Helioss : The Forthcoming Darkness

Ξ février 29th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Helioss : The Forthcoming DarknessFondé en 2009 par Nico et prenant pour concept le dieu grec du soleil, Helioss est un projet musical très ambitieux qui s’inspire autant du heavy metal et du black symphonique que du neo classique. Après l’arrivée de Pierre au chant, le duo s’est attelé à la fabrique d’un premier EP, « Confessions », en 2010 avant de s’attaquer au premier full length, écrit courant 2010/2011 et terminé en 2012.

Avant toute chose, Helioss est un projet totalement voué au studio et non à la scène, ce qui confère à la musique une autre dimension. Loin d’être créée en vue d’une prestation live, les compositions restent donc très variées et ouvertes à de nombreuses possibilités, si bien que les treize morceaux de cet album se retrouvent unis par cette fibre qu’est le mélange des genres. Pas de réelles continuités entre chaque morceau, tout peut se prendre indépendamment bien que tout soit raccroché à ce titre ténébreux, « The Forthcoming Darkness ».

Le soleil se teinte de noirceur, ses rayons deviennent plus obscures bien que sa chaleur soit indéniable. Cette source de vie, de son cœur ardent, est en passe de nous offrir une nouvelle dimension. Et la voici. L’opus se veut plus sombre que le dernier « Confessions » mais tout aussi expérimental et progressif sur les bords. Plus fouillé, plus travaillé, Helioss a trouvé le moyen de mettre ses influences à profit, utilisant un peu des premiers Dimmu Borgir pour ce qui est des atmosphères et des touches black, un peu de Mirrorthrone pour l’aspect neo classique, un peu de classique pour ce qui est des orchestrations, un peu de heavy pour ce qui est du rythme et de la technique de guitare, et un peu de death pour certains riffs et certains growls.

Il n’est donc pas spécialement facile de décrire la musique d’Helioss en quelques mots mais le duo a au moins le mérite de nous proposer quelque chose de moins conventionnel de ce qu’on a l’habitude d’entendre en ce moment. Mais il semblerait que le neo classique s’intègre de plus en plus au black symphonique ou même au death metal ces derniers temps. De fait, les frenchies se sont donnés beaucoup de mal pour parvenir à intégrer ces sonorités, que ce soit dans les guitares aux notes montantes et descendantes à une vitesse folle, ou dans la variété du clavier, entre clavecin, orgues et j’en passe (« De Occulta », « The Dance of Vampire », « Among the Dead »).

Un « From Buddha to the Cross » mélange efficacement black symphonique et heavy metal, tout en laissant apparaître de mélancoliques notes de piano au sein de cette brutalité et de cette hargne présente aussi bien dans les riffs que dans le chant. A l’inverse, « Architects » se dirige plus du côté de l’orient et insiste sur la symphonie et le rythme mid tempo, profitant de son côté aérien pour permettre l’alternance des chants et offrir différents sons de claviers, pour la plupart impériaux. Encore différent, « The Legion of Pariahs » envoie l’auditeur dans un mélange musique classique/black metal avant que « Demiange » surprenne avec ses chants grégoriens.

Helioss nous prouve une fois de plus que le black/death symphonique français est en constante mutation et que le genre, même s’il reste un peu fade ces derniers temps, peut encore nous proposer quelque chose. « The Forthcoming Darkness » est donc un bon album, un peu complexe dans son appréhension mais facile d’accès pour les amateurs du genre, malgré quelques petits soucis de son l’aspect mécanique de la batterie.

 

Ruins Of Faith : To the Shrines of Ancestors

Ξ février 27th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Melodic Black Metal |

Ruins Of Faith : To the Shrines of AncestorsIl est dommage que la Géorgie soit si peu connue dans le monde du metal car ce pays cache des petits groupes ayant leur personnalité et leur façon de nous concocter des albums inspirés par la culture locale. Ruins Of Faith est fondé en 2001 par trois garçons qui avec le temps s’avéreront très fructueux, quand on sait que certains d’entre eux font désormais partie de formations telles que Im Nebel ou Valley Lord.

« To the Shrines of Ancestors » est le seul album sorti à ce jour. Signé chez Haarbn Productions, il se compose de neuf morceaux et d’une bonne dose de mysticisme, ce qui peut se voir d’office avec la pochette très chaleureuse et explicite, avec ce soleil, cette tour et cette opposition lumière/obscurité. Rien de très oriental malgré les apparences, toutefois Ruins Of Faith utilise des claviers symphoniques et des nappes atmosphériques afin de les intégrer à son black metal mélodique aux légères consonances pagan.

Parfois proche d’un Nagflar ou d’un Rotting Christ, les Géorgiens arrivent à utiliser la mélodie pour créer une ambiance épique en utilisant la vélocité des guitares et des rythmes. Rien de très brutale cependant, tout se base sur l’harmonie entre tous les instruments et le chant black hargneux de Vasiko, même si les claviers peinent à être utilisés à leur maximum. Car si certaines nappes sont pour la plupart du temps happées par la puissance des guitares, d’autres restent uniquement présentes en début ou en fin de titres (« Father Fire »), et on aurait aimé plus de fusion comme sur « The Everquest » ou « Ruin of Faith ».

Cependant, ce sont bien les instrumentales « To the Shrines of Ancestors », part 1 et 2, qui mettent bien en valeur l’aspect pagan et les claviers, mettant l’accent sur le côté symphonique, les choeurs et les samples de vent. Mais elles ne servent que d’interlude et font finalement un peu tache dans ce black mélodique qui peine à varier : le rythme est toujours le même ainsi que les quelques notes répétitives de claviers en fond. Seul « Mournbringer » arrive à apporter un peu de changement et d’émotion avec ces alternances de parties. Toutefois cela n’empêche pas aux guitares d’être énergiques et à la batterie d’être friande de blast beats, malgré sa mécanicité apparente.

Ruins Of Faith livre un album correct mais manquant de variation, si bien que l’ennui peut vite pointer le bout de son nez. Toutefois, on ne peut renier l’aspect efficace des guitares et de la voix qui embarquent l’auditeur dans ce monde épique et pagan.

 

Contaminant : The Masquerade

Ξ février 26th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Black Electro |

Contaminant : The MasqueradeL’Allemagne est un pays riche pour tout ce qui concerne le black mélodique et le metal industriel. C’est peu de temps après sa formation en 2006 et quelques changements de patronyme que Contaminant s’est mis à mélanger les deux styles tout en adoptant une atmosphère particulière afin de livrer un opus personnel et aux nombreuses influences. La pochette en elle-même représente bien l’opposition des deux genres, avec ce bélier et ce masque à gaz sur un fond sombre et désarticulé, ce qui ne trompe pas quant à ce qui attend l’auditeur.

Malgré les apparences, il ne s’agit pas de cyber black metal, même si l’ambiance futuriste et morbide est présente du début à la fin. Les Allemands n’utilisent pas les mélodies à outrance, bien que les guitares nous concoctent régulièrement des arpèges bien particulières. Toutefois ces mélodies sont là afin de véhiculer une atmosphère bien décadente voire post apocalyptique. Mélangées aux claviers et aux samples électroniques, le résultat n’est que saisissant.

Dès le départ, le duo « The Worm’s Eye » et « The Masquerade » nous montre l’identité de Contaminant, qui s’évertue à nous offrir des morceaux d’apparences simples, mais aux ambiances très travaillées. On ne passera pas à côté des inspirations death pour certains growls et symphoniques pour les touches orchestrales. La venue de « Confessional Secret » rappelle le metal industriel allemand remixé en version black metal avec ces touches électroniques futuristes et ce riffing imparable.

L’album prend une teinte plus sombre lorsqu’on arrive en son milieu. Après les samples de bébés qui pleurent ou de cris, « Sindream » nous envoie les cloches avant de nous envoyer la sauce à coup de claviers mi sympho/mi indus, sans non plus écraser la puissance des riffs et du chant black, tandis que « Bloody Mary », malgré tout, nous octroie plus de six minutes de cyber black décadent et prenant du début à la fin tant dans les ambiances froides que dans l’assemblage des riffs.

Étrangement, les influences arabes pointent le bout de leur nez sur un « Shaitan » symphonique (« lucifer » en arabe) et épique. Mais c’est bien sur « Chutba and Dadschal » que ces touches orientales deviennent plus importantes, non seulement dans les mélodies mais aussi dans l’utilisation des instruments. L’apport de l’électronique fait un drôle de contraste entre le chaleureux/l’authentique, et le froid/l’artificiel.

Contaminant s’en est bien sorti avec ce « The Masquerade » auto produit et pessimiste, aux mélodies imparables et aux touches industrielles futuristes. Le groupe a réussi à ne pas s’y noyer et à nous proposer un black metal atypique porté sur les atmosphères et non sur la brutalité, disposé à nous faire passer une quarantaine de minutes dans un monde perturbant, perdu dans une infinité de mensonges.

 

Oblivion Machine : Unnatural & Wrong

Ξ février 24th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal, Death Metal |

Oblivion Machine : Unnatural & WrongC’est en 2005 que naquit Oblivion Machine sous l’impulsion des deux frères Konstantin et Alex, dans le but de jouer un metal peu ordinaire en s’aidant d’éléments électroniques. Après s’être entraînés à effectuer des riffs traditionnels mais efficaces, le duo partit sur Moscou et trouva une aide précieuse pour compléter son line up, le bassiste EXILE. C’est à ce moment là qu’Oblivion Machine prit forme et la nouvelle formation commença à jouer sur scène avant de s’intéresser à un premier album, « Unnatural and Wrong », en 2008.

La Russie fait partie de ces pays actifs en matière de cyber metal et Oblivion Machine ne déroge pas à la règle. Mélangeant un death metal synthétique à des éléments industriels futuristes, le trio joue une musique relativement froide et déshumanisée, mettant en valeur une ambiance sombre et artificielle. La productions semble avoir été faite de façon à ce que les instruments soient rigides et à l’arrière goût d’acier, si bien qu’on a rapidement l’impression d’être dans un monde machinisé, perverti, en proie à des soucis externes. Ce n’est pas pour rien que le groupe a choisi un bunker militaire pour tourner le clip « Antigod ».

Ce morceau représente bien l’univers d’Oblivion Machine, mélangeant riffs death efficaces, growl et blasts sous couvert d’éléments cybernétiques du plus bel effet et de touches mécaniques continues. Puis c’est « Karma », restant sur la même longueur d’onde, qui nous offre un cyber death hypnotique et parfois arabisant avec cette touche inattendue de sitar en duo avec des samples électroniques.

Par certains points, ce « Unnatural and Wrong » se rapproche des débuts du groupe Hi-Tech et leur « Nova » sorti la même année. Leur appréhension d’un death cyber se rapproche, avec cette empreinte technologique omniprésente et ce côté implacable, bien que parfois répétitif. La faute à des titres longs, tels que « Alternative » ou « Machine » avec ces semblants de voix synthétiques et manipulées.

Et puis « Blight » change d’horizon pour nous propulser vers un ensemble instrumental et spatial, futuriste, planant. Les claviers se taillent la part du lion parradés de riffs death contrôlés et morbides quoique posés, avant de changer de cap vers quelque chose de plus brutal avec un « Absurd » sans pitié et décapant, où apparaît en guest le chanteur de Fetal Decay (brutal death – Russie), nous gratifiant de cris porcins. Là encore, on tombe dans quelque chose de plus expérimental avec ces sons électroniques à la limite du robotique et ces riffs qui arrivent à devenir saccadés.

Oblivion Machine ne livre pas un album facile d’accès mais arrive à créer une musique particulière, synthétique et très froide, loin de ce qu’on peut entendre mais proche du cyber death qui tend régulièrement à être dénué de toute humanité, grâce à une production qui ne reste pas centrée sur le gros son mais sur l’aspect immatériel. Un opus à découvrir pour les amateurs du genre, malgré son manque de modulation.

 

Little Dead Bertha : Angel & Pain

Ξ février 21st, 2012 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Little Dead Bertha : Angel & PainLittle Dead Bertha fait partie des groupes russes les plus vieux. Mais c’est sans doute la formation qui aura le plus changé de style, quand on sait que les débuts étaient plus thrash metal qu’autre chose. L’apport d’un violon et d’une guitare supplémentaire incita la bande à opter pour le doom/death, pour finalement se tourner vers le gothic/doom, puis le gothic tout court et enfin, le black death symphonique avec ce « Angel and Pain » et sa pochette très Within Temptation.

Bien entendu, les changements de style auront apporté tout autant de changements de line up, et c’est un Little Dead Bertha presque tout neuf qui arrive, avec deux chanteurs (Sergey et Svetlana) mais aussi Kain de Skyfall à la batterie et une signature chez MSR Prod. Nous pouvons donc nous attendre à quelque chose de puissant.

Et ça l’est. Même si Little Dead Bertha fait partie de la grande famille russe du black death symphonique mélodique, il arrive à se frayer un chemin et à imposer une certaine personnalité, sans doute dû à son passé disparate. L’aspect gothique perdure, notamment les ambiances et le chant lyrique de Svetlana, ainsi que le fort accent death metal retrouvé dans les riffs et le growl. Ce sont les éléments black metal qui sont nouveaux chez les Russes, les cris et les lignes de guitares caractéristiques étant rendez vous en plus des ambiances sombres. Ajoutez à cela une touche prog et une poignée d’influences folkloriques sur « Truth of This World », « Creeping in the Mist » ou « Let Me Roust Your Soul » (harpe, guitare acoustique, accordéon) et vous pouvez vous faire une idée de la musique du sextet.

Les Russes ne font pas dans la dentelle malgré tout, misant beaucoup sur les parties bien agressives. Toutefois, des moments plus mélodiques sont de la partie, avec ces claviers en fil conducteur et le chant de Svetlana. On ne reste pas loin d’Arcane Grail dans l’aspect théâtral et le mélange death mélo/black sympho à alternance chant féminin/growl masculin, mais on peut aussi rapprocher Little Dead Bertha de Blackthorn avec ce mélange de vocaux et de styles, même si l’apport des arrangements orchestraux est moins imposant, bien qu’omniprésent.

Cependant, les morceaux en général restent trop longs par rapport à ce qu’ils nous apportent, ci bien qu’on tombe quelque peu dans la linéarité, même s’il y a des passages bien fouillés et intéressants (« Mistake », « Blood on the Blade »). La faute au côté progressif qui ne sied pas bien aux compostions de Little Dead Bertha.

On finit avec la tradition russe, qui est de faire une reprise. Ici, il s’agit du morceau « The Ocean » de Forgive Me Not (doom/gothic). Le sextet accélère le rythme et intègre une ambiance plus commune. De plus, le chant de Svetlana est mal placé et manque de justesse.

Little Dead Bertha nous livre un album sympathique mais noyé dans ce flot de groupes black death symphoniques qui tendent à se ressembler. Malgré ses touches personnalisées, le groupe en question doit s’imposer, s’originaliser, et surtout, éviter les changements incessants de style, afin de se stabiliser et trouver sa voie. En espérant que cette fois sera la bonne…

 

Dog Faced Corpse : Demo 2012

Ξ février 20th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Death Metal |

Dog Faced Corpse : Demo 2012Il y a des pays qui croulent sous le death metal, comme la Suède ou les Etats Unis qui ont vu naître, petit à petit, les maîtres du genre. Il y a d’autres pays qui commencent à émerger, en Extrême Orient par exemple, que ce soit en Inde ou à Singapour, les formations de brutal death se font de moins en moins rares et imposent une marque de fabrique sous le signe de l’underground. Puis il y a le Moyen Orient et sa scène chaleureuse qui aura mis du temps à se mettre en avant. Et pour cause. La politique et la religion sont des facteurs primordiaux qui empêchent les plus passionnés de faire de la musique, du metal qui plus est. Qui aurait donc cru que Dog Faced Corpse arriverait à aller au bout de ses rêves afin de monter le premier groupe de death metal irakien.

Il n’y a que deux groupes de metal en Irak : Acrassicauda (thrash metal), et Dog Faced Corpse, fondé en 2008 par le batteur Lateef. Le quintette en question, malgré les difficultés, a enfin réussi à sortir sa première démo, signée chez Salute Records, le label suédois de l’underground. Dans un pays tiraillé par les conflits où porter un pentagramme est synonyme d’appartenance à la religion juive, Dog Faced Corpse et leur « Demo 2012 » s’octroient une imagerie gore inspirée des histoires morbides de leur pays : les mutilations, les meurtres, le chaos…Prenant comme symbolique le chien, les Irakiens intègrent cette figure tout le long de leur compositions, comme une mascotte sanglante et terrifiante.

Dog Faced Corpse s’inspire de groupes bien brutaux tels que Cannibal Corpse, Suffocation, Gorgasm ou Disgorge, ce qui s’entend immédiatement à l’écoute des morceaux. « The Drill » commence par un sample de tronçonneuse avant d’alterner parties rapides et brutales et parties plus lentes, aux guitares saccadées. Le groupe essaie d’être technique lors de ce type de partie, tentant de montrer une certaine maîtrise de ses instruments. Idem sur un « Broiled » furieux et sans pitié, marqué par le côté implacable de la batterie, et des riffs, mais surtout par une influence jazzy en fin de titre.

Car oui, Dog Faced Corpse ne se contente pas d’influences brutal death, mais intègre une fois de temps en temps des influences de musique classique ou jazz, ce qui est plus flagrant sur « Channel of Decomposed » et sa partie bien mélodique, ce qui donne un peu de répit face à cette agressivité palpable. Que ce soit ici ou ailleurs, les lignes de basse sont bien ficelées.

Faute de moyen, les compositions manquent toutefois de puissance et de maîtrise, l’ensemble étant souvent trop brouillon et le son bien underground, ci bien qu’un défaut de production atteint chaque titre, la guitare étant reléguée au second plan ou inversement avec la batterie. Malgré le concept apparent, les quatre morceaux ont du mal à tenir en haleine, bien que l’agressivité soit à toute épreuve, le growl s’apparentant parfois à un grognement de chien. Toutefois, il est clair qu’avec plus de moyens, Dog Faced Corpse pourrait fournir un death metal plus racé, plus représentatif et moins compressé, même si cette première démo est encourageante et que la prise de risque est indéniable.

 

Númenor (SRB) : Opus Draconis

Ξ février 19th, 2012 | → 2 commentaires | ∇ Symphonic Black Metal |

Númenor (SRB) : Opus DraconisIls sont uniques, ils sont déterminés, ils sont tournés vers l’épique et ils sont influencés par Tolkien. J’ai nommé Numenor ! Avant d’adopter ce nom en rapport avec une île dans la Terre du Milieu, le combo se nommait Esgaroth (cité fictive dans le livre “Bilbo le Hobbit“), l’aventure commençant en 2004 avec plusieurs démos. C’est en 2009 que le changement de patronyme se fit, amenant avec lui un léger changement de line up, la tête pensante restant Despot Marko.

Numenor fait partie de ces petites formations telles que Smargroth en Slovénie ou Lord Shades en France qui officient dans un metal extrême et épique tout en s’octroyant des influences tolkiennienne ou heroic fantasy sans tomber dans le pompeux ni dans le recyclé. La bande a compris la leçon depuis le début, bien que s’inspirant de Bal Sagoth et de Summoning. Les premières démos étaient déjà très prometteuses, voici que Numenor a franchi le pas avec la sortie de plusieurs EPs, dont ce « Opus Draconis » en juin dernier. L’opus reprend des anciens morceaux, dont « Monarchy Divine » présent sur une démo de l’ex-Esgaroth, et « Once We Were Kings » ajouté sur le split « Dynasty of the Realm Beyond », sachant que le tout se veut remastérisé pour l’occasion afin de rester en continuité avec la nouveauté « Aeons of Magic ».

C’est dans un monde fantaisiste que les Serbes nous emmènent, prenant un certain plaisir à rendre leurs morceaux très alambiqués et irrésolument progressifs. La base semble black metal même si souvent il s’agit plutôt d’une forme de metal extrême aux forts éléments symphoniques et épiques. Toutefois, les accélérations, les riffs lourds, les blasts et le chant black ne peut que nous conforter sur le côté brute de décoffrage et sans pitié, même si l’ensemble des titres ne sont pas bourrins. En effet, Numenor nous fait part d’atmosphères et d’alternances de passages et de tempos, si bien que le voyage ne se fait pas sans embûches.

Prenons un « Monarchy Divine » (initialement enregistré en 2006) qui bouleverse les codes du black épique en général. Autant on se retrouve avec une ambiance bien épique, très champ de bataille, très travaillée avec ces arrangements orchestraux de grandes qualités, autant on se retrouve avec un refrain improbable, proche de ce qui pourrait se faire dans le power mélodique à la Blind Guardian, avec son chant clair aigu et son envolée magique. Pas de soli pour autant, toutefois une partie expérimentale vient s’infiltrer aux alentours de 02:35, chaque instrument profitant de ce moment pour se dévoiler, que ce soit la basse aux notes changeantes ou les violons/piano qui se mélangent. De plus, des narrations arriveraient presque à nous faire penser à celles de Christopher Lee (que ce soit dans le Seigneur des Anneaux ou dans son projet solo Charlemagne).

Si « Once We Were Kings » propose deux parties bien distinctes, l’une agressive et black symphonique, l’autre plus classique dans l’utilisation des violons, « Aeons of Magic » (aucun rapport avec le titre de Sirius du même nom) montre un Numenor en pleine forme en ce qui concerne les arrangements orchestraux très entraînants, réfléchis et maîtrisés sur le plan épique et mystique. Le titre semble réellement plus influencé par la musique classique qu’autre chose, même si des riffs furieux arrivent à se poser sur cet océan de mélodies au piano ou au violon.

Sans évoquer la reprise de Summoning, tout ce que je peux vous dire c’est que ce « Opus Draconis » de Numenor est une très bonne découverte des plus surprenantes, quelque part entre Dimmu Borgir/Bal Sagoth/Summoning, mais avec cette impression, au final, que les Serbes mélangent de la musique classique avec des éléments metal extrême. Pas besoin de se diriger vers les gros labels ni vers les pays les plus prolifiques, il y a Numenor qui vous attend.

 

Ygodeh : Dawn of the Technological Singularity

Ξ février 18th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal, Death Metal |

Ygodeh : Dawn of the Technological SingularityOn ne sait rien de la Lettonie, qui se veut très discrète et ce même après son entrée dans l’Union Européenne. Même en matière de metal, il n’est pas facile d’avoir un nom qui nous vienne à l’esprit, à l’exception de Skyforger pour son black folklorique. Pourtant il y a Ygodeh qui se cache du côté de Daugavpils, un petit groupe semblant fuir le folklore et les traditions baltes de son pays. En effet, le quatuor préfère se focaliser vers le futur et les progrès scientifiques, dédiant son premier album « Dawn of the Technological Singularity » aux éléments artificiels qui se sont développés et qui accompagnent notre vie quotidienne. En outre, la formation se dit pratiquer du « synthetic death metal » mais n’exclue pas les termes de « cyber death metal », décrivant bien leur type de musique.

Car Ygodeh arrive bel et bien à transformer son metal en quelque chose d’assez artificiel, utilisant autant de samples que de claviers pour créer une atmosphère sombre et étrange, assez âpre et résolument synthétique. Faute de moyen, la production peine à imposer une certaine puissance, que ce soit dans les synthés que dans les guitares, qui peinent à se faire un chemin vers le devant de la scène. Toutefois ces dernières aux riffs death et techniques arrivent à instaurer un côté froid et aseptisé, parfois proches des machines au niveau de leur sons. A contrario, la basse est un des principaux piliers, offrant des lignes déstructurées et « fofolles », à mesure que les différentes sonorités contribuent à instaurer cette atmosphère mécanisé et irrésolument synthétique.

De part sa breveté, l’album permet de nous offrir le maximum d’éléments sans non plus se perdre dans un dédale d’éléments. Même si tout n’est pas très mis en avant, Ygodeh arrive tout de même à imposer des moments forts et jouissifs, tel un « Thus Is the Will of the Swarm » progressif et électronique, au growl quoique faible mais au final déshumanisé avec son rythme mécanique et ses râles perturbants. « Lord of Rays », dédié au génial et célèbre Nikola Tesla (le « maître de l’électricité » dans les paroles du morceau) souligne une facette épique grâce à ces guitares continues et ces parties orchestrales en arrière plan. Impossible de ne pas s’imaginer ce génie en train de manœuvrer toute sorte de machines pour arriver à ses fins.

C’est à partir de ce moment qu’un noyau symphonique perdure jusqu’à la fin de l’album, en couplage avec des sonorités électroniques cybernétiques du plus bel effet et des guitares véloces et chaotiques (« Before the Skies Are Painted Black » ou « Matrix Cracked »). Rien de plus synthétique dans le domaine, Ygodeh embarque avec son riffing technique et sa fusion d’éléments froids et rêches. « Tilting at Windmills » étonne avec son sample hypnotique très futuriste et son aspect sombre et post apocalyptique. Une fin de toute beauté malgré les imperfections dans les growls et la production des instruments.

Un album trop court peinant à montrer la créativité d’Ygodeh, mais il ne peut être que prometteur tant l’ensemble reste bien ficelé et très synthétique, rangeant les Lettons dans la petite famille du cyber metal. Il ne lui reste plus qu’à dévoiler tout son potentiel et à nous octroyer une fusion des éléments digne de ce nom, tout en créant une pochette plus représentative de la chose (même si les machines et les industries présentes nous mènent sur la voie).

 

Harmony In Grotesque : Painted by Pain

Ξ février 17th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Death Metal, Progressive Metal |

Harmony In Grotesque : Painted by PainCe n’est plus nouveau : la scène russe est très riche, que ce soit en matière de black symphonique ou en matière de doom ou de death metal, si bien que les labels spécialisés dans le genre foisonne et propose régulièrement de nouveaux groupes ou de nouveaux albums tous aussi intéressants les uns que les autres. Harmony In Grotesque n’est pas tout jeune pourtant, sa formation datant de 1998. Mais ce n’est que récemment que le sextet s’est enfin décidé, après un DVD, signant chez les Ukrainiens de Arx Productions et étant distribué par Solitude Productions. Voici donc « Painted by Pain ».

Originaire de Sibérie, tout comme ses confrères de Kamlath, et officiant dans le même style de musique, Harmony in Grotesque s’acoquine avec le dark metal, progressif de surcroît, et nous surprend en s’accaparant bons nombres d’influences, que ce soit des influences death ou doom. Ainsi la majeure partie des titres sont très longs et surtout riches, rempli de mélodies et d’ambiances mélancoliques. C’est avec délicatesse que les Russes nous offrent dix titres soudés et souvent atmosphériques, malgré l’offensive du riffing death et des growls de Paul. Que ce soit le côté harmonieux et planant de « Frozen Blood of Trees », le côté acoustique à la Opeth sur « Aegrimonia Profunda », le côté bien death puis jazzy sur le final de « Scars in Memory » avec l’aide d’un chant féminin et le côté irrésolument froid et naturel sur « Siberia », Harmony in Grotesque sait faire de chaque titre un hymne particulier, proche de ses racines.

Malgré les apparences, c’est avec douceur que le sextet nous embarque, nous offrant un panel d’instruments, apportant une certaine richesse au niveau des mélodies et des atmosphères. Piano, claviers, violons, flutes, xylophone, instruments traditionnels, tout y est afin de nous proposer presque une heure de dark metal atmosphérique et progressif. Il ne faut pas avoir peur de la longueur, on passe facilement de deux minutes à dix minutes de façon déconcertante, les morceaux intermédiaires (~5 minutes) étant tout aussi prenant et impressionnant (l’instrumental « Gift Bringing Pain » mélangeant death/doom/dark et symphonique). Sans oublier « Slumber Stopped the Time » et ses nombreux changements de rythme parradés de voix claires étranges, de riffs tordus et d’une basse en folie.

Une bonne surprise pour Harmony In Grotesque livrant un album relativement riche, révélant de nouvelles choses à chaque écoute. Ce « Painted by Pain » n’est pas à prendre à la légère bien au contraire, d’autant plus que les sessions d’enregistrements auront été longues, la première ayant eu lieu en 2006 pour les parties batterie. Les Russes auront donc pris leur temps, et ce n’est pas un défaut, dans la mesure où ils ont réussi à concocter un opus révélateur et très varié.

 

Symbolic (GER) : Scarvest

Ξ février 15th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Melodic Death Metal |

Symbolic (GER) : ScarvestSymbolic aura eu du mal à faire parler de lui en France et pourtant il s’avère que ce quintette est une valeur sûre en Allemagne en matière de death metal. Formé en 2005, le groupe a réussi à sortir un album et un single auto produit avant de se lancer pour de bon et signer avec le prestigieux Twilight-Vertrieb, lui donnant une opportunité en or en matière de distribution. Et ça marche.

Bien qu’officiant dans un genre de plus en plus saturé, Symbolic arrive à faire de sa musique un death metal moderne aux touches mélodiques, sans tomber dans les pièges du conformisme. Pas de mièvrerie, pas de voix claires, pas de bidouilles qui n’ont pas lieu d’être. Les Allemands envoient du lourd et en plein dans le mille, se permettant non seulement de nous asséner d’un déluge de riffs mais aussi d’expérimenter de temps à autre histoire de ne pas rendre sa musique trop uniforme.

Après donc plus de six ans d’activité, Symbolic est en droit d’essayer de nous offrir l’album de la maturité et il est clair que ce dernier n’en manque pas. Le quintette commence d’office par nous faire un jeu de mot avec le titre de son album, « Scarvest » étant un mélange de « scar » et de « harvest ». Mais ce n’est pas les blés que les musiciens fauchent, mais bien des têtes, et avec une lame bien aiguisée, à l’image même de leur musique. Pas de pitié, l’ensemble est bien racé et bien compact, avec une base melo death mais modelée grâce à des éléments modernes voire core tant dans la rythmique parfois syncopée et dans le growl qui tourne au criard.

« Everlasting » et « Achille’s Son » nous offrent une très bonne dynamique et de relents bien death metal, avec les soli qui vont bien, parfois proche du neo classique et de Necrophagist dans le même temps. Les touches progressives restent très évidentes tant dans la longueur des morceaux que dans le côté barré et alambiqué de certains passages à la guitare très recherchés. Toutefois, lorsque la lourdeur s’impose parradée d’une certaine agressivité, c’est plutôt de Death que l’on se rapproche (« Down to Zero »), pour ensuite se diriger vers quelque chose de plus aérien et symphonique (« Mysery »). Symbolic aime jouer sur ces facettes, car chaque piste est délicieuse et dotée d’une identité bien à elles.

On conclut avec un « 7H8P7P5H7 » au nom très mystérieux mais bourré de bonnes choses, entre le côté très catchy et technique des riffs, le dynamisme du rythme, la lourdeur de l’ensemble, le growl impeccable de Bastian et surtout le final très inattendu et expérimental qui commence avec des sons cybernétiques pour terminer avec des guitares hypnotiques, des voix bizarres, des sons retro et une batterie limite techno pour un ensemble très « jeu vidéo ».

Symbolic s’est bien débrouillé et c’est un death mélodique moderne et lourd qui s’offre à l’auditeur, pas mielleux pour un son et pas bourré de claviers pour autant. Les Allemands s’imposent et seront sans aucun doute sur le devant de la scène d’ici quelques temps. Ce « Scarvest » fouillé et catchy est plus que prometteur.

 

Death Emitting Diode : Welcome to the Machine

Ξ février 15th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Death Emitting Diode : Welcome to the MachineLe Royaume Uni aura toujours fait parler de lui dans le domaine musical, que ce soit en matière de rock, de pop ou de New Wave, si bien que des tas de groupes auront émergé d’années en années. Si les styles très électroniques dans l’esprit peuvent s’avérer incompatible avec le metal pour certains, il s’avère que d’autres arrivent à faire une fusion de tout cela afin de créer un son très étrange et inhabituel.

Les Britanniques de Death Emitting Diode, formation basée autour de Nexus et de Centurion, a pris le défi et fait du neuf avec du vieux, s’appropriant un son volontairement retro, kitch et très année 80 dans les synthétiseurs. Mélangé à des guitares saturées et des nappes de claviers futuristes et robotiques, cela nous donne un cyber metal étonnant et racé, ayant l’audace d’innover, sans non plus être extraordinaire.

Le nom du groupe est basé sur le concept de la DEL (diode électroluminescente) que l’on traduit en anglais par « light-emitting diode ». Si on suit la même logique, Death Emitting Diode (DED) serait un néologisme pour parler d’une diode émettrice de mort, cette diode pouvant s’apparenter aux technologies actuelles. Nous nous retrouvons de nouveau avec un concept pessimiste sur la machine se retournant contre son créateur pour éventuellement le détruire ou le déshumaniser. Classique.

DED se distingue des autres formations cyber metal par sa façon d’appréhender le genre. En effet, si en général on se retrouve avec du metal teinté d’électro, ici c’est plutôt l’inverse, c’est à dire de l’électro made in eighties qui se trouve teinté d’éléments metal. Alors il ne faut pas s’attendre à quelque chose d’agressif dans l’esprit ou de très basé sur les guitares. L’ouverture et éponyme « Welcome to the Machine » pose bien le décor avec son ensemble très technologique et retro, les guitares étant saturées en arrière plan, le rythme bien mécanique et kitch, et la voix traficotéé à la l’image d’une machine.

C’est en effet un voyage auprès de machines que l’auditeur effectue. La série des « Password » nous le prouve bien avec sa mélodie électronique entêtante et ces guitares lançant des offensives. On reste pas loin de la new wave anglaise de temps en temps, proche des Pet Shop Boys, entre autres, mais avec cette ambiance sombre (« Death Emitting Diode ») et hautement synthétique et futuriste et ces relents metal en prime, même s’ils ne sont pas très omniprésents. « Centurion » ou « Nexus » par exemple (reprenant les pseudos du duo) s’assimilent aisément à une synth pop aux guitares saturées et distordues, mais avec une mélodie très prenante.

Toutefois, le côté retro et bien kitch reste poussé à son paroxysme dans toutes les facettes de la musique de DED, ce qui reste assez perturbant surtout quand les mêmes sons tendent à revenir assez régulièrement. Certes, les nappes de claviers posent une certaine ambiance froide et synthétique, mais il aurait fallu varier le propos. De même pour la voix qui, bien qu’adaptée au concept, peine à ressortir agréablement. Comprenez que les fausses notes sont parfois de la partie, comme sur « Elite » ou « Machine God ». Enfin, la pochette rappelle les vieux groupes du genre et leur manie de s’afficher, barbouillés de symboles bizarres (ici, il s’agit d’un circuit électrique).

Tout a été dit. Death Emitting Diode nous fournit un premier album manquant encore un peu de panache, malgré une certaine personnalité. Approximatif, retro, très synthétique, et machinisé (le terme « machine » doit être prononcé une dizaine de fois dans chaque morceau), « Welcome to the Machine » attirera les nostalgiques, repoussera les amateurs de modernités mais attisera sans aucun doute la curiosité des plus éclectiques, malgré ses défauts.

 

Enthring : The Grim Tales of the Elder

Ξ février 14th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Death Metal, Symphonic |

Enthring : The Grim Tales of the ElderIl y a des styles de metal en particulier qui se mettent de plus en plus en valeur avec le temps, offrant des nouveautés ou renforçant un esprit. Si on prend le cas du death symphonique, on peut vite se rendre compte que les albums dans le genre sont en croissance, en témoignent les derniers Septic Flesh ou Fleshgod Apocalypse.

Enthring fait partie de cette nouvelle génération désireuse d’apporter plus d’éléments symphoniques dans le death metal, créant ainsi un ensemble on ne peut plus épique et grandiloquent. Formée en 2006 par Tommi Suutarinen et Petteri Eväsoja, les Finlandais ont sorti une démo « Maelstrom » en 2010 avant de s’attaquer à la construction d’un nouvel opus « The Grim Tales of the Elder » auto produit et enregistré aux D-Studios (Noumena, MyGrain, In Silentio Noctis).

Enthring utilise le concept de la faucheuse pour nous raconter de sombres et sinistres histoires, séparant les huit titres en trois chapitres différents, comme si nous feuilletons les pages d’un livre musical. Malgré leur jeune âge, les membres du groupe arrivent à créer un album plutôt mature, progressif et subtil dans le jeu de guitare, sans non plus étouffer le tout avec un amas considérable d’éléments symphoniques. En clair, les Finnois arrivent à mélanger puissance et précision, sans devenir trop rasoir.

« The bright pyres of injustice enthrall my visions »

C’est avec grandiloquence que débute l’album avec « I, the Exiled » et ses guitares syncopées. Très vite, l’auditeur entre dans un death metal à tendance mélodique, sans être mielleux. Il n’y a pas de chant clair, mais seul les growls criard du duo Tommi/Petteri et le caractère épique de l’ensemble, conséquence des visions qu’a le personnage principal à la lecture des récits, la terre semblant avoir été détruite par les mains d’une drôle de faucheuse. Le débit du chant est assez rapide, prenant souvent sur l’articulation et empêchant l’appréciation de l’orchestration ou des riffs tranchants. Mais cela se corrige sur un « Silent Chanter » tournant autour du folk et parfois proche d’Ensiferum, avec ce clavier plus discret, cette vélocité du rythme et des guitares ainsi que des soli remplaçant aisément les notes du violon.

Ce n’est qu’avec un « Mellowheart » que la fusion death et sympho est plus opérante au sein d’une progression en crescendo, alternance de parties posées et de parties plus agressives. L’ambiance est beaucoup plus sombre, les claviers plus offensives malgré de grandes parties symphoniques (harpe, flûte, piano). Les guitares frôlent le néo-classique en agissant elles aussi comme une symphonie, pas loin d’un Children of Bodom, le tout fonctionnant comme un tout indéniable.

« The Instrument of retaliation feels frigid in my hands »

C’est avec des notes de clavecin que nous bercent « Rend Me Asunder » et sa symphonie imposante sur un rythme mid tempo jusqu’à des accélérations du plus bel effet, avant de passer au puissant « Citadel » et sa minute instrumentale dans laquelle les orchestrations sont à l’honneur. Les guitares et le rythme se montrent plus féroces et plus violents même si on n’est pas dans le domaine du brutal. Il n’empêche qu’on se rapproche d’une certaine ambiance moyenâgeuse avec son solo en arrière-plan, guidant le refrain du début à la fin. Déjà, une certaine linéarité se fait ressentir sur certains passages qui sont de trop, si bien qu’on peut regretter le fait qu’Enthring mise sur la longueur et non l’efficacité.

« And now I cradle death on my open palm »

Le ton se durcit lors de la troisième partie, mais les instruments sont plus variés et plus mis en avant. L’aspect épique et destructeur reste présent tout le long, surtout sur l’instrumental « The Grim Tales of the Elder » et son semblant de BO de film d’heroic fantasy. Mais une fois de plus, des passages de trop sont à regretter comme sur « The Vengeance Orchestra » et son refrain interminable et ennuyant sur la fin. Dommage car les montées et descentes des violons sont très adaptées à l’ambiance sombres et morne.

Enthring a bien ajusté ses cordes et offre un premier jet très prometteur, susceptible de faire un peu de remue ménage sur la scène finnoise. Hormis quelques linéarités et quelques soucis d’originalité sur certains titres (les influences Wintersun/Ensiferum se faisant ressentir), ce « The Grim Tales of the Elder » reste très bien ficelé et dans une bonne optique death symphonique, pas ultra transcendante pour autant, mais bien à même de satisfaire quelques âmes avides de sympho extrême « soft ».

 

Nexus Inferis : A Vision of the Final Earth

Ξ février 14th, 2012 | → 2 commentaires | ∇ Cyber Metal, Death Black |

Nexus Inferis : A Vision of the Final EarthLe metal futuriste s’est pris une bonne claque dans la figure en 2011, mis en avant par de nouveaux groupes et surtout des formations cyber metal en grande forme et de plus en plus extrêmes. Si la génération cyber djent continue de prendre pour influences Meshuggah et Fear Factory, celle du cyber brutal pioche plus dans les formations extrêmes existantes telles que Behemoth ou encore The Amenta. On aura vu le résultat l’an passé avec ID:Vision et Seth.Ect.

Nexus Inferis ne déroge pas à la règle et tout comme ses acolytes, les Gallois offrent en ce début 2012 un gros condensé de metal extrême et de cyber pour un résultat très agressif et post apocalyptique. Fortement influencé par Ray Kurzweil (spécialiste sur la futurologie et le transhumanisme), la science fiction et les scénarios fin du monde dont nous sommes de plus en plus habitués, le trio a profité de l’occasion pour s’offrir un visuel bien mécanique, les membres étant tous plus ou moins habillés en cyborgs. Ajoutez à cela l’esthétique bien inhumaine de la pochette et vous pouvez d’ores et déjà vous faire une idée de ce qui va arriver : l’homme est inéluctablement pris dans la déchéance de sa planète et ne peut rien faire si ce n’est subsister et échapper aux pièges des technologies et de la mécanicité.

C’est avec violence et terreur que Nexus Inferis nous plonge dans l’enfer de notre planète, ne lésinant pas une seule seconde sur l’apport considérable d’éléments brutaux, que ce soit les riffs, les rythmes ou les vocaux. C’est une immersion totale qui nous est offert sur un plateau d’argent, les éléments cybernétiques et autres bidouillages techniques étant présents dans la majeure partie des morceaux sans tomber dans l’électronique facile. C’est mécanique, effrayant, futuriste et apocalyptique, l’atmosphère étant bien sombre et froide, totalement aseptisée et dépourvue de toute émotion. Ca se sent directement dans l’ouverture « Perspective », comme une bande son d’un film d’horreur ou d’un jeu vidéo d’épouvante : une voix synthétique et distordue, une ambiance inhumaine et désespérée, des touches de claviers symphoniques décadentes avec ces relents d’éléments industriels. L’arrivée de « Tremor » renforce cette idée en intégrant les éléments black metal, les blasts étant d’une rapidité extrême, et celle de « The New Strain » entraîne irrémédiablement l’auditeur dans un univers cybernétique très prononcé.

L’éponyme « A Vision of the Final Earth » se rapproche de l’univers d’ID:Vision et ses touches black parsemés d’éléments death et de parties assez expérimentales dans le riffing. On reste bien dans le domaine de l’extrême, avec ces influences death/black polonaise côtoyant l’univers cyber des groupes actuels. « Beyond Evolution Rubicon » arrive être plus sombre et robotique, même dans les vocaux, avant de faire place à un « Destroyed Aperture » qui laisse les guitares de côté. Irrésolument cybernétique, électronique, noir et futuriste, les cris sont à la fois torturés et synthétiques, comme une réponse à ces sons étrangers et ces samples à l’arrière goût d’acier.

En guise de fin, Nexus Inferis laisse la parole aux créatures qui nous asservissent avec un « Through Conscious One Last Time ». Summum de la mécanicité, les Gallois mettent le paquet, nous offrant autant de parties brutales que de parties robotiques ou futuristes. Nous sommes au centre d’une conversation, alternance de growls et de voix robotiques parmi des riffs incisifs et des passages plus atmosphériques et spatiaux avant d’atteindre une fin des plus inhumaines, perversion inéluctable de notre mode de vie.

2012 commence bien, et Nexus Inferis impose avec son tout premier album un Cyber/Death/Black de grande qualité qui a de quoi concurrencer les groupes actuels dans le domaine, loin du cyber/djent qui commence (déjà) à tourner en rond. Brutal, original, glacial et sans pitié, « A Vision of the Final Earth » est un album idéal pour les amateurs de scénario apocalyptique n’ayant pas froid aux yeux en matière d’agressivité et d’expériences en tout genre.

 

Arcane Grail : Tribute to the Past

Ξ février 13th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Arcane Grail : Tribute to the PastArcane Grail est nostalgique en cette nouvelle année, sortant un EP en hommage à leurs anciennes compositions et leur ancien line up, tout en dédiant l’ensemble à Peter Steele (Type O Negative). En effet les Russes, depuis leur début, ont beaucoup évolué et ont adapté leur musique tout en se dirigeant vers un mélange de black symphonique et de death mélodique. Les premiers relents folkloriques et gothiques disparaissent au profit d’un côté romantique et véloce, tout en s’acquérant un côté théâtral dû aux symphonies et aux différentes voix, que ce soit celle de Demether ou de Natalie dans différents styles de chant.

Les moskovites montrent donc le changement en ré-enregistrant certains des morceaux de leur premier album « Mysteries of the Ancient Charnel » (2006) et en les adaptant en langue russe. Des reprises sont aussi de la partie dans cet EP, incluant une d’Aria et de Type O Negative. De plus, cette sortie n’est pas anodine dans la mesure où elle précède celle d’un nouvel album, prévu courant 2012. C’est donc une sorte de mise en bouche que nous offre Arcane Grail, mise en bouche quelque peu appréciable, le groupe s’améliorant considérablement par rapport à leur dernier album « Arya Marga ».

Même si quelques titres sont des nouvelles versions, il s’avère qu’Arcane Grail se professionnalise de plus en plus et tombe de moins en moins dans l’amateurisme. La production est meilleure, des invités sont de la partie (dont Belf de Stigmatic Chorus, ou encore Kiv, qui outre être guitariste, est aussi un producteur russe très reconnu), et la musique est moins fourre tout. Ce côté brouillon, bien présent dans « Arya Marga », est moins évident dans ce « Tribute to the Past », Arcane Grail n’en faisant plus des masses avec les vocaux et profitant de breaks pour déposer ses ambiances. Les symphonies sont bien relevées, comme sur un « Prelude in E Minor » ou le long « Sacred Gift of Love », proposant une progression bien ficelée et des parties bien intégrées, où on retrouve ce mélange black symphonique/death mélodique, tant dans les riffs que dans les atmosphères. C’est romantique, du début agressif jusqu’à la complainte en latin, le chant lyrique de Natalie et le growl de Demether s’accordant bien à l’ensemble proposé.

Arcane Grail arrive à transformer le titre très heavy metal « Farewell, Norfolk ! » d’Aria en un titre black symphonique plutôt inquiétant et puissant, les claviers étant très poussés ainsi que la vélocité des riffs et la rapidité du rythme. Le heavy couillu d’un des plus vieux groupes russes se retrouve bien perturbé (l’album en question datant de 1991), l’esprit old school restant toutefois présent.

L’autre modification concerne la reprise de Type O Negative et son « Love You to Death », toujours teinté de gothique mais se parant d’éléments death, notamment dans le growl et dans une partie du riffing. De plus, on retrouve la patte Arcane Grail et ses touches symphoniques, ainsi que les interventions d’Arsafes (Kartikeya) en voix claire mais aussi dans le mixage, et d’un faux Peter Steele.

Arcane Grail livre un EP plus abouti, bien que moins varié et moins original (les reprises…). Toutefois il ne peut annoncer que du bon, certains gros défauts (le côté brouillon et le mélange excessif des voix) ayant été corrigé, au profit d’un ensemble musical plus aéré et plus travaillé. On n’attend plus que de voir ce que ça donne avec des morceaux personnalisés de A à Z.

 

Sinful (RUS) : XIII Apostle

Ξ février 12th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Sinful (RUS) : XIII ApostleFaisant partie de la scène black symphonique russe en plein mouvement, Sinful s’impose depuis plusieurs années comme l’un des leaders du genre dans le pays aux côtés de Welicoruss ou de Stigmatic Chorus. Toutefois Sinful ne regarde pas vers la Scandinavie mais plutôt vers la scène polonaise. Bien que possédant ce côté froid et bien russe dans l’esprit, le trio s’influence des premiers albums de Crionics et des derniers de Hermh, tout en se payant le luxe d’enregistrer et masteriser leur nouvel album « The XIIIth Apostle aux Studios Hertz, s’offrant ainsi l’aide du batteur Pawel (Vader, Crionics).

Il existe plusieurs versions de ce « The XIIIth Apostle », une version russe ayant été préalablement enregistrée avant de toucher un public plus large avec une version anglaise. Il n’y a cependant aucune différence notable entre les deux, si ce n’est la langue. Le concept s’articule autour d’une légende évoquant l’existence d’un treizième apôtre, bien différent des douze autres et plus concerné par les multiples visages de la nature humaine. Toute trace aurait été effacée par le prêtre suprême qui ne voulait pas perdre son pouvoir.

La sortie de ce « The XIIIth Apostle » marque les dix ans de carrière d’un groupe qui n’aura pas été très prolifique. Mais le jeu en valait la chandelle et Sinful sort ici un album aux influences certaines mais à la dynamique et aux ambiances maîtrisées. Les Russes utilisent en intro et en outro une petite minute instrumentale afin de poser le décor, nous offrant des samples de vent en fusion avec un fond aux claviers, des murmures et une guitare acoustique (un piano pour l’outro). L’atmosphère est très froide mais se teinte aussi de romantisme, comme sur le « Phoenix » d’Agathodaimon. Mais cela s’arrête là quand arrivent l’agressivité d’ « Apostle XIII » et la grandiloquence des claviers d’Elvira (Blackthorn). Les guitares alternent bons riffs black et bons riffs death, tout en s’accompagnant d’une batterie au jeu très énergique.

« God Experiment » tout comme « Delusion » continuent d’apporter cette atmosphère bien froide, alternant passages plus calmes et passages plus violents, s’emparant de touches de claviers à la Crionics (« Armageddon’s Evolution ») et d’une voix black très proche de celle de Hermh. Bref, l’esprit polonais est bien là, avec ces thématiques cousines (« Child of Chaos » utilisant des cloches) et cette production made in poland très caractéristique.

Puis arrive « Extremum » et son côté mystérieux et occulte, les claviers suivant impeccablement les riffs qui mènent le jeu. De légers sons industriels pointent le bout de leur nez alors que le chant hargneux de Taul, soutenu par un jeu de batterie très fin, nous narre cette étrange histoire, allant même jusqu’à nous faire un refrain en latin.

« The XIIIth Apostle » reste un album relativement court, manquant de moments poignants mais il n’empêche que l’efficacité est là et que les Russes ont bien appris leur leçon. Même si l’esprit polonais plane sur chacun des titres, Sinful ne fait pas forcément une copie conforme et arrive à imposer une atmosphère hivernale correspondant à leurs origines. C’est frais, dynamique, bien ficelé, bref, un bon album, à la hauteur de son package (digibook en forme de livre ancien).

 

Endless Gloom : Audiodead

Ξ février 9th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Death Metal |

Endless Gloom : AudiodeadC’est quatre ans après un « Corpsporation » macabre et auto produit que les russes d’Endless Gloom reviennent en force avec un nouvel opus cette fois ci signé chez MSR Productions, jouissant d’ors et déjà d’une meilleure qualité de son. Le quintette originaire d’Orel a déjà pu faire de nombreuses apparitions en Russie, ce qui lui a permis d’avoir un public certain.

« Audiodead » arrive en 2010 comme une bombe auditive, prenant pour concept la violence des sons. Endless Gloom continue de nous brutaliser avec un death metal aux quelques relents deathcore tout en se rapprochant de formations reconnues telles que Six Feet Under (pour les vocaux) ou Vader (pour le riffing). Les riffs carrés et précis du duo de guitaristes ainsi que le growl très grave de Dimitriy arrivent à instaurer une violence palpable, n’hésitant pas à intégrer quelques breaks de ci de là ainsi que quelques parties plus thrashisantes (« Eyes That Will Never Open Again »).

Mais c’est sans doute avec le morceau introducteur « Feet First » que tout se joue, notamment avec un sample inquiétant en introduction (cris et ambiances lugubres) suivi d’un riffing impeccable et d’un enchaînement très réussi. La mélodie concoctée se pare d’une certaine rapidité d’exécution dans l’emboîtage riff/growl. Dommage cependant que la production écrase un peu trop le son de guitare, favorisant le claquement de la basse et le côté redondant des vocaux.

« Join Us ! », qui figurait sur le premier single, continue d’instaurer cette atmosphère malsaine, encore une fois grâce à un sample mettant en scène une voix distordue et à des riffs lents et pesants, avant de partir vers quelque chose de plus rythmé et entraînant, même si c’est bien le growl qui mène la danse.

En général, les riffs ne manquent pas de variations et arrivent parfois à être technique et brutaux, le death metal d’Endless Gloom se colorant. « Status : Myortv » mélange bien ce côté death technique et ces relents deathcore avec une agressivité certaine, malgré une trop grosse compression du son, dénaturant par ailleurs le côté naturel du riffing.

Endless Gloom aura eu sa chance, mais elle a des limites dans la mesure où son « Audiodead » se veut être à demi teinte, tant dans l’inspiration que dans les divergences de qualité du son. Le quintette, malgré une bonne atmosphère et un côté varié, doit encore travailler la cohérence de l’ensemble musical afin de créer un tout unifié.

 

Rainwill : Canvas

Ξ février 7th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Melodic Death Metal |

Rainwill : CanvasRainwill aura mis du temps à se décider et à composer de nouvelles chansons et galettes, car depuis sa formation en 2000, ce n’est que presque dix ans plus tard que le groupe a franchi le cap de la démo pour sortir son premier opus « Canvas » signé chez MSR Productions.

On connaît bien l’étendu du death mélodique et sa popularité dans le monde metallique, la scène européenne étant sans doute la plus grande. En Russie aussi, le style bouge énormément, se rapprochant tantôt des formations actuelles (Soilwork, Disharmonia Mundi entres autres) ou s’essayant à adopter une autre teinte. Rainwill se situe entres les deux, entre ce que nous entendons déjà et ce qu’on peine à entendre, c’est à dire quelque chose de plus innovant, même s’il est normal de se demander si le death mélodique peut encore nous surprendre.

Les Russes nous sortent donc « Canvas » tout en restant inspirés non seulement par la scène scandinave mais aussi par les tendances industrielles de leur pays. Cela s’entend dès le début de l’opus avec l’introduction et les morceaux « Eternal Grief » ou « Scenes on Canvas », offrant à la fois des riffs mélo death, des riffs bien lourds, et des growls bien sauvages, des cris black plus faiblards, et des sonorités industrielles et mécaniques assez bien placés.

La majeure partie des titres proposent son lot d’agressivité et de passages plus calmes, alternant growl, chant clair et crié, ce qui n’est pas vraiment une source d’innovation, comme sur « White Sand » ou « In Twilight of a Stage ». Il faut tout de même apprécier le côté blasé du chant clair et celui trop étouffé du chant black, seul le growl s’en sort plutôt bien, en imposant une certaine lourdeur.

Il faut dire qu’avec Rainwill, on change rapidement de registre, car si « Long Expectation » s’aventure dans le symphonique, les interludes « When Thought Comes to Life » et « The Call of Dispair » touchent plus au folk et à l’acoustique avec ces samples très naturels et cette guitare très sobre et douce. Idem pour « The Price of Mistake » qui conclue assez bien l’opus avec ces touches acoustiques, ce côté mélancolique et cette lourdeur dans ces riffs qui percutent bien.

En définitive, rien d’exceptionnel pour Rainwill qui aurait pu surprendre davantage s’ils n’avaient pas gardé cette patte trop actuelle et commune. Ajoutez à cela les approximations dans les compos et les chants et l’opus reste correcte, avec de bonnes choses mais sans plus.

 

Temple (NL) : Structures in Chaos

Ξ février 6th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Death Metal |

Temple (NL) : Structures in ChaosNé de la collaboration entre AJ van Drenth (ex-Beyond Belief) et de Rachel Heyzer (ex-Sinister), Temple est une nouvelle formation néerlandaise de brutal death incluant des membres ou ex membres de The Monolith Deathcult, Sinister ou Prostitute Disfigurement. Désireux de se tourner vers quelque chose de beaucoup plus mystique, le trio s’est vite engagé à enregistrer son premier album « Structures in Chaos » peu de temps après le départ de Heyzer et l’arrivée du bassiste Dekker.

Visiblement inspiré par les croyances pré-colombiennes tels les polonais de Calm Hatchery, Temple nous fournit un effort personnel, bien qu’entouré de figures du death metal néerlandais telles que Stephan Gebédi (Thanatos, Hail Of Bullets) ou Marloes (Izegrim) en chanteurs guest, entre autres. C’est le long de ces neuf morceaux que les invités apportent leur talent, tout en laissant le champ libre aux véritables membres du groupe qui ne lésinent en rien sur le côté brutal et implacable de la musique.

C’est avec « Rituals of Marduk » que commence l’opus, souffrant dès le départ d’un problème de cohérence (« Marduk » étant un dieu mésopotamien et non Maya/Aztèque). Cette erreur se dissipe très vite lorsque la double pédale s’engage avec ferveur parradée des cris de Van Drenth et de riffs tranchants et sans pitié pouvant rappeler The Monolith Deathcult. « Higher Perfection » nous gratifie d’une harmonie non négligeable au sein de cette brutalité palpable, le chant étant une alternance de cris et de growls, certaines ambiances sombres étant relevées par des samples morbides et inquiétants.

A la manière d’Impurezza ou de Krisiun, Temple utilise une touche hispanique sur l’outro de « Multiverse » ou sur l’ouverture de « The Algol Planet » afin de nous rappeler le thème de l’album. Mais cette introduction douce et chaleureuse n’est que le calme avant la tempête car les blasts beats et le déluge de riffs carrés ne se sont pas volatilisés pour autant, loin de là, le tout précédant un « Dead Sun Festival » doomesque, lent et lourd dans le riffing.

C’est entre deux parties sauvages que la voie aérienne féminine de Marloes fait son apparition sur « Cover Her in Blood », rappelant quelque peu les apparitions de Cindy dans Hypnosis. Une touche de clavier impérial pointe le bout de son nez sur le début de « Matagatsubi » afin de mettre en valeur « l’esprit courbé », tandis que « Among Ravens » nous gratifie de samples de croassement.

Heureusement que ces samples ou ces quelques caractéristiques sont là, sans quoi les morceaux paraîtraient presque identiques, les structures étant les mêmes, les blasts continus et les riffs, du même acabit, même si quelques ralentissements sont présents pour aérer l’ensemble de l’album. Cela n’empêche pas à Van Drenth de maîtriser son chant, entre cris monstrueux et growls profonds, et de profiter de certaines situations pour lancer des offensives.

C’est tout de même un album efficace et puissant que nous offre Temple, signant chez le petit label néerlandais Non Serviam Records. Ce « Structures in Chaos » met bien en relief le talent de ses membres et montre bel et bien que la scène death metal des Pays-Bas reste solide.

 

Fatal Band : Cornered

Ξ février 4th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Death Metal |

Fatal Band : CorneredMoscou est un vrai nid en matière de metal, la scène russe se situant principalement au cœur de cette capitale et il n’est donc plus étonnant de voir que les groupes y sont originaires. C’est aussi le cas de Fatal Band, fondé en 2004, qui a tout de même produit son premier album « Cornered » en 2007-2008 avant de se faire signer par MSR Productions pour une sortie en 2010. C’est assez long, certes, mais les moskovites auront eu tout le temps nécessaire pour assurer leurs arrières.

Fatal Band effectue dans un death metal parfois brutal, proche des Benighted et consorts, et souvent technique, lié à certains aspects mathématiques et carrés que l’on retrouve le long des sept morceaux. Le groupe se trouve plutôt le cul entre deux chaises, entre un death metal plus classique voire thrashy et un death metal dit moderne et dans l’air du temps, ce qui peut désarçonner lorsqu’on passe d’un type de passage à un autre.

Cependant, Fatal Band le fait plutôt bien, malgré des riffs polyrythmiques redondants et arrive à se payer le luxe d’avoir des guests, à savoir Douglas Verhoeven d’In-Quest à la guitare sur « It’s All Over » et « Million Names, Thousand Eyes » (sa patte étant reconnaissable dans la mesure où il nous offre des riffs atmosphériques et harmonieux) ou encore Andrey Ischenko de Crystal Abyss et de Scrambled Defuncts à la batterie pour un enregistrement dans les studios Dai Records.

« Cornered » est un opus centré sur le mauvais côté de l’être humain dans un monde auto-détruit et moralement décadent. Ce concept se ressent non seulement sur la pochette, avec ce visage qui se déchire, mais aussi sur le premier titre « It’s All Over » qui dès l’introduction au piano, nous annonce le tout grâce à une narration pessimiste sur les fragilités du corps humain, avant de nous asséner de riffs destructeurs, d’un martèlement continu et d’un growl puissant. Le tout sera vite accompagné de riffs techniques et polyrythmiques à l’image du djent actuel, dénaturant quelque peu le death metal de Fatal Band tout en le rendant varié malgré tout.

Si « Dead Civilization » nous offre de bonnes et folles lignes de basse, des chants parfois porcins, « The Antisymbol » mise plus sur le fracassement continu de la batterie, irritant à la longue. La reprise de Six Feet Under « Torture Killer » n’apporte rien de plus si ce n’est la profondeur du growl, qui détonne du reste de l’opus (la voix n’aura jamais eu une intonation pareille).

Ce n’est qu’en fin d’opus que le climat devient différent avec un « Reframe » flirtant avec l’indus dès son introduction sombre, étrange et électronique, ce qui se poursuit sur un outro du même acabit, sans doute le reflet de la déchéance humaine. Entre ces deux parties, c’est un death metal parfois brutal qui est de la partie avec des riffs tranchants, toutefois l’incision n’est pas si profonde que ça.

L’album est court (moins de vingt minutes) et reste efficace dans son approche même si le mélange death/math est parfois mal établi et quelque peu déstabilisant. Les titres restent toutefois cohérents, imposant la personnalité d’un groupe qui devra travailler certains aspects pratiques, par exemple la batterie ou la voix parfois criée type -core.

 

Blackspell : With Seasons to Wither

Ξ février 3rd, 2012 | → 0 Comments | ∇ Black Metal, Oriental Metal |

Blackspell : With Seasons to WitherAllons du côté de la Syrie au Moyen Orient afin de découvrir le premier groupe de black metal du coin. Formé en 2008 seulement par le multi instrumentiste Demon of Darkness, le one man band officiait de prime abord dans un raw black metal pour ensuite se diriger vers du black ambient, ce qui donna naissance à quelques démos et split cd. Ce n’est que très récemment (2011) que le Syrien se concentre sur un metal extrême mélodique, mélangeant un black metal crade à des sonorités tant occidentales qu’orientales.

En Syrie, il est difficile voire quasi impossible d’effectuer dans le metal et surtout dans le metal extrême. Pourtant, les premiers groupes de death metal ont commencé à percer courant 2000 et c’est à la fin de la décennie que certaines formations black metal tentent de faire vivre leur passion comme justement Blackspell et un Demon of Darkness en forme (membres de plusieurs groupes annexes) ou récemment Dark Promise et Abidetherein.

Même s’il se fait aider de quelques musiciens en studio, c’est bien Demon of Darkness qui s’occupe de toutes les compositions, intégrant des influences black norvégiennes à des influences plus arabisantes, retrouvées autant dans les riffs que dans certaines parties aux claviers. C’est avec un « With Seasons and Wither » que tout se joue et que le Syrien s’en donne à cœur joie, profitant de ses cinq morceaux pour apporter tout son savoir faire, malgré une production très sale et ne mettant pas à profit la cohérence des différents instruments. Toutefois, l’album en question s’enchaîne relativement bien, alternant titre court et titre plus long, atteignant les huit minutes et quelques.

« Amidst the Nightly Mass » débute avec une introduction symphonique et mystique avant de déboucher sur un ensemble massif de riff black et de mélodies orientales. L’agressivité des guitares et de la voix black commune renforce l’aspect froid, abrupte et extrême de la musique de Blackspell, sans pour autant lui ôter sa mélodicité, les riffs principaux envoyant des mélodies parfois épiques, parradées de claviers aux sonorités variées.

A contrario, « The Beauty of My Sorrow » met plus l’accent sur la vélocité des riffs tantôt black, tantôt death, misant aussi sur le côté nature et féerique des claviers, qui dès l’introduction nous apportent son lot d’orchestration et ses clochettes. La progression reste toutefois maladroite entre les parties lentes et les parties rapides, comme cette coupure brusque à 02:47, séparant le passage principal d’un passage plutôt atmosphérique en chant clair avec une guitare froide et arabisante en fil conducteur. Ce n’est que bien plus tard que le côté enchanteur des claviers se mélange avec la brutalité des vocaux et du rythme afin de conférer à la musique de Blackspell un esprit tortueux et raw.

Ce n’est qu’avec l’arrivée de « Witches Hill » que le ciel s’assombrit et que le climat devient tout autre. Si l’introduction se veut très étrange et dans un esprit black voire funéraire avec ces claviers symphoniques écrasants et ces mélodies déstabilisantes à la guitare, ce n’est qu’ensuite que tout prend de l’ampleur, au point de nous gratifier de plus de huit minutes intenses et travaillées, même si une fois de plus la progression reste quelque peu maladroite. Ce qui n’empêche pas la musique de Blackspell d’avoir une once de puissance, puissance que l’on retrouve dans le couplage guitare/claviers entre deux mélodies orientales.

C’est cependant la voix qui manque de force, souffrant de son manque de modulation et de sa banalité. De plus, elle ne s’intègre pas toujours bien aux compositions, ce qui s’avère être à leur désavantage. Malgré tout, elle contribue à perpétuer ce côté raw bien mis en place depuis le début et arrive à apporter un côté démoniaque quand elle ne se veut pas claire, comme sur « With Seasons and Wither » plus direct, bien que minimaliste.

Blackspell nous livre un album intéressant, sans plus. Certes du côté occidental, ce n’est pas une révélation dans la mesure où le black du one man band reste simple et ne sort pas du lot. Mais du côté oriental, ce « With Seasons and Wither » met en valeur la scène du Moyen Orient et fonctionne comme un pas de plus vers la reconnaissance du black syrien.

 

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