Atrophia Red Sun : Twisted Logic

Ξ février 28th, 2011 | → 2 commentaires | ∇ Cyber Metal, Industrial Death Metal |

Atrophia Red Sun : Twisted LogicParmi les groupes polonais de death black les plus méconnus et les plus sous estimés, on compte entre autre Naumachia mais aussi Atrophia Red Sun, alors fondé en 1994 par le claviériste Piotr Kopec de (comme par hasard) Naumachia, et le chanteur Adrian Kowanek, qu’on retrouvait aussi dans Decapitated. Après des débuts quelque peu non fructueux dans lesquels le combo officiait dans un doom metal assez romantique, Atrophia Red Sun change du tout au tout son orientation musicale afin de nous offrir une vision plus pessimiste du monde, plus sombre, plus apocalyptique, et plus cybernétique. « Twisted Logic » est sa dernière oeuvre en date et est une pure représentation d’un univers déchu , régi par des entités électroniques , où l’humain est lui-même pris au piège par ces entités ci, pervertissant son esprit selon des méthodes très précises de manipulation. Le monde se retrouve confronté à la violence et aux péchés…

A l’instar de Thy Disease et bien sûr Naumachia, Atrophia Red Sun use d’un death black lourd et malfaisant, paradé par beaucoup d’éléments industriels qui renforcent les ambiances et le concept sus-cité. De plus, à la manière de ses confrères, le quatuor expérimente énormément, à tel point que les morceaux paraissent distordus, étranges, à la limite du malsain parfois : multiplicité des sons aux claviers, mais aussi des solos à la guitare et des vocaux. Un titre comme « Code Word » et sa sirène en intro ne peut que nous baigner dans le concept et nous mettre en garde quant à ce qui est censé nous arriver, alors qu’ « Abstract » par exemple peut s’avérer totalement dérangeant par ces guitares hypnotiques mais aussi ces différents sons tous plus étranges les uns que les autres…

Car il faut le dire, l’ expérimentation est le maître mot de cet album. Les claviers nous sortent des sons à la limite de l’aliénation, de la paranoïa, alors que d’autres peuvent être bien sombre et modernes, bien cybernétiques. La variété des riffs et des mélodies à la guitare est à prendre en considération, et peuvent étonner, tant tout cela nous donne la fâcheuse impression que ce n’est que de l’improvisation. Mais au contraire, tout est bien pensé, tout est maîtrisé, si bien que les riffs sont aussi death que black, aussi malfaisants que normaux, aussi brutaux que mélodieux (« Twisted Logic »).

Cependant cela ne s’arrête pas là. Tout se ressent aussi dans les vocaux, comme plus particulièrement sur « Inspiration ». Même s’ils sont davantage black et cadavériques que death, il s’avère qu’ils peuvent aussi être clairs, voire parlés, dans certains passages, mais aussi lamentés, décharnés, inhumains, mécaniques, malmenés par une horde d’éléments synthétiques pervertissant leurs intonations, si bien que nous avons l’impression de changer de monde et de langue, au profit d’un langage si différent et si mystérieux qu’est celui des machines…

Mais il est clair qu’Atrophia Red Sun a fait un travail considérable en ce qui concerne les instruments et les sonorités, mais aussi dans la progression des morceaux. Nous, auditeurs, suivons ce désastre, ce carnage, cette manipulation au fil de ces onze titres. Nous sommes happés dans ces conflits de société et cette agressivité palpable, baladés de ci de là à travers mille et un sons, mais aussi frappés et martelés par cette batterie claquante, tapant là où ça fait mal. Et la longueur de ces morceaux ne fait que renforcer cette progression, plus ou moins dérangeante selon la chanson en question, car le degré d’étrangeté et de mystère est totalement variable (comme encore sur « Twisted Logic », qui incorpore d’ailleurs la musique du générique d’X-Files).

Preuve en est aussi au niveau de deux « cyber instrumental » comme elles sont nommées dans l’album. Et ça fait peur…la première est bien trop calme et bien trop crystalline pour nous donner cette impression de répit. Et la seconde, outro de l’album et ce piano en folie est totalement déroutante et aliéné, jusqu’à un final atmosphérique où des choeurs ténébreux sont à l’honneur…

Selon cette progression permanente et loin d’être latente, « Nameless Rot » est sans doute le morceau le plus multiple et le plus riche, tant dans sa construction que dans les ambiances. Jamais identique du début à la fin, l’agressivité est constante, mais les mélodies ne manquent pas, ainsi qu’un certain dynamisme et un certain groove. Même si le début est particulièrement efficace et rentre dedans, la suite change du tout au tout quand arrivent les claviers, octroyant une ambiance des plus cybernétique et des plus futuriste. Les sons sont bizarres mais modernes et plutôt spatiaux, jusqu’à un passage chanté en clair mais de façon dénaturée, pour atteindre quelque chose de plus indus, avec un solo on ne peut plus arabisant, pour enfin clore avec une partie atmosphérique, donc assez planant mais sombre et électronique…

Ca change de l’ordinaire, c’est bien particulier, technique, et suffisamment expérimental pour attirer l’attention. Toutefois il est clair que cette profusion de sons peut en déranger certains, ainsi que la production, assez caverneuse et presque en écho (même si signé chez Empire Records)…ça réduit quelque peu la brutalité des morceaux, mais ça ne gâche en rien les mélodies et fait la part belle à ces ambiances si sombres, décadentes, et cybernétiques…

 

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