Arkan : Hilal

Ξ avril 22nd, 2010 | → 0 Comments | ∇ Death Folk, Oriental Metal |

Arkan : HilalAlors qu’Orphaned Land fait sensation en Israël, que Nile surprend aux USA et que Myrath se fait de plus en plus connaître en Tunisie, les français d’Arkan nous proposent à leur tour du métal oriental, mi-death, mi-folk, mélangeant les ambiances de leur confrères précédemment cités pour finalement sortir un album très exotique, original et dépaysant.

Fondé par l’ex batteur de The Old Dead Tree, désirant intégrer des éléments orientaux dans une musique hargneuse et énergique, « Hilal », qui tient son nom d’une tribu arabe, est un véritable bijou en matière de métal oriental.

Le tout se veut très bien réussi. Le son est très bon, le groupe ayant signé chez Season Of Mist, un nom tout de même chez les labels ; les compos sont variées et originales et surtout enivrantes. Rare est-il de mélanger autant de parties orientales à d’autres parties bien métal et rentre dedans, créant de véritables ruptures au sein des titres. C’est ça l’avantage chez Arkan. Sur « Groans of the Abyss » ou « Lords Declines » vous pouvez tout à fait avoir une intro bien rentre dedans, des couplets et refrains bien bourrins, aux riffs et ambiances orientaux, puis avoir une coupure en milieu de titres totalement acoustiques, où les instruments orientaux et les chants traditionnels arabes sont de la partie : violons, percussions, flutes, et j’en passe, tout est au rendez-vous et permet à l’auditeur de voyager ne serait-ce que quelques secondes, voire parfois quelques minutes.

La musique reste toutefois bel et bien death même si les riffs orientaux se veulent peut-être plus présents que les riffs typiquement métal, mais tout de même…les jeux de guitares sont très bien réussis et apportent de la hargne au milieu de cette musique qui se veut chaleureuse. « Tied Fates » et « The Sevent Gates » possèdent toutes deux une intro du même style, c’est-à-dire un solo de guitares oriental faisant automatiquement voyager. Le reste se veut tout de même différent contrairement aux apparences, les parties death étant plus prédominantes, le chant caverneux de Florent Jannier faisant mouche, de par son charisme et sa rage qu’il semble livrer dans chacun des titres. Mais ce tranchant est allégé de temps en temps par le chant clair atmosphérique et oriental d’Abder Abdallahoum ou des chants arabes féminins tel que sur « Defying the Idols », exemple type du dynamisme et de l’agressivité mélangés à la douceur des chants et la chaleur des instruments orientaux.

Ajoutez à cela des titres très calmes tels que « Athaoura » et « Amaloun Jadid », où aucune guitare électrique n’est à l’honneur. Ici, juste place à l’exotisme, aux ambiances orientales, voire orphaned landesque, aux chants arabes…dépaysement garanti.

Il faut aussi noter que « Chaos Cypher » se démarque plus par son côté black que death pour la majeure partie du titre, le growl grave de Florent étant très imposant et poussé à l’extrême, les guitares et les riffs très dynamiques, et la batterie bien martelée. La fin, par contre, se veut plus centrée dans une optique doom, ce qui détonne avec le reste du titre : cette fin est donc lente, pesante, sombre, mélancolique, et surtout très prenante, le chant féminin arabe apportant tout de même un peu plus de lumière et de mélodies dans ce flot de tristesse, de désespoir et de chaos.

Ce premier opus d’Arkan est donc une véritable réussite, le folk et le death ne dominant pas plus l’un sur l’autre, le mélange étant savoureux et très jouissif. Un vrai régal qui plaira sans aucun doute à tout amateur d’originalité et de voyage.

 

Interlock : Crisis Reinvention

Ξ avril 22nd, 2010 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Interlock : Crisis ReinventionLe désespoir, la perte de sensation, l’annihilation des sentiments, la crise…autant de thèmes, autant d’ambiances, autant de sensations réunis au sein d’un même album, « Crisis //Reinvention ».

Interlock fait fort, Interlock ose, Interlock, passionné, sort leur deuxième album seulement et nous propose une musique des plus incisives, teintée d’atmosphères électroniques et torturées. Leur identité est originale et peu identique à ce qui se fait dans le monde du métal. Même si les britanniques font une musique typiquement industrielle au son aussi saturé que celui de Marylin Manson et à la hargne proche des Strapping Young Lad, il faut le dire, Interlock se rapproche beaucoup plus du métal dit « cyber » et c’est bien d’ailleurs ainsi que le groupe préfère désigner leur musique.

Le cyber métal est méconnu, à part Fear Factory ou Sybreed, quels groupes représentent réellement ce style si délaissé ? Pour Interlock et leur envie d’innover et de faire évoluer le métal, la question ne s’est pas posée. Le cyber, avec ce concept si futuriste, torturé et décadent, leur a tendu les bras. Pari réussi.

Le monde d’Interlock se veut alors bien étrange et surtout apocalyptique. Alors que l’être humain dans toute sa splendeur semble être une créature totalement décharnée (la pochette en étant un exemple type ainsi que des noms de titres tels que « Skinless » ou « Sleepless »), l’éradication et l’emprise physique et mentale semblent être les maitres mots de l’album.

Ces quelques termes sont appréhendés à travers une musique diversifiée et surtout très originale. Electronique à souhait (pas de claviers, juste une certaine programmation et beaucoup de samples), les guitares sont saturées et lourdes, les riffs sont très bien trouvés, les solos plein d’émotion, tandis que la batterie, ultra technique, a un jeu très varié, un rythme souvent syncopé, et surtout une double pédale monstrueuse (« Straight ») . Le mélange des deux crée de multiples facettes à la musique, celle-ci pouvant très bien être typiquement indus, mais aussi proche du death (« Creed »), du thrash ou du gothic rock (« Never/Lost »)

Le petit plus d’Interlock, c’est sans aucun doute la dualité magistrale des chants. Les deux chanteurs Hal et Christina savent parfaitement mélanger leur voix, alternant à tour de rôle, un chant clair très mélodieux, et un chant enragé, presque proche du death, très tranchant, et le résultat est surprenant. Ce tandem de choc attire bel et bien notre attention du début à la fin.

Alors que « Skinless » démarre agréablement l’album sur les chapeaux de roues, les couplets étant tranchants et les refrains assez aériens, « This Waking Moment » est très calme et presque ambiant, l’enrobage électronique étant omniprésent et les chants se rapprochant plus des murmures.

« Never/Lost » est très réussi au niveau des ambiances, et des changements de rythme, de l’ombre à la lumière, du calme à l’agressivité…des chœurs en arrière plan…et toujours ces chants charismatiques, que ce soit celui de Hal ou celui de Christina…un véritable condensé de mélodie et de mystère… « Sleepless » utilise la lourdeur des guitares à bon escient et quelques riffs incisifs pour couronner le tout.

Interlock n’oublie décidément rien. Interlock affectionne les passages mélancoliques et torturés. « The Hold » est l’exemple typique. Le titre qui se démarque de l’album. Hypnotisant. Attirant. Prenant. Triste. Chaotique.

Il y a une véritable progression, si bien qu’on ne sait jamais quand le titre se termine. Le piano cristallin et ses quelques notes énigmatiques résonnent dans notre tête à mesure que l’électronique fait délicatement son apparition. Puis la basse et la batterie, et ce tempo lent, accompagnant ce piano qui continue à nous embarquer. Puis l’arrivée des deux voix, qui se superposent, et ne font qu’un. Claires, Mélodiques, Aériennes., soutenues par un fond sonore des plus tristes. Puis les guitares, saturées, se mélangeant aux autres instruments sans les recouvrir, sans les dénaturer. Et enfin ce tranchant dans les voix, aussi bien du côté de Hal que de Christina, ce côté torturé, ces cris de désespoir si prenants…

Et quand tout se termine on veut y retourner, encore et encore… « The Hold » signifie « l’emprise » en français….c’est tout à fait ça…

« Crisis//Reinvention » c’est quoi ? C’est cybernétique. C’est électronique. C’est tranchant. C’est torturé. C’est prenant.

On n’a qu’une envie après avoir écouté l’ensemble d’une traite : se replonger dans leur monde particulier. Faire de nouveau face à toutes ces émotions. Se laisser envahir par les ambiances…

 

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