Ram-Zet : Neutralized

Ξ juin 24th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Avant Garde Black Metal |

Ram-Zet : NeutralizedAprès une trilogie ambitieuse sortie entre 2000 et 2005 ayant pour thème principal la schizophrénie et renforcée par une musique black progressive et gothique, les Norvégiens sortent ici leur quatrième opus tout aussi oppressant qu’étrange nommé « Neutralized ».

Car en effet, ne vous fiez pas à cette pochette très typée indus. Ram-Zet, pourtant amateur de claviers, fait dans le lourd, le sombre, le mystérieux, et la plongée de l’auditeur dans un monde décharné et malsain est inévitable. Avant-gardiste à souhait, le groupe sait faire dans l’originalité et signe ici un coup de maître. Symbole d’une certaine maturité, « Neutralized » se veut avant tout plus varié que ses prédécesseurs, tant dans les mélodies, et les ambiances que dans l’instrumentation. Ainsi, le violon de Sareeta peut apporter un côté dérangeant et aliéné à la musique, comme sur le titre « Addict », où les mélanges de vocaux black et saturés de monsieur Zet et ceux clairs et pourtant si étranges de la chanteuse Sfinx rendent le tout encore plus abrupte mais plaisant.

Le combo, composé de six membres, respecte impeccablement la parité vu que l’on retrouve trois musiciens et trois musiciennes ! Si Sfinx possède un chant qui lui est propre, clair peut-être, mais pointilleux, quoique plus agaçant parfois, Karoline use du clavier comme bon lui semble, alternant les notes de fond, les nappes, les samples, mais aussi les mélodies au piano assez oppressante, et Sareeta fait de son violon un instrument hors norme, comme expliqué précédemment.

Du côté des hommes, le chant de Zet est assez incisif et peut rappeler par certains moments un certain Dani Filth, ses guitares sont particulièrement bien accordées et saturées pour apporter un côté plus sombre et malsain à la musique. Le nouveau bassiste Lanius a la particularité de laisser dériver sa basse, les lignes sont donc parfois assez particulières (notamment sur « God Don’t Forgive »). Quant au batteur Kuth (aussi membre de The Kovenant), il se fait lui plus discret mais tout aussi efficace et technique (sur « 222 » entre autre).

« Neutralized », c’est donc avant tout un album plein de force et de sensibilité, mais aussi de terreur mélangé à la splendeur. On admire cette noirceur, ce fond d’aliénation qu’il est impossible de ne pas percevoir au fil des compositions. Les harmonies font peur et nous oppriment, les atmosphères tantôt aériennes, tantôt lourdes nous empêchent souvent de décrocher.

On remarquera que les titres sont pour la plupart assez longs et gardent cette patte progressive. Trois titres sur huit sont longs de plus de dix minutes, et ce sont sans doute les plus intéressants à leur écoute. « Addict » a des vocaux qui partent dans tous les sens, comme des milliers de voix criées toutes en même temps, rappelant le thème de la schizophrénie, et ce, soutenu par des guitares lourdes et un clavier aux sonorités euphorisantes mais pesantes. « Beautiful Pain » possède un début calme et étrange de plus de deux minutes, où des notes extrêmement bizarres s’envolent, accompagnées de samples, d’un chant féminin crié et décharné au début, devenant double ensuite. Après l’arrivée des guitares aux riffs tranchants et des vocaux saturés, le tout se veut plus aérien mais toujours aussi sombre. « Requiem », le dernier titre, aux guitares froides, aux violons et aux claviers terribles et effrayants, et aux chants alternés malsains et entêtants, n’est autre que la cerise sur le gâteau. C’est dérangeant, aliénant, paranoïaque, mais ultra jouissif et ça clôt en beauté cet album si particulier aux ambiances si chères à Ram-Zet.

Les autres titres se veulent tout aussi prenant comme « To Ashes » avec cet orgue funéraire, ce chant masculin crié et saturé, ce chant féminin doux mais torturé, ce violon dissonant…

L’album en lui-même se veut réellement quelque chose de complexe et d’original. Ici, on ne fait pas dans la simplicité vu que tout est réglé comme du papier à musique, carré, pro, et juste. Certains penseront que pour du black, le son est trop lisse, mais qu’importe. Le talent du groupe est là et lui permet de nous fournir une musique des plus dérangeantes, gothiques, barrées, variées, mais aussi violentes. Car l’agressivité est là, notamment dans les riffs et les rythmiques, variant sans cesse et dynamisant le tout. « Neutralized » est donc avant tout une œuvre détenant une identité qui lui est propre. Amateurs de bizarrerie, de folie, de noirceur et d’originalité, cet album est fait pour vous.

 

Godsmack : Awake

Ξ juin 19th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Neo Metal |

Godsmack : AwakeAprès le succès de leur premier album tout simplement appelé « Godsmack », les américains décident de rempiler pour second album en cette année 2000. Nommé « Awake » et composé de onze titres tous aussi dynamiques et intéressants les uns que les autres, le groupe, avec leur compos de très bonnes factures, ne pouvait pas s’attendre à autant de succès et de récompenses après la sortie de ce fameux « Awake ». Car si le titre « Goin’ Down » a servi pour la BO du film Mission Impossible : 2, si « Awake » a été numéro 1 sur les radios américaines pendant plusieurs semaines, si « Vampires » et « Greed » ont tous deux gagnés des Grammy Awards, c’est sans doute dû à un certain alliage, faisant la marque de fabrique de Godsmack : puissance, mélodie et technique.

Cet alliage s’était pas mal retrouvé sur leur album précédent, mais pour le coup, il faut savoir qu’il se sera concrétisé sur cet album-ci. Les titres sont homogènes et tous d’une puissance étonnante, même les plus calmes comme « Trippin’ » ou « Bad Magick ». Tous les membres se démarquent et font ressortir leur instrument fétiche, si bien que si l’un venait à disparaître du groupe, l’âme en viendrait à s’envoler…Ainsi, le guitariste Tony Rombola a une technique propre à lui-même et une façon de faire chanter sa guitare assez particulière, créant de superbes mélodies. Le bassiste Robbie Merill allie à la perfection son instrument avec la batterie et met en valeur des notes assez graves de façon à mettre en avant un léger côté sombre. Le batteur Tommy Stewart, étant cette fois ci un membre à part entière (puisque précédemment, il ne venait que pour les concerts), a une technique de frappe assez efficace donnant pas mal de dynamisme aux compos (à noter qu’il sera par la suite remplacé par Shanon Larkin). Enfin, le chanteur Sully Erna est sans doute le personnage qu’on retient le plus dans l’histoire. Charismatique à souhait, son chant est extrêmement bien modulé et suit une alternance qui lui est propre ; en effet, il peut très bien être clair, posé, aérien que hargneux et crié (à la manière de « Greed » ou de « Sick of My Life » par exemple).

Sur ce, attachons nous donc aux titres. L’album s’ouvre avec une bonne claque dans la gueule vu que « Sick of My Life » est d’une agressivité et d’un tranchant sans faille. L’intro sombre et lente à la basse n’est que le calme avant la tempête puisque s’ensuit une véritable déflagration : guitares lourdes, riffs efficaces, rythme rapide, chant incisif, et surtout des paroles dotées de thèmes assez récurrent chez Godsmack, axés sur un certain dégoût de la vie, de soi-même, des autres etc (d’où la mention « Parental Advisory » , les textes étant assez explicites…).

Deux tueries suivent de près ce titre, j’ai nommé « Awake » et « Greed », puissants et dynamiques à souhait. On retrouve ici ce que le combo sait faire de mieux, c’est-à-dire faire des couplets assez brutaux, où les grattes ne font pas de cadeau et où le chant est assez incisif, pour ensuite en venir à des refrains extrêmement mélodiques, aériens, et surtout très facile à retenir. Tout vous reste dans la tête en peu de temps, c’est ça qui est magique chez Godsmack : leur aptitude à vous concocter des titres aussi réussis et prenants.

Les autres titres sont dans la même veine mais n’égalent pas ceux précédemment cités. Même s’ils sont très bons et entraînants, on ne retrouve pas la force, la puissance et la lourdeur précédemment retrouvées. « Mistakes » est lente, assez sympathique, mais dotée d’un interlude assez mauvais, « Forgive Me » est assez répétitif mais l’ambiance est vraiment intéressante, « Spiral », concluant l’album en finesse, possède des consonances orientales et ce n’est pas étonnant. Godsmack nous habitue à placer, dans sa tracklist, un titre assez exotique doté de percussions, riffs orientaux, chant aérien (sur Godsmack , le titre « Voodoo » était oriental, sur Faceless , c’est « The Awakening », sur IV , c’est Voodoo Too », sur The Oracle , c’est « What If »…).

Mention spéciale au titre « Vampires », très original il faut le dire (pas pour rien qu’il ait gagné un Grammy). Principalement instrumental, la voix apparait tout de même de temps en temps et raconte tout simplement une courte histoire sur les vampires, leurs origines, leurs capacités, etc, sur un fond musical lourd, sombre, et hypnotique. Les solos sont vraiment excellents et le rythme impeccable. De quoi se régaler pendant quelques minutes.

En clair, « Awake » est l’album qui aura propulsé pour de bon Godsmack et confirmé son style. Simple mais efficace, mélodique et agressif, cet opus fait sans doute parti des meilleures réussites du combo avec « Faceless » et « The Oracle », assez proches les uns des autres. Du bon son, que demander de plus ?

 

Keep Of Kalessin : Reptilian

Ξ juin 3rd, 2010 | → 0 Comments | ∇ Black Thrash |

Keep Of Kalessin : ReptilianNouvel album pour Keep of Kalessin, qui ne cesse de progresser année après année. En quête d’une certaine reconnaissance, le combo nous concocte encore du black/thrash plus épique et symphonique cette fois-ci. Plus éloigné d’un « Armada » ultra accrochant, agressif et aux titres dantesques, plus près d’un « Kolossus » aux relents atmosphériques et sympho, « Reptilian » et sa pochette eragonesque s’inscrit plus dans la suite logique à laquelle il se prédestinait : une entité plus commerciale, moins originale, plus passe partout. Leur candidature à l’Eurovision cette année avait encore plus semé le doute et la sortie de cet album renforce de nouveau ce doute : l’agressivité des titres a été atténuée, les mélodies priment, et pour couronner le tout, la longueur et le manque de progression lassent bien trop rapidement. Huit titres assez linéaires composent l’album, les structures variant peu et donnant parfois une impression de déjà-vu. Ajoutons à cela une production trop lisse, trop nickel, et un ensemble assez mou du genou, même si quelques passages rapides remontent le niveau. Cerise sur le gâteau, le chant, qui a perdu son tranchant et son grain caverneux au profit de quelque chose plus modulé, grave, peut-être, mais pas assez incisif, et d’un chant clair plus omniprésent.

Que de défauts pour un album assez attendu par les critiques mais aussi les fans. Que de points négatifs pour un groupe qui pourtant sait nous concocter des titres transcendants, remplis d’émotion et de sensibilité. Il est légitime de se demander si la magie Keep of Kalessin a disparu, si tout ce que nous aimions d’eux s’est envolé, si le plaisir éprouvé à l’écoute de « The Black Uncharted » dans Armada ou « Warmonger » dans Kolossus pouvait se retrouver ici, dans Reptilian. Je ne sais pas si on peut parler ici de « plaisir » mais il faut tout de même le dire, quelques titres, quelques passages sont bons et bien sympathiques sans pour autant être incontournables. Et d’autres, forcément, sont très décevants.

Le titre introducteur, « Dragon Iconography », ouvre l’album avec une intro semi acoustique, des chœurs, et des guitares ayant pour le coup un peu de mal à lancer des offensives. Des riffs tantôt orientaux à la Melechesh, tantôt thrash, quelques touches de claviers en fond par moment, et le tout est lancé. Rapide, tranchant, le chant black est assez fade cependant, surtout quand arrive le refrain, où tout est propre. Les guitares sont entraînantes, des solos sont de la partie, la batterie est un chouillat trop linéaire. La fin est intéressante, surtout quand arrivent les chœurs et la symphonie mais le chant est de nouveau assez décevant.

« The Awakening » est sans doute la pièce maîtresse de l’album et le meilleur morceau. Long de plus de huit minutes, l’intro atmosphérique aux guitares saccadées est assez particulière mais originale. L’ambiance est assez sombre et maléfique jusqu’à l’accélération du rythme, les riffs et la batterie étant assez rapide. L’apparition des chœurs et des claviers peut surprendre mais apporte pas mal de saveur au titre. Le chant est assez incisif pour une fois et s’ancre bien dans la musique, à mesure que les minutes passent et nous révèlent de plus en plus de sonorités et d’harmonies ténébreuses. La rapidité du rythme nous entraîne dans un tourbillon d’agressivité jusqu’à des passages étonnants et plein de sensibilité, où les atmosphères et le chant clair nous embarquent vers quelque chose de plus lumineux et mélancolique. Une excellente alternance de brutalité et d’ambiance apportant beaucoup d’émotions.

Tiens, vient « The Dragontower » est un sourire se dresse. Le titre de l’Eurovision ! On a tout de suite une certaine appréhension avant d’écouter, et même dès les premières secondes. Qu’est-ce que ça va donner ? A quoi cela va-t-il ressembler ? On se doute tout de suite que cela risque d’être mauvais. Et c’est bien le cas. Le combo sort le grand jeu, claviers, chœurs et chant clair en priorité, rythme entraînant, certes, mais pas agressif pour un sous, guitares assez linéaires et fades, un refrain niait comme pas possible avec ces mélodies trop claires et trop mignonnes, des bons solos, techniques, ça rattrape un peu le coup mais ça suffit pas. Et la fin est décevante. Rien à voir avec du black ni du thrash, l’ensemble se rapproche beaucoup plus du power métal.

Ah, heureusement qu’on a « Leaving the Mortal Flesh » pour remonter un tant soit peu le niveau. Ce titre est excellent et correspond bien à la patte Keep of Kalessin. L’ultime mélange de la brutalité des titres et de la mélodie. Les guitares bien black nous offrent des riffs étonnants et bien recherchés, thrash par moment, mais surtout rageurs. Le rythme est très rapide et bien entraînant, le chant assez tranchant et caverneux. C’est efficace, c’est bien bourrin, les claviers sont très effacés et n’offrent que quelques nappes de ci de là, histoire d’apporter une petite harmonie. Un réel plaisir, d’autant plus qu’il suit directement le titre de l’Eurovision, ça permet d’oublier cette petite blague…(peut-être pour ça qu’on l’aime bien finalement!).

J’ai un avis mitigé sur le dernier morceau, « Reptilian Majesty », le pavé de l’album vu qu’il dure plus de quatorze minutes. On ne peut pas dire qu’il soit très bon, surtout qu’il y a des passages assez ennuyants, mais certains sont vraiment intéressants. Notamment l’intro, qui n’est que le calme avant la tempête, vu que la suite se veut plus bourrine et black, avec ces nappes de claviers en fond, ce chant tranchant et ces guitares agressives mais mélodiques. Une véritable déflagration en somme mais elle dure trop longtemps pour ma part si bien qu’on s’ennuie au bout d’un certain moment. Le rythme ralentit subitement pour nous apporter quelque chose de planant et mystérieux (une sorte de passage à la Arcturus avec ces claviers qui donnent beaucoup d’importance à la musique). Ce qui suit est assez lent mais la technique des grattes est mise en avant si bien qu’on entend pratiquement qu’elles pendant plusieurs minutes (ça en devient même lassant surtout que les mélodies sont répétées comme pour nous hypnotiser…). La suite se veut être la parfaite copie du début pendant plusieurs minutes aussi du coup on a l’impression d’avoir mis une deuxième fois le titre mais bon, vu que la mélodie est assez prenante, on s’y fait. Et puis, le rythme décélère petit à petit, on croit que c’est la fin, mais non, il n’y a plus de guitares peut-être, mais les claviers sont de la partie. Ambiance planante et froide, pour une fin tout en délicatesse.

On retiendra de cet album pas mal de déception même si certains titres font assez bonne impression, même si certaines mélodies sont envoutantes, même si le surplus de claviers donnent un style, mais tout de même, Keep of Kalessin perd peu à peu son âme et devient quasiment (si ce n’est déjà fait) une entité commerciale. Le tout n’est pas mémorable, surtout que, comme annoncé, la longueur des titres, la trop bonne production n’arrangent pas les choses. Les points négatifs prédominent sur les points positifs. Juste un sentiment d’amertume. Et la pochette fait pâle figure ! On pourrait croire que la musique est à l’image de ce dragon, au regard perçant prêt à vous sauter au cou, mais non. Une chose est sûre, Keep of Kalessin continuera de vendre mais perdra sans aucun doute pas mal de fans…

 

  • Index

  • Reviews

  • RSS Spirit Of Metal News

    • [Chronique d'album] Naos (FRA) : Unity in Diversity - Awakening 28 mars 2017
      Metal Mélodique-France, "Une formation que l'on retrouve sous un autre jour..." […]
    • [news] Shadowman : Nouvel album 28 mars 2017
      Le nouvel album du groupe, Secrets and Lies, sortira le 19 mai via Escape Music Ltd. Tracklist: 1. Gravity 2. Automatic 3. Put It All on Love 4. Contagious 5. Broken Bones 6.... […]
    • [news] Sinner (GER) : Clip Vidéo 28 mars 2017
      Le groupe a dévoilé le clip du titre "Road to Hell" issu de l'album Tequila Suicide qui pour rappel sortira le 31 mars. Source : https://www.facebook.com/SinnerBand/ […]
    • [news] Manigance : Tracklist du nouvel album dévoilée 28 mars 2017
      Le groupe de Metal Mélodique français a dévoilé  la tracklist de son nouvel album "Machine Nation".   Source : https://www.facebook.com/Manigance-366384643187/?fref=ts […]
    • [news] U-bilam : U-Bilam signe chez Music-Records 28 mars 2017
      U-Bilam (Urban – Metal) a signé chez Music-Records pour la sortie de leur 1er EP, prévu pour fin 2017. Ils entreront au Track Down Music courant Avril, pour les enregistrements, le reampig, mixage, production & mastering. Facebook :... […]