Orphaned Land : Mabool – The Story of the Three Sons of Seven

Ξ mai 19th, 2009 | → 0 Comments | ∇ Death Folk, Oriental Metal |

Orphaned Land : Mabool - The Story of the Three Sons of SevenArmé d’un Death assez hargneux teinté de légers éléments folk, Orphaned Land avait fait la fierté de son pays d’origine et avait montré son talent indéniable en matière de compositions, de force, mais aussi d’agressivité. « Sahara » et « El Norra Alila » avaient été deux véritables bombes que beaucoup d’amateurs de death avaient réussi à s’emparer tant la puissance et la rage emplissaient irrémédiablement ces deux opus ci.

Et il aura fallu attendre 2004, huit ans exactement, pour qu’Orphaned Land revienne sur le devant de la scène israélienne avec, cette fois-ci, un concept album des plus intéressants et innovants, « Mabool – The Story of the Three Sons of Seven ». L’album prend pour thème la Bible et aussi le périple de Noe, racontant l’histoire de trois fils (un pour chaque religion monothéiste) qui essayent de prévenir l’humanité de la venue d’un déluge (« mabool » en hébreu) comme punition de leurs péchés. Un récit pacifiste, qui pour certain, peut être en contradiction avec la musique…

Pour mettre en musique un tel concept, Orphaned Land change en grande partie sa recette exceptionnelle pour d’ors et déjà intégrer au fil de leurs compos, des ambiances plus aériennes, une diversité plus accrue des instruments, mais aussi une pluralité étonnante des langues. Car là où un album comme « El Norra Alila » fondait ses bases sur un death ravageur, « Mabool » quant à lui, repose sur une mélodicité indéniable et une variété inexorable d’éléments folks qui plus est. Et c’est là qu’on se rend compte que le groupe a bien travaillé au fil de ces huit années : tous les morceaux sont emplis de claviers, percussions, sitars, flûtes orientales mais aussi chœurs, chants traditionnels et religieux, à l’instar de « Building the Ark » ou de l’introduction de « Ocean Land ». Six langues auront été utilisés (dont l’anglais, l’arabe, l’hébreu, le yéménite…) qu’on peut entendre dans « Birth of the Three », « Norra El Norra » ou même « A’salk » où la guest Shlomit Levi vient poser son timbre de voix si particulier et envoûtant.

Mais ne vous y méprenez pas, les éléments death sont tout de même présents à l’intérieur même des compositions même si la tendance semble s’être renversée, ci bien que « Mabool » devient dès lors l’antithèse de « Sahara » et de « El Norra Alila ». Le growl est étrangement moins puissant et caverneux mais le chant clair s’est davantage amélioré, de même pour l’alternance occasionnée. Les riffs, même si certains peuvent être ultra tranchants à la manière de « The Kiss of Babylon » ou l’éponyme « Mabool », sont moins empreints de cette flamme death qui brûlait ardemment dans les précédents opus.

En réalité, il s’avère que ce sont les parties progressives et aériennes qui parviennent à prendre le dessus. Les titres sont en effet beaucoup plus longs et dotés de nombreux breaks mélodiques et atmosphériques, offrant la possibilité aux instruments orientaux de se mettre en avant, mais aussi aux deux guitaristes de nous prouver leur talent en matière de technique, de mélodies et de solos. Impossible de ne pas évoquer ces deux génies qui ne lésinent pas une seule seconde sur la possibilité de coupler leurs guitares pour notre plus grand plaisir. Le résultat est pour le moins spectaculaire comme sur « Birth of the Three », mais l’exemple le plus fragrant reste « The Storm Still Rages Inside », suite d’un morceau du même nom dans « Sahara », qui cette fois ci nous gratifie d’un solo immense de près de cinq minutes en véritable fil conducteur, soutenu en début et en fin par le chant clair de Kobi Fahri. Autre exemple étonnant, le duo imparable sur « Mabool » entre guitares et…violoncelles, sous fond de tempête et de pluie. Et le joli « Rainbow » en fin d’album, instrumental mais si significatif de paix…

Enfin, outre tous ces éléments importants qui plus est au sein de la musique, les claviers ne sont évidemment pas à épargner, ci bien que même s’ils octroient aux chansons un fond d’ambiance des plus doux et chaleureux, ils n’en restent pas moins techniques sur le fameux « A Call To Awake », faisant irrémédiablement penser au duo de claviers de chez Dream Theater. Enfin niveau piano, le final de « Norra el Norra » est totalement déroutant…

Cependant, tout cet assemblage reste des plus périlleux. Car même si les morceaux sont très bien ficelés et moins « death », dans le fond, certains ont parfois tendance à se ressembler, notamment « The Kiss of Babylon » et « Halo Dies », construits de la même façon. Idem pour les deux instrus qui possèdent ce même ton de guitare.

Finalement, on comprend pourquoi Orphaned Land aura mis autant de temps pour nous concocter un bijou pareil. Les israéliens ont bel et bien réussi à nous faire voyager hors de nos contrées occidentales et à nous faire rêver. L’auditeur redécouvre le mythe du déluge grâce à ce « Mabool – The Story of the Three Sons of Seven », qui marque la transition du groupe vers quelque chose de plus posé, de moins agressif et plus aérien.

 

Sybreed : Antares

Ξ mai 19th, 2009 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Sybreed : AntaresCe second opus de Sybreed aura été étrangement attendu. Après la claque que le groupe suisse nous avait donné en nous offrant leur premier mais superbe opus Slave Design, pur chef d’oeuvre dans le genre Cyber Metal, il est normal de se demander si “Antares” nous donnera de nouveau une bonne baffe. Sera-t-il aussi jouissif? Rythme saccadé, vocaux hurlés, guitares déchaînées et ambiances apocalyptiques, asaisonnées de sonorités électroniques? Une écoute s’imposait pour avoir la réponse tant attendue…

Forcément, dès le premier titre, on s’attend à une ouverture intense comme celle de Slave Design avec le titre “Bioactive” : un déferlement de cris et de guitares, sur une atmosphère cataclysmique. On retrouve une partie de ces éléments, mais le tout reste pour le moins atténué. “Emma-0″ nous offre une intro aux riffs saccadés et un chant tantôt crié, tantôt clair (une alternance de vocaux magistralement organisée tant elle est faite sans grosse difficulté) et un refrain bien entraînant qu’on n’est pas prêts d’oublier avant un bon moment avec ce quasi répétitif “Let Me Hate You”.

Le reste de l’album se situe tout de même un niveau au-dessus de ce titre assez niais, bien plus rentre-dedans, mais surtout très mélodique et plus New Wave contrairement à Slave Design, qui se démarquait de l’indus et du metalcore habituel par son agressivité naturelle et son fort côté Cyber. Prenez un titre comme “Isolate”, “Neurodrive” et vous comprendrez. Les refrains sont pour la plupart en chant clair, les guitares sont moins violentes mais lancent tout de même d’excellentes offensives, accompagnées d’une batterie tonitruante à la double pédale omniprésente, et de claviers plus présents cette fois-ci, très froids et écrasant (la sublime fin de “Isolate” est un bon exemple).

Si vous voulez votre dose de rapidité et d’agressivité, c’est tout de même possible. “Permafrost” et “Dynamic” vous sont servis sur un plateau en argent. Les guitares sont tantôt tranchantes, tantôt saccadées et ne font décidément pas dans la dentelle, tandis que la batterie semble résonner dans votre propre intérieur tant elle est frappée. Les vocaux hurlés à n’en plus pouvoir vous donnent réellement envie de crier à votre tour et cette enveloppe électronique vous emmène d’autant plus profondément dans un abysse de violence et de chaos.

Décidément! Et il faut qu’en plus “Revive My Wounds” apporte une différence de rythme, commençant par quelque chose de très rapide pour arriver à une fin martiale, percutante, moins speed et surtout assez black par les claviers, qui ont le rôle principal.

L’album se finit de façon inespérée. “Ethernity” est le titre atmosphérique de l’album, planant à souhait et surtout très spatial, les claviers et tout l’attirail électronique au premier plan, mettant en avant le côté Cyber de la musique de Sybreed. Le refrain est d’une sensibilité étonnante, on est littéralement scotché jusqu’à la fin des neuf minutes, et ça passe décidément trop vite…

A noter : un changement au niveau de la basse, beaucoup plus audible et mise en avant, ce qui plus agréable je pense à l’écoute.

Vous l’aurez compris je pense, cet album est vraiment bon. Moins apocalyptique que le précédent opus mais tout aussi futuriste, cybernétique et froid. “Antares” est le nom d’une étoile lointaine, éclatante mais seule dans ce cosmos froid, comme l’album. Pourtant symbole de mort, seul le titre “Ethernity” apporte une rupture à cette mort, puisqu’il parle de Resurrection…on peut alors sortir vivant de cette écoute, mais pas indemne, Sybreed avec Antares nous a touché, nous touche, et continuera de nous toucher encore un long moment…

 

Samael : Above

Ξ mai 16th, 2009 | → 0 Comments | ∇ Non classé |

Samael : AboveSamael n’aura décidément pas perdu de temps pour nous sortir une nouvelle compo. En effet, un an et demi après Solar Soul, Above arrive dans les bacs.

Mais il faut tout de même noter un changement. Car Above n’est pas un album dans la continuité du précédent, ni même de Reign of Light. Above, c’est bien plus que ça. A la base, le nom devait être celui d’un groupe formé par les membres de Samael au complet. Quelque chose de différent, bien plus proche du Black Métal de leur début, où les musiciens devaient être masqués, histoire de ne pas les reconnaître. Puis finalement, le nom du groupe devint le nom de l’album et il fut enregistré sous le nom de Samael, le groupe n’ayant pas terminé leur “vrai” album et les fans étant de plus en plus impatients.

Alors, pourquoi vraiment l’intégrer à part entière dans la discographie de Samael?

Le groupe avait souvent remarqué qu’il manquait quelque chose entre leur deux albums Ceremony of Opposites et Passage. Le premier étant plus typé Black Metal et le second plus Electro. Pour eux, il y avait forcément un lien entre ces deux albums aux registres si différents, et ils s’étaient toujours reprochés de ne pas en avoir créé un. Finalement, le lien manquant, selon eux, c’est Above.

A la première écoute de Above, il est difficile de croire que cet album puisse réellement être le lien manquant. Bien trop rapide et tranchant comparé à Ceremony of Opposites, pas assez mélodique et incisif comparé à Passage, qui avait propulsé le groupe dans un univers électronique et cosmique.

Que dire d’un titre tel que Under One Flag, le titre qui vous propulse dans un univers de folie et débute l’album? Auriez-vous cru en achetant l’album que ça commencerait ainsi? Vous vous étiez attendus à quelque chose de plus chaleureux, un remake de Reign of Light, ou même, la digne continuité de Solar Soul? Râté. A vrai dire, l’intro est très révélatrice de l’album en lui-même: un moteur d’avion qui se met en route, et paf! Tout décolle, vitesse, saturation, riffs accrocheurs…et mélodie.

En effet, la première chose à noter sur cet album est la rapidité du rythme: les guitares sont extrêmements déjantées, limite saturées et rentre-dedans, mais un peu étouffées par la double pédale et grosse caisse d’une batterie plus vraie que nature, totalement déchaînée et frappée encore et encore à nous rendre complètement fou, même sur des titres plus calmes comme Dark Side ou Polygames. Une rapidité détonnant totalement avec la lenteur d’un Ceremony of Opposites, album qui se voulait presque étouffant. Ici, c’est un véritable rouleau compresseur qui s’abat sur vous. Et non, pas de l’électro, mais du Black.

Deuxième chose à noter, et un peu plus embétant j’avoue, la voix de Vorph. On était habitués à quelque chose de juste, posée, mélodieux mais à la fois incisif, sur Above cette fois-ci, le chant est bien tranchant comme sur Passage, bien agressif, mais saturée, plus dans les aigus, et surtout hurlé, un chant qui vous en met plein les oreilles mais peu mis en avant et surtout monocorde, ce qui, à écoute prolongée, peut s’avérer barbant (On the Top of it All ou même In There).

De plus, continuons avec le barbant, les titres sont trop répétitifs! Les intros se ressemblent étrangement (Black Hole; God Snake; Dark Side), c’est-à-dire un bon riff de guitare et un pincement de corde de basse, ainsi que les dernières secondes, se terminant de la même façon, ce qui donne parfois l’impression d’avoir déjà entendu un titre. Adeptes de nouveauté et d’originalité, passez votre chemin.

Que dire toutefois de titres tels qu’Illumination, Black Hole et Earth Country?

Ce sont des titres magistrales, les bombes de l’album. Beaucoup plus taillés “Samael“, ils ont réellement la faculté de transcender l’auditeur par leur puissance du début à la fin et notre envie d’en avoir plus! Les rythmes sont ultra-accrocheurs, très bien ficelés, la batterie, bien que tonitruante, a un jeu plus entraînant, plus groovy, les guitares sont écrasantes mais ô combien en accord avec cette batterie, le chant est crié mais toutefois mélodique tandis que les claviers, en arrière plan et peu mis en valeur, apportent un fond sonore des plus plaisants, mettant en avant le côté sombre de ces titres. Impossible de passer à côté, ce sont les meilleurs.

Un album potable en tout cas, bien Black, bien agressif, qui mérite tout de même un 13/20, ne délaissons pas l’imagination du groupe, son originalité et son envie de faire ce qui leur plait. Les fans de la première heure seront sûrement aux anges tandis que ceux qui avaient suivi Samael en cours de route, disons à partir d’Eternal ou même de Reign of Light trouveront difficile l’accès à cet album. Leur musique n’avait jamais été aussi Black. Alors du coup, est-ce que Above est bien un album “à part”, faisant figure de lien entre Ceremony of Opposites et Passage, ou est-ce le nouveau tournant du groupe vers quelque chose de plus agressif et sombre? Devons-nous dire adieu à la force novatrice d’albums tels que Solar Soul? L’avenir nous le dira.

Si vous portez votre attention sur l’artwork de l’album, vous remarquerez le côté Shaman du dessin: il s’agit du dieu serpent de la mythologie indienne, dieu que l’on retrouve bien évidemment avec le titre God’s Snake, qui introduit d’ailleurs cet être supérieur. L’image du serpent en elle-même est très révélatrice de l’album et le résume. Comme un serpent, l’album vous prend au cou avec rapidité, vous mord et ne vous lâche pas, du moins jusqu’à la fin des quarante cinq minutes. Survivrez-vous à la morsure?

 

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