Naumachia : Black Sun Rising

Ξ janvier 25th, 2011 | → 0 Comments | ∇ Death Black, Industrial Death Metal |

Naumachia : Black Sun RisingDécidément, les polonais ne sont pas avares du tout en matière de death black. On connait déjà Behemoth, Hate, Crionics, ou encore Atrophia Red Sun, mais certaines formations restent dans l’ombre des plus grands, du moins des plus connus, comme Thy Disease, ou en l’occurrence, Naumachia.

Formé en 1999, Naumachia officie lui aussi dans un death black efficace, puissant et sombre, flirtant grandement avec l’indus. De ce fait on retrouve aussi chez cette formation polonaise des ambiances décadentes, futuristes et apocalyptiques assez marquées, bien maîtrisées, et, il faut le dire, plus omniprésentes. On peut donc dire que Naumachia se situe entre Crionics et Thy Disease.

Car si on retrouve la brutalité et la technicité des riffs de l’un, on côtoie aussi la mélodie et les claviers entêtants de l’autre. Ce « Black Sun Rising » détient lui aussi un concept assez pessimiste, mettant en relief les conséquences plus ou moins néfastes de l’apparition d’une éclipse, dans un futur plus ou moins proche…ce soleil noir levant ne serait autre que le commencement d’une nouvelle ère, d’une époque encore plus cataclysmique…et les paroles ne sont que les pensées d’un homme ne pouvant plus vivre parmi les humains de cette période funeste…

Ainsi, malgré les apparences, cet album de Naumachia, du moins quelques morceaux en particulier, pourraient faire partie du petit monde du cyber metal pour plusieurs raisons. D’une part, le concept futuriste et même science fiction, l’humain utilisant des moyens plus ou moins nouveaux pour réchapper à cette ère morbide et destructrice. D’autre part, la musique est terriblement empreinte d’éléments industriels, électroniques même, et de samples, mettant en relief quelques bruits de machines (« Egomaniac Frenzy »). Les parties black ici présentes permettent de soutenir ces éléments indus et de renforcer ces atmosphères sombres avec délicatesse et maîtrise (« Abreaction »). Quant aux parties death, ce sont les plus agressives et les plus techniques.

Le fait est que Naumachia joue véritablement dans la cours des grands. Très professionnaliste et innovateur, s’influençant toutefois de ses frères polonais (« Inward Spiral » étant du Thy Disease tout craché), le groupe n’hésite pas à prendre des risques et à frôler l’expérimental. De ce fait, il ne sera pas étonnant de retrouver un morceau instrumental comme « Mortification Study », extrêmement bien maîtrisé de bout en bout. Car ici, les claviers (mélangeant indus et même sympho en fond), les chœurs étranges et les percussions sont de la partie, proposant des mélodies enivrantes bien que mystérieuses et sombres, soutenus par quelques notes à la guitare accompagnant le jeu principal de claviers déroutants et un rythme mécanique. Une voix apparaît de temps en temps, décharnée et synthétique. Ce titre permet réellement à l’auditeur de rentrer dans le vif du sujet et de rendre compte de l’aspect cybernétique de la musique. Par ailleurs, « Iconography of Pain » est un bon exemple en ce qui concerne l’aspect expérimental, les claviers partant dans tous les sens, et les guitares usant de dissonances sur certains passages. Une bonne prise de risque en somme.

Ceci dit, les compos, en général, sont assez brutales et il s’avère que le côté mélodique des compos revient aux claviers qui créent vraiment tout : fond d’ambiance et lignes envoûtantes. Mais les riffings sont très bons et pourraient faire penser à ceux de Vader par moment, ainsi que la voix, un growl bien grave, maîtrisé, doté d’un tranchant et d’un sens du rythme imparable. De ce fait, « Sedated Daimona », entre autre, est un véritable condensé de tous les éléments sus cités.

Mais hormis cette violence qu’on ne peut que remarquer, il serait dommage de ne pas évoquer les passages plus posés et atmosphériques, rappelant dans quel domaine nous nous situons. La fin de « Sedated Daimona », par exemple, ou le début de « Abreaction », planants à souhait, avec ces sons particulier et ce clavier de fond enivrant.

Il est toutefois dommage que ce « Black Sun Rising » ne soit pas long…de plus, les claviers indus, bien que charismatiques et indispensables pour respecter le concept et le style, sont trop dominants et ont parfois tendance à happer les guitares et la voix dans un ensemble atomique de sonorités électroniques. Et finalement, bien que l’originalité soit là, elle est tout de même réduite et perd malheureusement de son intensité à cause des influences de Naumachia. En tout cas, si vous aimez Crionics, Vader, ou encore Thy Disease, cet album est fait pour vous et ne peut que vous inciter à pénétrer l’univers violent et sombre d’un groupe rempli d’un potentiel énorme…

 

Crionics : Armageddon’s Evolution

Ξ janvier 22nd, 2011 | → 0 Comments | ∇ Death Black, Symphonic Black Metal |

Crionics : Armageddon's EvolutionAvant de changer quelque peu d’orientation et de se focaliser vers une musique plus teintée d’indus et même cybernétique, plus originale et conceptuelle donc, Crionics, c’était avant tout un combo plutôt brutal, très noir et malfaisant, souffrant inéluctablement de ses ressemblances avec les maîtres du black symphonique norvégien, Emperor. Et pour cause, les polonais s’influençaient principalement de ce groupe-ci, groupe dont ils ne pouvaient s’empêcher d’être élogieux…d’où cette ressemblance générale et l’apparition de reprises d’Emperor lui-mêmes au sein de leurs albums. Ce deuxième opus, « Armaggedon’s Evolution », est donc la suite de « Human Error – Ways to Self Destruction », et est un concentré de violence, de noirceur, mais aussi de symphonies Emperor-like, mais en plus inquiétantes…car les thèmes sont de nouveau basés sur l’apocalypse, la déchéance même de l’humain dans son propre monde, et les pièges de la religion, entre autre…un futur sombre et pessimiste en somme.

Côté style, Crionics officie dans un black assez brutal, énergique et très agressif, agrémenté de quelques éléments death, où s’entrecroisent les riffs, les blasts, les saccades mais aussi les chants, alternant entre le chant black et le chant death, des cris terrifiants et puissants comme pris dans un écho pour l’un et des growls caverneux pour l’autre comme le montre bien le morceau « Final Inversion ». En tout cas, tout est réellement bien maîtrisé, carré, et pro, toutefois, il est à noter qu’au niveau du rythme, il y a peu de variations. Ainsi on se retrouve avec un rythme très rapide tout au long de l’album, toujours formé de la même manière. Il est clair que c’est loin d’être mou, mais à la longue, ça en devient monotone. De même pour les riffs, qui perdent de leur saveur au fil de l’opus. Le jeu est bon, mais les mêmes riffs ou techniques reviennent fréquemment, surtout lors des passages un peu plus « posés ». Donc du coup, on ne sait plus trop où on en est dans les titres, si bien qu’on peut penser avoir déjà entendu le même morceau…

Côté ambiance, l’assemblage de ses riffs froids et incisifs et des vocaux abruptes et tranchants comme des lames de rasoir rendent la musique extrêmement lourde, sombre et froide, d’autant plus que le black est plus mis en avant que le death. De ce fait, on se retrouve avec des ambiances maléfiques, un peu futuristes, grâce à la légère présence d’indus comme sur « Arrival of Non Parallel Aeons », mais aussi inquiétantes et apocalyptiques, amenées par une grande partie d’éléments symphoniques aux claviers. Et c’est là où tout se joue. Car sans claviers, Crionics perdrait une bonne partie de son âme. Ici le sympho n’est pas grandiloquent, ni épique, ni guerrier, mais certainement plus majestueux à la manière d’Emperor. Le symphonique est partout, intégré dans chaque compo, parfois plus mis en avant, parfois moins pour laisser place à une agressivité impalpable des guitares. Mais le fait est que ces claviers prennent la part du lion et sont irrémédiablement les maîtres du jeu. Prenez un morceau comme « Armaggedon’s Evolution » et écoutez les envolées aux claviers majestueuses, ou encore « Fff (Freezing Fields of Eternity) », avec ces mélodies terribles et surtout ces chœurs. Et pour couronner le tout, « Chant of Rebel Angels », le seul titre instrumental, est le digne représentant de cette symphonie inquiétante, morbide et apocalyptique, paradée de chœurs et de quelques percussions, où il est tout à fait possible de s’imaginer seul au milieu de ruines, sous un ciel sombre et orageux…

Il est certain que les thèmes sont bien mis en musique à proprement parler, le concept est respecté à la lettre et on s’y croirait réellement. Cependant, cette originalité apparente se retrouve compromise. Car comme je l’évoquais précédemment, l’ombre d’Emperor est bien là et nuit, si l’on peut dire, aux compositions de ce « Armageddon’s Evolution ». Les ressemblances sont assez frappantes, du côté des riffs en effet, mais surtout des claviers et du symphonique. Il est clair que certaines sonorités leur font défauts. Je ne parle pas non plus de plagiat, mais si vous écoutez le « Anthems to the Welkin at Dusk » de nos amis norvégiens, vous comprendrez : mêmes ambiances froides et sombres, même genre d’envolées impériales…d’ailleurs, la reprise de « The Loss and Curse of Reverence » n’aura pas été faite au hasard, bien évidemment, car c’est bel et bien une reprise d’Emperor, et cette reprise ne fait que confirmer leurs influences. Malheureusement, cette cover est en dessous de l’originale. Moins bonne, moins puissante, moins personnelle, les vocaux se retrouvent happés par l’agressivité des guitares et du rythme et par l’impérialité des claviers, si bien qu’ils se retrouvent au second plan et moins audibles.

Enfin, toujours en terme de comparaison, le morceau « Disconnected Minds » se retrouve étrangement avec un passage semblant tout droit venir de « With Strength I Burn » de l’opus « Anthems to the Welkin at Dusk » de ce fameux Emperor. Ecoutez « Disconnected Minds » vers 03 :40, et prenez ensuite « With Strength I Burn » à 04 :47…la mélodie et l’ambiance sont quasi les mêmes et c’en est assez frappant. Le passage de Crionics possède cependant une voix claire, alors qu’on se retrouve avec un chant black dans le passage d’Emperor, cependant il est évident que ce chant clair a été piqué aux norvégiens, qui n’hésitent pas à intégrer ce type de chant dans leurs compos.

Toutefois, malgré cette partie Emperor-like, « Disconnected Minds » reste sans aucun doute un des morceaux les plus intéressants, avec « Black Manifest ».

Tout d’abord, le premier se veut très riche, progressif et complexe au niveau des structures, des harmonies et des riffs. Ainsi on n’a pas vraiment l’impression d’écouter le même morceau au fil de ces cinq minutes trente deux. Les variations de rythme sont de la partie, ainsi que les différentes stylistiques au niveau des riffs, et des ambiances aux claviers. Ainsi à l’intérieur même du morceau, on alterne aisément entre riffings lourds et plus posés, rythmes à tempo rapide et tempo moyen, ambiances inquiétantes et futuristes, claviers symphonique et indus, chants black, death, clair, et chœurs. Une belle réussite, qui aurait pu devenir chef d’œuvre, si l’on peut dire, sans ce passage pris chez Emperor

Enfin, « Black Manifest », un des titres les plus longs par ailleurs, est totalement terrible et efficace. Crionics ne met pas de côté la mélodie, sans occulter la brutalité, et met en avant les parties symphoniques, qui sont, cette fois ci, très grandiloquentes. Les envolées aux violons « synthétiques » foisonnent, accompagnées de solos de guitares maîtrisés, jusqu’à un break, le moment crucial du morceau, la reprise de l’oeuvre très célèbre « Carmina Burana » de Carl Orff. Aux claviers, bien évidemment, avec des chœurs et l’appui des guitares pour guider de nouveau la mélodie. C’est magnifique et très bien foutu, d’autant plus que la suite du morceau continue à mettre en relief quelques parties de ce « Carmina Burana », mais en beaucoup plus rapide, et bien black/death, avec ce chant dévastant tout sur son passage.

Que demander de plus finalement ? « Armaggedon’s Evolution » est un bon album, réfléchi et maîtrisé, doté d’une thématique intéressante, et mis méchamment en musique par un groupe officiant dans un style qui n’est pas non plus ultra répandu (sorte de black death sympho indus en somme)…cependant il souffre de ces linéarités, de la longueur de ses morceaux, mais surtout de l’influence Emperor, qui lui fait perdre en originalité, et c’est dommage…toutefois Crionics ne s’est pas entêté à perdurer sur cette voie et il suffit d’écouter « Neuthrone », l’album suivant, pour témoigner de son évolution et se faire une idée précise de la réelle identité de cette formation polonaise pleine de ressource…

 

Sycronomica : Sycroscope

Ξ janvier 19th, 2011 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Sycronomica : SycroscopeL’Allemagne est surtout réputée pour son power mélodique, Helloween et consort, et même son heavy metal, la hargneuse Doro Pesch etc…mais on connait peu le black metal symphonique allemand qui n’a pourtant rien à envier à ses cousins polonais ou scandinaves…car même si cette scène en particulier est peu connue, voire boudée, certains groupes arrivent tout de même à sortir du lot et à proposer une musique originale et efficace.

Loin des Lyfthrasyr ou autre Obsidian Gate, Sycronomica s’embarque dans une musique pleine de bons sentiments, hivernale qui plus est, mais surtout sombre et mélancolique. Riffs ténébreux et lourds, tranchants et efficaces, mais aussi mélodiques et techniques, basse dominante, renforçant cet aspect froid et obscur, Sycronomica ne laisse rien au hasard et mise sur l’efficacité et le dynamisme, sans pour autant occulter d’autres parties fondamentales.

Car les parties symphoniques et atmosphériques à la Dimmu Borgir période « Enthrone Darkness Triumphant » et « Spiritual Black Dimension », ainsi que d’autres assez folk à la Borknagar proche de « The Archaic Course » sont très dominantes et embarquent l’auditeur dans un univers lointain et envoutant. En effet, les mélodies sont pour la plupart très recherchées et entêtantes, même si elles pourraient faire penser aux artistes cités précédemment. « Kaleidoscope » ou « An Der Schwelle » par exemple, possèdent toutes deux cette agressivité imparable des riffs, soutenu par des claviers presque omniprésents et grandiloquents par moment. « The Call », lui, rappelle les mélodies folk voire pagan empreintes de quelques éléments gothiques, appréhendés au niveau des jeux de claviers, qui font s’envoler les harmonies, transportant l’auditeur dans un univers terrible mais si beau, où se forment des flammes glaciales et des lumières sombres…

Certains pourraient trouver ça totalement banal, mais l’originalité principale du groupe réside dans les vocaux, une alternance de chant black et de chant clair à tendance lyrique, deux voix masculines s’ancrant parfaitement dans les compositions, se plaçant là où il faut, sans pour autant qu’on les attende. L’alternance peut parfois, il est vrai, faire penser à l’alternance entre Shagrath/Vortex de Dimmu Borgir, mais la particularité reste tout de même dans le lyrisme employé dans certaines parties, en majorité les refrains ou même les breaks, comme sur « Kaleidoscope » entre autre.

Autre particularité, la langue employée. Même si l’anglais est la langue dominante, l’allemand est aussi très utilisé par le groupe, surtout quand il s’agit de description ou de passages assez émotifs.

Mais en tout cas le chef d’œuvre ultime de ce « Sycroscope » est bel et bien le titre de fin « Geleit Ins Moor », sorte de balade sombre et mélancolique, reprenant tous les éléments suscités, comme un condensé de tout l’album en un morceau, mais plus lent qu’à l’accoutumée. Ici tout se base sur l’émotion et le jeu de tous les instruments y compris les chanteurs. Les claviers et les chœurs se situent en arrière plan, tandis qu’un violon en fil conducteur amène une mélodie relativement triste mais si envoutante. Les guitares, tantôt électriques, tantôt acoustiques, mettent en valeur cette ambiance si lamentée quand les solos mélodieux sont de la partie. Et le paradoxe s’accomplit lorsqu’apparaissent les vocaux. Dans une langue allemande recherchée, les couplets, exécutés par une voix black rêche, mettent plus en relief une sorte d’agressivité renforcée par le côté guttural de l’allemand. Toutefois, étrangement, lors des refrains, la voix lyrique adoucit majestueusement le tout, rendant la musique beaucoup plus belle et mélancolique…le final est merveilleusement orchestré par le violon, reprenant les notes du chant lyrique, en une complainte des plus douces…

Le paradoxe est peut-être grand, mais la touche finale est d’autant plus sublime que féérique…

Un album grandement réussi et changeant de l’ordinaire, pourvu que vous puissiez supporter les mélodies omniprésentes, les envolées majestueuses aux claviers, le surplus d’émotion, et le chant lyrique. Armé de titres longs pour la plupart, « Sycroscope » marque l’aboutissement d’un groupe pourtant créé en 1996, mais trouvant en cette année 2009 une voie qui lui est propre.

 

Godsmack : Godsmack

Ξ janvier 1st, 2011 | → 10 commentaires | ∇ Neo Metal |

Ecoutez ICI

Le premier album est souvent synonyme de beaucoup de choses : le franchissement d’une étape, le pas en avant vers une possible notoriété, l’exposition au grand public de son savoir faire, la mise en valeur de son univers…certains groupes, même avec un premier essai, n’arrivent pas à dégager ces quelques points…d’autres arrivent petit à petit à se faire connaître au fil des sorties…et d’autres font une ascension fulgurante, comme Godsmack.

Cette formation américaine était encore inconnue au milieu des années 90 mais la sortie de son album éponyme a irrémédiablement changé la donne. Le quatuor a réussi, non sans difficulté, à pimenter son néo métal, relevant son originalité, lui apportant une saveur comme on en a peu goûté. Avec la sortie de l’album éponyme, Godsmack gagne en popularité très rapidement, certains de leurs morceaux étant même gratifiés de Grammy Awards…une carrière prometteuse leur tendait donc les bras et cet album en était ainsi le prélude…

Derrière cette pochette aux dominantes de rouge et de noir, où s’affiche une femme étrange et percée, se cache un opus dynamique, technique, empreint de beaucoup de groove, de tranchant et de mélodie, et ce, mis en valeur par les guitares lourdes et brutes de Tony Rombola. En effet, ce musicien de génie maîtrise extrêmement bien son instrument, offrant une dimension en plus à la musique de Godsmack, et l’éloignant de ce fait de ses rivaux tels que Disturbed, System of a Down, Korn ou encore Slipknot. Ici tout est basé sur une méthode imparable de gratte, frottement métallique, agressivité des jeux et des rythmiques, mais aussi solos en tout genre relativement efficaces, puissants et mélodieux (« Keep Away », « Moon Baby »). La complicité menée avec le bassiste Robbie Merill est d’autant plus remarquable tant le travail apporté par les deux musiciens est recherché et surtout bien foutu. La basse est elle aussi mise en relief sur la majeure partie des titres, empreinte d’un groove intéressant et prenant, créant le rythme ou la structure des morceaux dont elle est la maîtresse(« Immune », « Now or Never »). Enfin le batteur Tommy Stewart (qui sera remplacé par la suite par Shanon Larkin) n’a non plus aucun mal à adapter son jeu à celui de ses confrères, apportant donc ce rythme dynamique à une technique plutôt simpliste mais surtout efficace.

Bien sûr, il ne faut pas oublier non plus l’alchimie présente entre ces instruments et la voix de Sully Erna, sans doute le pilier, l’élément irremplaçable de Godsmack. Doté d’un timbre de voix plutôt grave, puissant et hargneux, le chanteur maîtrise lui aussi son organe à la perfection, renforçant pour la plupart du temps ce groove incessant et ce dynamisme impalpable, et mettant encore plus en valeur l’agressivité et la rage des compos. Variant ses méthodes de chant, le musicien peut aussi bien avoir un chant clair posé que tranchant, crier, murmurer ou fredonner des airs en duo avec la guitare (« Situation »).

L’assemblage de tous ces éléments, permettent d’autant plus à l’auditeur d’appréhender les thèmes intégrés par le combo américain dans l’ensemble des compos. Les paroles sont avant tout écrites par Sully Erna, et déteignent sa rage, sa souffrance et sa colère, d’où cette incision des riffs et du chant dans « Time Bomb » et« Moon Baby », ou a contrario, cette lamentation et cette peine si touchante dans « Stress ».

Mais hors de ces thèmes si pessimistes existent bel et bien quelques morceaux plus doux et suaves, plus originaux et dépaysant, comme « Now or Never » avec un groove énorme et un violon lors du refrain, « Immune » mené de bout en bout par une basse omniprésente, mais surtout « Voodoo », le dernier morceau, aux rythmiques et sonorités tribales et arabisantes, rêveurs, voyageurs, et envoutant. Ce type de titre avec ses ambiances bien particulières est présent dans chaque album du groupe (notamment dans « IV » avec le titre « Voodoo Too », la suite de « Voodoo » en quelque sorte).

Toutefois, malgré l’originalité évoquée, quelques longueurs se font ressentir, ainsi que la linéarité de certains titres, qui parfois ont tendance à se ressembler et à “lasser” l’auditeur. Ils possèdent en majorité la même structure de base et varient peu (à part bien sûr quelques exceptions dont celles cités précédemment).

Mais quel premier album ! A l’écoute de sa totalité, on comprend pourquoi il a tant été apprécié, reconnu et primé de surcroit… « Godsmack » se place irrémédiablement au rang des grands albums de néo et était ainsi le premier pas vers une notoriété encore plus grande, vers des opus encore meilleurs. A posséder.

16/20

 

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