Tyrant Of Death : Re Connect

Ξ mars 29th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal, Math Metal |

Tyrant Of Death : Re ConnectIl y a toujours eu des musiciens très prolifiques, et ce dans n’importe quel type de musique. Alors que certains prennent le temps de peaufiner leurs compositions tout en espaçant considérablement les dates de sortie, d’autres trouvent le moyen de composer sans relâche jusqu’à ce qu’album s’en suive. Certains connaissent sans doute Senmuth, auteur d’une vingtaine d’albums digitaux par an (à ce jour le multi instrumentiste le plus productif). Mais on connaît moins le Canadien de Tyrant of Death.

Ce projet qui, à la base, était un projet solo, est rapidement devenue une entité bicéphale courant 2011, l’année la plus chargée pour Tyrant of Death. Si 2010 avait prouvé que le combo était capable du meilleur comme du pire, l’année suivante aura été l’année de la révélation, avec une série d’albums allant de « Parasite » à « Alice’s Heroin Wonderland ».

Il y a à boire et à manger dans ce que fait Tyrant of Death. Comprenez par là que toute la discographie du Canadien n’est pas forcément parfaite. Si les fanatiques y voient la naissance d’un nouveau génie, il s’avère que ce génie peut, à la fois, être en panne ou en période de grande inspiration. Mais tout tourne autour d’un style musical en particulier : le cyber/math metal. En effet, depuis le début, le multi instrumentiste Alex a opté pour une musique mathématique, ultra polyrythmique et aux tonalités djent, parradée d’éléments mécaniques, synthétiques, froids et robotiques pour un résultat déstructuré, technologique et plus ou moins futuriste. On peut donc y voir le célèbre mélange Fear Factory/Meshuggah, Tyrant of Death se rapprochant de ce fait de Sybreed sans la New Wave, de The Interbeing sans l’alternance de vocaux, et de Bypass sans le côté jeu vidéo.

Si les débuts se trouvaient sous le signe de l’instrumental, l’arrivée du chanteur tunisien Lucem Fero a permis à Tyrant of Death de s’octroyer quelques morceaux chantés afin de mettre en valeur ce coté hyper déshumanisé et mécanique. Cela reste encore le cas sur le nouvel opus, « Re Connect », cinq mois après la sortie de « Alice’s Heroin Wonderland ».

L’album reprend là où le premier « Connect » s’était arrêté, l’expérience en plus. Tyrant of Death ne change pas ses habitudes, nous offrant un artwork une fois de plus mécanique et robotique, symbole du futur de l’humanité. Musicalement, on est de nouveau proche des anciennes sorties, avec ce côté post apocalyptique et décadent, mis en valeur sur l’introduction de « Fibers of Destruction » et sa phrase d’accroche « You’ve been living in a dreamworld here…this is the world as it exists today » suivie de riffs polyrythmiques à s’en exploser la tête.

Tyrant of Death nous gratifie toutefois d’une introduction ambiente, « Enigma Equation », aussi cybernétique que possible, idem sur un « Transmogrification » très cyber/math où les riffs syncopés à la tonalité djent côtoient le chant torturé de Lucem Fero. La batterie mécanique nous en fait voir de toutes les couleurs avec ce déferlement incontrôlable et ces sonorités électroniques à l’arrière goût d’acier. On ne croirait pas qu’un humain ait composé ça tant c’est machinisé.

Si « Lick the Frequency » joue sur les ambiances et ce côté lourd (avec, en prime, la mélodie de la chanson de l’alphabet en plein milieu), « Materialised Ignorance » amorce avec quelques rares notes de piano et une voix de femme synthétique. Idem pour « The Subjugation of Man », futuriste et cybernétique au possible.

Malgré tout cela, il y a bien quelque chose (voire même plusieurs choses) qu’on peut reprocher à Tyrant of Death : sa trop grande linéarité. Le Canadien aura tellement composé qu’on sent que sa musique tend à tourner en rond. En plus de ça, les riffs carrés et techniquement djent ne peuvent qu’accroître cette sensation de répétitivité tout au long des morceaux, si bien que trop de djent tue le djent : la suite de la carrière de Tyrant of Death s’annonce imbuvable si le musicien continue sur cette lancée. Il va falloir penser à diversifié son jeu et ralentir la productivité s’il veut garder son public en haleine aussi longtemps que possible. Preuve en est, la reprise du « Hell Is Here » d’Ektomorf (crossover hongrois) se veut être un des meilleurs morceaux de ce « Re Connect » avec cette version cyber/math très travaillé et ce côté très décadents et synthétique. Un vrai régal, surtout quand arrive le final prenant. Meilleur que l’original mais justement, ce n’est pas une originale du Canadien…

Tyrant of Death arrive quand même à faire une musique qui se repère parmi cette flopée de groupes de djent. Idem en ce qui concerne le cyber, il a de quoi se démarquer, proposant même une des meilleures mixtures du genre. Ce qu’on lui reproche le plus, c’est la répétitivité, malgré cet aspect extrême dans l’enchaînement des riffs et cette expérimentation sans faille. Toutefois, si vous appréciez le mélange math et cyber avec les tonalités djent, vous ne risquerez pas de perdre votre temps, à moins que vous connaissiez la discographie complète de Tyrant of Death, auquel cas vous ressentirez cette baisse de régime…

 

Hate Field : Scary Fairy Tale

Ξ mars 24th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Industrial Metal, Oriental Metal |

Hate Field : Scary Fairy TaleS’il y a bien une scène qui bouge au Moyen-Orient (hormis la Jordanie ou l’Israël), c’est bien l’Egypte, recueillant pas mal de formations toutes plus ou moins talentueuses. La majeure partie officie dans l’extrême et rares sont les metalheads qui décident de choisir un style plus synthétique : le metal industriel. Dans tout le Moyen Orient, les groupes pratiquant ce style ne se comptent même pas sur les doigts d’une main. On a récemment découvert Seth ECT en Turquie avec son cyber/death/black. Il est maintenant temps de découvrir Hate Field.

Fondé en 2009 par l’ex-bassiste d’Odious (un des groupes égyptiens les plus anciens), Alfi Hayati, Hate Field est tout d’abord une sorte d’hommage à Metallica (d’où le nom de scène, une version modifié du patronyme de James Hetfield). C’est aussi une manière de mélanger l’authentique et le synthétique, le chaud et le froid, la culture et la technologie. En effet, Alfi mélange son metal industriel avec une bonne panoplie d’éléments arabisants.

On pourrait donc appeler ça du metal industriel oriental. Ce one man band mené par Alfi a le mérite de proposer quelque chose bien différent de ce qu’on a l’habitude d’entendre. Bien que l’hommage soit, en quelque sorte, porté à Metallica, c’est plus du côté de Rammstein (une des influences du bonhomme) qu’on se situe, même s’il ne s’agit pas de copier coller à proprement parler. A part les claviers et les samples qu’on aurait pu retrouver chez les Allemands, c’est peut-être certaines intonations de voix d’Alfi qui peuvent nous mettre sur la voie. Hormis ça, on se retrouve avec un « Scary Fairy Tale » sacrément original.

Alfi a réussi à mettre de côté les influences oriental black qui auraient pu provenir d’Odious afin de privilégier l’aspect groovy et dynamique des compositions. La majeure partie de l’album n’est pas très rapide, on se situe plus dans un mid tempo entraînant subissant quelques mutations, comme de légères accélérations (« Hope Overdose »). Toutefois ça reste très énergique et porté sur les mélodies orientales jouées à la guitare ou aux claviers. Ces mélodies peuvent aussi se ressentir dans la technique de chant. Bien que la voix d’Alfi ne soit pas totalement juste, elle reste tout de même acceptable et varie entre parties claires ou parties growlées (sur « Hope Overdose » ou « Deadly Supafly »).

Les titres restent bien travaillés, Alfi composant et écrivant tout. « Sweet Nightmare » apporte cette touche orientale imprenable, embarquée par cette lead guitare plus raw et son fond d’ambiance chaleureux. Idem sur un « Maybe in Another Life » plus atmosphérique, entre musique indus et musique arabe. Un morceau aussi fait pour la danse que pour le headbang, bercé par quelques rares techno beats.

Hate Field arrive à étonner avec un « New Bom’s Army » en duo avec la chanteuse Riham Zakzouk. Touches symphoniques, riffs tranchants, interludes électroniques soutenues par cette mélodie orientale. C’est peu commun et sacrément saisissant. L’avantage, c’est qu’Alfi arrive à doser ses touches industrielles de façon à ce qu’elles ne noient pas ses compositions. Ainsi, si quelques bruitages s’incorporent à la mélodie de base, il faudra attendre la moitié ou la fin d’un titre pour avoir toute une partie basée sur les claviers (« 13 », ou le « We Will Win » cybernétique).

« Scary Fairy Tale » n’est pas un album qui s’écoute mais se ressent, tant il laisse transparaître une inspiration et une émotion venant tout droit des expériences d’Alfi. D’où cet aspect très personnel et cette envie de fournir quelque chose de différent. La production a beau être encore un peu défaillante (faite avec les moyens du bord à Alexandrie), il n’empêche qu’elle arrive à faire ressortir cette originalité qu’il est de plus en plus difficile de trouver chez les jeunes groupes actuels. A se mettre dans les oreilles, et très fort.

 

Scorned Deity : The Monarchy Memoirs

Ξ mars 23rd, 2012 | → 0 Comments | ∇ Melodic Death Metal, Symphonic |

Scorned Deity : The Monarchy MemoirsOn connaît déjà le black symphonique américain, mais moins le death symphonique. Mélodique de surcroît. On sait que ce style est de plus en plus grandissant, comme un nouveau souffle au sein de la scène metal actuelle. On sait aussi que ce n’est pas nouveau et que la plupart du temps, ce death symphonique se retrouve teinté d’éléments black. C’est le cas avec Scorned Deity, venu de Detroit (Michigan). Le quintette sort en 2011 son tout premier album auto produit et masterisé par ses soins le son est donc correct, bien que parfois amateuriste, mais il n’empêche que le groupe a fait un gros effort pour produire son opus et surtout, pour le composer.

Scorned Deity s’inspire des monarchies passées et de leurs héritages, des empires qui se sont effondrés ainsi que des imperfections de l’humanité. Pour cela, les Américains ont décidé d’effectuer dans un death/black mélodique véloce et épique embarqué par des éléments symphoniques de qualité. Pas d’arrangements purement orchestraux, il s’agit toutefois de grandes nappes enveloppantes et omniprésentes. Le tout sonne très finlandais de ce côté là et peut rappeler des formations telles que Omnium Gatherum, Kalmah en ce qui concerne les envolées aux claviers. Pour ce qui est de l’aspect purement death mélodique, c’est du coté de la Suède qu’il faut se tourner, avec des inspirations Soilwork ou In Flames.

Le résultat reste tout de même assez long avec treize morceaux pour quasi cinquante minutes de musique, car les compositions en soit peinent à varier sur la longueur. Toutefois, il s’avère que Scorned Deity a paufiné ses créations afin de les rendre efficaces et parfois progressives. Riffs tranchants, mélodies embarquantes, soli furieux et claviers symphoniques épiques. Les Américains ne rigole pas, alternant growl et chant plus criard. Le duo d’introduction « As Dusk Repells Light » (instrumentale sombre) et « Infernal Depravity » peuvent mettre sur la voie avec cette agressivité sans relâche mêlée à une mélodie loin d’être mielleuse. Cerise sur le gâteau, il n’y a pas de chant clair et pas de refrains niais. Au moins, l’album a le mérite de proposer des parties cohérentes.

Le groupe arrive à intégrer des plans très death metal avec la lourdeur qui va avec comme sur « Incremental Resentment », mais c’est surtout la mélodie qui prime et comme on le dit, trop de mélodie tue la mélodie. L’auditeur peut rapidement se retrouver noyer. Il n’empêche que la vélocité et la technicité des riffs nous entraînent vite dans le monde de Scorned Deity. « The Alteration of Mankind », par exemple, et un des titres les plus prenants et les plus épiques/symphoniques, avec ces choeurs, ces violons et ces orgues. Rapide d’exécution et parfois sombre, il démolit tout sur son passage.

Si « Pale Thoughts of Dreams » apporte de la douceur lors d’une minute avec une mélodie acoustique, « Self Immolation » propose un mélange d’éléments classiques et d’éléments plus modernes, entre parties saccadées, parties plus death mélodique, encouragés par des claviers et des petites touches électroniques. Idem pour la conclusion de l’album, « Polluted Minds » très finlandais dans l’esprit mais relativement efficace avec son solo endiablé.

« The Monarchy Memoirs » est un album ayant ses qualités et ses défauts pris entre éléments classiques et éléments modernes et touches finlandaises. Scorned Deity apporte toutefois sa petite patte mais il faut mettre beaucoup plus de personnalité là dedans et améliorer la prod, même si celle ci est très correcte. Il n’empêche que les morceaux sont très efficaces et nous donnent du fil à retordre, guidés par des éléments symphoniques riches. A découvrir.

 

Xenocide : Galactic Oppression

Ξ mars 22nd, 2012 | → 0 Comments | ∇ Death Metal |

Xenocide : Galactic OppressionIls ne se comptent presque plus sur les doigts d’une main, les groupes de death metal sortant des albums dotés d’une imagerie cosmique. Ces derniers temps, on a ce qu’il faut, et dans toutes les catégories possibles en matière de metal de la mort, que ce soit « Entity », « Omnivium » ou récemment « Celestial Pestilence » (respectivement Origin, Obscura et Lord Of War). Cette-fois-ci, il y a les Canadiens de Xenocide qui débarquent, venus tout annihiler sur leur passage et s’inspirant des groupes pré-cités, en partie. Il s’agit d’un groupe tout jeune, sortant en ce début d’année un premier MCD « Galactic Oppression » et présentant un « cosmic death metal ». Je ne sais pas vous, mais j’ai comme l’impression que deux groupes identiques déboulent en même temps cette année et que ça risque de ne pas être à leur avantages. Je parle bien sûr de Xenocide et de Lord Of War…

Les ressemblances sont flagrantes et pourtant, le quintette se différencie quelque peu. D’une part, ces gars là ont auto produit leur album. D’autre part, ils sont rentrés aux studios Rain City Recorders (Archspire, Unleash The Archers) afin d’obtenir un son tout ce qu’il y a de plus acceptable. Ensuite, on ne retrouve peu voire pas d’éléments deathcore. Et pour conclure, il n’y a pas de touches de claviers ou de samples futuristes. En réalité, Xenocide mise tout sur le côté conceptuel ainsi que la technique des guitares. Tout ce qu’ils veulent, c’est atteindre l’ascension et obtenir le contrôle galactique. D’où le titre de l’album et le nom du groupe, « xenocide », vous l’aurez compris, étant un mélange de « xenos » et de « genocide » (en gros, le génocide de l’étranger, de l’inconnu).

Xenocide effectue dans un death bien rentre dedans et surtout assez technique, proche d’Obscura mais en moins progressif. « I, Warning » est une bonne entrée en matière avec une introduction livrant un sample de vide intersidéral (le seul sample de tout le cd) avant de partir sur un duo basse/guitare des plus intéressants. Les instruments sont bien distincts, effectuant des lignes maîtrisées accompagnant le chant tantôt guttural et tantôt criard de Michael. « Space Rot », lui, ralentira la cadence, jouant plus sur certaines saccades et sur une ligne de piano finale s’inspirant de la musique classique, ouvrant les portes d’une autre dimension.

« Remnants of Organics » ou « Xenocide » montrent toute la technique du combo et encore plus sur le deuxième morceau cité avec cette guitare aux lignes montantes et descendantes apportant une touche bien épique. Malgré le concept et le visuel très cosmique, le soit disant « cosmic death metal » de Xenocide n’est pas si cosmique que cela même si l’éponyme « Galactic Oppression » joue sur tous les instruments afin de relever une ambiance toute particulière. Enfin, une instrumentale acoustique vient s’intégrer dans ce méli mélo de technique (« Misanthropic Dreams »), telle la signature énergétique d’un « Septuagint » d’Obscura.

Le voyage galactique s’arrête ici et Xenocide livre un premier MCD de qualité, sans doute trop influencé par les compères allemands mais qui ne manque pas d’efficacité et de caractère. A écouter lors d’une virée dans l’espace, si possible.

 

Lord Of War (USA) : Celestial Pestilence

Ξ mars 21st, 2012 | → 0 Comments | ∇ Death Metal |

Lord Of War (USA) : Celestial PestilenceOn nous dit souvent de ne pas nous fier aux apparences, de ne pas juger un livre par sa couverture ou un album par sa pochette. Il est des fois où le contenu dépasse toutes nos attentes et où la chose mise en valeur par un auteur ou un musicien ne correspond pas vraiment à ce qui est présenté. Nous connaissons déjà l’imagerie cosmique des groupes Obscura ou Origin à la technique imparable mais qui n’évoque pas un quelconque aspect spatial. Lord Of War, quant à lui, fait en sorte que sa pochette colle parfaitement à l’univers mis en valeur dans son opus « Celestial Pestilence » et c’est de space death metal dont nous allons parler avec des histoire d’aliens, d’étoiles et de planète Terre en pleine destruction.

Lord Of War est un jeune groupe fondé en 2008 à San Diego et officiant dans un death technique teinté d’éléments deathcore et atmosphériques. Les Américains ont vite été repérés après avoir participé à des concerts aux côtés de The Faceless ou Origin entres autres, ce qui leur a valu une entrée aux CheffboyArde Studios et un mixage signé Arde Ostowari (Burning The Masses). Ajoutons à cela la signature chez le prestigieux label Unique Leader Records (Fallujah, Condemned, Arkaik). Cela peut donc s’avérer prometteur.

Les Américains ne livrent pas un album très long mais préfèrent directement envoyer la sauce et miser sur l’efficacité. La recette est toute particulière dans la mesure où le combo s’attèle à un death metal métissé afin qu’il sonne le plus spatial possible, sans non plus tomber dans l’électro facile ou les nappes atmosphériques de trop. Lord Of War utilise donc à profit les mélodies et certains plans techniques comme sur l’éponyme « Celestial Pestilence » et sa basse fantaisiste. Attention il ne s’agit pas de death mélodique mais d’un death technique/deathcore où la rapidité d’exécution est de mise, ainsi que des gros growls. On n’est donc pas loin de formations telles que The Faceless, Obscura ou Born Of Osiris lors des plans plus envolées et syncopés (« Bury Your Living »).

Pour souligner l’aspect planant et cosmique de son death metal, Lord Of War inclut des parties assez ambiantes dans ou à la fin de ses morceaux, osant des petites touches industrielles mais ne tombant pas dans l’excès (« Warpath »), le plus flagrant restant l’introduction « Contact » laissant transparaître des samples cybernétiques et des bruits de système de communication et de moteurs.

Le combo arrive à nous étonner autrement avec un « Hamunaptra » reprenant le thème du film « La Momie » entre touches égyptiennes dans le riff et la mélodie principale, et atmosphère spatiale et imposante dans le clavier pour un résultat proche de Stargate version deathcore. D’ailleurs vous pouvez toujours chercher Hamunaptra en Egypte ça n’existe pas. Enfin, dommage que ce qui aurait pu être prog sur « The Awakening » soit un peu trop linéaire et trop ressemblant au reste de l’album.

Le métissage est intéressant, la technique aussi, mais les riffs, bien que directs, ont un petit goût de déjà entendu. Pour couronner le tout et afin de palier l’absence de batteur lors de l’enregistrement, la boîte à rythme a été de rigueur, au détriment du côté authentique de la batterie : les blasts beats sonnent très synthétiques. Peut-être est-ce pour coller à l’ambiance spatiale véhiculée à travers l’album. Pour ma part, ça ne le fait pas.

C’est tout de même un bon début pour Lord Of War qui arrive à concocter un « Celestial Pestilence » maîtrisé et soigné, à cheval entre technique, mélodie et atmosphères pour un résultat extrême et quelque peu moderne. Les Américains risquent de faire parler d’eux s’ils continuent sur cette lancée !

 

Armaga : Walpurgis Night

Ξ mars 20th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Doom Metal, Gothic Metal |

Armaga : Walpurgis NightQuelle drôle d’idée pour Armaga de faire enregistrer un concert pour une édition spéciale DVD alors que le groupe en lui-même existe depuis un peu plus de trois ans ? Même s’il a effectué quelques concerts et enregistré deux albums, il faut dire que le groupe n’a toutefois pas l’expérience nécessaire pour se mettre sur son 31 et s’aventurer avec un premier DVD signé chez MSR Productions. Sans doute un coup de promo pour accueillir le nouveau chanteur Sergey, remplaçant de Demether Grail et d’Oleg. En tout cas, il s’avère que ce « Walpurgis Night » se découvre dans un package de qualité, mais le contenu laisse quelque peu perplexe.

Pour commencer, Armaga se situe dans un registre doom/gothique très sombre et très tourné vers l’horreur et l’épouvante. Les Russes racontent donc des histoires effrayantes en utilisant un rythme lent, des guitares lourdes et accordées dans les graves, des claviers utilisant des sonorités symphoniques ou des orgues, et un chant black tendant à accentuer les fins de phrases. L’opus « Dark Authority » est sans doute l’album ayant le plus plu, sans doute grâce à ces ambiances particulières et cet aspect parfois morbide. C’est aussi cet album qui est joué lors du concert en question, même si quelques morceaux proviennent de l’album d’avant, « In the Ruins ».

Le groupe doit donc s’affirmer sur la scène et le chanteur doit être à la hauteur afin de prouver qu’il est digne de faire partie d’Armaga. La salle semble assez petite et le public pas très enthousiaste. C’est à peine si on l’entend réagir et les applaudissements sont quelques peu timides. Certes, ce n’est pas un gros groupe mais il ne s’agit pas non plus d’un mauvais groupe, Armaga faisant partie des figures dark/gothiques de la scène russe. Mais il s’avère que le courant ne semble pas passer et que la salle peine à chauffer. Les musiciens eux mêmes peinent à montrer leur hargne et leur envie de se promouvoir. Tous restent statiques, cachés derrière leur instruments. Le chanteur, à la limite, essaie de se mettre en valeur en alternant les techniques de chant (chant black/chant death) et offrent les mimiques qui vont avec, poing en l’air, gestuelle imposante, petit headbang etc. Le batteur lui, se contente de faire tourner ses baguettes autour de ses doigts et de maîtriser son rythme sans grande conviction. Alors oui, il ne faut pas chercher une dynamique immense, d’autant plus que les parties claviers sont samplés et que l’apparition d’un membre guest aurait été de rigueur.

Pour ce qui est de l’installation de l’ambiance, c’est assez difficile, les lumières étant plus bleues que rouges/oranges, alors pour le côté horreur on repassera. Les accessoires adéquats manquent aussi, on ne demande pas la lune mais au moins la preuve que le spectateur est rentré dans le manoir d’Armaga (allusion à la pochette de l’album « Dark Authorities »). Cela empêche donc le spectateur/auditeur de se trouver immerger dans l’univers du groupe. Enfin, il y a un certain manque de communication avec le public, les trois quarts des morceaux étant joués sans transitions et dans un ordre étrange donnant l’impression que tous se ressemblent. Le chanteur dira tout de même quelque mot mais avec une voix black, histoire de jouer le jeu jusqu’au bout.

Armaga a le mérite de mettre de la poigne dans l’exécution de « Overgrown Gates » et « Heartless », l’atmosphère étant bien rendue et les instruments bien mis en valeur, à la différence que les claviers samplés tendent à recouvrir les guitares mais pas la batterie qui se dote d’une double pédale efficace et percutante. La suite se voit dotée d’orgues, de choeurs et de xylophones ainsi que d’accélérations et de décélérations soudaines jusqu’à un « Last Exile » plus black symphonique – bien que doomesque – dans son ensemble. Toutefois il y a rien à dire de plus dans la mesure où les titres sont quasiment construits de la même manière et qu’il est difficile de les distinguer quand on ne connaît pas très bien le groupe. Il faut donc avoir digéré les opus d’Armaga pour pleinement apprécier leur travail, ce que peut-être les spectateurs de la salle n’ont pas fait.

Ce DVD, qui aurait pu être ambitieux, reste intéressant pour ceux désirant découvrir le groupe ou au moins les voir en live, mais le lieu et le contexte restent décevants et non propices à l’immersion du spectateur dans un univers horrifique et gothique.

 

Bouq : Berserk

Ξ mars 20th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Black Metal, Oriental Metal |

Bouq : BerserkDepuis pas mal d’années, une chose est claire : il y a de plus en plus de one man bands, et ce, aux quatre coins du monde. Le musicien, souvent multi instrumentiste, n’a donc pas à faire aux nombreux changements de line up qui pourraient affecter l’entente, l’ambiance générale et la constitution d’un album. De ce fait, tout lui revient, que ce soit le succès ou l’échec. De plus, il peut mettre à l’œuvre son savoir faire et sa créativité tout en ayant, si possible, des projets annexes.

C’est le cas de Muhannad Bursheh, créateur de Bouq, un one man band anciennement connu sous le nom de Phex. Ce musicien, œuvrant aussi chez Augury, Tyrant Throne ou récemment Abohotho, a réussi à se faire une place en Jordanie, même si le metal semble y être interdit. La scène du coin est particulièrement intéressante, comptant des formations telles que Bilocate, entres autres. Et quand on évoque la Jordanie, on parle moins d’influences orientales. Bien que l’Israël et son trio Orphaned Land/Melechesh/Salem ne soient pas loin, le pays du site de Petra ne s’aventure pas trop dans l’exotisme. Bouq en est la preuve.

Muhannad avec son « Berserk » nous concocte un album de black/death épique à tendance dark voire symphonique influencé par les mythologies nordiques et germaniques. Rien de très moyen-oriental donc, le titre de l’album, la pochette et les paroles montrent bien cette histoire de guerrier-fauve furieux et surpuissant ainsi que ce cor pour ce qui est de la création du logo.

C’est donc un album bestial et guerrier que nous offre Bouq, nous transportant dans l’enfer des batailles et dans les délices des mythologies. On se retrouve dans une ambiance black épique traditionnelle, menée par des relents death metal rapprochant le son de Behemoth sur certains passages. Enfin l’aspect sombre, relevé par la présence de claviers et d’instruments traditionnels, apporte plus de profondeur à la musique de Bouq, délivrant huit titres aussi mortels qu’un coup de hache sur la tête.

« Berserk – The Grand Raven » nous lance irrémédiablement dans le bain avec ces riffs black épiques, ces percussions guerrières et le growl rageur de Muhannad. Pas de répit dans ce titre inspiré de Conan le Barbare (1982), où l’on peut retrouver une ou deux phrases du film. Libre à nous maintenant de continuer la bataille, à nos risques et périls. Nous pouvons toujours nous aventurer prêt de l’océan et tomber nez à nez avec le gigantesque serpent des mers nordique avec « Jormungander ». La bataille est rude dans ce mélange de black et de death metal, mêlé à des nappes symphoniques signées Waseem Essayyed (Bilocate). Un petit break mélodique apportera tout de même un peu de douceur même si beaucoup de sang a coulé en quelques minutes. Le final du titre est en tout cas bien trouvé, oppressant et embarqué par le solo du guest Rami Haikal (Bilocate).

Arrive ensuite le pavé de huit minutes, pris dans une tourmente et un certain côté mystique, « Heathen » : claviers, choeurs impériaux, aura sombre et douce chaleur. Tambours, cors, cris de guerre, chant féminin planant. Puis le déferlement de riffs, soutenus par ces choeurs et cet aspect symphonique et guerrier omniprésent. Encore une fois, le tout est bien trouvé et surtout prenant, l’embarcation dans la mythologie étant immédiate.

Quoi de mieux que de terminer avec la fin du monde prophétique dans les légendes nordiques ? « Ragnarök » prend donc une touche progressive pour narrer les événements devant se produire. On découvre alors des parties agressives, des parties plus mélodiques, des parties plus lentes ou d’autres centrées sur les ambiances. Dommage toutefois que le final ne soit pas digne de ce nom, car le son est de moins en moins fort jusqu’à ne plus rien entendre lors des dernières secondes. Cela traduirait-il un manque d’inspiration pour conclure un album ?

Bouq a donc de quoi s’imposer, que ce soit en Jordanie ou dans le reste du monde avec son black/death/dark épique efficace et inspiré. Muhanna arrive à nous proposer sa vision des choses en instaurant une ambiance toute particulière tout en produisant et masterisant l’opus dans son propre studio, le Horned Helmet Studio. Si le black épique européen ne vous fait plus envie, penchez vous sur ce gage de qualité made in Jordan signé Muhannad Bursheh.

 

Arbitrator (CAN) : The Consummate Ascendancy

Ξ mars 19th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Industrial Death Metal |

Arbitrator (CAN) : The Consummate AscendancyLe death industriel n’est certainement pas le style de metal le plus pratiqué au monde, et pour cause, on ne connaît pas tant de groupes officiant dans le domaine, si ce n’est Zuul Fx en France, The Amenta en Australie ou The Project Hate MCMXCIX en Suède. Pourtant il est clair qu’avec un peu plus d’attention, on pourrait repérer des formations intéressantes, mélangeant la rudesse du death metal avec le côté froid et stérile de la musique industrielle. Arbitrator fait partie de ceux là. Venu droit du Canada, ce petit groupe ou du moins ce one-man band, mené par Rob Kukla en multi instrumentiste averti, arrive à imposer sa marque de fabrique et son style death industriel anti religion et quasi post apocalyptique, s’inspirant de la scène death metal suédoise et des touches indus les plus sombres possibles, comme si Bloodbath côtoyait la froideur et la mécanicité de The Project Hate MCMXCIX.

Arbitrator sort donc son premier EP en 2011 soit prêt d’un an après la formation de ce projet. Rob Kukla fait tout par lui même mais s’offre l’aide de Corey Chernesky pour les parties batteries. Quant au mixage et au mastering, ils ont été confiés au célèbre Dan Swanö dans ces Unisound Studio, conférant à l’EP un son rude, puissant et impeccable. Et c’est justement ce son qui permet à la musique d’Arbitrator de retranscrire un univers particulièrement décadent grâce justement à la lourdeur des instruments et au côté implacable du growl.

Les deux morceaux en question, « Into the Eternal Flames » et « Suffer His Unrelenting Dominion » durent chacun plus de huit minutes, possédant un côté progressif indéniable. Rob Kukla a réussi à intégrer différentes parties de façon à ce que les titres avancent et nous montrent une variation d’événements et d’humeurs. A la manière de The Project Hate MCMXCIX, Arbitrator intègre autant de parties bien industrielles que de parties plus symphoniques dans ses compositions, tout en les mélangeant à l’agressivité palpable de son death metal. Pas de répit, que de brutalité et de parties jouissives, où les guitares ne font qu’un avec le growl et les claviers.

On a beau avoir deux titres, on a l’impression d’en écouter plusieurs, sans transitions. Tout s’enchaîne très rapidement car Arbitrator nous dépeint un monde de souffrance et de ténèbres, un monde détruit et relativement pessimiste. Il n’est donc pas étonnant de se retrouver avec des changements brusques de riffings, passant d’un death bien suédois à quelque chose de plus technique en passant par un aspect plus syncopé voire mathématique sur la fin du premier titre. On a aussi droit à des accélérations comme à des décélérations, bercées par le growl de Rob ou ses intrusions au piano. Et même si l’industriel n’est pas omniprésent, il sait arriver aux moments les plus opportuns afin de relever ce côté mélancolique et décadent, comme sur le final de « Suffer His Unrelenting Dominion ».

Puissant et prometteur, « The Consummate Ascendancy » est un EP efficace dévoilant tout le potentiel de son géniteur, distillant un death industriel qui sent bon l’acier et les mauvais côtés de la religion et du futur. A confirmer.

 

Illidiance : Neon Rebels

Ξ mars 16th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Illidiance : Neon RebelsPour ceux qui ne le savent pas encore, il y a trois pointures dans le domaine du cyber metal : Sybreed en Suisse, Neurotech en Slovénie depuis peu et Illidiance en Russie depuis la sortie de son EP « Synthetic Generation » amorçant le changement de cap vers une musique plus synthétique mais dénuée de toute influence black metal, comme le furent les débuts avec le glacial « Nexaeon ».

Illidiance a donc attiré et repoussé à la fois, certains préférant les premiers pas et les autres s’accommodant davantage avec ce cyber metal policé et résolument futuriste. Les Russes sont donc constamment en vadrouille dans les quatre coins du monde pour des concerts, se permettant d’apparaître en featuring sur des albums de jeunes groupes tels que Seecrees, entre autres. A la veille de la réédition de son « Damage Theory », Illidiance signe chez le label britannique Right Recordings et se prépare à la sortie d’un prochain opus en enregistrant le single « Neon Rebels ».

La recette du quintette (poseurs de surcroît) ne change pas, le single en question est à la fois une suite logique et une façon d’annoncer ce qui est à venir. La signature chez RR, label orienté pop, présage le virage d’Illidiance vers quelque chose de plus commercial et de plus exportable, ce que le chanteur Xyrohn n’a pas renié : le groupe veut maximiser son audience. Il ne sera donc pas étonnant de découvrir un « Neon Rebels » pris entre les parties bien cybernétiques et les parties plus « pop », notamment lors des refrains dansants au chant clair.

Illidiance reste donc fidèle à lui-même de ce côté, accentuant peut-être plus ses influences Sybreed en rythmant son titre tel un « Doomsday Party » tout en intégrant dans ses paroles des références à leurs acolytes suisses (« doomsday party », « red pill »). Visuellement, on reste du côté du bleu/gris et des phénomènes mécaniques, tel cet ange aux ailes d’acier et au niveau du texte, on nous invite à nous échapper de ce monde cybernétique, aveugle et sans futur en nous incrustant sur une scène toute particulière en compagnie de cet ange étrange.

« Neon Rebels » n’étonnera pas dans sa construction, à cheval entre la dynamique de Sybreed et les sons électroniques de The Kovenant. Illidiance fait partie de ces groupes de Cyber Metal qui mettant le paquet sur les samples et les bidouilles afin de rentre sa musique plus électro qu’indus. Le rendu est donc très énergique et technologique, ne laissant aucun répit, le chant étant quasi omniprésent ainsi que les riffs tranchants et souvent saccadés. Ca reste froid, mécanique au niveau du duo batterie/guitare mais sans doute trop mielleux lors du refrain.

A vouloir trop se commercialiser, Illidiance met de côté les moments forts et semble moins expérimenter ses compositions mais il a le mérite d’offrir un titre tout ce qu’il y a de plus efficace dans le genre, même s’il manque le côté sombre de ses débuts. Alors serez vous attiré ou repoussé par la mixture du groupe ?

 

Midnight Realm : Polarissima

Ξ mars 16th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Melodic Death Metal |

Midnight Realm : PolarissimaMidnight Realm, c’est un groupe de six Anglais officiant dans le death mélodique. A la base, ce projet n’était pas du tout sérieux et se résumait à quelques répétitions dans les chambres de chacun jusqu’à ce que chaque membre apporte sa pierre et que les premiers morceaux dévoilés reçoivent un accueil plutôt bon dans le monde entier.

Aujourd’hui, le groupe a déjà enregistré un premier EP « Abstract Connections » avant de se consacrer à cette nouvelle sortie nommée « Polarissima ». Midnight Realm fait partie de ces formations officiant dans un dit death mélodique moderne, avec une production en béton, des mélodies dans l’air du temps, des riffs parfois polyrythmiques et des effets électroniques. Inspiré par Dark Tranquility, Soilwork ou Textures, le combo arrive à intégrer ses influences tout en ajoutant sa patte et son univers apocalyptique et décadent comme sur l’intro symphonique « Polarissima » et le très énergique « Abstract Connections », entre death mélo traditionnel, death mélo moderne et saccadé.

L’EP reprend là où le groupe s’était arrêté avec leur précédente sortie. Il s’agit donc de la suite logique, les pochettes se ressemblants sur ce point là ainsi que du côté des paroles qui continuent de nous dépeindre un monde asséché où le soleil est sur le point de disparaître et où l’eau devient rare et on ne peut plus précieuse. La Terre est donc désolée et ressemble à un paysage de Lune. « Solaris » nous explique le problème tout en intégrant les interrogations du personnage sur son avenir. Le death mélodique est ici parsemé d’éléments symphoniques, comme une harpe et quelques arrangements orchestraux ainsi que le titre suivant, évoquant l’univers de Skyfire dès l’introduction. On se retrouve aussi avec une alternance growl/chant clair pour différencier les couplets des refrains. De ce côté là, peu d’originalité mais Midnight Realm le fait bien et ne tombe pas dans la niaiserie dont nous avons l’habitude d’entendre en ce moment. De plus, un chant trop mielleux ne collerait pas du tout à l’ambiance de l’EP.

Cette dernière, pessimiste et mélancolique, se fait davantage ressentir sur le dernier morceau « Requiem » qui entremêle les riffs, les sonorités électro et les nappes atmosphériques en fond. Le résultat oscille entre mélodie et bonne agressivité pendant près de sept minutes, soulignant le côté impardonnable du monde décrit dans les textes. Un fort côté progressif se fait aussi ressentir, notamment lors des variations de structures, car ici on ne se retrouve plus vraiment dans le schéma couplet/refrain mais plus dans une succession d’événements, entre furie, mélancolie, saccades et noirceur jusqu’à une fin poignante. Midnight Realm devrait faire beaucoup plus de morceaux de cette trempe là.

Les Anglais offrent ici un EP qui n’innove pas, certes, mais qui se laisse écouter et qui possède une ambiance toute particulière. Les parties batterie ont été exécutées par Alex Rüdinger (Threat Signal, Ordinance) tandis que l’enregistrement a été fait aux studios Numbskull Audio. Alors si vous ne voulez pas vous prendre la tête en matière de death mélodique et vous passer un EP qui passe tout seul, sans agacer, prenez ce « Polarissima ».

 

Deathbringer : Homo Divisus

Ξ mars 14th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Death Metal, Progressive Metal |

Deathbringer : Homo DivisusDeathbringer, c’est une formation aux différentes couleurs et nationalités, les membres étant biélorusses ou polonais et leur musique très métissée. Chacun apporte sa pièce à l’édifice, sa façon de voir les choses en fonction de son pays et de sa culture. Cela ne nous étonnera donc pas de constater que le death metal de Deathbringer se retrouve aussi carré et précis que le death metal polonais mais aussi très progressif, technique et mélodique, comme ce qu’ont l’habitude de nous concocter les pays de l’Est.

Ce n’est pas pour rien que la production a été confiée à Szymon Czech (Sceptic, Vesania, Devilish Impressions) dans les Studios X en Pologne et que certaines parties guitares ont été réalisées par Jacek Hiro. Le rendu est assez impressionnant, dans la mesure où le savoir faire de chacun se fait ressentir. De plus, le death progressif de Deathbringer se veut très long, avec des morceaux approchant les treize minutes, pour le meilleur et pour le pire…

Pour le meilleur car il s’agit d’un death metal intelligent, avec des structures calculées bien que peu définies tant tout part plus ou moins dans tous les sens. Les titres, dans leur globalité, comportent énormément de parties suivant, bien évidemment, une logique prédéfinie comme un « Prisoner » ou un « I Am What I am », très long mais assez bien construit, dans un style très technique et mélodique, avec une voix pas loin d’Anders Friden période « Clayman ».

Le groupe nous octroie des accélérations du plus bel effet, passant de parties lancinantes à quelque chose de plus agressif. Chaque instrument est à l’honneur, les guitares ayant le premier rôle mais n’omettant pas de laisser une place à la basse qui nous fait des lignes quelque peu fantaisistes. Ajoutez à cela la qualité des textes, des thèmes philosophiques ou existentiels et on se retrouve avec un death prog mélo avec des touches heavy assez attrayant vu de cet aspect là. « Black Pilgrim » peut faire partie des titres à retenir, alternant bien les différentes humeurs et parties, proposant des touches atmosphériques voire djent à certains moments.

Pour le pire car il est très difficile de suivre la cadence ! Le groupe a beau avoir l’audace de faire de son death prog un metal très complexe, il n’en demeure pas moins « casse gueule ». Si on n’arrive pas à suivre les premières minutes et les premières techniques, on se retrouve perdu jusqu’au bout ! Et c’est le risque, dès qu’on s’attache à des groupes de prog. Alors oui, Deathbringer pourrait se situer dans la même veine que Cynic, il possède ce petit grain de folie perturbant, mais malgré des passages plus conventionnels et plus ancrés dans un esprit death mélodique, il n’empêche que l’écoute est compliquée et qu’on peut vite être lassée.

Petit point non négligeable, les reprises ! On comprend mieux d’où vient ces touches heavy et ces relents death metal floridiens. Nous avons donc droit au « No Mean City » de Nazareth et au « Flesh and the Power It Holds de Death. Deathbringer accélère le rythme et l’agressivité pour le premier, ajoutant sa touche technique et progressive au sein du titre (on atteint quand même les huit minutes au lieu des six minutes). Le chant se rapproche du black selon les intonations et finalement, on se retrouve avec le morceau le plus maîtrisé et le plus accrochant de l’album. Pour ce qui est de Death, Deathbringer affirme (ou confirme) son admiration pour cette formation américaine pionnière du death metal. Rien de réellement extravagant ici, il s’agit tout simplement d’un hommage, rien de plus.

Que retenir de ce « Homo Divisus » ? Que c’est du death progressif bien complexe qui peut toutefois ravir les inconditionnels de titres tortueux et difficiles à analyser. Il faut simplement réussi à rentrer dans l’univers de Deathbringer sans lâcher prise une seule fois et c’est là qu’on peut découvrir tout le potentiel de ce groupe particulier qui arrive, tout de même, à intégrer des passages saisissants.

 

Oblivion Machine : Zero Gravity

Ξ mars 12th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal, Death Metal |

Oblivion Machine : Zero GravityOblivion Machine avait expérimenté et proposé un cyber death sec et brute de décoffrage avec un « Unnatural and Wrong » en manque de modulation mais déjà abouti. Les deux frères avaient d’ors et déjà réussis à imposer leur identité sur la scène russe, déjà riche en matière de cyber metal et détentrice de formations telles que Illidiance et j’en passe.

Après un album de remixes sorti en 2010, le trio russe change un peu sa recette avec le nouveau « Zero Gravity » qui, à l’image de son concept, se situe plus dans une dimension atmosphérique, moins bestiale, moins agressive et plus dans l’air du temps. En effet Oblivion Machine essaie de rendre sa musique toute aussi futuriste et cybernétique mais privilégie l’ajout de sons plus communs et de parties guitares voire vocales plus dans un style indus simpliste et death metal très métissé.

La musique des Russes s’en retrouve donc très perturbée et se retrouve avec le cul entre deux chaises, c’est un fait. D’un côté on a le côté progressif, expérimental et atmosphérique, ce qui s’avère assez audacieux et bien réfléchi, surtout sur des titres tels que « Fallen Boy » (pas loin d’un Synaptic Fracture) ou « Rhythm of the Gods », respectant plus ouvertement les codes du cyber death metal avec ce chant hargneux et décharné, ce rythme bien robotique, ces riffs déstructurés et ces sons synthétiques, mais d’un autre côté on se retrouve avec des « 5 A.M. »ou « Hate. Wound. Lick » assez plats et linéaires, sans réelle accroche.

Toutefois, on a le plaisir de découvrir un « Ghosts » entre rythmique mécanique et lourde et passage atmosphérique très planant, très relié à ce concept de gravité zéro dans laquelle tout corps peut, disons, planer, sans avoir à retomber, une sorte d’apesanteur si on veut. Le morceau joue donc sur les atmosphères, sur les variations et les changements de structures, pour un cyber progressif très agréable.

Oblivion Machine, sur certains points, arrive à se rapprocher de groupe de metal industriel où l’électronique et le côté dance sont très prononcés, à la manière de Blood Stain Child ou Xe-None par exemple. Les Russes ont ici fait appel à une chanteuse répondant au nom de Daria « Nookie » Stravrovich (Slot) sur deux titres, à savoir l’entraînant mais agaçant « Shield Mode » et l’ethnique et atmosphérique « To Earth ». Sa voix est trop perçante et criée et ne colle pas du tout à l’univers d’Oblivion Machine.

Dommage aussi que « Scorpion Moon » conclut l’album avec une durée trop longue, le morceau aurait gagné à être plus varié, bien que l’aspect cyber/atmo soit bien présent. En tout cas, Oblivion Machine aura pris beaucoup de risques avec ce « Zero Gravity », changeant quelque peu ses habitudes et proposant un album différent de « Unnatural and Wrong », se tournant désormais vers davantage d’atmosphère. On a donc deux parties distinctes, tiraillées entre le très bon et le moins bons, pour un résultat mitigé et moins convainquant que les précédentes sorties.

 

Acyl : Algebra

Ξ mars 10th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Oriental Metal |

Acyl : AlgebraCela fait longtemps maintenant que le metal côtoie les musiques traditionnelles et ethniques de l’Orient ou du Maghreb et cette tendance semble s’accroître depuis quelques années, depuis que les pionniers d’Orphaned Land l’ont attisée. Des formations en particulier auront fait parler d’elles, Myrath ou Arkan pour ne citer qu’elles, donnant naissance à un véritable trio de tête et à une envie, pour les autres, de proposer leur mélange et de montrer leurs origines ethniques à travers la musique metal.

D’origine algérienne, Acyl existe tel que nous le connaissons depuis l’emménagement des membres en France, en 2003. Il s’agit du prolongement de quelques projets antérieurs du groupe dans son pays d’origine, et le tout devient réalité depuis quelques années maintenant et surtout depuis l’implication de Reda dans le groupe Arkan et la sortie du premier EP d’Acyl, « The Angel’s Sin », en 2010.

Deux ans plus tard, le combo signe chez M&O Music afin de sortir son premier album, sobrement appelé « Algebra ». Ce dernier se présente comme un livre ancien où se côtoient des contes antiques et des fresques historiques, revendiquant de manière très forte les origines berbéro-arabo-musulmanes du groupe. Dans une veine orientale très prononcée, il se veut aussi chaleureux qu’authentique, à l’image du nom du groupe, signifiant tout simplement « le vrai, l’authentique » en arabe. C’est aussi une belle passerelle entre modernité et tradition, son metal étant ancré dans un style moderne et groovy avec de nombreux éléments arabisants et ethniques.

En réalité, depuis le début, Acyl s’évertue à nous concocter, comme ils aiment à le dire, de la « musique algérienne métalisée ». Comprenez par là que le groupe mélange l’agressivité et la hargne du metal aux musiques algériennes traditionnelles telles que le gnaoui, le alaoui ou le tendi, tout comme Myrath, pour les natifs, mélange metal et musique chaâbi. Cet exemple peut vous donner une idée de la chose, bien qu’Acyl ne se situe pas dans la même veine. En effet, cette formation atypique joue encore plus sur l’aspect ethnique et oriental et c’est un véritable voyage en Algérie et dans les sables du Sahara que nous faisons avec cet album.

Tout d’abord, Acyl a plus d’une corde à son arc dans la mesure où chacun des membres peut jouer plusieurs instruments, que ce soit de la guitare ou des percussions traditionnelles. Les choeurs et chants sont à l’honneur et ce, grâce aux nombreux guests qui apportent leur voix et leur savoir faire à la musique du combo. Ajoutez à cela la variété des instruments (karkabou, oud, derbouka ou autres gumbri) et c’est le dépaysement complet. Alors amateurs d’ambiances chaleureuses, de chants traditionnels et d’exotisme, cet opus est vraiment fait pour vous.

On se met directement dans le bain avec « Ungratefulness » et ses percussions. Sa ligne de basse introductrice apporte une bonne dose de groove ainsi que l’alternance chant clair et chant guttural, jusqu’à l’explosion des riffs et une fin résolument orientale. Sur « Head on Crash », on durcit le ton avec des guitares hargneuses et souvent saccadées avant de se laisser bercer par une partie purement instrumentale et ethnique avec cette mandoline et sa mélodie arabisante.

On ne sort jamais de l’univers qu’essaie de retranscrire Acyl, l’auditeur est toujours entraîné dans cet ensemble ethnique et expérimental grâce à beaucoup d’éléments traditionnels, de choeurs, de percussions, de mandolines, de oud et j’en passe. Souvent ambient, on a souvent l’impression de se passer un CD de musique du monde, jusqu’à ce que les guitares lancent des offensives tout en apportant des relents death metal, relents confirmés avec la présence du growl (« Al Kiama Chapter 1 : Caldeira » ou « Barzakh » par exemple). « Back to Death », quant à lui, reste un bon exemple de musique traditionnelle, tout comme « Creation Chapter 2 : The Hold ».

En dépit de ces bonnes choses, il faut savoir que l’expérimentation joue un rôle considérable dans les compositions de Acyl, utilisant d’autres influences (jazz par exemple). Le passage des parties saccadées aux parties purement orientales à celles bien agressives peut parfois être déstabilisant. Mais ce qui reste plus gênant, ce sont les enchaînements, parfois maladroits. De plus, le chant d’Amine (dans les parties growls) manquent encore de modulation. Au final, on a du mal à démarquer un morceau plus qu’un autre et on ressent une certaine linéarité. Ce qui est dommage, tant l’audace et l’originalité sont au rendez vous. Il semblerait donc que l’oriental, à trop forte dose, tue la magie instaurée dans cet ensemble ethnique au possible. Toutefois, cela n’empêche pas à Acyl de fournir un « Algebra » intéressant, dans l’air du temps, chaleureux et convivial.

 

The Horn : Volume Ten

Ξ mars 8th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Black Metal, Oriental Metal |

The Horn : Volume TenDepuis sa formation en 1997, The Horn est un réel ovni en matière de black metal, dans la mesure où le sieur multi instrumentiste cherche bien à se différencier de ses acolytes. Bien que guidé par des formations connues telles que Morbid Angel, Mayhem ou Darkthrone, l’Australien a acquis une identité qui lui est propre, et ce, à chaque sortie d’album, chacun apparaissant de manière plus ou moins rapproché.

Mais ce qui influence le plus The Horn, ce sont les mythologies égyptiennes. Ce one man band prend directement sa source dans les contes les plus sombres de cette civilisation, puisant dans le Livre des Morts, un livre sacré en plusieurs volumes censé guider le défunt vers l’au-delà. Le musicien s’évertue donc à rendre musical ces contes et nous comprenons mieux pourquoi il y a onze volumes à ce jour.

La musique de The Horn est donc à la fois exceptionnelle et particulière, mélange de black metal cru, de quelques touches industrielles et d’éléments moyen-orientaux typiquement égyptiens. Les amateurs de production propre pourront donc passer leur chemin car ici, tout est fait de sorte à ce que le son soit crade, comme s’il sortait tout droit du fin fond des pyramides ou des enfers égyptiens. Pas de grande technique non plus au niveau des guitares, dotées d’une distorsion particulière et tournées vers un côté bestial et morbide (« The Portal Closes »). Tout se joue au niveau des ambiances faites par des claviers et des samples, mais aussi au niveau de la voix cadavérique et décharnée, comme si elle se situait entre le corps et l’au delà, comme si l’esprit arrivait à s’exprimer, répondant aux paroles des Dieux Râ, Osiris, ou Hathor.

Le rendu est donc bien occulte, maléfique, maladif et morbide. Son black metal égyptien tourne du côté de l’ambient sur des titres tels que « Spell 146 » (basé sur les Pylônes de Sekht-Ianru, le paradis selon les anciens Egyptiens) ou « Spell 124 (un appel aux quatre puissants esprits aux masques de singe). En général, le rythme est plutôt lent, emmené par des guitares aux relents mystiques et souvent arabisants. Certains titres longs proposent un mélange d’agressivité et d’ambiances orientales pour nous porter encore plus profondément dans ce monde occulte et spirituel. De plus, les paroles sont toutes extraites de la traduction anglaise du Livre des Morts, si bien que l’auditeur peut suivre les péripéties et les contes menant à l’au delà – si toutefois il possède le livre en question. « Spell 66 » par exemple, raconte la sortie de l’âme vers la lumière du jour et la musique se teinte d’éléments torturés, que ce soit dans les riffs que dans la voix écorchée, et « Spell 7 », sur le passage sur le dos de l’abominable Apopi, se rapproche davantage du black/doom avec son rythme décidément lent, ses guitares mi mélancoliques mi plaintives et ce cri particulier.

Les métissages s’imposent davantage sur un « Spell 124 » (pour effectuer des métamorphoses en phénix royal) distillant des percussions traditionnelles, des touches industrielles distordant encore plus les vocaux de The Horn et pervertissant encore plus sa musique. Idem sur « Spell 156 » (pour fixer un talisman en cornaline) qui part en crescendo, avec tous ces éléments orientaux (percus, mandolines, sitar) avant de finir sur un son saturé.

The Horn nous propose aussi des titres totalement basés sur les atmosphères pour que l’auditeur se croit enterré dans une tombe ou momifié dans un sarcophage. « The Portal Opens », par exemple, est le genre de titre qui rend claustrophobe. Des bruits, aussi étranges les uns que les autres, une voix planante et spirituelle en fond, comme une invocation, de l’air qui s’est frayé un chemin à travers les petits et rares conduits d’aération, et j’en passe. Idem pour « Book of Dust » et ses orages, sa pluie, son feu et sa fine mélodie.

Signé chez Shaytan Productions, le label spécial oriental black, « Volume Ten » est un album réservé à tous les courageux désirant se mettre à la place des morts à l’époque de l’Egypte Ancienne grâce à un black metal occulte, spirituel, ambient et quelque peu poussiéreux. La mort physique n’est que le début d’une série de métamorphoses de la conscience, il est donc temps de vous initier aux mystères de la vie et de la mort, en musique…

 

Winterburst : The Mind Cave

Ξ mars 7th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Winterburst : The Mind CaveDepuis la mort d’Anorexia Nervosa, il est difficile pour la France de trouver un remplaçant faisant office de référence sur la scène black symphonique, car peu de groupes possède le talent et la force de composition nécessaire. En outre, si le style en lui-même se tarit au fil des années, certains arrivent tout de même à lui faire garder une âme et une petite personnalité, ce qui est le cas du côté de la Russie par exemple.

Il y a toutefois des formations françaises qui tentent d’imposer leur identité et leur savoir faire, et celles-ci ne se comptent même pas sur les doigts d’une main. Malevolentia, par exemple, avec son « Ex-Oblivion » en 2011, a charmé les adeptes du genre et imposé une force noire et symphonique ultime. Veils Of Perception et son « Black Metric » a tenté sa chance et bien que l’opus soit louable, il n’a peu attiré les foules. Quant à Winterburst et sa première démo en 2009, il n’est pas passé inaperçu, bien au contraire…

Les Versaillais avaient, contre toute attente, réussi à offrir à l’auditeur un premier jet auto produit abouti et très encourageant, mené par une atmosphère froide, sombre et inquiétante. Si déjà le potentiel s’était déjà fait ressentir, non seulement par la qualité du son mais aussi des compositions, il se dévoile encore plus quelques années plus tard, c’est à dire aujourd’hui en 2012, avec la sortie du tout premier album « The Mind Cave ». Après quelques concerts et un changement de line up conséquent (départs du bassiste Freyr et du guitariste Jörm), les Français retombent sur leur patte et nous concoctent un album qui sera certainement en passe de s’inscrire sur la liste des références black symphonique françaises.

Le combo ne change pas ses bonnes habitudes, enregistrant l’opus en décembre dernier au studio Sainte-Marthe avec Guillaume Mauduit et se dotant d’une pochette signée George Grie de chez neo surrealism art, le même artiste que pour la démo. On ressent donc une certaine continuité et une entrée plus flagrante dans l’univers de Winterburst avec cette architecture digne d’un théâtre opéra et ce fond sombre et gris. L’album se nomme « The Mind Cave » comme le nom de cette œuvre de George Grie, basée sur l’agoraphobie. Le groupe n’est, quant à lui, pas loin de cette interprétation, centrant ses textes sur un voyage à travers l’esprit et invoquant des récits horrifiques.

En effet, chaque morceau peut être vu comme un mini conte ou une mini pièce de théâtre, racontant et jouant des événements plus ou moins inquiétants. Un certain côté théâtral – confirmé par la pochette – est donc mis en valeur sur tout l’opus, comme l’indique la forte présence des orchestrations et des alternances de parties chantées. Dans son black death symphonique grandiloquent, Winterburst intègre des parties au chant black voire chant death, et des parties au chant clair comme sur « A Mirror’s Game », « Legion of Souls » ou le paisible « The Upcoming Chaos ». « D’Ombres et d’Infini », lui, rappelle Malevolentia ou Anorexia Nervosa avec ses paroles en français et cet ensemble poétique et noir. C’est comme si ces titres se dotaient d’une narration différente, comme si plusieurs personnages se partageaient les faits.

Ces histoires sont relatées en fonction des atmosphères véhiculées, bien que le tout soit principalement sombre et inquiétant. En revanche, le côté glacial apporté sur la démo est beaucoup moins important, sans doute dû à l’ambiance plus travaillée et plus tournée vers les orchestrations inspirées de BO de films. Ces dernières sont réellement à l’honneur accompagnées de riffs plus propres et plus tranchants et d’un chant plus maîtrisé. « A Mirror’s Game » ou l’éponyme « The Mind Cave » vous donneront une bonne idée de la chose, tout étant bien calculé, soigné et fait minutieusement, Winterburst variant son propos avec l’utilisation des claviers. Si « Insanitarium » se passe au 19th siècle, jouant sur les choeurs et sur un certain aspect menaçant, « The Stray » touche au mystique et à la puissance, en n’omettant pas d’apporter une dose de mélodie à la guitare, tandis que les deux versions de « Beyond the Wall » se veulent aussi épiques que guerrières et portées sur les choeurs en latin.

Winterburst ne renie pas ses influences Dimmu Borgir ou Graveworm mais n’en fait pas une évidence non plus. Le combo a réussi à imposer sa sauce en s’imprégnant d’éléments venus d’ailleurs comme sur le puissant et efficace« The Ancestral Ritual ». On note aussi une certaine prise de risque avec « Circus of Freaks » et ses orgues, son côté fête foraine et joyeux. Une fausse joie qui se mélange à des éléments malsains et effrayants à la manière d’un Bishop Of Hexen sur un « The Somber Grounds of Truth » mais en moins atmosphérique. De plus, les notes montantes et descendantes ainsi que le titre peuvent rappeler le « Kings of the Carnival Creation » de Dimmu Borgir.

Bien que la production soit un poil trop policée et que la batterie reste un peu en retrait, Winterburst offre un album de grande qualité, parfois pompeux au niveau des orchestrations mais bien dosé sur le plan guitaristique et vocal. « The Mind Cave » reste bien puissant et efficace, dans une esthétique black symphonique moderne et racée, qui propulsera sans aucun doute Winterburst dans la liste des références françaises du genre.

 

Al Namrood : Kitab Al-Awthan

Ξ mars 5th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Black Metal, Oriental Metal |

Al Namrood : Kitab Al-AwthanQue ce soit du death metal (Orphaned Land) ou du black metal (Melechesh), l’oriental metal en lui-même est né du côté de l’Israël, au début des années 1990. Depuis, c’est toute une génération de metalleux avertis qui s’est décidée à suivre les pas de ces précurseurs-ci, puisant leurs inspirations dans le folklore de leur pays et dans le côté extrême de la musique metal.

L’oriental black metal semble faire partie des genres de metal les plus prolifiques au Moyen Orient, la scène en elle-même s’agrandissant de jours en jours et comptant parmi elles les Egyptiens d’Odious, les Bahreïnis de Narjahaman, les Jordaniens de Kaoteon mais aussi les Saoudiens de Al Namrood. Ces derniers sont sans aucun doute les plus actifs car formés en 2008 et déjà auteurs d’un EP et de trois albums. Et pourtant, les conditions de leur pays ne favorisent pas la prolifération du metal en lui-même, l’Islam étant radical et les albums metal bannis. Al-Namrood, depuis le début, s’arrange donc pour tout confectionner à l’abri des regards dans un home studio tout ce qu’il y a de plus traditionnel, tout en se permettant de signer chez le label canadien mais très axé sur l’orient Shaytan Productions.

Al Namrood continue donc son petit bonhomme de chemin avec le dernier « Kital Al Awthan », tout en se disant être « le groupe d’Arabic black metal le plus connu » avec Narjahanam. Ce qui est un fait dans la mesure où peu de formations officient dans le genre. Avec cet opus, les trois Saoudiens suivent ce qui avait été entamé avec le dernier « Estorat Taghoot » centré sur Babylone et la fameuse tour de Babel pour se concentrer sur les racines du monde arabe, avant même que l’Islam soit apparu en ces terres. Il s’agissait de la culture paganiste, comprenant les anciennes croyances des Arabes ainsi que leur démons, djinns, demi-dieux et divinités. L’auditeur est donc porté dans les traditions arabes, soit 1600 ans avant notre ère, ce qui fait un sacré chemin…

C’est avec une introduction significative « Mirath Al Shar », soit « l’héritage du mal » (titre dans lequel on pourrait retrouver un clin d’oeil à la formation tunisienne ‘Myrath‘) que tout commence, le voyage dans les sables orientales se faisant à coup de claviers et de symphonies arabisantes et impériales. Puissantes, mystérieuses et mystiques, l’auditeur est alors pris dans l’univers d’Al-Namrood, qui ne lésine pas sur les claviers et leur apport en éléments moyen-orientaux. Le groupe n’a pas changé sa recette et on retrouve la même patte que sur les opus précédents, même si les claviers deviennent plus précis et plus imposants.

« Min Trab Al Jahel » (de la poussière de l’ignorance) combine la douceur et l’exotisme de l’orient avec la noirceur et l’agressivité du black metal, intégrant une guitare bien raw et grasse, des percussions, des choeurs traditionnels et la voix black menaçante de Mudamer. La musique est à l’image de la pochette mythologique où se côtoient les ténèbres de la nuit et la chaleur du sable.

C’est une immersion totale qui nous est offerte. Al-Namrood raccourcit le nombre des morceaux, écrit ses textes en arabe et se permet de privilégier les parties instrumentales plutôt que les parties chantées, si bien qu’on se retrouve tantôt avec une atmosphère accueillante, tantôt avec une atmosphère guerrière et souvent menaçante. L’ensemble n’est cependant pas très violent, dans la mesure où les blasts sont rares voire inexistants, les accélérations de rythme n’étant pas à l’honneur. Tout est porté sur les ambiances et ce côté authentique flagrant comme sur « Hayat Al Khool » et sa symphonie traditionnelle.

S’il y a bien des morceaux qui marquent, ce sont sans doute un « Kiram Al Mataia » bien dansant et bien méchant à la fois – quoique bien oriental – et un « Wa Man Kan Lil Sufha Entisar » proche de Narjahanam dans l’esprit avec ce côté instrumental très musique de film. Le Moyen-Orient dans toute sa splendeur version black metal. Un régal.

Même si la production a réussi à s’améliorer, les moyens du bord étant légèrement plus conséquents, l’ensemble musical en lui-même n’évolue peu, les morceaux peinant à se distinguer franchement les uns des autres. Les notes sont plus justes, certes, cependant il règne une sorte de cacophonie étrange sur plusieurs titres, tant le mélange guitare/claviers/voix peut laisser à désirer (« Ashab Al Aika », « Al Quam, Hakem Al Huroob »). De plus, le clavier semble être l’élément principal des compositions et étouffe quelque peu les guitares et leur riffings assez simples dans l’ensemble. Quant à la basse, elle semble quasi inexistante, happée par les nombreux éléments arabisants tels que les violons, flutes, percussions, sitars et j’en passe.

Malgré tout, Al-Namrood arrive à offrir un bon album bien que les soucis au Moyen-Orient peinent à diffuser les opus de la culture metal, ces derniers étant souvent anti-religion, et pour cause, les Saoudiens ne se cachent pas d’effectuer dans l’anti-islam (leur nom de scène signifiant « le non-croyant ») et d’essayer de faire découvrir aux gens une nouvelle Arabie. En conséquence, les amateurs d’histoire, d’orient et de black metal ne pourront qu’être ravis de la sortie de cet album qui, tant bien que mal, permet à Al-Namrood de s’imposer une fois encore sur la scène oriental black metal.

 

Mindless Faith : Just Defy

Ξ mars 1st, 2012 | → 0 Comments | ∇ Dark Electro |

Mindless Faith : Just DefyMindless Faith est né durant au début des années1990, alors que la musique électronique prend de l’ampleur en ce qui concerne la synth pop et que la new wave décline peu à peu depuis plusieurs années. Les Américains commencent donc leur parcours en effectuant dans un electro-indus très influencé par l’EBM (Electronic Body Music), se rapprochant quelque peu de Front Line Assembly ou Suicide Commando avec le premier album « The Silent » en 1996 et « Manifest Destiny » en 2000.

La carrière de Mindless Faith décolla davantage par la suite, le trio intégrant des éléments plus sombres et des guitares metal. Ce qui lui permit d’apparaître sur plus d’une vingtaine de compilations, de remixer pour Nine Inch Nails, entre autres, d’effectuer des musiques pour des télé-réalités ou des jeux vidéos (Project Gotham Racing 3 sur X-box) et de tourner avec les grands de la musique électronique/industrielle tels que Skinny Puppy.

C’est donc avec un nouvel album que revient Mindless Faith en 2012, après avoir sorti un opus à raison d’un tous les quatre ans (ou presque). Un « Medication for the Misinformed » pressentait un changement de cap conséquent avec l’apparition d’éléments variés. « Just Defy » le confirme et intègre davantage de touches metal dans les compositions, même si le cœur même de la musique reste l’EBM/l’électronique.

Mindless Faith arrive donc à faire un mélange audacieux et bien effectué, tout en mettant l’accent sur les machines. La musique est très synthétique, menée par une horde d’éléments industriels, de beats écrasants, des sons de claviers distordus et des riffs de guitares efficaces et saturés, conférant à l’ensemble une aura futuriste. Le style des Américains est très électronique, autant vous dire que les metalleux pur jus auront beaucoup de mal avec cet opus. Mais les amateurs d’indus et/ou les plus ouverts d’esprit pourront peut-être trouver leur compte dans cet album incitant à la révolution, tant au niveau de l’artwork rappelant un jeu vidéo (« Red Faction », où on retrouvait aussi une histoire de révolution) que dans les paroles quelque peu anti-capitalistes et anti-corruption…

Si une petite moitié de titres ne présentent pas d’éléments metal à proprement parlé, pris dans un amas de sons électroniques, sombres et souvent pessimistes, l’autre moitié, elle, se retrouve entraînée par des guitares saturées énergiques comme sur un « Over the Fence » dans l’esprit dark electro ou un « Corporati$m » plutôt indus, avec ce chant tranchant. A contrario, « Undone » ou « No Saints Allowed » offrent un ensemble plus doux et plus mélancolique, bercé par des parties acoustiques, des murmures et des sons électroniques sombres et décadents.

Mindless Faith permet à ses compositions de respirer et leur procure tout un tas d’humeur différente, de façon à ce que chaque titre ne se ressemble pas. La plupart garde un rythme lancinant, hypnotique voire psychédélique, que les guitares soient discrètes ou non. Car « Just Defy » est juste un album réservé aux plus industrialistes et aux plus pessimistes vis à vis de ce futur à venir. Même si cet opus n’est pas très sombre en soit, il n’empêche qu’une atmosphère apocalyptique s’en dégage, pour le meilleur…et pour le pire : les beats peuvent parfois être agaçants ainsi que la redondance de quelques sonorités.

Si vous avez le courage, vous pouvez tenter l’aventure et vous embarquer dans le monde électronique de Mindless Faith, car ce mélange EBM/metal, bien que peu étonnant, reste bien mené et efficace, malgré certaines longueurs.

 

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