Crionics : Neuthrone

Ξ août 29th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal, Death Black |

Crionics : NeuthroneDes centaines d’années avant Jésus Christ, la civilisation extraterrestre Rye’eh-X’D'aah recherchait la planète possédant les conditions nécessaires au développement de sa population et de son système pour qu’il fonctionne plus efficacement. Cette civilisation rencontra la planète Terre, qui, malheureusement, ne possédait pas le climat et la technologie dont elle avait besoin. Ne pouvant pas y prendre le contrôle et s’y installer, les Rye’eh-X’D'aah, désespérés, prirent une mesure radicale susceptible de les aider pour le futur. Ils choisirent quelques centaines d’humains assez développés et les embarquèrent avec eux pour un long voyage, dans lequel ils seraient cryogénisés, étudiés, manipulés génétiquement et enfin, reproduits afin de créer les Homo Superiors, dotés de capacités hors norme mais adaptés au froid extrême…bien des années plus tard, en 2033, les crises écologiques, politiques et religieuses furent à leur zénith sur Terre, si bien que les Rye’eh-X’D'aah profitèrent de l’occasion pour créer l’Outer Empire et lancer leur attaque, en visant les pôles…une attaque aux cannons à neutron ultra efficace, qui annihila 90% de la population terrienne…alors que les radiations créèrent un puissant réchauffement climatique, les pôles fondirent et le déluge commença…les Homo Superiors envahirent ensuite la Terre, après que la température eût brusquement chuté en dessous de zéro, traquant le plus d’humains survivants afin de les utiliser non seulement pour des expériences, mais aussi pour créer de la nourriture. Des cargos les emmenèrent à tout jamais et on leur fit croire qu’ils avaient été choisis pour être soignés et évoluer…ce fut la dernière ère de la planète Terre…NeuThronAeon…

Derrière ce concept si futuriste et pessimiste se cache un groupe en devenir, Crionics, qui après avoir sorti un « Armageddon’s Evolution » bien black, brutal, symphonique avec quelques touches de death, s’attaque cette fois-ci à une musique beaucoup plus death, aux relents black et industriels. En mélangeant remarquablement bien ces trois styles, en créant un concept aussi recherché et assez SF, et en intégrant dans leur troupe le guitariste et le batteur de Thy Disease, on obtient une musique des plus cybernétiques…d’où cet ensemble particulièrement froid, mécanique, martial.

Les polonais, avec « Neuthrone » (contraction de Neutron et New Throne) évoluent considérablement, sortent des sentiers battus, et, à l’instar de leur confrères de Thy Disease (groupe de cyber au passage) nous propose un album d’une puissance impalpable. Varié, extrêmement dynamique et possédant une agressivité représentative du concept en lui-même, ils modifient leur son pour nous en mettre de nouveau plein les oreilles. Les ambiances sont monstrueuses et les riffs totalement percutants. Les titres, déroutants, s’enchaînent vraiment bien afin de créer l’histoire précédemment contée, une histoire dans laquelle notre monde est totalement annihilé.

L’introduction instrumentale assez silencieuse est entièrement faite au clavier et est assez représentative de cette désolation…les quelques phrases murmurés annoncent la suite, montrant que ce que nous connaissons maintenant disparaitra bientôt…et la suite de l’album explique pourquoi. « New Pantheon » suit automatiquement l’introduction et démarre sur les chapeaux de roues. Des riffs endiablés sur un rythme rapide, un chant hargneux sur un clavier en ambiance, renforçant ce côté futuriste. Si « NeuThronAeon » indique clairement la fin d’une ère et le début d’une nouvelle notamment par la prédominance de la double pédale, des saccades à la guitare, des samples et des mélodies envoutantes du clavier, apportant un réel côté sombre, « Humanmeat Cargo » lui, est le type de titre qui se situe à cheval entre death et black. Une agressivité, une ambiance, une voix, de l’électronique, un tout, et nous voilà happés dans la frénésie interminable d’un morceau efficace et terriblement transcendant.

Un élan d’espoir subsiste avec « Frozen Hope », qui se démarque sensiblement de l’album. Son intro glaciale, futuriste et très mécanique, est percutante. Un mélange enivrant de death et de black dans un enrobage électronique. Les riffs sont monstrueux et la batterie fonctionne littéralement comme un rouleau compresseur. Nous sommes écrasés et frappés par ce qui se dégage de ce morceau…un peu de lumière au sein des ténèbres, d’optimisme au milieu de ce pessimisme, l’évocation d’un futur meilleur et proche…l’atmosphère se réchauffe, aussi bien dans la musique que dans les paroles…synonyme d’échec pour les Rye’eh-X’D'aah et de réussite pour les terriens…

L’album se clôt magnifiquement avec deux titres, « When the Sun Goes Out », un titre death assez brutal terriblement efficace et martial, et « Black Warrior », un bonus résolument plus black que la majeure partie des titres, toujours aussi glacial mais assez épique, possédant des parties plus calmes où la technique des instruments prime.

Un excellent album de death black apocalyptique, très cyber, quelque part entre Behemoth et Thy DiseaseCrionics signent ici leur meilleur album et nous laissent beaucoup d’espoir pour le prochain album, si toutefois ils continuent sur leur lancée, proposant une musique d’une qualité exquise, d’une originalité et d’une sensibilité sans faille.

 

Filter : The Trouble with Angels

Ξ août 18th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Alternative |

Filter : The Trouble with AngelsFilter nous aura réservé pas mal de surprises ces dernières années depuis leur grand retour en 2007, après des soucis de line up et une cure de désintox pour le chanteur Richard Patrick (Ex Nine Inch Nails). L’album « Anthems for the Damned », assez rock acoustique, avait déçu pas mal de fans et ravivé les tensions. Les remixes qui avaient suivi avaient renforcé ce sentiment de déception, et la dernière compilation avait rendu les auditeurs sceptiques quant à la crédibilité du groupe. Qu’était devenu Filter, le groupe mythique de metal alternative aux Etats Unis ? Voir un groupe si ingénieux tomber aussi bas après un « Title of Record » et un « The Amalgamut » totalement déroutants, c’était trop. Alors forcément, on attend ce nouvel album avec appréhension. Vont-ils faire un retour aux sources ou simplement continuer sur leur lancée en nous proposant des titres gnan gnan, en manque d’originalité et surtout moins imaginatifs ?

Les mots de Richard Patrick sur Myspace étaient très attirants. Oui, il y aura bel et bien un retour aux sources. Non, il n’y aura pas de continuité avec « Anthems for the Damned », qui, je le précise, était surtout un coup de gueule contre la guerre en Irak et la politique de l’ex président George W. Bush. Oui, on va retrouver des morceaux thrashy et bien rentre dedans à la « Columbind », titre présent dans leur album « The Amalgamut ». Et surtout….oui, on aura droit à un changement de line up conséquent. Le bassiste John Spiker quitte le groupe, mais cela ne l’empêchera pas de produire cet album ci. Le guitariste Mitchell Marlow part et ne donne plus de nouvelles, toutefois, on sera étonnés de voir qu’il est remplacé par Rob Patterson, l’ex guitariste de Korn. Un bon point pour certain, un mauvais pour d’autre, bref…peut-être que cela redonnera un coup de punch au combo. Richard Patrick reste lui au chant et à la gratte, mais continue aussi d’écrire les paroles et en partie, la musique, comme il l’a toujours fait.

Côté production, Filter fait fort cette année et signe chez Nuclear Blast, de quoi se payer le luxe d’avoir un son plus que bon….

Mais alors, pour Filter, que signifie ces termes « retour aux sources » ?

Les inconditionnels crieront sans aucun doute : hargne, dynamisme, force, puissance et mélodie. Eh bien pour le coup…j’annonce fièrement à tous les déçus que c’est tout à fait ça. Vous aviez aimé « Welcome to the Fold » ou « You Walk Away » sur les albums précédents? L’album est pour vous !

Bon déjà il faut savoir que la base musicale de cet album tourne autour d’un metal rock alternative avec des relents thrash, des samples et quelques nappes de claviers. Avec tout cela, on retrouve enfin les mélodies entêtantes et prenantes qui prennent bien aux tripes mais aussi des thèmes plus pessimistes, d’où certains noms de chansons.

L’album s’ouvre donc avec « The Inevitable Relapse », premier titre mis en ligne par Filter sur leur myspace il y a quelques mois pour nous mettre en appétit. Après une intro assez mécanique, laissant place à une basse en fil conducteur, et à des guitares agressives, plutôt thrash, place à un refrain assez typique, entraînant, où le chant est poussé à l’extrême. Moins fatigué que sur les dernières sorties, plus rageuse, avec toujours un timbre plutôt aigu, Richard Patrick a bien progressé. Et on s’en rend d’autant plus compte sur le titre suivant. Une superbe modulation de sa voix, mélodieuse à souhait, sur un refrain ultra planant et des riffs géniaux.

« No Re-Entry » est sans doute la balade de l’album et me fait penser à celles présentes sur l’album du groupe Army of Anyone, autre formation de Richard Patrick. Quelque chose de très doux, quasi acoustique, très intimiste, mais surtout très atmosphérique et prenant. Les harmonies entre les grattes sont vraiment bien faites, le chant est très posé, et la mélodie générale, waouh… un titre plus long que la moyenne, où tous les instruments ont leur importance.

Alors que « Down with Me » possède un couplet comme lamenté et un refrain assez rock (et bien commercial par ailleurs…) sur un rythme tempo moyen, « Drug Boy » est l’exemple même du titre made in Filter, c’est-à-dire ce mélange entre hargne et mélodie, brutalité des grattes et atmosphères avec des samples en accompagnement…

J’en viens maintenant à ce qui m’a frappé le plus lors des premières écoutes, c’est-à-dire, la ressemblance avec les albums « Title of Record » et « The Amalgamut ». Bon, comme dit précédemment, « The Trouble with Angels » est un retour à ces albums-ci, mais de là à créer des intros assez ressemblantes sur certains morceaux ! Exemples parfaits : « Absentee Father », « Catch a Falling Knife » et « Clouds ». Bon l’avantage, c’est que la suite de ces titres-ci décolle, c’est bien énergique, les riffs sont excellents et on en vient facilement à oublier ce qui s’est passé au début. Du vrai Filter, en bonne et due forme et ça fait plaisir ! On ne peut être que ravis …

Maintenant…les gros hics.

Le dernier titre de l’album, « Fades Like a Photograph », vraiment niais, mou du genou, trop doux, en gros, vraiment à côté de la plaque. Principalement que du piano et du clavier, plus la voix du chanteur mais là on est limite dans le romantique et c’est vraiment…repoussant, par rapport à ce que fait Filter habituellement.

La pochette. Alors encore une fois, je ne sais pas ce qu’ils ont dans le crâne pour faire des pochettes aussi pourries. Jamais elles n’auront été potables. Toujours un design vraiment moche. On dit souvent de ne pas se fier aux pochettes, eh bien là pour le coup, si on se fiait à ça, Filter n’aurait pas d’auditeurs !

Au final, Filter remonte la pente et sort du trou dans lequel il était tombé, et heureusement d’ailleurs, car on commençait vraiment à se poser des questions quant à l’avenir du groupe. Cet opus est plutôt bon il faut le dire, mais pas assez prenant pour se hisser à la hauteur des autres. En tout cas, ça ne manque pas de pêche et ça s’écoute vraiment bien, sans ennuie, sans temps mort, sans grosses mauvaises impressions (à part les quelques points énoncés). Au moins on n’a pas de surplus de titres acoustiques. Maintenant que la pente est remontée, suffit de ne pas la descendre et de faire mieux, même si j’en doute, le génie du groupe semblant avoir définitivement disparu…

 

Skyfire : Fractal

Ξ août 15th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Melodic Blackened Death Metal |

Skyfire : FractalOn est déçus, parfois agréablement surpris, parfois pas étonnés pour un sous, parfois pas très enthousiastes et parfois transcendés à un tel point qu’on n’en se serait jamais doutés. Skyfire a justement le don de nous emmener loin dans leur univers musical et nous procurer des émotions qu’on peine souvent à retrouver. Un plaisir inégalable et surtout impartageable, une envie incommensurable d’écouter encore et écouter cette musique, ces ambiances, ces solos de guitares et j’en passe. Skyfire c’est aussi un talent et une magie créative…que demander de mieux au final ?

« Fractal » amorce le changement de direction de ce groupe si talentueux après un « Mind Revolution » et un « Spectral » plus death mélodique légèrement teintés de black. Ici, la musique reste dynamique et plutôt death, mais le black est plus dominant tandis que le symphonique prend une place importante dans les compositions. Une évolution notable qui n’est pas sans grabuges vu que plus d’un pourra lâcher le groupe pour cette particularité-ci. Les autres se voudront plus courageux et se laisseront prendre au jeu tandis que les non connaisseurs de Skyfire iront découvrir la nouvelle facette de ces musiciens là. Et on en sort pas indemne pour autant.

Skyfire, détenant désormais un nouveau graphisme, à en croire le changement de logo et les nouvelles couleurs, nous livre donc un EP de quatre titres, trois nouveaux et un dernier, sorte d’avant première, qui figurera un peu plus tard sur leur album « Esoteric » sorti en fin 2009. Quatre titres totalement enivrants, dynamiques, où la mélodie côtoie l’agressivité, où les ténèbres ne font qu’un avec la lumière, où la magie s’unit avec l’ensorcellement.

Le tout est donc dans une veine death/black/mélodique/symphonique mais aussi progressive, à en juger la longueur de certains titres mais aussi des changements de structures. Si bien que la linéarité n’est pas au rendez vous, ce qui ne favorise pas l’ennuie et souvent l’agacement.

« The Land of the Wolves » est le plus morceau le plus caractéristique de la musique de Skyfire. Les mélodies, aussi bien crées à la guitare mais aussi au piano nous embarquent vraiment ailleurs et nous éblouissent pendant six minutes. Les changements de rythme apportent un contraste plutôt positif et l’orchestre en fond rend le tout assez mystique et prenant. Les guitares sont impeccables, rapides et incisives, lançant souvent des offensives au bons moments, la basse a un jeu assez variée et est assez mise en avant, quant au chant, charismatique à souhait, modulé comme il se doit, il se mélange comme il faut avec la musique, si bien que l’ensemble se veut très homogène, carré, propre, et impeccablement réalisé. Ce titre-ci est vraiment prenant et varié, le death étant la racine de la musique, mais le black pointant le bout de son nez pour renforcer les ambiances. Un réel régal.

Alors que « Bereaved in Denial » est extrêmement rapide, les riffs s’enchaînent et apportent pas mal d’agressivité alors que la symphonie, elle, apporte la mélodie, « The Transgressor Within » et « Esoteric » sont assez mystiques, notamment par une prédominance du piano fulgurante, d’un peu de bruits électronique, d’un orchestre divin et de guitares irréprochables tant par leur techniques que leur sons et leur mélodicités…des groupes du même style musical pourraient sans aucun doute se passer de leur guitares tant elles sont étouffés par leur reste de l’instrumentation mais pour Skyfire, je n’imagine pas la musique de ce groupe sans tous ces solos, ces riffs, ces harmonies…

Arf, c’est déjà fini, et là on se retrouve sur le cul tant on aura été comblés par cette musique si éclatante mais sombre à la fois. On en veut encore forcément, et là on peut choisir de se jeter sur l’album « Esoteric », la digne prolongation de ce « Fractal » ou alors se pencher sur les précédents opus, y découvrir une musique moins symphonique pour le coup mais tout aussi enivrante. Il est vraiment dommage que cet EP nous laisse si lamentablement sur notre faim, puisque d’écoute en écoute, on le reste toujours autant. A rattacher donc à « Esoteric » si vous voulez bien être rassasiés mais en tout cas, vous ne pouvez que passer un excellent moment.

 

Shade Empire : Zero Nexus

Ξ août 15th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Black Electro |

Shade Empire : Zero NexusForts de leur talent en matière de compositions, nous ayant proposé un « Sinthetic » et un « Intoxicate O.S. » totalement déroutants, épiques et électroniques à la fois, proches du space opera et nous propulsant dans des confins encore peu explorés, Shade Empire remet le couvert en cette année 2008 avec un « Zero Nexus » sortant de l’ordinaire. Ainsi, on peut noter un changement de cap de la part des finlandais, puisque leur musique se veut tout autant black, peut-être moins axée électro mais plus indus. Car on aura bien évidemment notés cette prédominance des claviers sur les deux précédents opus, étouffant souvent les guitares et faisant ressortir un certain côté électro/rock.

Toutefois, « Zero Nexus » aborde d’autres propriétés que le groupe n’aura pas ou peu utilisées, tels que les changements de vocaux, qu’ils soient criés ou clairs, une agressivité palpable, et les changements d’ambiances au sein même des titres.

Le premier morceau « 9 in 1 » assez brutal et rentre dedans, nous prouve en partie ce changement d’orientation. Ce tranchant se veut présent autant dans le rythme que dans les guitares et les vocaux, paradé par des claviers discrets et un chant clair au refrain. Ce qui étonne forcément, c’est la mise en valeur des grattes, guitares et basse. Les accords et différentes lignes sont très bien audibles, d’autant plus que les riffs sont pour la plupart assez offensifs, des riffs black assez caractéristiques qu’on peinait à trouver avant, surtout dans « Sinthetic ».

On continue de la même manière avec « Adam & Eve », plus sombre et plus indus qu’électronique. Les claviers cette fois-ci sont au même niveau que le reste des instruments et le côté cosmique est d’autant plus mis en avant grâce à ce mélange subtil d’ambiances et d’agressivité. Le couplet, aux vocaux masculins (Adam), est plus incisif que le refrain, aux vocaux féminins (Eve), adouci par ce personnage mais aussi le piano.

« Flesh Relinquished » rappelle les origines électro du groupe par cette puissance des claviers indéniables et cette mise au second plan des guitares. Le dynamisme de ce titre ressemble étrangement à celui de « Sinthetic » si bien qu’il aurait bien pu se retrouver sur cet album-ci. Alors que « Havesters of Death » démarre sur les chapeaux de roues pour continuer et finir en trombe, sans répit, « Whiper from the Depths » est sans doute le titre le plus varié dans les ambiances et les rythmiques. L’intro dynamique et spatiale faisant légèrement penser à du Samael n’est qu’une sorte de prélude vu que la suite se veut plus posée et planante, alors que le chant black fonctionne un peu comme un murmure (« whisper ») soutenu par un chant clair. L’enrobage électronique est omniprésent, les claviers deviennent alors épiques, et les guitares, tranchantes à souhait. L’ensemble est assez lourd et compact, conçu pour nous emmener dans les profondeurs (« depths ») d’un monde presque oublié. Un morceau efficace et transportant.

La longueur du dernier morceau peut en impressionner plus d’un étant donné que ce n’est pas dans les habitudes de Shade Empire, la durée des pistes dépassant rarement les cinq minutes. Mais pourtant, « Victory » s’annonce comme un grand et monstrueux épilogue. En effet, l’intro mélancolique, calme et planante, où l’on entend que des chœurs masculins et une voix féminine pointer le bout de son nez n’est que l’arbre cachant la forêt vu que la suite est une réelle déflagration. Le mot « puissance » est celui qui me vient aussitôt à l’esprit pour qualifier les instruments et les vocaux. Pas de répit, pas un. Tout est bien dynamique et somptueux, et surtout poignant. Les riffs sont bien incisifs et nous mettent aussitôt en transe tandis que le chant ne peut que résonner en nous comme un cri plaintif jusqu’au break électronique et atmosphérique, dans une veine cosmique, guidée par une basse et une batterie au premier plan. Quand les guitares reviennent, comme lamentées, en osmose avec les claviers, c’est pour nous concocter une fin pour le moins inattendue car compacte et terriblement enivrante.

J’avais été grandement conquise par « Sinthetic » et son surplus d’électronique mais à la première écoute de ce « Zero Nexus » j’avais ressenti de la déception en me rendant compte que la musique n’était presque plus dans la même veine, que le groupe avait évolué en une sorte d’entité commerciale, cet album-ci étant, il faut le dire, plus accessible d’accès que ces frères. Toutefois, après avoir mieux appréhendé l’opus en question, j’ai mieux retrouvé les ambiances et les sonorités qu’on avait retrouvées par le passé, cette fois-ci mises aux premières loges par les guitares, et je le trouve même bon. Sauf qu’on ne retrouve pas sur « Zero Nexus » ces émotions, cette magie créative et ce don qu’a Shade Empire pour nous propulser loin, très loin, dans les méandres d’un univers sombre mais éclatant à la fois.

 

Demonic Resurrection : The Return to Darkness

Ξ août 15th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Demonic Resurrection : The Return to DarknessOn connait très peu les groupes indiens et pour cause, les formations ne sont pas très nombreuses, pas ou peu connues, à l’exception peut-être de Rudra dans le domaine du death/black/mélodique. Mais même si les combos ne se bousculent pas, certains arrivent à faire apparition, ou même encore, à concrétiser leur musique après plusieurs albums.

C’est le cas de Demonic Resurrection, sans doute le pilier de la scène indienne, peu connue en Europe mais fort d’un talent qu’il serait dommage de ne pas remarquer. Avec leur album « The Return to Darkness », les indiens permettent ainsi de sortir des sentiers battus et de nous jouer du black/death/symphonique comme on en entend rarement. En effet, en plus de plonger l’auditeur dans la mythologie indienne, avec ses divinités, ses guerriers valeureux et ses coutumes, la musique assez noire, donc ténébreuse, mais aussi épique et mystique.

Bon comme ça, vous devez vous demander ce qu’il y a de bien original…je n’ai pas précisé le fait qu’un peu d’électronique venait s’incorporer à la musique de temps en temps, que beaucoup de chœur servaient d’ambiance, que certains instruments typiques pointaient le bout de leur nez, et que le chanteur alternait tantôt chant clair, tantôt chant black, tantôt chant death. Pas mal de diversité qu’il est bon de noter d’autant plus que les titres sont longs, très longs…

Ecouter « The Return to Darkness », c’est aussi de confronter à plus de soixante quatre minutes de musique, supporter une longueur de titres allant jusqu’à onze minutes et atteignant une moyenne de six minutes, bref, si vous n’êtes pas très fan de tout ce qui dure et tout ce qui est dans une veine progressive, je vous dirais bien de passer votre chemin…mais vous risquerez de louper vraiment quelque chose.

Car, rien n’est fait au hasard chez Demonic Resurrection, il n’y a presque pas d’erreur de parcours, et la progression dans les compos est tel que cela permet en aucun cas l’ennuie. En effet, pas (ou presque) de linéarité, on ne retrouve pas toujours les mêmes passages au fil d’un titre, ni même de parties « comblant » les trous si je peux dire. Tout est carré, propre, peut-être trop lisse pour certains, mais vaut mieux ça qu’un son pourri susceptible de gâcher cette musique si enivrante, mélodieuse et si sombre, oui, assez sombre…

Bon vous l’aurez compris, j’ai totalement été charmée par le monde de Demonic Resurrection, mystique et épique, sombre et maléfique… On pourrait croire que le black prédomine, ce qui n’est pas totalement faux, mais le death aussi est bien là, et à même échelle. Les riffs sont en fait alternés, tout comme le chant, ce qu’on remarque en premier lieu dans « Where Dreams and Darkness Unit ».

J’ai rarement entendu de mélanges aussi bien appréhendés, de musique aussi bien réalisée et susceptible d’apportée l’émotion et ce truc qu’on peine à décrire, qui nous envahie, et nous met définitivement de bonne humeur. Je sais bien que tout cela est relatif. Mais je vais tout de même essayer de vous donner une idée de cet opus.

Comme tout groupe de symphonique qui se respecte, il faut bien entendu mettre une intro instrumentale. Gagné. « Between Infinity and Oblivion » est tout à fait ce à quoi on s’attendait. Enfin d’apparence, car à l’écoute de la musique, là, on est scotchés. C’est loin d’être mélancolique ou froid, comme on en entend souvent, non…là, c’est mystérieux, sombre, bien sûr, terrifiant et même apocalyptique en plus de posséder ce coté épique. Un son bizarre et électronique en fond, un violon aux quelques notes prenants, des chœurs et enfin…chaque instrument de l’orchestre, arrivant en crescendo, des percussions comme de nombreux bruits de pas… Étrangement, je trouve qu’il s’accorde parfaitement avec la pochette de l’album, ce ciel noir et effrayant, comme transformé par une magie maléfique, et ces constructions complètement rasées, poussiéreuses, perdues là, au milieu de nulle part. Oui, ça y ressemble beaucoup. Et ça nous pousse à continuer.

« Where Dreams and Darkness Unit » est donc le début des hostilités, une musique agressive mais mélodique, où tous les instruments sont en parfaite harmonie. C’est entraînant, oui, transcendant peut-être pas à ce point là, c’est la suivante qui l’est par contre…alors là, rien que l’intro symphonique nous met dans le bain, et le reste se veut assez percutant. Les mélodies faites aux claviers et aux grattes sont en concordances. Les couplets sont plus axés death tandis que les refrains sont plus black. L’un favorisant l’agressivité, l’autre renforçant la noirceur, jusqu’à un break inattendu. Un piano aux notes très mystérieuses notamment crée par les accords adéquats, puis l’arrivée du solo de guitare et tout repart en saccade jusqu’à un final magique…

« A Tragedy Befallen » met l’accent sur les guitares et donc sur le côté assez death mélo de la musique. Les solos et les riffs sont géniaux, d’autant plus qu’ils sont accompagnés des claviers, ce qui me fait vaguement penser à du Kalmah.

Pour ce qui est de la suite, on n’est pas déçus. De la diversité, des mélanges, de la mélodie et du tranchant. Des accélérations de rythme, des décélérations, du dynamisme en somme, un orchestre fou au son loin d’être inintéressant puisque les instruments, même si ce sont des violons, des chœurs, etc, possèdent ce petit truc qui les rendent si différents de ce qu’on a l’habitude d’entendre (« The Unrelenting Surge of Venge », « Dismembering the Fallen »).

Par contre, accrochez vous fort si vous voulez passer le cap du titre aux onze minutes. « Lord of Pestilence » est décidément le plus long mais surtout le plus progressif de tous. Après une longue intro acoustique à la guitare, guidée par une batterie calme et un chant clair mélodieux, le déluge de riffs débute subitement et s’ensuivent cris, offensives, et symphonie pour le coup presque inexistante (présente en réalité à la fin du titre). Un peu d’électronique en fond par-ci par-là, une batterie extrêmement technique (alternant blast, double pédale et j’en passe…). Les amateurs de solos seront contents puisqu’on en compte plusieurs assez bien maîtrisés.

Pour symboliser une fin imminente, pourquoi ne pas utiliser la dernière lettre de l’alphabet grec, « omega »…avec ça on crée « Omega, I », le final de l’album. Ce qui fait bizarre avec ce titre c’est l’utilisation du grec et non d’une langue locale en Inde, d’autant plus qu’on est censé être plongés dans la mythologie du pays…enfin outre ce point d’interrogation, on termine le périple dans ce monde ténébreux où les guerriers maléfiques ont fait leur retour et ont tout rasé. Huit minutes trente seront suffisantes pour le coup, je dirais même que c’est trop long. Sans doute le titre de trop après tant de minutes. Pourtant, comme je disais précédemment, on ne s’ennuie pas, on est pris dedans, oui peut-être, mais il arrive qu’on puisse saturer, surtout que ce titre est peut-être même le moins bon de l’album. Oui mais le moins bon parmi toute une flopée d’excellents titres. Je le trouve simplement moins original et assez similaires aux autres.

Malgré tout, après l’écoute de « The Return to Darkness », on ressort avec une agréable impression. On aura passé un excellent moment dans ce monde bien sombre et épique, rempli d’originalité. Un album que vous devez écouter si vous êtes amateurs du genre, mais souffrant malheureusement de sa longueur trop imposante pour le contenu ici offert…

 

Samael : Solar Soul

Ξ août 15th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Black Electro |

Samael : Solar SoulOn ne présente plus Samael, ce groupe d’indus ayant comme petite particularité de nous proposer des albums aussi différents les uns que les autres, chacun ayant son thème, son design, sa patte musicale…si bien qu’à chaque opus, la question qu’on se pose n’est autre que « Que nous font-ils encore ? ». Car en effet, dans ce groupe, il y en a pour tous les goûts, si bien que personne n’est lésé ou mis à l’écart.

Forcément avec ce « Solar Soul », nous sommes en droit de nous demander à quoi ressemble la musique, dans quel monde les Suisses nous embarquent, dans quel univers musical ils se sont essayés…. Eh bien pour le coup, nous voici les bienvenus dans la mythologie gréco-romaine, et ce après nous avoir emmené loin dans des contrées spatiales avec « Eternal » et dans un monde oriental avec « Reign of Light ».

Le concept semble si évident après avoir écouté la musique mais la cover et le visuel l’est moins aux premiers abords. En voyant cet espèce de soleil et cette lune, éléments astrales si chers à nos amis suisses, on ne penserait pas que justement, la musique diffère des dernières sorties. En effet, après une petite virée à l’intérieur du livret, nous pouvons voir sculptures, gravures, mosaïques et même poteries, assez typique de cet empire gréco-romain. La tracklist peut elle aussi nous mettre sur la voie après avoir lu des noms tels que « Ave ! » ou « Olympus ».

Mais cela ne suffit pas, pour en avoir le cœur net, il faut toujours se pencher sur le contenu, l’objet qui nous intéresse réellement, l’album, et donc, la musique.

Samael nous a toujours habitués, surtout après l’avènement de leur album transitionnel « Passage », à des mélodies enivrantes, beaucoup de claviers et des ambiances martiales. Le combo ne change donc pas ses habitudes sur cet album-ci puisque dès le titre d’ouverture éponyme, on retrouve tout ce à quoi on s’attendait depuis le départ : de la puissance, de la mélodie et des Passages planants. Guitares incisives, chant tranchant et ultra charismatique, mais aussi une batterie un chouillat plus vrai que nature (le rythme étant créé à la boîte à rythme depuis « Passage » justement). Ajoutez à cela bien sûr, une mélodie très facile à retenir, qui fait que ce titre-ci permet de nous entraîner et de nous faire saliver de bonheur.

Les deux morceaux qui suivent, à savoir « Promised Land » et « Slavocracy » sont totalement déroutants car ils changent assez de l’ordinaire. On retrouve la patte de Samael, les ambiances, mais la façon dont tout cela est appréhendé est différente. Ces titres se veulent vraiment puissants, avec un son lourd et dense. De plus, on y retrouve beaucoup plus d’électro qu’à l’accoutumer. Beaucoup de bruitages, d’effets, soutenant les guitares lançant des offensives, et ce chant, ô combien rageur et grave mais si mélodique. Bien que le rythme soit en tempo moyen, on est littéralement pris et embarqués dans ce déluge musical et ça fait du bien. Cependant, si bien sûr vous êtes allergiques à tout ce qui est électronique voire symphonique, ça n’est pas trop fait pour vous…

Le reste de l’opus se veut tout aussi puissant et entraînant, dynamique, mélodique et électronique, tout en étant incorporé d’éléments et d’ambiances typiques de l’empire gréco-romain. On ne sera pas étonnés de retrouver des sitars, des chœurs mais aussi quelques percussions et instruments assez représentatives. « Western Ground », « Quasar Waves » ou « Alliance » sont de bons exemples et permettent aisément de s’imprégner de cette ambiance si antique. Des titres tels que « Ave ! » ou « Olympus », eux, sont sans doute les plus atmosphériques, de par ce rythme assez lent, de la prédominance du clavier et de la modulation du chant.

Si « On the Rise » est surtout un titre fait pour remuer, le rythme étant ultra dynamique, la musique très agressive, le titre bonus « Architect », lui, sort du lot de par son ambiance assez sombre et son refrain relativement planant. Pas de chichi pour ce morceau, tout réside dans la composition, les harmonies à la guitare, la voix, qui se pose délicatement sur un fond d’ambiance aux claviers.

A noter aussi la présence de la chanteuse Vibeke Stene, ex chanteuse de Tristania, sur le titre « Suspended Time », apportant un léger côté sensuel…

Un autre très bon album pour Samael qui sait quoi faire de son talent. Ils innovent à chaque album et ne semblent pas prêts d’avoir fini d’évoluer ou même de saturer. L’alchimie dégagée dans chaque titre est tel que presque rien est à jeter, même si des titres sont forcément moins bons que d’autres (je vise en particulier « Ave ! », original, planant peut-être, mais pas transcendant pour un sous et surtout très linéaire…). Laissez vous embarquer avec ce « Solar Soul » et profitez du voyage…

 

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