Skyfire : Esoteric

Ξ mai 23rd, 2010 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Skyfire : EsotericRares sont ces albums qui vous procurent une sensation des plus uniques. Cette émotion sans égal, cette envie de plonger encore et encore dans une musique des plus prenantes, cette emprise ultime qui ne vous laisse décidément pas indifférent. Ce quatrième album, « Esoteric », révèle tout le talent de Skyfire, nous embarquant dans un univers lumineux et sombre à la fois, agressif et mélodique, où la froideur du death métal côtoie magistralement les terribles ambiances black. Cet album, outre garder ce côté mélodique si cher à nos suédois, s’empare de nombreux passages symphoniques digne d’une réelle épopée et renforçant ce côté mystique et cet éclat si frappant.

Qui en écoutant cet opus ne pensera pas au sublime « Puritanical Euphoric Misanthropia » de Dimmu Borgir tant les ressemblances sont frappantes ? Peut-être moins extrême, peut-être moins dramatique, « Esoteric » est empreint d’ambiance dimmu borgienne sur une bonne partie de l’album, sans pour autant ôter toute l’âme d’un groupe pas assez considéré dans le milieu.

A titre d’exemple, « Deathlike Overture », introduction instrumentale de l’album, ne peut que faire penser à « Fear and Wonder » de leurs compères Norvégiens. Un orchestre symphonique totalement poignant et dramatique, des chœurs renforçant ce côté cinématographique et ce piano, réel pièce maîtresse d’un titre pour le moins fantastique doté de sentiments antagonistes : c’est beau et effrayant à la fois…

De même pour « Darkness Descending », un titre d’une rare intensité, prenant, froid, sombre, mélancolique, brute, mais si magnifique. Skyfire semble faire un mix de « Blessing Upon the Throne of Tyranny » et de « Hybrid Stigmata » de Dimmu Borgir en rajoutant leur petite sauce, le death en prime. L’orchestre est de la partie, les notes s’envolent et nous plongent dans une atmosphère des plus inquiètantes. Quelques notes de piano pour commencer, un chœur si mystérieux, et une montée en puissance incroyable : riffs incisifs et incroyables, chant rocailleur enragé, rapidité du rythme, ambiance théâtralisée…comment ne pas avoir des frissons ? La suite du titre se veut d’autant plus terrible et sombre, le chant comme un cri venant droit des enfers, les guitares on ne peut plus lourdes, les violons jouant des notes des plus tragiques, tandis que paradoxalement, le piano et ses sons si cristallins se révèle être comme un éclat de lumière au milieu de cet abîme si profond.

Les titres sont longs, très progressifs et structurés, mais loin d’ennuyer. Bouleversants, et animant en nous une flamme qu’on peine à retrouver, la longueur permet donc de rester plonger dans cet état de transe et de bonheur. Le paradoxe est tel que nous aimons cette beauté dans les ténèbres, cette suprématie de l’agressivité liée malgré elle à la mélodicité. « Misery’s Supremacy » est un mélange subtil et talentueux d’atmosphères si différentes. Le duo de solo guitare/piano mêlé à un orchestre symphonique lumineux est totalement somptueux et apaisant, jusqu’à une nouvelle montée en puissance, riffs rapides et précis, chant grave et rageur, des lignes de basses qu’on ne peut que remarquer, une batterie martelée à n’en plus pouvoir et aux jeux très variés. Les chœurs apportent une ambiance mystique bien particulière jusqu’à un refrain épique et très facile à retenir guidé par les solos des guitares, les violons étant aux premières loges, le chant décharné. Si la brutalité du titre côtoie aisément la mélodie si pure et aérienne des claviers, la fantasmagorie, elle, fait la paire avec la dramaturgie qui peut se dégager de certains passages.

Hormis la symphonie presque grandiloquente qui ressort de cet album, le groupe sait rester dans ses racines black/death mélodique, en laissant un tant soit peu de côté cette orchestration théâtrale. « Let the Old World Burn » , « Linger in Doubt » sont bien dans la veine, le rythme étant assez rapide, les guitares techniques, précises et efficaces, presque proche d’une sorte de power extrême à la Children of Bodom (sans toutefois les égaler). Le duo guitare/violon pourrait parfaitement indiquer que l’un pourrait remplacer l’autre sans difficulté. La voix quant à elle reste bien black.

Chaque titre est un condensé de plaisir et d’originalité. Magique, prenant, splendide, terriblement envoutant…chaque instrument a sa place, chaque passage colle parfaitement avec le reste du titre qu’il compose. On reste étonnamment frappés par le fait que les titres s’enchaînent et nous procurent des sensations nouvelles et un souffle nouveau. Tout monte en crescendo, on pense ne pas trouver mieux, le titre suivant nous indique le contraire. On pense avoir trouvé l’émotion qui nous laisse sans voix et la suite nous paralyse littéralement de satisfaction.

Et comment se finit cet album ? En apothéose. « The Legacy of the Defeated », long de plus de sept minutes lui aussi, nous propose tout un panel d’émotion, en clair, toutes celles qu’on aurait pu retrouver tout au long de l’opus. Une intro bien agressive, où les riffs sont ravageurs et l’ambiance bien black. Toujours cet orchestre en fond pour souligner ce côté épique et ce piano transcendant le titre. Réel fil conducteur, il accompagne le chant grave et émotif, posé sur des grattes tranchantes. Et comment ne rien ressentir quand arrive le refrain et que les chœurs soutiennent tous ces instruments ? Et ce solo ? Et les structures qui varient et nous en envoient de toutes les couleurs ? Et ce final grandiose, bercé par un solo technique et des claviers omniprésents, une voix qui se perd dans de terribles méandres ? La magie est là, les frissons parcourent notre corps et ça y est, nous sommes conquis par cette ambiance sublime, mystique, froide mais si lumineuse à la fois.

Skyfire frôle la perfection avec « Esoteric », mais ne l’atteint forcément pas.

On notera une légère ressemblance avec les refrains de « Misery’s Supremacy » et « The Legacy of the Defeated », construits de la même manière, les accords et les harmonies étant quasiment les mêmes. Après réécoute, on attend les chœurs dans la première chanson alors qu’ils se situent dans la seconde. Tout ça parce que ça se ressemble.

On notera aussi quelques linéarités sur certains titres, mais ça ne choque en aucun cas.

En clair, « Esoteric » , c’est comme la pochette, qui traduit bien la musique. Une énergie continue qui nous transperce et nous anime encore et encore jusqu’à la dernière note, une puissance remarquable apportée par autant de mélodie que d’agressivité, de froid et de chaleur, de ténèbres et de lumière, une bulle nous entourant le temps d’une cinquantaine de minutes. Un album majestueux et intense pour tout amateur du genre.

 

Comédie Macabre : Deathperantis

Ξ mai 19th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Gothic Black |

Comédie Macabre : DeathperantisMélange de mort et de désespoir, « Deathperantis » est le nouvel album des français bien bizarres de Comédie Macabre. Après un « Blasphemia » bien étrange et mal produit, comportant pas mal de défauts malgré les excellentes ambiances baroques qui s’en dégageaient, cet opus ci se veut plus homogène et mieux fait.

Dès les premières écoutes deux choses nous viennent en tête.

La première, c’est la production. Bien meilleure, bien foutue, le son est plus clair, les instruments se distinguent aisément, c’est bien plus agréable que ce son miteux qui faisait l’identité de Blasphemia.

La deuxième, c’est une sorte d’exclamation : Moi Dix Mois ! Je n’exagère pas, la musique ressemble beaucoup à ce que nous fait ce groupe ci, bien qu’officiant dans du visual kei, Comédie Macabre étant avant tout du Black assez gothique due aux ambiances mystérieuses et sombres. Mais tout de même…la ressemblance avec les nippons est flagrante. Sans doute dû à la présence des clavecins, des orgues, sans doute dû à l’ambiance baroque, sans doute dû au chant masculin aussi, qui, pourtant en anglais, me fait vraiment penser au phrasé japonais de Seth. Étrange me diriez vous, possible, mais c’est exactement à quoi ressemble la musique. Bon je vous rassure, rien de bien comparable au pays du soleil levant, Comédie Macabre détient quand même son identité, sa petite patte, qui la différencie des autres groupes de black gothique.

Le groupe est avant tout un trio. Trois membres passionnés par les ambiances glauques et frappantes, trois membres possédés par l’envie de nous faire découvrir un monde décadent, perdu, froid, sombre, mystique, baroque…

Ici, pas de basse, les guitares et les claviers font l’affaire. Franchement c’est étonnant comme cette basse ne nous manque pas. On se rend à peine compte de son absence.

Neuf titres composent cet album. Neuf titres ayant leur propre mélodie, leur propre identité…ils ne se ressemblent pas, mais les ambiances sont communes. La tristesse, l’obscurité et le mystique sont à l’honneur tout au long de l’album, mis en musique par des jeux de claviers bien variés et des guitares on ne peut plus mélodique et mélancolique. « Deathperantis », par exemple, semble être une dernière lamentation, celle d’une personne désespérée attendant la fin…l’orgue funèbre est en arrière plan et les riffs de guitares sont bien torturés, et le son de boîte à musique en milieu de titre agit comme l’ultime chose à se raccrocher avant une fin imminente…

Si l’intro de « Countess Under Shapeless Skin » est bien mystérieux avec ce chœur grave, ces guitares tranchantes et hypnotiques, et les claviers en ambiance, le reste se veut encore plus sombre et effrayant, notamment avec l’arrivée du chant presque murmuré et ce rythme décousu. « Doctrine du Sacré Cœur » et son chant tantôt en français, tantôt en anglais, et une histoire qui nous est racontée sur un fond musical on ne peut plus perturbant, surtout par la présence omniprésente des claviers de Mina, apportant la mélodie, mais ceci n’étouffant pas les guitares qui savent lancer des offensives. Le duo de voix est plutôt intéressant, les voix masculine et féminine se mélangeant parfaitement, plus parlées que chantées.

Alors que que « Sword of Requiem » nous hypnotise totalement par ces orgues et ces chœurs, et ce chant tantôt clair, tantôt black, accompagné de guitares incisives, « Mascarade of the Tortured » agit un peu de la même manière mais possède un charme incomparable, les guitares étant plus techniques et plus torturées et le refrain plus accrocheur. Deux titres bien gothiques en somme.

L’album se clôt de toute beauté avec un titre varié reprenant toutes les ambiances et les thèmes proposés pendant plus de six minutes. Le titre le plus progressif qui soit dans la carrière de Comédie Macabre à mon goût. Les chants et les claviers n’auront jamais été autant changeant dans une même chanson, et les riffs n’auront jamais été aussi pêchus. Un terrible mélange de black et de gothique, loin des clichés qui nous rapprochent de Cradle of Filth et compagnie. Ca n’a rien à voir.

La chose que je soulignerais le plus, c’est le chant. La langue aura pas mal changé sur « Deathperantis » vu que l’anglais prédomine, contrairement à « Blasphemia » où le français tenait une place importante. Mais l’accent du chanteur s’est beaucoup plus amélioré et le tout se veut bien moins déplorable, et heureusement. Le résultat était assez particulier quand on entendait cette interprétation un peu miteuse…bref, de l’anglais comme il se doit.

Sinon toujours à propos de ce chant, il est bien plus modulé et plus varié que les précédents opus. Tantôt clair, tantôt black, tantôt murmuré pour renforcer ce côté gothique, tantôt parlé, bref…pas de monotonie.

Ah, et la pochette…un crâne, sur un fond sombre…étrangement j’ai l’impression que sur cette image on a retrouvé la tête de la personne morte sur la pochette de « Blasphemia ». Faîtes la comparaison et vous verrez !

Finalement, « Deathperantis » se veut être l’album le plus accessible et le mieux peaufiné de Comédie Macabre et pour cause, une meilleure prod’, un meilleur chant, des titres plus recherchés…on passe alors un excellent moment et on plonge avec plaisir dans le monde baroque et teintée de mélancolie du combo.

 

Godsmack : The Other Side

Ξ mai 18th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Neo Metal |

Godsmack : The Other SideMais qu’avons-nous là ?

Un album acoustique !?

Arf…

Il est normal de nous demander pourquoi un groupe de métal, et surtout un groupe tel que Godsmack nous sort un album acoustique. La réponse est simple.

Désireux de nous montrer une autre facette, un nouveau monde, un autre côté (d’où le titre de l’album), les américains décident alors de sortir « The Other Side ».

Devons nous avoir une certaine appréhension ? Devons nous nous attendre à quelque chose d’ennuyeux, monotone ? Ou devons-nous, au contraire, faire confiance à ce groupe si particulier et foncer sans hésitation vers une nouvelle ambiance ?

La réponse est une nouvelle fois toute simple : oui.

Car en effet, « The Other Side », c’est un voyage vers quelque chose de serein, de reposant, d’aérien et prenant. C’est le côté clair, le contraire de ce qu’à l’habitude de nous pondre Godsmack. Et pour renforcer cette idée de lumière et de chaleur, le combo reprend quelques uns de leurs titres phares, la plupart bien bourrins et agressifs, pour les transformer en acoustique.

Et ça fait mouche. L’avantage, c’est qu’il y a des nouveaux titres dans le tas, comme « Running Blind », « Touché », et « Voices ». Calmes, bien évidemment, nous sommes bercés par ces balades à la guitare, ce chant aérien et extrêmement mélodieux, ces quelques percussions qui parfois, remplacent la batterie, ces petits effets sonores pour donner une ambiance en plus…rien à faire, on est pris dedans, et on en veut plus. Avec « Voices », on se croirait sur la terrasse d’une maison, à regarder la pluie tomber et écouter…d’où ce duo de voix, ces notes rafraichissantes et cette phrase souvent répétée « listen to the rain ».

Pour ce qui est des titres originaux permutés en acoustique, il est étonnant de voir à quel point la hargne est toujours présente : toujours aussi rapides, toujours aussi tranchants, à la différence que les grattes ont changé de son, bien évidemment, pour coller à ce côté acoustique. « Re-Align », toujours aussi subtil, classique, mais efficace, le tout réarrangé pour le coup. D’ailleurs, je trouve qu’on se rend encore plus compte de la complexité de ce titre et des accords, des solos, et de la justesse impeccable du chant de Sully Erna, bien moins crié que sur l’original tout de même, mais possédant toujours ce timbre de voix si particulier.

« Asleep » étonne…il nous hypnotise…il nous attire…il nous paralyse…

Le titre ne vous fait penser à rien ? Même pas à « Awake » ? Bien sûr que si. C’est l’opposé d’Awake justement. Ici, le personnage du titre n’est pas éveillé mais endormi. Comme au bord de la mort, en pleine agonie, ou désirant mettre fin à ses jours. Calme, tranquille, doux, aérien…on entend les aiguilles d’une horloge en arrière plan, ces mêmes aiguilles créant le rythme. Les guitares jouent tout le temps les mêmes notes, des notes si particulières, sombres, graves…accompagnées d’un piano, discret mais audible, mettant en avant ce côté hypnotique et ajoutant une pointe de mystère…le chant semble fatigué mais pourtant si clair, si maîtrisé, si harmonieux…un titre efficace, qui même sans les saccades et la saturation des guitares, nous en fait voir de toutes les couleurs…

Sept titres composent donc cet album, c’est donc assez court. Mais on prend un réel plaisir à tout écouter, d’autant plus que la patte Godsmack n’a pas disparu. Même si c’est acoustique, leur âme est toujours là, et c’est d’autant plus appréciable. Si vous voulez découvrir une facette de Godsmack résolument plus douce et mélodique, cet opus est fait pour vous.

 

Dark Lunacy : The Diarist

Ξ mai 17th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Melodic Death Metal |

Dark Lunacy : The DiaristDans le monde du death mélodique existent des tas de groupes qui se ressemblent, des groupes s’efforçant de percer dans le milieu, des groupes devenant de plus en plus commerciaux année après année, des groupes tentant de nous faire une musique qui se démarque. Et c’est ce qu’essaie de faire Dark Lunacy : sortir des sentiers battus et nous proposer quelque chose de plus personnel, de plus intimiste, de plus dramatique…

Souvent comparé à In Flames et à juste titre, les Italiens sortent en cette année 2006 « The Diarist », un nouveau concept album sur le siège de Leningrad par la Wehrmacht pendant la seconde guerre mondiale, siège lui-même raconté par une femme dans un journal intime (« diary » étant le journal intime, « diarist » étant la personne qui écrit ce journal).

De nouveau, Dark Lunacy semble magnifier la Russie comme ils l’avaient déjà fait sur leur premier album de qualité, « Devoid ». Ainsi il ne sera pas étonnant de voir dans la tracklist des noms russes ou correspondant à ce même pays. La pochette aussi est très révélatrice et ne peut nous empêcher de penser aux rues des villes de cette ancienne union soviétique.

Pour le coup, le combo n’hésite pas à nous plonger dans une ambiance morne et nostalgique, bercée de sentiments patriotiques comme sur le titre introducteur « Aurora » où des chants traditionnels sont de la partie, dès l’intro mais aussi pendant les refrains, des chants se situant au cœur même d’un rythme rapide et entraînant, où l’agressivité du growl, la mélodie et le tranchant des guitares semblent porter en eux un soupçon de tristesse. « Play Dead », dans la même veine, est agrémenté de samples qui nous offrent des claquements de bottes et des extraits de discours, ceci permettant de nous imaginer l’oppression permanente que les habitants de Leningrad vécurent à cette époque noire de l’histoire.

Si « Pulkovo Meridian » se veut terrible avec cet orgue funèbre qui pare la chanson d’un sentiment de désespoir et cette agressivité dans les riffs et dans le chant, un titre comme « Snowdrift » se veut au contraire bien calme et mélancolique, dotée d’une émotion sans égale où un chant féminin vient nous bercer le temps de quelques petites minutes. Un orchestre en fond, une atmosphère glaciale, un timbre de voix si particulier, un piano en fil conducteur…puis enfin l’arrivée du chant death et des grattes, comme une déflagration, un passage vers la torpeur, et finalement ce duo magnifique entre les deux chanteurs.

« Suffering is what I See »…

Deux titres instrumentaux totalement douloureux et prenants sont présents sur cet album.

Notamment « Diarist » où l’on entend le bruit d’une machine à écrire, puis un discours en russe, quelques terribles notes de piano s’envolent, avant l’arrivée des sirènes, annonçant un bombardement imminent, les pleurs d’un bébé, puis enfin la chute des bombes, les tirs d’armes à feu…totalement déroutant, le tout se veut résolument historique et empreint d’une émotion sans égale, rappelant ce passé si douloureux.

L’émotion atteint son paroxysme avec le magnifique « Heart of Leningrad », où les atmosphères mélancoliques et dramatiques sont mises en avant. Si l’intro se veut particulière avec son solo de guitare accrocheur et ce growl grave murmuré, le tout se veut plus tranchant tout en restant délicat, les refrains semblent faire ressortir toutes les souffrances, le solo étant émotif, et le growl très triste, les breaks après ces mêmes refrains sont totalement uniques et graves, les claviers et le piano en soutient apportent une ambiance de désolation. Le solo en milieu de titre est impeccable et doté d’une mélancolie qu’il est impossible de ne pas apercevoir, les notes s’envolent, notre être se fige, jusqu’au final magistral du titre, claviers atmosphérique en ambiance, battements de cœur en arrière plan, le growl torturé, la déflagration finale par des riffs si touchants et syncopés, et le clavier accentuant ce côté sentimental par des notes encore plus aigues. Grandiose.

En guise de conclusion, Dark Lunacy nous fait un titre extrêmement bien ficelé, « Farewell Song » (le chant d’adieu). Six minutes trente de tristesse et de souvenirs, amené par un piano en fil conducteur, des riffs saccadés, simplistes mais efficaces, et un rythme véloce, un chant très modulé et incisif, et quelques notes bien trouvées de synthé, soulevant ce côté douloureux et dramatique. Alors que l’orchestre et les percussions militaires nous renvoient en guerre, les chœurs en arrière plan n’arrangent pas la chose et fonctionnent comme une commémoration, un hommage à tous ceux étant tombés pendant le conflit, les hommes, les femmes, les enfants (on se souvient alors de « Diarist » avec ces pleurs d’enfants…). Une fin totalement déchirante.

Dark Lunacy ne serait qu’un vulgaire groupe de death mélo sans ce côté dramatique et cette patte symphonique qui prédominent tout au long de l’album et c’est en effet ces quelques éléments qui font ressortir leur personnalité particulière. Même si quelques passages sont assez monotones, du fait de la linéarité des guitares et de la batterie, les ambiances et le chant arrivent à faire oublier ce léger manque de technique dans l’instrumentation. « The Diarist » est une terrible plongée vers quelque chose de déchiré et mélancolique.

 

Amentes : It Could All Have Vanished

Ξ mai 15th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Doom Metal, Oriental Metal |

Amentes : It Could All Have VanishedUn sentiment profond de mélancolie et de désespoir assemblé à une ambiance aérienne et orientale, voici ce que nous concocte les membres du groupe méconnu Amentes.

Mélange de musique ethnique à consonances doomesques, « It Could All Have Vanished » , premier album du combo, est une petite perle dans le genre, simpliste mais subtile.

Autoproduit par le groupe lui-même, créée de toute pièce par cinq membres passionnés, cet opus se veut être riche en mélodies et en harmonies. Décryptage d’un album particulier…

“Tout cela aurait pu disparaître”.

Disparaître, ne plus exister, se volatiliser sans laisser de trace…autant de mots pour qualifier ce sentiment d’amertume et de nostalgie en repensant au fait qu’une action ou une autre aurait pu empêcher un événement ou en produire un autre. L’album se base justement sur cette idée là, d’où cette musique lourde mais aussi apaisante. Les guitares sont accordées dans le grave, la basse est dominante, le rythme n’est pas très rapide, mais l’est suffisamment pour nous maintenir par les ambiances aériennes, principalement créées par les claviers. Ces derniers sont bien particuliers, très simplistes, et peu originaux, faisant penser à des musiques de fond dans des anciens jeux vidéos (« IX » ou « Master of Emotion »). Mais les sonorités restent variées, nous imitant des sons d’instruments orientaux, mais aussi des chœurs. Le piano est assez mélancolique et fait quelques apparitions pour soutenir cette ambiance pesante et la montée en puissance des guitares.

Des sentiments et des ambiances contradictoires se dégagent de cet opus.

La joie et la tristesse, la chaleur et la fraicheur, le pesant et l’apaisant…

Il est intéressant de voir qu’à l’intérieur même des titres, autant de termes puissent ressortir d’une telle manière. Un titre peut commencer d’une façon assez lourde, avec des guitares presque étouffées, un growl minimaliste, un jeu de claviers assez basique, et partir vers quelques choses de plus lumineux et aérien, notamment par l’arrivée d’un chant clair presque sacré (« IX », « The Path Below Me »).

« The Insanity Within You » possède un début assez glacial et mystérieux, les guitares lançant des offensives la batterie légèrement plus martelée qu’à l’accoutumer, le chant clair sacré….mais l’arrivée de l’ambiance orientale et du growl semble réchauffer un peu plus l’atmosphère, l’entrée en scène du piano apportant un soupçon de tristesse dans la compo.

« Through Currencies » est doté une première moitié très atmosphérique, avec ce fond sonore et ces chœurs, ce côté sacré et énigmatique, ce rythme lent, mais arrivé à la deuxième moitié, lorsqu’un solo émotif fait son entrée et que les guitares deviennent plus incisives, le tout se veut plus lourd et moins apaisant, plus dans une optique death, rythme syncopé, growl et j’en passe…

Le doom mélodique des serbes se veut donc assez progressif, d’où cette longueur des titres et ces brutaux changements de structures et d’ambiances.

« Sacrifice Me », où le titre aux multiples facettes, le plus intéressant, le plus long, le plus abordable, le plus émotif…

Premier visage : un début plutôt agressif, batterie martelée et guitares tranchantes, claviers atmosphériques en ambiances…tout cela apaisé par un passage plus calme, au chant clair sacré et mélancolique aux riffs orientaux. Retour à l’agressivité, un grow lamenté en tête.

Deuxième visage : une mélodie plus chaleureuse aux claviers, soutenue par une guitare basse bien prédominante et des riffs plus joyeux qu’anéantissant.

Troisième visage : une partie plus acoustique calme pour de bon le tout, les claviers créant une mélodie prenante et triste.

Quatrième visage : retour aux sources, agressivité et mysticité, guitares tranchantes et growl incisif et torturé.

Cinquième visage : les guitares sont dominantes, accompagnées de la batterie. Riffs syncopés et orientaux, peu charismatiques mais tout de même…puissance des claviers toujours aussi sacrés en fond. Solo oriental et émotif sur un rythme lent, s’accélérant petit à petit.

Sixième visage : chant clair sur un piano chaleureux, on se croirait à une procession. Growl ensuite sur fond de claviers aériens et des guitares perdant de leur tranchant.

Septième visage : mélange des chants, growl, clair, et sacré, renforçant ce côté mélancolique et surtout énigmatique. Rythme lent, très doomesque. Quelques notes de piano partant dans les aigues. Un solo concluant ce titre long de plus de neuf minutes…

On pourrait croire que cet album est très simpliste mais il l’est moins en effet au bout de plusieurs écoutes. Même si les instruments sont, au final, assez étouffés l’un par l’autre et que ce sont plus les claviers qui ressortent de cet ensemble particulier, le tout est assez homogène et agréable. Surtout, ne pas jugez cet album à sa pochette ridicule, ni aux fameuses premières écoutes. C’est très trompeur dans ce cas, le doom d’Amentes étant riche en sonorités et en ambiance. Toutefois, on reproche indéniablement à cet album son côté minimaliste au niveau de l’instrumentation et de la voix, et ce léger manque de maturité.

 

Godsmack : The Oracle

Ξ mai 2nd, 2010 | → 0 Comments | ∇ Neo Metal |

Godsmack : The OracleAprès quatre albums tous aussi passionnants les uns que les autres, après de nombreuses nominations aux Grammy Awards, après avoir composé pour des bandes originales de film, après avoir été plusieurs fois numéro un dans les ventes d’albums aux Etats Unis, et surtout, après quatre ans d’absence, les américains de Godsmack reviennent sur le devant de la scène pour nous présenter leur nouvel album, nommé « The Oracle ».

Après un « IV » moins hargneux, plus varié et plus calme, un « The Other Side » totalement acoustique, et une compilation « Good Times, Bad Times » regroupant tous leurs plus grands hits (notamment « I Stand Alone » et « Keep Away »), « The Oracle » se veut être une sorte de retour aux sources, vers des sonorités et une agressivité plus proches de « Awake » ou « Faceless ».

Toujours signé chez Republic Records, leur label de toujours, le groupe agrémente leur album de dix titres cette fois-ci pour une durée égalable aux deux ou trois albums précédents. Le changement est sans doute la durée des titres, plus longs pour certains, atteignant les six minutes trente.

La pochette est toute aussi mystique que « IV », les couleurs étant aussi chaleureuses, le logo du groupe sous une boule orangée et brillante, sans doute messagère de l’oracle…

On aurait bien aimé qu’un prophète nous annonce, par un oracle, quatre ans plus tôt, qu’une telle durée d’attente valait franchement la peine, que les compositions étaient plus sombres et tristes, que le groupe avait fait un bond en avant par rapport à « IV »….

Mais est-ce que cette annonce nous aurait servie à quelque chose ? L’effet de surprise n’aurait pas été au rendez-vous…

Car en effet, on est surpris en écoutant cet album…

Les membres de Godsmack font pourtant tout ce qu’ils savent faire, ils renouent avec leurs premières amours…mais l’ensemble se veut résolument plus sombre…et les instruments sont plus diversifiés.

Les guitares sont plus graves que d’habitude, la basse est encore plus prédominante, le chant part moins dans les aigus, des fonds sonores sont de la partie, affirmant ce côté sombre…

« Love-Hate-Sex-Pain » en est un très bon exemple : des guitares expressives, assez lamentées, une basse bien grave dont le jeu se démarque du reste des instruments, apportant une dimension en plus, un chant tantôt triste, tantôt rageur, et cette fin totalement mélancolique, cette lamentation, ces quelques notes de piano qui concluent habilement le titre…

A l’instar de « Voodoo » et de « Voodoo Too » sur les précédents opus, « What If » est très planant, hypnotique, et très spirituel, à la différence que le côté atmosphérique du titre côtoie un certain côté sombre : le fond sonore, les percussions africaines, la basse aux premières loges, le chant aérien, et les guitares offensives accentuant ce côté-ci. Long de plus de six minutes, « What If » se compose de deux principales parties, une première donc, plus calme et plus sereine, bien que sombre, et une deuxième toujours aussi ténébreuse mais beaucoup plus agressive, les guitares ayant devancé la basse et le chant scandant un « what if » rageur et puissant.

La diversité des titres est aussi au rendez-vous sur cet album, empêchant donc à coup sûr l’auditeur de se lasser.

Ainsi, on retrouve un côté funk avec le titre « Devil Swing », surtout pour le couplet, la rythmique étant prédominante ainsi que ces motifs syncopés, et ces solos de guitares. Le refrain est résolument plus rock, nous invitant à bouger, le chant étant des plus maîtrisés qui soit. A noter aussi, un superbe duo guitare/harmonica, très original et agréable.

« Forever Ashamed », quant à lui, possède une intro plutôt rock’n'roll et un refrain heavy et entraînant.

Dans les titres les plus traditionnels du groupe, j’ai nommé « Crying Like a Bitch » et « Saints and Sinners ». Guitares syncopées, rythme endiablé, chant hargneux, et surtout, refrains faciles à retenir.

La première chanson passera sans aucun doute sur les radios américaines, si ce n’est déjà le cas, le tout se voulant assez commercial et très facile d’accès. Ressemblant un petit peu à « Awake » avec ses rythmiques semblables et sa mélodie proche, ses jeux de guitares dont seul Tony Rombola a le secret, et ce chant très charismatique, les trois minutes vingt cinq passent relativement vite.

La deuxième est peut-être plus agressive, puissante et dynamique. Le refrain me fait vaguement penser à celui de « Re-Align » de l’album « Faceless », construit de la même manière et la mélodie étant elle aussi assez proche.

Deux bons titres en somme mais peu originaux.

Godsmack truffe une nouvelle fois l’album d’un titre instrumental, qu’il place cette fois-ci à la fin. Ici, il ne s’agit pas seulement d’un interlude, ou d’une simple fin, courte et lente, comme « Journey » sur l’album « Awake » ou « The Awakening » sur « Faceless ».

Nommé « The Oracle », comme l’album, cette chanson est une des plus longues de l’album, et surtout une des plus originales : variée et pétillante. Les instruments sont diversifiées, de nouvelles percussions, un piano, un violon, et un fond sonore accompagnant efficacement les guitares. Progressif à souhait, les structures varient régulièrement, si bien qu’on ne se retrouve pas avec un titre typé couplet/refrain.

Les genres se mélangent allégrement, d’une telle manière qu’on passe du métal traditionnel au heavy, de l’acoustique (comme au début) à quelque chose de plus symphonique, avec l’apparition du violon. Les jeux de guitares sont ultra variés : saccades, riffs monstrueux, solos, frottements…

Le milieu du titre marque un changement de rythme conséquent, le tout se voulant bien plus dynamique, et rentre dedans, la batterie étant de la partie.

On remarquera deux choses sur cet album.

Tout d’abord l’absence des chœurs, qu’on retrouvait généralement dans les refrains sur les albums précédents. Ainsi la superposition des voix de Sully Erna (chanteur) et de Tony Rombola (guitariste) n’apporte pas ce petit côté chaleureux et complice.

Ensuite, l’absence du titre « Whiskey Hangover », qui avait annoncé le retour du groupe il y a tout juste un an. Cette chanson devait non seulement être un avant goût de « The Oracle » mais devait aussi apparaître sur cet album-ci. Je vous conseille donc de l’écouter.

Enfin, je finis avec les thèmes de l’album. Ils ne différent pas trop des anciens opus, toujours basés sur un certain dégoût de la vie : le mensonge, la culpabilité, la honte, le repentissement mais aussi le sexe et la souffrance…

Situé quelque part entre « Faceless » et « IV », « The Oracle » est bien mieux que ce dernier, qui se voulait plus acoustique et blues. On retrouve avec plaisir le quatuor, qui nous en met plein les oreilles encore une fois et diversifie son jeu. La prise de risque est conséquente mais très intéressante, ce qui fait l’originalité de cet album et le démarque du reste de la discographie. Même si quelques titres (et ils sont rares) ressemblent un peu trop aux anciens, le reste se veut bien prenant, surtout par ce côté sombre qui prédomine beaucoup plus. Un très bon album en somme qui vaut d’être écouté tant pour les musiciens que pour l’ambiance qui s’en dégage.

 

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