Idensity : Chronicles

Ξ novembre 8th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Death Metal, Symphonic |

Idensity : ChroniclesCertains se souviennent peut-être des Frenchies d’Idensity, groupe fondé en 2008, qui avait sorti en 2011 un premier album très convainquant et plus qu’encourageant pour la suite, de surcroît enregistré aux très renommés Hertz Studio (Vader, Decapitated et compagnie). Deux ans plus tard, le sextet est de retour avec « Chronicles »…et autant le dire tout de suite : le résultat est bluffant.

Idensity va au-delà des frontières qu’il s’était imposé avec le précédent opus « Serenity ». Ici, on passe à autre chose, on se dirige vers un death metal symphonique pur jus. Alors oui, ce style devient de plus en plus à la mode ces temps-ci, en particulier depuis les tueries de Septic Flesh et de Fleshgod Apocalypse. Il faut dire qu’il a encore de belles heures devant lui quand on voit la qualité et le professionnalisme qui découlent de ce « Chronicles ». Le son est énorme (le mixage est signé Dan Swanö…), les compositions sont aux petits oignons, les sonorités particulièrement bien choisies…et même si les influences Septic Flesh semblent évidentes (la pochette, tout d’abord, les riffs et l’ambiance du morceau « Sekhmet », ensuite) il faut dire qu’Idensity explore un bon paquet de recoins et ne se limite pas qu’à la « crème » du death sympho actuelle.

Le concept de l’album est très clair : « Chronicles » traite des croyances et des mythes sur les origines de la Fin de la vie. Il évoque dans les paroles et la musique les terribles chapitres des dogmes respectés par l’humanité ». L’auditeur va donc voyager de continents en continents, de mythes en mythes, de religions en religions. Il ne faut donc pas se limiter aux statues grecques présentes sur la pochette. Le premier titre éponyme nous met d’ailleurs la voie, avec son introduction très aguicheuse qui nous montre le côté « hollywoodien » des orchestrations d’Idensity. Tout a été pensé à la note prêt, les chœurs, les cordes et les cuivres sonnent plus vraies que nature, avant l’arrivée de la déflagration métallique, growl, blasts et gros riffs en tête. Pas de doute à avoir avec ce premier morceau, on a droit à quelque chose de massif et d’ultra puissant.

Dès qu’on rentre dans l’album, on en ressort plus. Les titres s’enchainent avec brio et on est engouffrés dans cette musique qui reste bel et bien du death metal bien lourd : il ne faut pas se méprendre. Les caractéristiques du style se mêlent à des orchestrations de haute voléeset à un fort côté épique. L’avantage aussi, c’est que le groupe est composé d’une violoniste, Mayline, qui manie bien son instrument. Les lignes sont superbes et même touchantes comme sur « Over the Abyss », qui nous propose aussi un peu de chant clair : le mélange nous ferait presque penser à du Aeternam.

On commence un petit tour du monde avec la puissante déesse de la mythologie égyptienne, « Sekhmet » avec un ensemble pas loin du dernier Septic Flesh. Tous les instruments se mêlent avec cohérence dans ce morceau énergique et sans concessions. Le growl est incisif comme il faut, aidé de ces riffs rageurs et d’une batterie qui, même si elle est triggée, apporte pas mal de punch.

Il y en a pour tous les goûts dans cet opus qui se veut complet et qui explore tout un tas de contrées. Les amateurs de metal asiatique trouveront leur bonheur avec « Mofa » dans lequel les chants gutturaux de moines tibétains se mélangent à des instruments traditionnels asiatiques. C’est spirituel à souhait et très relaxant par ailleurs. Ceux qui préfèrent la Grèce antique seront ravis d’écouter « Antikhristos » avec son extraordinaire violon et sa force de composition.

Ceux qui ont un gros faible pour l’oriental vibreront sur « Mahdi’s Arrival » (Mahdi, celui qui montre le chemin, en arabe) qui d’entrée de jeu nous transporte dans les sables de l’orient, sitar, violons, percussions, mandolines, chœurs traditionnels…que demander de plus ? Un beau mix entre Orphaned Land, Arkan et la patte d’Idensity. Le résultat est tout simplement bluffant. Puis nous partons directement vers la mythologie mésopotamienne et les divinités annunaki, cette fois-ci c’est plus brute de décoffrage mais aussi plus impérial.

Chaque titre a sa personnalité, son petit truc, sa petite mélodie et son petit instrument. Le death symphonique n’aura jamais été aussi riche. De ce côté-là, la fin de l’album est totalement magistrale. Il suffit d’écouter « Mantra » qui nous transporte en Asie du côté de l’Hindouiste. Idensity se la joue brahmane, il vénère Shiva et Rudra avec un chant à la limite du possédé, les riffs sont bien trouvés et accrocheurs au possible, parfois brutaux, parfois mélodiques, violon et sitar ne font plus qu’un, le refrain nous mettrait presque en trance.

Et puis tiens, ça tombe bien, il y a la suite de Thor qui sort au cinéma, comme un fait exprès. « Loki » est donc parfait pour accompagner la chose. Vous l’aurez compris, ici on parle de mythologie nordique. Ce dieu rusé débarque et veut nous faire sa loi dans un morceau où Idensity se dépasse. Le growl et le chant clair sont immersifs, le metal bien puissant et les orchestrations n’auront jamais été aussi cinématographiques, hollywoodiennes, pas loin du « Death Cult Armaggeddon » de Dimmu Borgir avec la flamme death metal pour couronner le tout, ou, dans un style plus proche, du « From the Past » de Melted Space.

Que dire de plus…Idensity fait fort avec ce « Chronicles » qui est un terrifiant et redoutable boulet de canon de death symphonique. Les Frenchies livrent un album aussi brutal que mélodique, ambiancé et exotique. Une chose est sûre : on en prend plein les oreilles. Inutile donc, de dire qu’Idensity est à suivre de très près et qu’il ne faut pas rater cette sortie. Le moins que l’on puisse dire, c’est que Send The Wood a eu le nez fin sur ce coup là : c’est un opus qui s’écoute sans fin…

 

Fleshgod Apocalypse : Labyrinth

Ξ août 2nd, 2013 | → 0 Comments | ∇ Death Metal, Symphonic |

Fleshgod Apocalypse : LabyrinthEn 2011 sortaient deux albums majeurs représentatifs de la scène death symphonique naissante et de plus en plus à la mode : « The Great Mass » des Grecs de Septic Flesh et « Agony » des Italiens de Fleshgod Apocalypse. Ces derniers avaient montré une approche moins théâtrale que leur confrères, plus bourrine et technique, et loin d’être dans la continuité du « Oracles » qui avait séduit un bon nombre d’amateurs de brutal death metal. « Agony » n’avait pas donc fait l’unanimité, mais avait fortement attiré les amateurs de sympho extrême à la sauce brutale. Une suite était donc attendue. Et c’est cette année que sort le troisième album, « Labyrinth », basé sur le mythe grec du Labyrinth de Cnossos ainsi que sur les personnages qui y sont affiliés.

Ceux qui avaient encore l’espoir de retrouver ce qui faisait le charme d’ « Oracles » ou de « Mafia » seront forcément déçus. Fleshgod Apocalypse s’éloigne encore plus de leurs racines pour se focaliser sur un death technique et symphonique extrêmement grandiloquent. Les orchestrations ont encore plus d’importance que dans l’opus précédent et remplissent énormément l’espace. Si les Italiens retiraient tous les éléments symphoniques, leur musique ne serait plus la même : les guitares servent principalement d’accompagnement et malgré des riffs technico-mélodiques, leur couleur serait toute autre si elles avaient le rôle principal.

Malgré tout, elles ont une présence. Même si une bonne partie des riffs est répétitive, l’autre partie est bien destructrice. C’est maîtrisé, carré et certaines envolées techniques font mouche, sans oublier les soli, c’est le cas sur un titre comme « Reborn », au poil niveau guitare, mais aussi niveau orchestrations, dont l’ensemble sonne comme une mélopée épique, accompagnée de chœurs très enveloppants et de piano.

En parlant de ça, le pianiste et orchestrateur Francesco Ferrini fait désormais partie du groupe à 100%, contrairement aux précédentes sorties où il avait juste collaboré. Cela explique la place prédominante des orchestrations, comme en témoigne l’épique et grandiloquent « Minotaur », imposant sa force et son agressivité. Ce titre mais aussi les dix autres (« Towards the Sun », entres autres), montrent aussi la folie du batteur Francesco Paoli en matière de blast beats. Il faut dire qu’il ne varie pas énormément son jeu. Il se concentre toujours sur un enchaînement féroce et sans concession de double pédale et de blasts à gogo, ce qui remplit une autre partie de l’espace.

Que dire aussi des vocaux…bien incisifs et bien ancrés dans les compos. Le growl est prédominant mais s’accompagne, à l’instar d’ « Agony », de chants criés ou clairs comme sur « Warpledge » ou « Elegy ». Sans oublier les voix bizarres et les chants féminins lyriques, histoire d’insister sur les influences classiques du groupe ainsi que sur le concept basé sur la mythologie.

Malgré tous ces points, la musique de Fleshgod Apocalypse alterne entre moments géniaux et gros bordel grandiloquent. Autant on se retrouve avec des passages où la beauté des orchestrations, la brutalité et la technique du death metal nous font hérisser les poils (« The Fall of Asterion »), autant on découvre petit à petit et avec stupeur que la superposition des différentes couches rend difficile l’écoute de ce « Labyrinth ». Si on prend les blasts beats continus de Paoli et les orchestrations omniprésentes de Ferrini mélangés aux riffs massifs, au piano, aux différents vocaux, et à la guitare basse, on se retrouve avec des compositions dans lesquelles les instruments se happent les uns avec les autres : le sympho happe les guitares, qui elles-mêmes happent le sympho, le tout écrasé par les blasts…Il aurait sans doute fallu aérer les compositions, faire dans la subtilité afin de mieux dissocier les instruments et éviter ce trop-plein de blasts qui lassent très vite. Bourriner juste pour bourriner, faire brutal et ajouter du sympho par-dessus n’est pas nécessaire…surtout pour en faire de la charpie.

Il n’y aura au final que peu de moments de répit. Cinq minutes trente en vérité. La minute acoustique du « Prologue », et les quatre minutes vingt-cinq de conclusion sur « Labyrinth », reprenant le thème d’ouverture, avec des chœurs, du piano et du violon. On se croirait sur la BO d’un film. C’est donc avec du calme que se clôt ce « Labyrinth ». On ressort de l’écoute sans vraiment savoir quoi penser de cet opus. Un opus qui peut à la fois nous faire vibrer, nous transporter des milliers d’années en arrière en pleine Antiquité grecque, mais un opus qui peut aussi nous lâcher en cours de route, nous déstabiliser et nous rebuter, que ce soit l’overdose de blasts, les voix claires qui font de trop, les guitares cachées ou le sympho too much. Même si Fleshgod Apocalypse est unique et propose des moments intenses, il y a encore du travail…

 

Edenbridge : The Bonding

Ξ mai 27th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Symphonic |

Edenbridge : The BondingCette année, les Autrichiens d’Edenbridge fêtent leur quinze ans de carrière, pendant lesquelles ils auront gardé une certaine constante, à raison d’un album tous les 1-2 ans, et montré une certaine progression, du power et approximatif « Sunrise in Eden » au très réussi « My Earth Dream », l’opus qui les a réellement propulsé dans la vaste cour des grands du metal symphonique. En dépit de ça, Edenbridge a toujours eu du mal à se démarquer d’eux et est souvent resté dans l’ombre, la faute à un manque de prise de risque et à un manque de variation dans les mélodies, malgré des compositions solides. « Solitaire » montrait une facette plus mélancolique et plus atmosphérique même si le fond, en soit, se rapprochait de « My Earth Dream ». Et là surprise, alors que les Autrichiens semblaient maintenir le cap, ils nous font attendre ni un ni deux mais trois ans.

Il faut dire que ces trois années ont été difficiles pour Edenbridge, entre les problèmes personnels, les changements de line up brutaux (le bassiste Simon Holzknech est remplacé par Wolfgang Rothbauer (Disbelief, Zombie Inc.) et de labels (de Napalm, ils passent à SPV/Steamhammer), et les troubles familiaux de Lanvall. Ce n’est que fin 2012 que les compositions commencent à prendre forme et que le groupe se met définitivement au boulot pour la sortie de « The Bonding » auquel il espère donner une orientation résolument plus symphonique. Pour cela, ils font appel à un véritable orchestre symphonique (le Klangvereinigung Orchestra de Vienne). On peut dire que cet opus est sans doute le plus ambitieux de la carrière d’Edenbridge, d’autant plus que Sabine a peaufiné sa voix pour la rendre plus chaleureuse. Mais cela ne fait pas tout.

Hormis la présence de l’orchestre, qui apporte un plus aux compositions, on ne peut pas dire que les Autrichiens ont pris énormément de risque. On reconnait bien leur identité mais le schéma reste sensiblement identique aux albums précédents : on retrouve la base heayv, les mêmes types de mélodies et de riffs, les chœurs, de soli atmosphériques, des refrains qu’on aurait pu inter-changer sans problème avec ceux de « My earth dream » ou de « Solitaire ». C’est une impression de stagnation que l’on lors de l’écoute d’autant plus que « The Bonding » ne nous surprend pas, au final.

Mais Edenbridge a toujours su jouer là-dessus ; même s’il ne diversifie pas son propos, il sait proposer des titres efficaces dont les mélodies – même si elles sont prévisibles – restent en tête comme le dynamique « Mystic River » et son excellent riff d’accroche, l’atmosphérique et entêtant « The Invisible Force » et la tuerie sombre « Shadows of My Memory », avec quelques growls faits par le bassiste. Rien à dire là-dessus car au final on se laisse porter par cette patte typiquement edenbridgienne, ces mélodies, ce chant, ces claviers et ces orchestrations de qualité. Rien que ces trois morceaux valent le coup d’oreille.

A côté de ça, on a l’impression que sur cet album, Edenbridge a mis le paquet sur les titres mous et les ballades, prouvant dans le même temps qu’il ne se mouille pas et que sa créativité a des limites, comme le mielleux « Star-Crossed Dreamer », ou les deux côte à côte « Into a Sea of Souls » et « Far Out of Reach ». Quelle idée d’avoir mis ces titres à la suite, ça casse totalement le rythme, entre « The Invisible Force » et « Shadows of My Memory »…

Heureusement que le final est un final digne de ce nom, « The Bonding », l’éponyme, met beaucoup plus en avant les orchestrations (qui prennent la même teinte que celles de l’éponyme « My Earth Dream »…). Un côté sombre, parfois épique et aussi théâtral, couplets par Sabine et refrains par Erik Martensson (WET, Eclipse) entrecoupés de parties plus speedes ou plus lentes, de touches grandiloquentes et de chœurs en latin. La première partie fait mouche, la seconde un peu moins, malgré l’interlude effectué avec un instrument à corde au ton asiatique (sorte de harpe ?), la faute à une conclusion cul-cul, de nouveau.

Pas sûr qu’Edenbridge, avec « The Bonding », arrivera à montrer aux Nightwish et consorts qu’ils ont du souci à se faire, car ce qui leur faut avant tout, c’est montrer qu’ils peuvent évoluer et diversifier leur compos, ce qui n’est pas encore le cas, malgré ces quinze années d’activité. L’intégration d’un véritable orchestre montre qu’un pas en avant a été fait mais ce n’est pas sur lui que devrait se reposer les Autrichiens. Il leur manque juste cette touche magique qui fait la différence et qui leur évitera de ne proposer que des albums assez bons ou bons.

 

Aquilus : Griseus

Ξ mars 31st, 2013 | → 0 Comments | ∇ Symphonic, Symphonic Black Metal |

Aquilus : GriseusLes voyages musicaux. Il n’est pas toujours aisé de trouver l’œuvre adaptée à nos exigences, à notre sensibilité, à nos goûts. A la découverte d’un opus susceptible de nous plaire, on finit la plupart du temps par être frustré. Pas assez de ça, trop de ça, etc. L’excitation laisse alors place à la déception et nous continuons inlassablement une ruée vers l’or, la pépite, le bijou qui nous rendra satisfait et content de notre acquisition. Comme une quête vers la plénitude auditive. Et là arrive l’album attendu…

Originaire d’Australie, Aquilus arrive comme une fleur au cœur d’une scène metal atmosphérique encore trop disparate. Il n’a que quelques démos en poche, peu de moyens, un manque cruel de promotion et de distribution, un cercle de fans limité et pourtant arrive l’inconcevable : la création d’un album repoussant les limites du possible et propulsant l’auditeur au sein d’un rêve éveillé. « Griseus ». LE voyage musical.

Il sort en auto-production fin 2011 et se compose de 8 titres pour une longueur totale d’une heure vingt. Même pas besoin de regarder un film, Aquilus nous offre une musique qui nous apporte des images. Il suffit de fermer les yeux et nous voilà projetés dans le monde de l’Australien, dans des prairies et des montagnes, dans un camp, au bord de l’eau, au sein d’une bataille, aux côtés de créatures mythologiques.

Aquilus décrit sa musique comme du metal atmosphérique. C’est très vague mais il s’agit sans doute d’une des meilleures appellations, avec metal symphonique. « Griseus » est un savant mélange de genres cohabitant les uns avec les autres. L’atmosphérique côtoie sans problèmes le death metal, le black metal, le folk metal, le prog et la musique classique. Tout est dosé de façon intelligente, pour nous embarquer sans interruption dans un univers cinématographique. Aquilus puise sans aucun doute ses influences dans des groupes comme Emperor, Summoning ou Opeth mais aussi des compositeurs de musique de film comme Howard Shore (Le Seigneur des Anneaux), l’inspiration la plus flagrante. La mélancolie et la noirceur se mêlent habilement à la beauté et à l’éclat.

Une fois pris dans les bras de « Nihil », impossible de ressortir de cette douce étreinte. Le symphonico-atmosphérique mène la danse avant de se coupler au black metal et aux cris guerriers de Waldorf. Les accélérations nous font prendre conscience du côté extrême des compos, sans non plus nous envoyer dans un torrent de brutalité. L’éthéré est de mise, ainsi que les allées et venues de violons épiques. Les guitares tranchantes renforcent la noirceur sans non plus nous étouffer et changent de teinte de façon déconcertante pour accompagner, de façon acoustique cette fois-ci, des chœurs, des notes de piano et des violons tout droit sortis de l’époque romantique.

« Smokefall », lui, touche davantage aux éléments folkloriques avec ses guitares acoustiques et ses flutes. Le contraste entre les parties instrumentales douces et les parties metalliques plus brutales est fort mais ne fait qu’accentuer une certaine dualité, cette bipolarité qu’Aquilus maîtrise à merveille. Le black/death rageur fait place à la caresse des violons et inversement, comme des péripéties qui se succèdent les unes après les autres. Idem avec un « In Lands of Ashes » mettant en avant des passages de toute beauté, aux atmosphères enchanteresses portées par les violons et le piano. Douze minutes de mélodies magnifiques, de puissance et de majesté dans un orchestre pourtant programmé…

Les morceaux les plus agressifs sont souvent les plus courts, comme avec « Latent Thistle » et son final folklorique joyeux ou « The Fawn » qui, après sa longue intro au piano, envoie le pâté avec un black/death symphonique racé. Mais Aquilus est beaucoup plus fan de l’atmosphérique dans tous les sens du terme. Clou du spectacle avec « Night Bell », dix-sept minutes d’envolées au piano, de ralentissements, d’accélérations, de pause, de déflagrations, de magie, de saveur, de violons émotifs…que demander de plus.

Il est clair qu’Aquilus divise car « Griseus » ne s’adresse ni aux puristes, ni aux amateurs de simplicité. Ici on a plus de parties purement symphoniques que de parties metal. La complexité oblige l’auditeur à passer du temps sur cette œuvre. Chaque écoute nous ouvre une nouvelle porte, nous montre un nouveau paysage et de nouvelles couleurs. Le maître à penser Waldorf, rassemble le temps d’une heure vingt, puissance, sensibilité, émotion et chaleur, pour un résultat grandiose et incomparable. On pourrait presque atteindre la perfection…

 

Mechina : Empyrean

Ξ janvier 14th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Industrial Metal, Symphonic |

Mechina : EmpyreanMechina est attendu au tournant depuis la sortie de son album révélation « Conqueror ». Les Américains, en digne représentant d’un space metal grandiloquent, prouvaient qu’il était possible de donner un nouveau souffle au metal industriel. Même si la recette de base rappelle un mélange de Fear Factory et de Meshuggah, l’ensemble même des morceaux va bien au delà de ces deux piliers grâce à la mise en place d’orchestrations et d’un souffle épique imprenable.

La sortie d’ « Empyrean » a quelque peu été compromise puisqu’à la base, le nouvel opus devait voir le jour l’an dernier. Suite à des problèmes d’argent et de mastering, le groupe passe alors plus de temps sur son nouveau rejeton, et le jeu en vaut la chandelle. Car ce qu’il avait proposé sur le single « Empyrean » sorti en avril se retrouve bouleversé et remis en question. Le son est bien meilleur et les orchestrations plus travaillées.

Avec « Empyrean », le quatuor poursuit ce qu’il avait entamé avec « Conqueror ». Le concept est toujours science fiction. L’auditeur suit un groupe d’humains échappant à une Terre ravagée par un holocauste nucléaire et en partance pour une nouvelle planète, Empyrean, en 2632. Il s’agit donc d’une histoire narrée à travers onze morceaux reliés en un bloc. Il est donc conseillé d’écouter l’opus du début à la fin afin de saisir toutes les subtilités.

Bien qu’on soit pas très loin de « Conqueror » pour ce qui est de la recette principale, on est tout de même un cran au-dessus. Le travail a payé et le death industriel de Mechina se dote désormais d’une âme. On découvre un ensemble très cohérent, dans lequel se côtoient divers éléments, des expérimentations cybernétiques (« [Cryostasis_Simulation_2632_01] », aux tonalités djent, en passant par la lourdeur et l’agressivité du death, sans oublier les arrangements symphoniques de grande qualité.

Il ne serait pas inconcevable de dire que « Empyrean » peut plaire à tous les amateurs de bandes sons, qu’elles proviennent de films/séries ou de jeux vidéos science fiction. L’introduction « Aporia », suivie de « Asterion » pourraient rappeler certaines d’entre elles, comme BattleStar Galactica, Deus Ex Human, Ratchet and Clank, Mass Effect, Halo…agrémentées de riffs tranchants et de growls. Les chants féminins arabisants apportent une petite touche orientale voire ethnique histoire d’apporter un peu de chaleur dans le froid de l’espace.

Mechina a mûri et la palette musicale en devient plus variée. Les guitares sont moins linéaires et plus en harmonie avec le reste de l’instrumentation. Une véritable fresque épique s’offre à nous, à l’image d’ « Interregnum », porté par un chant clair atmosphérique, des choeurs, et un final grandiose. « Imperialus » et « Catechism » mettent l’accent sur une osmose parfaite entre l’harmonie des orchestrations et l’agressivité du death metal (blasts, gros riffs, growls). Sans oublier « Terminus », qui, du haut de ses dix minutes, nous transportent très loin tout en sachant nous tenir en haleine jusqu’au bout grâce aux changements de rythme et au côté épique prédominant.

L’alliage du death et du sympho fait des siennes ces derniers temps, et on pense forcément à « The Great Mass » de Septic Flesh. Ici, rien de comparable, non seulement parce qu’on ne se retrouve pas avec la même ambiance, mais aussi parce qu’il n’y a pas de véritable orchestre. Et c’est ce qui, finalement, manque à Mechina. De vrais cuivres et de vrais violons apporteraient une autre dimension aux compositions des Américains, histoire de les rendre encore plus vivantes et plus profondes.

Malgré tous ces bons points, la musique de Mechina reste encore perfectible. D’une, les orchestrations, bien qu’excellentes, mériteraient d’être moins linéaires. Certains changements d’ambiance permettent de varier l’utilisation de la programmation, mais sinon, ça manque un peu de folie et d’envolées majestueuses, le groupe utilisant un peu trop souvent les mêmes lignes. Autres défauts : le chant clair, un peu trop mielleux sur certains passages, et le mixage, en particulier les balances. A cause d’elles, le son n’est pas toujours correct et certains réglages sont de rigueur s’il on veut apprécier l’ensemble à sa juste valeur et saisir les subtilités.

2013 commence plutôt bien avec ce groupe ayant un regard vers l’avenir sans renier ses origines. Mechina peut se targuer d’officier dans un space metal unique en son genre grâce à un « Empyrean » captivant. Plus qu’à attendre 2015 maintenant, en espérant que la dernière partie de la trilogie surplombera toutes les autres.

 

Svartalvheim (NZ) : Cosmic Sorrows

Ξ septembre 9th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Melodic Death Metal, Symphonic |

Svartalvheim (NZ) : Cosmic SorrowsEn règle générale, la Nouvelle Zélande n’est pas un pays très tourné vers le metal symphonique, qu’il soit soft ou extrême. On retrouve davantage de heavy metal, de death metal ou de black metal. Et pourtant, même si ce n’est pas une tradition, une formation pourrait renverser la tendance : Svartalvheim. Rien que son nom en dit long. Certains connaissent peut-être le groupe norvégien de black symphonique Ancient. « Svartalvheim » est le nom de leur premier opus, sorti en 1994. Pour autant, les Neo-Zélandais ne se rapprochent pas énormément de leur musique mais il est clair que leur metal symphonique extrême se compose de black metal et de death metal, en particulier du mélodique.

A la base, le combo officiait dans le doom mais il s’est vite rendu compte que c’était le metal symphonique qui lui correspondait le mieux. Ceci donna naissance à une démo puis à cet album, « Cosmic Sorrows », largement influencé par le death mélodique cristallin d’Eternal Tears of Sorrow,(période pré « Children of the Dark Waters »), par le death mélodique astral et véloce de Skyfire, par le death metal à consonances symphoniques (Septic Flesh, Fleshgod Apocalypse) ainsi que par le metal symphonique en général.

Le résultat s’annonce donc mélodique et épique. Dès le premier morceau, « Fettered to the Unreasonable », on découvre immédiatement un death mélodique parfois bourrin, très symphonique et atmosphérique au niveau des ambiances. On découvre aussi la grande faiblesse : la production. Le son des claviers est très bon, cependant la batterie est trop mise en avant (la double pédale insupportable…) et les guitares sont noyées. Le chant, lui, s’en sort plutôt bien, alternant growl profond et cri black.

Si on fait abstraction de ce point faible, on se retrouve au fil des morceaux avec une musique bien calibrée et très dynamique, on n’est pas prêt de s’ennuyer. Même si les influences sont là, on rentre très rapidement dans l’univers d’un groupe misant sur les atmosphères. Les choeurs, les orchestrations ainsi que les notes de piano cristallin sont à l’honneur, tranchant avec le côté agressif et rapide des guitares et du chant. « Quantum Singularity » (entre autres) met bien ceci en valeur.

Pour ajouter un peu plus d’originalité, on retrouve aussi des éléments plus modernes, avec des touches électroniques et limite core avec « This Temple Will Not Hold » et « Oppression from Within », mais toujours soutenues par cette vélocité au niveau des grattes, ce tranchant dans le chant, et ces belles atmosphères. C’est astral et légèrement cosmique, comme le suggère le titre de l’album.

Au final, l’auditeur est rapidement embarqué dans un paradis féerique grâce à un death mélodique éthéré mais toutefois trop uniforme. Les titres sont tous très rapides et peinent à laisser place à un peu de répit. Seuls « Synthetic Society » et « Lack of Scepticism, a Road to Ruin » arrivent à imposer des changements de structure ainsi qu’une touche sombre, apportée par quelques influences black metal, notamment dans le type de mélodie.

Il aurait donc fallu plus de variété dans les titres mais ce n’est pas ça qui nous fera lâcher l’affaire. Malgré de gros défauts, rapidement dissimulés par des qualités indéniables, « Cosmic Sorrows » est l’album d’un groupe encore jeune mais prometteur, risquant, si toutefois il mûrit et progresse, de livrer une musique puissante, extrême et épique au possible. C’est en tout cas bien parti, au vu de ce qu’ils nous offrent au sein de ces neufs titres entraînants.

 

Melted Space : From the Past

Ξ avril 2nd, 2012 | → 0 Comments | ∇ Symphonic |

Melted Space : From the PastIl faut croire que la tendance actuelle se dirige vers tout ce qui touche à l’opéra dans le metal. Depuis quelques années et surtout récemment, des formations apparaissent afin de mélanger le metal à la musique classique et aux caractéristiques de l’opéra comme Adrana (France), Mayan (Pays-Bas), Soulspell (Brésil) ou encore Melted Space, fondé en 2007 par le compositeur et claviériste Pierre LePape (Wormfood, Embryonic Cells). Influencé à la fois par le metal et les musiques de film, le sieur s’est lancé dans ce projet personnel très ambiancé portant ce nom si étrange de Melted Space, un endroit où, essentiellement, les créatures divines se côtoient.

Si le premier opus auto produit et instrumental « There’s a Place » faisait la part belle à une certaine approche électronique et synthétique, le nouvel opus « From the Past » se veut être plus symphonique et plus metal, mélange même des influences de Pierre. Ce dernier a donc réussi à mettre ses idées en place, s’entourant d’une vingtaine de chanteurs, chanteuses et musiciens pour donner vie à cet opus mystique et très mythologique.

« From the Past », ce sont deux Cds découpés en trois livres ou trois actes, eux-mêmes séparés en chapitres ou scènes. Si l’un traite des dieux des temps anciens, c’est-à-dire les dieux de l’Olympe, l’autre raconte l’amour tragique de la Lune Séléné. Enfin le dernier relate la soif de vengeance de celui qui apporte la lumière, autrement dit, Lucifer. Ce n’est pas rien et le visuel de l’album met bien l’auditeur sur la voie, avec cette statue grecque en arrière plan et ce ciel ténébreux et agité, en totale opposition avec une terre plus sereine.

Car les humains ne savent pas du tout ce qui se passe dans le ciel. Les Dieux sont toujours pris entre pouvoir, passion, haine, amour, immortalité et bataille. Attaquons-nous donc au premier livre.

Tel un opéra, l’auditeur se retrouve face à différents personnages interprétés par différents chanteurs, intervenant chacun leur tour lors de différentes scènes. Les chants ne sont pas tous forcément lyriques, même si la puissance des vocaux est un facteur important. « When I Was a God », par exemple, rassemble Apolon (Manuel Munoz de The Old Dead Tree) et Artemis (Liesbeth Cordia de Eve’s Fall) pour une ballade sensuelle et mélancolique, et « Brother and Sisters » nous offre des chanteuses pour un ensemble davantage metal symphonique, plus traditionnel.

Ce premier CD a le mérite de diversifier son propos, même si parfois des titres peinent à décoller. Mais tout se porte sur la variété des vocaux et des styles. Ainsi, si nous avons droit à des ballades et des titres symphoniques classiques, nous pouvons aussi nous retrouver avec du death symphonique voire du black symphonique. Il n’y a pas de restrictions ni de limites ici, chaque personnage a son ambiance, sa voix, sa thématique et cela se ressent bien évidemment sur le cours des chansons. « Damned Lovers » met en scène Aphrodite (Cristina Maez) et Arès (Guillaume Martinot, ex-Gorod) pour un ensemble plus extrême, pris entre le doux chant de la déesse et le growl sans pitié du dieu de la guerre. Ajoutez à cela la double pédale qu’il faut. La symphonie reste dans l’ensemble assez épique, bien que peu grandiloquente. Toutefois, elle reste omniprésente dans la majorité des morceaux, entraînée par des guitares énergiques. « The Gods Are Living » met bien en avant l’aspect symphonique et extrême à la fois, avec ces relents death dans les riffs et bien sûr les vocaux, en l’occurrence grâce à cet affrontement verbal entre Poséidon (Pierre Leone de The Oath) et Héphaïstos (Jesus « the Butcher » d’Offending). Sans oublier le « I’ll Release the Dead » assez black symphonique grâce à l’apparition de Hadès, le dieu de l’enfer (Pierrick Valence, Phazm et ex-Scarve), de riffs tranchants et d’orgues démoniaques. L’entrée de Zeus est la bienvenue mais il est dommage que le dieu des dieux est une voix aussi angélique alors qu’il est censé être le dieu le plus puissant de l’Olympe. On croirait entendre Apollon.

Si l’ensemble se veut mélancolique, ou alors, rageur, c’est essentiellement dû au concept : ici les dieux n’ont plus aucune influence, plus aucun pouvoir. Certains le vivent très bien, d’autres regrettent ces temps de règne. C’est pourquoi les déesses tendent à résonner certains dieux bien guerriers, comme Hadès ou Arès. Les autres aimeraient transmettre leur histoire et racontent donc leur péripéties. Dommage cependant que les chansons soient remplies de répétition, car bien que cela tourne autour d’un concept bien précis, on retrouve dans presque chacun des chapitres cette phrase « We are gods of the ancient times ». Ce que, je pense, nous avons compris…

Finalement, ce livre se veut être bipolaire, c’est-à-dire qu’il regroupe quasiment autant de morceaux doux que de morceaux brutes de décoffrage, ce qui est parfait pour attirer, à la fois, les fans de metal extrême et les fans de metal plus soft. Il y a un équilibre presque parfait quasiment perturbant car on passe du romantique (Zeus, Apollon, les déesses) à du guerrier (Hadès, Arès, Poséidon) et ce grâce aux belles compositions et aux habiles coups de gratte de Adrien Grousset (Hacride). Sans oublier la batterie tantôt lancinante, tantôt furieuse de Gael Barthelemy (Balrog, Svart Crown…), quoiqu’un peu sous-mixée. Cette alternance de parties rappellera sans aucun doute des formations connues telles que Sirenia ou Epica, pour ne citer qu’elles, même si on regrettera qu’il n’y ait pas plus de parties dynamiques et de voix féminines différentes pour ce qui est du timbre.

Passons donc maintenant aux deux livres suivants. Le deuxième CD commence par une instrumentale très antique, voire même orientale sur la fin avec ses violons et sa cithare. Un certain côté onirique réside sur cette courte introduction, rappelant parfois l’œuvre de Dany Elfman. « This Immortal Love », consacré à la lune Séléné, met le paquet en ce qui concerne les orchestrations travaillées et les chœurs pendant plus de sept minutes, avant de laisser place à l’histoire vengeresse de Lucifer.

Celle-ci se découpe en actes, allant jusqu’à quatre. Les ambiances restent variées bien que parfois ça ne soit pas le côté metal qui ressorte le plus. « Misereature » joue sur les claviers, les percussions, les effets anciens voire ethniques, et les vocaux. Sur ce fort côté mythologique voire sacré, on retrouve la voix rageuse de Lucifer (Michael Rignanese de Destinity), la voix cristalline de Michael (Lucie Baltrier de A Quiet Day for Mellow Dreams) et la puissante voix de Gabriel (Anaé d’Adrana). A contrario, « War for the World » est plus agressif et extrême, toujours tiraillé entre le romantisme et les guerres. Enfin, « Dante’s Memory » est comme un épilogue, un générique de fin, avec sa musique mignonne et une voix résumant tout ce qui s’est passé : les dieux sont maintenant oubliés et se retrouvent dans le Melted Space, l’endroit regroupant toutes les âmes perdues.

Ce « From the Past » de Melted Space est donc un album très ambitieux, mettant à découvert les influences de Pierre LePape et proposant toute une palette d’éléments permettant à chaque chanteur de laisser libre cours à son imagination. On remarquera donc de prime abord la bipolarité de l’opus, entre douceur et agressivité, mais aussi le package très chargé. Dommage toutefois que des fautes d’impressions viennent s’y glisser, rendant la lecture pas forcément évidente. Cela n’empêche pas à ce « From the Past » d’offrir à l’auditeur amateur de metal symphonique trois livres historiques – quasi romancés – et très travaillés, malgré quelques linéarités, quelques manques de puissance et de moments forts, et des touches empruntés chez les gros groupes de symphonique.

 

Scorned Deity : The Monarchy Memoirs

Ξ mars 23rd, 2012 | → 0 Comments | ∇ Melodic Death Metal, Symphonic |

Scorned Deity : The Monarchy MemoirsOn connaît déjà le black symphonique américain, mais moins le death symphonique. Mélodique de surcroît. On sait que ce style est de plus en plus grandissant, comme un nouveau souffle au sein de la scène metal actuelle. On sait aussi que ce n’est pas nouveau et que la plupart du temps, ce death symphonique se retrouve teinté d’éléments black. C’est le cas avec Scorned Deity, venu de Detroit (Michigan). Le quintette sort en 2011 son tout premier album auto produit et masterisé par ses soins le son est donc correct, bien que parfois amateuriste, mais il n’empêche que le groupe a fait un gros effort pour produire son opus et surtout, pour le composer.

Scorned Deity s’inspire des monarchies passées et de leurs héritages, des empires qui se sont effondrés ainsi que des imperfections de l’humanité. Pour cela, les Américains ont décidé d’effectuer dans un death/black mélodique véloce et épique embarqué par des éléments symphoniques de qualité. Pas d’arrangements purement orchestraux, il s’agit toutefois de grandes nappes enveloppantes et omniprésentes. Le tout sonne très finlandais de ce côté là et peut rappeler des formations telles que Omnium Gatherum, Kalmah en ce qui concerne les envolées aux claviers. Pour ce qui est de l’aspect purement death mélodique, c’est du coté de la Suède qu’il faut se tourner, avec des inspirations Soilwork ou In Flames.

Le résultat reste tout de même assez long avec treize morceaux pour quasi cinquante minutes de musique, car les compositions en soit peinent à varier sur la longueur. Toutefois, il s’avère que Scorned Deity a paufiné ses créations afin de les rendre efficaces et parfois progressives. Riffs tranchants, mélodies embarquantes, soli furieux et claviers symphoniques épiques. Les Américains ne rigole pas, alternant growl et chant plus criard. Le duo d’introduction « As Dusk Repells Light » (instrumentale sombre) et « Infernal Depravity » peuvent mettre sur la voie avec cette agressivité sans relâche mêlée à une mélodie loin d’être mielleuse. Cerise sur le gâteau, il n’y a pas de chant clair et pas de refrains niais. Au moins, l’album a le mérite de proposer des parties cohérentes.

Le groupe arrive à intégrer des plans très death metal avec la lourdeur qui va avec comme sur « Incremental Resentment », mais c’est surtout la mélodie qui prime et comme on le dit, trop de mélodie tue la mélodie. L’auditeur peut rapidement se retrouver noyer. Il n’empêche que la vélocité et la technicité des riffs nous entraînent vite dans le monde de Scorned Deity. « The Alteration of Mankind », par exemple, et un des titres les plus prenants et les plus épiques/symphoniques, avec ces choeurs, ces violons et ces orgues. Rapide d’exécution et parfois sombre, il démolit tout sur son passage.

Si « Pale Thoughts of Dreams » apporte de la douceur lors d’une minute avec une mélodie acoustique, « Self Immolation » propose un mélange d’éléments classiques et d’éléments plus modernes, entre parties saccadées, parties plus death mélodique, encouragés par des claviers et des petites touches électroniques. Idem pour la conclusion de l’album, « Polluted Minds » très finlandais dans l’esprit mais relativement efficace avec son solo endiablé.

« The Monarchy Memoirs » est un album ayant ses qualités et ses défauts pris entre éléments classiques et éléments modernes et touches finlandaises. Scorned Deity apporte toutefois sa petite patte mais il faut mettre beaucoup plus de personnalité là dedans et améliorer la prod, même si celle ci est très correcte. Il n’empêche que les morceaux sont très efficaces et nous donnent du fil à retordre, guidés par des éléments symphoniques riches. A découvrir.

 

Enthring : The Grim Tales of the Elder

Ξ février 14th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Death Metal, Symphonic |

Enthring : The Grim Tales of the ElderIl y a des styles de metal en particulier qui se mettent de plus en plus en valeur avec le temps, offrant des nouveautés ou renforçant un esprit. Si on prend le cas du death symphonique, on peut vite se rendre compte que les albums dans le genre sont en croissance, en témoignent les derniers Septic Flesh ou Fleshgod Apocalypse.

Enthring fait partie de cette nouvelle génération désireuse d’apporter plus d’éléments symphoniques dans le death metal, créant ainsi un ensemble on ne peut plus épique et grandiloquent. Formée en 2006 par Tommi Suutarinen et Petteri Eväsoja, les Finlandais ont sorti une démo « Maelstrom » en 2010 avant de s’attaquer à la construction d’un nouvel opus « The Grim Tales of the Elder » auto produit et enregistré aux D-Studios (Noumena, MyGrain, In Silentio Noctis).

Enthring utilise le concept de la faucheuse pour nous raconter de sombres et sinistres histoires, séparant les huit titres en trois chapitres différents, comme si nous feuilletons les pages d’un livre musical. Malgré leur jeune âge, les membres du groupe arrivent à créer un album plutôt mature, progressif et subtil dans le jeu de guitare, sans non plus étouffer le tout avec un amas considérable d’éléments symphoniques. En clair, les Finnois arrivent à mélanger puissance et précision, sans devenir trop rasoir.

« The bright pyres of injustice enthrall my visions »

C’est avec grandiloquence que débute l’album avec « I, the Exiled » et ses guitares syncopées. Très vite, l’auditeur entre dans un death metal à tendance mélodique, sans être mielleux. Il n’y a pas de chant clair, mais seul les growls criard du duo Tommi/Petteri et le caractère épique de l’ensemble, conséquence des visions qu’a le personnage principal à la lecture des récits, la terre semblant avoir été détruite par les mains d’une drôle de faucheuse. Le débit du chant est assez rapide, prenant souvent sur l’articulation et empêchant l’appréciation de l’orchestration ou des riffs tranchants. Mais cela se corrige sur un « Silent Chanter » tournant autour du folk et parfois proche d’Ensiferum, avec ce clavier plus discret, cette vélocité du rythme et des guitares ainsi que des soli remplaçant aisément les notes du violon.

Ce n’est qu’avec un « Mellowheart » que la fusion death et sympho est plus opérante au sein d’une progression en crescendo, alternance de parties posées et de parties plus agressives. L’ambiance est beaucoup plus sombre, les claviers plus offensives malgré de grandes parties symphoniques (harpe, flûte, piano). Les guitares frôlent le néo-classique en agissant elles aussi comme une symphonie, pas loin d’un Children of Bodom, le tout fonctionnant comme un tout indéniable.

« The Instrument of retaliation feels frigid in my hands »

C’est avec des notes de clavecin que nous bercent « Rend Me Asunder » et sa symphonie imposante sur un rythme mid tempo jusqu’à des accélérations du plus bel effet, avant de passer au puissant « Citadel » et sa minute instrumentale dans laquelle les orchestrations sont à l’honneur. Les guitares et le rythme se montrent plus féroces et plus violents même si on n’est pas dans le domaine du brutal. Il n’empêche qu’on se rapproche d’une certaine ambiance moyenâgeuse avec son solo en arrière-plan, guidant le refrain du début à la fin. Déjà, une certaine linéarité se fait ressentir sur certains passages qui sont de trop, si bien qu’on peut regretter le fait qu’Enthring mise sur la longueur et non l’efficacité.

« And now I cradle death on my open palm »

Le ton se durcit lors de la troisième partie, mais les instruments sont plus variés et plus mis en avant. L’aspect épique et destructeur reste présent tout le long, surtout sur l’instrumental « The Grim Tales of the Elder » et son semblant de BO de film d’heroic fantasy. Mais une fois de plus, des passages de trop sont à regretter comme sur « The Vengeance Orchestra » et son refrain interminable et ennuyant sur la fin. Dommage car les montées et descentes des violons sont très adaptées à l’ambiance sombres et morne.

Enthring a bien ajusté ses cordes et offre un premier jet très prometteur, susceptible de faire un peu de remue ménage sur la scène finnoise. Hormis quelques linéarités et quelques soucis d’originalité sur certains titres (les influences Wintersun/Ensiferum se faisant ressentir), ce « The Grim Tales of the Elder » reste très bien ficelé et dans une bonne optique death symphonique, pas ultra transcendante pour autant, mais bien à même de satisfaire quelques âmes avides de sympho extrême « soft ».

 

Red Descending : Kingdoms

Ξ décembre 17th, 2011 | → 12 commentaires | ∇ Melodic Death Metal, Symphonic |

Red Descending : KingdomsMalgré les a priori que nous pouvons avoir en ce moment sur le death mélodique, notamment sa tendance à être trop moderne, à s’échapper des codes originels, à apporter un lot de mélodies peut-être trop étouffantes au détriment de la brutalité pure du death metal et à incorporer des voix claires pas forcément utiles dans certains cas, il se pourrait que nos mauvaises impressions, pourtant justifiées, passe à la trappe avec cette découverte australienne venue de Perth. Le quatuor formé en 2003 et auteur de plusieurs démo et d’un album en 2008 franchit un grand pas, non seulement en prenant de l’assurance, mais en renforçant sa musique d’éléments variés et beaucoup plus sombres, empruntés à certaines formations connues telles que Kalmah, Dimmu Borgir ou Summoning. On ne parlera pas de pompage pour la sortie de ce « Kingdoms » mais plutôt d’influences, qu’on retrouvera autant dans le melo death à voix black propre aux Finlandais, les mélodies et symphonies sombres des Norvégiens, et le côté épique et antique des Autrichiens.

En effet, Red Descending repart dans les récits héroïques d’antan en les mettant en musique, mais surtout, en les habitant d’une aura sombre et guerrière au sein d’un death mélodique tendant sur le symphonique et le black, tant au niveau des riffs que du chant, mi-crié, mi growlé. Les choeurs, les parties folkloriques, les mélodies rapides et renversantes à la guitare favorisent l’aspect épique de la musique des Australiens, bien que l’accent soit porté sur le côté sombre de cet ensemble recherché et même progressif : les titres sont longs et parfois alambiqués et ont chacun leur mouvement, témoins de la narration des événements dans les paroles. Le titre est révélateur de l’histoire, les royaumes étant représentés à l’intérieur même du livret, tant par la pochette sur laquelle siège un château dont la hauteur sépare le monde terrestre et le monde du ciel, que par les pages délivrant des images de monde marin ou désertique.

L’affrontement entre les royaumes est terrible et puissant, on nous parle autant de mort que de vie, autant de lumière que d’obscurité, autant de rois que de tyrans, autant de vent que de froid sur une musique véloce et maîtrisée. Nous voilà bercés par la vélocité des riffs, endiablés par la brutalité de certains passages, enchantés par des parties sombres et mystérieuses. Même si l’introduction peut rappeler Pirate des Caraïbes avec son violon en fil conducteur, il n’en est rien puisque les guitares prennent le dessus sur un « Burned to Death » entraînant. Le chant black se veut rageur pendant le couplet tandis que le refrain laisse apparaître un growl et le chant féminin de Jesse Millea. Rassurez vous, ce chant féminin ne se retrouve quasiment plus sur les prochains morceaux, qui tendent cependant à devenir plus sombres et plus furieux. « Inferno » porte bien son nom de ce côté là. Il nous octroie, le temps de six minutes, un mélange de death mélodique et de black symphonique soutenu par une agressivité palpable. L’ensemble nous prend en haleine jusqu’au moment ultime où les claviers se mettent en valeur et que tout fusionne. Atmosphérique et puissant. Une claque.

De l’épique « Reprieve » au prog, rapide et moyen-âgeux « This Endless War », Red Descending n’oublie rien et apporte à son album des titres accrocheurs et à retenir, renforcés par un mélange réussi de puissance et de finesse. « Througn Unknown » nous laisse entrevoir la différence flagrante de genre entre chaque passage, alternant death mélo et black mélo, toujours avec élégance et avec ces touches de claviers en arrière plan. Toutefois, c’est sur l’éponyme « Kingdoms » que le contraste se fait, grâce à un ensemble harmonieux, atmosphérique, parfois guerrier. On se retrouve avec l’impression d’être sur un champ de bataille après la bataille, les percussions étant trompeuses, les voix terminant le récit dans un murmure et une certaine mélancolie.

Une belle découverte encore une fois. Red Descending nous offre un album qui ne tombe pas forcément dans le piège des mélodies niaises, de la fausse brutalité et des chants clairs. Ce « Kingdoms » auto-produit nous présage que du bon pour le futur des Australiens, avec leur death mélodique symphonique aux relents black et épique. Un opus à se mettre sous la dent.

 

Souldrainer : Heaven’s Gate

Ξ novembre 22nd, 2011 | → 14 commentaires | ∇ Melodic Death Metal, Symphonic |

Souldrainer : Heaven's GateIls nous avaient émus, ils nous avaient touchés, ils nous avaient embarqués dans un univers poignant, sombre et désespéré, et les voici revenus, quatre ans après le désormais reconnu « Reborn ». Ce dernier témoignait d’une maturité et d’une originalité sans conteste, proposant un death mélodique symphonique de très bonne facture, bourré de morceaux aussi prenants les uns que les autres, « First Row in Hell » ou « Angel Song » en étaient les dignes représentants.

Peu de temps après, Souldrainer céda à cette fâcheuse manie qui est de se décharger des frontmen et des principaux guitaristes, comme certains groupes récemment, trop nombreux pour les citer. Le vocaliste Johan Kiltkou et le guitariste Daniel Dlimi partent donc de leur côté, le charisme et la rage de chacun de ces deux membres étant remplacés par le membre originel, Marcus Edvardsson, s’occupant aussi de la musique et des paroles.

De nouveau, Souldrainer a décidé de travailler seul, sans producteur, afin non seulement d’éviter les influences externes, mais aussi de présenter une musique aussi organique que possible. Ce « Heaven’s Gate » se retrouve malgré tout signé chez Vicisolum Productions et enregistré aux Empire Studios, en Suède.

Comme l’album précédent, les Suédois nous proposent un album sombre et chaotique, où la mélancolie et les chœurs démoniaques sont de la partie, à travers un death mélodique loin de ressembler à tout ce qui se présente en ce moment, dans une veine moderne ou électronique. Souldrainer s’échappe donc de ce courant-ci en nous montrant quelque chose de beaucoup plus lourd et moins banal, proche tout de même des célèbres Hypocrisy ou Amon Amarth pour ce qui est du côté brute et aérien à la fois.

Il est aussi question de death symphonique sur ce « Heaven’s Gate », mais en moins accru, les arrangements purement orchestraux étant malheureusement moins présents au détriment de l’émotion. Ce sont donc les chœurs, masculins en majorité, qui servent de toile de fond, renforçant cependant le côté atmosphérique de certaines compositions, comme sur « The Quest » ou « Low » aux légères consonances arabisantes voire impériales.

De toute manière, c’est d’un monde relativement décadent que nous parle Souldrainer, la guitare mélangeant riffs death et riffs thrash dans un fond mélodique, aidée par un chant grave et hargneux au débit soutenu, comme sur l’opus précédent. Toutefois, la plus grosse différence réside dans le timbre, bien différent de celui de Johan Kiltkou, qui bien qu’étant soutenu par des effets d’amplification, restait pour le moins charismatique et bien mis en valeur. Une bonne caractéristique que l’on ne retrouve plus tellement au sein de ce « Heaven’s Gate ».

Le côté glauque a aussi perdu en intensité, puisque les samples, effets et autres chœurs féminins ne rendent plus compte de cette atmosphère dérangeante. Mais les claviers restent omniprésents, même lors du court, agressif et excellent « Fed by Fire », aux riffs imparables et au dynamisme contagieux, ou lors de « Alien Terror » un peu étrange mais aux chœurs imposants, comme sur un « Together » de Samael. En parlant de ce morceau des (petits) Suisses, les connaisseurs se rappelleront de son rythme ralenti et de son côté mélancolique, ces caractéristiques-ci étant aussi celles du nouveau Souldrainer. En effet, par rapport à un « Reborn » à la bonne rapidité d’exécution, les morceaux de « Heaven’s Gate » possèdent un rythme sans doute moins rapide, mais tout de même relativement dynamique en majorité, bien que « Low », « The God Delusion » ou « Gate Guard » soient assez lents dans leur ensemble. Et même si le groupe se qualifie de « doom/death mélo », il semble un peu exagérer de faire mentionner le terme « doom », la majeure partie des titres ayant un rythme certain et une approche death/thrash bien poussée, quoique le titre éponyme peut largement être catégorisé comme tel (avec les forts relents funéraires en prime).

Contrairement à un « Reborn » qui parfois nous proposait des sons de boîte à musique, « Heaven’s Gate » lui fait parfois apparaître quelques clochettes, de nouveau sur un « Low » mettant le paquet sur les ambiances, ou des sonorités électroniques à l’instar d’un « Gate Guard » mettant en avant ce côté extra-terrestre (la pochette!) et même atmosphérique, comme sur un « Deus Ex Machina » de The Monolith Deathcult, la brutalité en moins.

Qu’on le veuille ou non, Souldrainer a tout de même changé une partie de sa recette, rendant l’opus sans doute moins original que « Reborn » ne l’était. Même si les Suédois nous font un death mélodique loin des sorties actuelles, il n’empêche que certaines pistes voire passages détiennent des longueurs ou une linéarité quelque peu dérangeantes, rendant ce « Heaven’s Gate » moins transcendant qu’il aurait pu l’être. La banalité de certains riffs peut tout aussi bien se retrouver écrasée par une exécution bien recherchée, ce qui détonne particulièrement d’un titre à l’autre.

En clair, cet opus reste particulièrement bon, même si l’on aurait aimé plus de prises de risque et de folie, toutefois le changement de line-up semble avoir eu une certaine conséquence sur la mise en forme des compositions, le rendu étant quelque peu différent. Il n’empêche que si vous aimez les ambiances chaotiques, sombres et parfois mélancoliques, cet album pourrait vous intéresser.

 

Adrana : The Ancient Realms

Ξ septembre 26th, 2011 | → 22 commentaires | ∇ Symphonic |

Adrana : The Ancient RealmsS’il y a bien un groupe de metal symphonique sur lequel nous pouvons compter en France, c’est bien Adrana. Depuis près de sept ans, les tourangeaux n’en finissent pas de nous faire tourner la tête, malgré une petite renommée. Toutefois, la sortie de leur nouvel opus « The Ancient Realms » est en passe de changer la donne, et tous les espoirs que nous puissions avoir semblent être sur le point de devenir réalité.

Il y a trois ans déjà, Adrana sortait leur premier méfait « Perturbatio », jouissant d’une production professionnelle de qualité. De par leur grande passion pour l’heroïc fantasy, le combo s’imprègne d’un univers personnel et fantastique, aussi bien musical que littéraire et scénique, afin de nous compter les aventures de la Princesse Adrana, désireuse de retrouver son royaume déchu. Le quintet tire principalement ses influences des groupes de metal symphonique actuels à l’instar d’Epica ou de Nightwish entre autres. Mais ne vous y méprenez pas, Adrana possède tout de même son identité et sa propre patte. Officiant dans un opera metal grandiose et épique, les rêves se concrétisent, 2011 marquant la sortie du nouveau « The Ancient Realms », signé chez Brennus Music et enregistré aux Drudenhaus Studios (Anorexia Nervosa, Malevolentia, Alcest…).

Il est clair que de par l’expérience du groupe et de par le passage dans ce studio aux côtés de Xort, le son s’est grandement amélioré, tant par sa qualité que par sa puissance, ce qu’on remarque dès l’introduction « Fall of an Ice Dusk » où une symphonie sombre et enchanteresse s’entoure d’harpes et de choeurs, embarquant l’auditeur dans un univers à la Dany Elfman ou à la Mavolentia, si vous voulez un exemple metallique. Cette introduction est ensuite suivie d’un morceau on ne peut plus épique et véritablement bien composé, où les riffs efficaces nous entraînent, paradés d’envolées symphoniques aux claviers et du chant d’Anaé, véritable chanteuse lyrique et professeur de chant. Son timbre de voix pourrait se rapprocher de celui de Simone Simons (Epica) ou de Tarja Turunen (Nightwish), mais malgré tout, il reste reconnaissable et est tout de même irréprochable, sans tomber dans les extrêmes.

Ceci dit, il faut avouer que l’ensemble est, non seulement homogène, mais surtout maîtrisé, carré et technique. Le quintet s’est grandement amélioré et nous sort le grand jeu, proposant un concept divisé en deux parties, où l’auditeur part aussi bien sur les terres de glaces que sur les terres de feu, en témoignent cette magnifique pochette et les paroles, où des termes tels que « frozen, iced, crystal » laissent place à des termes plus chaleureux tels que « flames, blazing, brasis ». Rien n’est donc laissé au hasard, et chaque titre est joué de façon à faire ressortir ces thématiques épiques, d’où les introductions, les outros, ou certaines pistes évidentes tels qu’un « Burning Horizon » au rythme soutenu et aux mélodies et soli arabisants.

Résolument progressif, l’album nous montre de nombreuses structures, le combo ne tombant pas dans le piège du couplet/refrain/couplet/refrain, et ne lésine pas sur l’aspect mélodique et véloce de certains titres, aussi bien au niveau des riffins que des envolées aux claviers, à la manière de « The Grey Princess » ou d’un « Obsidian Collapses » pourtant long mais très accrocheur tant au niveau des riffs carrés et précis que des choeurs, des violons et des growls de Lori Adou en guest.

De plus, la cohésion entres tous les instruments est davantage mise en valeur, si bien que le quintet ne fait plus qu’un tout. L’approximation fait place à la précision et à l’osmose, comme sur un « The Old Guardian » résolument impeccable, où l’on retrouve un chant lyrique totalement astral, une orchestration digne des plus grands, des riffs tantôt heavy, tantôt épiques et tantôt black même (02:50).

Même si certaines pistes peuvent rappeler certaines formations de metal symphonique (Within Temptation avec « Prison of Memories » ou Epica avec « Over the Past »), Adrana nous prouve avec ce « The Ancient Realms » qu’ils peuvent aller loin et plaire, et que l’opera et le metal peuvent se marier à la perfection.

 

Within Temptation : The Unforgiving

Ξ mars 27th, 2011 | → 11 commentaires | ∇ Symphonic |

Within Temptation : The UnforgivingQuel amateur de symphonique – et même de métal tout court – ne connait pas Within Temptation ? Après un début assez ambitieux, original, riche, et assez proche d’un certain doom/gothic avec « Enter », le combo s’était davantage dirigé vers quelque chose de plus symphonique avec « Mother Earth »…mais leur succès et leur ambition auront eu raison d’eux, résultat avec des opus beaucoup plus faciles d’accès et assez « commerciaux » avec « The Silent Force » et « The Heart of Everything », lui-même revenant malgré tout vers un ensemble plutôt gothique. Après aussi moult EP et albums live dispensables montrant ce fâcheux penchant à commercialiser et non véritablement à créer, Within Temptation se décide enfin à sortir quelque chose sortant de l’ordinaire en cette année 2011…un véritable concept album basé sur une BD créée par Steven O’Connell à la demande du groupe, racontant l’histoire de personnes ayant effectué de mauvais choix dans leur vie, personnes qui se rachèteront en traquant des « méchants » après avoir été engagées par Mother Maiden, une vieille femme aux pouvoirs extraordinaires, leur offrant une seconde chance…

Pour ce « The Unforgiving », Within Temptation reprend donc la direction musicale laissée avec leur dernier single « Utopia » et nous voilà donc avec un album de…pop ! Cela peut paraître étrange mais les six bataves ont fait en sorte que leur musique colle au concept et donc à la pochette style comic…résultat, une grosse claque, un gros changement, pour du Symphonic Pop Metal des plus particuliers…

Alors pour poser le sujet, l’album commence par un prologue court (un peu plus de trente secondes) où se posent quelques notes de violon, un fond musical, et une narration…oui, une réelle histoire nous sera racontée dans cette œuvre, celle précitée et ce, au travers de ces 12 pistes.

Pour les puristes et grands amateurs de WT, attendez-vous à un choc puisqu’on peine à retrouver la patte de ce combo hollandais, hormis les notes de piano, les orchestrations et les ballades à dormir debout telles que « Fire and Ice » ou « Lost ». Hormis cela, l’ensemble se veut résolument très accessible, et pourrait facilement passer sur nos stations de radio ! Des refrains trop faciles à mémoriser, des riffs simplistes, des mélodies loin d’être véritablement fouillées et ce fond aux claviers parfois « vieillot ». Le pire est que cela reste efficace, mais pas si métal que ça, notamment « Shot in the Dark », « Faster », ou même « Sinead », très dynamiques et énergiques, et toujours avec cet arrangement symphonique. La voix de Sharon a pas mal baissé en intensité et la Demoiselle ne monte pas aussi haut dans les aigus qu’avant. Le chant est plus posé, plus simple, moins « lyrique » que sur les précédents opus et on sent souvent quelques faiblesses notables…

Et puis, il existe pour notre plus grand bonheur, des morceaux plus calibrés métal, et surtout, plus dans l’esprit de Within Temptation. « Iron » par exemple, commence avec des riffs assez accrocheurs et hypnotiques pour un certain côté épique grâce aux très bonnes orchestrations, un refrain dynamique et prenant, et surtout une voix qui grimpe. « In the Middle of the Night » carbure et se dote d’un bon dynamisme, et d’une énergie contagieuse. Idem pour « A Demon’s Fate » à l’intro – je le dis – chiante (avec des Oh-ooooh en prime), mais la suite est plus intéressante, beaucoup plus métal que pop (malgré les arrangements de ce dernier en fond) et les violons aux claviers donnent une certaine profondeur au morceau. Enfin, « Murder » se situe à la croisée du métal et de la pop, tout en étant doté de grandes symphonies et d’un solo de guitare particulier. Et c’est de ce point de vue là que nous pouvons garder un peu d’espoir : les solos sont beaucoup plus nombreux, travaillés et maitrisés.

Les amateurs de WT resteront quand même déçus par cet opus beaucoup trop mielleux, aux paroles assez guimauves, et à cet ensemble pop qui ne semble pas bien aller aux bataves. Ce « The Unforgiving », bien que varié dans son ensemble et malgré quelques bonnes surprises, reste cette année un gros point d’interrogation dans le domaine du Metal Symphonique…

 

Mechina : Conqueror

Ξ février 9th, 2011 | → 1 Comments | ∇ Cyber Metal, Industrial Death Metal, Symphonic |

Mechina : ConquerorEn 2005, Mechina s’était concentré sur un concept album nommé « The Assembly of Tyrants » où les tyrans, les machines, et les dieux artificiels étaient les maîtres du monde. Le combo américain avait fait de son death metal industriel une musique hargneuse, électronique et cybernétique, à l’image du concept et de l’imagerie qu’il avait mis en place. Mais un manque de maîtrise des instruments et une certaine linéarité avait nui à cette formation atypique.

Aujourd’hui en 2011, et presque 6 ans plus tard, Mechina a grandi et se dévoile à nous plus fort que jamais, nous offrant un nouveau concept album, « Conqueror », visionnaire et futuriste à souhait, et force est de constater que le quatuor joue enfin dans la cour des grands. Fini cette production en carton, cette maîtrise laissant à désirer et ce manque de maturité. « Conqueror » flirte encore légèrement avec un cyber death efficace mais s’empreinte davantage d’éléments novateurs, originaux et extrêmement poignants. En effet, Mechina incorpore à l’intérieur même de son death indus, des éléments symphoniques dignes de BO de Science Fiction. Et c’est là que tout devient intéressant. Cette part de symphonique n’est pas anodine étant donné qu’elle renforce le concept de l’opus, basé sur le futur de l’homme et son désir ravageur de conquérir d’autres territoires extra-terrestres. Les mystères de la Terre ne lui suffisant plus, voyager dans l’espace est donc une solution alternative et plus excitante…

Mechina nous fait donc du space metal et nous embarque avec lui pour un voyage surprenant et poignant. Voyage, voyage…la traversée de l’univers ne se fait pas sans encombres et tels de véritables rouleaux compresseurs, les riffs et les multiples double pédale de la batterie nous écrasent dès les premiers morceaux alors que le chant death, grave et charismatique, nous entraîne encore plus dans les méandres infinis de l’espace. Il fait froid, il fait sombre, et les riffs et ambiances sont là pour nous happer dans cet univers particulier. Les éléments électroniques nous rappellent que nous nous situons bien des centaines d’années plus tard, dans un vaisseau spatial traversant les multiples galaxies, les sonorités organiques et mécaniques nous rappellent les origines cybernétiques de Mechina et renforcent cet aspect dangereux du voyage. Enfin, les multiples symphonies omniprésentes sont ultra grandiloquentes et extrêmement maîtrisées. L’ensemble est totalement enivrant, déroutant, futuriste et original.

Pris séparément par contre, les éléments deviennent d’un coup moins originaux. Car les riffs, death pour la plupart du temps, et souvent saccadés, tendent à se colorer d’un certain côté thrash à la Fear Factory typé « Demanufacture ». De plus, les ressemblances avec Sybreed période « Slave Design » peuvent aussi frapper, toujours au niveau des riffs mais aussi du chant clair et de son alternance avec le growl (« Conqueror », « Anti-Theist »). C’est incisif, puissant et efficace. Par ailleurs, niveau claviers, on pourrait aussi croire que Mechina s’est inspiré des grandes symphonies de Dimmu Borgir sur « Death Cult Armaggedon » ou même « In Sorte Diaboli ». C’est tout aussi grandiloquent et fort, avec bien entendu, ces côtés épiques et futuristes en prime.

Hormis cela, l’album est très intéressant et pas très linéaire. On regrettera peut-être la ressemblance des riffs sur chaque morceau mais la diversité des harmonies et des mélodies différencient chaque titre de ce « Conqueror ». Avec une excellente auto production, un « Incipient Tragoedia » en intro, ethnique et dépaysant, un « Non Serviam » à l’intro teintée de black et aux couplets planants, un « Conqueror » aux chœurs et aux symphonies impériales, un « Anti-Theist » remarquable tant au niveau des riffs que des claviers majestueux, un « Internecion » totalement agressif, ou un « Ad Astra » touchant, cosmique et froid en digne de conclusion, il est impossible de ne pas prendre son pied, si tant est qu’on apprécie ce genre de musique et ce mélange impressionnant des genres. Une très bonne évolution pour Mechina.

 

Edenbridge : Solitaire

Ξ juillet 9th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Symphonic |

Edenbridge : SolitaireAprès des débuts difficiles et une envie de se démarquer de tous ces groupes de métal symphonique à chanteuse, après quelques albums moyens et un « My Earthdream » bien plus mature et plus abouti, il est normal d’attendre plus de ce groupe qui semble avoir enfin trouvé son identité et un charisme qui lui est propre. Détenteur d’un certain public mais souvent caché dans l’ombre des grands tels que Nightwish ou Epica, il faut savoir qu’Edenbridge a ses propres atouts : des ambiances et un chant aérien, des guitares et un rythme heavy, et quelque fois un son assez néoclassique.

La sortie de « Solitaire » coïncide avec le dixième anniversaire de formation du groupe. Dix ans de présence et sept albums au compteur. On est bien en droit de nous demander à quoi ressemblera ce dernier opus. Surtout que cette dixième année s’annonce comme une date charnière : qu’est-ce que le groupe vaut finalement ?

Eh bien on peut dire qu’Edenbridge s’est de nouveau amélioré. En effet, la musique, bien que similaire à « My Earthdream » possède ce truc en plus qui permet de le démarquer du reste de la discographie. Peut-être moins rapide et incisif que son grand frère, le groupe a ici privilégié les atmosphères et les mélodies. Les passages aériens où les claviers prédominent sont plus présents, et le chant se veut plus modulé et plus pur que sur les précédents opus, notamment sur « Out of This World », ou « Skyline’s End »

Sinon les dynamiques sont là et certains titres peuvent se vouloir assez tranchants tels que l’éponyme « Solitaire », guitares heavy, superbes solos, batterie bien martelée et mélodies entraînantes. Ah, les mélodies à la Edenbridge : beaucoup de jeux avec les accords et les bémols, ce qui créent automatiquement pas mal d’effets et de contrastes. Ici, tout est créateur de mélodie, le chant, les guitares, les claviers…rien n’y échappe et le résultat est là. Même que le combo incorpore une fois de plus des touches orientales au sein de leur compo, mais de façon plus flagrante comme l’intro de « Skyline’s End », « Further Afield » ou à l’intérieur même de « A Virtual Dream », surtout dans le chant.

Les titres sont variés et assez intéressants. Si « Entrée Unique » et « Exit Unique » sont deux titres instrumentaux de début et de fin histoire de nous plonger dans une ambiance épique avec cette orchestration grandiloquente et ces chœurs, « Bon Voyage Vagabond » et « A Virtual Dream » mettent en valeur les guitares, leurs tranchants et une certaine densité. « Brother Diamir » lui, met en avant les atmosphères et les changements de structures, si bien que le côté progressif du titre saute aux oreilles. Chant planant, guitares légères, solos aigus, techniques et émouvants, claviers et chœurs aériens…un vrai régal.

On retrouve aussi « Higher », dont le clip chevaleresque a été présenté par le groupe peu avant la sortie de leur album histoire de nous faire saliver d’impatience. Pour ma part je trouve que ce morceau est le plus entraînant, et surtout le plus simple à mémoriser. En deux écoutes c’est bon, on a la mélodie principale en tête, même les petites subtilités, comme deux notes de piano dans un coin, un riff, ou un coup de cymbale. Le tempo est moyen, les guitares peu incisives mais dynamiques, le chant juste et posé, et au refrain, comme sur tous les titres, ce mélange de chœurs guidé par la chanteuse. Une chanson envoutante qui vous reste dans la tête pendant un moment.

Un bon album bien diversifié, mélodique et envoutant, manquant toutefois de rapidité et d’agressivité dans les rythmes. Mais ceci n’étant pas le plus important, la musique en elle-même reste pour le moins intéressante et l’on sent qu’Edenbridge a fait de gros efforts. On peut donc dire que l’évolution a été constante au fil de ces dix ans de formation et que « Solitaire » se veut être, si je peux me permettre, l’album de la maturité. Doté d’une bonne production (une signature chez Napalm Records tout de même) et d’une pochette très colorée (un peu trop même …) je conseille cet album à tout amateur de métal symphonique.

 

Edenbridge : MyEarthDream

Ξ janvier 2nd, 2010 | → 0 Comments | ∇ Symphonic |

Edenbridge : MyEarthDreamDans la bonne veine métal symphonique, vous me direz que les groupes phares sont sans doute les Nightwish, Epica, Within Temptation et compagnie. Sans doute, leurs réputations et leurs places ne sont pas anodines. Toutefois, il est rare d’entendre le nom du groupe Edenbridge, qui, pourtant, a plus d’une corde à son arc: des albums réguliers, un public certain, mais peu de charisme. Etouffé par le succès d’autres groupes à chanteuse, Edenbridge commençait donc une véritable descente en enfer où le scepticisme des membres du groupe Autrichien était prédominant. Mais pourtant, la sortie de l’album “My Earthdream” a changé la donne et offert une nouvelle vie au combo. Grâce cette fois-ci à une bien meilleure production, une amélioration des parties guitares et symphoniques, ce qui fait qu’Edenbridge a de quoi concurrencer ses rivaux.

Le tout se veut plus dense et plus rentre-dedans que les précédents opus, en se rapprochant notamment plus du power métal que du métal symphonique. D’une part par la montée en puissance des guitares: riffs incisifs, plus soutenus que d’habitude, solos très techniques et épiques remplis d’émotion, où les notes ont tendance à partir dans les aigues et à se superposer…résultat surprenant mais efficace (écouter “Fallen Fom Grace”, “Remember Me” ou “Adamantine”). Ce n’est pas non plus un rouleau compresseur qui s’abat sur vous, mais ça reste pour le moins dynamique. D’autre part, la batterie, plus originale dans son jeu, donc moins répétitive: bien frappée, la double pédale et la double grosse caisse sont à l’honneur…un bon rythme en somme.

Edenbrige, outre amener les guitares aux premières loges, ne perd toujours pas ses bonnes habitudes, et nous offrent une véritable symphonie. Il faut noter l’arrivée en masse d’orchestre et de claviers donnant un réel côté épique et moyen-âgeux à la musique des Autrichiens. Toutefois, la nouveauté c’est sans doute les ambiances arabisantes ou asiatiques, notamment sur “Shadow Play” ou “Place of Higher Power“, cithares, erhu (violon chinois) et guitares orientales, nous offrant un nouvel endroit pour s’évader. Intéressant donc.

De plus, ce qui fait une petite différence avec les précédents albums, ce sont les jeux avec les accords et l’accentuation des notes en bémol, donnant un côté plus mystique et parfois gothique.

Quant au chant, il est mené par la jolie Sabine, qui a amélioré sa voix pour le coup. Moins d’accrocs et de fausses notes, sa voix suit parfaitement la musique. Pas de lyrisme ni de fantaisie, elle reste simple, son timbre ressemble un peu à celui de Charlotte dans Delain, c’est à dire, un timbre qui se situe plus dans le grave. Ce chant est pour la plupart du temps accompagné de choeurs pendant les refrains (“Undying Devotion”).

Comme tout groupe de métal symphonique qui se respecte, le combo a inséré des parties instrumentales ou sans guitares comme sur “The Force Within”, le titre d’introduction, bien accrocheur et typé film de fantaisie (je l’imagine bien en BO de “Coeur de Dragon“…), “Whale Rider”, avec un piano accompagnateur, assez lassant…Et comme tout groupe de métal symphonique qui se respecte, “My Earthdream” est le chef d’oeuvre épique de l’album. Ce titre éponyme, du haut de ses 12 minutes, se démarque pour ma part du reste de l’album par son côté expérimental, ou le heavy métal cotoie l’électronique, le gothique et le symphonique. Au milieu des samples, des orgues mystérieux, des guitares tranchantes et d’une batterie agressive s’introduisent chant féminin, choeurs, et growl…une plaisir procuré par la noirceur de ce titre entre autre, son réel dynamisme et la puissance de tous les instruments. S’il y a bien un titre à retenir, c’est bien celui-là.

Un bon album en somme, mais toutefois pas taillé pour rester dans les annales. L’amélioration de la production permet pourtant de passer un bon moment à l’écoute de “My Earthdream”, contrairement aux autres opus où le son restait à désirer. Il faut qu’Edenbridge prenne plus de risques, le tout manque quand même d’originalité malgré une outro magistrale. S’ils ne veulent pas stagner et rester dans l’ombre, il faut améliorer ce point. Je le recommande toutefois aux fans de métal symphonique, ça pourra faire des heureux…

 

Within Temptation : An Acoustic Night at the Theatre

Ξ décembre 27th, 2009 | → 0 Comments | ∇ Symphonic |

Within Temptation : An Acoustic Night at the TheatreRien n’arrête Within Temptation. Quatorze ans de présence, quatre albums studios, beaucoup d’EP et de singles, de compilations, de live…beaucoup trop. Le groupe semble nous écoeurer à sortir année après année d’innombrables versions de leurs compositions, qui elles-mêmes, deviennent de plus en plus commerciales avec le temps. Quand retrouverons-nous le groupe à son summum avec Mother Earth?

Within Temptation, cette année, décide de se faire plaisir et de gâter leur fans en sortant un an après leur magnifique live symphonique “Black Symphony“, un live acoustique nommé “An Acoustic Night at the Theatre“. Un live, une fois de plus. Pour ne pas sombrer dans l’indigestion, on nous propose une version acoustique, ré-arrangée de leur compositions. Ah, tiens. Et qu’est-ce censé nous apporter? Un changement radical, certes, mais une nouvelle descente dans la transformation du groupe en une entité de plus en plus commerciale.

Alors on se demande bien quels peuvent être les titres repris. Un petit tour du côté de la tracklist et nos sourcils se froncent…On s’attendait sans doute à des titres bien métal re-mixés, mais ce n’est peu le cas. Sept titres déjà assez calmes et peu “metal” se retrouvent une fois de plus sur le CD. Aucune surprise donc. Quel sera le changement? Cela sert-il à quelque chose? A l’écoute de “Towards the End“, on ne peut s’empêcher de penser qu’il n’y a aucune différence avec la version studio. Même orchestration. Même ambiance épique et ancienne, une harpe en tant que fil conducteur, de bonnes percussions…rien de bien différents. D’autres titres tels que “All I Need“, “Forgiven” ou même “Somewhere” n’ont rien à tirer de cette version acoustique. Dans cette version, accompagnés au piano, ils sont aussi calmes, aussi plats, et assez inchangés. De plus, on les avait déjà entendus dans cette version dans le live “Black Symphony“, donc aucune surprise

“The Cross” et “What Have You Done” étaient déjà présents sur un single sorti en 2007 nommé “Frozen“, version live acoustique aussi, alors, que faire de leur “nouvelle version” dans “An Acoustic Night at the Theatre“? Un seul changement, la voix de Keith Caputo sur le deuxième.

Le plus intéressant est d’entendre la ré-orchestration de titres dans la bonne veine métal symphonique, c’est-à-dire, “Stand My Ground” et “Caged”, jamais fait dans cette version jusqu’à présent. Il est étonnant d’entendre leur nouvelle intro, leur nouveau couplet. Les arrangements sont justes, mais le rythme reste trop calme, il n’est pas resté tel quel. Les violons sont toujours là mais moins épiques. Ca apporte donc un côté plus “folk”, moins symphonique, et c’est bien dommage. Ces titres-là ont aussi été raccourcis…

Je n’épiloguerai pas sur le dernier titre “Utopia“, nouveau titre en date en duo avec Chris Jones et qui devrait se trouver sur le futur album du groupe, trop faible, plus pop, et bien FM…ce n’est pas du Within Temptation.

Pourtant, toute la troupe se débrouille à merveille. Les musiciens jouent bien et sont très techniques; les deux guitaristes se suivent et ont accordés leur grattes différemment, du coup, on les distingue bien. On entend bien sûr quelques changements par rapport avec la version originale, ajouts ou retraits d’accords. Un rythme impeccable. Le bassiste est juste aussi, bien accompagné du batteur, qui, je trouve, ça n’a pas vraiment changé son jeu. Le claviériste s’occupe principalement de la partie piano et de samples, alors qu’un petit orchestre en arrière plan dirige la partie symphonique, violons altos et contrebasse en duo. Quant à Sharon, la chanteuse, sa voix est, comme à chaque concert, ce qui est assez frappant, très juste, très mélodique, et assez similaire aux CD. Toujours aussi douce et entraînante, elle passe de l’aigu au grave avec aisance, mais il faut noter quelques faiblesses à certains moments, notamment des problèmes de souffle, sûrement liés au fait qu’elle chante assise sur une chaise. A part ça, on ne peut vraiment se plaindre, elle est encore et toujours au top.

Je ne blâmerais pas cet opus, les fans sont gâtés et le groupe acquiert encore une nouvelle notoriété auprès des orchestres qui cherchent des groupes pour se produire. Ce live acoustique est loin d’être un chef d’oeuvre, ni LE live qu’il faut avoir. C’est bien trop calme. Alors si vous avez besoin de douceur, pourquoi pas, ce CD est parfait pour vos petites oreilles. Si vous avez envie de rester dans l’univers Within Temptation, vous serez déçus, tout comme je l’ai été. Ca s’écoute facilement, peut-être, mais ça en devient assez lassant. Dommage. Quoiqu’il en soit, on attend le nouvel album studio des hollandais qui devrait sortir l’an prochain et je vous mets la vidéo d’”Utopia” pour vous faire une petite idée.

 

Shade Of Streams : Shade of Streams

Ξ octobre 22nd, 2009 | → 0 Comments | ∇ Symphonic |

Shade Of Streams : Shade of StreamsPremier EP d’un jeune groupe Français venant de Chinon.

Cet EP, portant le même nom que le groupe, j’ai pu le découvrir en allant voir le groupe à un concert datant du 27 juin 2009, à Ballan Miré. Bonne occasion pour découvrir un groupe en herbe.

Shade of Streams officie dans un métal symphonique, mélodique et aux consonnances gothiques.

Sur l’album du même nom, le groupe nous propose trois titres, dans la même veine. Des titres qui s’emboîtent parfaitement : rythme soutenu, excellents riffs, superbes mélodies. Le chant clair de Paul Mickael Caban (un des trois frères Caban!) est bien maîtrisé, mélodique à souhait et surtout d’une justesse épatante, gutturale par moment (“Vengeance” par exemple, en plein milieu du titre). Le guitariste, Genguiz Gokaltay, tente des petites fantaisies avec sa guitare, ce qui donne un rendu plutôt sympa. Le batteur et le bassiste semblent être en fusion tant ils se suivent à merveille. Quand aux claviers, les lignes donnent une bonne dose d’émotion et une ambiance épique (“Sweet Temptation” par exemple). Ajoutez à cela des passages atmosphériques efficaces lors de petits breaks.

En gros, pas de quoi s’ennuyer, surtout avec trois titres, ce qui peut être un avantage : peu de titre, donc un album court, et donc l’occasion de bien se plonger dans l’univers du groupe, c’est à dire un univers gothico-romantique. Les trois titres sont d’ailleurs en écoute sur la page myspace du groupe.

En plus tout cela, malgré que l’album soit une auto-production, le son est excellent ainsi que les arrangements. Bonne production en l’occurence pour un premier opus, ce qui n’est pas toujours le cas chez les jeunes groupes sans label. Un point positif.

C’est bien pour cela que j’attribue 17/20 à cet album. S’il y a bien un groupe de métal symphonique qu’il faut découvrir, c’est bien Shade of Streams. L’album ravira sans aucun doute les fans de symphonique à la Within Temptation, ou même Adrana (groupe de métal symphonique de Tours, qui est d’ailleurs excellent et qui avait partagé l’affiche avec Shade of Streams lors du concert précédemment cité).

Le fait est que le groupe se démarque par leur volonté de ne pas se transformer en groupe commercial, et de ne pas finir comme tous ces groupes (pourtant excellents) comme Nightwish ou même Within Temptation. En effet, leur musique n’est pas si facile d’accès. On peut être déstabilisés par le fait que le chant soit masculin, ce qui est de plus en plus rare avec la montée en puissance des groupes de symphonique à chant féminin, devenue presque une banalité. Déstabilisés aussi par la lourdeur des guitares sur certain passages : des riffs assez violents mais efficaces à la death metal (“Dead for her Love” par exemple). Et aussi déstabilisés par toutes ces subtilités que l’on ne découvre pas à la première écoute mais à la deuxième, quand on prête un peu plus d’attention aux jeux de guitares, de claviers, c’est à dire des bruitages en arrière plan, des effets d’accord qui donnent un rendu parfois étonnant et même des samples à certains moments…

Vraiment bon album, peut-être pas un chef d’œuvre, mais intéressant dans son originalité.

 

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