Vergeltung (RUS) : System Overload

Ξ avril 4th, 2011 | → 10 commentaires | ∇ Cyber Metal |

Vergeltung (RUS) : System OverloadLa crise industrielle, le chaos, le froid spatial, les ténèbres, l’infini…

L’effondrement social, la fin de la civilisation, la guerre mondiale, le cataclysme universel suivant l’auto-destruction de l’humanité et sa non-existence…

Autant de mots et d’expressions pour définir le concept et la musique de ce groupe russe nommé Vergeltung. Formé en 2002 à Saint Petersbourg et évidemment témoin de la fameuse Guerre Froide, le combo décida de créer une musique en rapport avec ce conflit, en y mettant en valeur l’aspect technologique, la course à l’armement, les différentes tensions, ainsi que cet aspect moderne et futuriste qu’aussi bien le bloc de l’est que le bloc de l’ouest cherchaient à acquérir. Tout n’était que concurrence, soif de connaissances et de progrès, et aussi représailles, dont Vergeltung tire son nom. Ces derniers mettent donc ces différents facteurs en avant grâce à un Cyber Metal assez moderne et très expérimental. Musique glaciale, spatiale, mécanique et technologique, sombre, rapide, cataclysmique et résolument décalée, à l’image de cette période particulière de l’Histoire…

Ce « System Overload » est en fait un pur mélange d’électro indus teinté de black et d’éléments Cyber comme cité précédemment. Un savant mesclin de sonorités, effets, et instruments pour quelque chose de très fouillé, même si paraissant brouillon. Ne vous y méprenez pas, il n’en est rien. Cette musique barrée et partant dans tous les sens pourrait a priori vous désarçonner, il est clair qu’à la première écoute, il est difficile de se faire à cet album complexe et riche à la fois, où tout n’est pas à prendre tel quel. Car même si on a du mal à s’y retrouver, à la fois dans les riffs déjantés que les sonorités aux claviers, les morceaux ne sont quand même pas agencés au hasard, et eux-mêmes fait au hasard. Comme vous l’aurez compris, Vergeltung nous raconte la Guerre Froide à sa façon, par quelque chose de très futuriste et électronique. Et ceci est voulu : la course au progrès technologique est ainsi mise en relief et expérimentée à travers dix titres totalement dérangés et dérangeants.

Rien que l’intro « Alarm » nous met dans le bain et nous prépare à la guerre musicale à laquelle nous seront confrontés : des bruits de machines, un fond sonore, une sirène, comme en tant de guerre pour prévenir d’une attaque, et une alarme que l’on pourrait aisément entendre dans un complexe militaire ou scientifique. C’est donc inquiétant et il est clair qu’on peut facilement se demander ce qui va arriver. Et la déflagration de « System Overload » peut nous mettre sur la piste : blasts, riffs furieux, et myriades de sonorités electro indus aussi variés que barrés. Un mélange de sons aussi bien dignes d’une fête foraine que d’un vaisseau spatial. L’ambiance froide et mécanique est d’autant plus relevée, autant grâce à ces sons qu’à l’aspect black, notamment porté par une voix assez caractéristique. « Spatial Cold » et ses effets atmosphériques et glaciaux rappellent cette soif d’aller dans l’espace, soif qui avait pour seul dessein de monopoliser ce vide immense pour faire peur et notamment, attaquer…

Et cette peur d’être attaqué et des machines est relativement bien interprétée par « Electromagnetic Impulse » et « Interstellar Voidblast », deux morceaux aussi inquiétants qu’agressifs et électroniques. Représentants d’un Cyber Black moderne et extrême, maîtrisé et particulièrement rapide, c’est une authentique façon de nous faire voir un monde cruel, si tant est que vous aimez la brutalité…

Mais « Victims of Technology » joue sur l’aspect mécanique et robotique de la musique, à l’instar de cette pochette caractéristique. Les claviers sont imposants et nous envoient des sons électroniques très variés posés sur des riffs aussi mélodiques qu’hargneux. Et finalement, la conclusion se joue avec « Cold War », aussi expérimental qu’étrange, saccadés, et progressif…

Cependant, il est clair qu’on regrettera ce surplus d’agressivité dans la musique, qui a parfois tendance à lasser. Les breaks sont rares, sauf sur quelques morceaux où les éléments expérimentaux et spatiaux prennent le dessus. Il est à noter que le chant n’est pas tout le temps présent, intervenant aux moments les plus opportuns, si bien que presque tout l’album est instrumental.

Mais il n’empêche que cette fresque d’un temps passé mais encore si présent est bien réalisée et résolument cybernétique. Quelque peu proche d’Aborym et de la folie de Ministry, ce « System Overload », malgré sa complexité et son coté expérimental difficile à appréhender, reste un opus bien exécuté et soigné.

 

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