Fall Of Mirra : Circling the Wagons

Ξ mai 8th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Metalcore |

Fall Of Mirra : Circling the WagonsBien qu’on en entende peu parler en France ou en Europe, Singapour fait sans doute partie des pays asiatiques les plus actifs avec l’Inde, entre autres. On y retrouve une scène très diversifiée, avec les vétérans de Rudra (death/black) ou plus récemment les neo/industrialleux de Flawed Element. Il y a aussi Fall Of Mirra, qui n’officie pas dans le même domaine mais qui se fait une petite réputation dans son continent, et même ailleurs. Le quintette s’est fondé en 2007, a sorti un EP, et sort son nouvel album « Circling the Wagons » cette année-même.

En voyant le nom du groupe, on peut se demander ce à quoi renvoie « Mirra ». Rien de très exotique, pour le coup, apparemment il s’agit de Dave Mirra, un professionnel du BMX, qui n’est jamais tombé dans toute sa carrière. Le mot « fall », la « chute », est donc une façon de le faire tomber, dans l’imaginaire de chacun.

Fall Of Mirra peut, d’un côté, étonner par son patronyme, mais aussi par le style de metal employé. Il est très difficile de poser une étiquette à la musique des Singapouriens. Tantôt hardcore, tantôt deathcore, parfois même thrashy, l’ensemble reste indescriptible, mais il s’avère que le tout reste cohérent et relié par un élément commun : les touches progressives. Le quintette arrive donc à sortir des sentiers battus avec son album « Circling the Wagons », dont le nom reprend une expression idiomatique typiquement anglaise signifiant « s’unir en défense d’un intérêt commun ».

Dès le début, « With Hindsight » annonce les hostilités avec une entrée en matière très agressive, pas d’introduction aucune, tout démarre sur les chapeaux de roue avec des riffs vifs et tranchants et un growl agressif, avant d’arriver à un aspect saccadé, puis, plus calme. Lorsque le chant hurlé fait son apparition, on se rend d’ores et déjà compte que Brandon maîtrise beaucoup mieux les voix gutturales que les cris, pourtant écorchés, mais moins poussés. Idem sur un « Weight of the Crown » qui met en avant la dualité des vocaux et un breakdown d’une lourdeur écrasante.

Les Singapouriens appartiennent à cette mouvance dite « moderne » qui intègre des éléments progressifs et des touches de claviers utilisés avec parcimonie. Heureusement, le groupe n’en abuse pas et dissémine ses influences parfois born of osiriennes sur une petite partie de l’album. Cela soulève quelques éléments et apportent des atmosphères parfois sereines, parfois sombres comme sur un « Home » torturé ou « Weight of the Crown ».

Des touches électroniques arrivent à se frayer un chemin dans ce déluge de riffs furieux, ce dynamisme imparable et ces voix très hargneuses, comme sur « Sundown » aux alentours de 01:57 ou « Beneath Oceans » qui lui, mettra l’accent sur des touches plus techno, sans non plus être étouffantes et dénuées d’intérêt.

Le clavier peut aussi être plus classique avec un côté plus symphonique et aérien, guidé par un piano, sur l’instrumental « The Respite », qui amorce la fin de l’opus mais qui montre aussi le potentiel de Fall Of Mirra.

Les amateurs du célèbre « kicker » Chuck Norris pourront se délecter avec un titre portant le nom de ce héros. Étrangement, il s’agit du morceau le moins violent, mais cela ne veut pas dire que l’agressivité n’est pas de mise. C’est un piano qui ouvre le bal, suivi d’une basse lancinante, avant une montée en puissance particulière : mélange des styles, lourdeur des guitares, variété des vocaux et passages plus atmosphériques, avant un final assez bourrin.

Singapour fait vraiment partie des pays qui peuvent nous apporter de bonnes surprises et malgré son artwork « mignon », Fall Of Mirra étonne et offre un panel d’éléments non négligeables, qui pourront peut-être permettre à l’auditeur d’apprécier une œuvre différente et sincère le temps de vingt neuf petites minutes.

 

AIM Project : Bismillah

Ξ mai 8th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Oriental Metal, Progressive Metal |

AIM Project : BismillahSi je vous dis metal progressif et Tunisie, vous penserez sans aucun doute à Myrath. Oui mais pas tout à fait. Bien que ce groupe soit le fer de lance de la scène metal tunisienne, il y a un jeune homme qui fait parler de lui depuis plusieurs années, et surtout depuis la sortie de son premier album solo et instrumental, « A Neverending Pain of a Betrayed Man ». Je parle d’Anas Abid.

Malgré son jeune âge, le guitariste a tout de même une certaine expérience derrière lui en plus d’avoir grandi dans une famille bercée par la musique arabe. C’est donc tout naturellement que le musicien a décidé de mêler ses origines culturelles à sa passion dévorante pour le metal afin de créer une musique qui sort de l’ordinaire.

Les chroniques encourageantes et les diffusions de ses morceaux sur différentes stations de radio l’ont poussé à élargir ses influences et horizons. D’où ce nouveau project, AIM Project, censé mettre en relation l’occident et l’orient, le prog et la musique traditionnelle, au sein de quatre morceaux regroupés dans un petit EP nommé « Bismillah ».

« Bismillah » vient de la contraction de deux termes arabes « bismi » et « allah » signifiant « au nom de Dieu ». C’est un mot que l’on utilise avant de faire quelque chose, que ce soit manger ou boire. C’est aussi un terme encourageant et une façon de se préparer à faire des bonnes choses. C’est aussi un appel au soutient de son Dieu, pour recevoir ses bénédictions. C’est ce qui donne la force d’aller de l’avant pour les musulmans. C’est aussi le nom du premier morceau de l’EP, une instrumentale courte de deux minutes, qui met en avant les qualités guitaristiques d’Anas. L’ensemble reste rythmé, même si ce n’est pas très dynamique. C’est juste une entrée en matière, avec une mélodie arabisante qui rappelle fortement celle du début de « Birth of the Three » d’Orphaned Land. Les Israéliens ne sont jamais très loin lorsque l’on parle d’Oriental Metal.

Pour le moment, pas de quoi nous faire tourner la tête, ça reste assez classique dans l’appréhension du mélange prog et oriental, et encore plus dans « The Judgement Day » aux riffs rappelant parfois Myrath ou même Dream Theater (d’un côté, les Tunisiens en sont fortement influencés). Il y a du chant dans ce nouveau projet d’Anas, les parties criées étant confiées à Florian Thérèse. Pas de grande originalité de ce côté là, tant dans la technique de chant que dans l’enchaînement des riffs. Certes, Anas sait manier son instrument, mais il lui manque encore cette patte personnelle qui le différencierait des maîtres et des ersatz du moment. « Ruins of Azl’Aôm » par contre, apporte une pêche d’enfer et pas mal d’éléments supplémentaires, que ce soit des riffs endiablés et alambiqués et des orchestrations soignées de Julien Marocco, qui était aussi présent sur l’album « A Neverending Pain of a Betrayed Man ». L’aspect oriental se fait davantage ressentir, dans les ambiances, les riffs et le chant arabe de Salomé Perli, au timbre qui se rapproche de celui de Shlomit Levy (OL). D’ailleurs, le final acoustique à la luth rappelle une nouvelle fois les Israéliens sur le final de leur première version de « The Storm Still Rages Inside ». Encore une fois, les maîtres de l’oriental ne sont jamais loin !

C’est sans doute « The Mirror of Life » qui change un peu, malgré le riffing principal très proche des grands du prog. L’ambiance est bien chaleureuse, avec cette dualité de guitare et la voix aérienne de la guest Aleksandra Radosavljevic. Les influences sont bien intégrées même si le mélange de sonorités peut apparaître un peu brouillon. Toutefois, le tout embarque l’auditeur, autant dans les parties plus lancinantes que dans les parties plus rapides et agressives.

Il est de plus en plus risqué, désormais, d’officier dans l’oriental metal quand on ne prend pas assez de risque pour créer une musique qui change et qui apporte une émotion nécessaire. Anas Abid, justement, ne semble pas être assez casse-cou, sans doute à cause de ce désir de toucher le plus de monde possible. Mais dans ce domaine là, il faut vraiment prendre de l’avant et se forger une identité solide. Ce « Bismillah », malgré ses bons points, n’est pas assez fort et couillu pour sortir du lot car trop proche, dans tous les cas, des sorties prog et/ou orientales.

 

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