Within Temptation : The Unforgiving

Ξ mars 27th, 2011 | → 11 commentaires | ∇ Symphonic |

Within Temptation : The UnforgivingQuel amateur de symphonique – et même de métal tout court – ne connait pas Within Temptation ? Après un début assez ambitieux, original, riche, et assez proche d’un certain doom/gothic avec « Enter », le combo s’était davantage dirigé vers quelque chose de plus symphonique avec « Mother Earth »…mais leur succès et leur ambition auront eu raison d’eux, résultat avec des opus beaucoup plus faciles d’accès et assez « commerciaux » avec « The Silent Force » et « The Heart of Everything », lui-même revenant malgré tout vers un ensemble plutôt gothique. Après aussi moult EP et albums live dispensables montrant ce fâcheux penchant à commercialiser et non véritablement à créer, Within Temptation se décide enfin à sortir quelque chose sortant de l’ordinaire en cette année 2011…un véritable concept album basé sur une BD créée par Steven O’Connell à la demande du groupe, racontant l’histoire de personnes ayant effectué de mauvais choix dans leur vie, personnes qui se rachèteront en traquant des « méchants » après avoir été engagées par Mother Maiden, une vieille femme aux pouvoirs extraordinaires, leur offrant une seconde chance…

Pour ce « The Unforgiving », Within Temptation reprend donc la direction musicale laissée avec leur dernier single « Utopia » et nous voilà donc avec un album de…pop ! Cela peut paraître étrange mais les six bataves ont fait en sorte que leur musique colle au concept et donc à la pochette style comic…résultat, une grosse claque, un gros changement, pour du Symphonic Pop Metal des plus particuliers…

Alors pour poser le sujet, l’album commence par un prologue court (un peu plus de trente secondes) où se posent quelques notes de violon, un fond musical, et une narration…oui, une réelle histoire nous sera racontée dans cette œuvre, celle précitée et ce, au travers de ces 12 pistes.

Pour les puristes et grands amateurs de WT, attendez-vous à un choc puisqu’on peine à retrouver la patte de ce combo hollandais, hormis les notes de piano, les orchestrations et les ballades à dormir debout telles que « Fire and Ice » ou « Lost ». Hormis cela, l’ensemble se veut résolument très accessible, et pourrait facilement passer sur nos stations de radio ! Des refrains trop faciles à mémoriser, des riffs simplistes, des mélodies loin d’être véritablement fouillées et ce fond aux claviers parfois « vieillot ». Le pire est que cela reste efficace, mais pas si métal que ça, notamment « Shot in the Dark », « Faster », ou même « Sinead », très dynamiques et énergiques, et toujours avec cet arrangement symphonique. La voix de Sharon a pas mal baissé en intensité et la Demoiselle ne monte pas aussi haut dans les aigus qu’avant. Le chant est plus posé, plus simple, moins « lyrique » que sur les précédents opus et on sent souvent quelques faiblesses notables…

Et puis, il existe pour notre plus grand bonheur, des morceaux plus calibrés métal, et surtout, plus dans l’esprit de Within Temptation. « Iron » par exemple, commence avec des riffs assez accrocheurs et hypnotiques pour un certain côté épique grâce aux très bonnes orchestrations, un refrain dynamique et prenant, et surtout une voix qui grimpe. « In the Middle of the Night » carbure et se dote d’un bon dynamisme, et d’une énergie contagieuse. Idem pour « A Demon’s Fate » à l’intro – je le dis – chiante (avec des Oh-ooooh en prime), mais la suite est plus intéressante, beaucoup plus métal que pop (malgré les arrangements de ce dernier en fond) et les violons aux claviers donnent une certaine profondeur au morceau. Enfin, « Murder » se situe à la croisée du métal et de la pop, tout en étant doté de grandes symphonies et d’un solo de guitare particulier. Et c’est de ce point de vue là que nous pouvons garder un peu d’espoir : les solos sont beaucoup plus nombreux, travaillés et maitrisés.

Les amateurs de WT resteront quand même déçus par cet opus beaucoup trop mielleux, aux paroles assez guimauves, et à cet ensemble pop qui ne semble pas bien aller aux bataves. Ce « The Unforgiving », bien que varié dans son ensemble et malgré quelques bonnes surprises, reste cette année un gros point d’interrogation dans le domaine du Metal Symphonique…

 

Absurdity : D:Evolution

Ξ mars 27th, 2011 | → 0 Comments | ∇ Deathcore |

Absurdity : D:EvolutionContrairement à ce que nous avait sorti Absurdity il y a deux et quatre ans, je veux bien sûr parler des deux précédents opus qui avaient peu réussis à mettre le groupe en avant malgré un talent certain, les six strasbourgeois ne rigolent plus cette année et mettent les petits plats dans les grands. Forts de leur modernité accrue et de leur penchant pour les mélanges, le combo fait fort, évolue et devient percutant…signé chez Urban Death Records, enregistré, mixé, et masterisé en Hongrie par Zoltan Varga (Sikh, S-Core entre autres…), ce « D:Evolution » s’annonce comme un certain renouveau pour le groupe et une réelle découverte…

Même si le concept moderne basé sur l’évolution et la mécanisation d’un homme peut évoquer le Cyber Metal, on est loin d’y être. Ici on se situe davantage dans un Deathcore moderne à la croisée des genres. Absurdity n’hésite pas à intégrer un large pannel d’éléments, que ce soit du Death Metal carré et propre agrémenté de rythmiques Thrash ainsi que d’éléments Core tels que certains riffings syncopés et quelques pig squeal rageurs (« Logical Work Process »)…ajoutez à cela une horde de sonorités modernes tels que l’electro/indus voire sample en fond et parfois en ambiance…un enrobage électronique loin d’être omniprésent mais relevant des passages forts et puissants à la manière de « Sneaking Data », « Death.Kult.Paranoia » ou « Novae ».

Si la basse est bien mise en avant, permettant une profondeur accrue des compos, la batterie elle claque à n’en plus pouvoir, véritable massue et pilier de la musique, enchaînant les techniques avec brio. Et rien que le premier morceau « A Taste of… » annonce la couleur tant il est puissant et brute. La suite se veut d’autant plus martiale et écrasante, parfois mécanique selon les riffings et les rythmes et on lorgne vraiment entre deux genres majeurs : le Death et le Core.

L’ensemble est donc aseptisé et agressive malgré une certaine mélodicité apportée par des guitares plutôt techniques et maîtrisées. Une aseptisation renforcée par un chant efficace et puissant, diversifié selon les moments, si bien que plusieurs techniques sont de la partie pour un résultat convainquant.

On regrettera sans doute la brièveté des titres et le fait que certains puissent avoir quelques longueurs, cependant, la maturité, la modernité et la puissance de feu sont là, pour un « D:Evolution » abouti, féroce et sans pitié, souffrant peut-être de ces influences (Carcass, Sepultura…) et ressemblances (Fear Factory, Chimaira…).

 

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