Golden Dawn : Return to Provenance

Ξ décembre 28th, 2011 | → 1 Comments | ∇ Melodic Black Metal |

Golden Dawn : Return to ProvenanceGolden Dawn se sera fait connaître quatre ans après sa formation en 1992 avec la sortie du premier album « The Art of Dreaming », une œuvre s’inscrivant dans le patrimoine du black metal. L’approche musicale se tournait vers la deuxième vague de ce style, tout en prenant des éléments symphoniques, épiques et médiévaux pour un résultat assez novateur et ambitieux. Si l’opus récolta de très bons avis le rendant quelque peu culte pour certains, le one-man band guidé par Stefan Traunmüller pris de l’assurance afin d’enrichir ses prochaines œuvres.

En 1998, le démantèlement de son label de l’époque, Dark Matter Records, l’empêcha de finaliser une autre pièce qui aurait du s’appeler « Sublimity », ce qui le coupa dans son élan. Une signature se fit ensuite chez Napalm Records afin de ré-éditer le « The Art of Dreaming » et de sortir en 2003 « Masquerade », aux côtés de musiciens que Traumüller aura recruté entre temps histoire d’enrichir son black metal d’influences power voire gothiques, sachant que les parties batterie ont été réalisées par Moritz Neuner (Graveworm, Abigor, Dornenreich).

A cause de la direction commerciale du label, un nouvel opus fut rejeté et Traunmüller décida de continuer tout seul. Désireux de s’échapper des mélodies gothiques et des contraintes de l’esprit « commercialiste », il se focalisa sur la mise en place de son propre studio d’enregistrement et aida à produire certains groupes tels que Wallachia et Bifröst. Ce n’est qu’en 2009 que la nouvelle œuvre prit forme, « Return to Provenance ».

Le titre peut intriguer si on le traduit. « Retour au Source ». Devons-nous nous attendre à un retour vers son black metal d’antan, libéré de tout aspect gothique et proche du côté quasi “raw” et médiéval qui avait tant plu ? Pas si sûr…car même si le sieur a trouvé un label à sa hauteur loin d’être contraignant (Non Serviam Records), il n’empêche qu’il existe un paradoxe étrange qui est, l’accessibilité des compositions. Les huit morceaux jouissent d’une production lisse et clean, loin du côté limite “raw” des premières sorties. Ajoutez à cela le côté simpliste des mélodies, parfois déjà entendues, le manque d’originalité et de matière, et vous pourrez vous faire une idée du nouveau Golden Dawn.

Ne vous y méprenez pas, l’album n’est pas mauvais en soit, mais disons qu’il aurait pu être meilleur au vu du passé de ce one man band. Exit les influences Bathory, ici on se retrouve plus avec un mélange de Satyricon, Secrets Of the Moon, Dimmu Borgir (EDT), Ancestral Legacy (« Nightmare Diaries ») et Sear Bliss (les premiers albums) pour un black mélodique plutôt atmosphérique où l’accent est porté sur les guitares et leur modulation. Les ambiances sont tournées vers une certaine mélancolie, sont non plus être gothiques, à l’image de « Return to Provenance », plutôt lent mais très posé, à l’esprit black évident, où les accélérations sont du plus bel effet, avec ce léger côté épique et ce soupçon de chant clair.

Avec « Dyonisian Eucharist », les envolées mélodiques à la guitare et les blast beats sont de la partie, soutenus par le chant hargneux de Traunmüller et un léger côté sombre. Et même si des passages acquiert de l’agressivité au fil de l’album, cette dernière reste tout de même moins relevée, les mélodies l’étouffant quelque peu. Par contre, « Seduction » est empli d’une aura assez accrocheuse, le refrain étant bien mesquin et les claviers pour une fois mis en avant. On est ici plus proche d’un certain type de black symphonique.

Malgré son côté énergique et trop classique, il manque tout de même une pointe de magie et de rêverie au sein de ce « Return to Provenance », prouvant une fois de plus, malgré son titre, que Golden Dawn a tourné la page. Toutefois, cet opus reste meilleur que le dernier « Masquerade », sorti neuf ans plus tôt, bien que certaines influences soient là, et il est normal que l’on puisse être déçus, surtout si on a connu le one man band à son apogée avec « The Art of Dreaming ». A vouloir ne pas en faire de trop, on se retrouve finalement avec un ensemble peut-être trop basique.

 

Through Art : Kamaswami

Ξ décembre 26th, 2011 | → 3 commentaires | ∇ Melodic Death Metal |

Through Art : KamaswamiS’il y a bien un pays qui peine à faire parler de lui en matière de metal, c’est bien la Serbie. Manque de Promotion et de moyen oblige, les groupes ont beaucoup de mal à s’exporter à l’étranger, bien que dans leur terre natale, le problème soit moins important, étant donné qu’un bon panel de formations arrivent malgré tout à avoir une bonne réputation et un lot certain de fans.

De ce fait, on a peut-être déjà entendu d’Amentes en matière de doom mélodique, de Draconic pour le modern metal, ainsi que d’autres petits groupes pour leur heavy metal. Mais dans le domaine du death metal, mélodique qui plus est, il y a bien un petit groupe, Through Art, qui a réussi à trouver une ouverture afin de s’y infiltrer. Le quintette, originaire de Belgrade et découvert en 2006, aura sorti quelques démos avant de s’attaquer à un premier opus « Kamaswami » signé chez les Grecs de Sleaszy Rider Records (Odious, The Elysian Fields).

Through Art a le mérite d’apporter à son death metal mélodique des éléments modernes sans non plus l’en abreuver, si bien que leur musique se veut direct et réactive mais pas niaise ni mielleuse. Dans ce sens, disons que les Serbes se rapprochent plus du death metal tout court lors de certains passages lourds et furieux que du melo death lancinant de Disarmonia Mundi, entre autres. Bien sûr, nous ne sommes pas à l’abri des chants clairs, que Through Art utilise parfois à trop haute dose (« Sharp Edge Embrace », « Neuron ») sans non plus tomber dans les clichés qui sont: refrain = chant clair. Ainsi on se retrouve avec une sorte de progression au sein des morceaux, qui ne suivent pas toujours le fameux schéma couplet/refrain, mais partant plutôt dans une histoire particulière mélangeant donc le growl grave et maîtrisé et le chant clair mélancolique et assez puissant de David Milosevic.

Par dessus le marché, les riffs sont lourds et dynamiques, bien melo death dans l’esprit parfois, mais ils savent se faire plus saccadés par moment, proche de certaines polyrythmies, ou plus heavy. Les soli sont simples mais efficaces, comme dans « The Grind », on n’est pas dans la démonstration, mais il est vrai que l’ensemble, que ce soit les soli ou les rythmiques, manquent de prise de risque. Par contre, il y a l’exception qui confirme la règle avec « Eons to Come », montrant une facette plus diversifiée, avec un growl plus rageur et expressif, des passages plus atmosphériques, et surtout ce riff catchy, entraînant l’auditeur dans l’univers des Serbes.

Dommage que la pochette de Dusko Bjeljac, représentant une multitude d’animaux à la fois, ne soit pas totalement à l’image de la musique de Through Art, qui si elle avait été plus variée, aurait parfaitement collé à cet artwork atypique (lion, serpent, papillon, etc). Mais il n’empêche que le quintette livre un album correct et agréable, malgré encore quelques approximations et un manque de « folie ». Il faut consolider le tout.

 

Manifest (NOR) : Written in Blood

Ξ décembre 25th, 2011 | → 0 Comments | ∇ Death/Thrash |

Manifest (NOR) : Written in BloodTroisième full-length pour les Norvégiens de Manifest qui bien que très actifs, ont encore du mal à être réguliers dans la cadence de sortie des albums. Formé en 1999 par des membres de Atrox et Griffin, il leur aura suffit d’un seul opus, « Half Past Violence » en 2005, pour figurer au Wacken Open Air la même année.

Fort de compositions énergiques et furieuses, mélangeant habilement thrash metal et touches de death metal, Manifest aura quelque peu conquis le cœur d’amateurs désireux de se mettre quelque chose sous la dent. Partageant la scène avec des groupes réputés tels que Malevolent Creation ou Meshuggah, les Scandinaves auront beaucoup appris en plus de dix ans de formation, arrivant à apporter à leurs titres un dynamisme contagieux et un riffing assez maîtrisé.

2011 voit donc l’arrivée de « Written in Blood », produit par Knut Prytz (Keep Of Kalessin, Bloodthorn, Necrophagia), octroyant à cette nouvelle sortie un son digne de ce nom, bien que peut-être trop compressé. Cependant, Manifest, avec leur onze morceaux, adoptent un style moderne dans l’élaboration de leur thrash/death metal, tout en se rapprochant de façon paradoxale et par moments de Slayer ou de Lamb Of God. Le métissage est donc particulier mais loin d’être repoussant, le groove étant là ainsi que l’expérience du quatuor qui ne lésine en rien sur le côté percutant des riffs.

Si l’album s’ouvre avec un « Tonnie Von Adelaine » plus old school dans son approche, « They’ll Have to Carry Me Home » étonne par sa rythmique contagieuse et ses drôles de percussions, tout en nous offrant une belle progression, ainsi que dans « Savage », à la limite du tribal style Sepultura. A contrario, un « Food for Flies » montre plusieurs facettes, dont une certaine patte « djent » et son riff dissonant dans l’introduction, avant d’atteindre un « Pitch Black Inside » plus sombre et atmosphérique et un « A.45 to Pay the Rend » proposant quelques saccades, un chant hargneux tirant sur le growl, et une basse très vive.

Étonnamment, certains titres révéleront un soupçon de mélodies arabisantes dans le riff, proche du travail d’Acrassicauda sur leur EP « Only the Dead See the End of the War », sans non plus être très poussé. Les parties death metal ne sont pas très poussées non plus, car même si quelques passages lourds menés par un growl agressif apparaissent de ci de là, ce sont bien les rythmiques thrash qui dominent, guidées par un groove certain et une énergie dont Manifest semble avoir le secret.

Avec ce « Written in Blood », les Norvégiens arrivent à apporter un ensemble très punchy, mélangeant autant le thrash traditionnel et le thrash moderne. Toutefois, il manque un peu plus de personnalité et de diversité dans le riff, principalement, même s’il faut l’avouer, tout reste plus ou moins accrocheur. A voir selon vos envies.

 

Skyfall : Bestiarium Pool

Ξ décembre 24th, 2011 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Skyfall : Bestiarium PoolCe n’est que douze ans après sa formation en 1999 que Skyfall fait le premier pas pour sortir son tout premier album « Bestiarium Pool », les Russes ayant passé les dernières années à pondre deux démos et à faire quelques concerts dans leur pays. La signature chez Grailight leur aura donné une grande opportunité afin d’être révélé, car le groupe manquait quelque peu de reconnaissance et d’originalité. En effet, à ses débuts, le quatuor officiait dans un black symphonique plutôt proche des standards du genre, ce n’est que quelques années plus tard qu’il décida d’intégrer un panel d’éléments death metal à sa musique : non seulement son attirance pour ce style n’était pas à cacher, mais en plus, il désirait faire quelque chose de plus novateur.

2011 voit donc la naissance du nouveau Skyfall avec cet album huit titres et ce mélange dynamique de black et de death avec quelques relents d’éléments symphoniques. Bien que moins omniprésents que les dernières compositions, les claviers apportent juste une touche obscure et particulière, si bien que ce sont les guitares qui ont le monopole des morceaux, hargneuses, techniques mais tout aussi mélodiques.

Le titre introducteur « Spiral Eugenics Metamorphosis » long de huit minutes montre la facette oppressante de Skyfall, profitant d’une introduction symphonique et électronique de deux minutes pour ensuite nous asséner de riffs maîtrisés, tantôt black, tantôt death, menés par un chant crié alternant lui aussi la technique death et la technique black. Malgré la vive brutalité, les mélodies arrivent à créer un fil conducteur jusqu’à la mise en valeur d’un passage ambiancé.

L’arrivée de « Bestiarium Pool » ne se fera pas sans surprises tant les alternances passages mélodiques/passages brutaux seront de la partie. A contrario « The Coronation » misera principalement sur l’harmonie des riffs, proche de Dimmu Borgir, et sur le côté lourd, oppressant de la scène polonaise (Hermh), dont les effets électroniques en fond rappellent Crionics.

Mais sur un « Carnival of All Nine Days », l’influence norvégienne se fait ressentir. Pas à cause de ce petit côté aliéné et déjanté comme un cirque hanté, mais ce côté heavy/black dans les riffs et le rythme proche de Satyricon, à la manière d’un « King ». Cependant, là où Skyfall avait abandonné les parties symphoniques, les voilà de retour sur l’excellent « The Final Blizzard’s Waltz », dévoilant une rythmique impeccable, des riffs black/death assez traditionnels mais efficaces, et surtout ces claviers charismatiques se mêlant aux guitares avec habileté et insufflant au morceau une atmosphère pesante voire étouffante. De même pour « Endura of Worldly » prouvant le potentiel du quatuor.

Skyfall use ses inspirations à bon escient, ne s’efforçant pas de leur ressembler mais d’apporter quelque chose de plus. On ne peut cependant pas affirmer que les Russes possèdent une patte ou une certaine identité, mais il est bien clair que leur compositions possèdent pas mal de puissance et assez de force pour tenir l’auditeur en haleine, malgré quelques longueurs et une perte de souffle en plein milieu d’album. De toute manière, Skyfall offre quelque chose de racé et suffisamment bien exécuté pour charmer les amateurs de metal extrême.

 

Fallujah : The Harvest Wombs

Ξ décembre 22nd, 2011 | → 1 Comments | ∇ Deathcore |

Fallujah : The Harvest WombsBeaucoup d’eau aura coulé sous les ponts pour Fallujah, formation encore jeune mais pourtant talentueuse. En effet, les Américains, entre un « Leper Colony » très deathcore/black et une démo en 2010 beaucoup plus tournée vers le death metal avait imposé une personnalité et un univers bien à eux, s’éloignant de ce fait des formations déjà existantes et ne tombant relativement pas dans le piège du djent et du deathcore dit moderne.

Malgré des changements de line up importants, le quintette a réussi à tenir bon afin de prouver qu’il avait encore de la ressource. Preuve en est avec la sortie cette année d’un nouvel opus « The Harvest Wombs » masterisé par Logan Bennett (Devolved, Halo of Gunfire), signé chez Unique Leader (Arkaik, Condemned, Decrepith Birth) et enregistré aux Panda Studios.

Cet album marque un pas en avant dans la carrière de Fallujah qui, en plus d’attirer les gros labels, se dote aussi de l’artwork de Cameron Gray (Born of Osiris), mettant de nouveau l’accent sur le côté coloré et spirituel de ses dessins. Cela colle parfaitement à l’univers des Américains, qui, un peu à la manière de leurs confrères de Born of Osiris, mettent le paquet sur les atmosphères travaillées et une technique aiguisée des guitares. Cependant, l’ensemble de leurs morceaux se retrouvent plus orientés death metal, avec des éléments atmosphériques et black, le côté core étant toujours présent mais pas très évident.

Prenez donc le morceau d’ouverture « Alpha Incipient » et vous saurez dès lors de quoi je parle : ambiance spirituelle et planante, puissante technicité des guitares, variations de rythmes, entre mid tempo et blast incontrolables, et surtout, mélange black atmo/death technique des plus maîtrisé et des plus prenant. Il faut le dire, Fallujah a amélioré son jeu et diversifie son propos, offrant à l’auditeur un panel d’éléments non négligeables. Le growl profond d’Alex Hoffman rappelle celui de Ross Dolan d’Immolation, ainsi que certaines rythmiques, dans « Ritual of Godlesh » par exemple.

Les guitares sont lourdes et harmonieuses, au riffing death metal et à la précision chirurgicale impeccables. « Cerabral Hybridization » vous le prouvera, en laissant apparaître une batterie technique et une alternance de chant entre growl et cris. Les accélérations sont de la partie entre deux mélodies, sans laisser de côté des soli atmosphériques. Et entre deux morceaux brutaux, Fallujah arrive à imposer un morceau instrumental du nom de « The Flame Surreal », expérimental à souhait. Bien sûr par expérimental ne comprenez pas polyrythmie et saccades. Comme sus-cité, les Américains s’extirpent gracieusement des tendances djent ou math, privilégiant le mélange d’atmosphère, de mélodies mais aussi de brutalité. Cette instru mise sur l’expérimentation des soli partant presque dans tous les sens mais offrant à l’auditeur tout un panel de mélodies

Et ce n’est pas fini. L’avant dernier morceau éponyme jouera la carte du prog en instaurant un perpétuel mouvement au sein de mélodies et d’ambiances des plus travaillées. Pas de chant ici, encore une fois, mais tout se basera sur notre capacité à suivre l’univers de Fallujah, alternant passages alambiqués et passages plus posés avec des riffs bien mis en valeur au sein de cet ensemble puissant et majestueux.

Les Américains nous livrent donc avec ce « The Harvest Wombs » un album recherché et varié, plus loin de leur passé deathcore et plus proche d’un death technique atmosphérique. Les ambiances spirituelles ne pourront qu’évoquer Born of Osiris, toutefois, Fallujah a sa personnalité et un savoir faire qui lui est propre dans le domaine, s’éloignant de ce fait des clichés du deathcore et du death metal moderne afin de mettre en valeur un univers atypique et une force certaine.

 

NKVD (FRA-2) : Internal Injury

Ξ décembre 21st, 2011 | → 1 Comments | ∇ Cyber Metal |

NKVD (FRA-2) : Internal InjuryAprès une première démo intéressante et prometteuse en 2002, les lorientais remettent le couvert cinq années plus tard avec la venue au monde d’un nouveau petit bébé nommé « Internal Injury », de nouveau auto-produit par les soins du groupe. Le côté hardcore passe quelque peu à la trappe au profit d’un côté black metal plus prédominant, sans pour autant ressembler au terrifiant black industriel des parisiens de l’autre NKVD.

Malgré quelques soucis de son dû à la production maison causant une mauvaise mise en valeur des guitares et parfois de la voix, « Internal Injury » mise toutefois sur l’aspect décadent et perverti de la nation grâce à une musique cette fois-ci plus agressive et sans doute moins électronique. Les claviers sont beaucoup plus mis en lumière, entre samples effrayants, parties symphoniques voire sombres, histoire de soutenir le côté black assez prédominant dans la voix de Sod666 ainsi que dans les atmosphères et quelques riffs, ce qui est assez évocateur dans les morceaux « Internal Injury » ou « Gloomy Circus ».

Pour ceux qui ont déjà pris connaissance de l’album de 2011 « Degeneration », sachez que dans celui-ci il y a deux morceaux tout de même déjà bien présents dans cette deuxième démo, à savoir « Scratch Out » et « Shadows and Blood ». Bien évidemment, ils ne jouissent pas de la production améliorée du dernier opus en date, mais ont quand même leur charme, malgré de grosses faiblesses de rythme, de riff et de chant. Par exemple, « Shadows and Blood » et son chant clair « blasé » se retrouvera superposé à un growl manquant quelque peu de puissance, et on peut se rendre compte que le chant black correspond mieux au timbre de voix de Sod666.

Cette démo déçoit quelque peu, car en deçà de la sortie précédente, la production faisant largement défaut ainsi que le manque de punch et de passages prenants. Mais ceci ne sera que l’exception dans la discographie d’NKVD, qui remontera bien la pente avec la sortie du très cyber death « Degeneration ».

 

NKVD (FRA-2) : Futura Massacra

Ξ décembre 20th, 2011 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

NKVD (FRA-2) : Futura MassacraIl existe deux groupes NKVD en France : l’un officie dans du black industriel, l’autre fait dans le cyber death. Sauf que la plus grosse différence ne réside pas que dans le style pratiqué mais bien au niveau de l’acronyme. Si chez les parisiens, NKVD représente le Commissariat du peuple aux Affaires intérieures russe, chez les lorientais il s’agit de Nation Klone in Virtual Dark, et ceci annonce bien la couleur. Ambiance post-apocalyptique, univers sombre et électronique, empreinte cybernétique, entre autres…

« Futura Massacra » est la première démo des français, sortie en 2002, et déjà annonciatrice de bonnes choses. Même au sein de cinq morceaux, le combo s’affirme et impose un style encore peu révélé, mélangeant claviers symphoniques, samples futuristes et atmosphère froide au sein d’un ensemble plus dirigé hardcore, en témoignent le chant et certaines rythmiques.

Toutefois, NKVD sait varier son propos en ajoutant quelques éléments death grâce à quelques growls de ci de là, qui, bien que manquant de force, arrivent à distiller une impression de noirceur et de mal être. Si un « Halloween » montre une certaine puissance des claviers malgré une certaine linéarité, mettant en avant une ambiance morbide, un « Psychose » nous emmènera dans les délires du futur et des machines, rythme rapide et samples robotiques très hypnotiques (titutitutitu). Mais ce côté électronique prononcé se retrouvera avec un « Gloria » déjanté où l’humain ne fait plus qu’un avec les machines. L’effet mécanique est poussé, sans mettre de côté les guitares qui savent lancer des offensives où il faut. Le chant, quant à lui, alterne entre chant rageur et chant « blasé », ce qui peut apporter deux visions différentes des choses.

La démo se clôture sur « Futura Massacra », en français, et montrant plusieurs facettes de NKVD. Le dynamisme est soutenu par des riffs accrocheurs tandis que les effets électroniques arrivent aux moments les plus opportuns. Mais malgré sa longueur, le morceau peine à avancer et se retrouve quelque peu piéger dans sa linéarité. Toutefois, on peut discerner plusieurs parties : une première aux samples mis en valeur et au chant black (prémices du côté black retrouvé sur la prochaine démo « Internal Injury »), une deuxième plus hardcore, et une troisième beaucoup plus death, séparée par un blanc de moins d’une minute.

Une première démarche assez réussie, mettant en avant l’univers particulier des Français d’NKVD. Pas facile d’accès cependant, il faut une certaine ouverture d’esprit pour appréhender cette démo, qui malgré ses défauts, possède pas mal de charme. A découvrir donc si vous aimez les opus qui sortent de l’ordinaire, sans être de vraies pépites.

 

Red Descending : Kingdoms

Ξ décembre 17th, 2011 | → 12 commentaires | ∇ Melodic Death Metal, Symphonic |

Red Descending : KingdomsMalgré les a priori que nous pouvons avoir en ce moment sur le death mélodique, notamment sa tendance à être trop moderne, à s’échapper des codes originels, à apporter un lot de mélodies peut-être trop étouffantes au détriment de la brutalité pure du death metal et à incorporer des voix claires pas forcément utiles dans certains cas, il se pourrait que nos mauvaises impressions, pourtant justifiées, passe à la trappe avec cette découverte australienne venue de Perth. Le quatuor formé en 2003 et auteur de plusieurs démo et d’un album en 2008 franchit un grand pas, non seulement en prenant de l’assurance, mais en renforçant sa musique d’éléments variés et beaucoup plus sombres, empruntés à certaines formations connues telles que Kalmah, Dimmu Borgir ou Summoning. On ne parlera pas de pompage pour la sortie de ce « Kingdoms » mais plutôt d’influences, qu’on retrouvera autant dans le melo death à voix black propre aux Finlandais, les mélodies et symphonies sombres des Norvégiens, et le côté épique et antique des Autrichiens.

En effet, Red Descending repart dans les récits héroïques d’antan en les mettant en musique, mais surtout, en les habitant d’une aura sombre et guerrière au sein d’un death mélodique tendant sur le symphonique et le black, tant au niveau des riffs que du chant, mi-crié, mi growlé. Les choeurs, les parties folkloriques, les mélodies rapides et renversantes à la guitare favorisent l’aspect épique de la musique des Australiens, bien que l’accent soit porté sur le côté sombre de cet ensemble recherché et même progressif : les titres sont longs et parfois alambiqués et ont chacun leur mouvement, témoins de la narration des événements dans les paroles. Le titre est révélateur de l’histoire, les royaumes étant représentés à l’intérieur même du livret, tant par la pochette sur laquelle siège un château dont la hauteur sépare le monde terrestre et le monde du ciel, que par les pages délivrant des images de monde marin ou désertique.

L’affrontement entre les royaumes est terrible et puissant, on nous parle autant de mort que de vie, autant de lumière que d’obscurité, autant de rois que de tyrans, autant de vent que de froid sur une musique véloce et maîtrisée. Nous voilà bercés par la vélocité des riffs, endiablés par la brutalité de certains passages, enchantés par des parties sombres et mystérieuses. Même si l’introduction peut rappeler Pirate des Caraïbes avec son violon en fil conducteur, il n’en est rien puisque les guitares prennent le dessus sur un « Burned to Death » entraînant. Le chant black se veut rageur pendant le couplet tandis que le refrain laisse apparaître un growl et le chant féminin de Jesse Millea. Rassurez vous, ce chant féminin ne se retrouve quasiment plus sur les prochains morceaux, qui tendent cependant à devenir plus sombres et plus furieux. « Inferno » porte bien son nom de ce côté là. Il nous octroie, le temps de six minutes, un mélange de death mélodique et de black symphonique soutenu par une agressivité palpable. L’ensemble nous prend en haleine jusqu’au moment ultime où les claviers se mettent en valeur et que tout fusionne. Atmosphérique et puissant. Une claque.

De l’épique « Reprieve » au prog, rapide et moyen-âgeux « This Endless War », Red Descending n’oublie rien et apporte à son album des titres accrocheurs et à retenir, renforcés par un mélange réussi de puissance et de finesse. « Througn Unknown » nous laisse entrevoir la différence flagrante de genre entre chaque passage, alternant death mélo et black mélo, toujours avec élégance et avec ces touches de claviers en arrière plan. Toutefois, c’est sur l’éponyme « Kingdoms » que le contraste se fait, grâce à un ensemble harmonieux, atmosphérique, parfois guerrier. On se retrouve avec l’impression d’être sur un champ de bataille après la bataille, les percussions étant trompeuses, les voix terminant le récit dans un murmure et une certaine mélancolie.

Une belle découverte encore une fois. Red Descending nous offre un album qui ne tombe pas forcément dans le piège des mélodies niaises, de la fausse brutalité et des chants clairs. Ce « Kingdoms » auto-produit nous présage que du bon pour le futur des Australiens, avec leur death mélodique symphonique aux relents black et épique. Un opus à se mettre sous la dent.

 

Synthetic Breed : Perpetual Motion Machine

Ξ décembre 14th, 2011 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal, Math Metal |

Synthetic Breed : Perpetual Motion MachineBeaucoup d’eau aura coulé sous les ponts entre les premiers efforts de Synthetic Breed et les derniers. En effet, le combo australien, né à Melbourne en 2002, est passé d’une sorte de neo metal avec des éléments industriels à un cyber metal mélangé djent et death metal. Autant dire qu’on change du tout au tout et les membres doivent alors moduler la technique et le plan de jeu. Autant dire que ce n’est pas si facile que ça…

Influencée comme beaucoup d’autres par le mélange Strapping Young Lad, Meshuggah et Fear Factory, cette formation expérimentée a su reprendre en partie le travail de Sybreed (portant à peu de chose près le même patronyme), utilisant un nombre incalculable de riffs techniques, syncopés et polyrythmiques soulevant un certain aspect mécanique et carré. Cet effet est relevé par une batterie arythmique mais aussi des samples futuristes et des claviers sombres et décadents aux sonorités électroniques plus ou moins mises en avant selon les morceaux. Ajoutez à cela un chant alternant growl, cri et parties claires, et vous avez Synthetic Breed.

Il est évident que le cocktail n’est pas nouveau, ce style de cyber metal se développant énormément depuis la fin des années 2000. Mais les Australiens le font bien, et n’hésitent pas à intégrer des touches black et souvent death au sein de ses compositions, afin d’aérer et de varier son propos. Le côté progressif joue aussi beaucoup, concept oblige : tout n’est que structure, et donc artifice, dans un monde régulé par la thermodynamique ou l’anticanon.

Synthetic Breed nous propose alors onze titres possédant pas mal de groove dans l’ensemble, mettant l’accent sur la technique des riffs, la hargne du chant et les ambiances sombres et particulièrement étranges. L’électronique agit comme un enrobage, à la manière d’un « Slave Design » de Sybreed, sans toutefois posséder son extrême agressivité. Les harmonies sont toutefois bien opérées, comme sur le pessimiste « Oblivion » ou le furieux « Beyond the Sphere of Reason » et son break djent typique.

A l’inverse du précédent opus « Catatonic », « Perpetual Motion Machine » puise sa force dans le côté effrayant de certaines parties, mettant en valeur le destin tragique de l’humanité. Parfois proche du « Terminal Code » de Cruentus sur « Molecular Self Assembly », cette offrande nous gratifie de riffs très maîtrisés et accrocheurs accompagnés d’une atmosphère particulière rappelant parfois Born of Osiris. En effet, on n’est pas à cent pour cent dans le cyber mais parfois proche d’un deathcore aux relents djent évidents.

Cependant, l’album souffre d’une production approximative en ce qui concerne la batterie qui ne claque pas assez là où ça aurait pu faire mal, sans doute trop en retrait par rapport aux instruments et surtout aux guitares qui font la part belle aux ambiances souvent mélancoliques, à la manière de « Mirrored Reflections » entre autres. La voix criée aussi peut être gênante si on y fait trop attention, elle manque de modulation et de profondeur, sauf dans les parties claires à la Scar Symmetry. A contrario, un « Afflictions of Advancement » mise beaucoup sur l’alternance death/math metal en proposant quelque chose de plus agressif et rentre-dedans, mettant en valeur un rendu assez aliéné et maladive avec ces riffs déjantés et cette ambiance électronique malsaine. La fin, elle, change radicalement de bord, car atmosphérique et sereine.

Synthetic Breed signe un opus assez réussi et en adéquation avec sa personnalité, malgré des influences évidentes. La direction prise sur ce « Perpetual Motion Machine » est véritablement dans l’air du temps, sans non plus suivre bêtement le travail des pointures du style. A écouter, malgré ces quelques défauts qui peuvent encore être corrigés.

 

Kalevala (RUS) : The Cuckoo’s Children

Ξ décembre 13th, 2011 | → 1 Comments | ∇ Folk Metal |

Kalevala (RUS) : The Cuckoo's ChildrenLe Kalevala est l’épopée nationale finnoise comptant parmi les plus importantes œuvres du coin. Il raconte des mythes, des légendes, des récits héroïques en tout genre. Ce poème est très réputé en Finlande et influence une multitude de groupes de folk metal principalement, dont Korpiklaani. Mais aussi Kalevala, un combo russe fondé en 2007 à Moscou et déjà auteur de plusieurs productions. Inspirée par la culture finnoise et ses contes, la formation, comptant près de huit membres, n’hésite pas à emprunter les éléments faisant la force de Korpiklaani ou de Finntroll dans la foulée, s’équipant d’instruments folkloriques traditionnels tels que que les flûtes ou les accordéons, pour un résultat très entraînant et festif.

En effet, il s’agit d’un folk metal très convivial et très nature, dans lequel nous retrouvons nos huit membres bras dessus bras dessous. Armés d’un album nommé « The Cuckoo’s Children », référence à un petit oiseau que l’on connaît mieux sous le nom de « coucou », les russes nous offrent une musique joyeuse accompagnée au chant par Xenia, nous gratifiant d’un langage russe dépaysant pour nous, européens.

Cet opus est l’expression des traditions russes mélangées aux traditions finlandaises, offrant à l’auditeur un folk metal pur et old school. Rien de bien nouveau ni d’original, les moskovites privilégient leur manière assurée de nous présenter de bons riffs mixés à des mélodies folkloriques très entraînantes et entêtantes. Prenez votre verre de vodka et venez danser aux côtés de ces musiciens qui n’en font qu’à leur tête. D’autant plus que le premier morceau « Kalevala » ne pourra que vous montrer le vrai visage de Kalevala. Ils ne lésinent ni sur les instruments ni sur l’aspect bucolique qui se dégage de titres tels que l’éponyme « Cuckoo’s Children » ou « Pussy Willows Crie », l’accent étant porté sur l’accordéon.

En tout cas, lorsque les guitares sont à l’honneur, c’est pour nous jouer des riffs plutôt heavy et lancinant bien que mélodique, sans même lancer quelques offensives opportunes. Car au final, ce sont les parties acoustiques qui sont les plus mises en lumière, comme sur « The Wind at Back » rappelant à certains moments un « Mother Earth » de Within Temptation sur les parties les plus calmes et natures.

On ne peut pas dire que cet album manque de tonus, c’est indéniable. Par contre, on peut évoquer une certaine linéarité de morceau en morceau, certains passages revenant de temps à autres. On peut aussi se retrouver déstabiliser par le manque de puissance et même parfois, ça arrive, de justesse, de la voix de Xenia, elle qui, à une lettre prête, aurait pu porter le nom d’une guerrière très connue. Ce qui aurait pu fonctionner pour ce groupe cherchant à s’inspirer de récits héroïques.

En clair, un album sympa, sans plus, ancré dans une bonne tradition folk metal, tout en se dotant d’une bonne qualité et d’une certaine rapidité d’exécution, mais manquant de profondeur, de progression et de justesse. Affaire à suivre…

 

Neurotech : Blue Screen Planet

Ξ décembre 13th, 2011 | → 14 commentaires | ∇ Cyber Metal |

Neurotech : Blue Screen PlanetNeurotech aura été peu de chose à ses débuts avec la sortie du premier EP « Transhuman » quelque peu timide et incertain malgré une certaine force et une âme. Le maître à penser Wulf aura travaillé d’arrache pied afin que son projet unique naisse comme il se doit, armé de divers instruments et d’ordinateurs, tout en gardant un œil vers l’actualité mais aussi vers le futur. Neurotech, c’est l’expression de l’évolution de l’humanité dans un monde en progression continue, autant écrasé par les avancées technologiques que les expériences en tout genre de l’homme. « Transhuman » était le reflet même d’un univers transformé où tout n’était que machine.

Puis « Antagonist » arriva en mars 2011, plus mature, plus efficace et pêchu, et surtout plus travaillé. Wulf, en véritable génie, avait réussi à instaurer une aura futuriste et mélancolique, tout en privilégiant l’aspect mélodique et atmosphérique, sans toutefois mettre de côté ce sens de la mécanicité. Un véritable pas en avant pour le slovène, devenant sans aucun doute l’entité la plus cotée dans son pays mais aussi dans l’univers du cyber metal aux côtés de Sybreed ou encore Illidiance. Désormais, on ne peut que citer le nom de Neurotech parmi ces formations atypiques, arrivant à instaurer une atmosphère sombre, mécanique, futuriste et agressive au sein de mélodies et de relents pessimistes.

Il était clair qu’après la sortie d’un tel album, le one man band ferait encore parler de lui. Chose faite. Wulf nous offre un merveilleux cadeau de fin d’année avec la sortie d’un nouvel EP « Blue Screen Planet ». Cette fois-ci, on change d’horizon et de monde : nous voilà dans un univers tout en cristaux liquides, parmi toute la magie numérique, les écrans et la technologie. Cette dernière a pris possession de l’espèce humaine, véritable esclave d’un monde faux et stérile devenu froid et vide d’émotions.

Avec cette offrande, on tombe en pleine révolution où les mots atmosphériques et épiques prennent tout leur sens. Alors que « Antagonist » mettait la barre assez haute, « Blue Screen Planet » fait de nouveau un pas en avant, dépassant de loin nos espérances. Comme l’avait dit Wulf : « Antagonist étant une version plus élevée de Transhuman, le prochain opus devrait être une version améliorée d’Antagonist ». Le jeune homme n’a pas menti et ne s’est pas loupé. Il pousse le concept jusqu’au bout, rendant la musique encore plus puissante, travaillée et maîtrisée. L’homme et sa machine…une fusion que l’on peut ressentir au sein de ces deux morceaux longs de plus de huit minutes pour une durée totale de presque vingt minutes. On a beau atteindre la durée d’un « Transhuman », il n’empêche que ce « Blue Screen Planet » mise beaucoup plus gros en matière de développement instrumental et d’ambiances, les deux titres proposés se suivant littéralement. De nouveau, les guitares servent à appuyer la rythmique alors que les claviers ont la place la plus importante. Selon Wulf, « Une musique sans mélodies, c’est ennuyeux ». Et on peut dire qu’il reste fidèle à lui-même : nous avons droit à de merveilleuses mélodies aussi mélancoliques que pessimistes et même lumineuses par moment, à l’intérieur d’un amas de parties orchestrales, de choeurs, de rythmes mécaniques, d’effets électroniques cybernétiques et d’ambiances à couper le souffle.

Axiom

Et non action. Axiom se réfère à un ordinateur et à une opération pouvant aider aux calculs et au développement d’un système d’algorithme. On se retrouve encore une fois au sein de la technologie, et c’est ce point qui est mis en valeur dans la première partie de l’EP. Juste et incroyablement progressif, ce morceau nous narre des événements à travers des passages bien intercalés et finement composés, où la voix rageuse et irrémédiablement plus synthétique de Wulf arrive à nous tenir en haleine à travers ce dédale de mélodies imparables. Le piano, les choeurs et les arrangements purement orchestraux arrivent à apporter une force et beaucoup d’émotions à un morceau on ne peut plus épique et grandiose. Du coup, on se retrouve avec le côté spatial d’un « Eternal » de Samael avec les mélodies si chères à Neurotech, les effets et sonorités électroniques et décadentes de Sybreed, le côté prog de Kalisia, et l’univers impérial, épique et inquisiteur d’un « Conqueror » de Mechina.

La quatrième minute de ce « Axiom » annonce les hostilités avec une agressivité palpable et un fond assez sombre, soutenu par des choeurs furieux indiquant un soulèvement, jusqu’à un break très typé Sybreed sur « The Pulse of Awakening », pour filer droit vers des atmosphères à couper le souffle et un final magistral, puissant, digne d’une BO de film et surtout, ce blast ultime terminant le morceau.

Revelation

Neurotech prend beaucoup plus d’assurance et se permet d’avoir de l’ambition en nous proposant sa première piste instrumentale et sans guitares. Le titre commence là où « Axiom » s’était arrêté en reprenant la mélodie principale, mais en transformant le tout en atmosphérique voire ambient. Wulf arrive à insuffler à cette suite une âme et une force extrême, tout en évitant de tomber dans la grande linéarité. Elle étonne, elle prend aux tripes, tant par les ambiances futuristes et cosmiques que par son rythme mécanique et ses choeurs magnifiques. Subtils, les effets électroniques et ambient rappellent Jean-Michel Jarre, une des influences de Wulf. Le clou du spectacle arrive à 04:48 avec une puissance indéniable et un apport considérable de frissons et d’émotions, dû à ce côté sombre et pessimiste si adapté au concept du slovène. La fin, elle, se veut quelque peu longuette, tout ne peut pas être parfait. Mais ce qui est clair, c’est qu’on n’en ressort pas indemne…

Neurotech est au sommet de son art, offrant finalement un EP peut-être meilleur qu’ « Antagonist », plus recherché dans les mélodies, bien que moins pêchu, on ne se situe pas vraiment dans le même registre. En tout cas, on peut clairement affirmer que Wulf y aura mis toute son imagination, arrivant à nous apporter, comme il le disait, une version plus élevée de l’album précédent. On espère que cela se confirme avec le prochain full length, en attendant, certaines formations cyber metal ont de quoi avoir la pression, et cela ne serait pas étonnant quand on voit le travail acheminé derrière tout ça. Du bon boulot.

 

Unbirth : Promo 2011

Ξ décembre 11th, 2011 | → 22 commentaires | ∇ Death Metal |

Unbirth : Promo 2011Les petits groupes naissent encore et encore et ce n’est pas prêt de s’arrêter. Inspirées autant par la scène américaine que par la scène suédoise, les nouvelles formations death metal essaient d’apporter une pierre à l’édifice, même si souvent l’approche n’est pas si originale que ça : manque de personnalité, riffs trop basiques, growls pas assez puissants, et j’en passe…Certains arrivent tout de même à sortir du lot et proposer quelque chose de plus personnel et charnel. D’autres arrivent à offrir à leur musique une certaine patte et une certaine volonté dans un ensemble encore assez approximatif et peu affirmé.

Unbirth fait partie de ceux là. Originaires de Modène, le quintette officie dans un death brutal loin d’être révolutionnaire mais ayant le mérite d’être efficace, malgré ses défauts. Le groupe aura souffert de quelques problèmes de line up avant de se stabiliser, avec la présence Emanuele Ottani à la guitare, membre fondateur mais aussi présent chez les italiens de Hatred. Le jeune homme apporte son expérience au sein de son petit projet et insuffle à Unbirth un côté brute de décoffrage mais qui reste tout de même à confirmer.

Par définition, Unbirth, «l’inverse de la naissance », est un fétichisme sexuel impliquant le désir d’être avalé vivant par les organes génitaux féminins. A travers ça, les italiens se dotent d’une imagerie sexuelle quelque peu particulière mais proche des thématiques utilisées par Gorgasm. Si ces derniers sont cités, ce n’est pas pour rien : le quintette reste inspiré par les Américains aussi bien esthétiquement que musicalement, aussi bien dans les vocaux que dans l’alternance blast-beats/mid tempo. Mais en moins « méchant ». Car contrairement à cette image très perverse, Unbirth reste politiquement correct dans son death brutal. Toutefois, cela ne les empêche pas de nous asséner de riffs carrés et précis et de pédalage intensif, tout en se rapprochant d’un autre groupe américain : Suffocation.

La ressemblance peut être flagrante étant donné que c’est le premier nom qui nous vient à l’esprit à l’écoute de cette démo de trois titres. « Truth Beyond the Sands of Dogma » démarre sur les chapeaux de roues à la manière de leur confrères américains, sans toutefois les égaler. Il ne suffit pas d’avoir autant de précision et de furie, Unbirth n’arrive pas à nous mettre en haleine, la faute a une approximation du jeu de batterie, à un growl pas très puissant et à des riffs déjà entendus, même s’ils arrivent à faire mouche selon les passages.

« Dead Never Born » et « The Last Glare Before the End » auront le mérite d’avoir une certaine continuité et la même durée, pour un résultat correct mais peu puissant. Les soli sont bien exécutés mais manque de charme et de folie, et l’exécution des riffs rappellent encore une fois le travail de Suffocation voire Pyaemia dans la foulée. Il n’empêche qu’il n’y a aucun répit, tout s’enchaînant très rapidement.

Trois titres c’est bien peu et il nous en faudra d’autres pour qu’Unbirth confirme son death metal. Cette démo aura tout de même le mérite d’être efficace, même si elle ne touchera pas forcément tout le monde dans son exécution. Maintenant, wait and see…

 

Magiska Krafter : Devils Mark on Us

Ξ décembre 10th, 2011 | → 1 Comments | ∇ Avant Garde Black Metal |

Magiska Krafter : Devils Mark on UsLe changement d’orientation de Skool of Dead et la venue de Satanic Tony (Demorian) pour les parties vocales auront donné lieu à un nouveau nom de scène, Magiska Krafter. Mais avant cela, le jeune indien Waterburner menait de pied ferme son petit groupe, officiant dans un death/black/gothic avec des éléments industriels. Le résultat était expérimental et très inattendu, mais pourtant loin d’être inaudible. Car le talent est bien présent, ainsi que l’originalité et un certain brin de folie.

Le premier et seul EP de Skool of Dead se prénomme « Devils Mark on Us ». Bien que portant un titre des plus répandus, son contenu ne présage pas ce genre d’approche tant on se retrouve surpris par le côté aliéné et résolument étrange des compositions. Même si les quatre titres sont très courts, chacun a sa patte, sa mélodie malsaine et son ambiance glauque et atypique. Les origines indiennes de Waterburner laissent entrevoir quelques sonorités locales, bien que ce ne soit pas toujours flagrants. Mais il n’empêche que les sons et les effets démoniaques sont utilisés à bon escient, pour quelque chose de sombre.

« Demagogue’s Wicked Smile » et son introduction industrielle arrive à mettre en image ce sourire présent dans le titre. Les notes sont répétitives, hypnotiques, les riffs simplistes mais quelque peu raw, et le chant black semble tout droit sorti d’outre-tombe. Un « Hell and Heaven Preaches » prend directement suite, empruntant les mélodies du morceau précédent, mais se dotant non seulement d’un chant grave cadavérique mais aussi d’un chant féminin mystérieux et astral, renforçant un certain aspect gothique.

Au moins, il y a une continuité, rien n’est véritablement décousu et heureusement, on se repère facilement au sein de ces quatre chansons. La dernière, « Cyborg’s Nation Downfall Anthem », rappelle la scène cyber par son côté extrême, expérimental, mécanique, froid et robotique. L’humain a disparu au profit des machines, s’évertuant à jouer une musique arythmique et barrée. Les sons partent dans tous les sens, on peut imaginer un blocage du système juste à la fin avec ce bruit répétitif. Titutitutitutituti. La machine se dégrade, comme l’indique le titre du morceau, jusqu’à son déclin total et une fin subite.

Waterburner a réussi à créer tout un univers, qui bien que particulier, arrive à nous maintenir en haleine jusqu’à la fin. Dommage que la production soit si underground (Salute Records oblige) mais cela peut d’un autre côté renforcer cet aspect sombre et spécial. Un bon EP en somme, signant la fin de l’ère Skool of Dead.

 

Ancestral Legacy : Nightmare Diaries

Ξ décembre 9th, 2011 | → 0 Comments | ∇ Gothic Black |

Ancestral Legacy : Nightmare DiariesDepuis la refonte du groupe, rien ne va plus pour Ancestral Legacy qui essaie tant bien que mal de prendre des risques afin de faire quelque chose de plus personnel. Vivant dans le pays du black symphonique, le quintette s’est extirpé de ses principales influences du coin pour se diriger vers un ensemble différent et relativement plus sombre et lourd. L’arrivée de la chanteuse Elin Anita Omholt aura mis la puce à l’oreille et ouvert d’autres perspectives. La musique d’Ancestral Legacy perd de son côté black au profit d’un côté gothique, trouvant dans le même temps la place pour insuffler à ce renouveau des relents extrêmes et dark.

Eddie Risdal (Legacy Of Emptiness, V:28), le fondateur, fait de son mieux pour faire perdurer cette formation en perte de souffle depuis quelques années, mais heureusement, la sortie de « Trapped Within the Words » et la signature chez Femme Metal Records va contribuer à la mise en lumière de cette formation atypique. 2010 voit donc la venue de « Nightmare Diaries », premier album, enfin, où l’auditeur parcourt le journal cauchemardesque d’une jeune femme. Le livret à lui-seul montre bien le concept du groupe, une serrure servant de première page, la clé étant elle-même cachée à l’intérieur même des titres, titres qui se veulent être les événements écris et racontés dans ce journal.

Dix petits chapitres composent cet album pour un ensemble lourd et mélancolique, alternant riffs écrasants mais parfois simples et riffs black caractéristiques. Même si les Norvégiens se sont dirigés vers un ensemble résolument gothique, le côté black n’a pas pour autant disparu, en témoignent justement ces quelques riffs mais aussi le chant d’Eddie Risdal, qui se veut toujours aussi agressif. Les claviers en fond apportent une touche de noirceur, tout en nous octroyant de parties symphoniques du plus bel effet, cependant, il leur manque un peu de puissance et peinent à s’imposer dans cet amas de mélodies dark et tristes, où les accords ont la place principale. Par contre, les guitares typé acoustique et la voix fantomatique d’Elin apportent beaucoup de profondeur et de mystère aux compositions, même si la demoiselle n’excelle pas toujours au niveau de la justesse de son timbre.

Un « Out of the Dark and into the Night » montre tout l’univers d’Ancestral Legacy qui alterne sans soucis les parties rapides et les parties plus lentes, tout en jouant sur les riffs et les chants. Il ne faut cependant pas avoir peur de la longueur des morceaux (plus de 5:30 en général), la progression n’étant parfois pas des plus réussie, la linéarité s’installant. « Perhaps in Death » fait partie de ses titres longs qui peinent à nous prendre en haleine au point de nous donner envie de changer de plage. Toutefois, si on reste dans la veine de « Separate Worlds », tout s’améliore et les breaks sombres et mélancoliques ne peuvent que nous inciter à rester.

On retrouvera la balade acoustique présente dans l’EP, à savoir « Atrapaba en Pesadillas » transformée en anglais par « Trapped Within the Words ». Ce changement de langue apporte plus de cohérence, étant donné qu’on se retrouve dans un journal intime écrit en anglais. Vu la langue apportée au compo, un passage en espagnol aurait pu sembler bizarre. Mais cela n’enlève pas à ce titre son côté longuet et triste, mais finalement, en plein milieu d’album, il a entièrement sa place.

On pourra aussi regretter ce côté trop accessible, contrastant avec le passé du groupe, à la manière de « …My Departed » ou « The Shadow of the Cross », mais cela ne supprime en aucun cas le charme qu’a cet album, pas très original ni indispensable en soit, mais une présence et une âme existent et apportent à cette œuvre un souffle qui lui est propre, malgré ses défauts.

 

Stigmatic Chorus : Symposium

Ξ décembre 8th, 2011 | → 8 commentaires | ∇ Symphonic Black Metal |

Stigmatic Chorus : SymposiumStigmatic Chorus fait partie des groupes de black symphonique russe les plus vieux, en dénote sa fondation en 1998. Pourtant, le quintette n’aura pas profiter de son ancienneté pour sortir un certain lot d’albums, le premier étant un split cd avec Antaios en 2000 avant de se lancer pour de bons et nous offrir un « Autodafe » de neuf titres.

La réputation des moskovites se sera vite forgée internationalement parlant par une certaine ressemblance avec des formations typiques du genre, notamment Dimmu Borgir, Old Man’s Child ou Cradle Of Filth, profitant de la montée en puissance de ces « célébrités » pour officier dans un style des plus proches. Sauf que pour éviter les rapprochements incessants, qui restent cependant fondés, Stigmatic Chorus a décidé de se concentrer sur la qualité et non le rendement, souffrant dans le même temps de départs récurrents de membres tels que des bassistes ou des batteurs en priorité. Le rendement n’est donc pas forcément là, mais les Russes savent tout de même profiter du temps passé en studio pour peaufiner ses compositions et les rendre aussi pro que possible. Cela donnera donc naissance à « Symposium » en 2010, signé chez Grailight Productions.

Cette sortie marque le dixième anniversaire du début officiel de la carrière de Stigmatic Chorus (2000). Il était donc important pour les moskovites de faire un album digne de ce nom, n’hésitant pas à avoir recours à des guest russes pour donner plus de poids à l’oeuvre en question. Ainsi, Natalie Kempin (Arcane Grail) et Demether Grail (Arcane Grail, Skylord, fondateur de Grailight Productions) viennent prêter leur voix sur quelques morceaux tandis que l’enregistrement et le mastering ont été effectués par Igor “KIV” Korolyov, que l’on retrouve aussi à la guitare, aux côtés de Belf, aussi présent chez Izomoroz.

Alors qu’est-ce donc Stigmatic Chorus : des mélodies sombres, un chant russe, des parties furieuses typiques, quelques atmosphères gothiques et des arrangements symphoniques de qualité. Mais ce qui frappera le plus hormis ces caractéristiques, ce sont les similitudes aussi bien musicales qu’esthétiques avec Dimmu Borgir et Cradle of Filth. D’une part, on reconnaîtra un chant crié à la Shagrath ainsi que sa façon de « parler » dans les très graves, des mélodies caractéristiques au piano avec ce côté sombre et sa symphonie, une pochette version colorée d’ « In Sorte Diaboli » avec son personnage cornu au milieu. D’autre part, les ambiances pourront rappeler les Anglais ainsi que l’introduction « Gloria Victoria » au violon, ainsi qu’un certain arrière plan gothique et une voix très aiguë et stridente par moments, comme sait le faire Dani.

Vous l’aurez donc compris : niveau originalité, ce n’est pas vraiment ça, et Stigmatic Chorus ne fait pas fi de ses influences pour autant. Il les assume ! Ce qui peut faire partie des forces des Russes. Heureusement, ils ne se contentent pas de faire une pâle copie, leur album « Symposium » (rappelant une nouvelle fois Dimmu Borgir sur « Puritanical Euphoric Misanthropia ») détient tout de même un petit quelque chose nous permettant de ne pas nous morfondre sur les prétendues inspirations et son écoute ne reste donc pas désagréable pour autant, et pour cause : le quintette arrive à arranger ses morceaux de la bonne façon, en intégrant des passages forts qui nous permettront de différencier chaque chanson. Ainsi, « Stalingrad » nous gratifiera d’excellentes lignes de batterie, de cris à la Dani, de guitares et de symphonies en fusion, et d’un final avec cette mélodie entêtante et ces choeurs. « Indulgence – Money of God » rappellera les Norvégiens du début à la fin, mais avec une petite patte russe en plus au sein de cet aspect sombre et agressif. De plus, « Babylon Tower » se montrera très impérial avec l’arrivée de ces cuivres inquisiteurs, ce rythme saccadé et ces riffs bien placés. Enfin « The Heretic » se veut plus aventurier avec son violon en fil conducteur, mais de nouveau, on ne peut que penser à Dimmu Borgir, on croirait entendre « Kings of Carnival Creation » avec des modifications d’instruments et de vitesse (en fait, les violons remplacent les riffs…).

N’oublions pas que Stigmatic Chorus a fait appel à des guests, guests que nous retrouvons sur « Viy » : Natalie Kempin pose sa voix lyrique sur ce qu’on pourrait appeler le refrain avec que la mélodie principale est majoritairement jouée par un violon. Le résultat est quelque peu linéaire étant donné que ce refrain est répété inlassablement et il est clair que les six minutes peuvent être bien longues ! Mais l’arrivée de Demether Grail sur « Podium of Evil » et « Stigmatic Chorus » au chant se veut imposante, au sein d’un black symphonique majestueux où les arrangements orchestraux jouent un grand rôle, même si les cloches et les riffs arrivent à tirer leur épingle du jeu.

Les Russes poussent le bouchon un peu loin en ce qui concerne les inspirations, mais c’est un fait ils le font bien et la qualité des compositions et de la production est indéniable. Il serait peut-être bon que le groupe prenne plus de risque et se mette à se détacher de ses principales influences, tout en imposant une force et en gardant cet esprit impérial, puissant et entêtant.

 

Veliar : In Reflection of the Decayed World

Ξ décembre 6th, 2011 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Veliar : In Reflection of the Decayed WorldLa scène black symphonique russe est si variée et si disparate qu’il est difficile pour une grande majorité des groupes de s’exporter, notamment en Occident. Et pourtant, la Russie n’est pas avare depuis quelques années en matière de black symphonique, les combos sont de plus en plus fréquents, mais le soucis réside dans l’originalité de chacun : en effet, le soucis principal réside dans le manque de personnalité et le pompage d’ambiances chez les pointures du genre. Ce qui ne va pas en faveur de cette scène qui ne manque pourtant pas de talents…

En 2009 par exemple, Arcanorum Astrum avait fait bonne impression avec la sortie d’un EP très bien exécuté, mêlant ambiance, agressivité, mélodie et efficacité. La même année, Astel Oscora sort son premier album, arrivant à faire de l’atmo et du symphonique quelque chose de particulier et majestueux.

Les sorties du genre ne sont pas si courantes en Russie mais il arrive parfois qu’un groupe en particulier sorte du lot, évitant pour le coup de s’intégrer dans tout le panel de formations officiant dans quelque chose de moyen. Veliar par exemple, fait partie de ces révélations russes dont on aimerait entendre parler plus souvent. Faisant dans un black death symphonique, le quintette de Taganrog arrive à faire de son style quelque chose de moins bateau, sans tomber dans les gros clichés du style.

Avant d’obtenir l’aide de Demether Grail de Grailight Productions pour une signature et une distribution plus avantageuses, Veliar a sorti deux productions, à savoir une démo et un album, passées totalement inaperçues. Par contre l’arrivée de « In Reflection of the Decayed World » pourrait changer la donne, en Russie et ailleurs, étant donné la qualité du travail effectué sur cet opus : la production a été confiée à Sergey « Lazar » d’Arkona et de Rossomahaar tandis que la pochette a été réalisée par Vladimir Gulevskiy. Cette dernière représente tout ce qu’il y a de plus morbide et pessimiste, à savoir les conséquences sinistres de l’homme ainsi que quelques « catastrophes » naturelles : les bâtiments ne sont plus que carcasses, le ciel est en feu, le sol s’effondre, une supernova éclate et une éclipse intervient.

« In Reflection of the Decayed World » met bien en valeur cette vision sombre et chaotique, notamment dans les thématiques de l’oeuvre, mettant en relief le déclin, le grief, la contemplation philosophique vis-à-vis du cous naturel des choses pris au piège à l’intérieur d’un prisme d’oppression urbaine, ainsi que la mauvaise nature humaine et ses tendances suicidaires et/ou meurtrières.

L’album se compose de quatorze titres dont quatre sont des versions anglaises des tous premiers titres. Grâce à cela, nous pouvons en déduire que tout est chanté en russe, chose que l’on retrouve chez la majeure partie des groupes du coin. « Belly of Barkhans » ouvre l’opus avec un soupçon de sonorités orientales, le mot « belly » en lui-même rappelant le terme anglophone pour désigner une danse du Moyen-Orient. La suite se corse pour nous offrir un black death symphonique plutôt rentre-dedans et assez efficace, les notes de piano s’intègrent bien dans ce paysage sombre et ambiancé où les riffs et les soli restent plutôt bien exécutés. Des parties posées font leur apparition, ainsi qu’un break où l’on peut entendre une mélodie électronique et presque arabisante, à la manière d’un Thyrane sur « Heretic Hunt » (« Hypnotic » – 2003), sous couvert d’une double pédale et de riffs entraînants.

Veliar étonne par la précision des riffs et la maîtrise de la voix, tout en sachant incorporé des éléments légèrement improbables aux moments les plus opportuns. Les parties thrashisantes par exemple apportent une touche plus groovy tandis que les passages mettant en valeur des claviers symphoniques impériaux renforcent les ambiances (« Abyss of Dimension », « Crusader »). De plus, un « Like a Mercury » cache des surprises, tant par le côté expérimental des claviers et des riffs que par le côté inattendu de certains passages : à 03:26, nous aurons droit à un ensemble mécanique et industriel, où l’on peut entendre une respiration saturée comme dans un masque à gaz et un son électronique allant et venant comme un réacteur. Puis, le final se révèle dynamique et entraînant, afin de nous laisser sur une très bonne impression. Enfin, « Mistful Dictator » nous gratifie d’un solo de basse.

Même si certains passages rappellent la scène black/death symphonique polonaise, Veliar arrive tout de même à imposer une certaine personnalité et un dynamisme qui lui colle parfaitement à la peau. Soutenu par une production solide, « In Reflection of the Decayed World » arrive à imposer un style russe, même si tout n’est pas à retenir non plus (la faiblesse de « New Night », le côté trop basique de « In the Veil of Oblivion », ou les quatre bonus qui ne servent qu’à intégrer un chant anglais, sans plus). Veliar ne fait pas non plus un black/death symphonique ultra original mais il arrive tout de même à nous caler le temps d’une cinquantaine de minutes. Pas mal, non ?

 

Artania : Night Shall Crown Ye

Ξ décembre 4th, 2011 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Artania : Night Shall Crown Ye31 mai 2011 : voici la sortie du premier album du groupe russe Artania. Fondé en 2007 à Voronej, le quintette n’a pas beaucoup fait parlé de lui avant la date fatidique, à part sortir une démo passée inaperçue en dehors de la Russie. Mais les voilà maintenant signé chez Grailight Productions, leur permettant ainsi d’acquérir une meilleure distribution.

Artania prend plus d”assurance avec l’arrivée de leur album « Night Shall Crown Ye », officiant dans un black death symphonique teinté de nombreux éléments gothiques et atmosphériques. Les neuf titres en question évoquent des histoires toutes différentes, centrées sur des mystères et événements étranges, comme les prophéties terrifiantes de Nostradamus, le livre magique de la sanglante comtesse Bathory (d’où le morceau « Secrets of the Moon ») ou les enseignements occultes de Aleister Crowley. Ces événements semblent retranscrit dans les rêves et cauchemars d’un personnage principal que nous retrouvons sur la pochette, endormi dans un lit au milieu d’une pièce à l’univers gothique évident. Le choix des pseudos des membres du groupe n’est pas un hasard non plus (Bathory, Cthulhu, ou même Lestat parmi les anciens membres).

Les Russes ouvrent le bal avec « Alchemic Dream – Demonic Mantra », grâce à une sirène puis un black/death efficace rappelant le travail de Demonic Resurrection, tant au niveau des claviers que dans l’agencement des riffs. Des sonorités d’outre tombe viennent s’incorporer à l’ensemble du titre tout comme des murmures et des ambiances particulièrement gothiques, tout comme un « Night Shall Crown Ye » mettant en valeur certaines influences Abigail Williams parmi des touches électroniques et un chant féminin cristallin.

« Liturgy in Black Colour » ralentit le rythme pour nous proposer quelque chose de davantage atmosphérique où le chant furieux de Vad est mis en avant parmi des riffs de bonne facture, certes, mais déjà entendus. Le mélange black et death est bien appréhendé et apporte une certaine progression tout comme sur un « San Grinyol » plutôt gothique dans l’ensemble même si les éléments symphoniques sont de la partie, encouragés par des riffs bien black et quelques autres chants féminins.

L’aspect gothique extrême se retrouve beaucoup plus mis en lumière sur un « Thirteen Signs of Nostradamus » à l’introduction énigmatique et aux plages atmosphériques sombres récurrentes. Le type de riffing et le chant black peuvent rappeler le travail de Rudra, où les mélodies hindoues à la guitare se font reconnaître. A contrario, un « Secrets of the Moon » met en valeur un tout autre univers, où la fameuse comtesse Bathory est à l’honneur, le morceau étant non seulement glauque mais presque entièrement chanté par une femme, autant dans les parties claires que dans les parties criées.

Dommage cependant que l’album soit si disparate, tout comme cette scène black symphonique russe qui ne cesse de s’accroître. Le contraste est là d’un titre à un autre, tant dans la mise en place des thématiques que dans l’efficacité. Des breaks aux claviers peuvent avoir une intensité particulière, mais tout s’efface ensuite avec la reprise des couplets. Et bien sûr, il n’est pas facile de distinguer une chanson de l’autre, tant il manque une certaine personnalité. A croire qu’Artania pique un peu à tous les râteliers afin d’effectuer quelque chose de diversifié. Il y a donc encore du chemin, sans pour autant dire que le travail des russes soit insuffisant, seulement il faut aller de l’avant et s’extirper des influences.

 

Cypecore : Take the Consequence

Ξ décembre 1st, 2011 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal, Melodic Death Metal |

Cypecore : Take the ConsequenceDésormais reconnaissable grâce à leur « c » allongé par des barres comme un circuit en guise de logo et à leur duo de couleur jaune/noir, Cypecore fait un retour en grande forme deux ans après un « Innocent » convainquant. Cette fois-ci, le quintet a trouvé un label susceptible d’améliorer la distribution de son travail, Twilight Vertrieb devenant de plus en plus l’égérie des nouvelles formations allemandes. Malgré le fait d’être signé, Cypecore continue de tout faire tout seul, prenant de l’assurance quant à la production et à l’enregistrement des morceaux effectué dans leur propre studio. Le son est en béton armé, facilitant l’écoute de ce « Take the Consequence » et son appréhension.

Cypecore change peu sa recette, basant sa musique sur des riffs death mélo typiquement suédois mélangés à des variantes thrashisantes voire parfois modernes, tout en utilisant les influences à bon escient. Ajoutez à cela les fameuses touches cybernétiques, cette fois-ci plus mises en avant, et vous avez une bonne définition du son actuel des allemands.

« Take the Consequence » commence là où « Innocent » se finit. La progression ne choquera donc personne, car l’enchaînement du cd à l’autre se fait d’une grande facilité, la différence étant l’accentuation du côté dense et lourd apporté par les riffs et le le chant, oscillant entre growl et cri typé hardcore. Comme « Innocent » nous le sous-entendait, nous voici donc face aux conséquences de nos actes. Et nous vivons dans ce monde, détérioré par toutes les manipulations entreprises par l’homme. Manipulations touchant au désastre, qu’elles soient mécaniques, physiques ou chimiques. L’air devient toxique, la guerre a éclaté, et l’humain est dénué de tous sentiments. Le voilà maintenant pris au piège dans un monde invivable. Ces événements sont mis en relief par un certain aspect progressif, histoire de narrer les faits de plus, la pochette et son masque à gaz ainsi que l’intérieur du livret, très pessimiste et destructeur, ne peut que confirmer la chose.

Finalement, le mélange des couleurs jaune et noir n’est pas si anodin, dans le sens où l’on peut y voir cet aspect chimique mélangé à la noirceur des événements. Ce qui n’est pas totalement faux en soit, le livret et son champignon nucléaire confirmant les faits. Mais la musique de Cypecore détient un côté plus sombre et plus acéré par rapport à un « Innocent » en manque de prise de risque. On n’a toutefois pas atteint un stade ultime d’originalité, ces deux albums n’apportant pas un plus à la scène death mélo en général, mais il s’avère qu’il y a quelque chose qui se dégage de ce « Take the Consequence ». Sans doute, Cypecore a enfin réussi à mettre en valeur son concept.

L’album se rallonge, pour le même nombre de titres, à savoir douze, sauf que certains dépassent largement les cinq minutes. On a donc droit à une heure de musique pour un rendu très sombre et futuriste. Bien que ce sont les riffs qui battissent l’opus de A à Z, il n’empêche que l’atmosphère dégagée par certaines plages ralenties et lourdes ne peuvent que confirmer cet aspect morbide et décadent (« Plague », « Coma Vigil »).

Comme sus-cité, les éléments électroniques sont beaucoup plus présents, sans non plus noyer le contenu de cet album, mais ils posent le décor et agissent principalement en guise d’introduction pour chaque morceau (« The Lie of Redemption », « Feel the Ground [Devastated] »). On peut aussi les entendre au sein même des chansons comme sur le long « And the Sun Will Never Rise Again ». Enfin, couplés à des parties syncopées et énervées, on croirait entendre Sybreed parmi cette vague de modern metal mélangeant les relents électroniques et la vague cyber. En clair, Cypecore se retrouve le cul entre deux chaises, à savoir le melodeath et le neo-thrash.

Encore une fois, je vais m’attacher à l’intro et à l’outro, qui restent de nouveau de très bonne qualité et originales. Elles ouvrent et clôturent l’album comme il se doit, aussi apportent-elles beaucoup d’atmosphères et d’effets, si bien qu’on a véritablement l’impression de se retrouver dans un film de science-fiction. L’intro se dote d’une ambiance à la Matrix, avec ses violons apocalyptiques et son ambiance décadente, avec cette voix distordue et cette batterie mécanique. L’outro, quant à elle, nous gratifie de nappes de claviers sombres et futuristes, à l’arrière plan robotique, avant de nous faire part d’un rythme et de quelques guitares sous couverts de sonorités industrielles. Mais ne vous laissez pas berner par ses quatorze minutes, car la fin du morceau s’avère être une piste cachée puisqu’au moins huit minutes séparent le début du véritable final.

La machine Cypecore est en marche, et fonctionne plutôt bien, quand on voit la qualité et le côté pro de ce groupe, pourtant fondé en 2007. Le potentiel est confirmé, bien que l’opus en question « Take the Consequence » ne soit pas une merveille du genre. En tout cas, on ne peut pas leur reprocher un manque de personnalité, car les allemands ont leur patte, ce qui est plus qu’encourageant. La suite confirmera peut-être ces dires…

 

Cypecore : Innocent

Ξ décembre 1st, 2011 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal, Melodic Death Metal |

Cypecore : InnocentLa scène metal allemande reste connue pour son metal industriel (Rammstein, Oomph !…) ou son death technique (Obscura, Necrophagist), mais elle l’est moins pour son death mélodique ou son cyber metal. Pourquoi est-ce que je vous parle de ça ? Parce que Cypecore, originaire de Sinsheim, nous mixe un melodeath à la suédoise avec un peu de cyber à la Sybreed. Le résultat n’est pas forcément inattendu si tant est que l’on connaisse les failles de ces deux styles : on peut forcément s’attendre à quelque chose de mielleux, à du chant clair, à des sonorités électroniques trop mises en avant, à des influences trop fortes, en gros, à un manque d’originalité.

Il serait toutefois maladroit de partir sur ces bases là alors que Cypecore déroge quelque peu à la règle. Bien sûr, les influences se font ressentir (Dark Tranquility, In Flames pour le côté melodeath) mais elles sont utilisées à bon escient, si bien que l’écoute de l’album n’est pas si dépourvue d’intérêt. Pas de chant clair, si ce n’est la présence de quelques effets…Cypecore maîtrise son sujet avec sa sensibilité, tout en rajoutant des éléments cybernétiques sans non plus en faire de trop. Il y a donc un juste milieu mais peut-on parler de prise de risque ? A vouloir ne pas trop en faire, le quintet n’en fait peut-être pas assez…

Malgré une auto-production de qualité et un packaging soigné, mettant en valeur les couleurs phares de Cypecore, à savoir le jaune et le noir, l’album se composant de douze titres ne met pas totalement en valeur les thématiques qu’il aimerait exposer. Ainsi, s’il on parle de prise de conscience, de la période pré-apocalyptique, du courage face à la mort, des rouages du temps et des machines, l’ambiance, bien que sombre et futuriste dans son ensemble, reste quelque peu approximative de temps à autre, si bien qu’on se retrouve avec quelque chose d’inégal de ce côté là. Toutefois, même si les sonorités électroniques n’interviennent pas sur tous les titres, le growl maîtrisé et les riffs acérés et précis du duo de guitaristes nous mettent bien sur la voie, tout en se teintant d’éléments thrash sur certains passages (« Everydying »).

De plus, les soli restent plutôt bien trouvés et les passages atmosphériques tranchent avec le côté agressifs des morceaux, relevant le côté cybernétique des compos même si cet album n’est pas le plus cyber du monde. Par contre, des samples du genre viennent s’intégrer à certains endroits, tel que l’introduction de « Final Hour » qui, avec son alarme, ses bruits et ses nappes futuristes, ne peut que nous évoquer le cataclysme dont nous aurons la signification dans le prochain album « Take the Consequence » (2010). Mais rien que le côté furieux et rentre dedans de « Something Inside » ou «The Origin of Hate » peuvent nous mettre sur la voie, le côté mélodique ne prenant pas trop le pas sur le côté agressif.

Jusque là, si le côté cybernétique n’avait pas paru si évident, il le devient beaucoup plus à l’écoute de l’intro et de l’outro, qui sont justement censées mettre en lumière le plus possible le concept et l’atmosphère principale de ce « Innocent ». La première met en avant des sonorités électroniques robotiques et mécaniques, pendant qu’une mélodie sombre et mystérieuse au clavier nous emporte jusqu’à une partie plus inquiétante où les violons et le piano font leur apparition. Pas de guitare cependant, tout est instrumental mais particulièrement immersif et bien ficelé, si bien que cette intro pourrait faire partie des meilleurs titres de l’opus (et du cyber en soit). La deuxième est une conclusion digne de ce nom, laissant sur notre faim, certes, mais nous préparant à la suite, grâce à des sonorités industrielles et une mélodie particulièrement douce et cristalline.

« Innocent » est plutôt bien fichu, ne manque pas de bons riffs et de bons moments, mais on aurait aimé plus de prises de risque quant à la mise en valeur des atmosphères et la diversité des riffs. Le potentiel est tout de même là mais il faut qu’il soit confirmé. Peut-être le sera-t-il avec « Take the Consequence » (2010)…

 

  • Index

  • Reviews

  • RSS Spirit Of Metal News

    • [news] Elvenking : Nouvel album 20 septembre 2017
      Le groupe sortira son nouvel album, intitulé Secrets of the Magick Grimoire, le 10 Novembre via AFM Records. Tracklist: 1. Invoking the Woodland Spirit 2. Draugen’s Maelstrom 3. The One We Shall Follow 4. The Horned... […]
    • [news] Drowning Hope : Date de sortie et extrait du nouvel album 20 septembre 2017
      Via son site officiel, Drowning Hope annonce la sortie de son cinquième  album intitulé "Deep Water" Un premier extrait, "Lighthouse" est disponible   Sortie... […]
    • [news] Dragonhammer : Nouvel album 19 septembre 2017
      Le groupe sortira son nouvel album intitulé Obscurity, le 27 Octobre via My Kingdom Music. Artwork de Rob Marconi Tracklist:1. Darkness Is Coming 2. The Eye of the Storm 3. Brother vs Brother […]
    • [news] Martyr Defiled : C'est fini 19 septembre 2017
      Après 10 ans d'activité, le groupe de deathcore anglais se sépare. Voici leur déclaration en anglais: "After 10 amazing years, we have decided to call an end to Martyr Defiled. This is a decision that has taken a lot of soul-searching and heartfelt conversations... […]
    • [news] Përl : Përl dévoile un teaser video de "Luminance" 19 septembre 2017
      Përl, le trio parisien de Post-Metal Atmosphérique, viens de dévoiler une vidéo présentant des extraits des morceaux issus de leur prochain mini-album. Përl sortira "Luminance" fin novembre 2017 en autoproduction qui contiendra cinq titres pour une durée... […]