Salem (ISR) : Playing God and Other Short Stories

Ξ mars 29th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Doom/Death, Oriental Metal |

Salem (ISR) : Playing God and Other Short StoriesLes précurseurs du death/doom métal israélien sont de retour en cette année 2010 avec un septième album. Un opus qui s’avère être un concept album.

En effet, le titre de l’album, « Playing God ans Other Short Stories » suggère que le groupe va nous raconter quelques petites histoires sur ceux ou celles qui jouent à Dieu dans la vie de tous les jours. En réalité, d’après les paroles, il s’agirait des politiciens et même des Super Héros. Salem a toujours intégré au sein de leur musique, des paroles pour la plupart assez engagées. De plus, le concept de l’album se fait aussi ressentir au niveau de la tracklist : trois parties distinctes en ressortent, chaque partie possédant quatre titres.

Cette fois-ci, le groupe s’arme d’un nouveau label, Pulverised Records, après avoir moult fois changé, signant même chez Season of Mist quelques années auparavant. Le son est d’ailleurs bon, le tranchant des guitares et l’agressivité de la voix étant plus mis en avant. La pochette quant à elle, aux dominantes de noir et de rouge, fait ressortir un crâne en son milieu, un symbole inscrit sur son front, entouré, semble-t-il, de lames tranchantes…

Pour ce qui est de la musique, le groupe nous pond de nouveau un opus où le death et le doom se côtoient, sauf que cette fois-ci, je dirais que c’est plus leur côté death qui est mis en avant. Par la vitesse du rythme, le tranchant des guitares et des vocaux entre autre. De plus, du fait de leurs origines, les compos sont parfois ponctués de mélodies orientales, notamment aux riffs et aussi à l’apparition ponctuelle de claviers, trop rares (mais en même temps, ce n’est absolument pas la marque de fabrique du groupe…). Ambiance orientale notamment mise en avant par l’arrivée de percussions et de chant féminin arabe.

Le premier titre “Drums of the Dead Part 1” commence par une intro de percussions, soutenues ensuite par l’arrivée en masse des guitares, d’excellents riffs orientaux, et de saccades, le tout mis en valeur par la bonne double pédale de la batterie. Le growl de Zeev Tananboim est incisif, et des vocaux féminins viennent apporter un peu plus de douceur au cœur de cette agressivité.

Alors que « Drums of the Dead Part 2 » est plus doom dans le rythme et la lourdeur des guitares, et que l’ambiance orientale est d’autant plus audible (riffs et percussions en tête), « Exodus » est un titre beaucoup plus rendre-dedans et bien death : rythme syncopé et double pédale, technique des grattes, vocaux bien maîtrisés et plus modulés…à noter que ce titre-ci est la reprise du très célèbre « Exodus » de Bob Marley. Une version, bien sûre, plus agressive, mais toute aussi rythmé et intéressante, les atmosphères jamaïcains remplacées bien évidemment par une atmosphère orientale, donnant de nouvelles couleurs à une chanson reggae.

Les trois parties de « Mark of the Beast » sont malheureusement trop linéaires, elles se ressemblent de beaucoup, notamment par la voix, qui à la longue, devient assez lassante, et les lignes de batterie et de guitares. Ca en devient même pesant, mais heureusement, les vocaux féminins apportent un peu plus d’originalité au sein de ces compos.

Des titres totalement inutiles complètent l’album, comme « Downfall of Paris Part 1 » où l’on entend que des roulements de tambours militaires pendant deux minutes (surtout que ce sont tout le temps les mêmes !), ou comme « I Hate Pigs ! » où on assiste en direct à une exécution de cochons (totalement ridicule…).

Le dernier titre « Playing God » finit par le commencement (d’où le titre). Taillé plus doom à son tour, on sent quand même une influence prog, surtout par la longueur mais aussi les changements de structures. Très oriental au niveau des riffs, et des vocaux féminins utilisés à bon escient, on a aussi droit à des breaks où batterie et basse sont le fil conducteur. Même si les guitares sont assez bourrines par moment et que le chant semble un peu étouffé par cette masse de riffs, ce titre reste assez intéressant car plus original que les autres (à noter l’apparition de chœurs masculins, énonçant, sans doute, des prières…).

Un album sympathique mais qui ne marque pas. Dommage. On aurait espérer se souvenir un minimum des titres à la fin d’une première voire deuxième écoute, mais non, il faut plus d’écoute que cela, car, en finalité, c’est assez linéaire. Quelques titres sortent tout de même des sentiers battus comme « Exodus » ou « Playing God », dont j’ai expliqué les raisons.

Je le conseille tout de même pour les amateurs de la fusion doom/death et ceux aimant un minimum les sonorités orientales. Les autres, vous pouvez tester mais je ne suis pas sûre que cela vous convienne. Les fans de Salem peuvent être déçus, car on ne retrouve pas vraiment la magie des premiers opus, plus martiale et prenante…

 

Samael : Passage

Ξ mars 22nd, 2010 | → 0 Comments | ∇ Black Electro |

Samael : PassageEn cette année 1996, qui aurait cru un jour que les blackeux de Samael changent d’orientation musicale après avoir sorti trois albums de black pur et dur…

On s’en était vaguement doutés avec l’arrivée de l’EP « Rebellion », où les claviers commençaient à peine à prendre de l’importance, mais avec « Passage » c’est décidé : cet instrument fera parti de la musique.

« Passage » porte décidément bien son nom. C’est le Passage du groupe vers une musique plus sombre et mélodique, le Passage vers quelque chose de plus artistique et recherché, le Passage vers une orientation musicale un peu plus industrielle, le Passage vers une musique plus magistrale qu’elle ne l’a jamais été.

« Passage » peut aussi être une symbolique en rapport avec la lune, qui orne la pochette très cosmique de l’album : les différentes phases du satellite, passant d’une pleine lune à un croissant, ou une nouvelle lune, bref, encore des Passages…

Ceci dit, l’intégration de claviers pourrait signifier qu’un autre membre pourrait intégrer le combo, et bien pas du tout. Le groupe reste à trois, Vorph au chant et à la guitare, Mas à la basse, mais Xy, lui, se décharge, on peut dire, de sa batterie pour la remplacer par une boîte à rythme, afin de mieux prendre le contrôle de ses claviers. C’est que ça nous fait deux changements majeurs alors. J’avoue qu’à la première écoute, la batterie électronique peut faire un drôle d’effet, les battements partant un peu dans tous les sens ou étant un peu trop amplifiés. Mais au final on s’y fait et c’est ce qui fait, en partie, le charme de cet album.

En effet, cet opus a un charme fou, et c’est un euphémisme. « Passage » est si fort dans les compositions, les arrangements, les mélodies et harmonies, les parties agressives et sombres qu’on ne peut qu’être ensorcelés par cette musique limite apocalyptique, triste et froide.

Fort de son style imposant, « Passage » est en réalité une réelle descente dans un monde oppressant, grâce au chant si tranchant et grave de Vorph, aux riffs si percutants et accrocheurs de sa gratte, et aux claviers si omniprésents et imposants de Xy : piano, orgues, chœurs, etc. Oppressant par la noirceur de la musique entre autre, ce qui détonne tout de même avec la mélodicité qui s’en dégage. Un titre comme « Rain » est comme une invocation au déluge…pas vraiment un déluge d’eau mais de guitares enragées entre autre et de claviers si merveilleusement arrangés pour apporter un côté plus mystique. Une voix tantôt parlée, tantôt criée, et très charismatique dans les refrains.

Alors que « Moonskin » est l’exemple même du titre rempli de grâce, de fraicheur mais aussi d’émotion, les vocaux de Vorph, extrêmes et mélodiques à la fois, apportant beaucoup à la chanson, ainsi que les guitares, grasses, et le clavier, indispensable (et ce refrain, si beau, si puissant…), « Angel’s Decay » est un vrai chef d’œuvre en matière de tristesse et d’anéantissement. Même si l’intro à la boîte à rythme est assez casse pied, l’ambiance faite aux claviers et au piano est envoutante et déconcertante : noire, pesante, surtout à la lecture des paroles, forte en signification (un homme racontant à son ami sa terrible tragédie…).

Ne dénigrant pas pour autant leurs origines, Samael peuvent aussi nous composer des titres aux structures black tels que « My Savior », assez rapide, où le chant a toute son importance, et où le tranchant de la guitare est plus mis en avant, ou « The Shining Kingdom », dans la même veine.

Bon je tiens à le signaler, pas d’amalgame ou d’incompréhension à l’écoute de « A Man in Your Head »…même si une des phrases du titre (ou dirais-je, LA phrase…) semble ambiguë (« Ein Volk, Ein Reich, Ein Führer »). Pas une propagande mais une façon de dénoncer une certaine oppression, notamment les voix qui s’insinuent dans les têtes des gens, les manipulant et les privant de leur liberté…et tout ceci soutenue par une musique assez sombre, avec en fond, des orgues et des chœurs, style impériaux…

Un chef d’œuvre du genre, sans doute l’une des plus belles réussites de Samael. Leur musique, à cheval entre black, indus et sympho, ne passe vraiment pas inaperçue tant elle est difficile à décrire. Ces termes ne sont en effet pas suffisants, quelque chose d’autre se dégage de leurs compositions : le talent, le génie, la force novatrice d’un groupe qui ne cesse de nous impressionner. Ecouter « Passage » c’est comme commencer un voyager dans les méandres d’un univers décadent et terrible, dans les méandres d’un monde décimé par la tristesse, la torpeur, mais aussi l’espoir…

 

Samael : Exodus

Ξ mars 22nd, 2010 | → 0 Comments | ∇ Black Electro |

Samael : ExodusQue dire de cet Ep, « Exodus » sinon que c’est l’opus suivant de près le mythique album « Passage »…que dire des compositions magnifiques remplies de noirceur et de mélodies, de la beauté de la pochette et du concept, de l’émerveillement que j’ai ressenti à son écoute…

Avez-vous déjà ressenti cela…cette impression d’avoir trouvé ce que vous recherchiez depuis toujours ? Une écoute, et ça y est, vous êtes transportés loin, loin, loin…une sorte d’exode spirituelle en somme…

Je ne vais pas vous assommer avec mon ressenti personnel. Non. Je l’ai déjà décris en une phrase c’est bien suffisant. Je vais vous parler de l’album en lui-même.

Le concept…cette envie du cosmos, de nous faire voyager, rêver, planer…cette pochette une fois de plus spatiale, montrant notre vision de la Terre d’une autre planète, après un exode inévitable…ces tons de vert, symbole de l’espoir, d’une envie de se reconstruire…ces titres si mystiques et étranges…

La musique…similaire à celle de « Passage », si bien que les quelques titres de cet Ep auraient pu faire partie intégrante de cet album. Une ambiance cataclysmique, noire, froide, aérienne, spirituelle…soutenue par des claviers variés et omniprésents, des riffs de guitares ravageurs, des vocaux tranchants…

Six titres composent cet EP : trois nouveaux, et trois anciens, remodelés, tout droit venus de l’album « Ceremony of Opposites ». Ecris par Vorph, composés par Xy, l’ensemble se veut incroyablement variés et empreint d’une identité qui lui est propre.

Le titre éponyme, « Exodus », sans doute le hit ultime de l’album, est tout simplement incroyable et représentatif du génie des suisses. Il me fait beaucoup penser à « Rain ». Des couplets où la basse et le réel fil conducteur, avec cette voix murmurée et ces claviers si étranges, fluides, et ces refrains…magnifiques par le tranchant de la voix, par cette rage qu’il est impossible de ne pas ressentir, ces riffs de guitares immenses, ces claviers aériens, ces chœurs, apportant une dose d’émotion en plus…

Alors que « Tribes of Cain » est beaucoup plus centré sur une optique gothique et terrifiante, avec une voix bien black et des orgues mystérieux et épiques en arrière plan, « Winter Solstice » est comme la petite sœur de « Moonskin » de « Passage », un morceau sensuel, ressemblant étrangement à une ballade, calme, atmosphérique, où la voix de Vorph est étonnamment douce et où le piano est le véritable fil conducteur, paradé par des guitares lentes mais planantes…

Je vais maintenant faire un petit topo sur les reprises des titres de « Ceremony of Opposites », notamment avec « Son of Earth », qui maintenant, possède des claviers, une voix plus modulée mais des guitares moins grasses et agressives…une bonne reprise mais manquant de piquant, n’allant donc pas à la hauteur de l’original. Par contre, « Malkuth to Kether », c’est, …c’est comment recycler « Son of Earth » et en faire un titre à part entière. Le combo a en effet repris le final de ce dernier titre, percussions en tête (dont des beats électroniques…), voix bien black, riffs réinventés et percutants, ambiance indus et spatiale…

A noter, un titre instrumental caché sur la setlist mais bien présent quand vous écoutez l’album, le fameux titre numéro 7…portant le nom de « Static Journey » (tiens, comme dans « Ceremony of Opposites »…), c’est en effet une sorte de recyclage (encore), où l’ambiance cette fois-ci est moins gothique et inquiétante, mais plus planante, suave, et marine…je ne sais pas pourquoi mais en écoutant ce savoureux mélange de piano et de violons synthétiques entre autre, j’ai l’impression d’être en bord de mer, voire sur un bateau, regarder l’horizon, rêver, m’envoler…

Un « Passage » bis si on peut dire (normal, les compositions étaient au départ destinées à apparaître sur cet opus), mais qui vaut largement le coup, surtout pour « Exodus » et la reprise terrifiante, étouffante, lourde et sombre de « Ceremony of Opposites ». Une belle réussite de nouveau pour un groupe qui ne cesse d’impressionner. Une étape conséquente qui marque bel et bien la transition d’une musique black vers quelque chose de plus industriel, tout en restant martiale et somptueux.

 

Filter : The Amalgamut

Ξ mars 17th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Alternative |

Filter : The AmalgamutDois-je présenter Filter?

Tout amateur de métal alternatif qui se respecte se doit de connaitre Filter, un des groupes les plus mythiques des USA. Surtout que le combo est assez connu pour passer sur les stations de radio américaine et sortir des BO pour des films, ayant tout de même pas mal de renommés (“X-Files” ou “Spawn” par exemple)…en même temps, il faut savoir que le leader chanteur/guitariste Richard Patrick sait bien tirer les ficelles et mener son groupe comme bon lui semble (oui, oui, le monsieur est bien le frère de Robert Patrick, l’acteur incarnant le méchant T-1000 dans Terminator 2).

Sauf que 2002 s’annonce comme une date primordiale dans la carrière du groupe. 2002 c’est l’année où Richard Patrick décide de sortir “The Amalgamut” juste avant de passer en cure de désintox, imposant un split provisoire au groupe. Un split qui va durer plusieurs année, avant que le leader ne reforme son groupe, mais sans les musiciens habituels, se privant du bassiste Frank Cavanagh, parti guerroyer en Irak…

2002, c’est aussi l’année où la musique de Filter atteint son paroxysme en terme d’originalité et de puissance, la cure, n’ayant pas fait que du bien au compositeur et parolier Richard Patrick (à cause du manque de temps pour composer, le manque d’imagination, et l’arrivée des nouveaux musiciens).

The Amalgamut” est le troisième album du combo, après un “Short Bus” très controversé, et un “Title of Record” très bien inspiré, et avant un “Anthems for the Damned” très décevant et en manque d’originalité.

Je n’irais pas par quatre chemins, la pochette est vraiment pourrie…mais comme on dit des fois, les mauvaises pochettes ne font pas de mauvais albums, et en voici un bel exemple. La galette se veut être très variée dans les compositions, les titres se différenciant bien.

Dans une veine métal alternatif/rock, le tout se veut être homogène et peu linéaire.

Rien de tel qu’un petit “You Walk Away” pour commencer l’album en beauté. Un titre sombre et bien énervé, où l’on retrouve le génie de Richard Patrick dans “Title of Record” : des guitares bien orchestrées et accordées de manière à ce qu’il y ait une subtile différence entre la lead guitare et la rythmic, une sorte de demi ton en moins, et le charme opère. Une basse extrêmement bien audible, et un chant, pour ma part, pas très “métal”, plutôt aigu et clair, mais efficace : tantôt posé, tantôt énervé, ce chant empêche réellement l’auditeur de s’ennuyer.

Si on a des titres assez thrashy, bien rentre dedans comme “Columbind”, assez jouissif dans les jeux de guitares et cette voix hurlée, ou “So I Quit”, totalement énervé et hypnotique dans les couplets mais si mélodique et prenant dans les refrains (une voix posée et des guitares harmonieuses), on a aussi droit à des titres plus calmes voire acoustiques tels que “Where Do We Go From Here”, une ballade très intimiste et remplie d’émotion, surtout quand arrive le solo de guitare vers la fin, ou “God Dawn Me” (ce qui me fait penser que les accords de guitares semblent avoir été en parti repris dans “Only You” de l’album suivant, “Anthems for the Damned“).

Enfin je me dois de vous parler des deux points d’interrogation de l’album, les deux derniers titres en réalité, “World Today” et “4th”…sincèrement je n’ai pas compris grand chose en les écoutant, le deuxième étant la suite du premier…je ne leur trouve aucun intérêt pour être franche…ennuyeux, car toujours le même rythme et la même platitude, pas de guitares, juste un fond sonore, et le chant de Richard Patrick, bien anormal en fait (monotone, trafiqué, c’est moche).

Outre ces titres qui auraient pu être supprimés, il faut tout de même reconnaître que l’album est bon, sans doute dû à un savoureux mélange d’agressivité et de mélodie. Bon, c’est loin d’être du death, mais c’est efficace dans le style. Un opus prenant, et assez direct dans les paroles (quand Richard Patrick n’est pas content…il le dit!), marquant la fin de “Filter première période”, c’est à dire, l’époque jouissive et inventive, qu’on ne retrouvera plus à partir de “Anthems for the Damned“.

 

Winterburst : Winterburst

Ξ mars 11th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Winterburst : WinterburstWinterburst aura été la bonne surprise de cette fin d’année 2009. Ce groupe parisien arrive sur le devant de la scène comme des professionnels avec une toute première composition éponyme. Car le groupe est tout jeune, il sort encore du berceau, et il nous pond une totale merveille en matière de black/death/sympho…de la magie, du talent, de la brutalité et de la mélodie, voici les ingrédients au menu à l’écoute de cette démo.

A cela s’ajoute une artwork pour le moins magnifique, nous présentant un monde pour le moins gothique, où un château s’élève au sommet d’une montage enneigée, sur un fond gris et terne. Artwork sur lequel se pose un logo assez bien imaginé, au fond gris acier, et où les pattes de la première et la dernière lettre se relèvent tels des sabres tranchant.

Univers sombre et triste, inquiétude et désolation…ce sont les thèmes qui reviennent le plus souvent et la musique en est totalement caractéristique.

Alors que les guitares, très techniques et assez émotives, nous lancent des riffs pour le moins sombres et originaux, changeant de rythme, de puissance, et de jeu sans grande difficulté, la voix se veut très bien criée, merveilleusement modulée, malsaine et caverneuse. Les claviers en arrière plan, mettent beaucoup plus en avant la mélancolie des titres et parfois ce côté inquiétant et terrifiant, en alternant les instruments à cordes mais aussi les xylophones et les chœurs. « The Sign of the Black Ivy » et son introduction instrumentale et sans guitares, refroidit littéralement l’auditeur, pénétré par un souffle maudit et glacial, jusqu’à l’arrivée en masse des guitares bien bourrines et extrêmement agressives, suivies d’une voix black bien audible et ô combien démoniaque. Un titre prenant, un titre très bien foutu, une orchestration impeccable, tout instrument confondu (ces claviers…), ce solo de guitare à la fin super émouvant…rien à dire.

Si « Circle of Despair » porte très bien son nom par le côté désespéré de sa musique, mis en avant par un solo de guitare triste et terrible tant par sa justesse que par sa sensibilité, « Enthronement Ceremony » est l’exemple même du titre sombre, ces guitares accordées dans les graves, cette voix impressionnante et cette symphonie grandiloquente apportant une bonne dose de ténèbres et nous emmenant au sein d’une bataille antique…

Alors que des groupes avec plusieurs albums à leur actif tentent de percer dans le milieu et sortir l’album ultime, Winterbust aura, avec cette démo, fait un grand pas en avant, arrivant même à la hauteur des plus grands…un premier jet doté d’une excellente production, créé par un groupe au talent et à la magie créative qu’il ne faut absolument pas dénier. Un très bon début en somme, en espérant que le combo continue sur leur lancée…

 

Dagor Dagorath : Yetzer Ha’Ra

Ξ mars 10th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Dagor Dagorath : Yetzer Ha'RaDagor Dagorath…ce nom fait rêver…les amateurs de Tolkien y auront sans doute reconnu le nom d’un événement majeur des contes de la Terre du Milieu, Dagor Dagorath signifiant en langue elfique « La bataille des batailles »…outre ce nom, il faut savoir que le combo sort en cette année 2010 un tout premier album nommé « Yetzer Ha’Ra » (par contre je ne connais pas la signification !) après avoir sorti une démo et deux split albums. Inconnus au bataillon il faut l’avouer, même s’ils existent depuis 2003, les jeunes israéliens tentent de percer dans le milieu du métal, en nous offrant du black/death symphonique de bonne facture.

Parlons un peu de la superbe pochette. Les couleurs sont fades, sombres…notre regard se pose automatiquement sur cet homme au milieu, il a l’air composé de plusieurs personnes à la fois…assez étrange. Il faut savoir que le créateur de cette pochette n’est autre que Seth Siro Anton, connu pour créer des graphismes pour des groupes tels que Belphegor ou Vader (les sortes de « pinces » derrière l’homme de la pochette de DD ressemblent beaucoup aux pinces présentes sur un album de Belphegor nommé « Bondage Goat Zombie »..).

Parlons musique …

Du fait de leurs origines, il est normal que l’on puisse s’attendre à des sonorités orientales. Difficile à dire. Il y a de bonnes mélodies aux claviers, des harmonies, mais je ne dirais pas que ce soit typiquement oriental (certains seront peut-être rassurés…). La symphonie est principalement composée de violons, flutes, contrebasses et j’en passe. Pas de sitars, percussions…

L’album se compose de sept titres, tous assez longs, allant jusqu’à huit minutes et demi. Un des défauts de cette galette. Je ne vais pas y aller par quatre chemins mais en effet, les titres sont assez lassants. On est pris dedans à chaque premières minutes, mais finalement, ce sont les mêmes structures qui reviennent, c’est linéaire…on croit entendre ce qu’on a déjà entendu, on a presque envie de changer de morceau…bref…c’est assez ennuyeux. Sauf que la musique en elle-même reste pour le moins assez intéressante.

Car il s’agit bel et bien de black/death symphonique. Le titre ouvrant le bal est « The Hell in Heaven » .Un titre ressemblant beaucoup à « The Serpenting Offering » de Dimmu Borgir : une intro instrumentale de quelques secondes, orchestre en tête, démarrage en trombe des guitares, les riffs, rien à dire, la symphonie grandiloquente en arrière plan, le chant black bien crié. Sauf qu’il y a ici un côté plus mystique et on retrouve des chœurs féminins plutôt bizarres…

Pour la suite de l’album, c’est identique. Les guitares se saccadent par moment, le chant peu parfois atteindre les graves, donnant un côté caverneux. La batterie nous offre pas mal de double pédale …les harmonies sont plutôt sombres, épiques par moment, assez guerrières…mais les titres ont tendance à se ressembler et les influences dimmu borgiennes se font beaucoup trop ressentir (« Heaven in Hell » par exemple).

« The Call » est l’exemple typique du titre sombre à tendance folk, long, peut-être, mais assez prenant tant par le rythme assez dynamique que par la variété des instruments : on retrouve même un accordéon. Les mélodies sont d’ailleurs plutôt jolies même si c’est un sentiment de tristesse qui ressort de ce titre

On sent qu’il y a quelque chose, on sent aussi que le groupe peut faire mieux, suffirait de raccourcir les titres ou alors de les alimenter de plus d’originalité et d’identité. Cet album reste pour le moins sympathique si on écoute un titre comme ça une fois de temps en temps. Si vous l’écoutez du début à la fin, forcément, vous serez lassé, ce qui est bien dommage. Sans pour autant décourager ce groupe qui, je pense, peut avoir de l’avenir (suffit d’écouter la production, super bien paufinée), je conseille tout de même l’album aux amateurs de black/death/sympho, je pense que certains pourront y trouver leur compte. Pas tous. Mais pourquoi pas ne pas y jeter une oreille.

 

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