From The Vastland : Darkness vs. Light, the Perpetual Battle

Ξ janvier 31st, 2012 | → 0 Comments | ∇ Black Metal, Oriental Metal |

From The Vastland : Darkness vs. Light, the Perpetual BattleAu Moyen-Orient, la scène black metal s’étend de plus en plus et ce depuis quelques années seulement. L’apport des nouveaux moyens de communication y est certainement pour quelque chose ainsi que l’accroissement de nombreuses scènes dans le monde entier. En Iran par exemple, on n’est pas si avare que ça en metal extrême et surtout en black metal. Bien sûr, les formations peinent à s’exporter en Europe, entres autres, manque de moyen et de production obliges. Toutefois, il y a un petit one man band qui a réussi à se dégoter le label ukrainien Arx Productions pour la sortie de son premier effort nommé « Darkness vs Light, the Perpetual Battle ».

Fondé en 2010 par Sina après déjà sept ans d’activité dans des groupes annexes, From The Vastland prend comme influence l’histoire ancienne de la Perse afin de faire un black metal mélangé à des thématiques historiques et mythologiques, telles que les guerres ou les événements surnaturels impliquant une lutte entre les ténèbres et la lumière, le bien et le mal, etc, en se basant sur la religion zoroastrisme.

Sina nous propose donc un black metal agressif mais guidé par une guitare mélodique en fil conducteur, malgré de grandes offensives et des blasts souvent continus. Toutefois, les dix morceaux s’enchaînent très bien, dégageant une ambiance épique et guerrière comme sur un « Eternal Antagonist Of Vohu Manah » rappelant les formations déjà existantes dans le genre. Le multi instrumentiste maîtrise tous ses instruments, même si on peut ressentir une différence de production, ne serait-ce que dans la distorsion de la guitare et du son de la batterie.

Tout semble régi par le Dieu du chaos total, du ciel et de la terre, à savoir Ahura Mazda. La musique est tout autant épicée qu’orientale sur un « Dawn », entre autres, dirigé par une guitare arabisante à la manière de Narjahanam. Et puis le symbole divin du feu fait son apparition sur un « The Light of Revelation » bien brutal et nerveux, mené de main de maître par une voix criée très expressive. A contrario, c’est sur « Glacier » que l’eau est mise en scène grâce à un sample de rivière et à une guitare acoustique mélancolique et fraîche.

C’est avec l’arrivée de « Serpent Empire of Angra Mainyu » que les idéologies zoroastristes se font plus imposantes, Angra Mainyu étant l’esprit mauvais représentant le jour et la nuit, la vie et la mort. Le titre est très épique et fait la part belle à une agressivité palpable, mise en œuvre par des riffs violents et épiques à la fois et une voix bien arrachée. Cela se perpétue sur « Thousand Years Of Eternity »/ « Vayu » qui se laissent plus inspirer par la mythologie perse et cela se ressent avec l’arrivée de sonorités plus traditionnelles et de chœurs mystiques.

From The Vastland impose une aura mythologique dans un pays où les péripéties historiques ne manquent pas. Grâce à son expérience, Sina nous offre un bon album de black metal à tendance épique, combinant agressivité et traditions mais n’inventant toutefois pas la poudre. Il n’en reste pas moins efficace tout en jouissant d’une production pas excellente mais acceptable, mettant en valeur le style pratiqué.

 

Burn The Water : Eschatological

Ξ janvier 30th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Experimental |

Burn The Water : EschatologicalA même pas 17 ans, D.e.v. a déjà plus d’une corde à son arc, membre d’un projet annexe nommé Magiska Krafter en collaboration avec le blackeux Satanic Tony (Demorian, Wintercold) et tête pensante d’un one man band bien différent, tourné vers l’expérimentation et la musique industrielle. Créé en 2011 en Inde, Burn the Water est une autre manière de rendre possible ce qui est impossible, s’inspirant de formations connues telles que Sybreed ou Devin Townsend afin de monter un EP totalement personnel et différent de ce qu’on peut entendre en général.

Du haut de ses quinze minutes, « Eschatological » nous parle de la fin du monde et de l’humanité à travers un metal quelque peu malsain, perturbant et perturbé, reflet même du concept mettant en scène une fille souffrant d’une maladie mentale peu après la seconde guerre mondiale. Les Hindous auront toujours été doués pour nous proposer des univers totalement décalés, comme Amogh Symphony et le très doué Vishal.

D.e.v, lui, emmène l’auditeur autre part, dans les abysses d’un monde en déclin, ce qui s’entend d’office avec la venue du premier titre d’une trentaine de secondes où un échos nous indique que la fin est toute proche. On n’entend que lui, telle une voix étrange nous prévenant d’un désastre. Puis la première partie de « The End » montre tout l’aspect expérimental de Burn The Water qui mélange un discours de détresse à des sonorités industrielles tordues et du morse. Le tout se poursuit sur la deuxième partie, intégrant cette fois-ci les guitares et une ambiance post apocalyptique. Les claviers sont autant mis en valeur que la voix, bizarre certes, alternant growl et chant clair atmosphérique et désespéré sur des riffs simples mais efficaces et révélateurs de l’atmosphère générale.

La venue de « The Scene » ne se fait pas sous les meilleurs auspices, car le côté déjanté et perturbé se fait d’autant plus ressentir, sous couverts de sons électroniques, de riffs planants bien que dans l’esprit mathématique, et de voix bien écrasantes. Certaines touches de claviers et d’arrangements arrivent à être hypnotiques dans cet amas sombre d’expérimentations, aussi étrange soient-elles.

C’est avec la présence de The Siren’s Allure (Techno metal – Etats Unis) que se termine l’EP, proche d’un mathcore côtoyant les caractéristiques de Sybreed aussi bien dans la voix criée que dans l’atmosphère générale, ainsi que des touches death, que ce soit dans les growls et certains riffs. C’est tout de même les sonorités électroniques et les mélodies tordues et malsaines qui prennent le pas afin de ne pas oublier dans quel monde nous nous situons. C’est désolé, perdu, remis en question…

D.e.v. Ne fait pas dans la simplicité et arrive à s’extirper des courants actuels pour embarquer l’auditeur dans les bas fonds d’un esprit perturbé mais innovateur. Tout son potentiel est à affirmer dans un futur full length.

 

Vermin (GER-2) : Paradise

Ξ janvier 29th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Death Metal |

Vermin (GER-2) : ParadiseIl y a, à ce jour, quatre groupes portant le nom de Vermin et deux se situent en Allemagne. Ce quatuor fait partie de l’un des deux, la différence étant le style pratiqué et son activité. En effet les Allemands, originaires de Bayreuth, officient dans le death metal et ce, depuis plus de huit ans. Quelques soucis de line up auront eu raison de leur productivité dans la mesure où ils ont sorti peu d’albums en ce laps de temps mais les live auront été importants et auront contribué à leur apporter un peu plus de popularité.

Grâce à un line up stable et à l’appui de Stephan Fimmers (Necrophagist) pour la production aux Aexxys Art Studios, Vermin s’impose avec son premier album « Paradise » évoquant Mars et sa possible colonisation. Les Allemands s’échappent quelque peu des pochettes agressives ou gore du death metal pour instaurer une imagerie plus chaleureuse, malgré une musique teinté d’éléments old school et thrash. En effet, malgré ses origines, le groupe ne fait pas dans un death technique à la Necrophagist ou Obscura mais se laisse influencer par la scène Floridienne et le death metal légendaire de Morbid Angel, entres autres.

Le duo « Paradise » et « While You Were Dead » mettent le cap vers des horizons variés et travaillés où Vermin mélange habilement death metal et thrash metal, mettant à profit l’alternance de tempos, il ne sera pas étonnant de tomber sur des passages lents laissant la place à des passages plus rapides et incisifs. Idem sur un « Empty Eyes » et son intro pachydermique montrant que Vermin peut coupler la puissance du death metal à la rapidité et l’énergie du thrash.

Alors que « Public Violation » ou  « Forsake » font la part belle aux riffs et growls old school, dans l’esprit, « Impact » montre une facette plus mélodique dans l’exécution de son death metal, ainsi que le long « Frozen Mirror », mettant en valeur les ambiances et le côté soigné des guitares, les mecs s’en donnant à cœur joie dans les jeux et influences avec un léger aspect technique.

Avec ce « Paradise », Vermin arrive à mélanger le death floridien au thrash allemand tout en imposant une certaine personnalité et une certaine dynamique, même si la majorité des pistes soient en mid tempo. Toutefois, le quatuor avec ce premier full length prouve que ce n’est pas la productivité qui compte mais le travail.

 

Blackthorn (RUS) : Codex Archaos

Ξ janvier 26th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Blackthorn (RUS) : Codex ArchaosC’est de nouveau en Russie que nous nous dirigeons pour parler black symphonique, ce pays à la scène si variée et aux découvertes metal si nombreuses. C’est aussi dans ces contrées hivernales que beaucoup de femmes sont mises en valeur dans des formations extrêmes, preuve en est avec Arkona ou encore Arcane Grail. La tendance ne s’inverse pas avec Blackthorn, au contraire. Le combo, formé en 2004, se compose à 100% de femmes et officie dans un black/death symphonique puissant et représentatif d’une scène en plein essor. Et il faut le dire, ces cinq nanas ont de quoi faire des envieux du côté des hommes !

Si les précédents albums étaient plus tournés vers un metal gothique assez brute de décoffrage, Blackthorn franchit le cap de l’extrême et nous propose une musique personnelle et assez spéciale, mélangeant des ambiances lugubres et bien sombres à un black metal furieux et féminin. Le chant lyrique soprano d’Aina apporte beaucoup à la musique des Russes, ceci les rapprochant d’Arcane Grail ou de In Silentio Noctis pour la voix.

Mais le quintette sait tirer son épingle du jeu en imposant un certain aspect théâtral, avec non seulement ce mélange de voix (on a aussi beaucoup de growls) mais aussi ces parties symphoniques parfois bien grandiloquentes et le découpage en actes dans le livret. Le piano est vecteur de mystère tandis que le violon de Less, à la manière d’un Dominia ou Carach Angren, sait s’incorporer facilement aux compositions afin d’apporter un aspect plus mélodique voire perturbant (« Dismalediction and the Remedy » ou « Hexshadow Turned to Flesh »).

L’opus commence donc sur les chapeaux de roue avec le duo « Divination in Blood » et « Vehemence Came As Anodyne », montrant de quoi Blackthorn est capable. Un black sympho/gothic à l’orchestration soignée et grandiloquente, une efficacité du riffing mi death mi black et du chant qui se maîtrise de bout en bout, autant dans les parties lyriques d’Aina que dans les growls d’Elvira.

C’est littéralement une déferlante d’éléments qui nous est apportée par ces cinq filles qui ne font vraiment pas dans la dentelle ! Les accélérations black metal sont très réussies et se chargent d’ambiances très particulières comme sur un « Emptysis Kiss » mettant l’accent sur les orgues et les allés et venus de riffs. « Arria Marcella » par contre nous propose un soupçon de clavecin, de mélodies à la limite de l’arabisant et de blasts maîtrisés. Cependant, Blackthorn arrive à son top niveau avec un « Posthumous Passion Ephemera » très prenant, nous offrant les choeurs du Conservatoire de Moscou et une ambiance bien sombre, soutenus par un duo lyrique/growl de charme, des riffs tranchants et un violon étrange.

Pour une fois, Blackthorn s’acoquine avec l’anglais et laisse quelque peu tomber la langue russe, sauf sur « ?????????? ???? » qui fait la part belle à tous les arrangements orchestraux et au délicat phrasé de Aina, sans toutefois laisser de côté l’agressivité des guitares et du rythme. Idem pour un « Hexshadow Turned to Flesh » très dramatique dans l’esprit, avec ses envolées au piano lors du refrain et ce couplage violon/guitare.

Enregistré dans trois studios différents dont le KIV records studio du fameux Igor Korolyov (Arkona, Stigmatic Chorus), « Codex Archaos » est un très album pour un groupe qui a sa patte et qui a réussi à s’échapper des influences norvégiennes qui font (trop souvent) la marque de fabrique du black symphonique russe. Car ce n’est pas du côté de Dimmu Borgir qu’on se situe, mais plus du côté de Carach Angren, avec cet aspect très théâtral et ces ambiances bien atypiques. Il n’empêche que cet opus ravira ceux qui n’aiment pas spécialement les grosses voix, dans la mesure où c’est le lyrique qui prend le pas sur le reste.

 

Deus.Exe : Transhuman

Ξ janvier 24th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal, Death/Thrash |

Deus.Exe : TranshumanNée de prime abord sous le nom de Flag Of Decay, la formation allemande de thrash metal se stabilisa quelques temps plus tard et prit le nom de Deus.exe, mélangeant judicieusement la locution latine avec le « .exe » déterminant un programme exécutable. Le quatuor a donc transformé sa musique afin d’en faire un cyber death/thrash metal très porté sur la brutalité des riffs et les atmosphères noires, ce qui s’est fait ressentir illico dès sa première démo en 2006 et bien sûr, sur l’album de 2008.

La même année, Neurotech sortait son premier EP du même nom, exhibant un concept plus ou moins identique porté sur la transformation de l’homme en machine. La différence régnait dans le style pratiqué, le Slovène touchant peu à l’extrême, et dans la mise en place de l’histoire racontée. Deus.exe emmène l’auditeur aux racines de l’évolution, apportant une certaine progression au fil des morceaux. Il propose aussi sa propre vision ainsi qu’un certain aspect dramatique, intégrant un panel d’éléments conséquents qui alimentent au mieux le concept des Allemands.

Deus.exe met en scène l’ensemble des machines. Ces dernières arrivent à se déconnecter du réseau et à s’envoyer un message binaire, sorte de code destructeur et vecteur de la mise en route d’un programme d’éradication. Leur but devient de plus en plus clair, non seulement elles veulent se libérer du joug de l’humain, mais en plus elles le considèrent comme une maladie qu’il faut à tout prix éliminer. L’apocalypse des machines est donc en route…

Le groupe ne fait pas dans la finesse de ce point de vue là et nous offre presque une heure de musique au sein d’une atmosphère bien sombre et synthétique. Gros riffs death/thrash bien lourds, alternances de chant, parfois clair, parfois growlé, sonorités électroniques/robotiques alléchantes et rythmique bien énergique et catchy. Deus.exe se différenciait déjà par la façon d’exécuter son cyber, se libérant de toute influence djent mais s’inspirant de son passé de thrasher et de quelques formations melo death. Le résultat est quelque peu novateur dans la mesure où le quatuor mélange aussi bien parties atmosphériques et parties bien lourdes et brutales dans un cyber très pointu.

Pourtant, l’entrée en matière de « Disconnected » ne paie pas de mine et peine à nous proposer l’ensemble cyber tant attendu, on se retrouve davantage avec un ensemble bien tranchant avec de bons gros riffs et des parties brutal death à la Suffocation du plus bel effet, toutefois les éléments industriels ne sont que peu présents, si ce n’est lors du refrain planant à la voix certes atmosphérique mais manquant de justesse. Elle devient même agaçante.

C’est avec « 00010111 » (et sa rupture inadéquate dans l’électronique) et « The Burning Sickness Within » qu’arrivent les hostilités et la musique prend d’ors et déjà une autre teinte. Plus sombre, plus mécanique dans la rythmique, plus futuriste et cybernétique dans les sonorités électroniques très atypiques (une fois de plus, je ne peux pas coller un terme à ces « titutitutitutituti » répétés), plus agressive et perturbé dans le chant. Le tout se retrouve plus synthétique, moins humain et plus centré sur les violences digitales. Des touches de piano apportent un aspect plus inquiétant avant que les claviers gagnent en puissance.

« SDN » fonctionne littéralement comme une déclaration de guerre avec un cyber death très brute de décoffrage, growl caverneux, sonorités ultra artificielles… ici c’est la machine qui parle et qui annonce clairement ses intentions. L’humanité est une maladie ! Son apocalypse se produit au sein d’un « Apocalyp-tech » malsain et horrifique, les claviers et le growl profond de Leo étant les maîtres de ce morceau très noir et marquant la fin d’une ère où des riffs tordus à la Strapping Young Lad viennent s’insérer de ci de là.

Finalement, les machines ont pris la décision de ne pas nous annihiler complètement, elles veulent toutefois nous priver de toute humanité et nous assimiler. Cette deuxième partie du concept peut rappeler à certains les fameux Borgs de la série Star Trek, l’humain étant contrôlé dans le but d’en faire une colonie mécanisée au service d’un réseau cybernétique dans lequel toutes les machines ne font qu’une. Ici, H+ n’est pas le symbole de l’ion mais une sorte de code pour désigner un homme « évolué ». Les titres s’y référant parlent des deux processus de Transhumanité. D’abord, la conscience est retirée puis l’aspect digital est transcendé, l’homme-machine n’ayant plus besoin de son nouveau maître pour progresser. Le pilier « Point of Singularity » se situe entre ces deux phénomènes et met parfaitement en musique ce processus dramatique. Le titre se veut très agressif avec des accélérations et des riffs death metal à la Immolation très bien exécutés, les blasts beats étant les bienvenus au sein de ce déluge de riffs. Le chant n’aura jamais été si varié, entre chant clair désespéré, chant black déshumanisé, chant synthétique et growl lors des parties les plus lentes. Ces dernières restent tout de mêmes les plus oppressantes et les plus écrasantes, mélangeant la lourdeur des guitares à la puissance noire des claviers et des sons robotiques, jusqu’à atteindre un final doomesque des plus saisissants.

Si jusqu’à présent l’ensemble était déjà très noir et apocalyptique, la fin de l’opus surprend avec un « sane » complètement maladif, l’homme étant victime d’un rejet ! Sa condition de machine ne lui sied pas. Non seulement toute sa conscience n’a pas été vidée mais en plus c’est l’auto-destruction qui le guette, le processus de Transhumanité ayant quelque peu été un échec. Il se rend donc compte de sa déchéance ralentie et ceci s’effectue avec une musique sans répit, tordue, folle, reflet même d’une certaine panique. Les riffs sont incontrôlables, le rythme instable, le chant aliéné et les claviers dérangeants.

Ce « Transhuman » sera quelque peu passé inaperçu en France, un comble dans la mesure où ce pays héberge un bon panel de groupes cyber. Toutefois, il est clair que Deus.exe a de belles heures devant lui s’il continue dans sa lancée sans se perdre dans les pièges de la redondance et des concepts doublon. Il n’empêche que les « cybernauts » signent un très bon album, aussi original qu’efficace, entraînant de A à Z l’auditeur dans un monde très sombre, violent et apocalyptique.

 

Je : Un Royaume de Nuit

Ξ janvier 23rd, 2012 | → 0 Comments | ∇ Avant Garde Black Metal |

Je : Un Royaume de NuitProjet musical de E.z.k (ex-Malevolentia), Je est né courant 2006 en tant que one man band et ce n’est que plus tard que cette formation singulière devient un groupe grâce à l’arrivée de nouveaux membres. Les Bisontins font très peu parler d’eux mais ont le but très précis d’exprimer des sentiments à travers leur musique. En effet, le trio s’inspire principalement de l’homme, de son individualisme, de ses sentiments et de son comportement, afin de mettre en place ses thématiques. Pas pour rien qu’on retrouve assez fréquemment les notions d’urbanisme et de solitude au fil des paroles. Et le patronyme du groupe n’est pas non plus dénué de signification, s’appliquant non seulement à tout personne mais surtout, à l’essence même du trio en question.

Je se met donc à nu avec un premier EP signé chez les Ukrainiens d’Arx Productions. Se dotant d’un artwork sobre et pessimiste, le trio effectue dans un mélange de post-black, de post-rock et de shoegaze, un terme qui apparaît de plus en plus souvent en ce moment et qui décrit la tendance des guitaristes à utiliser des effets et des distorsions, conférant un certain aspect bruitiste. Je essaie de mixer le tout, tout en intégrant des émotions et des sentiments au sein même de ses morceaux, en utilisant le côté mélancolique et torturé du post-rock avec l’agressivité et le côté rêche du black metal.

Inspiré par Alcest ou Amesoeurs, Je essaie tout de même de créer quelque chose de personnel. Ceci étant, on ne peut pas dire que cela soit réussi au plus haut point. Même si la production est tout à fait convenable, il n’empêche que la musique de Je pêche sur plusieurs aspects. La fusion des styles, par exemple. Les alternances sont parfois très maladroites comme sur « Les Mensonges de l’Aube », qui, si pris séparément, nous gratifie de bonnes parties black à la limite de l’épique et de douces envolées à la guitare acoustique. Pris ensemble, on peine cependant à y voir une certaine cohérence, on passe du coq à l’âne, même si on aurait pu comprendre ça comme un changement d’état d’esprit.

« Materiel », quant à lui, arrive à avoir une certaine cohérence et le mix est plutôt bien appréhendé, dans la mesure où les riffs rock et black sont maîtrisés et laissent place tantôt à une voix criarde hargneuse, bien que manquant d’efficacité, tantôt à une voix rock. Cependant, on regrettera ces longueurs et ce manque de punch. Il n’y a pas ce côté catchy qui nous permettrait de tenir bon jusqu’à la fin du titre. Idem sur « La Chûte de l’Être », instrumental et acoustique, mélodique et mélancolique, mais trop long et peu varié.

En revanche, l’éponyme « Un Royaume de Nuit » suffit à lui-même et s’aventure dans l’expérimental tout en nous proposant de très bonnes ruptures, le black se transformant en post-rock ou en minute acoustique. Les riffs distordus et quelques soli font la part belle aux vocaux décharnés de E.z.k et la mélancolie prend le pas sur le côté sombre des compos en général. Dommage toutefois que la batterie soit très mal mixée, son côté rude ne collant pas trop à la délicatesse des guitares.

« Un Royaume de Nuit » ne marque pas et reste encore très approximatif et sec. Je, à travers cet EP, ne semble pas totalement exprimer ce qu’il a au fond de lui, comme si son potentiel était encore enfermé et ne se contentait que de mélancolie ou de sentiments de solitude. Il faudra développer davantage et tenter de se démarquer pour éviter ces relents à la Amesoeurs traînant par ci par là.

 

Nerve End : Axis

Ξ janvier 21st, 2012 | → 0 Comments | ∇ Progressive Metal |

Nerve End : AxisLes mouvements djent ne cessent de s’accroître et touchent les jeunes formations en particulier. Popularisé par Periphery ou encore TesseracT, cette vague s’intègrent autant dans le hardcore que dans le metalcore, le deathcore, ou le math mais tous possèdent cette caractéristique bien précise : un style syncopé, progressif et polyrythmique avec quelques touches d’expérimentation.

La Finlande est elle aussi touchée par le virus djent. Nerve End vient de Joensuu et se compose de quatre gars motivés et ambitieux. Auteurs d’un premier EP en 2010, fiers des nombreuses impressions reçues ces derniers mois, les finnois sortent un nouveau petit essai fin 2011, en prévision d’une tournée au printemps prochain si tout se passe bien.

Quatre morceaux composent cette galette auto produite. C’est le chanteur/guitariste Joonas Kaselius qui s’est chargé de la production et de l’enregistrement, tout en donnant carte blanche à Aurelie Curie, une exploratrice urbaine aux USA, pour l’artwork sombre et aseptisé, et en invitant Aleksi Sihvonen (Norther, Medicated, ex-Imperanon) en guest.

Le groupe officie dans un metal moderne proche de l’hardcore mais en mélodique et avec ces relents djent et progressifs. L’entrée en matière se fait avec « Venom Willow » nous gratifiant déjà de sonorités électroniques ainsi que des riffs caractéristiques saccadés et polyrythmiques, avec ce claquement djent très pointu. Le chant crié de Joonas est assez inégal dans l’ensemble mais lorsqu’il est plus maîtrisé, il sied parfaitement à l’ambiance moderne dégagée sur cet EP. Le refrain par exemple reflète bien ce côté hypnotique que l’on retrouve dans le côté répété de certains riffs et des parties aériennes en fond. L’apparition d’Aleksi n’apporte pas grand chose, si ce n’est sa voix éraillée et son growl occasionnel en fin de morceau.

Parfois proche d’un Uneven Structure ou d’un Vildhjarta sur « The Squid » avec son ambiance glauque et étrange, Nerve End finit toujours pas revenir du côté des touches électroniques qui bercent l’ensemble des titres, tout en nous gratifiant de riffs mélodiques et maîtrisés, bien que déjà entendu des milliers de fois. Sur un « Axis of Rotation », on retrouve, en partie, des éléments mélo death pas loin du nouveau Norther, entres autres, à la différence que la voix reste toujours audible, furieuse ou aérienne, tout dépend des moments.

Nerve End ne manque pas de ressource, maîtrisant ses soli et tapant dans le mille en se situant dans un courant moderne et dans l’air du temps. Il faudra seulement faire attention aux fautes de justesse dans le chant et aux pièges du djent, pour ne pas tomber dans la banalité. Il ne manque plus qu’à confirmer ça avec un premier full length, tout en essayant d’intégrer un peu de folie et de fraîcheur.

 

Griffar : Monastery

Ξ janvier 21st, 2012 | → 0 Comments | ∇ Black Metal |

Griffar : MonasteryCa fait près de quinze ans que Griffar existe et pourtant, le groupe n’aura pas énormément fait parler de lui, entre la sortie d’un EP et quelques prestations scéniques. Pourtant, cette formation française ne se compose pas d’inconnus, dans la mesure où nous retrouvons Alsvid (Seth, Fornication) mais aussi Darkhian que l’on aura vu dans Loudblast ou encore Black Dementia (et même Fornication). Le sieur a donc plus d’une corde à son arc, son expérience black est pour le coup indéniable et sonne comme un encourageant pour l’auditeur désireux de découvrir Griffar.

Le trio en question officie dans un black metal période 90’s teinté de quelques éléments death, thrash voire pagan et la sortie du nouveau « Monastery » n’est là que pour confirmer le potentiel et la puissance de la musique de Griffar. Chaque membre nous gratifie de ses capacités, Hellskrim apportant son chant black démoniaque, Alsvid offrant de très bons jeux de batterie et le guitariste Darkhian effectuant des lignes assez techniques et recherchées. Les neuf titres en question ne sont ni plus ni moins qu’un hommage au black scandinave, noirs, lourds, brutes mais aussi mélodiques et harmoniques.

Le trio de tête, « Blessed in Lava », « Monastery » et « Relentless Infamy » ouvrent parfaitement l’album avec des rythmiques entraînantes et extrêmement dynamiques, entre le black/thrash de Keep Of Kalessin et le black mélodique furieux de Naglfar. Les riffs et soli sont maîtrisés, laissant parfois place à des parties plus posées véhiculant une aura noire et terrifiante, comme sur « Monastery » et son son de cloche, ou à des parties acoustiques comme sur le premier morceau.

A contrario, des titres tels que « The Demented God » ou « My Wolf Legacy » rappellent sans aucun doute l’univers de Dissection, avec son ensemble au tempo moyen et ses relents épiques et froids, nous octroyant de riffs nerveux et mélodiques et de parties accélérées du plus bel effet. La pression retombe avec un « Diabolical Kingdoms » très court, très posé, très doux, mis en valeur par des guitares on ne peut plus harmonieuses, véhiculant un va et vient de notes lumineuses.

L’album se conclut avec un « Last World » très long, faisant la part belle aux guitares et aux ambiances qui ont bien le temps de s’installer. On aura aussi droit à des parties acoustiques limite pagan et à une continuité sans failles.

Ce « Monastery » aura mis 4 ans pour enfin voir le jour, initialement enregistré en 2007 mais ralenti par des soucis de mastering, d’artwork, des mouvements dans le line up ainsi que le rejet d’un label français. Heureusement, c’est le petit label Non Serviam Records spécialisé dans le metal extrême (Winter Of Sin, Grief Of Emerald) qui s’est chargé de les signer. L’opus est donc abouti, sans non plus révolutionner, mais Griffar arrive à mélanger le black des 90 avec des touches plus moderne afin de sortir quelque chose se situant davantage dans l’air du temps. Les amateurs devraient se pencher dessus au vu de la qualité et du niveau.

 

Smohalla : Résilience

Ξ janvier 20th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Avant Garde Black Metal |

Smohalla : RésilienceLe black avantgardiste, c’est un peu le style qu’il ne faut pas prendre à la légère, le style qui tend à nous fait voyager et qui nous propose quelque chose de changeant et de différent de ce qu’on a l’habitude d’entendre en général. Souvent à la croisée des genres, il est aussi synonyme de découverte et d’émotions, d’expérimentation et de fantaisie. Smohalla ne déroge pas à la règle, prouvant une fois de plus que la France fait partie des pays les plus à l’aise avec le post black.

C’est pourtant sur le label Ukrainien Arx Productions que le trio sort son nouvel opus « Résilience », quelques années après l’enregistrement d’un split avec Immemorial et celui d’un EP en l’honneur de Lovecraft. Ces français restent tout de même discrets depuis leur formations en 2006, faute de pouvoir donner des concerts, le projet ne se destinant qu’au studio. Cependant, Smohalla a de la ressource, et nous l’a souvent montré au sein de ses différentes sorties. « Résilience » est une autre preuve de cette imagination sans faille et de cette envie de nous proposer quelque chose de personnel et de charnel.

Sachez tout d’abord que Smohalla est le nom du prophète indien des rêves et le trio n’a évidemment pas choisi ce nom au hasard. Il représente un certain caractère onirique et psychédélique, représentant le rêve et le pouvoir du subconscient, éléments propre à l’homme et faisant son humanité. L’aspect black metal qui se dégage des morceaux est présent pour souligner un certain côté sombre et tragique dans un ensemble rempli de paradoxes : le matériel immatériel et le grotesque sublimé.

Pour cela, les Français mélangeant habilement le black metal à des éléments cosmiques grâce à des claviers aux sonorités électroniques ou industrielles. C’est surtout l’aspect planant qui ressort, l’auditeur effectuant un voyage au fin fond de la galaxie, pris dans un engrenage spirituel incommensurable. Les inspirations se font ressentir tout le long de l’album, que ce soit Ulver ou Arcturus pour ce qui est de la scène norvégienne. Mais nous pouvons ajouter à cela la noirceur, l’expérimentation et le côté tordu de Blut Aus Nord.

Par conséquent, ce « Résilience » se veut être un album très riche en ambiance, en sonorités cosmiques et psychédéliques. Doté d’une personnalité complexe, il étonne et se veut être le reflet de la vision qu’ont les membres de l’existence, pris entre le réel et l’irréel. Les mélodies se lamentent, s’envolent, se perdent, reviennent et ravivent une flamme si froide, si noire. Smohalla joue avec les atmosphères et les émotions, privilégiant le travail des compositions et la fusion des instruments au détriment d’une puissance destructrice ou d’une certaine agressivité. La musique n’en devient que plus spirituelle et ténébreuse pour un post black fouillé, étudié de long en large et en travers.

L’entrée en matière de « Quasar » bouleverse dans sa façon d’apporter les parties électroniques, soutenues par un piano étrange et par un rythme perturbant. Smohalla nous offre ici la vacuité, l’empire des sens, et la magie, le tout emporté dans une tempête d’éléments tous aussi cosmiques les uns que les autres. Puis, le riff distordu de « Au Sol les Toges Vides » nous propulse vers quelque chose de plus déstructuré et capricieux avant de se démocratiser totalement au sein même du morceau, rappelant Arcturus, tandis que le chant clair et envoûté de Slo fait place à un chant black incisif, qui finalement attirera la colère de parties plus déshumanisées et tordues, les riffs et les choeurs étranges s’occupant de rendre l’écoute plus complexe, avant de nous octroyer de nappes puissantes et envoûtantes aux claviers.

Si « Oracle Rouge » reste dans cette continuité, en poussant le côté tordu à son paroxysme avec ces chants et riffs black disloqués, « Marche Silencieuse » évoque le cosmos et le firmament, tout en gardant cet aspect onirique propre à Smohalla et la conclusion de « Nos Sages Divisent » est liquéfiée par un son continu de guitare et de claviers, avant le vide absolu.

Smohalla nous fait part d’un premier full length ambitieux, éthéré et varié souffrant de son époque, les éléments proposés ayant déjà été entendu chez des formations post black très reconnues. Toutefois, le trio le fait bien et arrive à insuffler à son œuvre une dimension spirituelle et cosmique qui ne peut que nous envoûter, si tant est que l’on soit à l’aise avec les claviers. Une expérience troublante et marquante.

 

Pavillon Rouge : Solmeth Pervitine

Ξ janvier 19th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Industrial Black Metal |

Pavillon Rouge : Solmeth PervitineIl faut croire que 2011 aura été l’année des expérimentations en tout genre, et cela se sera d’autant plus vu dans le domaine du metal. Entre l’accroissement des formations death/symphonique ainsi que celles de cyber/death, la fusion de l’indus et du black aura aussi fait des siennes. Et pas n’importe où. En France, rares sont les groupes officiant dans le genre, si ce n’est Ad Hominem ou CNK. Mais fort est de constater que ces derniers ont du succès et pour cause. Le rendu dépasse plutôt les espérances des uns et des autres.

Mais n’oublions pas Pavillon Rouge, fondé en 2007 aux alentours de Grenoble. Les membres composant ce groupe faisaient partie d’Osirion (YVH) mais aussi de Sybreed (Ben) et 2008 fut l’année de la découverte avec un premier MCD déjà prometteur, « Mizuage ». Fort d’un visuel asiatique et d’une fusion de black, d’indus et d’éléments cold wave, Pavillon Rouge ne faisait pas abstraction de ses influences diverses pour nous offrir une musique originale et particulière, profitant des expériences musicales de chacun pour concocter un ensemble atypique.

Et ils reviennent à la charge ! « Solmeth Pervitine » sort courant juin sur le label néerlandais Post Apocalyptic Music. Le nom étrange de leur album reste à l’image de leur musique, mais un changement est de taille. Le line up se bouscule, Ben quitte la formation et est remplacé par Kra Cillag, chanteur de feu Crystalium. Pour de bon, le pavillon rouge est dressé : pas de quartier, pas de merci ! Le combo propose onze morceaux tous très énergiques mais tous reliés entre eux par une atmosphère malsaine et un mixage très inhabituel. Le Black se retrouve dans les vocaux hargneux, torturés et criés, ainsi que dans une parte des riffs. L’électro se retrouve lui dans le reste de l’instrumentation et des arrangements, ce qui se rapproche beaucoup plus de la techno par moments. Comprenez que pour l’électro, il s’agit de beaucoup de samples, d’effets et de boites à rythme. Pas de batterie mais que de la programmation, tout reste donc ultra synthétique et déshumanisé dans son ensemble, même si les uniques traces d’humanité restent bel et bien présentes dans les vocaux de Kra Cillag et les riffs véhiculant tout un tas d’émotions tout en étant vecteurs de cette ambiance néfaste. Ils sont tranchants, d’un certains point de vue, mais pas si agressifs que ça, car ce qui reste rapide, ce sont les rythmes, mais pas les guitares en elles-mêmes, restant au second plan, peut-être trop passives, et victimes d’innombrable ajout d’éléments électroniques (« Solmeth Ascension », « Les Membranes Vertes de l’Espace »).

Comme vous l’aurez remarqué, tout est chanté en français (sauf « Sadist Sagitarius ») de la voix puissante de Kra Cillag, ce qui apporte plus de profondeur et de compréhension à l’ensemble des morceaux. Ce qu’on retient le plus, c’est cette espèce d’osmose entre les paroles et la musique. Mais le plus étrange, c’est le contraste se dégageant de cet ensemble, ces paroles étant poétiques (« Des Cîmes, des Abîmes » et ces citations de Du Bellay) et sombres à la fois, alors que l’instrumentation en elle-même ne possède pas vraiment d’éléments ténébreux. Seule la voix apporte vraiment un côté obscur et décadent, ainsi que une bonne partie de l’atmosphère, mais ceci s’arrête là (« Sept Siècles et le Feu »). Le reste se situe plutôt dans un registre electro/trance.

Si les titres sont très rythmés et rapides, « Sadist Sagitarius », la reprise de Cinema Etrange, reste beaucoup plus posé, bien qu’avec son rythme et une dynamique qui lui est propre. Cependant, les guitares ont une conduite très aérienne, loin du black agressif d’Osirion ou de Crystalium. L’univers ici proposé est tout autre, plus personnel, plus charnel, oui, mais peut-être trop noyé par cet amas de sonorités synthétiques. Ces dernières se concrétisent sur l’interlude « le Cercle du Silence », bercé par ses cris de jouissance.

La plus grosse déception réside sur « Le Grand Tout s’Effondre », que l’on retrouvait aussi sur le MCD précédent sous le titre de « Cauchemar Kashmir ». En effet, tout s’effondre dans la mesure où l’originale se voulait très brute et agressive avec une atmosphère vraiment glauque et adaptée au monde de Pavillon Rouge. Ici, l’électronique prend le pas et le côté rude de la voix disparaît. A croire que le chant criard et strident de Ben seyait mieux à l’essence même de ce morceau.

Dans son ensemble, « Solmeth Pervitine » est en deçà de « Mizuage » mais n’est pas mauvais pour autant, seulement le métissage est tel qu’il peut être très difficile à appréhender, la puissance étant reléguée au profit l’électronique, qui se taille la part du lion. Il faudra être très ouvert d’esprit et ne pas être allergique aux relents techno pour apprécier cette œuvre qui certes, ne marquera pas son temps, mais se veut être un ovni.

 

Seth.ect : Godspeak

Ξ janvier 19th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal, Death Metal |

Seth.ect : GodspeakLa Turquie a son histoire, sa culture, sa mixité orient/occident, et aussi son metal avec ses failles et ses atouts. Les Turcs sont très friands des groupes extrêmes et suivent régulièrement les formations en dehors de leur pays. Malheureusement, leurs groupes locaux sont très peu encouragés, ce qui explique pourquoi les formations du coin restent quasi inconnues. Certains connaissent tout de même Pentagram/Mezarkabul (heavy metal) ou encore Raven Woods (death/black). Mais peu auront entendu parler de Seth.ECT, formé en 2008 à Ankara. Pourtant, le quatuor a pris le défi de mélanger de l’electro avec du metal extrême, un mixage très rare au Proche Orient mais peut-être en passe de se démocratiser. Cerise sur le gâteau, le rendu total se rapproche étrangement d’une forme de Cyber Death metal aux relents Black et orientaux, pris dans un concept ambitieux mélangeant religion, mythes, et science.

Si on découpe le nom du groupe en deux blocs, on obtient “Seth“, le dieu égyptien du désert, des tempêtes et des étrangers mais aussi “ECT”, l’abréviation de “Experimental Chaos Theory“, ce qui nous donne un magnifique contraste, non seulement entre orient/occident, mythe/science, ancien/futur. Ce patronyme nous met directement sur la voie quant à la musique, qui se veut être un mélange de beaucoup de choses, mélange subtil d’ambiances, d’éléments, d’émotions, de sonorités. Si ce qui tend à ressortir est le côté grandement expérimental et recherché, il en découle aussi une thématique originale, sous entendant que la technologie créé les Dieux et inversement. Les allusions au passé et à la mythologie indiquent quelque peu que les Dieux qui, se proliféraient, naissaient du progrès et de la passivité de l’homme. Au final, l’authentique peut aisément côtoyer le synthétique.

C’est ce qui se passe le long de cet album aux sons electro/cybernétique omniprésents. Alors que certains se plaignent que metal et electro ne font pas bon ménage, il est clair que Seth.ECT inverse la tendance en rendant les deux styles encore plus cohabitants. La musique est très extrême, bourrée de riffings death metal efficace. La pochette et l’esprit général font penser au groupe ID:Vision, mais il s’avère que les Turcs font une musique plus aérée, bien que très agressive, mieux produite et moins bourrine, mais plus homogène et moins scotchante. Toutefois, un titre tel que “B.L.A.ST.” peut rappeler le travail des Biélorusses, surtout avec ce côté tordu, alambiqué et expérimental présent tant dans les riffs que dans les parties électroniques.

Toutefois, Seth.ECT a son empreinte, offrant un cyber death très porté sur un aspect clair, obscur et arabisant par moments. Serait-ce la réponse orientale au cyber occidental? L’origine du groupe n’y est pas pour rien et on sent d’ors et déjà les influences, rien que sur “ECT”, le break en milieu de titre nous gratifie de percussions, d’instruments traditionnels (flutes…) et de chant féminins éthérés, avant de repartir sur les chapeaux de roue avec un mélange electro/folk. Un contraste étonnant mais révélateur de l’identité de Seth.ECT.

L’entrée en matière de “For Se7en Years” indique un tournant plus sombre et plus malsain, accentuant plus les sonorités cybernétiques, tels que des samples futuristes et des rythmes robotiques, parradés d’un chant très hargneux. Idem pour un “Heart Beat” à la double pédale omniprésente offrant un refrain entêtant avec ces sons et son mélange de voix extrême/voix robotique à la Daft Punk.

Mais Seth.ECT fait plus fort qu’un Thy Disease sur leur morceau “Blame” de l’album “Anshur-Za”. Sur “Orison” (que ce soit la première ou la seconde partie), le quatuor accentue encore plus les contrastes sus-cités et nous offre sans aucun doute le morceau le plus complet et le plus prenant. Mélangeant avec brio le passé et le futur, le monde humain et le monde des dieux/machines, la religion et la science, le titre renferme son lot de riffs death costaud, de growl, de chant synthétique et de mélodies électroniques froides et hypnotiques. Ajoutez à cela des violons, des flûtes, des chants traditionnels et des chœurs à un ensemble tantôt brut, tantôt aérien et vous avez dans vos oreilles le fruit ultime de l’imagination de Seth.ECT.

Puis, “Keops” nous emmène des milliers d’années en arrière avec notre embarquement dans l’Egypte Ancienne. Keops était le deuxième pharaon de la IV Dynastie et on le connait bien pour les pyramides qu’il a fait faire construire. Ici, les Turcs nous proposent le morceau le plus teinté de Black, avec ces riffs caractéristiques. Le chant quant à lui se veut plus growlé, plus grave et plus offensif, tandis que les principaux riffs death et les sons électroniques mènent le jeu.

Seth.ECT fait donc fort en proposant non seulement un metal original, mais surtout un metal avec une âme et une grosse personnalité. La fusion cyber/death/oriental metal reste très bien effectuée et relativement ambitieuse, peu encore s’y était essayé, si ce n’est Senmuth, dans un registre plus lent et plus indus. Ce groupe, et cet album, risque de faire parler de lui, tant dans le monde oriental que dans le monde occidental, pour son métissage et ses sujets. Car “Godspeak” perce les problèmes actuels tout en prenant ceux du passé et même du futur. L’art a des fins utiles selon Seth.ECT? Pas pour rien qu’ils reprennent cette fameuse citation de Ernst Fis(ch)er dans leur livret.

“Dans une société décadente, l’Art, s’il est véritable, doit aussi refléter ce déclin. Et à moins qu’il ne veuille briser la foi dans sa fonction sociale, l’Art doit montrer le monde comme ouvert au changement. Et aider à le changer”. — Ernst Fis(ch)er

 

Emerald Night : Mirror Troll

Ξ janvier 17th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Emerald Night : Mirror TrollOh un gnome ! Un lutin ! Un gobelin ! Et là regarde…un troll ! Allons vite dans la maison du sage et demandons lui des conseils. Il saura certainement nous indiquer notre chemin et répondre à nos interrogations. Mais pour cela il nous faut parcourir la forêt enchanté, la brume, ainsi que les recoins les plus glacés…Espérons ne pas tomber sur une autre horrible créature. Je vois un bonnet ! Et là, quelqu’un tient une flûte ! Mon dieu, une fée, elle se dirige en volant vers ce faune près de l’arbre, détenteur d’un harmonica en bois. N’ayons crainte, et espérons qu’ils ne nous feront aucun mal. Tiens ! Voici le sage, vite, demandons lui tout ce qu’il faut avant qu’il ne se sauve !

Emerald Night ? Mais voyons, il s’agit d’un ensemble de moskovites, la première fois que j’en ai entendu parler, c’était en 1996, ils ont formé un clan quelques années avant le rassemblement de Stigmatic Chorus et font partie de la plus grande confrérie du royaume de Russie. Je sais que ce nom peut vous rappeler les aurores boréales, illuminant le ciel sombre de vert ou de rose. Je sais aussi que certains jouets étrange en forme de cube portent ce nom. Mais ici il s’agit de quelque chose de différent. Ce sont des musiciens mes chers amis. Parmi eux, il y a le maître du son KIV, qui a déjà produit des formations telles que Arkona ou Stigmatic Chorus. Des invités de la nature ont aussi prêté leurs voix, comme la magicienne Tillen Avers du clan d’Aella, ou la sorcière Darrana. Très bien, sur ce, il faut que je retourne dans ma demeure.

Ne partez pas ! Nous devons savoir ce qu’ils font, quelle musique ils jouent et leurs caractéristiques. S’il vous plait ne nous laissez pas dans cette forêt étrange où se baladent d’innombrables créatures. Peur ? Non…mais c’est si mystérieux et féerique. Nous manquons d’habitude, sage. Parlez nous. Nous oublions de ce fait ce qui nous entoure.

Très bien. « Mirror Troll », me dîtes vous ? C’est le nom de leur album. Et encore vous avez la version traduite. Car tout est chanté en russe, du début à la fin. Sauf sur une chanson préalablement créée par le clan de Septic Flesh. Des Grecs parait-il. Mais vu que cela est courant de reprendre les chansons des autres, vos amis d’Emerald Night s’en sont appropriés. Pas de la meilleure des façons, mais l’audace était là. Il faut juste aimer le passage d’un style appelé death metal à un autre appelé black metal, mais avec mélodie, mélancolie, et finesse.

Je m’égare ! J’en oublie l’essentiel. Le clan s’est quelque peu échappé de son passé folk pour se diriger vers une sorte de black symphonique. Mais rassurez vous ! Il n’a pas mis de côté les relents folk, que vous pourrez retrouver par ci par là dans ce recueil de chansons. J’ai oublié de dire qu’il s’était trouvé un parrain en la personne de Grailight Productions, le label russe du black sympho/gothique. Autant vous dire que ces messieurs ont ajouté une corde à leur arc. De toute manière, vos amis d’Emerald Night officient dans une musique soignée et contactée avec finesse, mettant tout autant en valeur les parties les plus agressives que les parties les plus mélodiques et harmoniques. Et je me doute bien que si vous êtes ici, dans cette forêt, ce n’est pas pour rien, n’est-ce pas ? Bon je dois retrouver mes compatriotes.

Non ! De nouveau, ne partez pas. Oui vous avez raison. Nous avons entendu dire que le clan Emerald Night aimait se réfugier dans les forêts afin d’accomplir leur musique. Nous avons aussi appris qu’il glorifiait la nature, les créatures magiques ainsi que les contes de fée. Voir tous ces êtres en ces lieux ne nous paraît pas si étonnant avec du recul. Mais nous ne pensions pas qu’une telle musique pouvait laisser transparaître autant d’impressions. Dites-en plus !

Bon…je vous laisse encore cinq minutes. J’ai d’autres chats à fouetter, mais soit. Vous avez raison, Emerald Night voue un culte immense pour tout ce qui est mystérieux et naturel. C’est pour ça que dans leur petit livret, vous retrouverez des images de créatures mythologiques et magiques. Mais la musique en elle-même reflète bien ces thématiques. Voyez par exemple…. « Forest Song ». Bercé par des riffs mélodiques à tendance folklorique, des chants variés, autant black que clair. Une femme pousse aussi la chansonnette, accompagnée de claviers aux sons cristallins et envoûtants. Quoi d’autres… « To the North ! » est une ode à la nature et rappelle un petit peu le clan Within Temptation avec des chansons telles que « Perfect Harmony ». Une autre femme vient apporter sa contribution afin de vous faire voyager, mais hein ! Vous êtes déjà dans la forêt alors c’est une autre histoire. En tout cas, si vous aimez les titres progressifs, qui ont une continuité et un mouvement, vous serez ravis parce que ce recueil contient son lot de morceaux longs de plus de six minutes. Après je ne sais pas si vous serez motivés pour une telle écoute, mais ne vous y méprenez pas ! Il n’y a pas vraiment de passages à vide, si c’est ce que vous pensez. Tout n’est pas fait au hasard, par exemple un « Icy Heart » ou un « Fog of Trolls » comportent des moments tantôt plus black, tantôt plus folk, et tantôt symphoniques. Mais ce qui les unit, c’est ce côté glacial et humide propre aux forêts en plein hiver. Le chant vous paraîtra très rêche par moment, peut-être celui d’un troll, qui sait. Mais ce qui est sûr, c’est qu’il est tranchant du début à la fin. Sauf quand les femmes viennent apporter leur voix, bien entendu…

Hum…je vous parlais de reprises, il y en a trois. Par exemple, « Country Fey » est tiré d’un album de Butterfly Temple et se dote de parties acoustiques, d’orgue, mais aussi de chant masculin lyrique. Si vous aimez le clan Sycronomica, cela devrait vous parler. Les clochettes et les xylophones pourront aussi vous ravir si vous êtes amateurs de féeries, avant de retourner vers un ensemble plus rapide et plus extrême. Mais rien ne perdra de son authenticité et de sa magie.

En tout cas, je tends à vous conseiller le « Cursed Mirror » bien symphonique et mélodique avec ses riffs black caractéristiques et ses petites touches melo death. La basse est très bien mise en avant et apporte un petit plus. Tous mes invités l’ont aimé, pourquoi pas vous ? Ceci dit, je ne vais pas vous étaler tous les morceaux sur un plateau d’argent. Je vous laisse le bénéfice de la découverte, mes chers. Je vous quitte enfin, je ne puis rester.

Non ! Trop tard…pourquoi nous quitte-t-il dans les entrailles de cette forêt ? Il nous tarde cependant de nous pencher sur ce clan audacieux qu’est Emerald Night. Espérons ne pas être déçus mais il est clair que ces musiciens ont l’air inspiré et passionné.

 

Awakening Sun : Sold Out

Ξ janvier 17th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Death Metal |

Awakening Sun : Sold OutEn Lituanie, il existe très peu de groupes, et ceux qui officient dans le death metal se comptent sur les doigts de la main. Les pays baltes ne semblent pas très enclins à jouer dans ce style de musique et pourtant, il y a bel et bien des formations qui tentent de se mettre en avant, en dépit des préférences des uns et des autres.

Originaire de Vilnius, Awakening Sun est fondé très récemment par Ernestas, désireux de développer ses idées à plus grande échelle. Finies donc les mélodies composées dans son salon ainsi que les bribes d’idées. Le jeune multi instrumentiste s’accroche à ses rêves et s’entoure de musiciens pour enfin compléter son line up au mois d’août dernier et jouer au Metal Music Festival « Giedfest » dans le même temps. Ce n’est qu’en automne 2011 que le processus s’accélère.

Le Phoenix Studio accueille le quatuor pour seulement neuf jours d’enregistrement et met au monde ce premier album, « Sold Out ». Si la très bonne production permet à Ernestas de signer un coup de maître, la qualité des compositions en apporte un autre. Awakening Sun, comme l’indique son nom, ne fait pas dans le morbide ou le spirituel mais s’embarque dans quelque chose de dramatique et de pré-apocalyptique. Sans doute soumis à l’influence 2012 pesant sur nous tous depuis quelques années, le jeune homme nous offre un concept très pessimiste basé sur la destruction de la Terre et notre annihilation. Le soleil en est quelque peu le responsable, ainsi que le réchauffement climatique, la destruction de la couche d’ozone ou le réveil des volcans. Les actions de l’homme font aussi partie de cet engrenage maléfique, leurs désirs et rêves ne devenant plus que des illusions.

Ernestas et son groupe essaient donc de nous désillusionner avec un opus lourd et à l’atmosphère pesante. Tout est fait dans la délicatesse et une certaine finesse, car l’agressivité n’est pas réellement au rendez-vous. Les morceaux sont particulièrement lents, sans non plus atteindre les caractéristiques du doom. Toutefois, cet aspect « mou » peut d’un côté renforcer le concept, mais d’un autre côté, il peut être le vecteur d’un certain ennui ou de certains passages à vide. Manque de punch oblige, les dix titres n’emballent pas plus que ça, même si un « Brutal War » ou un « Own Master » restent mélodiques et écrasants avec leur rythmique imposante.

Presque chaque titre comporte son solo et sa sauce bien perturbante. « Tomorrow Might Never Come » embarque l’auditeur dans un océan de désespoir et de lucidité grâce à des riffs maîtrisés et hypnotiques et un growl bien grave, bien que trop peu modulé. « No More Blood » rappelle le melo death suédois avec sa rythmique bien caractéristique, proche des In Flames fin 90-début 2000. Bien sûr, la prise de risque n’est pas des plus conséquentes, sachant que les guitares restent traditionnelles, tout en imposant ce côté vraiment lourd et pesant. Cependant, « Chimera » propose une facette plus progressive et plus variée, avec des breaks mélancoliques, une voix saturée et parfois un déferlement de riffs à l’efficacité contagieuse.

On aurait pu, finalement, se rapprocher des Néo-Zélandais d’Ulcerate sur leur dernier opus dans cette façon de coupler les atmosphères froides à des riffs très tranchants, mais il manque cette fougue, ce côté tortueux et dérangé ainsi que de la technique. Ce qui n’empêche pas Awakening Sun de nous faire un album tout ce qu’il y a de plus correct, bien que parfois linéaire et mou, mais avec une certaine identité tout de même.

 

Astral Winter : Winter Enthroned

Ξ janvier 16th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Astral Winter : Winter EnthronedLe très actif Josh Young n’en finit pas de monter des projets dans le but très précis d’exposer différentes facettes black metal au sein d’une musique personnelle et inspirée. Si Hammerstorm propose des touches atmosphériques et folk, si Atra Vetosus nous emmène dans des contrées épiques et mélodiques, Astral Winter, quant à lui, est un voyage inéluctable dans le pays du froid et de l’hiver.

Fondé en 2008 en Tasmanie (Australie), Astral Winter fait partie des projets annexes de Josh qui restent non voués aux prestations live. Débutant en 2009 en compagnie du chanteur Phil Hemsworth avec une démo « Illustrations of Death » plus tourné vers un death/black mélodique, la formation redevint un one man band en 2011 juste avant la sortie du premier album nommé « Winter Enthroned ». De nouveau, Josh Young s’occupe de tout, que ce soit du chant, des instruments, des compositions, du mixage et de la masterisation. Cependant, un peu d’aide n’est pas de refus car quelques guests font leur apparition tels que Daniel Kuzmanovski pour les quelques voix claires ou Korie Hilliard pour l’apport de soli aux claviers.

L’opus est signé chez Immortal Frost Productions, le label de Josh tandis que le processus de sortie aura mis deux ans, les compositions ayant été faites en 2009 et l’enregistrement en 2011. Ces deux années auront été plus que fructueuses pour Astral Winter qui étoffe son style et s’échappe quelque peu de ses relents melo death pour s’orienter davantage vers un black symphonique et mélodique. Comme en témoignent le nom de l’album et du groupe ainsi que celui du label, Josh Young est un amateur de froid et de neige, et ce « Winter Enthroned » est une belle preuve d’amour. La pochette glaciale n’est que le début du voyage car l’ensemble des neuf titres est truffé de parties cristallines et épiques sous couvert d’une ambiance très hivernale.

Le concept en lui-même tourne autour de ça, rien que les titres de l’album nous mettent sur la voie : « frost », « winter », « frozen », « ice », rien que le chant lexical est digne d’un royaume de glace que nous parcourons de long en large. Ce « Winter Enthroned » n’est que le fruit de l’hiver, une ode à la neige et à la magnificence de la fusion du bleu et du blanc. Comprenez que la musique s’en retrouve perturbée, les influences black scandinaves se retrouvent chamboulées et perdues au milieu de ce dédale de mélodies glaciales et lumineuses. Une douce et fraîche épopée s’annonce dès le départ grâce à un clavier imposant et royal sur un « Illustrations of Death » instrumental allant de paire avec un « Through Timeless Aeons of Frost » où les riffs black sont mélodiques et accrocheurs, enchaînant soli sur soli dans un fond d’orage et de tempête de pluie gelée. Le chant crié est tranchant sur cette rythmique épique et catchy.

La neige craquera sous vos pieds à la venue de « Dead Winter Nights ». Son offensive est la bienvenue ainsi que ses notes cristallines de piano, rappelant le « A Virgin and a Whore » d’Eternal Tears of Sorrow, ses choeurs en arrière plan, et cette guitare lancinante, parradée de subtiles claviers. Les parties chantées ne sont pas les plus importantes, les titres étant généralement très longs et habités par une flamme claire et couleur ciel. Six minutes trente est le strict minimum, sans compter les interludes d’un peu plus d’une minute. Mais la longueur est opportune et n’est pas un hasard. Elle respecte bien cette impression que l’on peut avoir lorsque l’on traverse un champ enneigé : où commence-t-il, où se termine-t-il ? La neige recouvre tout et nous voilà privés de nos repères… un peu à la manière d’un « Defenders of the Astral Kingdom ». Astral Winter arrive parfaitement à recréer cette unique sensation, en imposant, le long de ses dix minutes, une drôle de continuité. La mélodie a beau rester la même du début à la fin, guidée par des choeurs majestueux et une harpe hypnotique, il n’empêche que petit à petit, des changements opèrent, tant dans l’importation des différents instruments et sons (clavecins), que dans la voix.

Si l’album dans son ensemble propose quelque chose d’assez épuré et éthéré tout en laissant de côté l’agressivité engendrée par le style black, cette dernière arrive tout de même à se mettre en valeur dans le final « Past the Realms of Eternal Ice » où tous les ingrédients se retrouvent mixés. La hargne de la guitare, de la batterie et du chant se retrouvent propulsée dans une avalanche interminable où les parties symphoniques sont les reines. Ajoutez à cela l’atmosphère irrésistiblement glaciale et vous avez un morceau digne de ce nom.

Astral Winter n’oublie pas non plus de proposer des plans acoustiques et doux comme l’ont déjà fait les Agathodaimon sur « Phoenix ». Mais le one man band tasmanien insuffle son aura et son âme afin de nous offrir cette pépite craquante digne d’un chocolat pyrénéen : un cœur fondant et délicat et une étonnante sensation de fraîcheur. Parfait pour cette période hivernale. Voici donc l’album de l’hiver 2011-2012, sans concession.

“Night will come to

Enfulf these lands

A forest of Stars

A dawnless midwinter”

 

Inquinok : Immortal Dawn

Ξ janvier 12th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Inquinok : Immortal DawnAlors que le black symphonique américain tente de s’accroître depuis plusieurs années maintenant, Inquinok naquit en 2000, bien avant les révélations de Sothis ou d’Abigail Williams. Le groupe, mené de main de maître par le multi instrumentiste Krelian, était alors influencé en majorité par la scène black metal scandinave auquel il apportait de petites touches symphoniques sans trop faire dans l’excès, ce qui donna naissance à une démo en 2002 et à un premier album en 2006, « Entrance by Twilight’s Gaze ». Ce dernier mettait en valeur le potentiel d’Inquinok, sans toutefois l’affirmer, l’ensemble restant approximatif bien que révélateur d’une certaine personnalité.

Peu avant 2009, la formation devint un duo, composée de Xorn à la batterie et de Krelian en ce qui concerne guitare, basse, chant et claviers. Leur collaboration fut fructueuse et mis un place un nouvel opus nommé « Immortal Dawn », censé approfondir le travail des Américains. Tout se retrouve une nouvelle fois fait maison mais la production est bien meilleure afin de faire la part belle à l’instrumentation pour un résultat assez compact qui, parfois, ne laisse pas trop de place aux claviers. Il n’empêche que l’ensemble est porté sur un aspect black indéniable, embarqué par des riffs caractéristiques, un chant crié hargneux et une ambiance bien froide. Rien que la pochette mène sur la voie, terre solitaire et désertique sur un fond bleu glacial.

Inquinok nous propose un album cohérent et suffisamment long pour qu’on y trouve notre compte. Ne vous attendez pas à un black symphonique grandiloquent, les claviers apportent des nappes non négligeables mais loin de faire ressortir des arrangements de grande compositions. Chaque titre nous apporte son dosage réfléchi afin que tout ne devienne pas envahissant, par conséquent, les riffs tendent à être les maîtres du jeu avec le chant hargneux de Krelian et les excellentes lignes de batterie de Xorn, qui ne se contente pas que de blast beats, au contraire. Son jeu est varié et accrocheur si bien qu’il pourrait vraiment être le fil d’Ariane de cet album, en témoigne un « Legions » très dynamique et agressif, porté sur les mélodies à la guitare et sur les techniques de batterie.

La patte scandinave reste toujours présente tandis que les jeux de claviers peuvent rappeler ceux de certains groupes polonais, comme Crionics avant qu’ils ne se mettent vraiment au death metal. «  Torn » par exemple mettra l’accent sur un côté sombre et quelque peu apocalyptique grâce à ce panel d’éléments aux claviers. Ce titre est sans doute un de ceux les mettant plus en avant avec un « Immortal Dawn » bien furieux et un « Bloodlines » nous gratifiant de clavecins pour un résultat quelque peu baroque, ce qui dénote totalement par rapport à un « Vengeful Tranquility » très black et aux arpèges entraînants.

L’instrumentale « Candlelight » au piano coupe l’album en deux tout en imposant sa grâce et son élégance, telle une flamme dansant sur la bougie et illuminant chaleureusement l’obscurité…une musique à l’image de son titre. A contrario, le final « Divine Tragedy » nous montre une facette plus guerrière mais aussi plus mélancolique et variée, entre roulements de caisse claire, riffs exécutés avec clarté, maîtrise et harmonie, basse anarchique, rythme très rapide et solo. Malgré la quasi absence de claviers, ce morceau reste sans aucun doute celui qui marque le plus.

Inquinok signe un bon album, qui à défaut de ne pas marquer, pourra certainement ravir certains amateurs, à condition qu’ils ne soient pas lassés par certaines longueurs.

 

Scarab (EGY) : Blinding the Masses

Ξ janvier 7th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Death Metal, Oriental Metal |

Scarab (EGY) : Blinding the MassesScarab aura montré une attention toute particulière dans la sphère du metal dit « oriental ». Formé en 2006 dans un pays où le metal (et surtout le death metal) se fait rare, les Egyptiens auront réussi à s’affirmer et à sortir plusieurs démos et un EP avant de s’attacher à l’élaboration d’un premier album, comme témoin de la croissance du metal dans les pays les moins enclins à accepter ce type de musique. Les six amis auront tout de même participé à de nombreux festivals, dont le Dubai Desert Rock Festival en 2009, ouvrant pour Motörhead, Opeth, Arch Enemy ou Chimaira.

Le groupe avait opté pour le patronyme de HateSuffocation avant de choisir le plus mystique Scarab, insectes sacrés bien ancrés dans les racines égyptiennes du combo. Ces créatures étaient associées au Dieu Soleil dans l’Ancienne Egypte et étaient utilisées lors du processus de momification afin de remplacer le cœur du mort pour le guider dans l’au-delà et le permettre de revivre dans une autre vie.

Selon le groupe, ce patronyme serait comme une façon de se réinventer et de survivre malgré les nombreux obstacles. Seulement, avec ce type de nom et un style death metal très incisif, on ne peut que penser au travail de Nile ou de Necronomicon, très inspiré par la mythologie Egyptienne et mélangeant habilement leurs influences avec un death metal lourd, brutal, mais non dénué d’harmonies. Bien sûr, Scarab ne fait pas quelque chose d’aussi brute et technique, car le sextuet se rapproche beaucoup plus dans l’aspect pratique de Morbid Angel ou d’Immolation, fusionnant avec les thématiques de Nile. Mais comme on s’en doute, si les orientaux utilisent ces dernières, c’est bien parce qu’ils sont du coin et que leur racines les contraignent, quelque peu, à s’imprégner de leur passé si riche et exotique.

Pour le coup, tout l’opus aura été fait sur place, dans des studios divers, dont le Wormnoizz Studio d’Alexandrie. Il aura été accompli en 2009 mais ce n’est qu’en 2010 que Scarab trouve un label, et pas n’importe lequel, pour signer et distribuer ce « Blinding the Masses ». Osmose Productions leur donne donc la possibilité de s’exporter hors de l’Egypte, ce qui reste un bon point pour cette jeune formation.

Comme sus-cité, Scarab officie dans un death oriental assez marqué, mais loin de l’aspect très folklorique d’Arkan ou de Aeternam. Les Egyptiens n’utilisent pas d’instruments folkloriques et se contentent de leur guitare pour créer certaines mélodies arabisantes, comme sur « Ankh » ou « Devourers of the Unjustified ». L’atmosphère est donc quelque peu sombre, loin d’être accueillante, plus proche de l’univers des Jordaniens de Bilocate, sans non plus montrer une quelconque marque de chaleur. La musique de Scarab se veut froide, certes, mais incisives et parfois exotiques dans l’agencement de certaines mélodies, ce qui n’est pas sans rappeler, une nouvelle fois, Nile. En parlant d’eux, il est clair que l’introduction « Into the Dunes » ressemble énormément au début de « Nile’s Haul of Saurian Entombment » des Américains, avec cette touche personnelle presque digne d’une BO (les claviers…). Ce qui n’est pas étonnant dans la mesure où le chanteur Sammy écrit et compose des musiques pour des films égyptiens. Pour suivre, « Valley of the Sandwalkers » est la réponse death metal à cette introduction, les mélodies revenant de temps en temps, parradées par un growl puissant et des riffs maîtrisés.

On regrettera cependant les influences souvent trop flagrantes comme sur un « Eye for Sanity » pourtant énergique et efficace, mais déjà entendu. Par contre le côté desertique et antique à la fois se fait ressentir sur un « War to End » tranchant ou un « Leaders of Agony » bourrin, laissant transparaître quelques touches de claviers. Scarab ne fait pas dans la dentelle et aime user de blast beats et de riffs imparables quand l’occasion se présente.

Cette agressivité se fait ressentir dans la majeure partie des paroles, prenant pour concept les dominations, les problèmes politiques et religieux, sans toutefois les évoquer explicitement. Ce qui est sûr, c’est que Scarab parle tout autant du passé et du présent, afin de proposer des solutions pour l’avenir, surtout en ce qui concerne la politique actuelle (on est en 2009), étant d’ « aveugler les masses » (« Blinding the Masses »). Les Egyptiens nous parlent aussi du pouvoir des individus, capables de changer le monde autour d’eux. Chose qu’ils n’avaient sans doute pas prévu, quand on voit les événements de 2011…

Finalement, ce « Blinding the Masses » est un bon album, efficace et intéressant, toutefois Scarab doit tenter de s’extirper de ses influences, trop marquées sur un bon nombre de morceaux. La musique est lourd mais manque parfois de densité, en témoignent certains vides et certaines linéarités sur les titres les plus longs. Il faut donc affirmer le potentiel afin de prouver qu’ils peuvent s’imposer dans leur domaine.

 

Ambehr : Amber Dreamland

Ξ janvier 7th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Folk Metal |

Ambehr : Amber DreamlandOn ne dirait pas comme ça, mais Ambehr a une grande carrière derrière eux, avec plus de quinze ans d’activité, d’albums et de changements. Le line up aura quelque peu été bousculé par le départ de Natalie d’Arcane Grail et de guitaristes, ce qui aura permis à la formation moskovite – arménienne d’origine – de se permettre de changer de style en cours de route. Ainsi, si les débuts étaient plus centrés vers un death/thrash mélodiques aux quelques empreintes folk, les compositions actuelles sont irrémédiablement tournées vers le folklore du pays, les mythes et les rêves. Et même si la langue principale reste le russe, c’est bien l’anglais qui prédomine au sein de leurs albums, et cela se confirme avec la sortie du quatrième opus, mais le troisième a être présenté dans cette langue internationale.

Ambehr fait partie des groupes les plus connus en Russie, en témoignent les nombreuses apparitions chez Kartikeya ou encore Arcane Grail, ainsi que la signature chez Grailight Productions. Ce « Amber Dreamland » se veut être le reflet de l’imagination du quintette, désireux d’embarquer l’auditeur dans un monde magique et folklorique où chaque porte emmène encore plus loin, où des tigres blancs côtoient les déserts et les mers, où des châteaux de « princesse » surmontent des montagnes rouges…la pochette, représentant ces visions, a été créée aux studios GrimTwins tandis que l’enregistrement et le mixage a été effectué aux CDM Studios de Sergey « Lazar » Atrashkevich (Arkona, Rossomahaar).

Les moskovites s’amusent à appeler leur musique « Amber Metal », dans la mesure où ils prétendent faire un mélange intéressant de death mélo, de folk et de power metal. La sauce avait déjà été testée chez d’autres formations, mais il est clair que Ambehr s’en sort plutôt bien, prouvant une fois de plus avec ce « Amber Dreamland » qu’ils ont de quoi rivaliser. Pas parfait pour autant, et encore approximatif à certain moment, l’opus a tout de même un charme et une empreinte féerique non négligeable. Les mélodies à la guitare, très folk dans l’esprit, ne manquent pas de panache ni de dynamisme, même si ce sont l’agencement des notes a été déjà entendu plusieurs fois. Toutefois, les soli sont maîtrisés et emmènent l’auditeur dans les mythes et légendes du coin, comme sur « Proud Heart », « Magic Wand » ou « Prince », aidés des voix variées des deux chanteurs, Art et Marina, autant extrêmes que claires. « Amber Dreamland » et « All Goes » viendront pimenter cet univers lointain en intégrant des éléments mélo death sans non plus en faire de trop. Les instruments folkloriques ne sont pas de la partie, mais quelques notes de claviers apportent le bout de leur nez tandis que les guitares s’occupent de tout.

Le voyage se poursuit en orient avec un titre qui porte très bien son nom « Oriental », sorte de fusion d’Orphaned Land et d’Acrassicauda, avec ces claviers presque symphoniques, ces mélodies arabisantes à la guitare, et ces choeurs traditionnels. Retour en Russie avec un « Garnan Aravot » très mélancolique et acoustique mais finalement très varié, tant dans le rythme que dans l’utilisation de la guitare électrique.

Les membres d’Ambehr restent fidèles à eux mêmes avec cet album, suite logique du dernier « Black Road », mais en plus optimiste et sans doute plus couillu. Les moskovites conservent une fois de plus leur bonne réputation et ne semblent pas trop tomber dans les clichés, même s’il manque ce petit quelque chose qui pourrait faire la différence. En tout cas ce qui est sûr, c’est que l’ensemble est frais et relativement énergique !

 

Synaptic Fracture : The Lunatic Transmission

Ξ janvier 5th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Synaptic Fracture : The Lunatic TransmissionQui aurait cru que E.M Hearst, fondateur de Wraith of the Ropes et de Torture Wheel, changerait de registre afin de passer du doom funéraire au cyber metal ? Rien ne le prédispositionnait si ce n’est son goût pour l’expérimental et les ambiances bien sombres et inhumaines. En effet, l’Américain a battis ce one man band aux alentours de 2008 afin de montrer une autre facette de sa personnalité musicale. Chose faite avec la sortie du premier album, « The Lunatic Transmissions ».

Cela a beau être l’œuvre d’un homme, l’écoute de cet opus évoque plutôt l’œuvre d’une machine. E.M Hearst pousse le concept de non humain jusqu’au bout, transformant sa musique en quelque chose de relativement dénué d’émotions ou de sentiments quels qu’ils soient. Le nom du groupe en lui-même évoque bien le manque de transmission d’informations dans le cerveau avec cette fracture des synapses, fracture volontaire causée par cette déshumanisation accélérée que l’on retrouve tout le long du concept de Synaptic Fracture. Première étape d’une mécanisation tordue et spirituelle…l’homme sans pensées ni émotions devient irrémédiablement machine…

L’Américain étonne donc par la venue de cette histoire très atypique mais si caractéristique de l’univers cybernétique. La mise en musique est toute aussi tordue qu’inattendue. Rien à voir avec les précurseurs de Fear Factory ou le cyber moderne actuel, tendant vers le djent, à la Sybreed ou The Interbeing. Synaptic Fracture utilise à bon escient son metal industriel extrême et expérimental afin de le transformer en cyber malsain et ultra mécanisé touchant au death metal et au doom par moments. Maladif, inhumain, noir, les mots sont pour le moins très restreints pour décrire ce « The Lunatic Transmissions » proche d’un enfer mécanique. Ne vous attendez pas à retrouver ne serait-ce quelques traces d’humanités. Il n’y a plus rien. Le chant hargneux est vide et synthétique sur un « Feed the Machine » particulièrement distordu et torturé tandis que la rythmique est très lancinante et pervertie par la mise en place d’une boîte à rythme adéquate.

Cet opus est comme une fusion parfaite de la froideur mécanique et apocalyptique du cyber metal avec le côté agressif, complexe et sauvage des éléments death metal amenés lors des moments les plus opportuns. La lenteur de certains passages met davantage l’accent sur le côté décadent des choses, souligné par la présence d’éléments électroniques à l’arrière goût d’acier. « The Lunatic Transmissions », l’éponyme, donne cet effet là avec ces cris décharnés, ce côté terrorisant et très film d’horreur proche du travail de Mors In Tabula. A contrario, « Contagion » met le paquet sur les riffs et leur furie tandis qu’ « Hallucinations Machine » emmène inéluctablement l’auditeur dans le monde transformé. Tout est synthétique, rempli de formes de vie artificielle. Des transmissions radio nous rappellent le passé de ce monde avant d’avoir à faire à une voix sortant d’outre tombe. Ce titre fait la part belle aux claviers et ordinateurs d’E.M Hearst qui s’en donne à cœur joie, utilisant autant d’éléments inhumains que d’éléments aliénants, comme si notre seul voyage était un voyage périlleux et sans retour au centre de la déchéance humaine.

« Processions of the Equinox », bien que plus centré sur les guitares, n’est pas plus accessible pour autant. Le death metal est à l’honneur cette fois-ci avec de gros riffs et de bon mid tempos à la Morbid Angel. Mais ce qui change la donne, c’est l’apparition de growl artificiels et de claviers très imposants, presque symphonique mais toujours plein de sons électroniques cybernétiques. Titutitutituti ! Ceux qui avaient aimé le dernier FutureRealm risquent d’être ravis.

Pièce maîtresse de l’album, « Esoterra Firma » change radicalement la donne, avec un ensemble bien lent et en crescendo, sorte de ballade morbide et cybernétique, mettant en valeur une mélodie pessimiste en fond ainsi qu’un chant on ne peut plus décharné mais étonnamment si expressif. Electro discret, touches symphoniques, orgue morbide…et fin particulièrement agressive et death metal avant de retourner une dernière fois dans le monde des machines…

Synaptic Fracture mise réellement tout sur l’ambiance grâce à un très bon agencement des instruments. Bien sûr, on ne peut pas parler de génie, étant donné qu’il manque trop de choses, la réputation de ce one man band étant aussi quasiment nulle. Mais ce premier effort est le bienvenue dans le domaine du cyber metal, s’imposant comme une des œuvres les plus noires, les plus inhumaines et les plus oppressantes, sans pour autant atteindre la sphère du futuriste.

 

Arcane Grail : Arya Marga

Ξ janvier 5th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Arcane Grail : Arya MargaComme beaucoup doivent le savoir, la Russie est l’autre pays du black symphonique. Les scènes sont tellement nombreuses et toutes aussi différentes qu’il est clair que ce pays a de quoi avoir de la ressource. Sa localisation géographique lui permet donc d’avoir énormément d’influences, entre sa frontière avec l’Europe, la Mongolie, la Chine et certains pays du Moyen-Orient. Ajoutez à cela son histoire bien chargée et vous pouvez vous faire une idée des nombreuses facettes pouvant être utilisées dans la musique des Russes.

Arcane Grail ne déroge pas à la règle. Fondé en 2001 sous l’impulsion du chanteur Demether Grail, le groupe nous présente une facette encore peu exploitée dans le domaine du metal extrême. Bien sûr si le mélange obtenu se fait à partir de black symphonique et de death mélodique, il ne faut pas oublier l’ajout d’éléments folk et parfois gothiques. Mais ce qui fait la particularité d’Arcane Grail, c’est non seulement les nombreuses voix, apportées par Demether et Natalie, cette dernière nous octroyant un chant lyrique à la Simone d’Epica tandis que le sieur alterne tout autant chant clair, murmure, chant black, growl profond, et j’en passe. Dernière caractéristique, le fait maison. En effet, les parties symphoniques ne sont pas ou peu apportées par un claviers, le groupe a fait appel, pour l’occasion, à de vrais musiciens, s’occupant de violons, violoncelles, flutes etc. Les choeurs sont quant à eux effectués, de nouveau, par Demether et Natalie mais aussi Art et Marina du groupe arménien Ambehr.

Vous l’aurez compris, la musique d’Arcane Grail se veut très variée et propose un univers différent de ce qu’on a l’habitude d’entendre. Toutefois il faut évidemment accrocher à cette diversité et cette première impression de brouillon. Les vocaux partent littéralement dans tous les sens, entre le chant lyrique et les growls/cris parradés de riffs black et de symphonies imposantes saupoudrées de petites notes de piano et de flûtes. On ne peut pas nier l’évidente prise de risque sur la majeure partie des compositions, mais il aurait fallu que tout soit plus posé et plus calculé afin d’éviter de ressentir une certaine impression de cacophonie tout le long de l’opus.

Ceci dit, ce n’est pas mauvais et il y a du culot, dans la mesure où les codes du black metal se retrouvent quelque peu bousculés, même si le premier morceau « Arcane Grail » se retrouve finalement plus proche de Cradle of Filth qu’autre chose. L’introduction nous propose une ligne de basse mystique, assez rare dans le domaine soit dit en passant. La suite mélange habilement black sympho et death mélo avec cet ensemble de vocaux impressionnant, comme si plusieurs personnes se parlaient, mais dans la hâte. « Autum Wed Us, Sinned and Lone » nous offre une symphonie plus imposante et impériale avec une ligne principale axée vers le black au niveau des riffs et des chants, les claviers apportant des sonorités très féeriques avec ces clochettes, piano et xylo. A contrario, « Renaissant the Reverie » est plus centré sur l’aspect death mélodique, en témoigne ce riff d’introduction et cette rythmique caractéristique.

Si « Imprisoned in the Greatest War » se veut guerrier dans l’ensemble, très bien mené mais surtout proche de Skyfire dans l’agencement des mélodies melo death/sympho black, des titres tels que « Sorrow of Forgotten Pride » se veulent particulièrement désagréables. Pas par leur côté folk et antique, mais par la fausseté de certaines notes, ce qui tend à faire mal aux oreilles, malgré nous. « Die Sonnehymne » met Natalie à l’honneur en chantant a capella, et en lyrique. Un peu longuet pour ma part mais on se rend d’autant plus compte du timbre de la jeune femme. Un petit amuse bouche avant de clore sur un « Iniquitous Yoke » torturé et hargneux avec de bonnes lignes de piano et de basse.

Tous les titres prennent part à un concept particulier, autant basé sur des influences païennes que mystiques et spirituelles, comme des incursions dans le bouddhisme, les mythologies et les traditions hindoues. L’écriture en sanskrit sur le livret mène sur la voie, ainsi que les images et les paroles, parlant de nirvana mais aussi du désir de se couper du monde moderne afin de retourner vers les valeurs ancestrales et les traditions d’antan. Ce qu’on retrouve finalement bien avec l’ajout de tous ces instruments et voix.

Il y a de l’alchimie et une voix, une personnalité, une envie de faire différemment et de prouver que la Russie a de quoi montrer sa diversité en la matière. Toutefois, le groupe est encore jeune malgré tout, ce « Arya Marga » n’étant que le deuxième opus après un « Mysteries of the Ancient Charnel » approximatif. L’étape du deuxième album a donc été franchie, sans non plus faire une merveille, car comme pré-cité, il y a encore beaucoup de défauts à corriger et il faut prendre le temps d’embarquer l’auditeur sans qu’il ne décroche une seule fois, ce qui n’est pas totalement le cas au sein de cet opus parfois fourre-tout mais tout de même intéressant.

 

Byblis (ITA) : Princeps Malis Generis

Ξ janvier 3rd, 2012 | → 0 Comments | ∇ Black Metal |

Byblis (ITA) : Princeps Malis GenerisIl n’est pas toujours facile d’imposer lorsqu’on est une formation discrète, mais les italiens de Byblis ont toutefois réussi le pari. Formés en 2003, ils ont malgré tout sorti une démo et un split avant de se dégoter le label underground Salute Records et de sortir leur tout premier opus « Princeps Malis Generis ». Et en dépit du fait qu’il ne soit pas connu dans toute l’Europe, et sans doute ailleurs, le trio a réussi à avoir les faveurs de scènes locales italiennes, le groupe comprenant des membres de Infernal Anges et de Lylium, formations bien intégrées dans le circuit du metal extrême italien.

L’album se compose de neuf morceaux qui se situent tous dans la même trempe, à savoir, un black metal bien noir, sans non plus être cru, influencé en partie par Darkthrone et les premiers opus de Samael. L’atmosphère est quelque peu oppressante mais vectrice d’un aura sombre assez intéressante, engageant l’auditeur dans un univers morbide et meurtrier. Les riffs restent simple mais distillent cet esprit black metal caractéristique, tout en ajoutant ce côté désespéré propre à Byblis. Ainsi des titres comme « In Blood » ou « Desolation » mettent bien en musique ces éléments, avec une longueur totalement aléatoire, on passe autant des deux minutes aux dix minutes.

Si un « Succubus » s’emprunte d’une atmosphère quelque peu occulte, « I’m Back for Blood » distille un parfum saveur sang, assez vampirique, avec cette voix caverneuse, ces riffs terrifiants et cette ambiance sombre et étrange. L’éponyme engendre une aura maladive et très cadavérique avec ces guitares au son assez correct mais suffisamment raw pour relever les caractéristiques pré-citées. A contrario, « The Horizon Is Black » prouvera que Byblis peut s’aventurer dans les sentiers du mélodique avec des arpèges quelque peu maîtrisés, toutefois, on est loin du black mélodique dont certains ont le secret.

Ce « Princeps Malis Generis » reste assez bon, malgré une certaine retenue, mais il est clair qu’on peut saluer le côté underground et cadavérique qui se dégage de ce premier jet qui déjà, annonce la couleur en matière de black italien. Pas exceptionnel non plus mais suffisamment bien mené pour y jeter une oreille.

 

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