

 

Withering Soul : No Closure

Ξ juillet 31st, 2013 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Withering Soul : No ClosureWithin Soul fait partie de ces formations américaines méconnues officiant dans le black/death symphonique. Il faut dire que là-bas, ce n’est pas le style de metal qui attire les foules. Mais les amateurs du genre qui n’ont pas encore jeté une oreille sur cette œuvre, risqueront d’y trouver leur compte, en particulier s’ils apprécient le côté spectral et inquiétant du black symphonique.

Il ne s’agit cependant pas d’un black sympho atmo spectral comme ont pu le faire Bishop Of Hexen (« The Nightmarish Compositions »), Carach Angren (« Lammendam ») ou Dimmu BorgirSpiritual Black Dimensions »). Withering Soul, malgré son fort intérêt pour les fantômes et les phénomènes paranormaux, se dirigent davantage vers le côté brutal. Sa musique est directe, sans concession, telle une invasion sans merci d’esprits vengeurs et d’anges déchus. L’intégration d’éléments death metal y joue beaucoup puisque cela permet d’accentuer l’agressivité et la brutalité des compositions. De même pour l’alternance des vocaux, comme un jeu ou un dialogue très animé entre différentes formes de vie.

« Night of the Revenant », l’introduction, emmène l’auditeur dans une atmosphère angoissante. Les violons posent des notes terrifiantes sur un fond où l’on entendrait presque des voix possédées. « Phantasmal Chaos Divinity » accélère largement le tempo pour un ensemble sans répit et violent où le growl se veut parfois très profond. Une partie plus atmosphérique, au chant clair, permet un petit moment de calme, avant d’enchaîner sur « The Sequitor », qui lui mélange avec brio la rapidité, la mélodie mais aussi le côté inquiétant et enveloppant des claviers.

On remarquera que la production et le mixage ont quelque lacune puisque sur certains passages, on se retrouve davantage avec du bruit qu’avec un mélange homogène. Les instruments ont alors du mal à se démarquer, l’un happant l’autre. Les guitares ont aussi quelques dissonances et les vocaux ne sont pas toujours à leur place. Malgré tout, Withering Soul fait preuve d’une efficacité certaine, que ce soit sur des titres courts comme « Sadistic Redress » ou des titres longs comme « Lifeless They Lie », envoûtant et immersif : le monde des fantômes n’a plus aucun secret pour vous. « Possession of Deception » fait aussi partie de ces titres longs où l’on finirait presque ramassé à la petite cuillère : pas de quartier pas de pitié, on est à la fois possédés et écrasés par le côté rêche du black et le côté tranchant du death.

Withering Soul livre avec discrétion un album qui fait la part belle à la brutalité du black/death et aux atmosphères du sympho. « No Closure », malgré ses défauts, fait sans doute partie des meilleurs albums du genre en 2011. Dommage qu’il ait si peu attiré l’attention.

 

Kalmah : Seventh Swamphony

Ξ juin 5th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Melodic Blackened Death Metal, Symphonic Blackened Death Metal |

Kalmah : Seventh SwamphonyKalmah nous avait quittés trois ans plus tôt avec un « 12 Gauge » de très bonne facture annonçant une direction beaucoup plus death et un apport plus conséquent de touches symphoniques. Depuis plus de dix ans, les Finlandais nous habituent à des albums de très bonne qualité loin de la niaiserie de la majeure partie des sorties melo death actuelles. Fiers de ses compositions envoûtantes aux mélodies agressives et à la force indéniable, ils ne semblent pas affaiblis depuis tant d’années et il est maintenant temps de voir ce que donne le nouveau rejeton, « Seventh Swamphony », montrant à nouveau un Kalmah baignant dans ce qu’il appelle le « swamp metal ».

Tout d’abord, le groupe a accueilli un nouveau claviériste dans ses rangs, Veli-Matti Kananen, et il faut dire que ce nouveau membre apporte quelque chose de frais à la musique. Les claviers ont beau être moins grandiloquents que sur « 12 Gauge », ils n’en restent pas moins prédominants et entraînants, guidés par le rythme dynamique et les guitares véloces et énervées des frères Kokko. Car Kalmah n’a pas perdu son panache, enchaînant les mélodies et les moments forts avec brio tandis que le chanteur adopte davantage le chant black typé « They Will Return » que le growl entendu sur les opus précédents. Les trois premiers titres mettent littéralement dans le bain avec une énergie incroyable, des riffs mélo death dénués de tout artifice et des duos de solo claviers/guitares qui ne nous dépaysent pas.

En effet, pas de nouveautés à l’horizon, ni chichi, ni expérimentations modernes. Kalmah nous fait du Kalmah, respecte ses codes et ne nous emmène que dans son marécage natal. Que dire alors d’un « Pikemaster » ou d’un « Windlake Tale » totalement épiques et speed avec ces riffs endiablés et ces claviers qui s’envolent ? On ne passera pas à côté des gros hits qui cartonnent et qui ne peuvent que nous donner la patate. Pas d’ennui, pas un moment de répit, si ce n’est sur la balade marécageuse « Hollo » sur laquelle on se rend compte qu’on avait atteint un certain niveau de rapidité. « Wolves in the Throne » ou « Black Marten’s Trace » nous propulsent de nouveau avec un bon coup de pied aux fesses, solos endiablés, ambiance épique au possible, riffs qui font mouches et agressivité sans concessions. Le tout s’enchaîne avec une fluidité et une précision impeccables qui permettent de percevoir les détails des compositions de Kalmah. C’est raffiné, carré, inspiré…bref. Ca faisait longtemps qu’un groupe de mélo death ne nous avait rien offert d’aussi prenant.

Kalmah réalise encore un coup de maître avec son septième méfait masterisé par Jens Bogren (Opeth, Paradise Lost, Soilwork…). Même si les Finlandais n’ont plus rien à prouver, ils montrent une fois de plus qu’ils font partie des maîtres en la matière, gratifiant l’auditeur d’un son excellent et de huit titres qui ne demandent qu’à être écoutés et réécoutés. Une belle sortie pour ce mois de juin riche et dynamique.

 

Anima Sementis : Interitum

Ξ mai 18th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Anima Sementis : InteritumLes Allemands d’Anima Sementis fêtent leur septième année d’activité et sortent leur premier EP « Interitum » après une démo en 2006 et un premier album en 2008. Ils semblent prendre leur temps dans les compositions puisque nous n’avions plus de nouvelles depuis prêt de cinq ans. Cet EP est le moyen de faire patienter les fans tout en prouvant qu’ils sont toujours là et qu’ils n’ont pas cessé leur activité. Toutefois, trois titres c’est bien court et ils ont intérêt à montrer qu’ils sont bien en forme et en passe de nous sortir un second full length digne de ce nom s’ils veulent ne pas tomber dans l’oubli.

Le quintet originaire d’Erlangen s’est donc rendu aux Ghost City Recordings pour l’enregistrement de cet EP trois titres. Il continue de qualifier sa musique d’ « apocalyptic black/death metal », une appellation assez forte mais légitime s’il veut attirer les amateurs du genre. A l’écoute du méfait en question, on se rend vite compte que le côté apocalyptique désigne surtout les orchestrations, qui ont une place dominante et une couleur plutôt sombre et épique. Ces Allemands font en effet dans le black/death symphonique. Sont-ils courageux ou inconscients ? La scène est tellement saturée dans le genre que tout nouvel album est attendu au tournant. Serait-ce une énième copie de copie ? Ou quelque chose de plus singulier ?

Il faut dire qu’Anima Sementis a le mérite de se diriger vers une zone peu exploitée du black/death symphonique. Si le concept égyptien peut rappeler Nile (et la pochette “Powerslave” d’Iron Maiden), il n’est pas très fréquent dans le style qui nous intéresse. Aux premiers abords, on peut penser que le groupe arrive à sortir des sentiers battus et à s’échapper de toutes ces influences dimmu borgiennes ou lovecraftiennes. Mais au fil des écoutes, on se rend compte que sa musique sonne plus comme un mélange d’Aeternam, de Mortuorial Eclipse (et accessoirement de Septic Flesh), à savoir un cocktail explosif de riffs lourds et de growl death metal, d’ambiances sombres et de cris black, et de consonances arabisantes (riffs, soli, claviers). L’auditeur se situe dans une Egypte à la fois ancienne et moderne, dévastée par le soleil et les flammes d’Amon Ra. Et le rendu est plutôt bien fichu.

Metalliquement parlant, on ne ressent rien de très apocalyptique, ni dans les riffs qui tendent à être en retrait, ni dans les vocaux qui bien qu’en alternance, restent assez conventionnels. De plus, on ne peut pas dire que le black/Death d’Anima Sementis est très brutal ni très ravageur. Mais il faut avouer qu’il y a un travail très réussi dans la relation entre guitares, vocaux et orchestrations. Même si chaque élément ne jouit pas du même mixage, on sent que rien n’a été fait au hasard et qu’il n’y a pas de sensations de remplissage, entre l’épique « World Dominion Collapse » ou le sombre « Masquerade of Grace » porté par des chœurs. Les claviers apportent une force et une efficacité certaines et ne sont pas là que pour faire joli. On regrettera alors le manque de puissance de la batterie et des guitares, qui auraient permis aux ambiances d’être mieux relevées. Un petit tranchant supplémentaire aurait rendu le tout plus jouissif.

Ce « Interitum » tient la route malgré tout et l’auditeur amateur du genre n’a pas le temps de s’ennuyer. Toutefois, il y a encore certaines choses à consolider si Anima Sementis veut durer dans le temps. On espère alors que le futur second album montrera un groupe fermement prêt à se diriger vers la cour des grands, avec un équilibre parfait entre tous les éléments de sa musique. Wait & see.

 

Sidious : Ascension to the Throne Ov Self

Ξ avril 21st, 2013 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Sidious : Ascension to the Throne Ov SelfDes nouveaux nés, on en a tous les jours. Des formations moyennes, on en voit beaucoup trop et il n’est pas évident de trouver celle qui passe à travers les mailles du filet. Pourtant, en voici une qui a beaucoup de potentiel. Non elle n’est pas russe mais bel et bien anglaise. Originaire de Londres et récemment formée par des membres du groupe de doom/death Eye Of Solitude, elle montre un nouveau visage à la scène black symphonique anglaise. Loin du gothique de Cradle of Filth, de l’épique de Bal Sagoth et de la majesté de Saturnian, le quintet a décidé de s’orienter du côté de la brutalité.

C’est au mois de mai que sort le tout premier EP « Ascension to the Throne Ov Self » signé chez le label français « Kaotoxin Records » responsable de sorties récentes remarquées tel que le « Black Throne of All Creation » de Dehuman ainsi que le « Scorn Aesthetics » d’Ad Patres. Sidious ne se situe pas si loin de ses frères metalleux puisque le death metal domine une bonne partie de ses morceaux. Pour être plus précis, le groupe officie dans un black/death symphonique brutal, un style qui manque assez de représentant. Inspiré principalement par le death metal polonais (Vader, Behemoth, Decapitated, Crionics) et le black symphonique norvégien (Dimmu Borgir, Old Man’s Child), Sidious livre une musique relativement puissante et violente où s’entremêlent la brutalité des riffs et la fine noirceur des claviers.

L’EP commence sur les chapeaux de roue avec un « Insurmountable Mass » sans concessions. L’intro symphonique finit par laisser place à un death typiquement polonais avec des touches black, des incursions aux claviers et des envolées au piano qui ne sont pas sans rappeler Vesania. C’est un fait : Sidious, contrairement à beaucoup de groupes actuels dans le genre, nous montre de quoi il est capable dès le départ et ne nous laisse pas le temps de nous ennuyer. Même si on découvre des breaks supposés ralentir le rythme et apporter un peu de douceur, on repart peu de temps après dans la déflagration, en témoigne « Sentient Race », sorte de mélange entre le Dimmu Borgir actuel et le Crionics du passé (période « Human Error : Ways of Selfdestruction ») avec le growl en plus.

Le reste de l’EP met l’accent sur des parties plus tournées vers le black, mais toujours avec la dominance du growl sur quelques lignes de chant criés. Sidious met aussi davantage en avant le contraste entre brutalité, mélodie et atmosphère. Les ambiances obscures arrivent alors à prendre de l’ampleur, les riffs ne faisant qu’un avec les envolées au violon et les notes pessimistes au piano, pas si loin d’Immanifest. En guise de rupture, le final de l’éponyme « Ascension to the Throne Ov Self » montre un ensemble beaucoup plus lent, quasi doomesque, avec ce growl, ces riffs et ce rythme écrasants, soutenus par des chœurs sombres.

Enfin un groupe qui arrive à sortir convenablement des sentiers battus avec un opus beaucoup plus brutal que la norme dans le domaine du black symphonique. Malgré des influences polonaises et norvégiennes évidentes, Sidious a plus d’une corde à son arc puisqu’il arrive à mêler le tout avec talent. Il a de plus dans ses rangs quelques membres issus du doom/death, et cela se ressent en particulier dans le dernier morceau, ce qui lui permet d’étoffer sa musique. On attend donc le full length, histoire de voir si Sidious peut tenir la cadence et conserver toute sa puissance sur une dizaine de titres.

 

Mortuorial Eclipse : The Aethyrs’ Call

Ξ avril 11th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Mortuorial Eclipse : The Aethyrs' CallC’est en 2007 que le groupe argentin Mortuorial Eclipse voit le jour, sous l’impulsion de Nefass, Darker Mysteria et Doom avec comme but d’officier dans un black/death metal teinté de compositions symphoniques mis en valeur par des thématiques occultes et des passages dramatiques. Désireux de se faire connaître hors Amérique Latine, le pari était osé mais l’ambition du trio lui permit d’enregistrer une première démo (non sortie à ce jour) en 2009 avant d’enchaîner les concerts début 2010. Les changements de line up auront eu raison de la formation originelle puisque le chanteur/guitariste Nefass est le seul rescapé. Rejoint par le claviériste Baal Herith et par le batteur Kobal, les musiciens se mettent au boulot et sortent leur premier album été 2012, « The Aethyrs Call », réédité chez Ishtar Gate Productions pour la distribution sud-américaine et chez Art Gates Records pour la distribution européenne début 2013.

Mortuorial Eclipse est une sorte de mix entre Dimmu Borgir, Septic Flesh et Vesania, un black death très porté sur les parties symphoniques et les ambiances caractéristiques. En cela, rien de révolutionnaire à détecter mais les Argentins se débrouillent plutôt bien avec un bon mélange du black et du death et une bonne intégration des orchestrations de qualité. Il faut dire que l’Amérique du Sud ne fait pas beaucoup parler d’elle en matière de black symphonique (les groupes de black et de dsbm, par exemple, font toutefois légion). Ici, on se retrouve donc avec un groupe ambitieux, ses inspirations lui permettant d’officier dans un style certes revu et corrigé mais qui ne manque pas de punch. « Advent of a Sinister Omen » ouvre le bal après son introduction « The Summoner’s Procession ». On sent la puissance ainsi cette rage qui perdurent jusqu’à la fin de l’opus. Malgré des moments forts en orchestrations et en tranchant, pas de surprise tant les influences se font ressentir, que ce soit dans les riffs ou dans certaines alternances de chant. La différence réside dans le côté obscur et occulte, et ces violons imitant une sorte d’invocation, comme sur le duo « Perpetual Covenant » et « At the Gates of the Marduk’s Shrine ».

Pour coller aux productions européennes, le mixage et le mastering a été confié à Arek « Malta » Malczewski (Decapitated, Behemoth, Vesania) aux Sound Division Studios, ce qui confère à « The Aethyrs Call » un son à la polonaise : puissant, carré et particulièrement clean. C’est peut-être l’élément de trop car la musique de Mortuorial Eclipse aurait gagné en profondeur si le son avait été un peu moins clean, afin de mieux faire ressortir les ambiances occultes. Autre défaut notable : la présence quasi inutile des quelques instrumentales (qui se seraient mieux imbriqués dans les titres qui les suivent) comme « The Summoner’s Procession », « Perpetual Covenant » ou « Submission ». Les distinguer n’est pas judicieux et on a plus l’impression qu’elles servent de remplissage. Du coup l’album est très court (même pas trente minutes) et on regrette un certain manque de prise de risque : on connaît déjà la musique.

En définitive, « The Aethyrs Call » est un bon album, puissant et tranchant, avec de bonnes ambiances, cependant on nage, tout le long, en terrain connu. Malgré cette envie de se démarquer, Mortuorial Eclipse a du mal à se forger une réelle identité. Il pourrait tirer son épingle du jeu en mettant davantage en valeur les parties occultes et incantatoires (pas si fréquentes que ça dans le black symphonique). Il n’y a plus qu’à espérer avoir un second album détenant ce petit quelque chose qui manque.

 

Shade Empire : Omega Arcane

Ξ avril 9th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Shade Empire : Omega ArcanePendant ses quatorze années de bons et loyaux services, Shade Empire aura marqué de sa patte maléfique son passage du côté du black symphonique boosté à l’électronique, et ce dès 2004 et son premier opus « Sinthetic », délivrant une musique puissante et impériale dans laquelle se mêlait habilement la noirceur du black metal et le côté futuriste voire spatial du duo sympho/electro. La suite de sa carrière n’a cependant pas été aussi grandiose : d’un côté « Intoxicate O.S » montrait une volonté de ne pas faire une pâle copie de « Sinthetic » mais perdait son originalité avec une trop grande influence The Kovenant. De l’autre, « Zero Nexus », à la meilleure production, misait plus sur l’électro pour forger un caractère futuriste mais manquait, au final, d’accroche.

C’est donc cinq ans après « Zero Nexus » que revient Shade Empire. Une attente longue dans la mesure où le nouvel opus est annoncé depuis un bon moment maintenant, mais il faut dire que cela vaut le coup. Les Finlandais ont eu le temps de travailler et de peaufiner leur nouvelle œuvre, « Omega Arcane », signée chez Candlelight. L’évolution est de mise car on découvre un Shade Empire comme on ne l’avait jamais vu. Même s’il reprend ce qui avait fait le succès de « Sinthetic », à savoir le côté impérial, spatial et puissant, il se dirige cette fois-ci vers le black/death symphonique presque dénué de sonorités électroniques. Ici, la force du groupe ne réside pas que dans les claviers mais aussi dans les guitares, qui ressortent mieux, ainsi que dans les vocaux, cette alternance de chant black et de growl death. La production est de plus très clean, peut-être même trop : le sextet n’a jamais eu besoin d’une énorme qualité de son pour fournir quelque chose de puissant et d’ambiancé.

Le morceau introducteur « Ruins », ici dans sa version longue, montre des Finlandais en pleine forme misant sur les atmosphères spatiales et sur des claviers symphoniques grandiloquents mais très maîtrisés. On se situe quelque part entre Mechina (flagrant sur « Devolution ») et Dimmu Borgir, avec le côté impérial et ravageur de Shade Empire ainsi que des gros riffs brutaux tantôt black, tantôt death, qui ne font pas de cadeaux.

On nous emmène de façon déconcertante dans un monde plus sombre et torturé, parfois apocalyptique, mais toujours avec cette rage et ce savoir faire propre au sextet, qui joue allégrement avec les rythmes et un côté progressif indéniable. C’est grandiose et tonitruant, empreint d’un caractère nébuleux mais toujours efficace et remplis de moments intenses. Pas le droit au répit, que ce soit dans « Dawnless Days » ou dans le remarquable « Until No Life Breeds » laissant ressortir quelques notes de piano. La lumière n’a pas de place et la brutalité ne fait qu’un avec la magie symphonique.

« Disembodiment » nous transporte dans un périple long de plus de treize minutes. Même s’il souffre de quelques longueurs, le voyage est savoureux et surprenant car nous passons d’une ambiance à une autre, d’un break à un autre, entre des déflagrations black/death toujours accompagnées de ces claviers majestueux. Mais c’est sans doute « Malicious Winds » qui enfonce le clou, avec cette force et ces chœurs pris dans une mélodie principale pas loin des symphonies arabisantes.

Les seules touches d’électro se situent dans « Traveler of Unlight » dont l’intro rappelle les bidouilles de l’album « Sinthetic ». La suite ne fait que nous renvoyer en pleine figure l’évolution de Shade Empire qui abuse plus de son influence death metal et de la qualité de ses orchestrations. « Nomad » aussi nous propose quelques éléments électroniques dans son death/black brute de décoffrage, pas si loin de son compatriote de Vortech.

Gros coup de théâtre pour Shade Empire qui revient avec une bombe symphonique de toute beauté, remarquable de puissance et de noirceur, forte de maîtrise et de saveur, envahie par la soif du dépassement de soi et l’envie de faire mieux que par le passé. « Omega Arcane », sans l’ombre d’un doute, surplombe ses prédécesseurs, même si « Sinthetic » reste à part tant dans sa singularité que dans sa force novatrice. Mais ce nouveau rejeton, sans rien révolutionner tout de même, permet au moins de se délecter d’un black/death symphonique épique et spatial, sans tomber dans le pompeux et le « sans âme ». Une belle réussite.

 

Eternal Tears Of Sorrow : Saivon Lapsi

Ξ février 28th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Eternal Tears Of Sorrow : Saivon LapsiOn les attendait de pieds fermes ces Finlandais, près de quatre ans après le bon « Children of the Dark Waters ». Ils sont aujourd’hui de retour avec leur septième méfait nommé « Saivon Lapsi », premier opus à se doter d’un patronyme finlandais. Le sextet continue sur sa lancée avec un death mélodique symphonique teinté d’éléments black et gothiques. La recette ne change pas vraiment et les adorateurs du groupe ne devraient pas trop être dépaysés. Oui mais…

Eternal Tears Of Sorrow a passé un cap crucial. Maintenant qu’il a adopté pour de bon un son symphonique et que le chant clair fait partie intégrante des compositions, il semble s’être légèrement reposé sur ses lauriers. Finis les ambiances prenantes, le tranchant des vocaux et le côté cristalin des claviers. C’est le superficiel et l’édulcoré qui prend le dessus. Bien sûr, quand on parle d’un groupe comme ETOS, il faut en aucun cas s’attendre à de gros riffs, à de gros blasts beats ou à une rapidité extrême. Les gars de Pudasjarvi ont toujours eu l’art de mélanger le côté incisif des guitares à la douceur des mélodies avec une facilité déconcertante, sans tomber dans le mielleux. Avec « Saivon Lapsi », toutefois, ils tendent à insister un peu trop sur la mélodie et le côté « cul-cul » des compositions, ce qui les rend bien fades et superficielles…

Même si on retrouve la patte d’ETOS, on sait cependant qu’ils ont fait beaucoup mieux. Les titres nous enchantent beaucoup moins, on peine à retrouver la magie des opus précédents. Les claviers ont une place prépondérante et volent souvent la vedette aux guitares, qui se font plus discrètes. Le chant extrême d’Altti côtoie le chant clair de Jarmo tandis que de nombreux chœurs féminins apparaissent ici et là. Le rythme peine à décoller, ce sont les mid tempos qui sont à l’honneur, avec un batteur faisant le minimum vital.

Il ne faut pas espérer avoir une première partie d’album phénoménale. En fait, ETOS semble avoir maladroitement agencé ses morceaux. Les deux instrumentales « Saivo » et « Kuura » n’apportent pas grand chose et cassent le rythme surtout quand un « Legion of the Beast » nous présage que du bon : soli typiquement Etosiens (duo guitares/claviers), rapidité du rythme et sonorités variées. Ca repart bien avec un « Dance of December » au souffle symphonique très prononcé, toujours avec cet impeccable duo guitares/claviers, mais une nouvelle fois, la dynamique est rompue avec l’arrivée de la balade « cul-cul » « Sound of Silence » dans lequel Jarmo et Miriam Renväg (Ram-Zet) se partagent le titre (comme quoi, on peut avoir un chant niais tout en étant dans un groupe de schizos…).

Le reste des morceaux est plus intéressant, que ce soit « Beneath the Frozen Leaves » ou « Swan Saivo » avec une bonne dynamique, de bons claviers symphos et une bonne voix. C’est loin d’être mauvais, bien au contraire, mais ça dégouline de mièvrerie, en particulier sur le final « Angelheart, Ravenheart (Act III : Saivon Lapsi) », assez long d’ailleurs, tiraillé entre les parties pleines de bons sentiments et les parties plus tranchantes, mêlant habilement l’agressivité et la mélodie.

C’est dommage car avec le mixage Mikko Karmila (Children Of Bodom, Nightwish…), le mastering de Mika Jussila (Sonata Arctica…) une pochette de Travis Smith (Opeth, Amorphis, Anathema) et le talent d’ETOS, on était en droit d’attendre un magnifique album. Cependant, ce « Saivon Lapsi » est sans doute leur œuvre la moins aboutie à ce jour, les Finlandais ayant troqué leur mélodies enchanteresses contre des mélodies édulcorées sans caractère.

Comme on dit souvent : c’était mieux avant…

 

Black Omen : Psytanalysis

Ξ janvier 20th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Black Omen : PsytanalysisFormé en 2000 en Turquie, Black Omen jouit d’une petite réputation auprès de la scène locale. Avec son black death symphonique, il fait partie des fers de lance d’un style peu exploité dans la région et continue d’être plutôt actif. Depuis 2003, il enchaîne les sorties, notamment le remarqué « Sinfony » en 2007, et voici donc fin 2012 son nouvel opus, « Psytanalysis ».

Si vous en avez assez de tous ces groupes Russes qui envahissent la scène black symphonique, Black Omen peut être fait pour vous. Les Turcs vont droit au but et se dotent de morceaux solides, qui pourraient faire pâlir ceux qui n’ont plus rien à prouver mais qui sont, malgré tout, en manque d’inspiration. Ainsi, les dix pistes mettent en avant une musique mélodique dans laquelle est mise en lumière une ambiance impériale. Les guitares se trouvent au premier plan, alternant riffs black, riffs death et plan technico-mélodiques. Les orchestrations, aux claviers, apportent un soutient et permettent de renforcer certaines atmosphères (« Eternal in Nothingness », « Beast in Necropolis »).

L’amélioration du son et de la production ainsi que la venue du nouveau chanteur, Karahan, apportent beaucoup de bien au black/death symphonique des Turcs. L’un permet de rendre le tout plus massif et puissant tandis que l’autre permet de varier les plaisirs. Même si Karahan semble plus à l’aise dans le growl death que dans le chant black, il arrive à appuyer la vélocité et le tranchant des riffs (« The Secret Is Once Found Out »).

Les nappes et touches symphoniques ont beau être bien fichues (« Ancient Town » et sa mélodie entêtante), il n’empêche que l’ensemble n’est en rien novateur. On se retrouve tantôt du côté de Dimmu Borgir, tantôt du côté de Dagor Dagorath ou de Demonic Resurrection. Toutefois, certaines éléments peu exploités en général dans le genre nous rappellent dans quel coin du monde nous nous situons, c’est à dire, au Proche Orient. « Shadow Over Existence » est le titre le plus flagrant dans l’utilisation de la gamme orientale, qu’elle soit faite à la guitare ou aux claviers. L’atmosphérique « Sping Rains » et ses chants féminins n’est pas mal aussi dans le genre.

« Psytanalysis » est un bon opus mettant en lumière une autre partie du globe ainsi qu’un Black Omen avec beaucoup de potentiels, le groupe étant tout de même auto-produit et ayant partagé la scène avec Rotting Christ. A découvrir, même si rien n’est novateur.

 

Arcanorum Astrum : Enlightenment

Ξ janvier 8th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Arcanorum Astrum : EnlightenmentOn ne compte plus les groupes de black symphonique sortant de Russie, et pour cause, la majorité des nouvelles formations viennent tout droit de ces contrées hivernales. Guidéede prime abord par le duo Stigmatic Chorus / Crystal Abyss à la fin des années 90, cette scène révèle bon nombres de musiciens aguerris qui leur emboîtent le pas depuis une bonne décennie. Les dérivés sont suffisamment éclectiques pour attirer et la production suffisamment puissante pour égaler les productions européennes. Quant à la forme, même si on retrouve certaines empreintes norvégiennes, les mélodies et ambiances sont marqués par le folklore de l’est et par les froides températures.

De Moscou, Arcanorum Astrum fait partie des dernières révélations à surveiller de très prêt. Avec sa première démo sortie en 2009, le sextet proposait un black/death symphonique brute de décoffrage où s’entremêlaient la brutalité des guitares à la légèreté et au côté cristallin des compositions. Il remet le couvert fin 2012 avec « Enlightenment », le premier full length de nouveau auto-produit. Même s’il est marqué par un léger changement de line up avec le remplacement du chanteur Panzer par Eazas (Grey Heaven Fall), on retrouve cette puissance et cette brutalité sans concession tout au long des compositions, Arcanorum Astrum ne lésinant pas sur un assemblage massif de blasts beats et de riffs percutants. Les claviers distillent une ambiance sombre et froide, à l’image du premier morceau « Warrior of Darkness », qui figurait sur la première démo.

L’alliage du black et du death metal fait mouche, en particulier dans les riffs. Massifs et variés, ils dynamisent les compositions tout en laissant la place aux atmosphères. Il n’y a pas de répit avec Arcanorum Astrum, même les passages les moins brutes regorgent d’agressivité, en particulier dans le chant. Il est aussi intéressant de voir que le groupe arrive à échapper à la linéarité, grâce à un certain éclectisme. Même si les influences musicales sont variées, on n’est loin de tomber dans un fourre-tout, bien au contraire. L’ensemble reste cohérent et adapté à l’univers des Russes, que ce soit sur un « Battle for Future » plus futuriste, avec les sons électroniques, sur un « War of Chaos » ou un « Mortal Sin », avec quelques chants clairs et une osmose parfaite entre claviers et batterie, ou encore un « Illusion of Truth », très marqué par l’empreinte black symphonique russe (chant russe bien mis en avant, beaucoup de claviers, côté théâtral…).

Les influences death d’Arcanorum Astrum se confirment avec « Without Judgement », une cover du groupe Death. On ne peut pas dire que l’inspiration manque au sextet, car même cette reprise réserve son lot de surprises. Le groupe a gardé son identité tout en conversant les principales caractéristiques du morceau original (mélodies, riffs). Les guitares et les claviers se combinent pour former un tout, ni l’un ni l’autre ne prenant plus de place.

Même si souvent le black symphonique russe n’est pas le plus original, il y a toujours des groupes qui arrivent à renverser la tendance, et il est clair qu’Arcanorum Astrum fait partie des jeunes recrues ayant le plus de talent, grâce à une musique puissante, agressive et mélodique et une ambiance particulière, reconnaissable entre mille. Ils ont en tout cas toutes les chances de pouvoir percer en dehors de leur Russie natale s’ils continuent sur cette voie.

 

Advent Sorrow : Before the Dimming Light

Ξ août 8th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Advent Sorrow : Before the Dimming LightOn ne pourra pas dire que les sorties black symphoniques sont rares cette année, et pour cause : différents pays se mettent enfin en valeur et nous n’aurons pas besoin de nous orienter vers la Norvège, la Russie ou les Etats-Unis. En effet, c’est du côté de l’Australie que nous allons, avec une petite formation du nom d’Advent Sorrow (à ne pas confondre avec son confrère américain « Vesperian Sorrow »).

Le sextet originaire de Perth peut se targuer d’apporter un petit coup de boost dans une scène black symphonique australienne quasi morte. Que retenons-nous vraiment de ce style dans ce pays à part les expérimentations de Nazxul ? Pas grand chose. Et il se peut qu’Advent Sorrow renverse la tendance, ce qui ne serait pas mauvais en soit. Toutefois, l’orientation prise par le groupe ne peut qu’engendrer des doutes quant à son futur et sa durée, car une fois de plus, nous voilà face à un combo inspiré par Dimmu Borgir (au niveau de la musique) et Carach Angren (au niveau de la voix et du concept).

Même si les Australiens intègrent des éléments liés au death et parfois au doom, c’est bien à un arrière goût de déjà entendu que nous avons à faire. L’EP « Before the Dimming Light » raconte l’histoire cauchemardesque d’un tueur, qui tombe peu à peu dans la folie. On le voit attendre son exécution tout en apprenant ce qui l’a rendu paranoïaque, tandis que les textes nous décrivent ses atrocités ainsi que son goût pour la violence. On nage en plein horreur et chagrin.

La musique d’Advent Sorrow n’est, en soit, pas originale. Les relents dimmuborgiens sont omniprésents : le début de « Before the Dimming Light » rappelle fortement le « Reptile » des Norvégiens tandis que les violons et piano de « Wraith of Silence » font irrémédiablement penser aux opus suivants. Heureusement qu’il y a une certaine hargne et un dynamisme imprenable pour se laisser prendre au jeu. Les différentes alternances permettent un peu de variation, notamment lorsqu’arrivent les vocaux death ainsi que les riffs caractéristiques. Les claviers et les samples apportent beaucoup aux compositions d’Advent Sorrow, ce qui permet d’apporter ce côté horrifique et tragique, comme sur « Insidious Memories », l’auditeur étant dans les souvenirs du tueur. Les guitares arrivent tout de même à se démarquer et à ne pas se laisser écrasées par les envolées au clavier.

« Withered by Her Curse » est une très bonne conclusion car il permet de découvrir plusieurs humeurs et plusieurs parties, entre des débuts inquiétants et agressifs, soutenus par des blasts bien placés, un milieu emmené par des arpèges au piano à la Dimmu Borgir (malheureusement ou heureusement, tout dépend des points de vue), des passages plus lents et plus proches du doom, et une fin plus torturée, plus triste, avec son violon mélancolique, laissant place à un growl profond et une étonnante lourdeur.

Advent Sorrow ne livre pas un EP très original malgré une volonté d’apporter quelques touches personnelles, mais au moins, il offre à l’auditeur vingt cinq bonnes minutes de black/death symphonique tout en offrant à l’auditeur le moyen de s’imprégner d’un certain concept, et ce, avec une bonne production faite maison.

 

Zonaria : Arrival of the Red Sun

Ξ juillet 27th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Melodic Death Metal, Symphonic Blackened Death Metal |

Zonaria : Arrival of the Red SunZonaria fait partie de ces petits groupes qui se démarquent largement de la scène death mélodique, très saturée et surtout remplie de copies plus ou moins conformes. Depuis ses débuts en 2007 avec « Infamy and the Breed », les Suédois ont réussi à imposer leur patte dans un pays où le Death Metal est roi, et ce grâce à la mise en place d’un melo-death lourd aux consonances black et aux relents apocalyptiques. Si « The Cancer Empire » entamait une orientation musicale plus moderne, « Arrival of the Red Sun » la confirme.

Le quatuor, qui se sera au préalable séparé de son bassiste, est de nouveau rentré aux célèbres Abyss Studios sous la houlette de Jonas Kjellgren (Scar Symmetry) pour l’enregistrement de son nouvel opus, qui sort tout de même quatre ans après le précédent. Zonaria aura mis du temps et il faut dire qu’ils ont profité de ce précieux temps pour peaufiner leur compositions, affirmer leur style mais aussi leur position. En effet, ces gars d’Umea font certainement partie de la nouvelle vague death mélodique suédoise, ce qui change largement des groupes aux trop forts relents core.

« Arrival of the Red Sun », de manière conceptuelle, semble être une parfaite suite logique puisque les thématiques sentent bon l’apocalypse, car ici ce « soleil rouge » est le principal responsable de l’holocauste. Pas de retour en arrière possible, tout est censé brûler à en croire la pochette rougeoyante. Si le concept atteint ici son paroxysme, les titres en eux-mêmes se teintent eux aussi d’une aura noire et dense, certes déjà présente sur les opus précédents, mais relevées par la présence de claviers symphoniques. Par conséquent, il va falloir s’habituer à une nouvelle influence notable dans l’appréhension des parties orchestrales : Dimmu Borgir.

La fusion Hypocrisy/Behemoth ne sera donc plus la seule à être détectée. Zonaria a toujours su mettre à profit ses influences afin de ne pas tomber dans la copie facile, mêlant les mélodies et les atmosphères de l’un avec l’agressivité et la lourdeur de l’autre tout en ajoutant une patte bien particulière qui fait la différence. Sur cet opus, ils ne dérogent pas à la règle puisque des titres comme « Arrival of the Red Sun » ou « Liberation Zero » rappellent leurs confrères deathsters. Mais désormais, il faut ajouter à cela des touches symphoniques bien présentes, propulsant Zonaria dans la cour des groupes de death/black mélodique symphonique, avec des arrangements dignes d’un « In Sorte Diaboli » ou d’un « Abrahadabra ».

Concept pessimiste oblige, les claviers apportent donc beaucoup aux ambiances en installant des touches plus ou moins grandiloquentes au sein d’un melo death bien burné. Si la première moitié de l’opus montrait un Zonaria plus traditionnel, plus fidèle à ses anciennes chansons, avec des claviers posant purement et simplement une atmosphère sombre et étouffante (« Arrival of the Red Sun »), la seconde moitié, elle, dirige Zonaria vers un ensemble plus moderne et plus proche de la mode du moment (c’est à dire, le death symphonique). Le trio « Full Spectrum Dominance », « My Vengeance Remains » et « Face My Justice » montrent irrémédiablement de quoi les Suédois sont capables. Les riffs tranchants se mêlent à une voix hargneuse et à du sympho souvent imposant, parfois inquiétant et quelques fois épiques et mystérieux. Les mélodies zonarienne à la guitare s’accompagnent de mélodies typiquement dimmuborgiriennes aux claviers, alternant les passages aux riffs tronçonneurs et les passages plus pompeux. Impossible d’échapper aux choeurs sombres. Ceci dit, c’est réussi.

Avec une production un poil plus propre et un nouveau label, Zonaria s’embarque pour de bon vers une orientation musicale plus accessible et plus tape à l’oreille (si je puis dire). Cependant, sans être révolutionnaires, ils savent varier leur propos et équilibrer le tout sans en faire de trop, sans être trop niais ou trop simpliste, ce qui fait de cet « Arrival of the Red Sun » une des meilleurs sorties de melo-death suédois depuis des années.

 

Archaic Eclipse : The Archaic Years

Ξ juillet 26th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Archaic Eclipse : The Archaic YearsEn l’espace de quelques années, la rencontre de Dustin Wake et de Chris Hayes aura porté ces fruits, conduisant à la formation d’Archaic Eclipse. Inspirés par la mythologie nordique et croyant fortement en l’Asatru (une des différentes manifestations du paganisme nordique-germanique), le petit groupe a su en tirer une certaine force afin de créer des compositions dans un style metal extrême symphonique touchant au pagan, au black et au death metal.

En l’espace de pratiquement trois ans, les Américains ont sorti trois démos en digital, « In Fields of Morning Frost », « They Came with the Fog » et « The Seidkona Oracle ». Ces trois démos ont été regroupés en un même album afin d’en faire une compilation, un cd physique mais aussi montrer une certaine évolution. Car il y en a bien une. Toutes les pistes ont été inclues selon leur date de parution et non dans le désordre, comme le font certains groupes actuellement. Archaic Eclipse ne brouille donc pas les pistes, et montre bel et bien qu’il a eu affaire à des débuts timides avant de partir vers quelque chose de plus grande envergure.

La compilation se compose de neuf titres très tournés vers la nature, chaque trinité appartenant à une démo en particulier. Attaquons nous donc à chacune d’entre elle.

« In Fields of Morning Frost »

Première sortie en 2008, le duo disposait de peu de moyens. Toutefois, il avait beaucoup d’idées en tête, de quoi le différencier de tous les groupes de sympho extrême du moment. Ainsi, pas besoin de comparer le binôme aux formations américaines ou norvégiennes puisqu’il s’approche davantage de la vague épique et folk aux fortes consonances symphoniques. Le titre éponyme le montre bien, avec ses riffs bien caractéristiques et ses plages atmosphériques aux instruments traditionnels (flûtes, violons, guitares acoustiques). La production laisse cependant à désirer au niveau des guitares, parfois cacophoniques, et des vocaux (alternance de chant black et de chant death) qui peinent à se démarquer. Ce sont toute les claviers qui sonnent le mieux avec leur sonorités cristallines, parradés de samples de vent, de clapotis, d’oiseaux ou de loups (l’instrumentale « Soaring Through Wayward Winds » apporte un peu de fraîcheur et est très relaxante si on en a assez des klaxons et de la pollution).

« They Came with the Fog »

Parue en 2009, cette démo montre une amélioration dans le jeu d’Archaic Eclipse. Il diversifie ces influences pour davantage toucher au death metal au niveau du riffing (proche du melo death par moment), soutenu par une alternance de chants extrêmes et par des claviers symphoniques révoltés. L’éponyme met l’accent sur l’agressivité de tous ses instruments ainsi que sur un certain côté sombre et furieux. Les violons aigus et leur côté barrés mêlés aux riffs parfois saccadés rappellent le Chthonic période « Seediq Bale ». A contrario, « Carved into Pale Twilight » mixe le black/death épique avec un côté folk indéniable, proposant même des plages au piano.

« The Seidkona Oracle »

2011 est une date importante pour Archaic Eclipse qui se trouve un bassiste et un guitariste, la batterie étant encore une programmation par ordinateur. La production s’est un tout petit peu améliorée mais c’est surtout le niveau technique et la brutalité des compositions qui étonnent, tranchant littéralement avec les deux précédentes sorties. « The Seidkona Oracle » rappelle les formations de death technique, mais à la sauce pagan et symphonique. Les touches black sont beaucoup moins présentes, c’est son style rival qui est à l’honneur sur la majeure partie des titres, le growl étant bien caverneux, le batterie révoltée avec ses blasts, et les guitares très incisives avec leur dose de technicité. Idem pour « Into the Berseker Frey » qui pourrait faire penser au « Agony » de Fleshgod Apocalypse, avec ces orchestrations et ces choeurs.

Archaic Eclipse manque encore de mediatisation et c’est sans doute ce qui lui fait le plus de tort car il s’agit d’un groupe avec du potentiel, sortant quelque peu des sentiers battus en matière de black/death symphonique, le côté pagan et épique y étant pour quelque chose. Il faudra en tout cas améliorer la production s’ils veulent rendre leur musique plus attrayante.

Dans tous les cas, si vous voulez vous faire une idée du metal de ces Américains, autant vous pencher sur cette compilation qui a le mérite de tout rassembler et de montrer l’évolution musicale d’un petit groupe passionné.

 

Devilish Impressions : Simulacra

Ξ mai 17th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Devilish Impressions : SimulacraC’est sans doute en Pologne qu’on retrouve les formations les plus innovantes et les plus surprenantes en matière de metal extrême, entre le death metal de Behemoth ou de Vader en passant par le black symphonique de Hermh ou de Vesania, pour ne citer qu’eux. Ce pays de l’Europe central reste, sans aucun doute, important et riche dans ce domaine, accueillant depuis bon nombre d’années un panel de formations reconnues, et d’autres montantes, comme Devilish Impressions, par exemple.

Le groupe, formé depuis 2000, n’avait alors que deux albums, prometteurs au niveau des ambiances mais souffrant d’un manque de personnalité et d’une production qui laissait à désirer. Ainsi, les Polonais avaient acquis une petite réputation, sans toutefois élargir leur compétences, vite dominés par des groupes plus hargneux et entreprenants tels les redoutables Vesania ou Luna Ad Noctum.

Toutefois Quazarre, seul membre rescapé de la formation et chanteur chez Asgaard et Crionics, comptait bien remédier à cela en apportant l’inspiration et la puissance nécessaires pour faire vivre Devilish Impressions. Dans la mesure où la scène extrême polonaise est comme une grande famille, le chanteur/guitariste s’octroie les services de musiciens réputés du black et/ou death metal polonais, à savoir le batteur Icanraz (Hermh, Abused Majesty) mais aussi des guests, Jacek Grecki (Lost Soul), Roman Bereznicki (Lecter) et Flumen (Asgaard).

C’est un travail de titan que nous fournit Devilish Impressions, signant chez le nouveau label Icaros Records, obtenant le design de Xaay (Nile, Vader, Necrophagist) et produisant dans plusieurs studios, dont le fameux Hertz Studio. Ils ont de plus passé beaucoup de temps à composer, les premiers enregistrements ayant été effectués en 2010. Ils ont aussi fait renaître leur inspiration, se basant sur les écrits de grands auteurs, devenus leurs icônes (Charles Baudelaire, Oscar Wilde, Lord Byron…).

Dès le morceau d’ouverture « Icaros », on sent l’évolution et on devine ce que va nous apporter Devilish Impressions à travers l’album. La production est soignée, les guitares puissantes, entre riffs typiquement black et d’autres davantage death voire thrashy, accompagnées d’une batterie sans merci, d’orchestrations plus vraies que nature cette fois-ci, et d’une alternance de chant bien effectuée. Dans les précédents opus et le dernier EP de Crionics, Quazarre n’avait, à mon sens, pas vraiment su utiliser son chant clair, souvent médiocre. Or ici, son timbre naturel est une force supplémentaire pour Devilish Impressions, sortant le groupe de la masse, et l’embarquant dans des contrées plus mélancoliques et dramatiques, comme sur le morceau « Lilith ».

Des titres comme « Legion of Chaos » ou « Fear No Gods ! » montrent tout le potentiel du groupe et la marque de fabrique made in Poland, avec ce riffing insistant et sa force de frappe implacable. Même quand le rythme est mid tempo, l’efficacité est garantie, grâce à un chant black hargneux, bien que commun, des orchestrations impériales et grandiloquentes, pas loin de Dimmu Borgir, et des touches industrielles à la Crionics pour relever une certaine atmosphère.

En dépit de l’aspect moderne, décelable dans la qualité du son et dans certains riffs, Devilish Impressions pimente pas mal ses compositions, qui passent comme une lettre à la poste. Peut-être pas assez directe pour terminer dans la cours des groupes black symphoniques les plus brutaux, il ajoute toutefois les éléments nécessaires, riffs ou orchestrations, pour nous faire tenir en haleine, que ce soit le simple « The Last Farewell » aux touches épiques, ou un « Vi Veri Vniversum Vivus Vivi » bien blasté et grandiloquent, dont l’intro inquiétante rappelle celle de « Horns ov Baphomet » de Behemoth.

Les Polonais franchissent un cap important dans leur carrière, renforçant leur black/death symphonique en apportant une énergie nouvelle à un ensemble plus traditionnel en matière de metal extrême polonais. De quoi pimenter la concurrence et perturber leurs compatriotes de chez Vesania ou leurs confrères Norvégiens.

 

Page suivante »
  • Index

  • Reviews

  • RSS Spirit Of Metal News

    • [Chronique d'album] Beast In Black : Berserker 17 octobre 2017
      Heavy Metal-Finlande, "Musicalement, Beast in Black bouffe à tous les râteliers ..." […]
    • [news] Pretty Boy Floyd : Nouvel album 17 octobre 2017
      Le groupe sortira son nouvel album intitulé Public Enemies, le 1er décembre via Frontiers Music Srl. Il a été produit et enregistré par Kristy Majors et Keri Kelli. Le titre "Girls All over the World" s'écoute ci-dessous: ... […]
    • [news] Arkona (RUS) : Nouvel album 17 octobre 2017
      Le nouvel album du groupe intitulé Khram, sortira  le 19 Janvier 2018 via Napalm Records. Tracklist: 1. Mantra (Intro) 2. Shtorm 3. Tseluya zhizn' 4. Rebionok bez imeni ... […]
    • [news] The Dark Element : Lyric Vidéo 17 octobre 2017
      Le groupe de Metal Symphonique finlandais propose une lyric vidéo du titre "Dead to Me", extrait de leur 1er album full length The Dark Element, à paraître le 10 novembre prochain chez Frontiers Records.   Source :... […]
    • [Chronique d'album] Thy Serpent's Cult : Supremacy of Chaos 17 octobre 2017
      Death Metal-Chili, "Thy Serpent’s Cult joue plus sur un son et une ambiance poisseuses et blasphématoire que sur la musicalité de ses compos" […]