Kalevala (RUS) : The Cuckoo’s Children

Ξ décembre 13th, 2011 | → 1 Comments | ∇ Folk Metal |

Kalevala (RUS) : The Cuckoo's ChildrenLe Kalevala est l’épopée nationale finnoise comptant parmi les plus importantes œuvres du coin. Il raconte des mythes, des légendes, des récits héroïques en tout genre. Ce poème est très réputé en Finlande et influence une multitude de groupes de folk metal principalement, dont Korpiklaani. Mais aussi Kalevala, un combo russe fondé en 2007 à Moscou et déjà auteur de plusieurs productions. Inspirée par la culture finnoise et ses contes, la formation, comptant près de huit membres, n’hésite pas à emprunter les éléments faisant la force de Korpiklaani ou de Finntroll dans la foulée, s’équipant d’instruments folkloriques traditionnels tels que que les flûtes ou les accordéons, pour un résultat très entraînant et festif.

En effet, il s’agit d’un folk metal très convivial et très nature, dans lequel nous retrouvons nos huit membres bras dessus bras dessous. Armés d’un album nommé « The Cuckoo’s Children », référence à un petit oiseau que l’on connaît mieux sous le nom de « coucou », les russes nous offrent une musique joyeuse accompagnée au chant par Xenia, nous gratifiant d’un langage russe dépaysant pour nous, européens.

Cet opus est l’expression des traditions russes mélangées aux traditions finlandaises, offrant à l’auditeur un folk metal pur et old school. Rien de bien nouveau ni d’original, les moskovites privilégient leur manière assurée de nous présenter de bons riffs mixés à des mélodies folkloriques très entraînantes et entêtantes. Prenez votre verre de vodka et venez danser aux côtés de ces musiciens qui n’en font qu’à leur tête. D’autant plus que le premier morceau « Kalevala » ne pourra que vous montrer le vrai visage de Kalevala. Ils ne lésinent ni sur les instruments ni sur l’aspect bucolique qui se dégage de titres tels que l’éponyme « Cuckoo’s Children » ou « Pussy Willows Crie », l’accent étant porté sur l’accordéon.

En tout cas, lorsque les guitares sont à l’honneur, c’est pour nous jouer des riffs plutôt heavy et lancinant bien que mélodique, sans même lancer quelques offensives opportunes. Car au final, ce sont les parties acoustiques qui sont les plus mises en lumière, comme sur « The Wind at Back » rappelant à certains moments un « Mother Earth » de Within Temptation sur les parties les plus calmes et natures.

On ne peut pas dire que cet album manque de tonus, c’est indéniable. Par contre, on peut évoquer une certaine linéarité de morceau en morceau, certains passages revenant de temps à autres. On peut aussi se retrouver déstabiliser par le manque de puissance et même parfois, ça arrive, de justesse, de la voix de Xenia, elle qui, à une lettre prête, aurait pu porter le nom d’une guerrière très connue. Ce qui aurait pu fonctionner pour ce groupe cherchant à s’inspirer de récits héroïques.

En clair, un album sympa, sans plus, ancré dans une bonne tradition folk metal, tout en se dotant d’une bonne qualité et d’une certaine rapidité d’exécution, mais manquant de profondeur, de progression et de justesse. Affaire à suivre…

 

Neurotech : Blue Screen Planet

Ξ décembre 13th, 2011 | → 14 commentaires | ∇ Cyber Metal |

Neurotech : Blue Screen PlanetNeurotech aura été peu de chose à ses débuts avec la sortie du premier EP « Transhuman » quelque peu timide et incertain malgré une certaine force et une âme. Le maître à penser Wulf aura travaillé d’arrache pied afin que son projet unique naisse comme il se doit, armé de divers instruments et d’ordinateurs, tout en gardant un œil vers l’actualité mais aussi vers le futur. Neurotech, c’est l’expression de l’évolution de l’humanité dans un monde en progression continue, autant écrasé par les avancées technologiques que les expériences en tout genre de l’homme. « Transhuman » était le reflet même d’un univers transformé où tout n’était que machine.

Puis « Antagonist » arriva en mars 2011, plus mature, plus efficace et pêchu, et surtout plus travaillé. Wulf, en véritable génie, avait réussi à instaurer une aura futuriste et mélancolique, tout en privilégiant l’aspect mélodique et atmosphérique, sans toutefois mettre de côté ce sens de la mécanicité. Un véritable pas en avant pour le slovène, devenant sans aucun doute l’entité la plus cotée dans son pays mais aussi dans l’univers du cyber metal aux côtés de Sybreed ou encore Illidiance. Désormais, on ne peut que citer le nom de Neurotech parmi ces formations atypiques, arrivant à instaurer une atmosphère sombre, mécanique, futuriste et agressive au sein de mélodies et de relents pessimistes.

Il était clair qu’après la sortie d’un tel album, le one man band ferait encore parler de lui. Chose faite. Wulf nous offre un merveilleux cadeau de fin d’année avec la sortie d’un nouvel EP « Blue Screen Planet ». Cette fois-ci, on change d’horizon et de monde : nous voilà dans un univers tout en cristaux liquides, parmi toute la magie numérique, les écrans et la technologie. Cette dernière a pris possession de l’espèce humaine, véritable esclave d’un monde faux et stérile devenu froid et vide d’émotions.

Avec cette offrande, on tombe en pleine révolution où les mots atmosphériques et épiques prennent tout leur sens. Alors que « Antagonist » mettait la barre assez haute, « Blue Screen Planet » fait de nouveau un pas en avant, dépassant de loin nos espérances. Comme l’avait dit Wulf : « Antagonist étant une version plus élevée de Transhuman, le prochain opus devrait être une version améliorée d’Antagonist ». Le jeune homme n’a pas menti et ne s’est pas loupé. Il pousse le concept jusqu’au bout, rendant la musique encore plus puissante, travaillée et maîtrisée. L’homme et sa machine…une fusion que l’on peut ressentir au sein de ces deux morceaux longs de plus de huit minutes pour une durée totale de presque vingt minutes. On a beau atteindre la durée d’un « Transhuman », il n’empêche que ce « Blue Screen Planet » mise beaucoup plus gros en matière de développement instrumental et d’ambiances, les deux titres proposés se suivant littéralement. De nouveau, les guitares servent à appuyer la rythmique alors que les claviers ont la place la plus importante. Selon Wulf, « Une musique sans mélodies, c’est ennuyeux ». Et on peut dire qu’il reste fidèle à lui-même : nous avons droit à de merveilleuses mélodies aussi mélancoliques que pessimistes et même lumineuses par moment, à l’intérieur d’un amas de parties orchestrales, de choeurs, de rythmes mécaniques, d’effets électroniques cybernétiques et d’ambiances à couper le souffle.

Axiom

Et non action. Axiom se réfère à un ordinateur et à une opération pouvant aider aux calculs et au développement d’un système d’algorithme. On se retrouve encore une fois au sein de la technologie, et c’est ce point qui est mis en valeur dans la première partie de l’EP. Juste et incroyablement progressif, ce morceau nous narre des événements à travers des passages bien intercalés et finement composés, où la voix rageuse et irrémédiablement plus synthétique de Wulf arrive à nous tenir en haleine à travers ce dédale de mélodies imparables. Le piano, les choeurs et les arrangements purement orchestraux arrivent à apporter une force et beaucoup d’émotions à un morceau on ne peut plus épique et grandiose. Du coup, on se retrouve avec le côté spatial d’un « Eternal » de Samael avec les mélodies si chères à Neurotech, les effets et sonorités électroniques et décadentes de Sybreed, le côté prog de Kalisia, et l’univers impérial, épique et inquisiteur d’un « Conqueror » de Mechina.

La quatrième minute de ce « Axiom » annonce les hostilités avec une agressivité palpable et un fond assez sombre, soutenu par des choeurs furieux indiquant un soulèvement, jusqu’à un break très typé Sybreed sur « The Pulse of Awakening », pour filer droit vers des atmosphères à couper le souffle et un final magistral, puissant, digne d’une BO de film et surtout, ce blast ultime terminant le morceau.

Revelation

Neurotech prend beaucoup plus d’assurance et se permet d’avoir de l’ambition en nous proposant sa première piste instrumentale et sans guitares. Le titre commence là où « Axiom » s’était arrêté en reprenant la mélodie principale, mais en transformant le tout en atmosphérique voire ambient. Wulf arrive à insuffler à cette suite une âme et une force extrême, tout en évitant de tomber dans la grande linéarité. Elle étonne, elle prend aux tripes, tant par les ambiances futuristes et cosmiques que par son rythme mécanique et ses choeurs magnifiques. Subtils, les effets électroniques et ambient rappellent Jean-Michel Jarre, une des influences de Wulf. Le clou du spectacle arrive à 04:48 avec une puissance indéniable et un apport considérable de frissons et d’émotions, dû à ce côté sombre et pessimiste si adapté au concept du slovène. La fin, elle, se veut quelque peu longuette, tout ne peut pas être parfait. Mais ce qui est clair, c’est qu’on n’en ressort pas indemne…

Neurotech est au sommet de son art, offrant finalement un EP peut-être meilleur qu’ « Antagonist », plus recherché dans les mélodies, bien que moins pêchu, on ne se situe pas vraiment dans le même registre. En tout cas, on peut clairement affirmer que Wulf y aura mis toute son imagination, arrivant à nous apporter, comme il le disait, une version plus élevée de l’album précédent. On espère que cela se confirme avec le prochain full length, en attendant, certaines formations cyber metal ont de quoi avoir la pression, et cela ne serait pas étonnant quand on voit le travail acheminé derrière tout ça. Du bon boulot.

 

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