Deviant Syndrome : Inflicted Deviations

Ξ août 31st, 2011 | → 0 Comments | ∇ Melodic Death Metal |

Deviant Syndrome : Inflicted DeviationsSi le death black mélodique semble tourner en rond du côté de certains groupes, il s’avère qu’en Russie de nouvelles révélations émergent et nous montrent que rien n’est encore perdu. On pourrait craindre la venue de ce jeune groupe russe mais il n’en est rien, car Deviant Syndrome est loin de nous faire rire ni pleurer. Ces moscovites ont plus d’une corde à leur arc et bien que rassemblés depuis 2005, ce n’est que cette année qu’ils décident de sortir leur premier album nommé « Inflicted Deviations », sorti chez Mazzar Records. Enregistré dans trois studios différents pour la mise en boîte de tous les instruments, l’album a reçu une grande attention de la part du quintette, malgré les nombreux changements de line up et les nombreuses représentations live.

A l’instar d’un « The Great Mass » de Septic Flesh, l’image sur la pochette n’est pas entière et ce que nous voyons n’est qu’un morceau d’une grande fresque faite entièrement par un certain Pablo the Elephant, un artiste et designer assez réputé en Russie. Mais heureusement, l’intégralité de la fresque est retrouvable à l’intérieur-même du livret, si vous le dépliez. Les images que nous retrouvons sont bien représentatives de l’album, montrant aussi bien des formes ésotériques que démoniaques, magiques, décharnées ou encore mécaniques. L’ensemble peut faire épique, comme cette musique, qualifiée de « death mélodique technique et épique » par le groupe lui-même.

Malgré tout, Deviant Syndrome ne s’est pas fait prendre au piège et contrairement à ces formations de death/black mélodique en perte de souffle, il joue du côté des plus grands et/ou des plus connus. Car il faut le dire, l’originalité pure et dure n’est pas le mot qu’il faut employer pour qualifier la musique des russes, car ces derniers ne lésinent pas en ce qui concerne les références et influences. De mélodies techniques de Kalmah ou Eternal Tears Of Sorrow en passant par la magie et la vélocité de Skyfire voire même le côté symphonique de Norther ou Dimmu Borgir, Deviant Syndrome n’a pas peur de ses similarités, car fort heureusement, il arrive malgré tout à intégrer une certaine patte au sein des compos, même si l’ombre des plus grands semble planer au-dessus de sa tête.

Le quintette arrive donc à nous faire un mélange harmonieux et majestueux de mélodies et d’ambiances, les guitares étant pour le coup aux premières loges. A l’image d’un « Spectral » de Skyfire, Deviant Syndrome sur « Consequence » (marquant l’arrivée de Aleksi Sihvonen de Norther au chant en invité spécial) arrive à nous concocter des riffs rapides et magiques, à nous offrir des envolées remarquables aux claviers, à nous emmener dans un monde froid et lumineux.

Un passage du côté de « Entire Cosmic Elements » nous emmène dans quelque chose de plus sombre et éthéré, un léger aspect symphonique en fond, mais un ensemble plus près d’un Skyfire ayant copulé avec un Kalmah. Rapidité d’exécution au niveau des riffs et des solos, maîtrise parfaite des instruments, mélodies enchanteresses sous un aspect davantage black, on est vraiment éloigné du death mélo en manque d’inspiration et plus proche d’un heavy/death/mélo électrique, épique et surprenant.

Sur un total de neuf morceaux, Deviant Syndrome nous montre son savoir et sa technique, sans se lasser de nous offrir des solos maîtrisés et aériens, histoire de propulser l’auditeur au début de la carrière de Kalmah entre autres. « Liberation » par exemple, long de près de neuf minutes, montre les russes au sommet de leur art. Progressif et instrumental, voici une pépite pour les amateurs de death black mélodique en bonne et due forme. Comme si la scène mélodique finlandaise/suédoise venait de fusionner en un seul morceau, tout est fait pour passer un agréable moment, riche, émotif et explosif. Du solo de guitare au solo de basse en passant par le solo de claviers, d’une partie technique en passant par une partie plus sombre et agressive voire symphonique, on tend à passer du coq à l’âne mais le titre avance et prouve que Deviant Syndrome ne se limite pas qu’à emprunter des idées, il les concrétise et les magnifie.

« Inflicted Deviations » malgré ses quarante et une minutes reste une pièce unique et épique, malgré les influences. Deviant Syndrome s’est même fait repérer par Kalmah, qui leur a proposé de faire une partie de leur concert ensemble, ce qui prouve en partie leur talent. Ce premier jet est donc plus qu’encourageant pour la suite, les russes s’étant déjà fait une certaine notoriété.

 

Illidiance : Damage Theory

Ξ août 30th, 2011 | → 16 commentaires | ∇ Cyber Metal |

Illidiance : Damage TheoryA peine un an après la sortie de leur album « Nexaeon » et de leur EP « Synthetic Breed », Illidiance, figure du cyber metal en Russie, ne chôme pas et sorte en cette fin d’année 2010, leur troisième album studio, « Damage Theory », revisitant le thème des robots en mettant en scène les actions et pensées d’un humain artificiel holographique.

De nouveau, la formation russe poursuit sa lancée inexorable dans le monde restreint du cyber metal, s’éloignant de ses origines black et mettant de plus en plus en valeur les éléments indus et électro, au détriment d’une agressivité impalpable et d’une froideur crue, très présente dans « Nexaeon ». A l’instar donc de leur précédent EP, Illidiance s’aventure dans des contrées mécaniques et futuristes, où toutes les formes artificielles règnent en maîtresse, en osmose, cependant, avec l’être humain.

Les puristes et premiers fans d’Illidiance ne pourront que constater cette terrible et quasi-totale absence d’éléments black. En effet, outre quelques riffs et quelques passages où une voix black, bien que faiblarde, soit mise en avant (« New Millenium Crushers » entre autre), la plupart des morceaux de l’album présentent une bonne dose de sonorités électro/indus, de samples, de beats, et j’en passe. L’alternance des vocaux est plutôt bien appréhendé, mettant en valeur le côté humain/machine, et permettant à l’auditeur de se retrouver facilement dans une ambiance cyber en bonne et due forme. Toutefois, quelques riffs death viennent s’incorporer dans des passages plus complexes, saccades et brutalité en primes, afin d’optimaliser cette ambiance pré-apocalyptique et cette ensemble sec, ambiant, mécanique, et aseptisé.

On regrettera peut-être le fait que les mélodies soient trop lumineuses, crées en partie par les claviers et sons électro, vecteurs d’ambiances, certes, mais aussi d’harmonies en général. Ainsi le tout manque de noirceur, et de pessimisme, même si certains titres, mettent irrémédiablement bien en avant cette déchéance physique et morale de l’être humain, face à la montée en puissance de congénères artificiels, et une froideur impalpable (« CyberGore Generation », « Cybernesis », « Fading Away »).

Loin du black de leur début, mais ancré pour de bon dans une esthétique cyber très prononcé, Illidiance a enfin trouvé un domaine qui lui correspond, en reniant malheureusement une partie de leur racine, ce qui se fait d’autant plus ressentir dans leur musique. Désormais icône du cyber metal dans leur pays et dans toute l’Est de l’Europe, détrônant même Sybreed, sans doute la figure du genre sus-cité en Europe et même ailleurs, Illidiance est enfin parvenu à mettre en valeur un style plutôt boudé mais originale tant au niveau conceptuel que musical.

 

Shadowcast : Space Age Revolution

Ξ août 26th, 2011 | → 7 commentaires | ∇ Industrial Metal |

Shadowcast : Space Age RevolutionNé en 1999 à Vienne, en Autriche, Shadowcast est le second projet des chanteurs Clemens Mayr et Lukas Linderbenger d’Amortis (black symphonique), avant que ce dernier ne splite après 2001 et nous offre « Gift of Tongues », l’opus d’adieu. La naissance de Shadowcast marqua un tournant pour le duo, désirant officier dans quelque chose de beaucoup plus éthérée et industrielle, bien loin de la noirceur, de l’agressivité et des symphonies presque grandiloquentes d’Amortis. Une première démo vit le jour en 2000 avant d’être suivie par un album en 2002, « Desperate Accuse Dimension », lançant pour de bon la carrière des autrichiens, et montrant pour le coup leur nouvelle facette après la dissolution de leur ancien groupe. Un an plus tard, un nouvel opus vit le jour, et après près de huit ans d’absence, Shadowcast revient en grande forme avec un « Spage Age Revolution » rayonnant.

L’album s’annonce comme voyage spatial presque initiatique dans un monde proche et lointain à la fois. A l’image de la pochette, c’est atmosphérique et étrange, l’espace nous est offert sur un plateau d’argent, à la manière de cette personne désarticulée nous offrant Saturne dans la paume de sa main.

« L’espace, l’ultime frontière » disait-on dans une série télévisée, Shadowcast nous montre sa révolution à travers une nouvelle ère, en mélangeant des éléments industriels et parfois électroniques à un fort aspect atmosphérique, malgré un tranchant certain que l’on peut sentir aisément dans des riffs simples mais bien trouvés et adaptés à l’environnement musical de Shadowcast. Rien de fantastique dans ces guitares pourtant lourdes, tout le génie se retrouve dans les compositions des claviers, à cheval entre un Shade Empire et un The Kovenant, l’aspect black metal en moins. Les effets sonores sont variés, sans non plus être abusifs et à la limite du supportable, tout est dosé avec habileté afin de faire transparaître cette impression de voyage cosmique. Tantôt nous sommes pris dans un déluge de sons métalliques (« Space Age Revolution »), tantôt ce sont les sonorités futuristes qui prennent le dessus (« Zero Zone »), tantôt les guitares prennent le premier rôle et se retrouvent paradées d’éléments électros/cosmiques du plus bel effet (« Killing Lifestyle »). Au moins, Shadowcast fait dans la subtilité à l’image d’un « Endtyme », qui, après les écoutes, se révèle plus riche qu’il n’en a l’air.

Par conséquent, l’opus se révèle bien prenant, malgré quelques passages et morceaux ennuyants, comme « Moments » qui tend à nous endormir. Toutefois, le duo de chanteur assure tout le long de ces onze morceaux, alternant chant grave et rauque, et chant clair, lui-même devenant distordu, comme s’il on parlait dans une radio. Mêlé aux guitares et aux claviers, ces voix deviennent donc plus adaptées à la musique en question, même si parfois elles manquent d’agressivité, mais elles ont plus d’impact sur un « Close 2 Everything » embarquant l’auditeur très loin dans un monde futuriste, riffs incisives et claviers imposants. A contrario, la balade « Change of Belief » par exemple marque l’apparition d’un chant féminin mélancolique sur un fond sombre et gothico/atmosphérique.

En fait, ce « Space Age Revolution » peut nous rappeler le travail de Dominanz, notamment par l’aspect indus/atmo et spatial, sauf que Shadowcast pousse le vice encore plus loin en ce qui concerne les sons cosmiques, tel un Samael époque « Eternal » contaminé par les sons synthétiques et les refrains entêtants (« Hellsong »).

Malgré tout, l’ombre d’Amortis semble planer encore un peu au-dessus d’eux. Car même si l’aspect black metal a totalement été évincé, même si les éléments industriels prédominent largement, et même si l’ensemble est totalement éthéré, on retrouve des symphonies discrètes en fond dans chacun des morceaux, histoire de rendre le tout encore plus spatial, comme sur « Creation Enigma » ou encore « Endtyme ». On peut aussi citer « Tomorrow », qui nous montre un jeu de claviers assez particulier, entre symphonie de fond et sons électros au premier plan, les guitares devenant pour le coup plus écrasantes malgré ce côté lancinant, la voix claire s’apparentant davantage à celle de Lex Icon (The Kovenant).

Les membres du groupe ont beau officier dans le black ou le death grâce à leur groupes annexes, il n’empêche qu’ils nous offrent là un bon album d’indus/atmo spatial, mettant bien l’accent sur les claviers, un peu à la manière de feu Amortis. Jouissant d’une bonne production et d’un bon label, « Space Age Revolution » marque comme il faut le retour de Shadowcast, même si on peut regretter le fait que les guitares soient un peu trop souvent en retrait.

 

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