Samael : Above

Ξ mai 16th, 2009 | → 0 Comments | ∇ Non classé |

Samael : AboveSamael n’aura décidément pas perdu de temps pour nous sortir une nouvelle compo. En effet, un an et demi après Solar Soul, Above arrive dans les bacs.

Mais il faut tout de même noter un changement. Car Above n’est pas un album dans la continuité du précédent, ni même de Reign of Light. Above, c’est bien plus que ça. A la base, le nom devait être celui d’un groupe formé par les membres de Samael au complet. Quelque chose de différent, bien plus proche du Black Métal de leur début, où les musiciens devaient être masqués, histoire de ne pas les reconnaître. Puis finalement, le nom du groupe devint le nom de l’album et il fut enregistré sous le nom de Samael, le groupe n’ayant pas terminé leur “vrai” album et les fans étant de plus en plus impatients.

Alors, pourquoi vraiment l’intégrer à part entière dans la discographie de Samael?

Le groupe avait souvent remarqué qu’il manquait quelque chose entre leur deux albums Ceremony of Opposites et Passage. Le premier étant plus typé Black Metal et le second plus Electro. Pour eux, il y avait forcément un lien entre ces deux albums aux registres si différents, et ils s’étaient toujours reprochés de ne pas en avoir créé un. Finalement, le lien manquant, selon eux, c’est Above.

A la première écoute de Above, il est difficile de croire que cet album puisse réellement être le lien manquant. Bien trop rapide et tranchant comparé à Ceremony of Opposites, pas assez mélodique et incisif comparé à Passage, qui avait propulsé le groupe dans un univers électronique et cosmique.

Que dire d’un titre tel que Under One Flag, le titre qui vous propulse dans un univers de folie et débute l’album? Auriez-vous cru en achetant l’album que ça commencerait ainsi? Vous vous étiez attendus à quelque chose de plus chaleureux, un remake de Reign of Light, ou même, la digne continuité de Solar Soul? Râté. A vrai dire, l’intro est très révélatrice de l’album en lui-même: un moteur d’avion qui se met en route, et paf! Tout décolle, vitesse, saturation, riffs accrocheurs…et mélodie.

En effet, la première chose à noter sur cet album est la rapidité du rythme: les guitares sont extrêmements déjantées, limite saturées et rentre-dedans, mais un peu étouffées par la double pédale et grosse caisse d’une batterie plus vraie que nature, totalement déchaînée et frappée encore et encore à nous rendre complètement fou, même sur des titres plus calmes comme Dark Side ou Polygames. Une rapidité détonnant totalement avec la lenteur d’un Ceremony of Opposites, album qui se voulait presque étouffant. Ici, c’est un véritable rouleau compresseur qui s’abat sur vous. Et non, pas de l’électro, mais du Black.

Deuxième chose à noter, et un peu plus embétant j’avoue, la voix de Vorph. On était habitués à quelque chose de juste, posée, mélodieux mais à la fois incisif, sur Above cette fois-ci, le chant est bien tranchant comme sur Passage, bien agressif, mais saturée, plus dans les aigus, et surtout hurlé, un chant qui vous en met plein les oreilles mais peu mis en avant et surtout monocorde, ce qui, à écoute prolongée, peut s’avérer barbant (On the Top of it All ou même In There).

De plus, continuons avec le barbant, les titres sont trop répétitifs! Les intros se ressemblent étrangement (Black Hole; God Snake; Dark Side), c’est-à-dire un bon riff de guitare et un pincement de corde de basse, ainsi que les dernières secondes, se terminant de la même façon, ce qui donne parfois l’impression d’avoir déjà entendu un titre. Adeptes de nouveauté et d’originalité, passez votre chemin.

Que dire toutefois de titres tels qu’Illumination, Black Hole et Earth Country?

Ce sont des titres magistrales, les bombes de l’album. Beaucoup plus taillés “Samael“, ils ont réellement la faculté de transcender l’auditeur par leur puissance du début à la fin et notre envie d’en avoir plus! Les rythmes sont ultra-accrocheurs, très bien ficelés, la batterie, bien que tonitruante, a un jeu plus entraînant, plus groovy, les guitares sont écrasantes mais ô combien en accord avec cette batterie, le chant est crié mais toutefois mélodique tandis que les claviers, en arrière plan et peu mis en valeur, apportent un fond sonore des plus plaisants, mettant en avant le côté sombre de ces titres. Impossible de passer à côté, ce sont les meilleurs.

Un album potable en tout cas, bien Black, bien agressif, qui mérite tout de même un 13/20, ne délaissons pas l’imagination du groupe, son originalité et son envie de faire ce qui leur plait. Les fans de la première heure seront sûrement aux anges tandis que ceux qui avaient suivi Samael en cours de route, disons à partir d’Eternal ou même de Reign of Light trouveront difficile l’accès à cet album. Leur musique n’avait jamais été aussi Black. Alors du coup, est-ce que Above est bien un album “à part”, faisant figure de lien entre Ceremony of Opposites et Passage, ou est-ce le nouveau tournant du groupe vers quelque chose de plus agressif et sombre? Devons-nous dire adieu à la force novatrice d’albums tels que Solar Soul? L’avenir nous le dira.

Si vous portez votre attention sur l’artwork de l’album, vous remarquerez le côté Shaman du dessin: il s’agit du dieu serpent de la mythologie indienne, dieu que l’on retrouve bien évidemment avec le titre God’s Snake, qui introduit d’ailleurs cet être supérieur. L’image du serpent en elle-même est très révélatrice de l’album et le résume. Comme un serpent, l’album vous prend au cou avec rapidité, vous mord et ne vous lâche pas, du moins jusqu’à la fin des quarante cinq minutes. Survivrez-vous à la morsure?

 

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