Narjahanam : Undama Tath’hur al Shams Mn al Gharb

Ξ octobre 28th, 2011 | → 1 Comments | ∇ Black Metal, Oriental Metal |

Narjahanam : Undama Tath'hur al Shams Mn al GharbIl n’y a qu’une dizaine de groupes au Bahrein, et Narjahanam fait sans doute partie des plus réputés, aux côté de Smouldering In Forgotten, l’autre formation du chanteur, multi instrumentiste et maître à penser Mardus. Prenant son nom de l’arabe et signifiant « le feu de l’enfer », Narjahanam est né en 2004 en étant le simple side project de Gravedom, side project devenant un projet à part entière à cause des différences de thématiques et de langues entre les deux combos. Ici, on nous parle de guerre, de l’histoire du Moyen Orient, de sa culture et de sa religion, grâce à un chant strictement en arabe, à travers un black death mélodique proche du symphonique sur certains aspects.

Si les influences orientales sont de la partie à travers ce « Undama Tath’hur al Shams Mn al Gharb », notamment dans les mélodies principales que dans les riffings, Mardus voulait toutefois que sa musique ressemble à une sorte de bande son, à une musique de film. Pari plus ou moins osé et quelque peu réussi, étant donné qu’un certain côté épique et impérial prend possession de la majeure partie des titres. La base reste tout de même black/death, avec une production laissant à désirer mais renforçant les ambiances et le côté authentique et ancien des compositions. Les claviers ont une place prépondérante, notamment sur un « Taht Alamat Al Nujoom » très arabisant dans son aspect global, ou un « Al Jihad » puissant mais répétitif.

La guitare joue elle aussi un rôle important, guidant justement le chant et les claviers au sein de ces terres chaleureuses mais sombres. L’histoire nous est contée à travers des paroles particulières, bercées par des mélodies atypiques et mystérieuses, comme un « Al Shar Wa Aljan » débutant par une flûte orientale, suivie de près par un rythme ralenti, des voix distordues directement sorties de l’enfer, des percussions, et une guitare pour le moins très bourdonnante. Le côté symphonique est d’autant plus mis en valeur, la mélodie aux violons et aux claviers ne pouvant qu’évoquer l’orient.

Si l’on sent qu’on a affaire à du black, du death et du sympho, on sent aussi qu’une bonne partie des titres se veulent ralenti, la faute à un certain aspect doomesque, en témoignent une certaine longueur (plus de sept minutes en général) et une lenteur, pas non plus accrue, mais suffisante. Toutefois, des morceaux tels que « Laheeb Al Nar » ou « Huroob Al Zaman Al Akheer » accélère le pas, avec ces blasts et ces riffs black, à mesure que le growl se veut de plus en plus caverneux. Les percus et les sitars s’incorporent parfaitement au sein de cet ensemble agressif mais mélodique et harmonieux.

Mais en définitive, c’est sans doute le « Yawn Al Maw’oud » qui fait plus office de musique de film, les claviers et la guitare nous jouant une mélodie orientale digne de certains films cultes tels que Laurence d’Arabie, le piano en moins. Pour finir, un « Al Aukhera » vous emmènera en voyage encore plus loin, tous les instruments fusionnant avec brio, les percussions menant le rythme principal, paradées d’une guitare black à la mélodie arabico-dansante.

Ce « Undama Tath’hur al Shams Mn al Gharb » mystique et historique est bon, mais trop répétitif et long, certains titres traînant en longueur. Toutefois, le mélange oriental, black metal et sympho est pour le coup bien réussi, l’auditeur arrivant à se croire en plein Bahrein, si tant est qu’il se prenne au jeu. Signé chez Haarbn Productions, cet opus a sans aucun doute influencé d’autres groupes d’oriental black du Moyen Orient, à savoir Al-Namrood, entre autres.

 

Grey Heaven Fall : …Grey Heaven Fall

Ξ octobre 28th, 2011 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Grey Heaven Fall : ...Grey Heaven FallLa Russie est bien connue pour ses groupes de pagan, de doom, de cyber, mais aussi de black symphonique, un genre qui devient de plus en plus en expansion au sein de ces terres hivernales, si bien que plusieurs labels se spécialisent dans le domaine, à la manière de Grailight Productions, mené par Demether Grail d’Arcane Grail, en passe de nous présenter de nombreuses nouvelles formations, dont Grey Heaven Fall.

Originaire de Podolsk, fondé en 2006, ce sextet ne sortit que deux petites démos avant de faire un véritable premier jet cette rentrée 2011, avec un opus éponyme digne de l’automne: la pochette grise faite par les soins de Dartgarry (Mare Infinitum, North Diamond) représente un homme-arbre sans feuille, le titre est mélancolique, à l’image même de la musique, masterisée et mixée aux studios Anthropocide (Abominable Putridity, Arcanorum Astrum, Deviant Syndrome).

Puisant sa source dans le black et le death mélodique finlandais et suédois, Grey Heaven Fall ne fait rien de véritablement sensationnel de ce côté là, les influences étant tout de même reconnaissables aux premiers coups d’oreille (Kalmah, Skyfire, Insomnium…). Les Russes incorporent tout de même des éléments atmosphériques ainsi que symphoniques dans la majeure partie des compositions, paradés d’ambiances mornes nostalgiques, à la venue de l’automne. Du haut de ses quarante huit minutes, l’album s’avère efficace et puissant, mais manque certainement de personnalité, tant les mélodies semblent avoir été entendues des centaines de fois. Car ce sont réellement de fortes impressions de déjà-vu qui hantent ce « …Grey Heaven Fall », à l’image d’un « The Resurrected One », d’un « Derelict of Untruthful Images of Icon » ou d’un « Verses of Fallen Destinies », parfois à cheval entre Kalmah et Skyfire.

Pourtant surprenants, les morceaux bénéficient d’un dynamisme certain, d’une utilisation judicieuse des soli et claviers, mettant en valeur les atmosphères et les vocaux, alternant allègrement voix black criarde et growl death caverneux comme sur un « Swansong of Your Dream » en pur crescendo, jouissant d’accélérations du plus bel effet, d’une certaine brutalité, et ce, sans jamais laisser de côté l’aspect mélodique.

En tout cas, le black/death mélo sympho de Grey Heaven Fall se veut très varié, agressif et fort, comme sur un « Grieving Souls in Tyrant’s Castle » mettant autant en valeur les riffings que les parties claviers et les voix. La progression est certaine et loin d’être inexistante, si bien que ce titre, comme une bonne partie des autres, passe comme une lettre à la poste.

Le rythme se ralentit sur un « Grey Heavens Autumn » généreusement mélancolique, s’inspirant du doom/death russe à la Revelations Of Rain entre autres. Piano, mélodies douces et tristes à la guitare, nappes de claviers sombres, growl profond jusqu’à l’apparition d’une certaine accélération death et d’envolées symphoniques.

Les titres dépassent presque tous les cinq minutes et sont chantés intégralement en russe, la langue n’étant absolument pas une barrière. L’album reste très bon, puissant et produit aux petits oignons, malgré des influences certaines, cachant la véritable personnalité de Grey Heaven Fall. Un premier jet de très bonne qualité, mais aussi très encourageant.

 

FutureRealm : 99% Exact

Ξ octobre 22nd, 2011 | → 9 commentaires | ∇ Cyber Metal |

FutureRealm : 99% Exact« On peut définir la Science-Fiction comme la branche de la littérature qui se soucie des réponses de l’être humain aux progrès de la science et de la technologie » — Isaac Asimov

La littérature science-fiction et sa branche cyberpunk nous avaient prévenus, et ce, depuis des décennies. Des auteurs tels que William Gibson, Philip K. Dick ou Roger Zelazny avaient bien mis en avant ce côté dystopique, angoissant et perturbant lié au futur et aux évolutions technologiques. Intelligence artificielle, robot, univers post-apocalyptique, nanomachines… tout était déjà acquis et mis en œuvre afin de nous montrer une vision des plus pessimistes de la destinée de l’homme.

Le cinéma nous a aussi proposé ses films d’anticipation, de Metropolis à Terminator en passant par Matrix ou Blade Runner. Et même si ces « mises en garde » ne suffisent pas, la musique a peut-être enfin une chance de ralentir le processus et cette envie incommensurable de défier les lois de la nature en progressant encore et encore, technologiquement parlant. Mais à quel prix ?

Le cyber metal montre généralement les dégâts et problèmes liés aux progrès et à l’évolution, s’efforçant de mettre en musique les relations homme-machine, et reprenant les thèmes de la littérature cyberpunk. Le temps nous montre de plus en plus un futur noir et terrible, loin de tout ce que nous aurions pu imaginer. Si Fear Factory a permis la mise en place de ce sous-genre musical, des groupes tels que Sybreed le font perdurer, tandis que d’autres le concrétisent en montrant un avenir inconfortable et difficile d’accès.

Créé en 2007 à Budapest, FutureRealm arrive avec son tout premier opus nommé « 99% Exact », un nom rappelant le « 0,05% » de Scorgrain tant dans le fond que dans la forme. Un pourcentage ne pouvant qu’évoquer les calculs et langages en tout genre de nos amis les machines. Un pourcentage presque parfait. Ce 1% d’erreur n’est-il pas l’erreur de trop ? L’imprévue ? La destructrice ?

L’écoute de l’opus nous met rapidement sur la voie. Cybernétiquement expérimentale, froide, terriblement mécanisée, déshumanisée, la musique de FutureRealm pousse le concept et le vice jusqu’au bout. Et il est clair que ce « royaume futuriste » est loin de nous plaire. Tout semble littéralement régi par une bande de machines, sans aucune trace de l’humain : son âme, son essence, son existence même semblent avoir disparu.

L’électronique fonctionne comme un langage inconnu, succession de titutitutitutitu perturbants, de vrombissements, d’effets futuristes, de cliquetis, de roulements mécaniques et de bruits de laboratoire, à mesure que les riffs, variés autant dans leur jeu que dans leur fonctions, nous brutalisent avec finesse (« 99% Exact », « Ziggurat Station »). Extrêmes, froids, mécaniques, déshumanisés, les guitares techniques renforcent encore plus l’impression de vide et la perte d’éléments humains. Un certain effet syncopé peut aussi mettre en relief cet ensemble à l’arrière-goût d’acier, comme sur un « Coke Furnace », nous gratifiant d’un solo émotif, peut-être seule et dernière trace de nos congénères.

Si l’expérimental est de la partie, le progressif aussi. Les titres sont en perpétuel mouvement, tout en embarquant l’auditeur dans un monde sombre et perverti par le progrès technologique. Tout n’est qu’impression, que binarité, comme un langage informatique. « Lux Aeterna » peut rendre fou tant par ces contrastes que par ce côté aliéné et dérangeant. Les enchaînements de riffs sont précis, à mesure que le chant déshumanisé et presque déstructuré nous prouve une fois de plus que l’humain n’est plus. Lors d’un break où la basse est à l’honneur, le growl, à la limite saturé, laisse place à un chant clair aérien proche de Hal d’Interlock, jusqu’à ce que la guitare elle-même imite l’électronique et cet aspect technologique. Parallèlement, « 99% Exact », entre autres, nous offre une alternance de chants gutturaux et de chants clairs aussi « livides » que distordus et perturbants.

Ce trio hongrois fait fort et signe un coup de maître avec un premier opus auto-produit de grande qualité. Bien que difficile d’accès dû à ce fort côté déshumanisé, « 99% Exact » jouit tout de même d’une forte inspiration, les éléments musicaux étant définitivement utilisés à bon escient. Ces sept titres sont donc parfaits pour intégrer toute discographie cybernétique.

 

Briargh : Vn Antigvo Trono Olvidado

Ξ octobre 20th, 2011 | → 7 commentaires | ∇ Black Pagan |

Briargh : Vn Antigvo Trono OlvidadoPetit groupe dans un pays pas extrêmement connu pour son black metal, Briargh naquit en 2003 en Cantabrie sous l’impulsion d’Eru Dagoth, le maître à penser. Passionné par la nature, le paganisme et la mythologie celtique, cet homme décida de fonder son propre one man band, une sorte de side project étant donné que le sieur œuvre déjà dans Eldereon ou Forestdome.

Adoptant une écriture runique pour la conception de son logo, Eru Dagoth profite de ses influences et de ses passions pour mettre en place une série d’albums et de split le représentant, chacun étant le reflet de la nature dans laquelle le sieur a toujours voulu vivre et explorer. Son dernier EP, « Un Antiguo Trono Olvidado » revient à la langue espagnole, sans mettre pour autant de côté son amour pour les celtes.

Briargh nous offre donc un EP de cinq morceaux pour vingt deux minutes, morceaux dans lesquels l’auditeur se retrouve plongé dans un black pagan très nature et authentique. Eru Dagoth soigne tous ses instruments, sans non plus faire de la production quelque chose d’excellent. Les sonorités restent tout de même fraîches et très amicales. Nous entrons dans un village perdu dans une forêt éloignée, nous apprenons à nous accoutumer du mode de vie de ses habitants, à jouer de leurs instruments, à célébrer leur culte. « Vcieda » peut fonctionner comme cette découverte, le rythme étant lent et proche d’un doom aux relents black, à mesure que la guitare nous joue un air folk et que certains riffs mélancoliques font leur apparition ; Briargh attend la pluie et la manifestation de son dieu celtique, le temps d’un titre de plus de huit minutes, fonctionnant comme une invocation. Une flute au son clair et pur fait son apparition lors des transitions, alors que certaines accélérations à la guitare arrivent à nous tenir en haleine. Des chants païens se font aussi entendre lorsque la guitare acoustique noue joue un air on ne peut plus ancien. Hormis cela, il s’agit véritablement d’un chant black que nous avons l’occasion d’entendre, de plus en plus rageur, comme si l’impatience avait eu raison de lui.

Et sur « Cantabrico », voici que la nature entend son appel : des samples de pluie font leur apparition lors de l’introduction, avant de laisser place à des riffs mélodieux sur un rythme soutenu. Mélange d’épique et de pagan, on est pris dans ce rêve mythologique, jusqu’à un « Yrostros » instrumental et doux, comme un voyage au moyen âge. Une guitare acoustique, un tambourin et le tour est joué.

Mais voici que sur « Thor », en appel au dieu germanique du tonnerre, Briargh reprend le « Thor (the powerhead) » de Manowar, un ton plus bas, mais tout en conservant ce côté guerrier et ces relents heavy dans un black pagan ralenti, où la flûte remplace les chœurs des américains. L’esprit de Briargh reste cependant intact, le tout étant repris avec audace et personnalité.

L’EP passe décidément trop vite, les titres étant de longueur inégale. Mais la force de ce « Un Antiguo Trono Olvidado » réside dans les harmonies et cette façon de nous embarquer dans un ensemble celte et paganisant sans en faire de trop. Simple, certes, mais immersif.

 

Immersed : In the Ire of Creation

Ξ octobre 20th, 2011 | → 0 Comments | ∇ Death Metal |

Immersed : In the Ire of CreationFondé pendant l’été 2008 par quatre musiciens ambitieux et motivés, Immersed commença à prendre davantage d’ampleur dans la région d’Ottawa lors qu’arriva le bassiste Gareth Allix (Remnants Of A Deity). Le quintet ainsi formé ne perdit pas de temps avant de sortir sa première démo éponyme déjà très prometteuse. Deux ans plus tard, 2011 voit l’arrivée de « In the Ire of Creation » produit par Christopher Bradley (Beneath The Massacre), masterisé par Chris Donaldson (Cryptopsy) et signé chez la célèbre écurie Unique Leader Records (Arkaik, Decrepit Birth, Gorgasm).

Immersed s’offre l’aide de Rob Chambers de Deamon pour la conception d’une pochette sombre où se dresse une créature cauchemardesque afin de mettre en relief les thématiques utilisées au sein de cet album, thématiques empruntées chez H.P. Lovecraft, notamment « L’appel de Cthulu » ou « L’abomination de Dunwish ».

Leur death metal en devient donc brute de décoffrage et particulièrement tranchant, s’octroyant un son rude et froid à la suédoise, même si l’ensemble des morceaux s’apparente davantage à un mélange de Gorguts, de Dying Fetus, voire de Suffocation, avec certains éléments black voire thrash. Batterie et basse claquantes, riffs techniques et incisifs, et alternance growl et chant criard font de ce « In the Ire of Creation » un album monstrueux, jouissant d’une excellente rapidité d’exécution.

Immersed prouve dans la majeure partie des titres qu’il privilégie l’efficacité et un certain côté direct et non pas la longueur ou l’expérimentation. Si l’opus peine à dépasser les vingt sept minutes, ce n’est pas pour rien. L’écoute d’un « I Have Seen the End » avec son intro cauchemardesque vous mettra sur la voie. Rapide, brute et surtout carré, Immersed nous en envoie plein la figure avant d’alterner riffing death/thrash du plus bel effet. Un riffing qui s’entend davantage avec un « Desolate Wanderings » percutant, au growl immense, mais nous offrant des parties mélodiques relativement bien exécutées, n’empiétant certainement pas sur la violence des instruments.

« Ruthless Transgression » mettra sans aucun doute tout le monde d’accord, Immersed faisant preuve de talent mais aussi de technique et nous offrant un déferlement continu de riffs écrasants, alternant harmonie et brutalité pure. « Colossal Abomination » quant à lui, mettra plus en avant une certaine mélodie, apportée grâce à des éléments black, le passage aux alentours de 02:56 étant un bel exemple.

Immersed signe avec cet opus un coup de maître, prouvant une fois de plus que la scène death metal canadienne a de la ressource. La précision des riffs, la rapidité d’exécution, l’atmosphère sombre lovecraftienne et la qualité du chant fait de ce « In the Ire of Creation » un album efficace et méchamment jouissif.

 

Escape Through Decades : Escape Through Decades

Ξ octobre 17th, 2011 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Escape Through Decades : Escape Through Decades2011 est une année cruciale pour le cyber qui met en valeur une horde de jeunes groupes formés depuis peu. La concurrence devient donc bien rude, car même si le sous-genre n’a plus rien à prouver quant à son existence, il devient difficile de percer et de se démarquer dans ce milieu marginalisé.

Après avoir découvert tout une lignée de formations cyber « djent » metal telles que Logical Terror ou The Interbeing, l’Italie revient en force en cette fin d’année avec Escape Through Decades en provenance de San Prospero. Ce petit combo s’adonnant à la pratique de reprises de Machine Head et de Ill Niño a enfin trouvé le moment pour nous présenter sa première démo éponyme, auto produite et enregistrée par Giulio Gualtieri de LT.

Manque de moyen oblige, la démo ne jouit pas d’un son particulièrement bon. La musique semble curieusement compressée et peine à respirer, si bien qu’on croirait que certains instruments suffoquent par ce manque de place, dont les guitares, à la résonance pas très avantageuse. On perçoit tout de même leur tranchant et leur mélodie, malgré une certaine linéarité dans leur exécution, de même pour le rythme, qui peine à varier de titres en titres.

Hormis cela, Escape Through Decades s’imprègne parfaitement d’une esthétique cyber certaine, les paroles et l’artwork montrant parfaitement la déchéance de l’humanité pervertie par les machines dans un monde futuriste et technologiquement avancé. En plus de cela, le quintet a réussi à avoir l’aide de Giovanni Grandi, un dj italien assez réputé par ses créations de sons cybernétiques. Ne vous y méprenez pas, rien de très « boîte de nuit » dans les compos, les sons électroniques sont seulement très recherchés et permettent en tout point de nous évader dans le concept attribué à cet opus. Rien que l’introduction et ces bruits robotiques/electro/cyber/froid/metalliques suffisent à eux seuls à évoquer l’univers aseptisé de Escape Through Decades. Rien à dire de ce côté là.

Après, on se retrouve avec quatre titres assez courts et peu variés, souffrants d’une monotonie étonnante. Les rythmes sont souvent mid tempos et le jeu de batterie est souvent le même, une sorte de jeu accentué sur la double pédale. « Alice » par contre présente des changements intéressants, dont des accélérations, paradés de riffs maîtrisés.

Les titres s’enchaînent bien, parfois on n’a même pas forcément l’impression d’être passé de l’un à l’autre, et ce dû à un enchaînement impeccable. On peut cependant être désarçonnés par ce côté minimaliste, simple, peu recherché, tant dans les riffings que dans les parties chantés. Ces dernières comportent bien des inconvénients, la voix étant faible, en manque de puissance, d’hargne et de crédibilité. Sauf peut-être sur « Fade », glauque, cyber et pessimiste à souhait, où l’effet « blasé » de la voix couplé à un soupçon de growl et à des « choeurs » très étranges au refrain apportent un certain côté déshumanisé. Le rythme mécanique et les effets en arrière plan renforcent cette idée, alors qu’un « L.O.VE. », lui, mise tout sur la mélodie électronique du refrain, comme les expérimentations technoïdes de Blood Stain Child.

Il est vraiment dommage que Escape Through Decades ait raté de peu ce premier jet, le tout n’étant pas non plus ultra mauvais, mais la mauvaise production, les problèmes de son, de chant mais aussi la linéarité des rythmes et des riffs font de cette démo une démo minimaliste et en manque de concrétisation. Quelque chose d’approximatif, et peu facile à apprivoiser, mais malgré les nombreux défauts qui subsistent encore après de nombreuses écoutes, on peut arriver à y trouver une certaine force et un certain charme, si bien que l’écoute des cinq morceaux passe comme une lettre à la poste. Étrange qui plus est, le potentiel est sans doute caché quelque part et avec un peu plus de recul et de maturité, il est clair que Escape Through Decades pourra faire beaucoup mieux pour la sortie d’un EP ou d’un full length. Affaire à suivre.

 

Voyager (AUS) : The Meaning of I

Ξ octobre 14th, 2011 | → 2 commentaires | ∇ Melodic Metal |

Voyager (AUS) : The Meaning of IC’est un fait. Voyager aime sortir ses albums en fin d’année, et surtout en automne, histoire de nous remonter le moral lors de terribles jours de pluie et de grisaille. Deux ans après un « I Am the Revolution » abouti et particulièrement bon, les australiens remettent le couvert avec quelque chose plus personnel, plus prog, plus introspectif.

Si le terme « voyager » était celui qui nous passait par l’esprit à l’écoute des compositions des australiens, il le devient encore plus évident ici, car les titres peuvent s’apparenter à des escales aussi différente les unes des autres. Comme si notre petit vaisseau s’arrêtait de planète en planète. La comparaison peut sembler absurde, mais pour les amateurs de Star Trek, l’évocation du nom de « Voyager » ne peut que nous rappeler les aventures d’un équipage perdu dans l’espace. Non seulement ce vaisseau porte ce même nom, mais en plus le logo du groupe ressemble presque trait pour trait à celui de la série, le « V » s’assimilant presque à l’espèce de communicateur que les membres de l’équipe portent sur la poitrine gauche.

Mes idioties passées (et encore), il faut dire que la pochette représente bien l’image même du voyage, cette mer noire d’un côté, ce ciel lumineux de l’autre, ces statues étranges à gauche et ce monument particulier, partant en ruine, à l’arrière. De plus, elle montre bien cette idée de « recherche de soi », le thème principal de l’album qui plus est. Pour ceux qui connaissent, elle a été créée par George Grie de chez neo surrealism art, tout comme celle de l’opus précédent, et s’intitule « In Search of Meaning ». Tout se rejoint.

En ce qui concerne la musique, Voyager reste dans la continuité d’un « I Am the Revolution », mais en moins pompeux au niveau des claviers. Bien sûr, ces derniers restent bien présents, tant au niveau de certains effets sonores que d’ambiances, mais le leader Daniel Estrin en fait beaucoup moins. Idem en ce qui concerne le chant, moins poussé, plus simple mais d’autant plus beau et maîtrisé, et bien adapté à l’ambiance générale des titres : atmosphérique et planante.

Par ailleurs, Voyager a mis l’accent sur les guitares et leur osmose, en rapatriant le guitariste Scott Kay. Pour le coup, nous voilà avec des grattes peut-être plus puissantes, plus travaillées, et plus unies, surtout lors des soli (« Fire of the Times », « Are You Shaded »), soli qui peuvent eux-mêmes se coupler avec les claviers (le répétitif « Momentary Relapse of Pain » par exemple) pour un résultat à la Dream Theater. L’ensemble peut aussi s’avérer dark, ou tranchant et énergique à la manière d’un « The Meaning of I » totalement jouissif et mélodique.

Eh oui, les mélodies sont omniprésentes dans tous les morceaux, si bien que ceux étant allergiques au trop plein de mélodies ne pourront supporter toutes les envolées effectuées par les claviers, les guitares, et même la voix. Un « Stare into the Night » par exemple, nous gratifie d’un refrain magnifique et entêtant, avec ce côté spatial bien présent, alors qu’un « The Pensive Disarray », avec Daniel Tompkins de TesseracT en guest, nous embarque littéralement dans des recoins presque maritimes.

Mais l’ensemble reste surtout bien heavy, comme un « Fire of the Times » (avec DC Cooper de Silent Force en guest) ou un « Are You Shaded ? » bien dans le bain avec les riffs et les parties vocales qui vont bien, et même des growls, nous rappelant les origines plus sombres de Voyager. Même si certains titres s’apparentent à une sorte de synth-pop, notamment à cause/grâce à l’utilisation du claviers. Une impression qui se concrétise davantage sur un « Iron Dream » en hommage à Peter Steele, où l’on retrouve un son proche de celui de Type O Negative, avec certains effets sonores propres et une voix quasi similaire sur certains passages. Le jeu de mot avec ’steele’ et ‘iron’ est d’ailleurs bien trouvé pour ce tribute.

Hormis cela, l’album souffre de sa longueur. Pas que l’ensemble soit d’une longueur époustouflante (un peu plus de cinquante deux minutes), mais lorsque vous avez treize titres dont deux balades niaises (« He Will Remain », « It’s Time to Know ») et une seconde partie qui tend à s’essouffler (à partir d’ « Iron Dream », faute de rythme), c’est normal que l’on commence à décrocher, et ce, malgré un certain travail de compositions.

Toutefois, ne vous y méprenez pas, ce « The Meaning of I » est un très bon album, inspiré et plein de bonnes choses, avec une production certes lisse, mais qui assure. Dommage cependant que la deuxième moitié de l’album peine à s’emboîter avec l’autre moitié, la continuité étant donc incertaine.

 

Kartikeya : Durga Puja

Ξ octobre 13th, 2011 | → 21 commentaires | ∇ Death Metal, Oriental Metal |

Kartikeya : Durga PujaL’avènement du dieu Kartikeya est terminé, six mois sont passés depuis son arrivée et le voilà reparti. Mais voici l’automne et il est temps de célébrer un culte en l’honneur de la déesse Durga, l’énergie de l’Absolu impersonnel. Il s’agit du plus important festival du calendrier hindou, le Durga Puja, effectué le temps de cinq jours pendant le mois de Kartik, qui est, le mois d’octobre. Le sextet s’est donc préparé à célébrer cet événement particulier, des cadeaux sont à l’honneur pour la déesse à l’intérieur de cet EP varié où se mélange les types de titres.

Après nous avoir évoqué les quatre âges du monde sur le dernier « Mahayuga », les russes retombent de nouveau dans la mythologie hindoue et proposent six titres, six offrandes destinées à nous montrer les domaines dans lesquels ils excellent. Cet EP est donc une sorte de mesclun, où l’on retrouve titre inédit, versions réactualisées et acoustiques, prestation live, et reprises.

L’ensemble de ces six morceaux s’apparente à ce qu’on avait entendu sur leur précédente sortie et confirme l’évolution musicale effectuée. On est désormais loin du côté rêche et sec d’un « The Battle Begins » mais bien dans la continuité d’un death metal, parfois brutal, rempli de sonorités orientales, tribales, et de parties symphoniques de temps en temps. « Durga Puja » ne fait donc pas exception à la règle et offre ce panel d’éléments. Le titre éponyme aurait même pu figurer sur le précédent opus tant il reste dans le même esprit, gardant ces connotations exotiques et ethniques, notamment au niveau des percussions, des claviers, et de l’utilisation des instruments traditionnels. Mélangés à des chants guerriers sur quelques passages, ceci peut rappeler un « Wrath of the Baal » de The Monolith Deathcult ou même un « Roots Bloody Roots » de Sepultura.

Afin de nous montrer ce nouveau chemin emprunté par les six membres, ces derniers nous proposent de nouvelles versions de deux titres retrouvés dans « The Battle Begins », à savoir un « Enter My Dome », devenu plus dense, plus compact, plus écrasé par les claviers et laissant moins ressortir l’aspect purement agressif des guitares et du growl, même si des riffs bien death metal claquent pour le moins comme il faut. Quant à « Nemesis », il est devenu totalement acoustique, une balade à la guitare, des instruments traditionnels en accompagnement, un violon hindou en mélodie principale, et le tour est joué.

La suite de l’EP, des offrandes n’oublions pas, a tendance à montrer le côté peu innovant de Kartikeya. Déjà, on avait eu droit à des reprises de Soulfly et de Shakira, maintenant nous voilà avec du Melechesh et du Sepultura. La cover des israéliens par exemple reste assez fidèle, avec cet esprit plus death que black malgré quelques relents black par moment, surtout au niveau de la voix. Kartikeya étouffe le tout avec un son plus compressé et moins direct, si bien que l’ensemble du morceau est dynamique mais pas aussi catchy que l’originale.

Est-ce que le tout plaira à la déesse Durga ? Elle retrouvera sans aucun doute ce côté authentique et chaleureux propre à l’apport d’instruments ethniques. Par contre, elle risque d’être déçue par un assemblage d’éléments différents, étouffant les titres et les rendant trop denses. Ils respirent peu et même s’il on peut saluer l’approche effectuée de ce côté par Kartikeya, cela ne reste pas aussi imposant et riche que « Mahayuga ». Un EP varié mais dispensable, bien qu’intéressant pour un éventuel coup d’oreille.

 

Trail Of The Blood Stained God : Rape of the Proserpine

Ξ octobre 12th, 2011 | → 1 Comments | ∇ Melodic Blackened Death Metal |

Trail Of The Blood Stained God : Rape of the ProserpineFondé par Anibal Marquez en 2009 à Hobbs, aux Etats Unis, Trail of the Blood Stained God est un nouveau groupe officiant dans une sorte de black death mélodique aux nombreuses influences. Pris au cœur d’une scène qui semble se saturer tant en Europe qu’aux States, le quatuor essaie tout de même de s’embarquer dans l’aventure, et ce, après de nombreux petits concerts et de nombreuses représentations live plus imposantes aux côtés de Pathology ou d’Abigail Williams, une de leurs idoles.

Au tout début, le groupe se faisait appeler The Rape of Proserpine mais au fil du temps, ce nom ne correspondait plus avec ce que composaient les différents musiciens de la bande. Trail of the Blood Stained God représentait mieux leur univers musical, quelque chose de malsain, de sombre et de sanglant. Ils prirent donc leur ancien nom afin de poser un titre à cet EP, sorti au courant du mois de mai.

TOTBSG décide donc de composer cinq morceaux avant de sortir ce qui sera leur premier full length. Ces titres représentent quelque chose de personnel, généralement influencé par de grosses figures du death mélodique (In Flames, Amon Amarth, Kalmah) ou de black (Belphegor, Immortal, Abigail Williams). Cela s’entend en fonction des chansons, qui, bien que différentes, reflètent certaines inspirations mais aussi certaines tendances. Si un titre paraît plus axé death mélodique avec un peu de black, un autre nous montrera du black mélodique avec un peu de death. Et encore, parfois cela peut littéralement changer au cœur même d’un morceau tel que « Come December » et l’auditeur se perd peu à peu, le temps de cinq minutes.

Hormis cela, TOTBSG nous gratifie de riffs percutants et maîtrisés, et de vocaux déchirés. Malgré le côté mélodique, le tout reste violent et relativement méchant, sans occulter un aspect sombre et quelque peu mélancolique comme sur un « Of Ophidian Blood » à cœur ouvert. Mais si le côté sombre peut être effectué par un panel de riffs soignés et travaillés, il peut l’être aussi grâce à un clavier, s’incorporant de temps en temps aux compositions du groupe. « 1710 – Tail of the Blood Stained God » ou « Brink of Insanity » et leurs aspects symphoniques et terrifiants, peuvent rappeler certaines pistes d’Abigail Williams. Il se dégage même parfois un certain côté mystique, comme si l’auditeur était dans une église ensanglantée : choeurs, violons, piano et même orage.

En ce qui concerne l’aspect relativement black et agressif, le titre éponyme arrive bien à nous offrir des riffs denses et noirs avec une voix très hargneuse. L’ensemble se rapproche beaucoup plus de Belphegor par moment et on se retrouve embarqué tant dans un mix d’éléments tranchants que d’éléments mélodiques voire heavy/death.

Trail of the Blood Stained God a toutefois bien des choses à prouver, tant dans la recherche de son identité, que dans la modulation de la voix et dans la progression des morceaux. Il est encore difficile de se fixer avec un seul EP, car il y a bien évidemment de bonnes choses, un bon feeling et des émotions. Le temps nous le dira sans doute.

 

Frost Hammer : The Cold Wind of Eternity

Ξ octobre 12th, 2011 | → 1 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Frost Hammer : The Cold Wind of EternitySi l’écoute d’un split Cd tel que « Old Times Glance Upon Us » pouvait nous refroidir tant par le côté raw, mal produit et sauvage, une démo telle que « The Cold Wind of Eternity » peut en étonner plus d’un. Frost Hammer n’aura pas chômé en 2011, passant littéralement du coq à l’âne. Cet enregistrement voit la venue d’un membre supplémentaire et d’un clavier dans l’ensemble des compositions. Fini donc le son crade et cadavérique, les canadiens, toujours signé chez Salute Records, améliore leur jeu et nous montre une autre facette de leur travail.

Cette fois-ci, il s’agit d’un black symphonique que nous découvrons à travers ce « The Cold Wind of Eternity ». Mais attention, ne vous attendez pas à quelque chose de grandiloquent ou à un melting pot de ce que nous connaissons déjà. Rien de semblable aux scènes norvégiennes ou américaines ne se dégage de ces six morceaux. Frost Hammer nous offre quelque chose de très personnel et de très particulier. Maintenant leurs ambiances froides et très natures, le quatuor rajoute une facette plus impériale et plus mystérieuse grâce aux claviers, même si l’ensemble reste tout aussi raw et morbide.

Malgré tout, on change littéralement d’empreinte vocale, le chant étant plus modulé, plus varié, allant du cri black au growl en passant par une voix claire (« Shining Light » entre autre). Ce type de voix peut totalement monopoliser un titre et le rendre plus humain, tandis que la guitare et la batterie nous assènent de parties tranchantes et que le clavier, énormément mis en valeur, nous gratifient d’orchestrations de qualité.

Et c’est ce qui est étonnant dans cet album : non seulement la présence des claviers aux accents symphoniques, mais surtout leur très bonne production, ce qui détonne littéralement avec le son des guitares. Ces dernières sont presque inexistantes tant elles sont rangées au second plan et mal produites, offrant un terrible contraste, comme si rien tout avait été mixé d’une différente manière.

Finalement, on reste pris par la force de ces orchestrations. Bien que peu techniques, elles nous embarquent dans un monde atypique, avec ces chants étranges et ces guitares mélodiques. Rien n’est trop pompeux, tout paraît simple au final, mais un certain aspect progressif nous prouve le contraire. Les titres, longs et riches, ne se ressemblent pas. Leur structures semblent s’alambiquer avec le temps, surtout arrivé à la fin de la démo, lorsqu’un « Where the Northern Wind Doth Blow… » atteint les dix minutes : parties calmes, parties agressives, parties atmosphériques et parties symphoniques composent ce morceau à la progression impeccable. Le rythme n’est pas des plus rapides mais il nous permet de rester concentré du début à la fin et de nous imprégner de cette ambiance sombre et froide, digne de celle d’une forêt dense et humide en plein hiver.

Cette fois-ci, Frost Hammer tire son épingle du jeu avec une musique à double tranchant, entre parties black metal crades et parties symphoniques de qualité. Ce « The Cold Wind of Eternity » pourra sans aucun doute attirer plusieurs types d’auditeurs, tant dans le côté simpliste et raw (guitares, batterie) que dans le côté recherché et soigné (voix, claviers).

 

Smargroth : Empyreal Cycle

Ξ octobre 11th, 2011 | → 9 commentaires | ∇ Black Metal |

Smargroth : Empyreal CycleOn peut tout faire avec l’heroic fantasy. La littérature et le cinéma offrent tant d’inspiration dans ce domaine qu’il est impossible d’être à court d’idées. Il est toujours possible de créer des personnages aussi bizarres les uns que les autres, mettre à jour de nouvelles créatures, inventer de nouveaux territoires, de nouvelles épopées et de nouvelles citadelles. Dans le monde du metal, ce genre littéraire a été de nombreuses fois mis en musique, dans le power metal par exemple avec Hammerfall ou dans le black metal avec Lemuria, entre autres.

Récemment, ce sont les français de Lord Shades qui nous ont concocté un univers particulier d’inspiration tolkiennienne, ou Adrana avec leur princesse. Ce mois-ci, c’est une petite formation de Slovénie nommée Smargroth qui désire nous faire découvrir son nouvel album inspiré par l’heroic fantasy, « Empyreal Cycle ».

Fondé en 2006 par Smargroth, lui-même, guitariste expérimenté, le groupe sortit un EP « The Arrival of Necrotronian » en 2009 avant de faire de nombreux concerts et de partager quelques scènes avec Nargaroth ou Negura Bunget en 2010. 2011 est donc une grande année pour le projet de Smargroth qui commence à prendre confiance en lui, et voici donc la naissance d’un « Empyreal Cycle » conceptuel. Officiant dans un black metal dynamique et mélodique, le combo se rapproche de formations telles que Nagflar ou Keep of Kalessin, avec un certain côté épique, dû à cette fameuse inspiration heroic fantasy.

On peut penser que le terme « empyreal » vient de « empyrean » (« empyreus » en latin médiéval) parlant du firmament, et que « cycle » évoque une période. L’album évoque donc un moment bien précis dans l’univers de Smargroth, là où mages et guerriers se battent contre trolls et géants, comme le montre bien cette pochette sombre et atypique.

Au cours de ces neuf morceaux, Smargroth arrive tout de même à nous plonger dans son monde fantaisiste, au moyen de riffs black mélodiques et guerriers, de rythmes dynamiques et prenants, sans non plus être rapides, et d’un chant peut-être commun mais accrocheur. Dès « Celestial Epitome » nous reconnaissons cette patte épique et guerrière posant le décor. Pris dans une sorte d’invocation, l’auditeur subit ce déluge d’éléments agressifs mais mélodieux, avec une assurance continue au niveau du jeu de batterie. « Lamenting the Fallen », lui, montre une facette peut-être plus magique et variée, tant dans l’enchaînement des parties que dans l’apparition de la harpe et du chant féminin mystique.

Si « Emerging Misery » nous propose une approche plus black metal, avec ces riffs caractéristiques et ces blasts implacables, « Illusion of Hope » met en valeur une basse qu’on avait trouvé un peu discrète, laissant place à un côté pagan. Le duo de guitare est impeccable, offrant une mélodie plutôt mélancolique, jusqu’à une partie ambiente, nature, mystérieuse et acoustique.

Mais si « Awe » nous gratifie d’une bonne montée en puissance, avec un mouvement de crescendo au niveau du rythme, « Last Illumination » nous montre un ensemble magique et féérique avant d’être propulsé sur un champ de bataille avec ces tambours de guerre, ces nappes de claviers et ce chant soprano.

Dommage seulement que l’opus ait tant de ressemblance dans les rythmiques, nous offrant peu de variation de tempo et de diversités au niveau des riffs et de la modulation du chant. On aurait peut-être apprécié l’apport d’instruments traditionnels afin de relever les atmosphères, sombres qui plus est. Toutefois, l’album est très agréable à écouter, malgré des influences certaines et il a le don de nous mettre de bonne humeur après son écoute. A découvrir pour tous les amateurs du genre.

 

Immanifest : Qliphotic

Ξ octobre 10th, 2011 | → 4 commentaires | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Immanifest : QliphoticLes Etats Unis seraient-ils le pays du black death symphonique ? Depuis quelques années, il est clair que bon nombre de groupes nous viennent de grand état, à l’instar d’Abigail Williams, Sothis, ou encore Inquinok. Si la Norvège recueille un panel complet de formations complètes, talentueuses et mythiques de black symphonique telles que Emperor, Arcturus, Limbonic Art ou Dimmu Borgir, le « sympho extrême » à grande tendance death metal semble se situer du côté des states.

Immanifest sort lui des terres de l’oncle Sam. Formé en 2008 par six membres ambitieux, le combo, en un rien de temps, semble avoir compris qu’elle était la recette du succès : maîtrise, efficacité et émotion. Leur premier EP sort en 2010, à savoir « Qliphotic », et dès les premières écoutes, il est clair que les américains ont déjà plus d’une corde à leur arc. Premièrement, ils ont l’expérience, la majeure partie des membres ayant des groupes annexes (Royal Anguish, Yeti). Deuxièmement, la provenance géographique (Tampa, Floride) leur octroie l’influence des grands du death metal, à savoir Death ou Morbid Angel. Et troisièmement, les six musiciens ont pu rentrer aux Morrisound Studios (Morbid Angel, Death, Cynic, Obituary…) afin d’enregistrer leur EP. Il est clair que ce n’est pas rien et Immanifest a su tirer avantage de ces particularités.

Prenant son nom de la terre pure et sans forme par laquelle apparaît la création et la manifestation, les américains nous font une pure fusion d’éléments orchestraux, de guitares lourdes et denses et de vocaux typiquement death metal afin de nous concocter trois titres intenses et puissants, dignes des plus grandes formations. Même si sur certains passages des éléments proches de Dimmu Borgir font leur apparition, Immanifest arrive à tirer son épingle du jeu en nous proposant quelque chose de grandiloquent, sans non plus être de trop. La musique est alors soignée et subtile, à tel point que ces trois titres semblent directement sorti d’une BO. Mieux encore, la qualité de compositions est telle que la mélodie principale et les ambiances arrivent à emporter l’auditeur dans un tourbillon de violence mais aussi d’émotions.

Carré et précis, l’univers d’Immanifest arrive à prendre aux tripes, le growl étant profond et les riffs maîtrisés sans être d’une technique ou d’une innovation incroyables. « Thaumiel », par exemple, propose un panel complet d’éléments, bien que la base soit irrémédiablement black/death et symphonique. Des sonorités électroniques en interlude font leur apparition, sans non plus atteindre le pompeux, au contraire, l’atmosphère est d’autant plus sombre et mystérieuse, à l’instar de cette pochette où se dresse un ange des ténèbres, représentant le mal ou l’impure dans les mythes juifs (Qliphotic).

Si un « Among the Dead » montre une facette relativement symphonique et noire, bercée par un growl impeccable et une frappe monstrueuse, « Revelation in Darkness », titre introducteur, pose très bien le décor, avec ces violons impériaux, ces choeurs presque post-apocalyptiques, et ces guitares bien dans l’esprit black metal. Bien que peu d’originalité réside dans ce titre-ci, les riffs étant, il faut le dire, basiques, la force se retrouve bel et bien dans la cohésion et l’agencement des instruments. Petit hic cependant : Immanifest semble quelque peu copier ce qui fut la méthode Dimmu Borgir, à savoir l’alternance de vocaux black/clair, donc, le duo Shagrath/Vortex, sur un passage plus posé et planant, comme à partir de 03:18, où certaines notes évoquent parfaitement celles de « Allehelgens Død I Helveds Rike » (Death Cult Armaggedon) à 02:22, mais en plus lent.

« Qliphotic » est donc un premier EP de très bonne facture, court mais intense, et se révèle être un bon compromis pour ceux ayant apprécié Dimmu Borgir, les parties death – riffs et growl y compris, en plus.

 

Hatred (ITA-2) : The Bleeding Architecture

Ξ octobre 9th, 2011 | → 0 Comments | ∇ Death Metal |

Hatred (ITA-2) : The Bleeding ArchitectureLes groupes ont beau se multiplier encore et encore, peu d’entre eux arrivent à sortir des sentiers battus et à se dresser au-dessus de cette myriade de copies de plus en plus conformes. Dans le domaine du death metal, cela est de plus en plus prouvé, les jeunes formations essayant de ressembler à leurs idoles et aux maîtres, à savoir Morbid Angel, Death, Immolation ou Behemoth.

Depuis peu, il y a un groupe qui semble attirer l’attention de l’Italie. Hatred. Rien qu’à l’entente de ce nom, il est normal que des doutes s’installent en nous quant à l’originalité de cette petite formation italienne. S’il existe des dizaines et des dizaines d’Hatred dans le monde entier, le quintet, lui, s’évertue tout de même à intégrer une petite once de nouveautés dans ses compositions. Un pari légèrement réussi surtout quand on compte les nombreuses influences qu’une écoute totale de cet opus « The Bleeding Architecture » peut nous dévoiler.

Si l’ombre d’Immolation plane largement sur l’ensemble de ses dix morceaux, un côté brutal death à la Fleshgod Apocalypse n’est pas non plus à ignorer, surtout à l’entente des enchaînements de riffs techniques, rapides et écrasants. Mieux encore, Hatred, à l’instar d’un « Agony » intègre dans ses premières et dernières pistes des parties symphoniques presque impériales, apportant un léger côté black/death, surtout pour l’éponyme “The Bleeding Architecture“, long tout de même de plus de huit minutes.

Malgré le côté conceptuel de l’album, basée sur une architecture représentant l’épicentre de l’abomination humaine, Hatred ne fait rien d’original et peine à maintenir l’auditeur en haleine. Bien que « A Dawn Beyond » et son riff d’entrée nous percute de plein fouet, bien qu’un certain dynamisme se fasse sentir, bien que le martèlement de Riccardo Valenti soit travaillé et bien maîtrisé, le reste ne transcende pas et le growl de Stefano Borciani est encore quelque peu approximatif. Toutefois, un morceau tel que « Cold Breath of Air » reste très agréable à écouter tant dans le riffing que dans l’atmosphère générale.

Il y a encore du chemin pour Hatred qui devra se défaire de ses influences et prendre davantage de risques. En tout cas, l’opus jouit d’une bonne production et l’artwork a été fait par les soins de Marco Haussman (Fleshgod Apocalypse, Faust, Dawn of Demise).

 

Legacy Of Emptiness : Legacy of Emptiness

Ξ octobre 6th, 2011 | → 2 commentaires | ∇ Symphonic Black Metal |

Legacy Of Emptiness : Legacy of EmptinessAu début des années 2000, le groupe Ancestral Legacy enregistra deux démos plutôt bien vues dans le monde du black symphonique. Mais peu de temps après la sortie de « Emptiness », deux membres du line up quittèrent le groupe, dû non seulement à des problèmes personnels mais aussi à l’inévitable changement de style du groupe.

Près de huit ans plus tard, les trois membres originels rassemblent leur force et forment Legacy of Emptiness. Bien que cela puisse prêter à confusion, il s’agit bien d’un autre groupe, et non du nouveau nom de Ancestral Legacy. Toutefois, on retrouve le multi instrumentiste Eddie Risdal, aussi membre de V:28.

Le trio reprend donc là où il s’était arrêté huit ans auparavant. Officiant toujours dans une sorte de black symphonique, il a arrangé la qualité des compositions, écrit de nouvelles chansons, et s’est octroyé une production imposante, grâce à Dan Swanö et son studio Unisound (Dissection, Katatonia, Edge Of Sanity).

2011 signe donc le retour en force de trois membres désirant nous en montrer plein la vue. Vivant dans le berceau du black symphonique, Legacy of Emptiness, malgré un album éponyme personnel, ne peut s’empêcher de puiser dans les offrandes des piliers du genre, à savoir Emperor, Arcturus ou encore Dimmu Borgir. Le titre introducteur par exemple, « Possessed », rappelle un « Mourning Palace » tant dans la mélodie aux claviers que dans le côté atmosphérique, malgré cet aspect incisif et implacable. Idem pour « Ringer of Death» et sa puissance instrumentale. « Cross the Sea » et son côté déjanté peu rappeler les expérimentations de l’empereur.

A l’image de cette pochette grisâtre, morne, sombre, désolée et plaintive, l’opus ici présenté est un savant condensé d’atmosphères relevées avec délicatesse mais aussi de brutalité, grâce à des guitares aux riffs très tranchants, à une voix black charismatique, et bien sûr des claviers totalement omniprésents et aux multiples sonorités. Vecteurs d’une ambiance redoutable et poignante, les facettes changent en fonction des morceaux. Ainsi, ils font alterner allègrement ambiances Black, Gothic, épiques mais aussi guerrières (« Departure »), et parfois inquiétantes, à la manière de Winterburst, sans toutefois prendre la vedette et occulter les guitares, si particulières et bien maîtrisées. Les riffs brutaux mais mélodiques, plaintifs et dévastateurs, parradés d’une voix au timbre commun font de cet ensemble un cocktail explosif au dynamisme contagieux et aux émotions fortes.

Les morceaux sont longs et parfois même très progressifs, à l’instar d’un « Valley of the Unrest » particulièrement varié où se mélangent atmosphères et sonorités industrielles. A contrario, « Whispering Voices » possède un étrange groove au piano, tandis que « Onward ! » nous propose de superbes soli d’orgues, de violons et de guitares, le résultat est inéluctablement percutant et captivant, jusqu’à l’interlude calme au violon, à la mélodie douce et solennelle, et à la fin poignante et puissante.

Cependant, Legacy of Emptiness souffre de ses influences malgré une volonté certaine d’officier dans une musique personnelle. Mais le black symphonique a tant été exploré de long, en large et en travers, qu’il est de nos jours devenu difficile de proposer quelque chose de nouveau et d’innovateur, surtout quand on vit en Norvège. Malgré tout, le trio s’en sort plutôt bien et nous offre un opus diversifié, prog, et attirant, du début à la fin.

 

Flawed Element : Breaking the Silence

Ξ octobre 5th, 2011 | → 4 commentaires | ∇ Alternative, Industrial Metal |

Flawed Element : Breaking the SilenceSi dans certains pays le metal industriel est roi, il ne l’est pas forcément ailleurs, et encore moins à Singapour, petit pays semblant de plus en plus prendre de l’assurance pour nous présenter toute une vague de nouveaux groupes plus ou moins talentueux. Flawed Element fait partie de ces jeunes formations essayant de mettre en valeur une musique devenue commune avec le temps, tout en y ajoutant une certaine patte personnelle et sans tomber dans une quelconque forme d’obsolescence.

S’inspirant de groupes américains très connus tels que Linkin Park ou Breaking Benjamin, les singapouriens se sont arrangés pour faire un mélange plutôt habile de metal industriel et de metal alternatif, tout en incorporant des éléments digne du metal moderne que l’on entend assez souvent. Ajoutez à cela une très bonne production et un professionnalisme sans équivoque, octroyant à ce « Breaking the Silence » un son résolument moderne et puissant.

Il était donc temps pour eux de briser le silence après trois années de formation et quelques petits concerts. Cet opus est un concept album où l’auditeur suit un certain personnage, de son réveil après un long sommeil à la découverte d’un monde au bord de l’extinction jusqu’à sa mission qui est de le rétablir. Ce concept peut rappeler à certains celui de la trilogie Matrix, et la pochette bleue ressemble étrangement à ce fond vert où se superposent des chiffres et des lettres, telle une ligne de code.

Dès le premier morceau, tout devient alors clair, et on voit immédiatement à quoi nous avons à faire. Intro industrielle mécanique, puis couplet très accessible et posé, pour un refrain facile à retenir aux riffs simples mais tranchants où se mêlent des sons électroniques et une voix hargneuse mais passe partout.

Flawed Element semble avoir emprunté le chemin de la facilité, tout d’abord par le mélange des styles mais aussi par les mélodies parfaitement minimalistes. Toutefois, on se surprend à mémoriser certains passages, comme ceux de « Scars », le hit par excellence de cet album. Efficace, rentre dedans, il démontre une véritable puissance des claviers et une modulation du chant forte intéressante, passant d’une voix claire à une voix criarde bien hargneuse.

Hormis cela, l’auditeur passe d’un morceau à l’autre sans trop difficulté, dans la mesure où chacun est une suite logique, histoire de suivre le concept sus-cité. « Desolation », par exemple, montre un côté plus écorché et mélancolique, notamment grâce à l’apparition du piano. Mais en général, les sonorités industrielles ne sont pas de trop, elles ne sont pas non plus omniprésentes mais servent à poser le concept et à renforcer quelques ambiances tout au plus. Rien de très grandiloquent de ce côté ci donc (« Worms on Concrete »).

En clair, Flawed Element fait dans la simplicité pour mieux mettre en relief une certaine efficacité, mais ne se démarque pas pour autant, même si l’assemblage proposé reste intéressant et maîtrisé. Ce n’est qu’après tout un premier jet, de qualité qui plus est, on attend donc la suite pour voir de quoi sont capables ces singapouriens.

 

Myrath : Tales of the Sands

Ξ octobre 5th, 2011 | → 5 commentaires | ∇ Oriental Metal |

Myrath : Tales of the SandsIl est un trio dans le monde du metal oriental qui ne cesse d’être de plus en plus fort et de grandir, tant par sa popularité que par sa maturité. Prêt à entamer une grande tournée européenne, les trois groupes en question se sont arrangés pour sortir une offrande particulière. Les français d’Arkan enregistrent « Salam » en avril, les israéliens et pionniers Orphaned Land sortent leur DVD « The Road to ORshalem » en octobre, et fin septembre, les tunisiens de Myrath nous offrent « Tales of the Sand ».

Myrath est la grande star de la Tunisie depuis sa formation en 2001, officiant dans un metal progressif très fortement influencé par ses origines culturelles. « Tales of the Sand » est leur troisième album, sorti un an et demi après un « Desert Call » déjà riche et chaleureux. Explorant de nouvelles facettes, les tunisiens arrivent à faire de leur metal, un metal magnifié par une intégration culturelle authentique, et cela s’entend tout le long de ces dix titres.

Grâce à une nette amélioration au niveau promotionnel, le groupe délivre enfin son talent avec virtuosité, consolidant sa musique et la rendant encore plus personnelle et charnelle, tout en véhiculant une énergie positive et orientale exceptionnelle. « Tales of the Sand » est non seulement produit par Kevin Codfert (Adagio), mais il se révèle aussi mixé par Fredrik Nordstom (Dimmu Borgir, In Flames). La qualité du son est donc indéniable et pour cause, chaque instrument et chaque son se démarquent, ainsi que la voix puissante et maîtrisée d’un Zaher Zorgatti plus en forme que jamais.

Même si cet album reste dans la continuité de « Desert Call », il n’en demeure pas moins une suite logique, plus mature et plus travaillée. Les morceaux sont moins longs mais restent tout de même en mouvement permanent, afin de transporter l’auditeur dans une douce chaleur orientale. Il voyage aussi bien dans des déserts que dans des souks ou dans des villages typiques, et ce grâce à un ensemble d’instruments orientaux et de riffs arabisants. « Under Siege » par exemple, pose parfaitement le décor dès l’introduction, avant de nous faire part de chants féminins orientaux et de violons typiques. « Braving the Seas » enchaîne aussitôt avec des percussions et toujours ces ambiances lumineuses et immersives.

Myrath n’oublie pas les bonnes habitudes et continuent de nous offrir des riffs efficaces, des mélodies entêtantes, mais aussi des soli techniques comme sur « Dawn Within » ou « Wide Shut ». Sur ce titre, aussi, on retrouve une des caractéristiques de Myrath, à savoir les duos d’instruments : on retrouve alors le couplage presque parfait des guitares et des violons, et ce, avec un rythme dansant. Autres exemples, « Requiem for a Goodbye » et « Beyond the Stars », où les guitares se mêlent aux claviers, rappelant les américains de Dream Theater. Cette influence plane encore sur l’ensemble des chansons de Myrath, sans toutefois devenir une évidence, les tunisiens réussissant de plus en plus à s’extraire de leurs inspirations.

Utilisant des thématiques liées aux mythes mais aussi à des événements récents, tel que la révolution tunisienne, les maghrébins mettent encore plus leur origines en valeur avec l’éponyme « Tales of the Sand » oriental à 100%, les percussions se mêlant à des violons et à un chant en arabe.

Myrath confirme donc son talent, devenant définitivement une figure importante dans un domaine musical de plus en plus en expansion, mélangeant la chaleur et l’exotisme de l’orient avec un metal prog travaillé, et ce, pour un résultat soigné et original. Aux côtés d’Arkan et Orphaned Land, ce trio forme le triangle imposant du metal oriental à découvrir ou re-découvrir.

 

Valley Lord : Prisoner of the Black Sea

Ξ octobre 4th, 2011 | → 1 Comments | ∇ Ambient |

Valley Lord : Prisoner of the Black SeaLa Géorgie nous avait fait découvrir Im Nebel en matière de black symphonique, mais il existe aussi Valley Lord, un petit one man band officiant dans de l’ambient pur et dur, mettant en musique les mythes et légendes liées à la Mer Noire, bordant la Géorgie mais aussi la Turquie.

Le groupe se dit jouer du black ambient mais il n’en est rien. Au contraire, cette unique entité n’introduit aucun élément metal dans ses compositions, ce « Prisoner of the Black Sea » n’étant qu’une invitation au voyage purement instrumentale et ambiente.

Datant de 2006, cette œuvre semble être l’unique pièce apportée par un Valley Lord discret et timide. Ce projet n’est aucun cas fait pour vous faire trembler de peur ou pour vous offrir une brutalité pure et sans merci. Malgré ses quelques trente deux minutes, la musique du géorgien, uniquement composée aux claviers, est le moyen ultime pour vous dépayser et vous faire écouter autre chose que des riffs acérés ou des chants écorchés. Même si les moyens financiers ne sont pas exceptionnels (expliquant le pourquoi du comment de la méconnaissance de ce projet), Vaso Doiashvili (oui c’est bien son nom) nous propose une panoplie d’ambiances aussi belles que mystiques.

Parfois marine (« Prisoner of the Black Sea »), parfois orientale voire égyptienne (« Tabakoni Mountain »), ou parfois classique (« Daughter of Mindortbatoni »), et même folk, le tout aurait pu faire office de bandes son tant les sonorités sont diversifiées. On se retrouve donc avec des orgues, des cloches, des violons, des percussions, des flutes, ou des choeurs, la liste n’est pas exhaustive. Et même si les instruments sont totalement synthétiques, ils n’en restent pas moins réalistes, par conséquent, passer d’une ambiance à une autre se fait avec plaisir. Comme si on passait de la BO du Seigneur des Anneaux à celle de Stargate.

Toutefois, les morceaux tendent à se ressembler sur certaines parties et les variations ne sont pas bien nombreuses, le clavier étant le même. Et même si certaines paroles, aussi étranges soient-elles, viennent se greffer à cet ensemble instrumental appréciable, cela ne parvient tout de même pas à apporter ne serait-ce qu’une once de féérie ou de magie. Car ce sont des atmosphères qu’on a déjà entendu au moins une fois, et la surprise disparaît au bout de plusieurs minutes.

Les grands amateurs d’ambient pourront se régaler avec ce « Prisoner of the Black Sea », présenté dans un étrange boitier dvd. Et si vous aimez voyager en orient pour vous dépayser, ces huit morceaux sont fait pour vous.

 

Khepri : Bellymetal

Ξ octobre 2nd, 2011 | → 1 Comments | ∇ Oriental Metal |

Khepri : BellymetalIl n’est pas nécessaire d’être au Moyen-Orient pour jouer du metal aux consonances arabisantes. On connaît déjà Nile en matière de death brutal où encore Aeternam au Canada, mais il y a aussi Khepri au Royaume-Uni. Tirant son nom d’une entité égyptienne associée au soleil et au symbole de la renaissance, ce one man band s’inspire des cultures moyen-orientales et forcément, égyptiennes, afin de nous offrir un metal/rock progressif très exotique.

Avant de sortir ce « Bellymetal », le jeune homme avait sorti deux opus en deux ans, et il lui a fallu trois ans pour accoucher de son nouvel opus. Un opus différent, cette fois-ci, car entièrement instrumental, excepté le bonustrack de fin, où l’on retrouve la suave voix de Khepri.

En tout cas, c’est sûr, ce dernier n’a pas chômé et nous ouvre les portes de la chaleur et du voyage. « Bellymetal », c’est une fabuleuse démonstration de force concernant le maniement des instruments traditionnels orientaux tels le sitar ou les percussions, mais aussi la guitare. Malgré tout, une part de metal est bien présente au sein de ces dix sept compositions.

L’album peut sans doute faire partie des sorties les plus intéressantes de 2010 tant l’approche est originale et immersive, par contre, le manque de voix et donc ce côté instrumental, peut forcément en troubler plus d’un. Tous les titres sont en adéquation avec des mythes égyptiens, si bien que tout s’apparente à des mélodies arabisantes, aussi bien aux claviers qu’à la guitare. Malheureusement, le côté longuet des titres, leurs progressions désarticulées et leur ressemblance font de cet opus un disque difficile à appréhender. Car même si les mélodies sont enivrantes, douces et chaleureuses, elles n’en restent pas moins identiques un titre sur l’autre, et l’auditeur tend à se perdre au sein de cette dizaine de morceaux aussi beaux qu’en manque de cohésion.

Les interludes et parties orchestrales sont véritablement bien amenés et inspirés, on retrouve cette sensation de voyage et de dépaysement à l’écoute de ses sitar, percussions, violons ou flûte exotiques, emmenés par une guitare en lead bien maîtrisée. Toutefois, les rythmes restent souvent identiques, et rien n’est fait pour qu’on se souvienne d’un morceau en particulier. Pas de « tube » si on peut dire, pas de morceaux phare, juste un ensemble, un tout, sans prétention, fait pour nous embarquer ailleurs que chez nous.

Un passage par la Vallée des Rois (« Valley of the Kings ») peut cependant vous mettre de bonne humeur après l’écoute de cet ensemble instrumental arabisant. La guitare, en tête, ne cesse de jouer des mélodies de l’Orient avec un savoir-faire admirable. Un tour dans les yeux du serpent, le dieu Apophis (« Serpent’s Eye » part 1 and 2) nous offre d’abord une symphonie égyptienne du plus bel effet, et des riffs précis et tranchants ensuite, symbolisant le côté terrible et effrayant de cette divinité.

Même si certaines mélodies sont irrésistibles, même si la façon d’appréhender la musique est originale, le metal/rock prog arabisant de Khepri reste encore approximatif, peut-être trop long et trop instrumental, la faute à un manque de variation de rythme, de diversité et de richesse. Ce « Bellymetal » reste tout de même une œuvre différente de ce qu’on a l’habitude d’entendre, et peut nous faire passer un bon moment.

 

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    • [news] Elvenking : Nouvel album 20 septembre 2017
      Le groupe sortira son nouvel album, intitulé Secrets of the Magick Grimoire, le 10 Novembre via AFM Records. Tracklist: 1. Invoking the Woodland Spirit 2. Draugen’s Maelstrom 3. The One We Shall Follow 4. The Horned... […]
    • [news] Drowning Hope : Date de sortie et extrait du nouvel album 20 septembre 2017
      Via son site officiel, Drowning Hope annonce la sortie de son cinquième  album intitulé "Deep Water" Un premier extrait, "Lighthouse" est disponible   Sortie... […]
    • [news] Dragonhammer : Nouvel album 19 septembre 2017
      Le groupe sortira son nouvel album intitulé Obscurity, le 27 Octobre via My Kingdom Music. Artwork de Rob Marconi Tracklist:1. Darkness Is Coming 2. The Eye of the Storm 3. Brother vs Brother […]
    • [news] Martyr Defiled : C'est fini 19 septembre 2017
      Après 10 ans d'activité, le groupe de deathcore anglais se sépare. Voici leur déclaration en anglais: "After 10 amazing years, we have decided to call an end to Martyr Defiled. This is a decision that has taken a lot of soul-searching and heartfelt conversations... […]
    • [news] Përl : Përl dévoile un teaser video de "Luminance" 19 septembre 2017
      Përl, le trio parisien de Post-Metal Atmosphérique, viens de dévoiler une vidéo présentant des extraits des morceaux issus de leur prochain mini-album. Përl sortira "Luminance" fin novembre 2017 en autoproduction qui contiendra cinq titres pour une durée... […]