Voyager (AUS) : Univers

Ξ octobre 26th, 2009 | → 0 Comments | ∇ Melodic Metal |

Voyager (AUS) : UniversVoyager est un groupe Australien de métal mélodique à forte tendance heavy. Tout droit de venu de Peth, le quatuor sort en cette année 2007 leur deuxième album, « Univers », quatre ans avant leur tout premier opus nommé « Element V ».

La marque de fabrique de ce groupe, c’est avant tout l’omniprésence des claviers, apportant de nombreuses atmosphères planantes au fil de l’album, et ce, dû au chanteur/claviériste et leader du groupe, Daniel Estrin, affectionnant beaucoup cet instrument de musique, et parant même la pochette très spatiale de l’album de claviers, en haut et en bas. C’est un choix, il l’assume, et il faut le supporter.

Car tous les allergiques aux claviers ne pourrons supporter cet album. Ils créent l’album, lui donne son identité. Sans eux, tout serait dénaturé.

Car les riffs de guitares sont trop fades, rares et pas assez mis en avant, mais dans un titre tel que « Deep Weed », ils se veulent légèrement plus agressifs que d’ordinaire, ce qui apporte un petit plus, mais rien de cassant. Quelques solos cependant se démarquent et ressortent de certains titres tels que « What I Need » et « White Shadow ». Alors que la bassiste essaye tant bien que mal de sortir des sentiers battus et de varier ses lignes, en vain, le batteur, lui, ne semble pas trop diversifier son jeu et ne prend pas de risque. Le chant de Daniel Estrin est bien trop mielleux, clair, calme, et souvent exagéré, surtout dans « Falling » ou « One More Time ». Par contre dans « Pulse 04 », il daigne enfin faire preuve d’un peu plus d’originalité en criant, tout simplement, à la fin…quant aux claviers, ils sont plutôt bons, mais peut-être trop old-school, au niveau des sons, vieillots…tout de même, ils apportent en majorité, pas mal d’ambiance spatiale et futuriste, un point assez sympathique, mais il aurait fallu qu’ils soient légèrement moins sollicités…

Les deux titres ressortant le plus de cet album sont sans doute « Everwaiting » et « White Shadow », fort en atmosphères, prenants, dynamiques…tous les instruments ont vraiment leur place, ils ne sont pas utilisés au détriment des autres. Une homogénéité plus qu’intéressante, d’autant plus qu’on retient aisément les mélodies.

Alors que l’interlude « Between the Sheets », courte et dénuée de guitares, nous laisse sur notre faim, « Sober » est un véritable calvaire, une véritable torture pour nos oreilles…extrêmement calme, mielleux, doux, lent, fade, pop, vieillot, et bien cul-cul…et en plus, il s’agit du titre phare de l’album, car possédant son propre clip…

Enfin, les deux derniers soucis de l’album, c’est d’abord la linéarité. Les structures ont tendance à se ressembler ce qui dénue vraiment le tout d’originalité. Le deuxième souci c’est la lassitude. Au début, on trouve cet opus plutôt sympathique et entraînant, mais il faut croire qu’il n’est pas fait pour durer dans le temps. Au bout de plusieurs écoutes, on pense le contraire, on ne le trouve plus aussi bien, on se dit justement que c’est trop gentillet. Et le surplus de mélodies, même si elles sont très jolies, semblent un peu nous dégoûter.

Décevant au final, « Univers » n’est en fait pas très abouti, et les onze titres ne semblent pas passer aussi vite qu’on le voudrait. Dommage.

 

Bilocate : Sudden Death Syndrome

Ξ octobre 23rd, 2009 | → 0 Comments | ∇ Dark Metal, Oriental Metal |

Bilocate : Sudden Death SyndromeLes ténèbres orientales…un monde lointain, perdu, méconnu où les Jordaniens de Bilocate ont décidé de nous emmener. Sorti tout d’abord en 2008 en tant qu’autoproduction, le combo a su prendre avantage de son succès pour rééditer ce « Sudden Death Syndrome » en cette année 2010 sous le label Kolony Records. Qualité de production garantie mais aussi recensement intéressant pour ce groupe en devenir, qui avait tout juste commencé à se faire remarquer en 2005 avec la sortie de leur premier bébé, « Dysphoria »…

Je dois bien vous avouer qu’à sa sortie j’avais sous estimé cet album, traitant du syndrome de la mort subite, représenté à travers plusieurs situation, notamment la combustion spontanée, la mer morte, etc. J’avais trouvé en ce « Sudden Death Syndrome » un opus particulièrement bien foutu mais pas à la hauteur pour finir dans mes albums fétiches d’oriental metal. Et le temps m’aura bien prouvé le contraire.

Bien des mois après les premières écoutes, les premières appréhensions, les premières émotions, il faut dire que cette œuvre en laisse de nouvelles derrière elle, même avec une bonne dose de recul. Car il faut le dire tout de suite, « Sudden Death Syndrome » se laisse véritablement apprécier avec le temps…quelque chose qu’il ne faut donc pas prendre à la légère.

Il s’agit en tout cas d’une pièce maitresse dans le monde du metal oriental jordanien, Bilocate étant le groupe principal du coin. Les deux frangins et leurs amis officient dans un dark metal oriental aux relents death et parfois symphoniques, en incorporant bien évidemment des sonorités arabisantes, présentes aussi bien dans les riffs, les claviers que les instruments traditionnels. Une originalité changeant du metal « classique », et donnant plus d’esthétisme et de matière aux compostions.

Car Bilocate ne fait pas dans la finesse, ni dans le minimalisme. Il est très intéressant et surtout impressionnant de voir à quel point l’album est riche, savoureux, touchant, mélodieux tout en gardant cette partie bien sombre qui fait sa marque de fabrique.

Pendant cinquante deux minutes, le combo nous embarque dans des contrées lointaines et obscures, où règne une inquiétude impalpable, paradée par un fond des plus atmosphériques. L’intro instrumentale est le morceau idéal pour commencer l’immersion. Mystérieux, froid, sombre, les percussions et guitares orientales nous laissent quelques mélodies étranges, perdues, avant de nous laisser sombrer dans les méandres d’un monde pour le moins terrible : « Blood Forests ».

Ce titre est la pièce maîtresse de l’album et sans doute la plus riche et complexe. Progressif à souhait, long de près de dix sept minutes, « Blood Forests » met en valeur le talent de composition de Bilocate, en alternant les passages agressifs et calmes, frôlant la lenteur excessive, le désespoir incommensurable, la douleur, et les symphonies grandiloquentes. Les changements de rythme domine donc à mesure que le chanteur nous growle des paroles d’une voix on ne peut plus grave et lamentée. Les riffs et solos peuvent aussi bien être tranchants, plaintifs, mélodieux, saccadés et touchants. On peut dire qu’on à faire ici à une excellente mixture de dark/death/doom/symphonique…tout en gardant ces sons orientaux et terriblement immersifs…

Mais ce n’est pas fini. Cinq autres titres suivent ce morceau sublime, cinq morceaux rimant avec puissance, agressivité, mais aussi finesse et richesse. On remarquera l’apport considérable des claviers nous donnant des chœurs grandioses et une sorte de symphonie discrète à l’orientale à mesure que des notes de piano s’envolent comme sur « The Dead Sea ». Les solos sont souvent arabisants mais gardent cet aspect dark prédominant tout le long de ce « Sudden Death Syndrome ». Le chant caverneux n’est que l’élément de plus enfonçant l’auditeur dans un océan noir, infini…

On peut tout aussi bien tomber sur des morceaux plus lents et d’autant plus touchants, à la manière de « Ebtehal » qui joue énormément sur les sonorités. Les guitares sont d’autant plus mises en avant sur ce morceau, déjà lors de la longue intro, sorte de balade en acoustique, mais aussi en milieu de titre, lors d’un break dark et passionné, orientales cette fois-ci et surtout très ténébreuses. La fin du morceau mise sur une agressivité impalpable soutenue par une puissance terrifiante des claviers en arrière plan et un chant pour le moins poussé à son paroxysme…

« Pure Wicked Sins » est sans doute le morceau doom par excellence, la lenteur étant de rigueur, les vocaux étant cette fois ci les pièces dominantes car alternés chant rocailleux/chant clair, le seul endroit où on pourra entendre une aussi grande palette d’éléments vocaux, tous plus ou moins poussés à l’extrême. Du haut de ses quelques six minutes vingt, l’ambiance se veut réellement oppressante, froide et mélancolique, à mesure que le piano, en fil conducteur, nous concocte des notes des plus sombres et prenantes.

L’album se termine tel qu’il a commencé, par une outro instrumentale orientale et dark, dotée d’instruments traditionnels. Mais on devra se contenter de cela, ou peut-être remettre le disque une nouvelle fois et s’immerger de nouveau. « Sudden Death Syndrom », par son aspect simple, se veut donc bien plus riche qu’il en a l’air, surtout avec un nombre conséquent d’écoutes. Car Bilocate signe ici un chef d’œuvre en matière de dark oriental metal, aux ambiances et genre tous aussi variés que les mélodies….

 

Shade Of Streams : Shade of Streams

Ξ octobre 22nd, 2009 | → 0 Comments | ∇ Symphonic |

Shade Of Streams : Shade of StreamsPremier EP d’un jeune groupe Français venant de Chinon.

Cet EP, portant le même nom que le groupe, j’ai pu le découvrir en allant voir le groupe à un concert datant du 27 juin 2009, à Ballan Miré. Bonne occasion pour découvrir un groupe en herbe.

Shade of Streams officie dans un métal symphonique, mélodique et aux consonnances gothiques.

Sur l’album du même nom, le groupe nous propose trois titres, dans la même veine. Des titres qui s’emboîtent parfaitement : rythme soutenu, excellents riffs, superbes mélodies. Le chant clair de Paul Mickael Caban (un des trois frères Caban!) est bien maîtrisé, mélodique à souhait et surtout d’une justesse épatante, gutturale par moment (“Vengeance” par exemple, en plein milieu du titre). Le guitariste, Genguiz Gokaltay, tente des petites fantaisies avec sa guitare, ce qui donne un rendu plutôt sympa. Le batteur et le bassiste semblent être en fusion tant ils se suivent à merveille. Quand aux claviers, les lignes donnent une bonne dose d’émotion et une ambiance épique (“Sweet Temptation” par exemple). Ajoutez à cela des passages atmosphériques efficaces lors de petits breaks.

En gros, pas de quoi s’ennuyer, surtout avec trois titres, ce qui peut être un avantage : peu de titre, donc un album court, et donc l’occasion de bien se plonger dans l’univers du groupe, c’est à dire un univers gothico-romantique. Les trois titres sont d’ailleurs en écoute sur la page myspace du groupe.

En plus tout cela, malgré que l’album soit une auto-production, le son est excellent ainsi que les arrangements. Bonne production en l’occurence pour un premier opus, ce qui n’est pas toujours le cas chez les jeunes groupes sans label. Un point positif.

C’est bien pour cela que j’attribue 17/20 à cet album. S’il y a bien un groupe de métal symphonique qu’il faut découvrir, c’est bien Shade of Streams. L’album ravira sans aucun doute les fans de symphonique à la Within Temptation, ou même Adrana (groupe de métal symphonique de Tours, qui est d’ailleurs excellent et qui avait partagé l’affiche avec Shade of Streams lors du concert précédemment cité).

Le fait est que le groupe se démarque par leur volonté de ne pas se transformer en groupe commercial, et de ne pas finir comme tous ces groupes (pourtant excellents) comme Nightwish ou même Within Temptation. En effet, leur musique n’est pas si facile d’accès. On peut être déstabilisés par le fait que le chant soit masculin, ce qui est de plus en plus rare avec la montée en puissance des groupes de symphonique à chant féminin, devenue presque une banalité. Déstabilisés aussi par la lourdeur des guitares sur certain passages : des riffs assez violents mais efficaces à la death metal (“Dead for her Love” par exemple). Et aussi déstabilisés par toutes ces subtilités que l’on ne découvre pas à la première écoute mais à la deuxième, quand on prête un peu plus d’attention aux jeux de guitares, de claviers, c’est à dire des bruitages en arrière plan, des effets d’accord qui donnent un rendu parfois étonnant et même des samples à certains moments…

Vraiment bon album, peut-être pas un chef d’œuvre, mais intéressant dans son originalité.

 

Chthonic : Mirror of Retribution

Ξ octobre 13th, 2009 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Chthonic : Mirror of RetributionChthonic, c’est la perle Taiwanaise en matière de black symphonique. Depuis sa création en 1995, les musiciens ont eu l’audace de pousser plus loin les limites du black en intégrant non seulement des arrangements symphoniques mais aussi des instruments traditionnels, et en particulier le erhu, petit violon asiatique au son si caractéristique. Les albums se sont succédés, du « 9th Empyrean » au désormais fameux « Seediq Bale », très influencé par Emperor et réédité en de nombreuses versions. C’est pourtant avec ce « Mirror of Retribution » que Chthonic s’est davantage fait connaître en Europe grâce à sa signature chez Spinefarm Records. En effet le groupe manquait de médiatisation et ceci a eu vite fait d’être corrigée. L’opus en question est la digne continuité de « Seediq Bale », deuxième partie d’un concept centré sur le passé noir de Taïwan.

Chthonic continue sur sa lancée avec un black symphonique très rapide et bien agressif. Pas de répit au sein de cet opus qui s’avère très sombre, en adéquation avec les thématiques apportées par les Taïwanais. Le duo introducteur « Autoscopy » et « Blooming Blades » mettent bien dans le bain, l’un avec son ambiance résolument noire et inquiétante, l’autre par sa brutalité et la vélocité de ses riffs. Freddy n’a pas perdu son chant black torturé et très porté dans les aigus, à la Dani Filth, ce pourquoi il est surtout connu. Peut-être plus flagrant sur « Hearts Condemned » ou « Sing Ling Temple », un titre plus varié dans son ensemble, tant dans les sonorités que dans les styles. En effet, Chthonic adopte plus d’éléments death contrairement à ces derniers opus, si bien que le chant arrive à s’apparenter à un growl et les riffs détiennent ce groove caractéristique.

Chthonic se focalise aussi davantage sur l’harmonie basse/guitare/chant que sur l’apport de claviers et de ce fait, d’éléments symphoniques. Ce ne sont pas ceux là qui priment, si ce n’est sur « The Aroused », plus proche de ce qu’on avait attendu venant d’eux, ou « 1947 », une instrumentale dotée de violons mélancoliques et quasi impériaux. Toutefois, le combo ne perd pas de vue ses origines, avec un « Rise of the Shadows » à la très forte emprunte black symphonique, le tout mélangé au folklore du pays. Sans oublier un « Spell of Setting Sun » maladif et torturé, emmené par des guitares tantôt furieuses, tantôt quasi acoustiques.

« Mirror of Retribution » est un opus qui permet à Chthonic de diversifier son jeu, se permettant d’intégrer plus d’influences que ce soit dans les riffs que dans les claviers. La production est meilleure si bien que les différentes sonorités se situent davantage dans les graves que dans les aigus, ce qui permet une meilleure écoute. Dans tous les cas, Chthonic continue de prouver qu’il est le maître asiatique en matière de black symphonique, et ce, depuis ses débuts.

 

Samael : Eternal

Ξ octobre 9th, 2009 | → 0 Comments | ∇ Black Electro |

Samael : Eternal

Ecoutez ICI

J’ai découvert cet album en 2005, et par la même occasion, le groupe. En réalité j’avais lu dans une chronique que c’était du soi-disant ‘metal cosmique’, une appellation que l’on retrouve rarement, mais qui pourtant sert à qualifier certains styles de metal.

Il y a pourtant quelque chose d’exceptionnel qui se dégage de cet album. Rien à voir avec le black que les suisses ont l’habitude de nous offrir. Rien à voir avec une atmosphère malsaine, avec quelque chose de sombre. On se retrouve avec un album froid, atmosphérique et très électronique.

Froid par les claviers, présents sur chaque titre. Froid parce qu’en effet, on est bien plongé dans un autre univers, quelque chose de futuriste, comme si on était installé sur une station orbitale, dans l’espace (“I”, “Nautilus and Zeppelin”). Froid parce que les titres sont courts, et que le chant plus modulé que jamais, mais bien agressif, semble nous refroidir et nous raidir sur place rien qu’à l’écoute ; les guitares, pratiquement au même plan que les claviers, jouent avec cette voix, jouent avec ces claviers, lancent des offensives et chantent (“Us”, “Ways”).

Quand je dis ‘froid’, je ne veux pas dire que c’est dénué d’émotions. C’est tout le contraire. Par cette froideur il se dégage un sentiment inexplicable, quelque chose qui nous attrape le cœur et nous empêche de réfléchir, quelque chose qui malgré tout, nous rend heureux, jusqu’à la fin de l’album.

Atmosphérique au niveau de titres tels que “Year Zero“, “Together”, ou “Infra Galaxia”. Planant à souhait, peaufiné à l’extrême, le chant de Vorph, comme une complainte, est superbement en accord avec les guitares, lentes et calmes, et les synthés, qui nous sortent des sons pour le moins très électroniques (à noter que le groupe n’a pas les mêmes claviers que pour Passage, le précédent album). De cette ambiance planante se dégage aussi quelque chose de lourd, quelque chose d’oppressant. On est pourtant emporté par les titres, mais quelque chose nous met la boule au ventre, on est pressé, tout en ne l’étant pas, que les titres se terminent.

Électronique sur tout l’album. Il faut aimer les samples électroniques, les claviers omniprésents … en gros il faut aimer les ambiances cosmiques sinon vous allez forcément trouver que ça cloche. Tous les titres sont électroniques, certains plus que d’autres comme “I” ou “Supra Karma“, où les claviers chantent à tue-tête et nous entraînent, où la boîte à rythme, plus présente que jamais, nous convie à headbanger un bon coup. D’ailleurs, le titre “Ways”, par son côté spatial, aurait pu se trouver sur la BO d’un film de Science-Fiction tant il est…electro. On n’entend pratiquement pas les guitares, en réalité elles sont comme effacées, ce sont les claviers et la boîte à rythme qui prennent le dessus, et la voix y est pratiquement étouffée au niveau du refrain.

J’allais oublier de mentionner les deux points d’interrogation de l’album. Les deux derniers titres “Being” et “Radiant Star” ont une ambiance bien différente. Ces deux titres se différencient du reste de l’album par leur rapidité : guitares agressives, chant tranchant, claviers peu présents. Des morceaux qui pourraient plaire aux premiers fans de Samael.

Pour ma part, Eternal est le ‘bond’ en avant dans la carrière de Samael. L’album précurseur avec Passage. Je dirais même l’album de la consécration. Samael n’aura jamais fait autant d’électronique que sur cet album-ci. Il marque le tournant de leur musique. Du black indus, électronique, quelque chose de bien différent de leurs premières compos. Un régal.

19/20

 

Filter : Remixes for the Damned

Ξ octobre 1st, 2009 | → 0 Comments | ∇ Alternative, Non classé |

Filter : Remixes for the DamnedLa première question que je me suis posée à propos de ce CD a été “Quoi, des remix?”

Car en effet, “Remixes for the Damned” n’est autre que le jumeau d’”Anthems for the Damned” remixé, sorti peu de temps après.

Étrange. Pourquoi sortir des remixes?

Je m’attendais quand même à quelque chose de metal, des titres modifiés mais au moins restant dans le même univers.

Mais pas du tout et justement, c’est là où ça ne va pas.

Les remixes sont tous remplis de samples électroniques, parfois limites techno. Alors vu que déjà j’étais allergique à ce style de musique, cet album m’a carrément dégoutée.

En fait je ne vois vraiment pas l’utilité de sortir cet album. Pourquoi changer des titres metal/rock très sympathiques en titres electro, réberbatifs, où la voix du chanteur Richard Patrick est trafiqué en des combines électroniques, voix limite saturée, aux paroles incompréhensibles par tout ce remu ménage qu’est la musique en fond ? Ajoutons à tout cela cette batterie casse oreille et tonitruante, ce Poum Poum incessant dans certains titres, des sons electro remplaçant les lignes de guitares électriques et les petits bruitages que faisaient celles-ci dans des titres que “Soldiers of Misfortune” ou “Kill the Day”. Bon les rythmes sont rapides, ok, mais quand même…voir des titres en plusieurs exemplaires (“Kill the Day”, “What’s Next”) trafiqués de différentes manières…ça rend pas…si on veut faire ça bien, on reprend tout l’album du début à la fin sans doublon mais bon ce n’est pas le cas et ça ne le sera jamais…c’est donc d’une linéarité et d’un gavage consternant…

Ah et oui, pour couronner le tout, les titres sont encore plus longs que les originaux…et là on se dit “qu’a-t-on fait pour mériter ça!!”

De plus, encore une pochette moche, on remarquera que celle-ci est le reflet de celle de “Anthems for the Damned” version rougeâtre, avec le casque et le fusil. Fallait pas s’attendre à un chef d’œuvre, certes, mais je n’y trouve pas trop d’originalité pour autant…

LA question : pourquoi ? Pour ramener plus de monde? Faire apprécier leur musique aux amateurs d’électro/techno ? Oui c’est ça, et Richard Patrick, chanteur, guitariste, parolier et compositeur de Filter ne s’en est pas caché. Non seulement il voulait faire “autre chose” que ce qu’il a l’habitude de faire, sortir un peu des sentiers battus, collaborer avec d’autres artistes, mais en plus il désirait viser un public plus large.

Une grosse déception pour Filter, après un “Anthems for the Damned“, album potable mais trop rock à mon goût. “Remixes for the Damned” n’en reste pas moins un album electro, loin de la magie créative de certains albums du combo tels que “Title of Record“. On est vraiment à milles lieux des mélodies enivrantes et des morceaux prenants et plein d’émotions, sur un fond rageur et des vocaux hargneux…

 

Filter : The Very Best Things

Ξ octobre 1st, 2009 | → 0 Comments | ∇ Alternative |

Filter : The Very Best ThingsIls sont malins ces américains…

Ils s’absentent pendant sept ans et font patienter leurs fans…

Ils reviennent et sortent, non pas un album mais deux, « Anthems for the Damned » au son lisse, plus typé rock et « Remixes for the Damned », les remixes version électro/techno de l’album précédent…

Et là, une compilation, « The Very Best Things ». Pour se faire de la pub ? Récupérer des fans ? Faire découvrir leur musique ?

Certainement tout ça à la fois.

Car la planète Filter après un brute changement de line up et la cure de désintox du chanteur Richard Patrick s’est un peu cassée la gueule. Où sont les titres hargneux, terribles, atmosphériques et lourds ? Où sont les tubes tels que « Hey Man Nice Shot » ou « Welcome to the Fold » ? On n’en retrouve plus, comme si l’inspiration et l’audace s’étaient envolées au profit d’une musique plus commerciale et résolument plus accessible.

Même si à la base, Filter est un clone plus facile d’accès de Nine Inch Nails (dont Richard Patrick fut le guitariste), il n’en reste pas moins un bon groupe ayant osé faire des titres sortant de l’ordinaire, qu’importe les critiques et les scandales (l’album « Short Bus » ayant été virulemment attaqué à cause d’un titre soit disant en rapport avec la mort de Kurt Cobain de Nirvana).

Outre ces quelques déboires, et tous ces albums passés, Filter sort enfin la compilation, le CD censé regrouper, on s’en doute, les meilleurs titres, les plus représentatifs de leur opus…

Sauf que j’en doute réellement…

J’ai la vague impression que Filter veut plus se faire reconnaître comme une identité rock et non métal. Pourquoi je dis ça ? Un tour dans la tracklist s’impose.

Que voyons-nous ? Une bonne moitié de l’album si ce n’est plus est composée de titres bien calmes voire acoustiques. Pourtant les racines de Filter se situent bien dans le métal et non dans le rock acoustique plutôt gentillet. A la vue de titres tels que « Take a Picture », « Where Do We Go from Here », « One », « The Only Way » et j’en passe, il y a de quoi se poser des questions. Cette compilation est-elle faite pour endormir l’auditeur ? Est-elle faite pour initier les amoureux de Filter à l’acoustique ? Est-elle faite pour ramener des auditeurs hors métal ? Il y a de quoi se poser des questions. Je ne dis pas que ce sont de mauvais titres, au contraire. Ceux que j’ai cité sont extrêmement calmes et jolis, il faut le dire, les grattes acoustiques étant mises en valeur, les mélodies s’envolent, le chant aérien de Richard Patrick est très modulé et impeccable, partant dans les aigus sans soucis. Mais ces chansons sont surtout construites de la même manière, à tel point que certains passages des uns ressemblent aux passages des autres. Alors les insérer ensemble dans cette compilation, je trouve ça un poil exagéré.

A part ça, on retrouve les titres qui auront bien marqué les opus précédents, c’est-à-dire « Hey Man Nice Shot », le titre scandaleux justement, où la basse claire et charismatique de Frank Cavanagh est mise en valeur ; « Welcome to the Fold », totalement hargneux aux couplets, agressifs à souhait avec ces guitares tranchantes et le chant crié, mais absolument mélodieux et atmosphérique aux refrains, percussions en arrière plan, chant aérien et posé ; « The Best Things », dans une veine indus avec la boîte à rythme et les samples, et un jeu d’accord et de bémols irréprochable pendant les refrains créées par des guitares et une basse en parfaite osmose.

A cela s’ajoute bien évidemment des titres hors albums, comme « One », créé spécialement pour le premier film X-Files, calme lui aussi et mystérieux, ou même « Jurassitol » pour le film Spawn, plus tranchant mais pas du tout transcendant.

C’est bête que « You Walk Away », le meilleur titre et le plus métal de l’album « The Amalgamut » ne se soit pas retrouvé dans la compilation, cet album-ci n’étant vraiment pas à l’honneur je trouve. Mais bon. On ne va pas leur demander la lune, surtout depuis plusieurs années. Tout semble avoir basculé, tout semble avoir perdu de son éclat. Filter semble ne plus être le même, comme si son âme avait disparu. Quoique ! Le dernier titre de la compilation est un inédit. Comme quoi !

Hormis cette pochette ridicule (encore une fois…), « The Very Best Things » reste une compilation plutôt moyenne et assez dispensable car n’étant pas révélatrice du groupe en question. Dommage ! On se serait attendu à mieux, mais l’envie de vendre plus, et cette soif d’argent semblent aveugler de plus en plus les combos.

 

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