Godsmack : Godsmack IV

Ξ septembre 26th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Neo Metal |

Godsmack : Godsmack IVEn à peine trois albums, Godsmack s’était propulsé sur les devants de la scène metal américaine en nous proposant un genre de néo métal totalement enivrant mais surtout bien dynamique. Mais au delà de l’agressivité impalpable que cachent les compositions de ce groupe talentueux et loin d’avoir la langue dans sa poche, les américains prouvent aussi qu’ils sont en constante évolution et que chaque sortie n’est pas synonyme de linéarité. Après “Godsmack“, l’opus révélateur fort en groove et tranchant, un “Awake” hypnotique et plus progressif, un “Faceless” bien plus brutal et un album à part, “The Other Side“, dévoilant la face calme et acoustique d’une formation pourtant bien loin d’être gentillette, “IV”, symbole même du stade périlleux du quatrième album nous propose de nouvelles couleurs et de nouveaux horizons.

En effet, au fil de ces quelques cinquante minutes, Godsmack explore un univers qu’on avait jusqu’à présent peu découvert. On était bien habitués à ce sentiment de haine et de dégoût qui planaient encore et toujours dans chaque opus, à travers une musique représentative et un chant ultra rageur, sur “IV” cependant, la mélodie prime et les rythmiques semblent s’être apaisées. Le tout se veut irrémédiablement moins endiablé et même à la rigueur moins efficace.

Pourtant, la prise de risque est intéressante, voire même conséquente. On découvre des parties de gratte intéressantes, des morceaux plutôt blues où la guitare est mise en avant, d’autres plus acoustiques à la manière de “One Rainy Day”, ode à la pluie et à la sérénité, où un fond sonore de déluge vient bercer un chant harmonieux et terriblement envoûtant, accompagné d’une basse ô combien maîtrisée. De plus, “Hollow”, au double chant masculin/féminin, semi acoustique, se veut assez percutant et sort de l’ordinaire : mélange de guitares et de mandoline, rythme simple mais efficace, et technique de chant en prime.

Il est donc étonnant de voir cette variété de titres, d’autant plus que “Speak” ou “No Rest for the Wicked” restent ancrés dans cet esprit très brute. Un rythme décoiffant et un chant crachant toute la rage possible et imaginable, emmené par des guitares incisives à souhait et des solos on ne peut plus maîtrisés mais ressemblant trop à ce qu’on avait souvent l’habitude d’entendre jusqu’à présent. De même pour “The Enemy“, lourd et sombre.

Si “Bleeding Me” est très redondant notamment au niveau des lignes de gratte et du chant, quelque peu “casse pied”, “Voodoo Too”, lui, rappelle le titre “Voodoo” présent dans l’album “Godsmack“. Normal, il s’agit de la continuité, et on reconnaitra ce chant presque tribal et ces percussions africaines…envoutant et hypnotique.

Une petite déception tout de même pour cet opus qui, étrangement, n’arrive pas à la hauteur des précédents, malgré cette volonté du groupe de nous présenter des compos originales mais trop acoustiques et peu entraînantes en règle générale, même si bien sûr, quelques morceaux sortent du lot. Pas le meilleur album, mais pas mauvais pour autant, “IV” vaut le détour si vous aimez les ambiances plus calmes et les rythmes d’autant plus blues.

 

Thy Disease : Neurotic World of Guilt

Ξ septembre 17th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal, Death Black |

Thy Disease : Neurotic World of GuiltSoutenus par les membres de Vader, les ayant propulsé sur le devant de la scène polonaise grâce à leurs prestations live notamment, Thy Disease pondent en 2004 leur troisième effort du nom de « Neurotic World of Guilt », un début de concept album basé sur le contrôle des pensées humaines dans un futur proche. Le cap du troisième album est souvent soumis aux questions les plus multiples, en particulier celles de l’évolution, de l’étoffement du style, et parfois, la régression, la perte d’originalité…mais Thy Disease nous offre un opus bien plus cybernétique, futuriste tout en restant aussi agressif, sombre et froid que leurs précédentes sorties, « Devilish Act of Creation » et « Cold Skin Obsession ».

2004 aura été une grande année pour les membres de Thy Disease, certains d’entre eux (et un grand nombre) faisant partie de groupes parallèles, en particulier pour le jeune Yanuary, guitariste et compositeur, guidant les combos Anal Stench, Abused Majesty (à cette époque) et Crionics. La sortie de « Neurotic World of Guilt » coïncide avec celle de « Red Revolution » d’Anal Stench, dernier opus à ce jour de cette formation presque entièrement composée des membres de Thy Disease, centrée sur la révolution bolchevique et le communisme, celle de “Serpenthrone” d’Abused Majesty, noir et symphonique, et celle de « Armageddon’s Evolution » de Crionics, sombre et brutal…ces quatres parutions sont avant toute chose très proches des unes des autres, dans les ambiances, les thèmes, apocalyptiques, froids, sombres, mais aussi la technique, dûe sans aucun doute au talent de Yanuary. Il est donc peu étonnant de retrouver au sein même de ces quatre opus, des sonorités venant de l’un ou de l’autre.

Par conséquent, « Neurotic World of Guilt » est empreint de la noirceur de Crionics et d’Abused Majesty, et de la brutalité du death d’Anal Stench, saupoudré d’éléments indus voire électro très cyber et d’atmosphères planantes propres à Thy Disease. Un pur mélange de styles et d’éléments pour un album riche, se différenciant des autres compositions de ce groupe polonais talentueux.

La part importante ici-même repose sans doute sur la prédominance des claviers, rendant les titres beaucoup plus prenants, futuristes et profonds. Si les effets sonores ne sont tout de même pas des plus grandiloquents et des plus saisissants, les ambiances et les quelques samples forment à eux seuls l’âme des morceaux, guidés par des riffs puissants, efficaces et beaucoup plus lourds. La voix de Psycho, décidément plus death et incisif qu’elle ne l’avait été, apporte plus de noirceur et d’écorchement au style. Plus mature et résolument expressive, elle nous plonge au cœur même de l’essence de cet album, qui est la mise en musique d’un monde balayé par le pouvoir, la technologie mais aussi les privations, la culpabilité, et l’ultime destin de l’humanité : sa déchéance progressive…

Un seul petit coup d’œil à la tracklist pour confirmer ce sentiment de destruction : « Mother Death », « Human Dust » ou encore « Slaved Sorrow » en sont les parfaits exemples. Autre appui, la pochette toute aussi décharnée et plus industrielle…

Au compteur cette fois-ci, neuf titres et quelques trente sept minutes de musique…c’est une fois de plus réduit par rapport aux albums précédents, à croire chaque sortie est synonyme de minimalisme. Sans doute le fait que les membres soient débordés avec leurs autres groupes. Alors dans ce cas on pourrait croire que tout est plus ou moins bâclé ou réduit par manque d’inspiration…non pas du tout. Thy Disease, sur « Neurotic World of Guilt », privilégie la qualité à la quantité. Et ça s’entend.

Déjà à l’écoute de « The Feast » et son intro aux sonorités futuristes et étranges. On est là en terrain connu mais c’est lorsque déboulent les guitares et le chant que tout devient alors plus clair : la technique et la lourdeur sont saisissantes, ainsi que les parties atmosphériques, soutenues par des claviers harmonieux et des riffs tout de suite moins extrêmes…Thy Disease a encore muri, et c’est un bon point.

L’ensemble de l’album tourne autour de saccades pesantes et d’une bonne dose de double pédale, à la manière de « Mean, Holy Species », puissant et efficace, où les claviers aux relents apocalyptiques et la voix black jouent un rôle majeur…le black étant un style résolument peu présent voire presque absent de ce « Neurotic World of Guilt ».

Si « Human Dust » détient un fond épique des plus intenses avec son intro cybernétique, froide et spatiale, il se veut surtout assez décousu, étant donné que les passages ici intégrés semblent ne pas s’emboîter avec les autres, contrairement à « Hollowed Being », quasi parfait, où tous les styles souvent appréhendés par Thy Disease se côtoient. Martial, percutant, aussi bien indus, death et black, ce morceau est l’exemple même de la mise en place du style cyber tant chaque instrument, chaque riff et chaque ligne de claviers ont leur importance. Les parties les plus cosmiques et par conséquent planantes font la paire avec les parties les plus agressives et brutales. Les mélodies, presque étouffées, arrivent tout de même à ressortir du fond de cette masse compacte mais intense, véritable représentation musicale des thèmes exploités dans les paroles de l’album, un monde oppressé, torturé, perdu, mais surtout déchu…mécanique et futuriste, « Hollowed Being » est la pépite à écouter.

Fin de la première partie de l’album et place à la seconde, composée de trois sous parties portant le nom de l’album suivi d’un nom de chapitre, chacun expliquant le principe de base de ce monde si peu naturel…l’un totalement robotique doté de riffs rocambolesques et d’une batterie déchaînée nous propulse au sein d’une fabrique, l’autre possédant un refrain tout ce qu’il y a de plus transcendant, avec cette puissance des claviers et du chant, et le dernier, concluant l’album avec brio, indiquant la fin d’un tout avec cette ambiance des plus noire et une voix criée et écorchée…

Un album de pro par un groupe talentueux, marquant surtout la fin de son contrat avec Metal Mind Productions mais aussi, le début de son ère cyber métal avec cet apport de claviers qu’on ne peut négliger et cette disparition progressive des éléments black. Thy Disease a résolument tourné une page et fait un pas dans le futur, un effort qui portera ses fruits avec la sortie de « Rat Age »…

 

Thy Disease : Cold Skin Obsession

Ξ septembre 14th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Death Black |

Thy Disease : Cold Skin ObsessionSeulement un an après la sortie de « Devilish Act of Creation », Thy Disease revient en force avec un opus fort en surprises « Cold Skin Obession ». Toujours doté d’une pochette où se posent des corps décharnés, les polonais continuent sur leur lancée en nous proposant du death/black teinté cette fois-ci d’éléments indus voire même parfois électro, des éléments importants dans les compos de ce groupe original, marquant son orientation plus indus, qu’on retrouvera dans les albums suivants.

Cette fois-ci, le death et le black metal sont au même niveau. Pas de supériorité, aucun style ne domine l’autre et chacun y trouve sa place. La voix de Psycho alterne méthodiquement chant black et chant death, une alternance qui apporte beaucoup de profondeur aux compositions, d’autant plus que sa voix s’est beaucoup améliorée et se veut alors beaucoup plus incisive. Idem pour les riffs, qui sont cette fois-ci bien plus tranchants et agressifs que sur leur précédent opus. Bien maîtrisés et ancrés comme il faut, rien n’est fait au hasard. Thy Disease joue la carte de la maturité et de la technique, en variant les styles.

Les titres sont plus recherchés et plus longs, frôlant un côté progressif, surtout dû au fait que le groupe exploite sur cet opus, les thèmes qui leurs sont si chers : la guerre, l’humanité, la destruction, l’apocalypse…d’où cette musique qui devient soudainement plus froide, plus sombre, plus profonde, emmenant l’auditeur dans un monde beaucoup plus torturé et privé d’une certaine liberté d’expression, de mouvement, de rassemblement…l’agressivité et les ambiances sont d’autant plus impalpables et font la force de ce « Cold Skin Obsession », qui en devient presque effrayant.

Ainsi « War Is Mine », et son intro uniquement faite aux claviers, est une réelle descente dans les méandres d’un monde presque oublié, industriel, futuriste, et en partie terrifiant. Les guitares lancent ensuite des offensives, véritable déflagration au sein de ces atmosphères glaciales, et la voix de Psycho nous scande un « war » des plus puissants. « Ultimate Reign » impose son côté black et son rythme endiablé, à mesure que les claviers deviennent de plus en plus présents, soulevant alors cette déchéance qui devient alors l’élément clé de cet opus.

« The Last of the Mohicans » et « Cold » se situent plus dans une veine black death symphonique avec une grande prédominance des claviers, épiques, une batterie alternant blast beats et double pédale furieuse, et des guitares, enragées, terribles, aux riffs tantôt black, tantôt death et très efficaces. Ces deux titres sont sans aucun doute les pièces maitresses de ce « Cold Skin Obession », l’un étant instrumental et prenant, l’autre emmené par un chant dévastant tout sur son passage, soutenu par quelques samples….un éclair au milieu de la nuit noire…un coup de tonnerre qui retentit pour nous enfoncer encore plus dans cet élan de torpeur.

Des titres se démarquent du reste de l’album par leur originalité et par leur style loin d’être dominant au sein des compositions. « Qualbuhu la Jadruqqu » est ultra cybernétique et mécanique, les claviers, les samples et les percussions en tête, ainsi qu’une basse presque soumise à distorsion. L’effet est saisissant et surtout ultra robotique. La voix synthétique se posant sur tous ces instruments renforce d’autant plus cet effet de décharnement et de perte d’identité. Industriel à souhait, ce morceau ci est sans doute le précurseur du changement d’orientation future de Thy Disease… « Nihilistic Tranquillity » quant à lui, jouie d’une atmosphère gothique, notamment grâce à la présence d’orgues à la limite du macabre et parfois du mystique, accompagnés de sonorités électroniques et de quelques touches de violons histoire d’imposer un côté dérangeant.

« Cold Skin Obession », c’est donc avant tout une bonne amélioration et une dose de maturité en plus. Les musiciens ont gagné en technique et les atmosphères sont d’autant plus recherchées, annonçant alors la suite. Si le death et le black se trouvent ici à égalité, ils ne le seront plus dans le prochain opus, « Neurotic World of Guilt », la transition, le passage vers des sonorités d’autant plus death et industrielles …

 

Thy Disease : Devilish Act of Creation

Ξ septembre 2nd, 2010 | → 0 Comments | ∇ Death Black |

Thy Disease : Devilish Act of CreationFondé en 1999 sous l’impulsion de Yanuary et Psycho, aussi membres de Anal Stench et de Crionics pour le premier, Thy Disease officie dans une musique assez sombre et agressive, véritable croisement du black et du death métal et force est de constater que l’ensemble se veut relativement efficace et terriblement entraînant. En effet, les polonais et leur premier album « Devilish Art of Creation » nous sortent quelque chose d’extrêmement bien foutu et rentre dedans, quelque part entre Behemoth et Decapitated.

A cette époque-ci, les sons industriels et les samples ne sont pas vraiment ancrés dans leur musique et par conséquent l’appellation « death industriel » ne veut encore rien dire. Même si les claviers ont leur place, apportant les atmosphères et ce côté moderne, et surtout, renforçant ce côté black, ils n’ont pas ce rôle aussi glacial et apocalyptique qu’on retrouvera dans les prochaines productions de Thy Disease. Ici ce sont simplement des nappes comme sur « Finding God », parfois un fond d’ambiance, ou même un effet mécanique comme sur « Crashing the Soul » ou l’outro « Art of Creation », révélant alors les influences et la future identité de ce groupe évolutif.

Il est clair et net qu’au sein de cet album-ci, la part black rentre énormément en jeu au milieu de la brutalité du death. Non seulement le chant est beaucoup plus typique, les growls étant beaucoup moins fréquents, mais en plus les riffs sont facilement reconnaissables tout en étant alternés avec de fameux riffs death, rendant ce mélange pour le moins efficace, d’autant plus qu’il est bien appréhendé (comme sur « New Slaughter » ou « Angel Ashamed » par exemple).

Sans doute le mot « diversité » est celui qui colle le mieux à cet opus, puisque les styles ont souvent tendance à varier, laissant deviner à l’auditeur que le groupe se recherche, essayant de trouver et d’apprécier un style qui lui sera d’autant plus représentatif. Ainsi leur black/death peut s’emparer d’éléments gothiques voire symphoniques comme sur « The Wish » avec ce son de cloches en introduction et cet orgue continue au niveau des refrains, sur « Coursed », qui se veut assez épique, ou même sur « My Serpent », titre brutal mais sans doute le plus révélateur étant donné que les claviers et les chœurs apportent une bonne dose de sympho pour une grande partie du titre.

Au niveau de la technique, on ne peut que constater que leur jeu est plutôt bon, voire très bon. Outre alterner les riffings mais aussi les martellements de batterie, les solos sont aussi de la mise et en plus grande quantité que sur les futures productions. « Finding God » par exemple nous gratifie d’un solo bien foutu en guise de break, quelque peu arabisant. Les différents types de vocaux et la variété des lignes de claviers sont aussi à noter.

On aurait pu nous épargner la reprise de Madonna dénommée « Frozen »…je la trouve quelque peu malvenue, même si ça peut faire sourire, mais la musique en elle-même est simpliste et bien en dessous de ce que nous a fait Thy Disease tout au long de l’album…de plus le chant féminin au refrain est assez faiblard et se pose très mal sur cet ensemble black/death…

Thy Disease nous offre en conclusion un album plutôt sympathique, des titres étant moins bons que certains, sortant bien évidemment du lot, mais tout de même, la qualité est là. Loin de leur cyber métal actuel, ce « Devilish Art of Creation » se veut être le début d’un tout pour ce groupe ne cessant d’évoluer.

 

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