Enthring : The Grim Tales of the Elder

Ξ février 14th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Death Metal, Symphonic |

Enthring : The Grim Tales of the ElderIl y a des styles de metal en particulier qui se mettent de plus en plus en valeur avec le temps, offrant des nouveautés ou renforçant un esprit. Si on prend le cas du death symphonique, on peut vite se rendre compte que les albums dans le genre sont en croissance, en témoignent les derniers Septic Flesh ou Fleshgod Apocalypse.

Enthring fait partie de cette nouvelle génération désireuse d’apporter plus d’éléments symphoniques dans le death metal, créant ainsi un ensemble on ne peut plus épique et grandiloquent. Formée en 2006 par Tommi Suutarinen et Petteri Eväsoja, les Finlandais ont sorti une démo « Maelstrom » en 2010 avant de s’attaquer à la construction d’un nouvel opus « The Grim Tales of the Elder » auto produit et enregistré aux D-Studios (Noumena, MyGrain, In Silentio Noctis).

Enthring utilise le concept de la faucheuse pour nous raconter de sombres et sinistres histoires, séparant les huit titres en trois chapitres différents, comme si nous feuilletons les pages d’un livre musical. Malgré leur jeune âge, les membres du groupe arrivent à créer un album plutôt mature, progressif et subtil dans le jeu de guitare, sans non plus étouffer le tout avec un amas considérable d’éléments symphoniques. En clair, les Finnois arrivent à mélanger puissance et précision, sans devenir trop rasoir.

« The bright pyres of injustice enthrall my visions »

C’est avec grandiloquence que débute l’album avec « I, the Exiled » et ses guitares syncopées. Très vite, l’auditeur entre dans un death metal à tendance mélodique, sans être mielleux. Il n’y a pas de chant clair, mais seul les growls criard du duo Tommi/Petteri et le caractère épique de l’ensemble, conséquence des visions qu’a le personnage principal à la lecture des récits, la terre semblant avoir été détruite par les mains d’une drôle de faucheuse. Le débit du chant est assez rapide, prenant souvent sur l’articulation et empêchant l’appréciation de l’orchestration ou des riffs tranchants. Mais cela se corrige sur un « Silent Chanter » tournant autour du folk et parfois proche d’Ensiferum, avec ce clavier plus discret, cette vélocité du rythme et des guitares ainsi que des soli remplaçant aisément les notes du violon.

Ce n’est qu’avec un « Mellowheart » que la fusion death et sympho est plus opérante au sein d’une progression en crescendo, alternance de parties posées et de parties plus agressives. L’ambiance est beaucoup plus sombre, les claviers plus offensives malgré de grandes parties symphoniques (harpe, flûte, piano). Les guitares frôlent le néo-classique en agissant elles aussi comme une symphonie, pas loin d’un Children of Bodom, le tout fonctionnant comme un tout indéniable.

« The Instrument of retaliation feels frigid in my hands »

C’est avec des notes de clavecin que nous bercent « Rend Me Asunder » et sa symphonie imposante sur un rythme mid tempo jusqu’à des accélérations du plus bel effet, avant de passer au puissant « Citadel » et sa minute instrumentale dans laquelle les orchestrations sont à l’honneur. Les guitares et le rythme se montrent plus féroces et plus violents même si on n’est pas dans le domaine du brutal. Il n’empêche qu’on se rapproche d’une certaine ambiance moyenâgeuse avec son solo en arrière-plan, guidant le refrain du début à la fin. Déjà, une certaine linéarité se fait ressentir sur certains passages qui sont de trop, si bien qu’on peut regretter le fait qu’Enthring mise sur la longueur et non l’efficacité.

« And now I cradle death on my open palm »

Le ton se durcit lors de la troisième partie, mais les instruments sont plus variés et plus mis en avant. L’aspect épique et destructeur reste présent tout le long, surtout sur l’instrumental « The Grim Tales of the Elder » et son semblant de BO de film d’heroic fantasy. Mais une fois de plus, des passages de trop sont à regretter comme sur « The Vengeance Orchestra » et son refrain interminable et ennuyant sur la fin. Dommage car les montées et descentes des violons sont très adaptées à l’ambiance sombres et morne.

Enthring a bien ajusté ses cordes et offre un premier jet très prometteur, susceptible de faire un peu de remue ménage sur la scène finnoise. Hormis quelques linéarités et quelques soucis d’originalité sur certains titres (les influences Wintersun/Ensiferum se faisant ressentir), ce « The Grim Tales of the Elder » reste très bien ficelé et dans une bonne optique death symphonique, pas ultra transcendante pour autant, mais bien à même de satisfaire quelques âmes avides de sympho extrême « soft ».

 

Nexus Inferis : A Vision of the Final Earth

Ξ février 14th, 2012 | → 2 commentaires | ∇ Cyber Metal, Death Black |

Nexus Inferis : A Vision of the Final EarthLe metal futuriste s’est pris une bonne claque dans la figure en 2011, mis en avant par de nouveaux groupes et surtout des formations cyber metal en grande forme et de plus en plus extrêmes. Si la génération cyber djent continue de prendre pour influences Meshuggah et Fear Factory, celle du cyber brutal pioche plus dans les formations extrêmes existantes telles que Behemoth ou encore The Amenta. On aura vu le résultat l’an passé avec ID:Vision et Seth.Ect.

Nexus Inferis ne déroge pas à la règle et tout comme ses acolytes, les Gallois offrent en ce début 2012 un gros condensé de metal extrême et de cyber pour un résultat très agressif et post apocalyptique. Fortement influencé par Ray Kurzweil (spécialiste sur la futurologie et le transhumanisme), la science fiction et les scénarios fin du monde dont nous sommes de plus en plus habitués, le trio a profité de l’occasion pour s’offrir un visuel bien mécanique, les membres étant tous plus ou moins habillés en cyborgs. Ajoutez à cela l’esthétique bien inhumaine de la pochette et vous pouvez d’ores et déjà vous faire une idée de ce qui va arriver : l’homme est inéluctablement pris dans la déchéance de sa planète et ne peut rien faire si ce n’est subsister et échapper aux pièges des technologies et de la mécanicité.

C’est avec violence et terreur que Nexus Inferis nous plonge dans l’enfer de notre planète, ne lésinant pas une seule seconde sur l’apport considérable d’éléments brutaux, que ce soit les riffs, les rythmes ou les vocaux. C’est une immersion totale qui nous est offert sur un plateau d’argent, les éléments cybernétiques et autres bidouillages techniques étant présents dans la majeure partie des morceaux sans tomber dans l’électronique facile. C’est mécanique, effrayant, futuriste et apocalyptique, l’atmosphère étant bien sombre et froide, totalement aseptisée et dépourvue de toute émotion. Ca se sent directement dans l’ouverture « Perspective », comme une bande son d’un film d’horreur ou d’un jeu vidéo d’épouvante : une voix synthétique et distordue, une ambiance inhumaine et désespérée, des touches de claviers symphoniques décadentes avec ces relents d’éléments industriels. L’arrivée de « Tremor » renforce cette idée en intégrant les éléments black metal, les blasts étant d’une rapidité extrême, et celle de « The New Strain » entraîne irrémédiablement l’auditeur dans un univers cybernétique très prononcé.

L’éponyme « A Vision of the Final Earth » se rapproche de l’univers d’ID:Vision et ses touches black parsemés d’éléments death et de parties assez expérimentales dans le riffing. On reste bien dans le domaine de l’extrême, avec ces influences death/black polonaise côtoyant l’univers cyber des groupes actuels. « Beyond Evolution Rubicon » arrive être plus sombre et robotique, même dans les vocaux, avant de faire place à un « Destroyed Aperture » qui laisse les guitares de côté. Irrésolument cybernétique, électronique, noir et futuriste, les cris sont à la fois torturés et synthétiques, comme une réponse à ces sons étrangers et ces samples à l’arrière goût d’acier.

En guise de fin, Nexus Inferis laisse la parole aux créatures qui nous asservissent avec un « Through Conscious One Last Time ». Summum de la mécanicité, les Gallois mettent le paquet, nous offrant autant de parties brutales que de parties robotiques ou futuristes. Nous sommes au centre d’une conversation, alternance de growls et de voix robotiques parmi des riffs incisifs et des passages plus atmosphériques et spatiaux avant d’atteindre une fin des plus inhumaines, perversion inéluctable de notre mode de vie.

2012 commence bien, et Nexus Inferis impose avec son tout premier album un Cyber/Death/Black de grande qualité qui a de quoi concurrencer les groupes actuels dans le domaine, loin du cyber/djent qui commence (déjà) à tourner en rond. Brutal, original, glacial et sans pitié, « A Vision of the Final Earth » est un album idéal pour les amateurs de scénario apocalyptique n’ayant pas froid aux yeux en matière d’agressivité et d’expériences en tout genre.

 

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