Myrath : Desert Call

Ξ janvier 25th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Oriental Metal, Progressive Metal |

Myrath : Desert CallMyrath est à la Tunisie ce qu’Orphaned Land est à l’Israel…dans un pays où malheureusement le metal est peu connu, Myrath essaye tout de même de sortir des sentiers battus pour nous faire découvrir une musique aux influences variées. Officiant dans un metal à la fois progressif et oriental, ce n’est qu’en 2007 que le groupe arrive enfin à faire diffuser sa musique outre Méditerranée, après avoir sorti en 2005 un opus en Tunisie seulement. Aujourd’hui, en 2010, l’engrenage ne semble plus pouvoir s’arrêter : en effet, la sortie de cet opus, « Desert Call » marque une signature chez les labels Nightmare Records/XIII Bis Records et une collaboration avec le claviériste d’Adagio, endossant la double casquette de producteur et ingénieur du son, une belle avancée pour un groupe en devenir.

La pochette pose le décor : nous voilà en plein désert, le Sahel nous appelle (d’où le titre), en adéquation avec le style de musique du groupe. Du côté de la tracklist, on a affaire à 11 titres cette fois-ci (10 + un titre bonus), longs, très longs, durant parfois près de dix minutes…il ne faut pas oublier qu’on a ici une galette de metal progressif avant tout, par conséquent, structures complexes et longévité des titres sont au rendez-vous. Il est normal qu’une telle longueur puisse interroger, sur la possibilité de se retrouver perdu, mais aussi, de vite se lasser.

Jetons un coup d’oreille à la musique pour répondre à ces quelques interrogations. Le titre introducteur, « Forever in a Day », est un peu le digne représentant de l’album et marque tant par sa lourdeur que pour sa mélodicité et ses ambiances. Ici, pas de préambule instrumental, tout démarre sur les chapeaux de roues : les guitares sont tranchantes et bien lourdes, le rythme rapide oscille entre batterie traditionnelle et percussions, les instruments orientaux sont à l’honneur d’où ces mandolines, violons et flutes, et le chant, qui a deux tendances : soit metal, et parfois lyrique à la Adagio, soit oriental, chanté ou parlé, comme ce que sait très bien nous faire le chanteur d’Orphaned Land. Bref, un mélange des styles fort bien appréciable dans ce titre durant à peine six minutes (ce qui est très peu pour cet album !).

Les titres s’enchaînent mais ne se ressemblent pas. Toutefois les influences sont notables. Comment ne pas penser à Dream Theater avec ses duos de claviers et de guitares comme sur « Desert Call » ou « Silent Cries » pendant les pauses ; Symphony X pour la partie guitare avec des riffs et des solos à couper le souffle, mais aussi des rythmes syncopés comme sur « Ironic Destiny »… et tout cela, bien mélangé et en version orientale. Rajoutez à cela un titre symphonique, « No Turning Back », ou les instruments traditionnels jouent un rôle important dans la composition de ce titre, violons et percussions en tête, accompagnés de guitares mélodiques et très rythmées, de chœurs, et de claviers en petite dose, créant une belle ambiance. Un petit point sur « Madness », qui porte bien son nom : des percussions folles mènent la barque, les guitares ont un jeu très hypnotique, avec un chant varié au possible. On varie les plaisirs avec « Memories », une jolie ballade très mélodique, le piano et le violon étant les pièces maîtresses de ce court morceau.

Les harmonies accrocheuses sur chaque morceau ne peuvent en aucun cas lasser l’auditeur, tout est bien foutu, carré, impeccable. Les refrains sont pour la plupart très prenant et on ressort d’une première écoute avec les mélodies en tête. Le point fort : la basse, extrêmement mise en avant (« Desert Call » et son solo ahurissant), ce qui est très plaisant car peu entendu.

Au moins avec cet album, c’est que Myrath n’a pas fait qu’un simple recyclage de leur dernier album « Hope », au contraire, l’innovation et l’amélioration de leurs compositions sont indéniablement les points qu’il faut souligner : un chant plus juste, plus modulé, moins cassé, des parties orientales mieux intégrées, et des structures peut-être plus complexes mais qui ne se ressemblent jamais, donc il est impossible de se perdre en cours de route, on sait à chaque fois si on a changé de titre ou non.

Myrath a un fort potentiel, qu’il ne doit en aucun cas négligé. Le groupe aura placé la barre assez haute étant donné que « Desert Call », il faut le dire, est bien meilleur que « Hope ». Un très bon album de prog’ oriental en somme, ne révolutionnant pas le style, certes, mais apportant une bonne dose de fraicheur (du moins, de chaleur !) par son côté exotique. Malgré des influences qu’il ne cache pas, le groupe n’aura pas perdu pour autant son identité. Je recommande vivement cet album aux amateurs du genre.

 

Orphaned Land : The Never Ending Way of Orwarrior

Ξ janvier 22nd, 2010 | → 0 Comments | ∇ Death Folk, Oriental Metal |

Orphaned Land : The Never Ending Way of Orwarrior“Go in peace and find thy faith,

Evolve thy self and lose all hate,

So a heaven you may create”

Ca fait un moment qu’on nous annonçait ce nouvel album des Israéliens, sans vraiment avoir de nouvelles durant ces dernières années, puis, début 2009, les membres annonçaient que l’enregistrement commençait, 6 ans après leur fabuleux album « Mabool ».

Orphaned Land, c’est LE groupe du Moyen Orient, le combo qui pratique avec beaucoup de talent et d’inspiration, une musique aux influences death et folk, qu’on qualifie souvent de métal oriental, LE groupe qui arrive à mélanger ambiances arabisantes, chants traditionnels, textes religieux avec des guitares offensives, des chants gutturaux, et j’en passe. Après un « Sahara » brute de décoffrage, au son bien death et ultra efficace, un « El Norra Alila » plus mélodique et aux nombreuses sonorités orientales, et un « Mabool », beaucoup plus folk que ses prédécesseurs et beaucoup plus aboutis, voici donc « The Never-Ending Way of ORwarriOR ».

Le titre de cet album reprend celui d’un des morceaux de « El Norra Alila », racontant le parcours d’un homme vers un chemin sans fin. Cette galette est en réalité un concept-album sur un guerrier de la lumière, rencontrant des tas de soucis, soucis encore présents actuellement dans notre vie quotidienne.

Il est en effet clair qu’Orphaned Land ne truffe pas ses chansons de textes anodins, au contraire, leur but principal est bien d’apporter la paix et la réconciliation entre les peuples de la Terre grâce à leur musique, leur pays d’origine étant Israël, souffrant bien évidemment de conflits avec la Palestine. Après 18 ans de formation, et le sentiment que rien ne change dans leur région, OL décide de frapper fort.

Ici, il ne s’agit pas de jouer et basta. Le groupe a créé tout un concept autour de ce même thème, au point de se costumer pour l’album, chacun ayant son rôle. Outre intégrer trois parties et 15 titres, de nouveaux instruments et de des langues telles que l’anglais, l’hébreu, l’arabe ou le yéménite, ils ont aussi modifié la forme de leur logo, réussissant à faire un mix entre l’écriture hébraïque et arabe. Enfin pour terminer, il faut noter que la jeune Shlomit Levy, qui chantait sur certains titres sur « Mabool », fait bel et bien partie de la troupe.

Le gros changement aussi sur cet album, c’est sans doute la collaboration avec l’orchestre arabe de Nazareth et la venue de Steven Wilson du groupe Porcupine Tree en tant que producteur, mais aussi claviériste…

Un petit coup d’œil à la pochette de l’album. Celle qui est couleur sable est soit celle de la version CD toute simple, soit l’image du livret à l’intérieur de la version digipack, version dans laquelle la pochette est d’une couleur rouge (un peu à l’image d’El Norra Alila…). La version digipack se présente comme un livre que l’on ouvre, les deux CD de chaque côté et le livret au milieu. Oui j’ai dit les deux CD, le premier étant l’album, le second un documentaire DVD sur l’élaboration de l’album et des costumes, et quelques séquences live. L’intérieur du livret imite les pages d’un vieux livre, où les bords ont été « léchés » par le feu. Les paroles sont comme écrites à la plume. Les passages en hébreu et arabe ont aussi été traduits en anglais : bonne initiative.

Penchons nous enfin sur la musique. L’album s’ouvre avec « Sapari », un titre qui nous avait été présenté sur la page myspace du groupe il y a quelques semaines. Le chant quasi en hébreu du duo Kobi Fahri/Shlomit Levy est extrêmement mis en avant, accompagné de percussions, d’instruments arabes violons/guitares, claviers, et de guitares électriques assez mollassonnes pour ma part, entraînantes peut-être, mais fades. Deux remarques : aucun growls, et une monotonie qui fait peur…est-ce représentatif de l’album ? Est-ce comme ça pendant plus de 75 minutes ?

Heureusement non. Les titres sont pour la plupart très longs (8 minutes 31 maxi pour « Disciples of the Sacred Oath ») et leur structure varie régulièrement, d’où le côté progressif de l’album. Nous retrouvons avec plaisir les différents chants de Kobi Fahri : le chant clair est beaucoup plus maîtrisé, mais le chant guttural a encore perdu de son côté caverneux, pour être moins agressif qu’à l’accoutumer… (« Disciples of the Sacred Oath » ou même « From Broken Vessels »). Quoique, le chant sur “Barakah” est assez incisif il faut l’avouer. Les guitares quant à elles ne perdent pas de leur authenticité et restent très tranchantes tout en restant très mélodiques et techniques: le lead guitariste Yossi Saharon ne se garde pas de nous jouer de magnifiques solos aux sonorités orientales, pour la plupart longs, maîtrisés, et ô combien magiques comme sur « The Path Part I – Treading Through Darkness » ou « The Warrior » en particulier (les fans de solos de guitares ne peuvent qu’être ravis…).

La plupart du temps, ces guitares se mélangent avec les instruments en fond, comme les violons, ou les claviers, pour ne faire qu’un avec eux. La batterie est toujours aussi bien frappée, cymbales, doubles pédales et j’en passe…le jeu est suffisamment varié pour ne pas se lasser.

En parlant de variété, il faut noter que les instruments sont nombreux : des flutes, des violons, des percussions, des sitars, des guitares, piano et claviers…on ne pourrait faire mieux. Ces instruments sont mis en valeurs sur des titres calmes, où des textes religieux sont narrés ou chantés par Kobi Fhari (« Bereft in the Abyss » ; « His Leaf Shall Not Wither »), alors que Shlomit Levy accompagne en arrière plan de sa belle voix arabe. De ce fait, l’album se situe plus dans une optique symphonique que folk, et les influences se font beaucoup plus ressentir, surtout sur « The Path Part 2 : The Pilgrimage to OR Shalem », « Bakarah » et « Codeword: Uprising », trois titres assez rentre-dedans tout en restant mélodiques, où les percussions et les guitares saccadées jouent un rôle important dans l’élaboration de ces titres.

Enfin, je termine avec le titre « Vayehi OR », lui aussi présenté sur le myspace du groupe dernièrement. Je trouve qu’il a quelque chose en plus par rapport aux autres titres, sûrement ce côté dark qu’on ne retrouve pas dans le reste de l’album, un côté dark amené par le chant grave dans les couplets, à la fois parlé et chuchoté, et planant dans les refrains, mais aussi les guitares, qui amènent une atmosphère pour le moins triste…un titre sensible à mon goût…comme le titre de fermeture, réel manifeste de paix avec sa fin guidée par le piano et le vent, et ses derniers mots murmurés…

6 ans d’attente mais vraiment…ça vaut le coup. OL n’est pas le groupe le plus prolifique du métal, mais au moins, le travail n’est pas bâclé, les heures et les heures passées en studio n’y sont certainement pas pour rien. Cet album possède une vraie présence et nous invite à réfléchir en musique sur les conflits hargneux présents sur la terre entière. Un réel message de paix nous est lancé, à travers une musique agressive, certes mais tout de même mélodique. Une belle initiative pour un beau groupe qui j’espère, trouvera leur « Terre Promise » tant convoitée…

 

Rain (CH) : The Bioactive

Ξ janvier 19th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Gothic Metal, Industrial Metal |

Rain (CH) : The BioactiveRain se meurt…le deluge s’est arrêté…

“Bioactive” est le dernier EP du combo suisse après après 7 ans de formation, et 3 CD. Rain nous fait donc ses adieux. Rain nous quitte…une bonne fois pour toute?

J’en doute. Il faut savoir que Rain n’est pas tout à fait mort malgré leur split-up. Ce groupe a en effet fait une sorte de mutation vers quelque chose de plus agressif, mutation organisée par le guitariste compositeur Drop, désirant changer de registre. Des cendres de Rain sera né Sybreed.

Il n’est donc pas étonnant de voir que la sortie de l’EP “Bioactive” coincide avec la sortie de “Slave Design” de Sybreed. Les deux sont liés, plus que l’on ne le croit. Ce processus a été mis en place pour que les fans de Rain jetent une oreille sur la musique de Sybreed. Très astucieux. Surtout quand on jette un coup d’oeil à la tracklist de “Bioactive”: deux nouveaux titres, et deux qui figurent sur “Slave Design”, “Bioactive” lui-même et “Static Currents”. Un bon moyen de faire ses adieux à Rain tout en disant bonjour à Sybreed.

Du coup, à quoi devons-nous nous attendre? A des mélodies envoutantes, des chants murmurés, et beaucoup de claviers à la Rain, ou des guitares tranchantes, un chant hurlé, et un enrobage électronique à la Sybreed?

Un peu des deux.

L’ordre des titre n’est pas anodin. Si “Bioactive” est mis en premier, c’est bien pour attirer l’attention des auditeurs vers quelque chose de cybernétique et incisif, ce qui fera la patte de Sybreed. Riffs saccadés, chant tantôt hurlé, tantôt clair, ambiance futuriste en prime….ce “Bioactive” ci se veut être la version raccourcie et moins arrangée du “Bioactive” de Sybreed, tout comme “Static Currents”. Tout ce qu’on reproche, c’est le chant moins assuré de Ben, et les samples étouffés, ce qui nous rappelle que c’est bien Rain qu’on écoute…

“Deleted Memories” reste plus ancré dans le sombre univers de Rain, avec toujours autant de claviers. Les guitares, moins agressives, sont pourtant efficaces sur ce titre lent et planant, où l’électronique en arrière plan créent une réelle ambiance dark. Le chant de Ben est plus juste et travaillé que celui de Sin, et surtout beaucoup plus en adéquation avec le style Rain/Sybreed, sans pour autant oublier les murmures. Un titre bien sympathique pour ma part, surtout si vous aimez les univers glauques.

Et la pochette? Ah, la pochette…eh bien je ne saurais vous dire ce que c’est…j’ai bien essayé de trouver une forme, une signification, mais rien à faire. Par contre le logo a changé. On remarque son changement de design et sa ressemblance avec le futur logo de Sybreed. Comme quoi…

Le dernier EP de Rain ne sera intéressant que pour les titres “Contamination” et “Deleted Memories”, les nouveaux titres en somme, puisque les deux derniers deviendront ceux de Sybreed. Ce opus fonctionne comme l’autre EP sorti la même année, nommé “3 Tracks Promo“: deux chansons typés Rain, deux chansons pour leur mutation. Fans de Rain, n’hésitez pas, fans de Sybreed, abstenez-vous. Cette composition n’est donc pas indispensable, juste “optionnelle”…

Une fin de vie regrettable pour Rain qui aurait pu nous sortir un album d’exception, leur opus le plus abouti étant toutefois “Starlight Extinction“; mais il est dommage que les deux derniers EP n’aient réellement servis que de promotion à un groupe en devenir: Sybreed

 

A Dark Halo : Catalyst

Ξ janvier 7th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

A Dark Halo : CatalystLe halo sombre s’abat sur vous….

Peinant à se faire connaître hors de leur grand pays, j’ai nommé les Etats Unis, A Dark Halo nous sort pourtant un album de bonne facture appelé « Cataclyst » en 2006, après un an de formation. Officiant dans du métal industriel à tendance neo-metal il faut l’avouer, le groupe arrive à mêler deux notions antagonistes, c’est-à-dire mélodie et agressivité avec aisance, sans pour autant concurrencer les maîtres du genre. A l’instar de combos tels que Sybreed, Fear Factory, ou même Malmonde, A Dark Halo nous propose quelque chose d’assez homogène et assez électronique, tout en insérant une alternance de chants et d’ambiances.

L’expérimentation des claviers et des samples nous fait rentrer dans un univers futuriste, cosmique même à certains moments, par des jeux très planant et transportant. Le titre « Burn It All », qui introduit l’album par un enrobage électronique omniprésent, se veut très prenant par ses rythmiques efficaces, ses riffs tranchant, et son chant tantôt crié typé néo-metal, tantôt clair, limite robotique car synthétique. Le tout assemblé permet de nous apporter un super refrain très atmosphérique et remplis d’émotions, semblant nous livrer à nous, auditeurs, une sorte de message de bienvenue. Créé comme une initiation à la découverte d’un monde déshumanisé, ce titre représente l’album comme il se doit.

Car en effet, le tout se veut être dans la même veine, c’est-à-dire un couplet assez incisif et pour le coup agressif, scream et guitares en tête, offrant des riffs assez bien trouvés tout de même, pas assez charismatiques pour, disons, « casser des briques », mais une agressivité en totale comparaison avec un refrain très calme, très posé et atmosphérique, par l’arrivée en masse de claviers et de samples et d’une superbe voix, perdant son tranchant au détriment d’une déconcertante mélancolie (quel joli mot…)…comme sur « Dust and Ashes » avec son intro à la Malmonde ou « Beyond Recall ». Tout est mesuré, tout est carré et créé pour faire mouche, chaque instrument a son importance. Chaque titre a sa place, quoique…la fin de « Apex Realized » est assez décevante, j’avoue, je ne sais pas si c’est dû à un manque de créativité ou quoiqu’est-ce, mais baisser le son progressivement du titre jusqu’à la fin de la chanson, c’est tout de même se ficher un peu des auditeurs. Enfin je n’épiloguerais pas là-dessus…

Outre ce point d’interrogation et des titres accrocheurs il faut le dire, A Dark Halo a pensé à intégrer des parties calmes et reposantes. « Silence » porte extrêmement bien son nom étant donné que c’est la « ballade » de l’album. Les deux chants, crié et clair, ont perdu de leur tranchant au détriment de la lamentation cette fois-ci, comme témoins d’un monde à jamais transformé. Les guitares sont très calmes, en totale osmose avec les claviers au second plan, par leur côté planant mais aussi grâce au solo qu’on attendait tous (!), mélodique à souhait et surtout se confondant presque avec les notes de synthé…

Quant à « Formatting », c’est la piste instrumentale, très sombre et froide, sans guitares, ni batterie, juste un fond monotone au synthé, digne imitateur du silence et de l’oppression de l’espace…quelques notes de piano répétitives par-dessus, assez mystérieuses, quelques effets sonores…et nous voilà face à la « formation » d’une planète, d’une étoile… « Formatting » n’a pas un nom inutile…

L’album se clôt comme il a commencé, « Unbreakable » ne détient rien d’original et nous laisse sur notre faim. On a seulement une impression de déjà-vu.

Toutefois, hormis ce léger sentiment d’amertume, « Catalyst » reste un bon album et représente assez bien le métal industriel moderne, même si ce n’est pas un chef d’oeuvre : de l’électronique et encore de l’électronique, une bonne couche de synthé et des guitares âpres. Et aussi le nom : « Catalyst » en anglais, se veut être une substance permettant une réaction chimique importante. Cette réaction s’est-elle produite comme prévu ? En partie oui, l’album n’est pas mauvais, se laisse bien écouter, et on y ressent une réelle alchimie et un réel travail de compositions. La pochette n’a rien de cassant, un fond blanc simple, un symbole à droite…mais aussi de petits dessins en bas à droite, ce ne sont pas seulement des ronds ou des formes géométriques, mais la représentation schématique de l’assemblage des atomes et molécules…en accord donc avec « Catalyst »…

Je souhaite donc bien du courage pour A Dark Halo…avec un nom aussi beau, une production aussi bonne et un effort aussi important, il est clair que le combo mériterait un peu plus de reconnaissance et de montée en puissance sur la scène indus…à découvrir donc pour les amateurs de ce style.

 

Edenbridge : MyEarthDream

Ξ janvier 2nd, 2010 | → 0 Comments | ∇ Symphonic |

Edenbridge : MyEarthDreamDans la bonne veine métal symphonique, vous me direz que les groupes phares sont sans doute les Nightwish, Epica, Within Temptation et compagnie. Sans doute, leurs réputations et leurs places ne sont pas anodines. Toutefois, il est rare d’entendre le nom du groupe Edenbridge, qui, pourtant, a plus d’une corde à son arc: des albums réguliers, un public certain, mais peu de charisme. Etouffé par le succès d’autres groupes à chanteuse, Edenbridge commençait donc une véritable descente en enfer où le scepticisme des membres du groupe Autrichien était prédominant. Mais pourtant, la sortie de l’album “My Earthdream” a changé la donne et offert une nouvelle vie au combo. Grâce cette fois-ci à une bien meilleure production, une amélioration des parties guitares et symphoniques, ce qui fait qu’Edenbridge a de quoi concurrencer ses rivaux.

Le tout se veut plus dense et plus rentre-dedans que les précédents opus, en se rapprochant notamment plus du power métal que du métal symphonique. D’une part par la montée en puissance des guitares: riffs incisifs, plus soutenus que d’habitude, solos très techniques et épiques remplis d’émotion, où les notes ont tendance à partir dans les aigues et à se superposer…résultat surprenant mais efficace (écouter “Fallen Fom Grace”, “Remember Me” ou “Adamantine”). Ce n’est pas non plus un rouleau compresseur qui s’abat sur vous, mais ça reste pour le moins dynamique. D’autre part, la batterie, plus originale dans son jeu, donc moins répétitive: bien frappée, la double pédale et la double grosse caisse sont à l’honneur…un bon rythme en somme.

Edenbrige, outre amener les guitares aux premières loges, ne perd toujours pas ses bonnes habitudes, et nous offrent une véritable symphonie. Il faut noter l’arrivée en masse d’orchestre et de claviers donnant un réel côté épique et moyen-âgeux à la musique des Autrichiens. Toutefois, la nouveauté c’est sans doute les ambiances arabisantes ou asiatiques, notamment sur “Shadow Play” ou “Place of Higher Power“, cithares, erhu (violon chinois) et guitares orientales, nous offrant un nouvel endroit pour s’évader. Intéressant donc.

De plus, ce qui fait une petite différence avec les précédents albums, ce sont les jeux avec les accords et l’accentuation des notes en bémol, donnant un côté plus mystique et parfois gothique.

Quant au chant, il est mené par la jolie Sabine, qui a amélioré sa voix pour le coup. Moins d’accrocs et de fausses notes, sa voix suit parfaitement la musique. Pas de lyrisme ni de fantaisie, elle reste simple, son timbre ressemble un peu à celui de Charlotte dans Delain, c’est à dire, un timbre qui se situe plus dans le grave. Ce chant est pour la plupart du temps accompagné de choeurs pendant les refrains (“Undying Devotion”).

Comme tout groupe de métal symphonique qui se respecte, le combo a inséré des parties instrumentales ou sans guitares comme sur “The Force Within”, le titre d’introduction, bien accrocheur et typé film de fantaisie (je l’imagine bien en BO de “Coeur de Dragon“…), “Whale Rider”, avec un piano accompagnateur, assez lassant…Et comme tout groupe de métal symphonique qui se respecte, “My Earthdream” est le chef d’oeuvre épique de l’album. Ce titre éponyme, du haut de ses 12 minutes, se démarque pour ma part du reste de l’album par son côté expérimental, ou le heavy métal cotoie l’électronique, le gothique et le symphonique. Au milieu des samples, des orgues mystérieux, des guitares tranchantes et d’une batterie agressive s’introduisent chant féminin, choeurs, et growl…une plaisir procuré par la noirceur de ce titre entre autre, son réel dynamisme et la puissance de tous les instruments. S’il y a bien un titre à retenir, c’est bien celui-là.

Un bon album en somme, mais toutefois pas taillé pour rester dans les annales. L’amélioration de la production permet pourtant de passer un bon moment à l’écoute de “My Earthdream”, contrairement aux autres opus où le son restait à désirer. Il faut qu’Edenbridge prenne plus de risques, le tout manque quand même d’originalité malgré une outro magistrale. S’ils ne veulent pas stagner et rester dans l’ombre, il faut améliorer ce point. Je le recommande toutefois aux fans de métal symphonique, ça pourra faire des heureux…

 

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