Mastic Scum : C T R L

Ξ décembre 10th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Industrial Death Metal, Thrash Metal |

Mastic Scum : C T R LMaggo Wenzel (Tristwood) et sa bande s’apprêtent de nouveau à faire des ravages en cette fin d’année 2013. Ces vétérans de l’extrême, bien ancrés dans la scène death metal autrichienne depuis le début des années 90, vont enfin donner un successeur au très remarqué « Dust » sorti en 2009. « CTRL » montre encore une fois un groupe très attaché aux titres d’albums de 4 lettres et prouve son orientation inDustrielle plus flagrante que jamais. En effet, « CTRL » évoque indéniablement le langage informatique et, en plus de cette pochette mécanique, on est sûr de se retrouver avec un concept futuriste. Bonne pioche. Mastic Scum nous propose sa propre vision de l’évolution technologique et du développement de la société – le besoin de contrôler et l’inévitable effondrement du système…

Ainsi, les Autrichiens décident de ne plus se contenter de leurs influences Napalm Death. Jusqu’à présent, ils nous avaient habitués à suivre leur traces en introduisant dans leur musique beaucoup plus d’éléments death metal et, avec le temps, quelques touches modernes (« Mind », « Dust »). Désormais, nous nous retrouvons davantage face à un mélange de Napalm Death et de Fear Factory, la faute à la présence plus conséquente d’éléments inDustriels. Cela se ressent facilement dans les titres puisque la plupart d’entre eux débutent avec des samples électroniques voire robotiques (« Controlled Collapse », « Dehumanized », « Cause and Effect »…). Cela propulse l’auditeur dans le monde des Autrichiens, d’autant plus que la batterie se dote d’un son plus mécanique : elle claque et sonne plus synthétique qu’à l’accoutumer. Les riffs aussi se dotent d’un côté très syncopé et déstructuré, à l’image de leurs influences américaines. On s’éloigne quelque peu du death/grind pour se diriger vers une forme de cyber death/grind…

Il faut croire que l’ombre du dernier « Dystopia and Disturbia » de Tristwood a plané sur le processus de composition de ce « CTRL ». Sans être ultra inDustriels ou inspirés par le black metal, les morceaux de cet album restent bien brutaux, portés par des blasts beats rouleaux compresseur, des riffs destructeurs comme des mitraillette et un chant incisif tantôt growl tantôt proche du cri porcin. C’est rapide, plutôt bien exécuté et souvent technique histoire de relever ce côté synthétique et inhumain (« Brute-Force-Method », « Hyper-Detection 2.0 »). Sans oublier le mixage très moderne de Tue Madsen (Illdisposed, Sick Of It All) qui accentue encore plus cette impression.

On aurait aimé que les samples aient un rôle plus important puisqu’ils ne servent qu’à démarrer les morceaux, sauf sur les très synthétiques et déstructurés « D1S3MB0D1M3NT », « The Vortex Within » et « Resurrection ». C’est mécanique à souhait et ponctué de quelques paroles distordues, à l’image de Fear Factory ou d’autres groupes de cyber metal comme Deus.Exe ou Hi-Tech

La prise de risque est louable et l’espèce de fusion Napalm Death/Fear Factory est réussie. Toutefois, malgré un début très brutal death et accrocheur et une fin toute aussi extrême et portée par l’indus, le milieu de l’album souffre de temps morts, ce qui nous fait un peu décrocher. Le petit côté polyrythmique peut légèrement agacer et la technique des riffs saccadés apporte quelques linéarités. Cette orientation musicale pourrait donc être intéressante pour certains, fâcheuse pour d’autres. Par conséquent, ce « CTRL » risquerait bien de diviser…

 

Children Of Bodom : Halo of Blood

Ξ juin 21st, 2013 | → 0 Comments | ∇ Melodic Black Metal, Thrash Metal |

Children Of Bodom : Halo of BloodIls en auront vécu des péripéties, les enfants de Bodom, entre des débuts très marqués par la mise en place d’un style atypique et quasi inclassable, quelque part entre metal mélodique, metal néo-classique et metal extrême, avec le trio « Something Wild », « Hatebreeder » et « Follow the Reaper » et une suite moins subtile et plus décevante – moins recherchée dira-t-on, avec le correct « Are You Dead Yet ? », le mauvais « Blooddrunk » et un album de reprises qui n’aura pas fait l’unanimité. « Relentless Reckless Forever » remontait un peu la barre mais souffrait de certaines longueurs, menant inéluctablement à la lassitude. Il fallait donc être rempli d’espoir pour croire au retour en grandes pompes des célèbres Finlandais.

Pourtant ce qui semblait presque impossible semble se réaliser avec l’arrivée du nouveau rejeton, deux ans après RRF. « Halo of Blood », moins attendu que jamais, renverse sans aucun doute la tendance. Avec sa pochette dans les tons de gris et blanc et sa faucheuse mélancolique sur un lac gelé, on nous emmène vers des contrées plus froides et hivernales, ce qui n’est pas sans rappeler l’ambiance d’ « Hatebreeder ». Pour le coup on peut dire que Children Of Bodom se détourne quelque peu de son orientation « moderne » pour se rapprocher de l’album vert. On ne parlera pas de retour aux sources pour autant vu que les Finlandais ne laissent pas de côtés les quelques riffs thrashy qu’ils avaient adopté durant leur évolution ainsi que ce côté trop propret. Mais la subtilité, les atmosphères prenantes, les soli inspirés et les influences diverses sont de retour avec une préférence pour la mélodie fine et non le côté rentre-dedans qui marquait davantage les opus précédents.

En cela, on ne sera pas étonné de retrouver des morceaux véloces typiques du quintet comme « Waste of Skin », « Bodom Blue Moon » ou l’excellent « Transference » où les riffs s’enchaînent ainsi que les soli du duo guitare/clavier. La rapidité fait partie de la marque de fabrique de Children Of Bodom mais ces derniers ne se contentent pas de se reposer sur leurs acquis. Au contraire, on n’aura pas, tout le long, droit à ce déluge ultra speed de riffs et de soli en tout genre puisqu’ils tentent d’apporter un peu plus d’innovation avec ce « Halo of Blood ». D’ailleurs, le titre éponyme le montre bien avec ce côté épique, ce tranchant et cette influence black flagrante : on croirait entendre du Dissection à la sauce Bodom. Le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est bel et bien le black metal mélodique la « star » de cet opus avec des morceaux bien plus marqués, renforçant cette atmosphère hivernale qui plane sur les dix chansons. « Dead Man’s Hand on You » est un autre exemple et montre une autre facette des Finlandais, qui savent aussi faire dans la douceur. Rien de très rapide, au contraire : c’est posé et très subtile, d’un côté la beauté des mélodies et le piano glacial, de l’autre l’incision des riffs et de la voix d’Alexi.

Il manque sans aucun doute la folie et la magie d’antan mais au moins, les Finlandais livrent un « Halo of Blood » qui remonte la pente et qui dépasse tout ce qu’ils ont pu sortir récemment. On retrouve plus d’efforts mais aussi une production signée Mikko Karmila, responsable d’ « Hatebreeder » ou « Follow the Reaper », une collaboration qui n’annonce que du bon. Même s’il ne s’agit pas d’un retour aux sources pur et dur, ce nouveau rejeton devrait certainement ravir les adorateurs d’ « Hatebreeder » et d’ « Hate Crew Deathroll ».

 

Dark Phantom : Beta

Ξ mai 14th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Thrash Metal |

Dark Phantom : BetaDark Phantom est le tout premier groupe de rock/metal de la province de Kirkouk, une partie de l’Irak dont l’histoire et la richesse remontent à la Mésopotamie. Lors de sa formation en 2007, le quintet désire réaliser ses rêves car pour lui, la musique est synonyme de vie. Il souhaite aussi officier dans un style de metal caractéristique de l’occident : le thrash metal, à l’instar de ses acolytes d’Acrassicauda, désormais aux Etats-Unis.

Toutefois, en 2007, la situation en Irak est très mauvaise, et il est impossible pour Dark Phantom de progresser. Pour sa survie, il se met en hibernation pendant un an, avant de reprendre ses activités en cachette : car se faire prendre en jouant cette musique, c’est risqué sa vie. Malgré l’oppression et les dangers, le groupe parvient à composer des morceaux, à survivre aux critiques acerbes et aux menaces, et même à faire un petit concert en 2010, en plein Kirkouk. Contre toute attente et malgré les lois anti metal, il arrive à jouer normalement, entouré d’une foule on ne peut plus adepte. Au vu du succès, Dark Phantom prend confiance en lui, se débrouille pour enregistrer son EP en 2012 et à le faire signer chez le label Suédois underground Salute Records.

Une belle prouesse pour ces Irakiens qui arrivent petit à petit à réaliser leur rêve. Voyons maintenant ce que nous réserve cette galette mise au monde par le courage et la persévérance. Dark Phantom officie principalement dans un thrash metal typiquement américain quelque part entre Metallica, Anthrax ou Slayer. Rien d’original pour le coup mais ce qui fait la différence chez Dark Phantom, c’est ce côté crade dans le son (vu les conditions, il ne faut pas s’attendre à du gros son), à cette voix hors du commun, dont le timbre apporte un petit plus mais dont les manières rappellent James Hetfield (« Treason »), et aussi à cette empreinte mélancolique et sombre mettant en avant les soucis récurrents en Irak.

Deux titres bien thrash metal remplissent cet EP à savoir « Treason » et « Stifle Me ». Les riffs de guitare manquent de profondeur mais ont leur touche thrash bien caractéristique, avec parfois ce côté saccadé, pendant que le chant d’Ehsan se voit accompagné de voix scandées. Ca bouge bien, c’est dynamique et catchy malgré le côté amateur. On n’oubliera toutefois pas de mentionner le côté oriental dans le solo de « Treason » rappelant Acrassicauda et bien d’autres. Si les groupes du Moyen-Orient tentent de s’expatrier en Occident, ils n’en oublient pas leurs origines pour autant et il est fréquent de retrouver cette petite patte dans certains riffs ou soli.

On retrouve aussi des ballades, comme le long « Ban on Me », mais aussi « Would You Be Here » au fort accent sombre et mélancolique, emmené par un piano et une voix expressifs, dont le message principal est l’espoir et la foi.

Même si de nombreux défauts sont présents, cet EP montre un groupe irakien à la fois rageur et sensible. Leur thrash ne manque pas de peps et leurs ballades ne nous laissent pas indifférents. C’est un grand encouragement qu’on leur donne, en espérant que leur situation s’améliorera.

 

Voight Kampff : More Human Than Human

Ξ octobre 3rd, 2012 | → 0 Comments | ∇ Thrash Metal |

Voight Kampff : More Human Than HumanEn général, quand on parle de thrash metal, on pense forcément aux Américains de Metallica, de Slayer ou d’Overkill, aux Allemands de Kreator ou de Sodom ou aux petits Suisses de Coroner. Toutefois, on pense beaucoup moins au thrash metal français, beaucoup plus discret et en manque de grandes figures. Même si on a Lyzanxia ou encore E-Force, on manque cruellement de représentants mais peut-être que la venue d’un groupe breton pourra renverser la tendance. Son nom ? Voight Kampff.

Ne vous fiez pas aux apparences. Les non connaisseurs verront un drôle de nom allemand sans réelle signification. Toutefois, si vous êtes un tant soit peu amateurs de Science Fiction, vous reconnaîtrez sans aucun doute la référence au roman de Philip K. Dick « Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques » et par conséquent au film de Ridley Scott « Blade Runner ». Il n’y pas de hasard ! Les Bretons ont fait de leur album « More Human Than Human » un concept album basé sur cette œuvre, « Voight Kampff » étant la méthode scientifique utilisée pour différencier un humain d’un répliquant (détecteur de mensonges). D’ores et déjà, le quintette promet de l’originalité, car on ne peut pas dire que les concepts sci fi aient beaucoup été utilisés par les groupes de thrash, hormis SYL ou Voivod par exemple.

Il faut dire que Voight Kampff l’assume jusqu’à la dernière seconde, son concept. De la pochette au nom des titres, du visuel aux paroles, de l’ambiance moderne aux interludes délivrant quelques samples du film « Blade Runner », tout y est, ce qui permet à l’auditeur de se prendre au jeu et de laisser bercer par l’identité du groupe. Ce dernier arrive à ne pas tomber dans la facilité. Il ne propose pas de plans électroniques, il ne robotise pas sa musique pour autant et ne l’inonde pas de bidouilles cybernétiques. Tout se base sur un thrash techniquement irréprochable à la Coroner, parradé de plans plus death metal à la Death, pour ne citer qu’eux. Même si l’introduction et la conclusion « Strange Obsessions » proposent quelque chose de très cyber, histoire de présenter l’opus, le reste ne s’y apparente pas, et l’arrivée de « Cityscape Horizon » est une bonne entrée en matière. Des riffs nerveux et énergiques, un rythme soutenu et une voix assez charismatique.

Malgré un côté direct, on ne peut pas dire que Voight Kampff fait dans la simplicité. Sans faire dans le progressif ou dans la technique à tout prix, les Bretons arrivent à créer un univers et à ponctuer leur morceaux de petits soli, de variations de chant et de rythme, et de mélodies entêtantes. « In the Name of God » offre un groove indéniable ainsi que des nappes de claviers hypnotiques sur un thrash insistant sur le tranchant des guitares et le côté nerveux des vocaux. Des morceaux comme « Fatalist » ou « World War Terminus » enfonce le clou avec de quoi headbanguer pendant de longues minutes, et ce, avec subtilité.

« More Human Than Human » est un album exquis, fidèle au livre et au film et justement bien dosé. Pas d’ennui ni de temps mort au sein des morceaux, tout passe comme une lettre à la poste. Bien que la forme ne soit pas si originale que ça (thrash/death entre Coroner et Death), le fond l’est davantage avec ce concept, cette tentative de reconstitution de l’histoire et du test au Voight Kampff et ce métissage dans le thrash metal. Une bonne symbiose et surtout un bon moyen musical de savoir si nous sommes humains…ou réplicants…

Album disponible en digipack à 6€ seulement à l’Asso RobotBleu!

 

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