Techny-Call X : Evolution

Ξ juillet 25th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Techny-Call X : EvolutionL’homme imagine, rêve, désire, tente, crée et reste tout autant insatisfait. Il dépasse les limites sans se soucier des conséquences…il provoque l’évolution technologique au fil des années, et la tourne à son avantage. L’invention est sans doute ce dont l’homme est le plus fier : concrétiser ses pensées, les rendre réelles, les faire vivre…Il a toujours rêvé de créer la vie, de pouvoir la contrôler à sa guise…les machines sont une forme de vie artificielle, les plus simples à diriger qui plus est…

Mais un jour, l’homme fit évoluer les machines pour les rendre à son image : la création de la biomécanique, les humains artificiels. Et ces nouveaux humains prirent avantage sur l’humain « basique »…

Tel est le concept si futuriste et si envisageable de ce groupe d’électro/indus nommé Techny-Call X. Doté d’un concept visuel et musical très cyber, Doppler, ex membre du groupe de black metal Seth décida de créer ce projet musical, alliant des sons électroniques à une instrumentation organique, dégageant des atmosphères sombres et apocalyptiques, instaurant une musique des plus mécaniques et inquiétantes. Car le tout se veut pour le moins très original et surtout prenant. On est fasciné par ces mélanges de sons, ces bruits étranges, mais aussi les thèmes choisis. Car non seulement l’évolution des machines a commencé, d’où l’étrangeté de la musique, mais en plus, ces « nouveaux humains » s’expriment, et ont leur mot à dire. D’où ce chant si carré, si grave et si mécanique, presque dénué d’âme. Les intonations ne varient presque jamais, les mots sont tous prononcés de la même manière, sans émotion, sans signe d’une quelconque réelle vie. Certains pourraient croire que c’est donc linéaire mais ne vous fiez pas aux apparences. La voix apporte pas mal de charisme à la musique et amplifie ce côté moderne, mécanique, inhumain… « Binary State » ou « Disconnected » en sont des bons exemples. Même que sur ce dernier, on ne peut pas s’empêcher de remarquer quelques groupes de mots indiquant la mise en route de l’humain machine mais aussi le fait qu’il « existe » bel et bien (« I think and I exist »). S’il pense et s’il arrive à penser qu’il existe, il peut prendre l’avantage sur ses créateurs ou même se retourner contre eux…

Les titres sont pour la plupart martiaux, percutants et tranchants et reflètent bien ce climat de terreur, de doute, d’évolution « désastreuse » pour l’homme …les ambiances sont donc pour la plupart sombres et inquiétantes, comme sur « Slavery », où quelques riffs black viennent pointer le bout de leur nez et comme sur « Deliverance », un des titres les plus torturés.

A propos des guitares, il faut savoir que les guitaristes sont deux et que leurs instruments sont assez saturés en plus d’être lourds. Ca apporte un style et comme dit précédemment, ça renforce le côté mécanique de la musique. Mais ça ne les empêche pas de lancer des offensives même lorsque les claviers semblent avoir pris le devant, comme sur « Start the Process », un titre qui figurait sur leur première démo du même nom, ou sur « Evolution ».

La batterie est très typé indus forcément, et se veut même parfois dance. Loin d’être lente, elle apporte un rythme bien dynamique et entraînant, et soutient comme il faut les guitares et la basse, avec qui elle s’accorde parfaitement comme sur « Erasing » ou « Critical Data ». Les jeux sont variés et empêchent de nous lasser.

Un titre comme « Control » étonne car est pour le moins inattendu. Après une intro électronique à souhait où se fréquentent des tas de sons, tout démarre en trombe. Non seulement la rapidité du rythme surprend, mais l’agressivité nous fait sourciller. C’est une véritable déflagration, tant par les guitares aux riffs destructeurs que par le chant incisif, au sein de cet enrobage électronique.

On retrouve aussi forcément des titres instrumentaux, dont le titre introducteur de l’album, « REvolution », posant le décor, et plongeant l’auditeur dans un univers apocalyptique. Digne d’une musique de jeux vidéo, les bruits de machines sont répétés incessamment, même pendant l’apparition de chœurs soulevant ce côté destructeur et même épique. C’est sombre, pessimiste, et terriblement enivrant. Le deuxième titre instrumental est « Mechanization », et porte bien son nom. De nouveau des bruits de ferrailles, on se croirait dans une industrie.

Enfin, le final de l’album se nomme « Unload » et surprend, lui aussi. Pas de guitares à l’horizon, juste les claviers mis en avant sur un enrobage électronique très mécanique. Des samples, une voix totalement décharnée sur un rythme lent et planant, l’ambiance est superbe : elle nous envoie ailleurs, et nous fait presque oublier les thèmes si décadents du début de l’opus, ce qui fait que le tout se veut assez éclatant. Une superbe fin en soit, on termine sur des bonnes bases et on n’a qu’une envie, écouter de nouveau cet album.

Techny-Call X nous fait de la très bonne musique et frappe fort pour un premier essaie. C’est mature, prenant, et les thèmes sont on ne peut plus intéressants. Près de quarante minutes de bonheur s’offrent à vous si vous aimez un tant soit peu l’électronique, les ambiances froides, sombres et apocalyptiques, et les thèmes futuristes tels que l’évolution.

 

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