Samael : Reign of Light

Ξ novembre 28th, 2009 | → 0 Comments | ∇ Black Electro |

Samael : Reign of Light

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Il aura fallu 5 années à Samael pour sortir Reign of Light après un Eternal magnifique, confirmant le Passage du groupe vers un style plus électro, qui s’était effectué avec leur album monument dénommé Passage. 5 années dans lesquelles le groupe avait préféré faire un break et faire vivre leur dernier album, après beaucoup de tournées dans toute l’Europe, le départ de leur second guitariste Kaos, et quelques déboires avec leur label du moment, Century Media.

Les petits soucis réglés, Samael revient donc sur le devant de la scène avec un album tout neuf, signé chez Bargain Records ; un nouveau guitariste, Makro, tout droit venu de Fourth Reich, groupe dans lequel il avait joué avec le bassiste Mas de Samael, et surtout, un nouvel univers.

Il a toujours été intéressant de voir l’évolution du groupe à travers les albums, passant d’un Black Metal bien cru avec Blood Ritual à quelque chose de plus dark et électro sur Passage, pour enfin arriver à Reign of Light. Et avec cet album, le Règne de la Lumière a commencé! On ne sera pas étonnés par l’allure de la pochette. Samael, depuis leur album Passage, nous offre des merveilles de pochettes, très spatiales: si ce n’est pas une lune, la vue de la planète Terre (Exodus), une croix dans l’espace (Eternal), c’est une éclipse de soleil, apportant donc pour une fois un côté lumineux, ce qui nous amène à nous demander si cette luminosité se faire ressentir dans les compos.

Eh bien, la vérité est qu’on se retrouve décidément très loin des origines de Samael. Cet album, dans toute sa splendeur, n’est pas sombre, ni haineux, et ne possède pas cette idéologie sataniste que le groupe avait à leur début. Reign of Light détient tout une partie philosophique, concernant la recherche de soi et la remise en question de soi-même, sur “Telepath” par exemple, ainsi qu’une partie humaniste, bien présente sur le titre “On Earth“.

Quant à la musique, le groupe nous embarque dans une ambiance orientale et très chaleureuse, reprenant de-ci de-là les éléments clés retrouvés dans Eternal et Passage, à savoir la fameuse boîte à rythme et les claviers, qui apportent une pâte particulière au groupe.

Il est en effet sûr que Samael ait été influencé par des ambiances arabisantes et même hindoues, en intégrant dans leurs compositions des percussions, des chants féminins arabes, et même un sitar, engageant le musicien Sami pour le coup. On peut donc retrouver cette touche en particulier avec les titres “Moongate”, “Heliopolis” et “High Above“, mais “Moongate” est l’exemple type: percussions et sitar pendant l’intro, et tout démarre, mélange sublime de tous les instruments, claviers, guitares et basse avec ces éléments là. Rendu plutôt impressionnant, apportant quelque chose de résolument exotique, chaleureux et innovant.

Outre ces ambiances arabisantes, l’album est aussi tourné vers quelque chose d’assez atmosphérique, pour notre plus grand plaisir. Des breaks ultra planants, apportés grâce aux claviers, très puissants, et aux jeux de guitares, nous permettent de nous retrouver dans une autre dimension et de passer d’une ambiance à l’autre avec aisance, sans brutalité mais mélodicité, ce qui nous rappelle l’album précédent Eternal, les piliers atmosphériques de Reign of Light étant “Oriental Dawn“, “Further”, et le sublimissime “Door of Celestial Peace”. Ce titre détient la faculté de nous laisser sur place après son écoute, vu qu’il clôt l’album. Il est extrêmement planant, et encore le mot est faible. Les guitares sont littéralement en communion, faisant même un duo en plein milieu, les claviers en arrière plan nous font vibrer avec des sons symphoniques, et le chant est très calme et posé: au final, notre âme est empli d’un sentiment inexplicable. On en veut encore. « High Above » encore, outre la mélodie arabisante, s’ouvre avec un bon coup de basse, et Vorph nous chuchote quelques phrases d’une façon plus qu’intime : c’est comme s’il se situait tout près de nous, prêt à nous confier ses secrets, tandis que les claviers imitent le souffle du vent.

Nous pouvons retrouver une nouvelle pointe d’originalité grâce à la présence de voix saturées et de claviers ultra-arabisants dans les titres “Inch’ Allah” et “Telepath“, deux titres qu’on a pu retrouver dans le single sorti avant la sortie de Reign of Light. Ce type de voix n’avait jamais eu sa place dans les compos de Samael, hors ici, ça fait réellement mouche, car ça accompagne le rythme rapide et soutenu de ces titres. A dire vrai, c’est ce type de voix qui apporte le côté agressif, et non la musique, qui reste très mélodique, les guitares restant calmes et timides.

Toujours à propos du chant, qui est impeccable et bien juste, et même souvent saccadé, il faut noter que Vorph s’essaie à un son quelque peu déplaisant, une sorte de raclement de gorge, limite semblable à un chien qui aboie, étrange, mais de mon côté ça ne passe pas trop. Le fait est que le chanteur ait pris cette (mauvaise) habitude, et par conséquent, on peut retrouver dans à peu près chaque titre ce type de raclement, en l’occurrence dans le titre éponyme, « Reign of Light » : pas le meilleur morceau de l’album, plutôt fade à mon goût et bien trop électronique, les guitares sont quelques peu noyées par ce surplus de synthés. Bien qu’entraînant, l’émotion n’est pas au rendez-vous.

Dernière nouveauté chez Samael avec le titre « As the Sun » : une bonne rythmique, mais un style plus Rap, au niveau du chant, mais aussi des arrangements musicaux et des samples, trop omniprésents, ce qui donne un effet assez scratchy, peu agréable.

On ne va pas se plaindre, deux titres bancals pour quarante-cinq minutes, c’est tout de même raisonnable. L’album est très bon, il nous rend heureux à la fin de l’écoute, ce qui est une bonne chose. En plus, il n’est pas du tout répétitif, et c’est ce qui est plaisant quand on écoute un album de Samael. Chaque titre est différent et suit une continuité. Aucune impression de déjà vu, ce qui est parfait.

Il est dans votre devoir d’écouter l’album, même si les fans de la première heure y retrouveront quelque chose de trop lumineux et mélodique. Mais le règne de la lumière est arrivé, on est bien loin du Blood Ritual, le rituel sanglant des débuts. Plongez-vous donc dans un univers chaleureux et exotique, vous ne serez pas déçus.

17/20

 

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