Eclipse (UKR) : Triumph of the Pain

Ξ mai 4th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Death Metal |

Eclipse (UKR) : Triumph of the Pain Eclipse est né en 1995 des cendres d’une formation grindcore qui n’aura duré que deux ans, Sacral Suicide. Les membres rescapés ont su tenir le cap pour ne pas chavirer et continuer leur carrière, pas si productive que ça. En effet, c’est quand même en 2009 qu’est sorti le vrai premier opus du nom de « Grind, Suffer, Dreams », suivi de prêt par ce « Triumph of Pain » enregistré en 2010 et mis en circulation fin 2011 par le label underground More Hate Productions.

Il s’agit donc maintenant d’un trio officiant dans un brutal death metal coloré. Sa musique est aussi originale que son nom et pour cause, le combo semble largement influencé par Cannibale Corpse et la scène brutale américaine en général. Ceci dit, Eclipse arrive tout de même à varier son propos et à être aussi efficace que possible. On ne recherche pas du tout l’originalité de la chose mais la violence et l’agressivité des compositions, sans non plus tomber dans le bourrinage inutile.

Eclipse ne fait absolument pas de cadeau et la pochette vicieuse peut nous indiquer le chemin. Au vu de breveté de l’album, on sait qu’on va passer une demi heure de pure méchanceté. C’est directement le cas avec le premier « Ak-47 » qui impose ses marques et fait pencher la balance du côté de Cannibale Corpse. Samples de guerre, batterie aussi rapide qu’une mitraillette, riffs maîtrisés, Eclipse a tout de même plus d’une corde à son arc et surtout une bonne expérience, même s’il n’a pas beaucoup composé.

Les Ukrainiens ne misent pas tant que ça sur la technique des grattes, qui se veulent tranchantes quand il faut. Elles peuvent paraître assez linéaires sur le riffing comme sur « Last Breath » mais elles arrivent à suivre un rythme qui peut être très rapide ou mid tempo. Par contre, « Mindsuffer » parvient mieux à attirer notre attention avec un côté acéré à toute épreuve, une certaine technicité dans le solo et la manifestation d’une basse déchaînée et très bien mise en avant.

C’est sans aucun doute la voix qui reste la plus variée, et ce dans l’ensemble des titres. Que ce soit le growl très caverneux, le growl moins maîtrisé, le chant criard, le pig squeal ou même les murmures, on en voit de toutes les couleurs, autant dans les morceaux sus-cités que dans l’éponyme « Triumph of the Pain » qui ne fait décidément pas dans la dentelle du haut de ses quatre minute quarante sept. D’ailleurs, il semblerait que les titres les plus longs soient les plus expérimentaux, à l’image de « Dream Forgotten After First Try », qui se veut à la fois assez progressif et source de bidouillages en tout genre, que ce soit avec la basse, avec la guitare, en particulier les soli, ou avec les ambiances et les rythmes, ce qui apporte un peu d’air et de répit dans ce déluge de sang et de boyaux.

Ne cherchez donc pas ici un death metal raffiné et un temps soit peu mélodique. Si vous voulez oublier l’originalité et vous diriger vers quelque chose de très brutal et tronçonneur, essayez donc ce « Triumph of the Pain », qui, comme son titre l’indique, fera en sorte de vous faire souffrir jusqu’à la fin.

 

  • Index

  • Reviews

  • RSS Spirit Of Metal News