Xe-None : Dancefloration

Ξ mai 31st, 2011 | → 0 Comments | ∇ Industrial Metal |

Xe-None : DanceflorationL’expérience du premier album studio n’aura pas été de tout repos pour les russes de Xe-None. En effet, la sortie de « Dance Metal [Rave]olution » en 2008 a plutôt été controversée, entre les adorateurs et les détracteurs d’un Metal plutôt étrange et hors du commun. Car même si le quintette se fait plutôt discret en Europe, il n’en reste pas moins les certains créateurs d’un « dance metal », entre electro, indus et techno dans leur contrées hivernales. Rassurez vous, ce nom n’a rien d’officiel, il s’agit simplement d’une habitude que le combo a pris. Aux auditeurs de juger donc…

Dans tous les cas, Xe-None, après encore un EP enregistré en 2009, contrôle cette fois ci le dérapage effectué avec le premier album afin de nous sortir un « Dancefloration » moins bizarre, moins casse-oreille, et surtout plus mature…

Pour les amateurs de metal indus qui auraient ratés un numéro, « Dance Metal [Rave]olution », créé par des adorateurs de musique industrielle et de metal, se caractérisait par des morceaux assez typés techno, ultra dansant, presque EBM, trop dynamiques et sans répit, embarqués par un poum-poum incessant, des guitares beaucoup trop en arrière plan, une alternance chant masculin et féminin du plus mauvais effet, accompagnée de sonorités électroniques à la limite de l’indigestion. Les mots sont forts mais représentent bel et bien ce qu’était Xe-None avant ce… « Dancefloration ».

Pourtant bien d’autres groupes se sont essayés à mélanger « techno » et « metal », la génération « electro-indus » entre autre, voire les confrères italiens à la T3chn0ph0n1a. Mais il faut l’avouer, cette année, Xe-None se surpasse, et nous livre un album assez…rocambolesque.

Basant son concept sur les contrastes entre technologies présentes et passées, voire une certaine nostalgie de nos engins de l’époque, Xe-None nous fait danser une nouvelle fois le temps de 9 titres et de près de 40 minutes. J’ai volontairement omis un morceau, mais celui étant particulier, je détaillerais davantage son contenu plus tard. Mais pour le moment, concentrons-nous sur les chansons en question. De « Heartcore » à « VHS » le rendu est techno et metal, l’un ne dominant pas sur l’autre. Evidemment, les éléments electroniques, et les techno beats sont de la partie, à l’image de combos d’electro indus, mais en plus poussé. A l’instar d’un « Summertime » ou d’un « Dance Row », l’ensemble est ultra dynamique, et vraiment adapté à tout adorateur d’indus ou d’electro. La voix du chanteur Lexy est plus rentre dedans qu’à l’accoutumer, plus en retenu sur certains passages et moins déraillée. Par contre il accentue davantage les cris aigus très saturés à la T3chn0ph0b1a, tout comme sur un « Faceless » où la voix au timbre spécial d’EvilAnn se pose avec attention, rappelant tout de même les voix féminines presque synthétiques des chansons techno que l’on a déjà entendues.

Mais ne vous y méprenez surtout pas, les guitares sont toujours là pour lancer des offensives et nous rappeler que nous écoutons bel et bien du Metal, comme sur le déchainé « Heartcore », aux riffs destructeurs et techniques, ou un « Dreamcity » voire un « BlackHole Time » plus lents, plus atmosphériques mais plus axés sur des rythmiques bien metal malgré des éléments indus peut-être même trop omniprésents.

Heureusement, Xe-None s’est arrangé sur cet opus pour diversifier les morceaux, et même si le tout se veut dense, tout est arrangé au millimètre près afin que rien ne se ressemble. Les introductions notamment, possèdent ce petit son électronique qui lui est propre. Mais pas seulement. Un titre à lui tout seul peut posséder ce petit son en fil conducteur, à la façon de « I Seek You » ou « Cyber Girl », reprenant des sonorités déjà perçus dans de vieux jeux vidéo, le premier faisant penser à un « Video Kid » de The Birthday Massacre, le second morceau rappelant les passages de Super Mario dans des tuyaux ! Une petite originalité qui vaut le détour, malgré un chant féminin à tendance casse-oreille et pas totalement juste…

Maintenant, il est temps de venir au dixième titre. Il semblerait que ce soit la chanson la plus inattendue de tout l’album, et de toute la discographie de Xe-None, connaissant les personnages en question. Finis les éléments techno, le rythme danse, et même l’electro/indus. Place au metal pur et dur, bienvenue au metal extrême !

L’introduction dotée de samples de vent et de véhicule à chenille ne laisse présager pourtant rien. Mais quand la batterie (boîte à rythme ?) est lancée, rien ne l’arrête. Double pédale, blast beat, riffs à la limite d’un Black mélodique, chant crié presque saturé, clavier aux allures de sympho et sons de piano…nous voilà embarqués pendant plus de six minutes dans un enfer musical, un déluge de riffs, d’ambiances sombres, même lors du refrain poussé à l’extrême par une EvilAnn qui n’en fait pas des masses. On n’est pas loin ici des compositions d’In Silentio Noctis en moins « lyrique » ou des premiers Catamenia en légèrement moins rapide et sympho malgré ce gros côté furieux prédominant, peut-être plus proche d’un « Above » de Samael pour le côté extrême et la voix. Un morceau prenant et étonnant qui plus est.

En voilà quelque chose de bon. Ces russes nous en mettent plein les oreilles, et nous offrent un opus varié, entraînant, surtout bâti pour les admirateurs d’electro/indus ou de techno. Un ensemble assez « select », tout de même, bien que plus Metal, plus recherché, et plus mature. Il s’agit d’un gros changement en perspective par rapport à un « Dance Metal [Rave]olution » presque risible. Bien qu’on puisse toujours affirmer que Xe-None nous fait encore du Xe-None, il est clair qu’un gros petit plus a été incorporé aux morceaux, rendant ce dernier « Dancefloration » bien moins fantaisiste et décadent.

 

Minority Sound : Analysis

Ξ mai 24th, 2011 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Minority Sound : AnalysisComposé de membres de Rites of Undeath et de Return to Innocence (Ota et Gulesh), Minority Sound est un jeune groupe de Cyber Metal formé en 2007 à Prague en République Tchèque. Alors que le style industriel semble peu pratiqué dans ce pays, le quatuor essaie tout de même de sortir des sentiers battus, et de nous proposer autre chose que du Black et du Death à travers une musique relativement moderne et conceptuelle.

Minority Sound sortit tout d’abord une démo autoproduite en 2008 avant de se lancer dans la conception d’un premier album, mettant en valeur le style dont il est fier de pratiquer. « Analysis » sort donc fin 2010 chez Metalgate et offre du Cyber Metal en bonne et due forme. Ainsi même si la base reste heavy, il s’agit bien de ce style, regroupant les éléments clés permettant sa désignation. En effet, si les riffs tranchants sont radicalement machinisés et parfois saturés, le rythme n’en reste pas moins mécanique, linéaire et assez « techno » sur certains morceaux, alors que la voix est tantôt grave et décharnée, presque death, tantôt synthétique, presque robotique et que les samples et claviers nous en mettent plein les oreilles en matière de sons électroniques. Les ambiances, elles, restent pessimistes, sombres, futuristes et cybernétiques, les sonorités mettant en valeur un certain côté technologique.

Car c’est de la montée en puissance du génie informatique et de la détérioration du monde dont parle Minority Sound au sein des ses compos : un univers régit par les lignes de codes des machines créées à la chaîne dans un futur on ne peut plus proche. L’humain n’est presque plus rien et sa vie ne se résume qu’à un vulgaire code binaire, dont les chiffres 0 et 1 ne font que défiler…les mots deviennent donc plus que précieux. Enfin, il est aussi question de vie virtuelle, l’homme devenant davantage machine et les machines devenant humanisées. Un monde en noir et blanc, où tout semble avoir été détruit et remanier par de nouvelles vies artificielles…Rien que le nom de l’album, « Analysis », évoque les analyses lancées sur les programmes informatiques.

Si ce concept se retrouve dans les paroles et l’imagerie (la pochette rappelant une machine, les membres des groupes étant mi-humain, mi-machine), la musique elle-même reflète bien les thèmes sus-cités, à la manière de « Unreality » (déjà présent sur la démo de 2008) qui se caractérise par un rythme dynamique, un chant aux deux visages, des riffs acérés et un ensemble cybernétique et mécanique proche de Fear Factory ou même Thy Disease. Idem pour « Save Your Words » et ses vocaux depechemodiens…

Même si l’ensemble de l’album peut paraître redondant, surtout au niveau du rythme et du riffing, qui finalement peinent à varier, ce « Analysis » recèle bien des surprises. Notamment une certaine montée en puissance à partir du milieu de l’album : les meilleurs morceaux apparaissant à partir de « Paradox », plus forts en claviers, plus sombres, plus electro et plus directs, aussi bien dans le riff que dans le chant, plus profond, comme un « Never Enough » à la mélodie originale et au chant diversifié. Enfin, l’instrumental efficace « Primary Slave – Secondary Master » rappelle un peu Neurotech au niveau des claviers, mais surtout l’historique des machines, anciennement esclave des hommes et maintenant dominatrices…

Enregistré aux Minority Sound Studios, et produit et masterisé par Ota Hobst lui-même, Minority Sound nous livre un bon album, quelque peu influencé par Fear Factory ou Static-X, ou encore par la New Wave à la Depeche Mode. Ce « Analysis » fait bien ressortir l’aspect technologique, metallique, cybernétique et futuriste, et s’annonce comme un très bon début pour le quatuor tchèque, malgré ses trente deux minutes.

 

Elvin Road : Monsters

Ξ mai 18th, 2011 | → 1 Comments | ∇ Non classé |

Elvin Road : MonstersOne man band mené d’une main de maître par Antoine Saison, Elvin Road n’est autre qu’un projet ambitieux et expérimental, s’inspirant du metal indus à la NIN, de la New Wave à la Depeche Mode ou des univers musicaux de John Carpenter ou alors David Lynch.

2007 annonçait la sortie du premier bébé « Intersections », bien accueilli par la presse : un album totalement instrumental, irrémédiablement ambiancé et fort de cette capacité à nous faire rêver et à nous emmener à travers différentes péripéties, comme dans un film.

Trois ans plus tard, Antoine Saison remet le couvert avec un nouveau rejeton, « Monsters », décidément plus rock/metal et surtout vocal. Car la différence réside dans l’ajout de musiciens, notamment un chanteur, et une chanteuse, Lena Kowski (Jabberwock), en guest sur « Colimaçon » et « Division of Love ».

Alors que « Intersections » peinait un peu malgré les bons morceaux à nous proposer des images, « Monsters » fait encore mieux et en plus d’avoir le son, nous les avons, ces images ! L’ensemble est moins homogène et les morceaux sont bien différents, tant musicalement que dans les ambiances. Par conséquent, facile de nous représenter des scènes, des images, en fonction de ce que nous pouvons entendre.

Un voyage nous est alors offert. Un voyage tout en détente et en couleur, dans un univers personnel, spontané, suave et délicat. Planant, électronique, mais aussi metal/rock et plus 80’s, Elvin Road nous tend la main pour nous embarquer. Et quitte à nous embarquer, autant le faire jusqu’au bout. Les morceaux sont entêtants, enivrants et particulièrement intéressants. Si bien que lorsque le disque est terminé, le remettre en boucle n’est pas si choquant tant le rendu est quelque peu varié. Car même si les titres ne sont pas longs, leur enchaînement est si bien fait qu’on est pris au jeu. Et on suit les péripéties comme jamais.

Elvin Road fait donc dans l’expérimental et ne suit pas un fil conducteur particulier. Si ce n’est celui de l’imagination. Même si des morceaux sont plutôt électroniques comme « Kill the Hype » et son chant à la limite de la justesse, d’autres restent plus Metal comme « American Fury », sans occulter l’aspect 80’s et relativement Depechmodien de « Sutured » avec ces claviers enivrants et ces voix très typiques. On retrouve aussi quelques pistes instrumentales à l’instar de « Recif » et son atmosphère maritime, et de « The Marauder » et sa progression étonnante.

Ce « Monsters » réveille autant le rêve avec un duo glamour sur « Division of Love », que le cauchemar avec « Colimaçon », totalement aliéné. Rempli de sons étranges et de vocaux déchirés et déjantés, on ne sait pas vraiment où l’on va, si ce n’est que nous suivons ce colimaçon vers une folie certaine le temps de deux minutes trente…

Ambient, électronique, metal/rock…Antoine Saison a touché le point sensible et permet à ce « Monsters » de nous présenter une multitude d’éléments instrumentaux permettant de nous emmener loin dans un voyage paisible.

Alors laissez vous guider et fermez les yeux…

 

Mors In Tabula : Blemish

Ξ mai 16th, 2011 | → 8 commentaires | ∇ Cyber Metal |

Mors In Tabula : Blemish« L’horreur ne va pas sans l’imagination » — Arthur Conan Doyle

Alors que l’homme est pris au piège dans un monde asservi et technologiquement bien avancé, les machines, elles, ont trouvé le moyen de prendre le contrôle de leurs créateurs. Elles deviennent alors les maîtresses, les dirigeantes du monde mécanique et abordent le problème qu’est la déshumanisation d’une différente façon. Elles retournent le problème à leur avantage, façonnent le monde à leur sauce, détruisent l’humain petit à petit, le contraignant à devenir comme elles, faisant de cette ère nouvelle une ère dénuée de couleur et remplie d’horreur. Elles utilisent leur imagination, afin de trouver de nouvelles techniques et de créer de plus en plus de vision d’horreur…

Grâce à un nom sombre et étrange, et à une musique terrible et futuriste, Mors In Tabula arrive à faire ressortir cet horrifiant concept. Les grecs mettent en relief ici les problèmes et manipulations liés à la montée en puissance des machines, leurs plans machiavéliques, leurs idées noires, et les pensées déstructurées des humains, sous couvert d’un Cyber Metal noir et très SF.

Le duo n’hésite donc pas à intégrer tout un panel d’éléments et à diversifier leur musique afin de mettre en valeur les ambiances adéquates. Harry Noctifer et George Julius créent donc un ensemble quelque peu mécanique et organique, agrémenté de larges sonorités électroniques et industrielles, et accompagné de riffs et vocaux tantôt Death, tantôt Black. Les claviers apportent de plus beaucoup de chœurs et de parties plus symphoniques (« Sirens Call »), tout en créant, à de rares moments, des techno beats (« MK Ultra »).

Cependant, tout ne reste pas concentré sur ces éléments, étant donné que le combo a fait en sorte de mélanger le tout afin que cela donne un rendu plutôt effrayant, digne d’un film d’horreur. Ce « Blemish » possède donc de nombreux morceaux plutôt inquiétants, à l’image de l’introduction « Into the Maze » : des violons au son presque strident, étrange, soutenu par des notes de piano du même acabit. « Passion Immured » fonctionne de la même manière, les premières notes rappelant la scène mortelle de la douche dans le film « Psychose » d’Hitchcock, la suite est plus dynamique et emportée par un rythme continu, des sons électroniques, des chœurs, des riffs intervenant par intermittence, et une voix grave, profonde et effrayante, entre un Drone de Techny Call X et un Till Lindemann de Rammstein.

Il est clair que Mors In Tabula essaie d’incorporer à son Cyber Metal divers éléments afin d’octroyer à cet ensemble musical les ambiances les plus appropriées. « Cette création est le reflet de notre âme » disait Harry Noctifer lors d’une interview. Et nous voyons dès lors le résultat. Rien que « Bloodpath » donne la couleur, avec ces riffs Death et cette alternance de chants entre voix Death et voix Black, histoire de mettre en valeur ce décharnement incessant et inéluctable. Les bruits mécaniques en arrière plan peuvent d’ors et déjà faire penser à du Fear Factory

Alors que « Behold the Sin » est une véritable rentrée dans l’usine de la part et des transformations humaines, « Noctifer » et son ensemble mécanique s’avère être la concrétisation de ces transformations. Les claviers renforcent l’idée, puissants et omniprésents, les voix sont totalement déchirées, déshumanisées, les guitares toujours agressives…que dire aussi de « The Void » est ces notes inquiétantes et apocalyptiques au violon en va et vient. Cette instrumentale possède elle aussi des sonorités très particulières, embarquant l’auditeur dans ce monde de fou. Et « Eye of the Abyss », avec ces cloches, semble sonner le glas de l’espèce humaine. Jamais un groupe de Cyber Metal n’aura autant mis en avant les ambiances et ce côté horreur propre à la déshumanisation.

Etrangement au fil de ce « Blemish », on retrouve des sonorités ou des parties, qui semblent avoir inspiré d’autres groupes de Cyber.

Ainsi, même si en général Techny-Call X sonne quelque peu de la même façon que cet opus, on est de droit de se demander si ce dernier ne s’en est pas inspiré, surtout à l’entente du refrain de « Noctifer », fort en éléments électroniques, en riffs, et cette voix…

De plus, l’intro de « Eye of the Abyss » et ce son de cloche rappelle l’introduction de « Isolate » de Sybreed, et la ressemblance est frappante. Celle de « MK Ultra » peut faire penser à un « The Power to React » de Hi-Tech.

Sinon, en ce qui concerne les chœurs et les influences du groupe, il est possible de retrouver un petit côté Depeche Mode, un peu à la « Enjoy the Silence », si vous vous souvenez des chœurs en arrière plan. Normal, Mors In Tabula est quelque peu influencé par les 80’s-90’s, mais aussi parce tout ce qui est moderne et futuriste…

Mors In Tabula nous sort donc un « Blemish » vraiment original et prenant, sortant de l’ordinaire dans la sphère du Cyber Metal. Signé chez EMI Records, enregistré aux Iambic Studios (Grèce) et produit par Dimitris N., l’album est un bon compromis entre Cyber, black, death et « horror » metal.

 

Figure Of Six : Brand New Life

Ξ mai 10th, 2011 | → 0 Comments | ∇ Metalcore |

Figure Of Six : Brand New LifeCertains se souviendront peut-être du premier opus de ces six italiens, « Aion », sorti chez Locomotive Records, et proposant un concentré de metalcore basique, et peu innovant. Un opus peut-être décevant mais plutôt encourageant, surtout quand on écoutait la qualité de la musique offerte le long de neuf titres.

Cependant Figure of Six, trois ans après « Aion », fait un pas en avant et modernise sa marque de fabrique avec un « Brand New Life » propulsant l’humain au sein d’un monde changé, d’une vie nouvelle. Les italiens améliorent leur jeu, signent chez Tiefdruck Music, se font encourager par The Dillinger Escape Plan, et brouillent les pistes. En effet, que de modernité au sein d’un hardcore lorgnant aussi bien vers le metalcore que le death mélodique ainsi que le thrash et l’électro…

Le mélange des étiquettes peut forcément faire peur, mais il faut avant tout savoir que rien n’est fait au hasard, tout se mélange à merveille au sein d’une musique efficace et relativement prenante. Proche d’une certaine formation italienne nommée Logical Terror, Figure of Six ne fait pas ici dans l’anticipation ni le futuriste, bien qu’incorporant un large panel de sonorités electroniques et de samples. En effet, l’ensemble de l’album est régulièrement empli de nappes aux claviers et de bidouilles sonores en arrière plan, n’occultant évidemment pas l’agressivité des riffs, qui peuvent aussi bien devenir death voire thrashy, tout en restant très mélodiques et maîtrisés. L’apposition d’un chant tantôt typé death mélo, tantôt metalcore, peut rapprocher les compos de celles de Soilwork, l’électronique en plus à la manière de « Brand New Life » ou « Lady Enemy », mais peut aussi les rendre insupportables comme sur « Siren’s Call ».

Toutefois, dans cet album, electro ne rime pas avec grandiloquent, mais avec finesse et ambiances. Car toutes les atmosphères sont apportées grâce à l’apport des claviers, assombrissant les morceaux d’une part, les éclaircissant d’autre part, ou les modernisant considérablement en dernier lieu, comme « Believer » et sa superbe intro. De plus, ajoutées à quelques parties saccadées, l’ensemble devient alors plus proche d’un groupe tel que Sybreed, d’autant plus que le son des guitares s’y rapprochent considérablement…

Les points forts résident sans doute au sein d’un « Brand New Life » furieux ou d’un « War from the Inside » totalement colossal et inquiétant, situé entre Logical Terror et Sybreed voire Scar Symmetry. Un condensé d’agressivité niveau riffings, soutenu par un chant hargneux et par des claviers imposants et sombres. Alors que « My Perfect Day » délivre un death mélodique plutôt sympa et vraiment catchy, le dernier morceau « Something », a contrario, a une tonalité et une dynamique différentes, proche d’une ballade pessimiste et apocalyptique, les orchestrations en plus.

Un « Brand New Life » plus pensé et plus inspiré, malgré quelques défauts de vocaux. Figure of Six nous offre donc un album dynamique et moderne, bien que les similitudes se fassent vite entendre avec certains groupes, dont ceux sus-cités. Produit et mixé par Tue Madsen (Mnemic, Dagoba, Dark Tranqullity), cet opus est fait pour tous les amateurs de mélanges, bien faits de surcroît.

 

Gothminister : Anima Inferna

Ξ mai 5th, 2011 | → 6 commentaires | ∇ Gothic Metal, Industrial Metal |

Gothminister : Anima InfernaL’âme des enfers…la plongée irrémédiable dans des ténèbres encore plus profondes, le mysticisme, et aussi…l’univers sombre de bandes dessinées.

Gothminister s’extrait de cette folie accablante qui emplissait le dernier « Happiness in Darkness » afin de nous offrir une œuvre sans doute plus sombre et plus terrifiante, « Anima Inferna ».

Le temps a passé depuis un « Gothic Electronic Anthems » basique et un « Empire of Dark Salvation » assez teuton dans l’air, proche de certaines formations telles que Rammstein ou Oomph. Ce nouvel opus semble être synonyme d’un certain changement et d’une certaine évolution, un certain renouveau que beaucoup pourrait fort apprécier. Car les norvégiens changent leurs thèmes et exploitent une facette qu’on ne leur connaissait pas.

Même si la musique reste toujours aussi gothique dans l’âme, l’ensemble perd peu à peu de ses sons industriels pour nous proposer quelque chose de relativement plus electro, voire parfois techno, sans délaisser ce côté sombre qui leur sied bien.

Les onze titres sont donc le reflet d’un groupe semblant vouloir se marginaliser davantage, offrant une musique pas si facile d’accès malgré ces quelques relents pop présents sur des morceaux tels que « Liar » ou « 616 » : la reprise d’un morceau de Michael Jackson sur le précédent opus était peut-être synonyme d’une embarquée dans une certaine pop metal.

Toutefois, l’évolution est là, tant dans les claviers que dans les ambiances et les riffings, bien plus lourds, et rassurez vous, plus Metal et plus accrocheurs. Des riffs parfois plus proches d’un black metal mélodique comme sur « A.I », et d’autres relativement plus maîtrisés et intéressants comme sur le morceau introducteur « Stonehenge ».

La voix, quant à elle, détient toujours ce certain timbre rugueux et froid quasi identique à celui de Till Linderman de Rammstein ou d’Alexx Wesseldsky d’Eisbrecher, tout en étant très grave et sombre, parfois comme un râle ou un grognement, assez gothique sur les bords. La faiblesse réside toujours sur les aigus, où les difficultés se font ressentir. Mais la petite nouveauté sur cet opus, c’est ces quelques parties au chant black, à la manière de « The Beauty of Fanatism ».

Mais cet album ne se suffit pas à cela, et au sein de ce « Anima Inferna », un concept est aussi davantage exploité, se basant étrangement sur certains faits mystiques comme ceux du site monolithiques de Stonehenge, ainsi que le Juggernaut, une force implacable détruisant tout sur son passage, à l’image d’une divinité ténébreuse et colérique, mise en valeur par des chœurs et une agressivité imparable des riffs. Mais outre cet aspect on ne peut plus mythologique, le Juggernaut, personnage de bande dessinée dans l’univers des comics de Marvel, ainsi que la pochette proche de l’univers d’un certain personnage nommé Batman, transcrivent cette idée de surnaturel, et de don de la nature. Car rappelons le, les héros dans cet univers pourtant fascinant, sont toujours des personnages déchus, torturés, plongés dans leur bulle sombre et désolée. A l’image de cet album particulier et très représentatif, où l’électronique implique cette notion de modernité, et où les éléments gothique permettent la représentation de cette mélancolie, de cette lourdeur et de cette noirceur redoutables.

L’ensemble reste toutefois homogène, et le rythme est souvent le même, malgré quelques petites variations. Fini aussi les morceaux inutiles de trente secondes, les plus courts ici sont au nombre de deux et ne sont qu’une ultime descente dans des enfers électroniques à la manière de « Hell Opens Gate ».

Les norvégiens originalisent un peu plus son travail mais ne nous tiennent pas en haleine pour autant. L’ensemble de la discographie reste correct et intéressante, sans véritablement se démarquer. Certains groupes sont voués à ce destin, Gothminister y compris…

 

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