Kreepmaster : Prepare to Meet Your God

Ξ juin 27th, 2011 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Kreepmaster : Prepare to Meet Your GodDécidément, il semblerait que l’évolution technologique soit l’objet des craintes ou d’un pessimisme effroyable. L’homme en est la principale victime, bien que le principal responsable, dans un monde nouveau et perverti par les nouvelles créations. Machines dominantes, univers aseptisé, guerres cybernétiques et révolutions industrielles conséquentes sont les principales préoccupations d’un sous-genre musical moderne, original et en devenir. Le Cyber metal, mené actuellement de mains de maître par Sybreed en Suisse, Illidiance en Russie et Thy Disease en Pologne, se réveille et nous propose peu à peu des groupes nouveaux, et cette année 2011 semble être l’année de la révélation. Après les derniers Neurotech, Logical Terror, Deathharmonic, et The Interbeing, entre autres, il est temps d’accueillir la dernière découverte hongroise de l’année : KreepMaster.

L’Europe reste sans aucun doute le continent de révélation de la scène Cyber metal, la Suisse et la France (Herrschaft, Division Alpha, etc) étant les plus fiers leaders. Pour Péter Csak, il était temps d’offrir une renaissance au metal industriel hongrois, ce dernier étant peu courant voire inexistant. Etant un grand fan de Sybreed, Fear Factory entre autre, jouer du Cyber Metal était une évidence, et le voilà cette année, en ce mois de juin, avec un premier EP nommé « Prepare to Meet Your God »…

L’histoire se passe bien évidemment dans un futur proche, plus proche que l’on ne le pense, dans lequel une certaine entité futuriste cybernétique, développée grâce aux nouvelles inventions de l’homme, prit possession de la machinerie high-tech internationale, afin de se répandre et de remanier la formule. Etant irrémédiablement indétrônable et surtout, intelligente, véritable IA, cette entité, afin de se défendre, usa de nos atouts et de nos armes. Et finalement, afin de devenir plus puissante et de s’imposer comme une véritable déesse, elle mit en œuvre une séance d’assimilation : l’homme n’avait plus qu’une seule destinée, devenir machine dans un monde tout aussi mécanisé.

Péter Csak ne renouvelle pas le genre il faut le dire, l’histoire étant sensiblement assimilable à celles de Sybreed ou encore Illidiance. Mais là où règne la différence, c’est bel et bien dans l’utilisation des instruments, véritables piliers de ce « Prepare to Meet Your God ». Car contrairement à tout ce qu’on peut connaître en matière de Cyber Metal, cet EP n’est autre qu’un EP instrumental, du début à la fin. Le temps de cinq morceaux et d’une vingtaine de minutes, nous avons droit à un déluge de riffs froids et maîtrisés, alternés avec des soli aseptisés, glaciaux et dark, proches de ceux de nos amis Suisse, Sybreed. Tantôt thrashy à la Fear Factory, tantôt syncopés, tantôt dérangés à la Devin Townsend, ils nous envoient littéralement dans un monde torturé, parradés d’éléments électroniques et cybernétiques omniprésents, plongeant irrémédiablement l’auditeur dans quelque chose d’on ne peut plus futuriste et oppressant.

Le morceau introducteur, « Prepare to Meet Your God », n’est autre que le représentant du réveil de l’entité, au sein de cet ensemble technologique et sombre. Voyage immersif, pas loin d’un « Neuthrone » de Crionics, l’esprit death metal en moins. Péter Csak joue de son instrument avec brio, enchaînant les riffs et les accords avec force, sans tomber dans la linéarité. Chaque chanson est différente et complète, changeant du début à la fin malgré quelques soupçons de refrains. Si « Starbright » mise davantage sur les parties cybernétiques grâce à un clavier futurico-atmosphérique avant de nous emmener vers des riffs explosifs très typés cyber, à la manière d’un Hi-Tech revisité, « The Hive Mind » nous propose quant à lui la pièce la plus agressive, la plus froide et la plus sombre, mais aussi la plus longue, la plus lourde et la plus immersive, et ce grâce à cet ensemble ultra moderne bâti par des riffs sybreediens, une batterie dynamique et mécanique, et un clavier ultra relevé.

Il est évident que l’absence de chant apparaît comme une nouveauté dans le genre, une certaine originalité. Mais cette absence peut aussi se considérer comme un manque, étant donné qu’une petite touche de chant cyber, qu’il soit décharné ou synthétique, aurait apporté une petite contribution ainsi qu’un élément immersif en plus.

Le multi-instrumentiste Péter s’en sort plutôt bien avec ce premier EP entraînant à la production pour le moins énorme. Le pari est donc réussi et il est clair que son projet KreepMaster se fera connaître davantage dans les mois à venir, dans le petit monde du Cyber Metal. Affaire à suivre donc, il ne manque plus qu’à découvrir le futur album, premier pas vers quelque chose de plus concret.

 

Assault (SGP) : The Exceptions of the Rebellions

Ξ juin 26th, 2011 | → 0 Comments | ∇ Melodic Death Metal |

Assault (SGP) : The Exceptions of the RebellionsAssault est une formation toute droit venue de Singapour, un pays où le Death Mélodique n’est pas roi, mais où certains groupes arrivent à se faire une certaine renommée, comme Rudra entre autres. Fondé en 2006, Assault fête donc ses cinq ans cette année, et nous propose pour l’occasion son tout premier effort, un EP auto produit de quatre titres, « The Exceptions of the Rebellions ». En effet, les singapouriens, après cinq ans de loyaux services sur scène et après moult concerts et reprises, les voilà qui se lancent dans l’aventure studio.

A quelques mois près, la sortie coïncide de près ou de loin avec celles des nouveaux In Flames et Arch Enemy, deux « pointures » suédoises du death mélodique, et surtout deux grandes sorties, selon les points de vue bien évidemment. Assault passe outre cela et propose alors son univers et sa façon de concocter son death mélodique.

Là où certains groupes de death mélodique moderne incorporent une dose d’éléments metalcore à leur musique, Assault essaie d’en faire abstraction, même si quelques breakdown typiques font leur apparition. Toutefois le quatuor n’en abuse absolument pas et nous fait finalement un death mélodique assez traditionnel, malgré quelques légères touches personnelles. Le morceau introducteur par exemple, « Subversion », nous lance directement dans le bain et dès les premières notes, on sait pertinemment à quoi nous devons nous attendre : beaucoup d’énergie et une certaine volonté d’user des guitares comme d’un chant. Lors du refrain notamment, la voix de Clarence et les guitares se couplent, tel un duo. De plus, ces mélodies à la guitare superposées apportent quelque chose d’assez mélodieux sans tomber dans le mielleux, et nous permettent de suivre le mouvement sans s’ennuyer, jusqu’à une fin plus agressive et sombre. Autre exemple, un morceau comme « Rebellions Retribution » et ses lignes de guitares émotives sonnent comme une sorte d’ode ou d’hymne dédié aux martyrs et rebelles disparus lors des guerres, l’album semble d’ailleurs leur être dédié. Cette partie se veut donc calme et délicate, avant de repartir sur les chapeaux de roue avec un rythme dynamique et des riffs efficaces.

En tout cas il est clair que cet EP ne sonne pas comme les nombreuses sorties death mélodique actuelles, copies presque conformes des In Flames, Norther et consorts…même si Clarence alterne différents chants, comme le growl et le chant crié à la limite du cri black metal (« Subversion »), même si le rythme peut être reconnaissable ainsi que cette certaine dynamique, il est clair qu’un petit quelque chose se dégage, sans non plus être extraordinaire. Car même si le guitariste Hanesh s’en tire plutôt bien niveau riffings et soli, le batteur, lui, semble prendre plus de peine à maintenir un rythme correct et varier les techniques, ou même à suivre l’aspect énergique qu’offrent les guitares comme sur un « War on Humanity » peu motivé et lancinant.

Mais en tout cas, il y a du travail, comme en témoigne un « Fall of Obscurity » très entêtant et efficace du début à la fin, entre techniques guitaristiques très appréciables parfois proches d’une sorte de heavy death, soli poignants et chant entraînant…tout y est sur le morceau le plus intéressant de l’opus.

Assault sort donc un EP encourageant et intéressant, et ne suit pas le parcours des nombreux groupes de death mélodique moderne, s’extirpant des influences core et nous proposant quelque chose de plus traditionnel, sans trop l’être pour autant. Voilà peut-être là une nouvelle bonne découverte singapourienne…

 

All For Fake : Forget Myself

Ξ juin 15th, 2011 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

All For Fake : Forget MyselfLa Russie n’est pas très connue pour son metal industriel, et pour cause, il existe très peu de groupes officiant dans ce style, contrairement au black symphonique qui se fait petit à petit une certaine réputation. Mais il est un sous-genre qui semble avoir trouvé son fief en Russie : le Cyber Metal. De Illidiance à Vergeltung en passant par Hi-Tech ou Digimortal, l’expansion se fait petit à petit dans un pays où vendre des albums n’est pas chose facile.

Et pourtant. All For Fake, originaire de Moscou et fondé en 2009, suit les traces de ses confrères afin de nous livrer son premier album studio, « Forget Myself », enregistré dans les studios Nosense et signé chez Molok Records. Situé entre Illidiance et Sybreed, voire Mnemic, le quatuor s’aventure sur le chemin tortueux du Cyber Metal tout en se parant de mélodies froides, de rythme mécanique et d’ambiances sombres, pessimistes et aériennes.

A l’image de cette imagerie terne, robotique et aseptisée, les moscovites ne font pas dans la dentelle et proposent, eux aussi, leur vision future de l’humain, sa condition. Il ne suffit que d’un regard vide et machinisé au sein des rouages d’un réacteur pour que l’on comprenne le destin funeste de l’homme : ce dernier ne sera que l’ultime témoin de sa destruction, avant qu’il ne soit trop tard…

Les membres arborent fièrement les couleurs du cyber ainsi que les tenues vestimentaires les plus représentatifs, circuits électroniques imprimés sur les vestes, lentilles de couleur et lunettes bio hazard. Une façon de prouver son identité, mais aussi, d’aller au bout des choses avec le concept, aussi atypique soit-il.

Dès l’introduction « Fake For All », l’auditeur est embarqué dans cet univers particulier et loin d’être simpliste. Même si les sonorités électroniques et les techno beats peuvent en rebuter plus d’un, c’est une manière plus ou moins efficace d’exposer ce côté tonitruant et percutant, afin d’évoquer le changement radical de l’évolution et de la condition humaine. Plus mécanisée, plus décharnée semble-t-il, l’espèce va à sa perte, et ce n’est pas le titre suivant qui nous dira le contraire. « Forget Myself » se situe bien dans cette veine, des riffs coupant comme des lames de rasoirs, des claviers entêtants et omniprésents, et une alternance de vocaux à la Sybreed, entre chant clair mélancolique et chant crié voire growlé torturé.

Fier de son pays, All For Fake utilise la langue russe pour toutes les parties chantées de l’album, mais cette langue change du traditionnel anglais et permet de s’immerger davantage dans une autre façon d’exprimer les choses, même s’il est difficile de comprendre les paroles en général si tant est que nous ayons un traducteur à disposition. Malgré tout, cela procure au groupe un soupçon d’originalité, en plus d’officier dans un style encore méconnu, à l’image d’un « ????????? ???? ??? » (« Turn This World ») assez révélateur.

En tout cas, la musique du groupe ne perd pas de son caractère authentique et de son efficacité tout au long de l’album, entre parties plus atmosphériques et mécaniques en fond et parties plus agressives, guitares incisives et chants criés en tête. Malheureusement, le chant clair, bien que dans l’esprit, linéaire, mélancolique et décharné, n’est pas toujours à la hauteur et il est facile de retrouver quelques fautes de justesse.

Le bas blesse aussi au niveau de l’homogénéité des morceaux, qui ont tendance à avoir une structure quasi identique, malgré de bonnes choses et surtout de bonnes parties au claviers et à la guitare. Mais l’album en lui-même reste quelque peu charmant et intéressant, même s’il ne dépasse pas pour autant les maîtres du genre, dont All For Fake semble s’inspirer.

Un cocktail explosif et bien produit, bien qu’à confirmer, il faut davantage varier les plaisirs et prendre de l’assurance. Un groupe russe de Cyber à suivre de très prêt.

 

Neurotech : Antagonist

Ξ juin 1st, 2011 | → 4 commentaires | ∇ Cyber Metal |

Neurotech : Antagonist«  Au travers de tous les trafics, manipulations ou transmutations génétiques de l’espèce, on est arrivé à un point de non retour où l’on ne peut plus déterminer ce qui est humain ou non-humain » (Jean Baudrillard)

Et si la Neurotechnologie avait raison de nous? Et si elle agissait à sa manière, véritable IA, prenant contrôle de notre esprit…et si elle devenait maîtresse, dans un monde évolué et technologique, où l’humain et ses progrès n’avaient qu’une seule et même fin : une annihilation partielle voire totale…? Ce phénomène Antagoniste donc, ne serait que l’ultime moyen d’assimiler un être humain en décadence, lui-même pris malgré lui et inéluctablement dans un monde décadent et de plus en plus aseptisé…à force de création et d’évolution, tout s’est retourné contre les créateurs, pris au piège dans un engrenage inévitable.

Le trio slovène, avec ce nouvel opus, reprend donc là où il s’était arrêté, après un « Transhuman » timide et simpliste basé sur ce phénomène de transgenèse et de modifications en tout genre, modification interne menant à une évolution génétique et à une certaine hybridité, pervertissant l’Homme et le mécanisant davantage, d’où cette pochette si caractéristique. Oui, l’Homme perd son humanité, ses émotions et son âme…au point que, à la manière de cette citation de Jean Baudrillard, on ne sache plus qui il est vraiment…peut-il donc encore exister? Peut-il encore garder sa part d’identité?

Neurotech se dirige décidément vers le futur, impose sa manière de voir les choses, se focalise d’autant plus vers ces thématiques et cette fameuse question d’identité, dont fait partie le rejet de l’individu et cette impression de non-existence, questions mises en relief avec des morceaux tels que « Nonexistent » et « The Sky Is Always Open », mais le combo ne s’arrête pas là…

Avec « Antagonist », il prend de l’assurance, sort de sa timidité et nous propose un Cyber Metal encore plus développé, ambitieux et irrémédiablement travaillé. Le chanteur/claviériste Wulf écrit et compose les morceaux, en plus de les enregistrer, mixer, et masteriser au NeuroLab Studio en Slovénie. Auto-production donc, mais loin d’être de piètre qualité. Cette dernière est bien meilleure que pour l’EP « Transhuman », si bien que les instruments sont mieux mis en avant. Tout se distingue parfaitement, claviers, voix et guitares. Ces dernières sont davantage mises en relief et travaillées pour un résultat plus tranchant, moins brouillon et moins minimaliste.

Au sein de ce concept album donc, même si Wulf reste le maître d’œuvre, le trio y aura vraiment mis toute sa détermination. En plus de faire tout son possible pour médiatiser la sortie en contactant le plus de monde possible et réactualisant l’imagerie du groupe, le packaging est bien soigné et complet, afin de ne pas en perdre une miette. Et bien sûr, musicalement, tout dépasse nos attentes…

L’opus se compose de dix titres pour une quarantaine de minutes dans lesquels l’ennuie ne nous prend à aucun instant. L’agencement des morceaux est assez réfléchi et suit une progression particulière dans laquelle le concept est développé. Des paroles à texte donc, embarquant inéluctablement l’auditeur dans le monde atypique de Neurotech, et ce aussi bien grâce à la musique et aux ambiances. Tout est fait au millimètre près, rien est fait au hasard. Les guitares sont plus incisives, plutôt saturées, légèrement plus techniques que sur l’EP précédent, toutefois les riffs restent pour la plupart des cas assez simples. La voix déshumanisée est à la limite du murmuré peine à varier mais est la digne représentante de ces êtres, humain ou non, du moins ceux pervertis par les différentes manipulations ainsi que les plus mécanisés. Les sons electro/indus sont toujours présents, même plus que précédemment: beaucoup plus variés et maîtrisés, ils représentent bel et bien cet aspect technologique ainsi que ce côté futuriste. Parfois sonnant comme une machine se mettant en route et imitant sa démarche (« The Mannequin March »), parfois nous offrant une myriade d’effets (« Antagonist »), ils sont omniprésents et respectent à la lettre les règles de la musique Cyber. Quant aux ambiances, elles sont toujours aussi froides et sombres, apocalyptiques selon les morceaux, mécaniques grâce à l’ensemble boîte à rythme/voix/claviers, désolées et très tristes…

Toutefois, c’est peu de le dire. Neurotech ne s’est pas contenté du minimum est a ajouté un panel de nouveautés. Tout d’abord, les envolées au piano sont beaucoup plus présentes et servent à renforcer ce sentiment de mélancolie et de désespoir ainsi que certaines mélodies à la guitare, comme nous le montre parfaitement le morceau « Awaiting Deception ». De plus, les chœurs apportent leur lot d’émotion en plus et accentuent l’effet ténébreux et sans espoir de titres comme « Inject Me Now » ou « The Angst Zeit ». Enfin, à partir de « A Hollow Impression », l’ensemble des chansons se parent d’éléments symphoniques pour quelque chose de plus original, percutant et terriblement apocalyptique, comme sur « Towards Tedious Nightmare » et les envolées au violon accompagnées de chœurs de « We Are the Last ». Du nouveau chez Neurotech.

L’avantage, c’est que les slovènes arrivent à faire ressortir les émotions et les sentiments en fonction du morceau et de la situation, à un moment précis, c’est à dire, à une étape précise de l’histoire du concept. Ainsi, si la rage est représentée à travers « Inject Me Now » et « Nonexistent », la déception et la tristesse ressortent parfaitement de « Awaiting Deception », de même pour l’angoisse du côté de « The Angst Zeit » (la peur du temps), ainsi que l’interrogation sur « A Hollow Impression ».

Évidemment, des morceaux ressortent de cet ensemble si particulier, tels que « The Angst Zeit », présent sur le précédent single qui avait servi à montrer la nouvelle orientation musicale du groupe. Un morceau assez dynamique et inquiétant où les chœurs sont énormément mis en avant, et où le refrain, guidé par ces derniers et le piano ne peut qu’attirer l’attention. De même pour « A Hollow Impression » et son intro particulière, résolument progressive dans l’esprit, et agencée à la perfection, aussi bien dans l’utilisation des riffs hargneux, des chœurs, et des effets électroniques arrivant aux moments les plus opportuns. Et ce break incroyable à partir de 03:10, sonnant comme l’ultime passage atmosphérique de l’album.

Malgré tout, on notera quelques ressemblances dans les introductions de « Awaiting Deception » et « The Sky Is Always Open » avec ces sons de guitare aigus, quasi similaires.

Mais le bas blesse au niveau des influences et ressemblances majeures. Ainsi Neurotech sur cet opus, fait moins abstraction de ses inspirations et n’hésite pas à évoquer le nom de Sybreed. Et il n’est pas anodin de retrouver quelques titres battis comme l’auraient fait les suisses, à la manière d’ « Antagonist » ou « Nonexistent »: rythme rapide, ensemble furieux et sons electro/indus en tête avec des refrains plutôt faciles à retenir. On notera aussi quelques similitudes avec les russes d’Illidiance notamment au niveau des ambiances et de l’attirail electro/indus. Et enfin, sur « Towards Tedious Nightmare » et « We Are the Last », il est clair qu’on a l’impression d’entendre du Shade Empire tout craché avec leur album « Sinthetic », à cause de cet ensemble électro/symphonique et des envolées reconnaissables parmi tant d’autres.

Un pas en avant pour Neurotech qui nous livre un album cybernétique meilleur et d’un très bon acabit. Une oeuvre martiale dans le domaine du Cyber Metal pour un groupe en devenir qui fera sans doute parler de lui dans les mois voire les années à venir. Combinant l’aspect technologique à un ensemble sombre, aseptisé et froid, « Antagonist », malgré ses défauts, est un opus à ne pas rater pour tout amateur de Cyber ou au moins, d’Electro/Indus.

 

Sybreed : Challenger

Ξ juin 1st, 2011 | → 1 Comments | ∇ Cyber Metal |

Sybreed : ChallengerSybreed parcoure du chemin depuis sa formation en 2003 et les cendres de Rain. Nouveau souffle d’une vague cyber metallique, après déjà trois albums bien définis, passant d’un « Slave Design » terriblement violent et mécanique à un « The Pulse of Awakening » noir et plus fort en claviers, les suisses nous proposent en ce mois d’avril une exclusivité particulière au sein d’un nouvel EP, à la manière d’un « AEON » il y a deux ans. Une nouvelle direction musicale, une nouvelle force, et un nouveau dynamisme devraient s’imposer, sans pour autant occulter cette imagerie, ce concept et cette musique si caractéristiques de Sybreed

Car nous le savons tous, la fin sera la même, qu’importe les événements. L’humain, en digne Challenger, malgré une volonté certaine de s’en sortir et de réparer ses erreurs, ne peut lutter longtemps contre son œuvre. La situation se retourne irrémédiablement à son désavantage, de façon à ce qu’il devienne à l’image des ses machines devenues dominatrices : le pire ennemi de l’humanité.

« I’ll become the enemy of mankind »

Sybreed continue à nous proposer un univers sombre, et rien que l’EP nous présage que du bon pour l’album à venir. Composé de quatre morceaux, le « Challenger » et ses trois remixes, il se veut être à l’image d’un « The Pulse of Awakening » en plus sombre mais aussi agressif, moins axé sur les parties électroniques, malgré leur omniprésence. Cette fois ci, l’homme devient son propre ennemi, pris dans un engrenage technologique et cybernétique sans fin. Sybreed accentue donc le tranchant des guitares ainsi qu’une certaine agressivité dans les couplets. Ces derniers sont des plus étranges et des plus déshumanisés, les claviers nous octroyant des sonorités aussi bien futuristes que machinisées, tandis que Ben pose une voix diversifiée comme jamais. Aussi bien criée et violente que synthétique et décharnée, claire et mélancolique ou plus grave à la manière d’un « Slave Design » revisité, tous les timbres semblent ici être parcourus. Evidemment, le refrain reste bel et bien dans une optique plus légère, sans occulter cette forte incision à la guitare et à la batterie, il n’est pas sans évoquer les prouesses d’un « Electronegative » couplé avec un « I Am Ultraviolence ».

Toujours bien pris dans une atmosphère bien particulière, pervertie et très pessimiste, les trois remixes ne sont que des versions plus électroniques mais toujours aussi cybernétiques de ce « Challenger » déroutant. Faites par deux artistes différents (la troisième étant l’œuvre du guitariste/claviériste Drop), l’une rappelle les mélanges electro/indus sans perte d’agressivité toutefois, alors que l’autre possède un certain côté frais, davantage « popisant », plus déstructuré par rapport à l’original, presque méconnaissable.

Mais quitte à faire dans le synthétique, autant le faire jusqu’au bout. Drop et sa version nous offre un mélange tout en éléments électroniques, sans non plus être techno, contrairement à l’EP « AEON » qui poussait le bouchon un peu trop loin de ce côté-là. Ce morceau est une réelle poussée vers un monde robotisé, et bien sûr, synthétique. Les claviers et le rythme prennent le pas, le chant restant identique à la première version, mais le côté robotique est davantage mis en avant lors des couplets.

Un EP intéressant mais finalement dispensable, surtout si le titre « Challenger » figure lui-même sur le prochain album, ce qui n’est finalement pas impossible. Tout de même moins brute et ambiancé qu’un « Antares » mais plus direct et sombre à la « The Pulse of Awakening », nous sommes ici dans la suite logique des événements. Attendons donc la suite histoire d’en avoir le cœur net.

 

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