Dawn Of Tears : Dark Chamber Litanies

Ξ juillet 24th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Melodic Death Metal |

Dawn Of Tears : Dark Chamber LitaniesDes perles musicales, on en entend très peu et il est de plus en plus rare qu’un groupe nous envoie voyager, nous transporte vers d’autres horizons et sorte des sentiers battus, et ce d’autant plus dans le domaine du death mélodique où les groupes foisonnent et finissent de plus en plus par se ressembler. Mais Dawn of Tears sort du lot, Dawn of Tears nous impressionne, Dawn of Tears sait où frapper fort.

En effet, les espagnols, après un premier album « Descent » autoproduit, faute d’avoir trouvé un label, nous sort en 2009 un EP de cinq titres nommé « Dark Chamber Litanies » toujours aussi bien ficelé, bien produit et bien composé. Car en effet, on retrouve les éléments qui faisaient le charme de « Descent », c’est-à-dire ce léger côté prog’, ces quelques relents black présents tout au fil de l’album, des titres longs, où les structures ne se ressemblent pas, des titres prenants, où les riffs et les solos de guitares sont excellents, où les ambiances nous envoie vers un autre monde…

« Dark Chamber Litanies » possède ce côté martial, percutant mais aussi céleste, les orchestrations étant plus mises en avant, ainsi que les harmonies et la technique des guitares. « Descent » n’était pas dénué de tout ça bien au contraire, mais le groupe semble avoir renforcé ces éléments tout au long de cet EP-ci.

Ainsi on ne sera pas étonnés de retrouver plusieurs longues introductions musicales faites aux claviers et à la guitare notamment sur « Cadent Beating » et « Since They’re Gone ». Des intros totalement évasives dans lesquelles on se perd dans les méandres d’un monde enchanté, mystérieux, peut-être même sacré. De plus, les guitares n’auront jamais été autant mélodiques et lourdes à la fois, harmonieuses et agressives, soutenues par un clavier quasi omniprésent, assombrissant les compos et apportant cette ambiance si particulière qu’est celle de Dawn of Tears, d’où ce fin côté black. On pourrait même percevoir un léger côté power dans certains passages des deux premiers titres, surtout dans le rythme. Un mélange de styles qu’on ne peut s’empêcher de remarquer et qui pourrait sans doute nous faire penser aux fameux Children of Bodom.

Toutefois, comme précédemment dit, Dawn of Tears a sa propre identité et outre proposer une musique variée, il sait nous offrir des compositions riches et percutantes. Si la rapidité des rythmiques et des riffs nous empêchent un tant soit peu de nous ennuyer, le dynamisme nous mettant littéralement en transe, si l’orchestration nous propulse dans des horizons si éloignés, la force de cet EP réside aussi dans la voix du chanteur. En effet, outre parfois alterner le chant death et le chant black dans certains passages, J.Alonso s’essaie parfois au chant clair comme sur « Since They’re Gone » ou « Winds of Despair ». L’effet est saisissant car non seulement, l’alternance vocaux gutturaux/vocaux clairs est bien maîtrisé, mais en plus cela apporte un peu plus d’émotion et de sensibilité au sein même de cette puissance et de cette lourdeur indéniables.

Toutes les compos se suivent et ne se ressemblent pas. Diversifiées et surtout intenses, le groupe sait nous offrir toute une palette d’émotion et de rythme. Alors que « Cadent Beating » est assez rapide, et axée sur les claviers et « Winds of Despair » sur les riffs, « As My Autumn Withers » se veut plus en mid tempo, ralentissant donc la cadence mais apportant ce truc qu’il manquait depuis le début pour avoir un EP envoutant. Les solos sont impeccables et enivrants et ces quelques notes aux claviers, ce petit son si particulier, soulèvent le côté mélancolique et même nostalgique de cette chanson et accompagnent sans soucis les guitares. Enfin je trouve que « Mr Jarrod » possède ce petit côté folk dans la mélodie faite à la gratte et dans les ambiances. Un titre agressif dans les riffs et le rythme mais surtout unique dans la composition, quelques notes de piano apportant un peu de douceur au milieu de cette brutalité.

Mais « Dark Chamber Litanies » possède cette patte divine, céleste, qu’on ne retrouvait pas dans « Decent ». Là où ce dernier s’axait plus sur des compositions sombres, tristes et écrasantes (dans le bon sens du terme), l’EP en question semble plus lumineux bien que tranchant notamment dû aux claviers symphoniques, mais aussi au chant féminin qui pointe le bout de son nez dans certains passages comme dans « Cadent Beating » ou « Mr Jarrod » .Ca radoucit un peu le tout.

Toujours sur cet élément céleste, je vous laisse jeter un coup d’œil aux pochettes de « Decent » et « Dark Chamber Litanies ». La première représente sans aucun doute un ange déchu d’où sa posture, son regard perdu et triste et la noirceur de ses ailes confirmant sa « Descente » dans le monde des mortels. La deuxième est toujours la représentation d’un ange, majestueux et debout cette fois-ci, dans un lieu saint, sans doute une église ou une chapelle. Alors on pourrait croire que l’une est sombre, l’autre plus éclatante si on compare les représentations et, dans la foulée, la musique, mais on remarquera le contraste des tons de couleurs, la première étant étrangement plus claire que la seconde, histoire de nous rappeler que rien n’est trop noir ni trop blanc, tout est un pur mélange des deux.

Que dire de plus de ce magnifique EP à part le fait qu’on soit conquis et pris pendant une trentaine de minutes dans une musique si entraînante, tranchante, mélodique et percutante…Dawn of Tears reste un groupe à la magie créative épatante, alliant aisément le death à quelques sonorités black et sympho à l’instar de groupes tels que Skyfire ou Kalmah. A noter pour les intéressés que cet EP est aussi en téléchargement libre sur le site officiel du groupe et qu’il serait bête de s’en priver surtout que ça en vaut vraiment le détour.

 

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