Within Temptation : An Acoustic Night at the Theatre

Ξ décembre 27th, 2009 | → 0 Comments | ∇ Symphonic |

Within Temptation : An Acoustic Night at the TheatreRien n’arrête Within Temptation. Quatorze ans de présence, quatre albums studios, beaucoup d’EP et de singles, de compilations, de live…beaucoup trop. Le groupe semble nous écoeurer à sortir année après année d’innombrables versions de leurs compositions, qui elles-mêmes, deviennent de plus en plus commerciales avec le temps. Quand retrouverons-nous le groupe à son summum avec Mother Earth?

Within Temptation, cette année, décide de se faire plaisir et de gâter leur fans en sortant un an après leur magnifique live symphonique “Black Symphony“, un live acoustique nommé “An Acoustic Night at the Theatre“. Un live, une fois de plus. Pour ne pas sombrer dans l’indigestion, on nous propose une version acoustique, ré-arrangée de leur compositions. Ah, tiens. Et qu’est-ce censé nous apporter? Un changement radical, certes, mais une nouvelle descente dans la transformation du groupe en une entité de plus en plus commerciale.

Alors on se demande bien quels peuvent être les titres repris. Un petit tour du côté de la tracklist et nos sourcils se froncent…On s’attendait sans doute à des titres bien métal re-mixés, mais ce n’est peu le cas. Sept titres déjà assez calmes et peu “metal” se retrouvent une fois de plus sur le CD. Aucune surprise donc. Quel sera le changement? Cela sert-il à quelque chose? A l’écoute de “Towards the End“, on ne peut s’empêcher de penser qu’il n’y a aucune différence avec la version studio. Même orchestration. Même ambiance épique et ancienne, une harpe en tant que fil conducteur, de bonnes percussions…rien de bien différents. D’autres titres tels que “All I Need“, “Forgiven” ou même “Somewhere” n’ont rien à tirer de cette version acoustique. Dans cette version, accompagnés au piano, ils sont aussi calmes, aussi plats, et assez inchangés. De plus, on les avait déjà entendus dans cette version dans le live “Black Symphony“, donc aucune surprise

“The Cross” et “What Have You Done” étaient déjà présents sur un single sorti en 2007 nommé “Frozen“, version live acoustique aussi, alors, que faire de leur “nouvelle version” dans “An Acoustic Night at the Theatre“? Un seul changement, la voix de Keith Caputo sur le deuxième.

Le plus intéressant est d’entendre la ré-orchestration de titres dans la bonne veine métal symphonique, c’est-à-dire, “Stand My Ground” et “Caged”, jamais fait dans cette version jusqu’à présent. Il est étonnant d’entendre leur nouvelle intro, leur nouveau couplet. Les arrangements sont justes, mais le rythme reste trop calme, il n’est pas resté tel quel. Les violons sont toujours là mais moins épiques. Ca apporte donc un côté plus “folk”, moins symphonique, et c’est bien dommage. Ces titres-là ont aussi été raccourcis…

Je n’épiloguerai pas sur le dernier titre “Utopia“, nouveau titre en date en duo avec Chris Jones et qui devrait se trouver sur le futur album du groupe, trop faible, plus pop, et bien FM…ce n’est pas du Within Temptation.

Pourtant, toute la troupe se débrouille à merveille. Les musiciens jouent bien et sont très techniques; les deux guitaristes se suivent et ont accordés leur grattes différemment, du coup, on les distingue bien. On entend bien sûr quelques changements par rapport avec la version originale, ajouts ou retraits d’accords. Un rythme impeccable. Le bassiste est juste aussi, bien accompagné du batteur, qui, je trouve, ça n’a pas vraiment changé son jeu. Le claviériste s’occupe principalement de la partie piano et de samples, alors qu’un petit orchestre en arrière plan dirige la partie symphonique, violons altos et contrebasse en duo. Quant à Sharon, la chanteuse, sa voix est, comme à chaque concert, ce qui est assez frappant, très juste, très mélodique, et assez similaire aux CD. Toujours aussi douce et entraînante, elle passe de l’aigu au grave avec aisance, mais il faut noter quelques faiblesses à certains moments, notamment des problèmes de souffle, sûrement liés au fait qu’elle chante assise sur une chaise. A part ça, on ne peut vraiment se plaindre, elle est encore et toujours au top.

Je ne blâmerais pas cet opus, les fans sont gâtés et le groupe acquiert encore une nouvelle notoriété auprès des orchestres qui cherchent des groupes pour se produire. Ce live acoustique est loin d’être un chef d’oeuvre, ni LE live qu’il faut avoir. C’est bien trop calme. Alors si vous avez besoin de douceur, pourquoi pas, ce CD est parfait pour vos petites oreilles. Si vous avez envie de rester dans l’univers Within Temptation, vous serez déçus, tout comme je l’ai été. Ca s’écoute facilement, peut-être, mais ça en devient assez lassant. Dommage. Quoiqu’il en soit, on attend le nouvel album studio des hollandais qui devrait sortir l’an prochain et je vous mets la vidéo d’”Utopia” pour vous faire une petite idée.

 

Rudra : Brahmavidya: Transcendental I

Ξ décembre 24th, 2009 | → 1 Comments | ∇ Melodic Blackened Death Metal |

Rudra : Brahmavidya: Transcendental IRudra ou le dieu de la destruction…

Telle est la signification du nom de ce groupe singapourien, nom qui vient des origines culturelles de ce groupe-ci.

Le groupe Rudra est peu, voire pas connu en Europe, alors que les fans se bousculent dans les pays asiatiques.

Pourtant, il est bien dommage que Rudra soit autant boudé ici, il ne s’agit pas d’un vulgaire groupe, sans identité propre, ni même talent.

Cet album, “Brahmavidya: Transcendental I” est l’aboutissement de leur carrière, une musique plus recherchée, plus agressive, et plus en adéquation avec le style qu’ils se sont appropriés, c’est-à-dire, un death/black mélodique.

Car malgré l’agressivité et la rapidité de leur métal, l’ensemble reste assez mélodique, on retient vite les différentes pistes, les ambiances, et les mélodies proposées, et ce, grâce, notamment, à l’intégration d’instruments traditionnels de leur pays: percussions, cythares et flutes, ainsi que des chants assez typiques de la région; citation de dogmes, et de textes sacrés. Le premier titre, ” Bhagavatpada Namaskara ” est l’exemple typique, il est en effet assez facile de s’imaginer dans un temple et écouter les prières, cithares en arrière plan, chants, masculin et féminin en superposition, assez linéaire tout de même. Le seul soucis avec ce genre de titre, c’est la lassitude : le groupe a dissimulé pas mal de titres de ce genre dans sa galette, notamment ” Hymns From The Blazing Chariot“, où des percussions ont été rajoutés, mais rassurez-vous, les guitares agressives prennent ensuite le dessus pour six minutes de brutalité; “Immortality Roars”, même intro à la cythare, mais batterie à la double pédale efficace et voix black à un moment, death parfois, en contraste avec les instruments anciens en fond…et décidément, “Adiguru Namastubhyam”, encore la même intro à la cythare (même note je veux dire…) et ce chant traditionnel…plusieurs impressions de déjà-vu tout le long de l’album. Répétitif.

Mais heureusement, outre ces titres qui ont bien l’air d’être présents pour combler les trous, le reste est bien death, bien black, et les cythares ne s’incrustent pas toujours. De façon générale, les guitares sont agressives et bien tranchantes, aux riffs bien trouvés et aux mélodies orientales. Vous pourrez parfois trouver quelques similitudes avec des groupes tels que Melechesh comme sur le deuxième titre “Ravens of Paradise” au niveau du jeu de guitares et le l’ambiance. De plus, des solos bien agréables viennent agrémenter les titres quelques dizaines de secondes comme sur “Majestic Ashtavakra” ou “Amrtasyaputra “. Les guitaristes Devan et Vinod sont vraiment bons, infatiguables, et bien impliqués, il faut le souligner.

Mention spéciale pour le batteur, Shiva, assez technique, qui n’hésite pas à varier son jeu entre double pédale, cymbales, et tous les autres Tom, comme sur “Avidya Nivrtti” ou “Amrtasyaputra”. Sa vitesse de frappe est hallucinante. C’est aussi lui qui s’occupe des percussions, un touche à tout en somme.

Pour ce qui est du chant, c’est Kathi, aussi bassiste, qui s’en occupe. Pas très charismatique tout de même, la voix est souvent faible, oscille entre growl et cri black, et n’est pas très puissante. A mon goût, il fait trop d’effort pour prononcer ses mots, ce qui tend parfois à donner un chant “clair”, dispensable. Il ne fait toutefois pas tous les chants traditionnels, comme on en entend parfois, ce sont des intervenants qui s’en occupent.

A noter aussi, un sublime artwork, un fond vert, la déesse Kali avec toutes ses paires de bras, symbole de destruction, de mort et de délivrance. La version féminine de Rudra, lui-même. En bas à gauche, le logo, écris de deux manière: celle que nous connaissons, l’écriture latine, avec quelques artifices toutefois. L’autre écriture, c’est le sanskrit, bien connue des pays asiatiques, notamment par ceux pratiquant l’hindouisme ou le bouddhisme, notamment, l’Inde, la Chine, et donc Singapour.

Le monde asiatique nous réserve bien des surprises, surtout en matière de death ou de black, qui sont les styles les plus pratiqués en métal. Rudra est peut être le groupe qui vous fera découvrir la musique du coin, ambiance orientale, mélanges d’instruments locaux, et agressivité en prime, une bonne dose d’exotisme pour un peu plus d’une heure de musique et quatorze titres…

 

Comédie Macabre : Blasphemia

Ξ décembre 22nd, 2009 | → 0 Comments | ∇ Gothic Black |

Comédie Macabre : BlasphemiaComédie Macabre aura été la grosse surprise de l’an 2007 en matière de Black/Gothique. Après une démo “Agnus Dei“, qui n’avait pas eu le succès attendu, le combo nous revient avec cette fois-ci un album, “Blasphemia“.

Alors il est clair que la musique et l’ambiance de Comédie Macabre ne sont pas faites pour plaire de prime abord. Non. La production est mauvaise, le son grésille, le chant est assez faible, peu sûr de lui…et pourtant…”Blasphemia” est loin d’être un gallette complètement moche, mal faite et peu originale. Au contraire, même avec beaucoup de faiblesse dûe à une auto-production légère, et à un manque d’expérience, le tout reste intéressant.

Adeptes de monde baroque, ancien, et de lycanthropie, ce disque est fait pour vous. Comédie Macabre semble prendre racine dans une France décadente pendant le XVIIIe siècle, où les pires crimes, châtiments et horreurs avaient lieu. L’horreur, l’épouvante…les monstres…le sang! Tel est l’univers de Comédie Macabre. Le groupe nous raconte cela aux travers de ses titres, d’une tristesse sans égale, d’un tranchant agréable, mais pourtant très mélodique.

L’intro instrumentale “Geist” est très enchanteresse, claviers et orgues mis en avant, des choeurs…funéraires d’un côté, processionnaires d’un autre côté, mettez vous à genoux et écoutez…Le couperet vous tombe ensuite dessus avec “La Guillotine” et vous voilà une bonne fois pour toute entrés dans le monde de Comédie Macabre: guitares saturées, et batterie molassone…le chant est assez étrange, une sorte de murmure rauque, qui prononce des mots un à un. Quant aux claviers, ils sont omniprésents, la jeune Mina bouge bien ses doigts et nous offre clavecins, orgues et autres sons mystiques…”Blasphemia“, titre éponyme, est l’ultime exemple; les sons sont multiples, atmosphériques, incantatoires…

Ce mélange savoureux apporte une atmosphère bien lugubre et nocturne, il est possible de s’imaginer le soir dans un cimetière, dans une église…”Le Sang” est un titre d’une optique plus Black que Gothique, plus rentre-dedans avec ses riffs et ses solos, sa batterie plus entraînante et sa basse bien mise en valeur. Dommage cependant que le titre ne dure que trois minutes trente.

Les deux derniers tires, “Lycanthropia” et “Clair de Lune” font évidemment référence à la lutte Loup-Garous/Vampires, bien mise en scène par l’agressivité des guitares et leur riffs incisifs. Le piano et les clavecins sont très mystérieux et ne peuvent que faire penser à d’éventuelles morsures et griffures…de quoi faire trembler l’auditeur.

Tous les titres sont chantés en français ou presque, des passages sont en anglais…mais mal interprêtés, l’accent est déplorable. Bon, ce n’est pas le plus important (quoique…), mais un anglais/français, ce n’est tout de même pas terrible. Qu’importe, le chant reste assez aérien et fantômatique, un peu en dessous des instruments qui l’accompagne. Bien qu’unique en son genre, son manque de justesse peut apporter un frein dans l’écoute de l’album, ce qui serait dommage.

L’ensemble reste correcte et peut sans doute faire penser à Moi Dix Mois, d’où le groupe tire ses influences sans s’en cacher. La production reste tout de même moins lisse, moins facile d’accès sur Blasphemia par rapport aux musiciens de Moi Dix Mois. Qu’importe, ces petites choses font le charme des auto-productions et apportent une ambiance en plus.

La comédie macabre que le groupe nous joue peut faire mouche, mais j’avoue qu’à la première écoute, ce n’est pas très facile de pénétrer dans leur monde. La tristesse et l’ambiance glauque de leur musique sont déconcertantes…ne soyez pas de mauvaise humeur à l’écoute de ce disque…ça pourrait vous mettre à plat pour de bon. Toutefois, une bonne découverte pour les amateurs du genre (s’ils osent…).

 

Scorngrain : Cyberwarmachine

Ξ décembre 18th, 2009 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Scorngrain : CyberwarmachineCyberwarrmachine….

Nous voici entrés dans une nouvelle ère : celle de la guerre des machines, comme nous le montre bien la pochette: une mitrailleuse en délire, très électrique.

Ceci est donc leur premier album. Un premier challenge pour les finlandais qui, en 2004, débutaient tout juste leur carrière après une démo sortie deux ans auparavant. La première intention du groupe en sortant l’album était, je cite, “Transporter la musique métal à un autre niveau”. Un autre niveau? Ca reste à prouver, il n’empêche qu’on sent bien les influences thrash et indus dans leur compos, et le fait d’utiliser des samples et parfois des claviers, mélangés à une musique bien bourrine pourrait les transporter au rang des cyber métalleux.

Le groupe a tout de même bien du mal à se faire connaître en France, l’album Cyberwarmachine a souffert de son manque de distribution, au profit de leur suivant, 0.05%. Cependant, cet opus a tout de même permis de les lancer un peu, quoique, si je vous dis Scorngrain, vous me direz sûrement “Connais pas”.

Alors, qu’est-ce qu’ils nous font donc? Ils nous embarquent littéralement dans une guerre fictive où les humains n’ont pratiquement aucune chance contre les machines, d’où cette violence et cet enrobage électronique qui se font assez ressentir tout au long de l’album. Difficile de réellement donner une étiquette à ce groupe tant la fusion du thrash et de la musique industrielle est bien faite. Un indice : la musique du groupe se situe disons entre Fear Factory et The Kovenant. Un mix de ces gros combos plus la patte Scorngrain.

Tous les titres sont bien rentre dedans, hyper thrash, les guitares sont très agressives et les riffs sont pour le moins bien cherchés et travaillés. Le premier titre “24-7 Hell” est le principal témoin de cet agressivité innée, aux rythmes et mélodies à dresser les cheveux sur la tête. Les rythmiques sont digne de machines, les samples sont très froids futuristes, et l’arrangement plutôt artificiel. Le chant est extrêmement varié, ce qui est assez ahurissant quand on sait qu’il peut être assez éraillé comme hurlé, growlé (“Cyberwarmachine“), et même, limite rap (comme sur “24-7 Hell“). Aucun signe de monotonie à l’entente de ces vocaux.

Les guitares sont ultra bourrines et ont tendance à ressembler à de vraies mitraillettes (tout comme l’artwork) : elles défoncent les oreilles, sont tranchantes à souhait, ne manquent pas d’originalité, se saccadent (“4D Religion”).

Quant aux claviers et samples, ils sont utilisés à bon escient, et n’hésitent pas à créer une véritable ambiance cybernétique dans la musique (“Blank”;”Fear Factory of Hypocrite God“).

Et que dire du titre “Killing Breed”, le véritable tube de l’album, le titre qu’il faut absolument écouter? Il est frappant tant par sa mélodie que dans son rythme et son agressivité. C’est sans doute le morceau le plus rentre dedans. Les guitares sont ultra incisives, suivant un rythme totalement déjanté, la batterie est frappée, encore et encore avec aisance, le chant est tantôt death, tantôt black, ce qui ne manque pas de frapper l’auditeur, tandis que les claviers et les samples sont bien hypnotiques: la mélodie qu’ils jouent au refrain est totalement mémorable, quoiqu’un peu psychédélique. “Killing Breed” est un bijou, fonctionnant comme plus un tir de rocket qu’on se serait pris un plein coeur, qu’une claque dans la gueule.

“No Funeral for the Last” est sans aucun doute le titre le plus apocalyptique de l’album, digne représentant d’un monde totalement anéanti par des machines en puissance. Une intro aux claviers, des samples et un rythme assez lent (peut-être trop) font office de prélude et cachent la vraie nature du titre : dynamique, guitares incisives, chant bien criard et parfois torturé, clair et mélancolique pendant les refrains, et une fin totalement inattendue, limite symphonique, presque épique, mettant en valeur une certaine désolation et cet ultime désespoir…un très bon titre et une très bonne conclusion.

L’album manque tout de même de basse, on en l’entend vraiment pas, ce qui est bien dommage. Le son est clair mais trop synthétique peut-être. Reste le côté barré et un peu n’importe quoi des titres (et de l’esprit de nos finlandais) qui peuvent déplaire à l’auditeur.

En clair, cet album est totalement jouissif. Bonne découverte en somme. Malgré tout, il souffre de ces quarante minutes, c’est bien peu, mais on passe un bon moment. Riche et attractif du début à la fin, aux multiples ambiances, Cyberwarmachine s’est annoncé comme une des découvertes de 2004.

 

Rain (CH) : Natural Order

Ξ décembre 17th, 2009 | → 0 Comments | ∇ Dark Metal, Industrial Metal |

Rain (CH) : Natural Order“La Suisse a un incroyable talent”

Il suffit d’écouter Rain pour s’en rendre compte.

Les suisses pondent en 2000 leur second album “Natural Order” où le thème de la nature est prédominant. La cover tout d’abord: une forêt, des racines, un rayon de soleil, un ruisseau, et la tracklist, où quatre titres à la suite reprennent les quatre éléments de la Terre : eau, feu, terre, et air.

Rain aura longtemps été un des seuls groupes de la scène suisse, bien que peu connu, avant que son fondateur, Drop (guitariste et claviériste), fasse muter le combo vers quelque chose de plus agressif (et ça a donné…Sybreed). En 2000, il n’est alors âgé que de 15 ans et il est impossible de ne pas remarquer son talent. Dans Rain, il a presque tout composé lui-même.

Leur comparaison avec Samael n’est pas anodine, en réalité elle est justifiée. Le concept et la musique en elle-même présentent de grandes similitudes, à savoir les claviers et le piano, la batterie, semblable à la boîte à rythme de Samael, et le chant, si particulier, tranchant et charismatique.

Rain n’est tout de même pas une copie conforme de leurs aînés suisses. Ils ont même rien à leur envier tant leur musique détient une personnalité qui leur ait propre, même si les influences se font sentir.

Ils officient dans une musique industrielle et électronique, tantôt death, tantôt gothique voire black. A priori, la partie death se retrouve par la lourdeur des guitares et leurs nombreuses saccades comme on en retrouve sur “My Own Peace”, mais aussi le jeu de la batterie, bien rythmée et pas avare en double pédale. La partie électronique se retrouve sans aucun doute par les claviers omniprésents et les samples, claviers d’une puissance étonnante et extrêmement mélodiques, même planant comme sur “Gaïa My Home”, samples limite techno sur “Another Day“. Quant à la partie gothique, elle se retrouve par les ambiances, bien glauque, et par le chant, qui varie tout le temps. Il n’est jamais le même et est régulièrement murmuré, ou même simplement parlé. Chant qui se veut aussi black par moment.

Intéressant ce mélange de style. Ca en reste même déconcertant d’entendre que ce mix se fait si facilement. Comme si le groupe avait fait ça toute leur vie. Ce n’est qu’un deuxième album!

Il est en effet ahurissant d’écouter la puissance de la musique. Les riffs sont excellents et extrêmement bien trouvés, la boîte à rythme semble plus vraie que nature et est assez technique, les claviers sont monstrueusement mélodiques et sont littéralement le fil conducteur de l’album. Autant rassurer, ils créés une ambiance et des effets sonores, on n’a donc pas des solos à tire larigot. Prenez le titre d’introduction “Aftermath” et vous comprendrez. Cette chanson montre toute la puissance des instruments, avec des claviers ultra atmosphériques et des guitares bien agressives.

Les quatre titres mettant en scène les quatre éléments de la nature sont tout simplement magnifiques. Alors que “Water” nous plonge dans une ambiance calme et planante, où le son du piano crystallin arrive sans peine à nous emmener “mentalement” au bord de la mer, “Air” est bien glauque, très mystérieux, avec cette guitare et ces solos qui nous prennent la main jusqu’à la fin, juste un son qui perdure pendant les trente dernière secondes.

Earth” et “Bios” sont les titres les plus rentre-dedans de l’album après une suite de titres doux et planants. Le refrain de “Earth” est digne d’un titre de Samael, guitares incisives, claviers et piano similaires, voix tranchante et black et en accord avec chaque note de guitare…et la fameuse boîte à rythme. Et une fin une fois de plus très prenante, un seul son de clavier où on a l’impression d’être tombés dans les entrailles de la terre…contrairement à “Bios”, un déferlement de guitares et de claviers, où les headbangs sont au rendez-vous! Agressif mais mélodique, le jeu hypnotique du piano au refrain ne vous laissera pas indifférent.

Je tiens à souligner le jeune âge de Drop, qui malgré ça, arrive à nous concocter un album bien mature où puissance rime avec mélodie, des mélodies déferlant à n’en plus pouvoir. Des ambiances glauques sont en rendez-vous, ça part un peu dans tous les sens parfois mais le rendu est très intéressant et loin d’être déplaisant. Les structures sont parfois complexes et surtout techniques

“La Suisse a un incroyable talent”. La Suisse a Rain, autant qu’elle a Samael, Celtic Frost, et anciennement, Coroner…Des générations différentes, mais des pattes qui leur sont propres.

L’album n’est tout de même pas parfait. Les titres ne sont pas très longs et peinent à dépasser les quatre minute trente. La production reste trop synthétique et ne fait pas assez “naturelle”. Le chant n’est pas assez mis en avant et la basse non plus.

Je recommande cet album surtout pour le premier titre “Aftermath” et “Water”, qui sont vraiment les hits de l’album, ceux qu’on retient le plus. Les compos ne sont pas répétitives, loin de là, chaque titre ayant son identité, mais il arrive souvent qu’on retienne une ou deux chansons dans un album.

Laissez vous guider par la magie créatrice de Rain….déçus, vous ne serez pas…

 

Waltari : Below Zero

Ξ décembre 12th, 2009 | → 0 Comments | ∇ Fusion |

Waltari : Below ZeroWaltari, avec 23 années de présence, n’aura pas eu le succès qu’il aurait dû recevoir. Après 14 albums, tous bien différents les uns des autres, dont le fameux “So Fine!” aux nombreuses inspirations, il ne faut tout de même pas oublier que Waltari a été l’un des groupes les plus influents de la scène finlandaise, quoiqu’assez boudé par le public.

Mais pourquoi donc? Parce que le groupe intègre énormément de styles de musique différents dans leur composition, passant du funk, à la pop, et même de la techno. Certains pensent qu’ils n’ont pas acquis une identité propre. En réalité, ils font tout simplement ce qu’ils aiment, peu importe le style qu’il mélange avec leur métal.

Leur nouvel opus en est encore une preuve concrète. “Below Zero“, littéralement “En dessous de Zero“, est un savoureux mélange de heavy metal avec tout un panel de genre, dont majoritairement la musique électronique, le résultat est donc assez surprenant mais bien intéressant, quoiqu’un peu barré, on peut l’avouer.

On se délecte sans difficulté du titre éponyme d’ouverture, qui possède un rythme des plus entraînant, des riffs bien incisifs et très heavy, parfois même saccadés et un piano accompagnateur bien présent, mis en avant par quelques petits sons aux claviers. Le chant se démarque par une superposition des voix, superposition qui se trouve tout au long de l’album.

La musique industrielle fait son entrée avec “In the Cradle”, claviers et samples énormément mis en avant, les guitares s’intégrant avec brio dans cette ambiance bien glaciale. Le chant est extrêmement juste, mélancolique, parfois crié, et ultra charismatique, tout comme “Synthax Error”, qui est plus techno avec ce rythme rapide et cette fausse batterie assez caractéristique du style.

La magie créatrice de Waltari nous concoctera des titres très funk comme “Without Lies” et “My Own Satifaction” au niveau du couplet, assez originaux et faisant vaguement penser à ce que faisait Red Hot Chili Peppers sur Freaky Styley, batterie et basse en tête, les guitares lançant des offensives aux refrains.

Et quelle surprise à l’écoute de “Endless Highway”? Se serait-on attendus à une introduction typé jazz, avec ce piano, cette trompette et cette contrebasse?

Cet album est si riche en sonorités: des sons vous en avez partout, des solos de guitares aussi, ainsi que des refrains entraînant. Il y en a réellement pour tous les goûts, et rien qu’à l’écoute de ce “Below Zero“, on sent que les membres ont pris un malin plaisir à varier les styles pour étonner encore une fois leurs auditeurs. Ca part littéralement dans tous les sens, difficile de pouvoir donner un style à Waltari, à part “Fusion”. Un album intéressant si vous aimez les mélanges et le style progressif. En effet les titres sont assez longs, les structures varient, mais ne se répétent pas. Impossible de s’ennuyer.

Pour ma part, l’artwork et le titre ne s’associent pas vraiment à l’album. On devrait s’attendre à une ambiance froide, d’où cette planète gelée, mais ce n’est pas le cas, excepté pour “In the Cradle” comme je l’ai décris. L’ensemble reste fluide, bien audible, entraînant… Même les claviers, pourtant utilisés à bon escient, mais parfois effacés, n’arrivent pas à justifier l’usage de cette pochette et de ce titre, car ils sont trop chaleureux. Un point d’interrogation donc, mais ne gâchant pas le plaisir procuré à l’écoute de ce opus.

 

Samael : Era One & Lesson in Magic 1

Ξ décembre 11th, 2009 | → 0 Comments | ∇ Black Electro |

Samael : Era One & Lesson in Magic 1“Mais que nous ont-ils fait encore?”

Telle est la question que nous nous posons à chaque album de Samael. A chacune de leur composition, une nouvelle ambiance, un nouveau son et un nouveau concept apparaissent. Après le Black Metal bien cru de leur début, et leur Passage vers quelque chose de plus électronique, à quoi devons-nous donc nous attendre? La réponse sonne comme un oxymore…ce groupe de Black nous sort là un album purement électronique.

C’est réellement la dernière chose à laquelle on aurait pensé, et la découverte est assez surprenante. Je suis sûre que plus d’un auditeur s’est fait la remarque en écoutant le premier titre éponyme de “Era One” : rien que la mélodie au piano et les simples électroniques nous mettent sur la voix. Une intro ambiante peut-être? Râté. Ce titre est le reflet de l’album en lui-même. Dîtes adieu aux guitares et basses, vous n’en entendrez pas. Dîtes (re)bonjour aux claviers et samples qui alimentent cette composition.

Il faut savoir qu’il s’agit d’un double album, l’un se nommant “Era One”, et l’autre “Lesson in Magic”, album qui clot le contrat chez Century Media, après quelques problèmes chez le label. Samael a donc décidé de partir vers quelque chose de plus personnel, et très expérimental, tout en gardant les éléments qui font le charme de leur musique.

“Era One” nous fait entrer dans une ère nouvelle où froideur et électronique sont les maître mots. Le chant de Vorph est extrêmement envoutant et bien grave, chanté et non crié, pas agressif du tout mais parfois saccadé, se liant avec aisance aux claviers aux mille et un son. “Universal Soul” fonctionne un peu comme une introduction à la découverte d’un monde régit par les sciences et les mathématiques d’où les paroles très scientifiques et même philosophiques. Sur ce titre, l’électronique semble imiter le vrombissement des réacteurs tandis que la boîte à rythme, faisant office de batterie, est utilisée sans excès. “Sounds Of Galaxies” est totalement hypnotisant, le couplet est chanté et joué à l’infini, on est littéralement assomés par des claviers bien puissants et cosmiques, un chant assez incisif et limite robotique, et une boîte à rythme écrasante. Les effets donnent réellement l’impression de se trouver ailleurs que sur Terre.

Il est toujours possible de retomber sur notre chere planète, la preuve avec les titres “Beyond” et “Home”, totalement instrumentaux et marqués par le mélange électro/musique orientale, d’où les percussions, et les instruments étrangers comme le didgeridoo. “Voyage” propose un tour du monde, ambiances arabisantes en prime, refrain accrocheur…pour le coup, Xy s’est vraiment transformé en sampler hors pair, et Vorph nous offre un chant clair, loin d’être grave ni faux, il est même très atmosphérique. Le titre de fin “Koh-I-Noor” sonne réellement comme une fin, planante à souhait, résolument électronique et magnifique, guidée par une seule phrase de Vorph, apportant un côté intimiste et mélancolique.

“Lesson in Magic”, l’autre CD, nous montre que Samael excelle aussi bien dans l’instrumental. Pas de chant, juste de la musique, ambiante et froide. Ecrasante même, on est submergés par tous ces arrangements électroniques et ces claviers qui n’en font qu’à leur tête et nous plongent dans un abîme infini. “One with Everything” et “Silent Words” sont les plus cosmiques et pourraient bien être présents dans un film de SF tant ils sont sublimes. “Red Unction” est un retour vers les mondes orientaux, parsemés de bruitages très énigmatiques et de samples. Le dernier titre “Wealth and Fortune“, est plutôt expérimental, les différents instruments arrivent petit à petit pour former un ensemble bien compact. Ca part un peu dans tous les sens, on ne sait plus du tout où on est, les sons sont trop nombreux. Très étrange.

Bon opus en somme, faîtes ce voyage intersidéral. Cet album ne dénature pas du tout l’identité de Samael, au contraire, même si on est loin de Ceremony of Opposites, ou même Passage, les éléments de base sont toujours présents : froideur, mystère et la petite pointe de philosophie. “Era One” pourrait être décrit comme étant l’ultime fin de “Reign of Light“, son paroxysme…

 

Chthonic : Pandemonium

Ξ décembre 9th, 2009 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Chthonic : PandemoniumChthonic aura mis du temps à se faire connaître de la scène occidentale et seul son album Seediq Bale lui aura fait ce privilège en 2005, après dix ans de formation. Deux ans plus tard, ils nous sortent leur deuxième compilation, Pandemonium. Il faut noter que cette compilation n’est pas bien différente de la précédente sortie un an plus tôt: les titres sont quasiment les mêmes à une ou deux exceptions. La différence, c’est la remasterisation, donc une amélioration du son.

Pandemonium n’est évidemment par un nom choisi au hasard puisqu’il s’agit de la capitale des Enfers. Amorçons donc une descente dans les Enfers Taïwanais par la même occasion.

Tout d’abord, les titres. La plupart sont extraits de Seediq Bale, les autres piochés ici et là dans les précédents opus. Musicalement, on retrouve bien la patte du groupe, cet étrange black métal symphonique (retrouvé grâce au titre d’introduction City of Obscurity, car instrumental) qui se veut plutôt mystique, les thèmes principaux étant les mythes taïwanais, la colonisation, les traditions ancestrales, et la mort.

La grande particularité de Chthonic, et donc par conséquent de cet album, c’est l’utilisation d’instruments traditionaux (outre les claviers) comme les flutes ou le erhu, un violon chinois, le mélange des langues, passant du taïwanais ou japonais et au mandarin, les vocaux, un mix entre cris aigues, graves, et chant féminin très glauque, aux sonorités tès mystérieuses, les ambiances, bien noires, bien malsaines et décidément bien tristes, et les changements de rythme. Le titre le plus révélateur est Onset a Tragedy, le pur joyau de Chthonic tellement il est complet. Les guitares sont très tranchantes, bien agressives, la voix, criée, se rapproche beaucoup de celle de Dani Filth de Cradle of Filth, le timbre est presque identique, la batterie est assez technique, martelée comme il faut, et en accord avec une basse bien audible. Les claviers et le erhu sont beaucoup mis en valeur, tellement qu’on les entendrait même plus que le reste, mais ce n’est pas déplaisant, car ce sont ces claviers en particulier qui créés l’ambiance que j’ai décrite plus haut. Le groupe joue avec les sonorités, les bémoles, le tout devient très particulier à entendre. Ces jeux sont un élément à part entière dans la musique de Chthonic, présents dans tous les titres, et c’est bien ce qui fait le charme du groupe. Toujours dans Onset a Tragedy, le changement de rythme. La bonne surprise du titre: tempo moyen, puis accélération pendant la majeure partie du titre, et tout d’un coup, la chute, on repasse au tempo moyen, et le groupe le fait avec une telle facilité que ç’en est déconcertant.

Bon, on a quand même du plus agressif avec des titres tels que Revert to Mortal Territory ou Floated Unconsciously in the Archeron, assez rentre dedans, bien tranchant: guitares en première ligne, aux riffs incisifs et offensifs, au chant bien crié à s’arracher les trippes et à la batterie martelée, tel un rouleau compresseur qui s’abat sur vous. Bloody Gaia Fulfill met la voix féminine en avant avec les claviers, et ça donne un drôle d’effet: c’est extrêment glauque, ça part dans tous les sens, les sons sont bizarres…le titre le plus étrange que j’ai eu l’occasion d’écouter, sans pour autant ne pas être intéressant, avec Quasi Putrefaction, vraiment barré dans son genre à cause (ou grâce?) aux claviers, avec son chant extrêmement prenant et torturé.

On a tout de même des titres plus calmes, mais restant tout de même violents par le chant principalement, avec Grab the Soul to Hell et Decomposition of the Mother Isle, les guitares sont tout de même plus timides sans pour autant se cacher, elles arrivent tout de même à se distinguer par moment mais ont tendance à se voiler, au profit des claviers. A noter, quelques solos intéressants.

Les résultats sont concluant, tous les titres présents sur cette compilation sont très bons, ce sont en effet les meilleurs. J’ai pu me procurer Seediq Bale et les titres phares de cet album sont en effet présents sur Pandemonium. Si vous ne connaissez pas le groupe, procurez vous cette compilation, elle reflète énormément le travail de Chthonic, et vous pourrez toujours l’écouter comme un album à part entière tant elle est bonne. A mon avis les amateurs de black ne seront pas trop déçus (à part les amateurs de black brutal cependant). Tout de même, il est très intéressant de se pencher sur ce groupe, qui se réserve un bel avenir. Petit bémol : les prestations live ne sont pas vraiment à la hauteur des albums studios. En même temps c’est du black. Mais si vous prenez un titre comme Onset a Tragedy version live, vous serez sans doute déçus : le chant n’a rien à voir, le passage du grave à l’aigu est très mal fait, même le cri n’est pas bon…

Dans tous les cas, Chthonic reste un bon groupe. Si cette compilation vous a conquis, penchez vous sur Seediq Bale ou Mirror of Retribution, le dernier en date.

Bonne écoute!

 

Sybreed : Slave Design

Ξ décembre 8th, 2009 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Sybreed : Slave DesignPremier album pour un jeune groupe, Sybreed arrive sur les devants de la scène et nous montre ce qu’ils savent faire.

Evidément, quand on évoque “premier album”, on n’a pas spécialement une pensée très positive : premier coup d’essai, première production, premier enregistrement, par conséquent, manque de maturité et d’expérience, et donc quelque chose de vaseux et de peu abouti.

Eh bien non. Par le simple fait que deux des membres, c’est-à-dire Drop, guitariste, et Ben, chanteur, aient tous deux fait parti de Rain…ce ne sont donc pas des débutants.

Et ça s’entend! Rien que par la qualité du son, tout d’abord, et la musique en elle-même. Un réel rouleau compresseur s’abat sur vous dès la première écoute. Une déferlante de guitares polyrythmiques à la Meshuggah et de vocaux hurlés à vous arracher les tripes dès le premier titre nommé Bioactive, une batterie technique et tonitruante à vous couper le souffle, un arrière plan électronique et des ambiances froides et apocalyptique en prime. Et non, on ne fait pas dans la dentelle chez Sybreed. On vous transporte directement dans un monde de violence et de machines.

Il faut dire que ce groupe, tout comme Fear Factory et leur célèbre opus Demanufacture, concrétise l’apparition d’un style dénommé Cyber Metal, un mesclin de musique indus avec des guitares tranchantes et une ambiance futuriste et métallique et un concept des plus sombre et mécanique. En exemple, ReEvolution, dans la digne continuité de Bioactive, les guitares aussi puissantes, le chant clair apparaît comme une complainte, et le chant hurlé, au refrain, est vraiment jouissif et représentatif de l’incertitude de l’homme face à son futur. Et toujours cet enrobage électronique…

Mais encore? Prenez donc des titres tels que Decoy ou Rusted: agressifs à souhait, ultra transcendants, et aux riffs saccadés. L’alternance du chant hurlé au chant clair semble tellement facile pour Ben qu’on en reste bouche bée, car cela donne énormément d’émotion à l’intérieur même d’un titre. L’électronique prend les devants sur les refrains et nous embarque dans une autre dimension. Impossible de se perdre, ou même de s’ennuyer, on est pris, emprisonnés et tenus en haleine jusqu’au bout.

Next Day Will Never Come est tout simplement ahurissant et surtout inattendu. D’une sensibilité frappante, d’une mélodicité inouï même si le fond reste agressif. Un refrain prenant et des paroles saisissantes “Il n’y a plus d’amour; il n’y a plus de douleur; notre existence va disparaître”…L’électronique et les samples sont tout simplement en accord, avec les guitares, cette fois-ci moins incisives, plus mélancoliques…un chant clair poignant…Cette ambiance de fin de l’humanité est tout simplement magnifique…

Quoiqu’il en soit, l’album est imbibé de cette fin du monde. Il suffit de voir la pochette : dans le futur, l’homme se mécanise, il disparaît, au profit d’une intelligence artificielle. Il perd espoir, confiance en lui, et ne peut rien faire face à cette arrivée en masse de machine dominatrice. Chaque instrument dans l’album traduit un élément : la voix le désespoir, les guitares la mécanisation, la batterie la machine, l’électronique le futur…

De plus, lors de la lecture des titres, on ne peut s’empêcher de se demander si Sybreed a été influencé par le film Matrix. Slave Design reprend les mêmes éléments énoncés plus haut. Les plus significatifs sont Take the Red Pill, dans le film, Neo doit choisir entre la pillule rouge et la bleue, la rouge permettant de se libérer du “faux” monde; ReEvolution, l’évolution des machines en quelque chose de bien plus intelligent; Next Day Will Never Come, si l’homme se laisse dominer il n’y aura plus de futur pour lui.

Et après tout ça? L’album se termine sur Critical Mass, un titre assez long mais très calme et mélodique, ce qui détonne avec le reste de l’opus. C’est comme une balade : guitares lentes, batterie moins puissante, mais un chant clair allant dans les graves tout autant que dans les aigus avec aisance. Une belle fin en perspective.

Vous l’aurez compris : procurez vous l’album d’urgence si ce n’est déjà fait. Sybreed nous offre son bijou, sa perle rare, son diamant…sa musique des plus originales, comme on en a peu entendue. Rien qu’une écoute vous envoutera, et le charme restera ancré en vous un long moment.

 

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