Darkness Embrace : An Eternal Mirror

Ξ juin 30th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Melodic Black Metal |

Darkness Embrace : An Eternal MirrorDarkness Embrace est tout jeune dans le milieu du metal extrême. Formé en 2007, le line up se complète en 2009 et engendre un tout premier rejeton, un EP tout particulièrement, en cette année 2012. On ne peut pas dire grand chose de ce groupe originaire de Bourges qui se fait plutôt discret, si ce n’est qu’il est très influencé par la scène black mélodique scandinave, et qu’il intègre dans ses compositions un instrument hors du commun : une vielle.

Le quintette fait dans la tradition des Sacramentum et Dissection, c’est à dire un black mélodique entêtant et épique. Les guitares mènent la danse du début à la fin, que ce soit dans le rythme ou pendant les solos, tandis que le chant alterne cri black et growl hargneux le temps de cinq morceaux. Pas de fioritures ni d’éléments plus modernes, Darkness Embrace fait dans le black mélodique pur jus avec quelques influences death, que ce soit sur le long « Memoria » ou sur certains passages des autres titres.

Les atmosphères sont lugubres et plutôt sombres, à l’image de cette illustration réalisée par une certaine Skull_Revenge (que certains ici reconnaîtront). L’EP en question dépeint les dépravations et le désespoir de l’humanité, ce qui se fait ressentir sur le titre introducteur « As a Despair’s Ring » avec ses riffs malsains et ses traditionnelles cloches, mais aussi sur « Oceans of Perdition » et son chant black torturé.

Le tout a beau être entraînant et dans une bonne veine black mélodique, la production reste mauvaise et peu adaptée. La place des instruments est de ce fait inégale, les guitares restant en pôle position avec la voix. La basse arrive quelques fois à bien se démarquer comme sur « As a Despair’s Ring ». Toutefois, on peine à entendre les claviers, très discrets voire très effacés, les nappes étant complètement noyées par cette production décousue.

Ce « An Eternal Mirror » reste encourageant et dynamique, non loin des compères suédois. Cependant, il lui manque beaucoup de force, sans doute dû à son inégalité mais aussi à son manque de clarté. Nul doute qu’avec une amélioration au niveau de la production, le tout révélera une grande cohérence et une certaine puissance. A suivre de prêt donc…

 

Aesmah : Imeria

Ξ juin 27th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Melodic Death Metal |

Aesmah : ImeriaAvec toutes les dernières sorties mais aussi les nombreuses déceptions, il est clair que ce n’est pas vers le death mélodique qu’on se tourne le plus en ce moment, la plupart des groupes étant tombés dans la facilité et les relents core. Pour changer d’air, on passe en général son chemin et on se dirige vers quelque chose de plus innovant ou a contrario, de simple mais efficace. Et pourtant, si on suit cette logique, on risque de passer à côté d’un petit groupe français originaire de la région de Lyon. Il s’est formé il y a trois ans et a déjà deux sorties à son actif, « Hegemony », paru en 2009, et la démo dont je m’apprête à vous parler, « Imeria ».

Bien que l’enregistrement ait été effectué l’année dernière sous la houlette du chanteur guitariste Olivier Girard et de la bande, elle-même, c’est cette année que nous arrive ce « Imeria », sensiblement dans la même veine qu’ « Hegemony » mais certainement plus travaillé et personnel. En dépit de fortes influences Dark Tranquility dans les riffs typiquement melo death, Aesmah a réussi à ne pas tomber dans les stéréotypes et à se forger un univers, grâce à un concept musical et parolier atypique.

De ce fait, le quatuor a puisé dans son imagination pour nous offrir un petit monde sensible et harmonieux, quelque part entre le melo death, le folk, l’électro et le prog. Sa musique est à l’image de cette pochette où siège une île flottante dont s’émerveille un voyageur. On se retrouve avec quelque chose de naturel et de spontanée, embarqués par des riffs qui font mouche, des changements de rythme inattendus et plaisants, emmenés par des guitares aux touches plus acoustiques et des voix claires et mélancoliques (« Colorless Mind »), parfois féminines comme sur « Inside Indestructible », effectuées par Charlotte Kouby.

Le prog se fait largement ressentir sur la longueur des morceaux (jusqu’à plus de huit minutes) ainsi que sur leur avancement. On progresse réellement dans l’esprit mélodique d’Aesmah, qui arrive à ne pas trop en faire, tout en installant une ambiance quasi onirique, à l’image de « Chimera » et son duo clavier/guitare entêtant.

De ce côté là, les claviers apportent beaucoup à la musique des frenchies. On retrouve autant de nappes que de touches de piano, que d’éléments symphoniques ou folk, ou même de légères sonorités électroniques pas trop pompeuses. Dans ce sens, « The Deceptive Haven » apporte la hargne nécessaire, tant dans le growl et le riffing que dans le jeu des claviers et ce côté « moderne ».

On regrettera certaines linéarités, notamment sur « Wasted by Suen », le titre le plus court, et c’est un comble ! Malgré sa bonne ambiance, il semblerait qu’Aesmah soit plus à l’aise sur les morceaux les plus longs, à l’image de « Endless Wrench », qui résume à lui tout seul l’opus du groupe, tantôt brute et rapide, tantôt harmonieux et doux, tantôt atmosphérique et envoûtant.

Si on est un temps soit peu sensible à ce mélange, on passe un très bon moment avec ce « Imeria » dans les oreilles, qui nous immerge dans un melo death travaillé et tout en finesse, avec des mélodies touchantes, des ambiances parfois sombres, une alternance de voix loin d’être ennuyante, pas loin de la mélancolie d’Anachronaeon. Une démo servie avec un package de qualité en prime. A se mettre sous la dent pour les amateurs.

 

Evil Lucifera : Atrium Infernalis

Ξ juin 25th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Evil Lucifera : Atrium InfernalisOn ne peut pas forcément toujours trouver du bon black symphonique. Ce style a tellement évolué que maintenant, on en retrouve à toutes les sauces, pour le meilleur et pour le pire. Si je vous parle aujourd’hui d’Evil Lucifera ce n’est pas pour rien et vu la tête de ma note, je pense que vous aurez largement compris pourquoi je disserte dessus. Ce one man band italien mené par la diablesse Evil Lucifera elle-même vient de sortir son premier opus et quoiqu’on en dise, on est loin du black symphonique traditionnel et loin du black symphonique à la sauce italienne style Stormlord.

En réalité, Evil Lucifera nous fait dans un style assez kitsch, vu et revu des centaines de fois par des groupes pas forcément très inspirés. Non seulement l’imagerie de la donzelle laisse à désirer, mais en plus la musique nous laisse perplexe tant elle manque de personnalité flagrante mais aussi de force et de puissance. Les touches gothiques ont beau apporter une atmosphère sombre, elles renforcent ce côté revisité à souhait, si bien qu’on se retrouve finalement avec une sorte de Cradle Of Filth en féminin et en moins « vampirique ».

Toutefois, la vilaine s’occupe des parties chants et des paroles, et personne ne sait encore qui sont les musiciens qui se sont occupés des instruments. Sans doute les a-t-elle mordus au sang. Il n’empêche que ce qui ressort plutôt bien, ce sont les orchestrations, plus vraies que natures, les cuivres sonnent très forts. Cependant, il y a trop d’orchestrations et elles dénaturent totalement les parties purement metal qui se fondent dans ce flot d’envolées au violon ou au piano (« Master of Tormented », « Triumph in Malice »). Pire encore, si les parties les plus orchestrales restent réussies, les parties les plus mystiques, faites à l’orgue, sonnent très mal et on a la forte impression de se retrouver en plein jeu vidéo, c’est le cas sur l’intro de « Alone in the Moonless Skies » ou sur le passage central de « Desecration’s Silence ».

Et pourtant…c’est bien du black metal auquel nous avons à faire, les accélérations, les riffs, les blasts et le chant s’y apparentant largement. Des morceaux comme « Prelude to Agony » nous le font bien comprendre avec cette ambiance très typique, sombre et malfaisante. Néanmoins, on connaît la musique et on n’est même plus surpris, et encore moins par ces samples de cloches d’église en guise d’introduction. Quant au chant black et diabolique de la vilaine luciférienne, il reste incisif mais linéaire et peut-être trop omniprésent, un peu à l’image des claviers, qui camouflent en partie les riffs, pourtant bien présents, mais toujours de la même trempe.

Si vous aimez vos classiques, vous pouvez passer à côté de la chose sans problèmes tant cet album n’apporte rien, si ce n’est une vue sur le « magnifique » postérieur de la donzelle. A croire que la frontwoman mise plus sur son charme et son maquillage que sur la qualité de ses compositions, ces dernières manquant largement d’inspiration et sonnant légèrement brouillon. A éviter.

 

Bishop Of Hexen : The Nightmarish Compositions

Ξ juin 23rd, 2012 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Bishop Of Hexen : The Nightmarish CompositionsFormé en 1994, Bishop Of Hexen fait partie de ces groupes qui ont vu le jour dans une période mouvementée et importante en matière de black symphonique. Le genre se découvrait et apparaissait grâce à des formations telles qu’Arcturus ou Emperor qui sortaient cette année là leur premiers méfaits (respectivement « Constellation » et « In the Nightside Eclipse) suivis de Limbonic Art et son « Moon in the Scorpio » en 1996 et de Bal Sagoth et son « Starfire Burning Upon the Ice-veiled Throne of Ultima Thule ». C’est cette même année que les Israéliens de Bishop Of Hexen se font découvrir avec leur première démo puis l’album « Archives of an Enchanted Philosophy » un an plus tard, une sorte de condensée de tout ce qui se faisait de bon à cette époque.

Pour la sortie de « The Nightmarish Compositions », le combo aura presque mis dix ans avant de se décider et trouver le label adéquat. Les morceaux ont été enregistrés en 2005 dans le DB Recording Studio en Slovénie. Entre temps, beaucoup de formations auront fait des siennes, notamment Cradle Of Filth et surtout Dimmu Borgir en 1999 avec son « Spiritual Black Dimensions ». Tous ces groupes auront beaucoup compté pour Bishop Of Hexen qui, non seulement s’inscrit dans une mouvance black symphonique atmosphérique, mais aussi s’en inspire fortement, empruntant les éléments des uns et des autres afin de les mélanger avec leur patte.

Comme l’indique le morceau d’ouverture « Unveil the Curtain of Sanity », les Israéliens nous racontent des histoires morbides, des contes évoquant la souffrance et la douleur, ainsi que la peine et les phénomènes étranges. Le tout se retrouve emboîté dans un carcan théâtral, notamment avec les références au rideau et aux histoires, enrobé d’un alliage atmosphérique fantomatique à la « Spiritual Black Dimensions » (DB), accompagné d’une alternance chant black/chant clair et d’un piano (Arcturus) ainsi que de symphonies enveloppantes.

Les esprits font de grands allers et retours dans cet album, rien qu’avec « Eyes Gaze to a Future Unseeen » avec ce va et vient de symphonies mystérieuses. Il est vrai que ce sont les claviers qui ont le rôle principal, créant une atmosphère résolument sombre et effrayante. Les guitares ne servent que d’accompagnement alors que le chant essaie d’imiter et la narration, et les lamentations des âmes dont il est question. Exception faite sur « Velvet Demise », plus classique dans son appréhension, avec ces quelques growls et ces riffs et soli plus dominants.

On retient davantage « Spiritual Soul Sunset » et son inspiration Bal Sagoth évidente, avec son final épique et guerrier : symphonie, samples de chevaux et d’épées, et cors de guerre. Le tout détonne du reste et surtout de « The Somber Grounds of Truth » qui rappelle un cirque hanté avec son ambiance toute caractéristique. On s’attend tout particulièrement à apercevoir un clown ou une poupée avec un sourire malsain. Dès lors commencent les références cinématographiques, car on peut comparer l’introduction de ce titre avec celle du thème principal de « Chucky : Jeu d’enfants ». Mieux encore, le duo « Sleeping by Nightmares »/ « Self Loathing Orchestration » rappellent étrangement le thème de la salle de la carte dans « Les Aventuriers de l’Arche Perdue ». Un thème qui sied parfaitement à l’univers sombre de Bishop Of Hexen.

« The Nightmarish Compositions » souffre d’un manque de personnalité bien que le côté fantomatique et théâtral n’ait pas été très exploité jusqu’à maintenant, si ce n’est par Carach Angren quelques années plus tard avec son « Lammendam ». L’album souffre aussi d’un manque de distribution qui n’a pas permis au groupe d’être plus écouté que ça malgré ses qualités, pas si commercial que ça en dépit des influences Dimmu Borgir qui ne restent tout de même pas les plus importantes. Cet opus peut finalement être considéré comme un mélange entre le black sympho des 90’s et le black sympho des 00’s.

 

Particle Swarm : Demo 2012

Ξ juin 22nd, 2012 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Particle Swarm : Demo 2012Etrangement, quand on parle de cyber metal, on parle de groupes inconnus au bataillon et qui ont du mal à faire parler d’eux. La faute à un manque de médiatisation mais aussi au côté marginal et underground de ce style. Pourtant, ce dernier arrive à être moins sous-estimé ces derniers temps, et ce notamment grâce à la montée en puissance de pointures très efficaces comme Sybreed, Illidiance ou Neurotech.

Quand on parle de cyber metal, on ne parle pas non plus des Etats Unis. Ce pays a beau héberger un nombre incalculable de formations, il n’empêche que ce n’est pas vraiment ici que l’on parlera de cyber, si ce n’est pour évoquer Fear Factory ou A Dark Halo, le mouvement étant majoritairement Européen. Pourtant, un petit duo vient de naître dans la région de San Francisco. Complètement inconnue, il est encore difficile de trouver des informations sur cette entité bicéphale, si ce n’est un bandcamp avec sa première démo en téléchargement libre.

Parlons-en maintenant de cette démo. Premièrement, Particle Swarm ne s’inscrit pas dans la mouvance très électronique des Russes, ni dans la mouvance djent qui se fait de plus en plus remarquée. Les Américains ont le mérite de sortir des sentiers battus afin de nous proposer un metal rappelant le neo des années 90 mélangé au cyber metal actuel. Difficile d’apporter de quelconques comparatifs tant le duo fait quelque chose de personnel et de surtout très étrange.

Dès « Play the Serpent », on retrouve les éléments traditionnels du cyber avec cette introduction caractéristique et ces riffs violents puis saccadés. La suite paraît davantage bizarre avec cette mélodie synthétique en fil conducteur, ce chant quasi parlé et pas toujours juste que l’on retrouve aussi sur « Ever Wandering I » et son côté tordu et inhumain. Ici, ce sont les sons électroniques, la lourdeur du rythme et la basse qui sont mises en avant, faisant la part belle à la mécanicité de la chose.

L’ensemble a beau être étrange, tant au niveau des vocaux que des mélodies tordues à la guitare ou aux claviers, on retient toutefois le côté hypnotique de certains passages et surtout des refrains, qui se retiennent assez facilement. On n’a pas ici affaire à un cyber subtil mais plus à un cyber spontané, comme si le duo avait enregistré sans vraiment se préparer comme sur « The Journey Home » et d’autres. « Reflected in Shadows », par contre, met bien en valeur l’aspect synthétique et froid, sans non plus atteindre le côté glacial et résolument futuriste de certains groupes. On retrouve ces breaks, ces samples, et ces sons caractéristiques.

Si vous ne voulez pas quelque chose de compliqué, essayez donc cette démo de Particule Swarm à cheval entre le cyber et l’indus de base. Les Américains ne vont pas très loin dans la fioriture, faute de moyen peut-être, et la prise de risque n’est pas au rendez-vous. Toutefois, ils ont le mérite de rendre leur musique assez bizarre, et pas si facile que ça d’accès, tant le chant et les variations de rythme peuvent désarçonner. Manque plus qu’à savoir si le duo ira plus loin dans ses idées ou s’il ne s’agissait que d’un projet sans lendemain.

 

Welicoruss : Wintermoon Symphony

Ξ juin 21st, 2012 | → 0 Comments | ∇ Folk Metal, Symphonic Black Metal |

Welicoruss : Wintermoon SymphonyPour ceux qui ne connaissent pas la scène black symphonique russe, sachez que celle-ci se veut très variée mais assez inégale. On trouve vraiment de tout, que ce soit le black symphonique pur jus de Crystal Abyss, le black symphonique aux tendances mélodiques de Twilight ou de Grey Heaven Fall, le black symphonique aux tendances death et brutales de Arcanorum Astrum, le black/death symphonique théâtral d’Arcane Grail ou Blackthorn sans oublier le black symphonique aux relents folk d’Emerald Night.

Welicoruss fait partie de cette branche là, basant ses compositions sur la nature, le peuple Russe et le paganisme. Formé en tant que one man band, le projet prit plus d’ampleur avec le temps, ce qui nécessita davantage de membres. Ce fut donc en 2005 que le groupe solo devint un groupe à part entière, sortant ainsi le premier full length en 2008 « Wintermoon Symphony », et ce après avoir sorti plusieurs sous versions de ce qui allait devenir le premier album.

Comme son nom l’indique, l’opus est une ode à la nature et aux contrées hivernales de la Russie, bercée par des symphonies douces et fraiches. Ambiance bucolique, mélodies suaves, Welicoruss fait presque dans la romantique. De ce fait, ne vous attendez pas à un black symphonique très dynamique et bien rentre dedans. Ces Russes là ne font pas dans la brutalité, bien au contraire. Par conséquent, ce ne sont pas les riffs ni les chants black qui sont les plus importants. Tout repose principalement sur les claviers de Paularic et sur les chants clairs russes, comme sur « Fly » ou « Glory to Russia ». Qu’ils soient féminins ou masculins, ils renforcent cet aspect folk, présent tout le long de l’opus grâce au semblant d’instruments traditionnels.

On ne pourra pas nier l’apport important de la guitare lead, très présente et aux solos plutôt techniques. Elle mène le jeu et remplace souvent les claviers, si bien qu’elle peut remplacer la symphonie à elle-seule, tel un élément néo-classique, comme dans « Blizzard » ou « Winter Symphony 1 ». Quant aux claviers, les samples d’orchestrations sont vraiment très réussis si bien que les violons et les cuivres sonnent aussi vrais que nature. Sur « Walk on Water », ils renforcent cet aspect black symphonique prédominant, accompagnés de la voix et des accélérations black.

Finalement, il faut quasiment attendre la moitié de l’album pour retrouver des éléments typiquement black metal, car si on ôte les quelques chants black, on se retrouve davantage avec une sorte de metal symphonique aux relents folk et extrêmes, bercé par des violons, des flutes et quelques percussions, comme l’entraînant « Slavonic Power » avec ses chœurs et ses guitares acoustiques sur la fin ou le somptueux « Siberia » et sa harpe.

Si vous recherchiez du black symphonique intense, ce n’est pas ce « Wintermoon Symphony » qui vous ravira, car l’ensemble manque cruellement d’accélérations ou de dynamisme. Par contre, si vous êtes un grand amateur d’orchestrations grandiloquentes, soignées et dignes de grandes BO de film, l’album peut vous ravir, tant par le côté folk et bucolique que par la douceur et parfois même la froideur des mélodies, conférant à chaque titre son propre son.

 

Rosa Infra : Change of Scenery

Ξ juin 16th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Gothic Metal |

Rosa Infra : Change of SceneryFormé en 2006 autour du vocaliste et bassiste Nikolay Karpushin, Rosa Infra est une petite formation russe mais prometteuse venue de Moscou. Beaucoup de promotions auront été faites autour de ce groupe en devenir, les avis étant souvent plutôt positifs. En dépit d’une imagerie sombre, le quatuor arrive à s’attribuer un aspect romantique qui n’est pas sans rappeler leur compatriotes Finlandais de To Die For.

Rosa Infra sort son tout premier album « Change of Scenery » chez Sound Age Productions, et le moins que l’on puisse dire, c’est que le combo s’influence en grande partie de formations très célèbres telles que Paradise Lost, Type O Negative ou encore Sinamore pour toutes les facettes gothiques, que ce soit les ambiances, véhiculées ne serait-ce que par le clavier ou la voix quasi lyrique de Nikolay, mais aussi le rythme mid tempo voire lent ainsi que l’accordage grave des guitares, à l’image de « Lie to Rescue » ou encore « The Forgiven », sans doute les morceaux les plus classiques du genre. Il faut dire que de ce côté là, les Russes ne semblent pas vraiment prendre de risque, puisant dans leurs influences principalement, pour un ensemble manquant d’attrait et d’originalité.

Toutefois, il ne faut pas s’arrêter là, car Rosa Infra intègre plus d’éléments qu’on le croit. En effet, le quatuor semble chercher son style et tente de trouver le mélange qui sied le mieux à ses compositions. Ainsi, on retrouve des éléments du metal moderne, mais aussi de l’atmosphérique mélancolique sur « Sonata di Dolorum », de l’indus/electro sur « Again One » ou « Snow Angela », et du death metal sur « Unity in Sin », avec des growls en prime.

On passe alors d’une atmosphère à une autre au cours de cet album, mais Rosa Infra n’apporte rien et ne semble pas vouloir intégrer une patte personnelle. Lorsqu’ils s’expérimentent à l’électro ou à l’indus, on ne peut que penser à des groupes classiques, pour ce qui est des touches death, on pensera à Orphanage et son mélange death/goth, le growl puissant de George en moins. Enfin, pour ce qui est du chant, on croirait entendre un mélange des voix du défunt Peter Steele et de Mikko Heikkil (Sinamore) en moins bien maîtrisée.

Ce qui lasse vite, finalement, c’est le manque de variation du chant, mais aussi du rythme. Pas d’accélérations, même occasionnelles, pas de ralentissements ni de riffs développées. Rosa Infra fait une musique simple comme bonjour et ne profite pas de cette simplicité pour essayer d’intégrer des moments forts, si bien que l’ennui nous gagne vite, très vite…

Ils ont beau être prometteurs, leur premier album « Change of Scenery », malgré des essais ambitieux, n’apporte rien à la scène gothique ni au metal, et ce ne sont pas les petites expérimentations électroniques et atmosphériques qui arriveront à faire oublier ce minimalisme des plus complets, ainsi que ce manque de justesse flagrant qui devra vivement être corrigé. Amateurs du genre, passez votre chemin…

 

Brood Of Hatred : New Order of Intelligence

Ξ juin 13th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Death Metal |

Brood Of Hatred : New Order of IntelligenceEncore une fois, la Tunisie est à l’honneur. Mais cette fois, point de Myrath ou de metal progressif mais place au metal extrême et à quelque chose de moins chaleureux et de moins gentillet. Exit les éléments exotiques et les chants en arabe. Ici, ça ne rigole pas et c’est au death metal que nous allons nous attaquer. On connaît peu les groupes de ce style dans ce pays du Maghreb mais il y en a toutefois quelques uns qui ont un bel avenir devant eux, comme Vielikan et Brood Of Hatred. A l’origine, ce groupe était le projet solo du chanteur/bassiste Mohamed Melki mais il a fini par se trouver deux musiciens supplémentaires.

Si Brood Of Hatred semble tirer son nom d’un des morceaux de Suffocation, c’est plus du côté du death metal suédois que se situe le trio, avec des touches atmosphériques et oppressantes en prime. Les Tunisiens s’octroient un concept sombre et moderne pour coller à leurs compositions, utilisant des thématiques concernant l’intelligence de la technologie, menant l’humanité à sa perte alors qu’elle pensait avoir trouvé le moyen de combattre Satan contre la corruption.

C’est donc au fin fond d’un trou noir que nous emmène les musiciens, là où la lumière n’existe pas. On est bien loin du côté chaud des pays arabes mais très proche d’un monde désolé où l’homme disparaît peu à peu. Le death metal de Brood Of Hatred s’avère donc très sombre et très froid, ponctué de touches progressives comme sur un « Terminal Velocity » et ses fréquents changements de rythme, dont son passage acoustique mélancolique. Avec un morceau comme « Deconstruction », on se rapproche davantage de Ulcerate, avec le côté plaintif et torturé des guitares, ainsi que ce général aspect étouffant. Mais c’est sans doute « Technological Genocide » qui montre sa facette la plus brutale, avec des accélérations de rythme, des blasts et des relents black dans les riffs, au sein d’un album qui s’était avéré construit principalement en mid tempo.

Les atmosphères véhiculées par les riffs sont très importantes dans ce quatre titres et tranchent littéralement avec le growl très guttural de Mohamed, qui se voit aidé par Fedor Souissi de Vielikan sur le premier morceau « Deconstruction ». « New Order of Intelligence » est un premier EP déjà mature pour un groupe en devenir et formé en 2010. Il ne manque plus qu’à voir comment l’univers de Brood Of Hatred tient sur la longueur avec un full length. Mais au vu de la qualité ici présente et de la force oppressante qui s’en dégage, on ne peut qu’espérer quelque chose de bon. Affaire à suivre.

 

Hideous Divinity : Obeisance Rising

Ξ juin 11th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Death Metal |

Hideous Divinity : Obeisance RisingL’Italie nous en fait voir de toutes les couleurs depuis un bon moment en matière de death metal, et encore plus depuis l’essor des Hour Of Penance et autres Fleshgod Apocalypse. Le brutal death du coin s’est avéré être un vrai crue dont beaucoup raffolent, de par son efficacité, sa puissance et son côté moderne et sombre.

L’ex guitariste et membre fondateur d’Hour Of Penance, Enrico Schettino, a assimilé cette patte et c’est ainsi qu’il fonde en 2007 Hideous Divinity, accompagné de membres aux univers variés. C’est après une démo du nom de « Sinful Star Necromancy » que les Romains sortent leur premier opus « Obeisance Rising » chez le prestigieux label Unique Leader tout en se dégotant Stefano Morabito pour ce qui est du mixage aux désormais connus 16th Cellar Studios, conférant donc une production massive, quoique lisse.

Ces crédits ne peuvent que les ramener à Hour Of Penance, dont l’album « Sedition » est sorti plusieurs semaines avant « Obeisance Rising ». Deux albums finalement proches et quelque peu bâtis de la même manière, l’influence de l’ancien groupe de Schettino se faisant sensiblement ressentir. Toutefois, là où « Sedition » se perd dans la linéarité et le manque d’originalité, « Obeissance Rising » détruit tout sur son passage en imposant une force et une puissance à toute épreuve.

L’opus aux tons vert fluo (que ce soit la pochette ou les images des membres) prévient l’auditeur contre les dangers de la télé, de la cupidité et de la société de consommation, qui nous rendent esclaves de notre propre vie quotidienne. L’introduction « A New Morning » est un pas vers cette mort lente, avec ces sons étranges et ces voix déshumanisées en fond, avant l’arrivée de riffs costauds, et surtout tronçonneurs sur « Life During Epidemic ».

On ressent d’ores et déjà la touche Hour Of Penance, mais Hideous Divinity a le mérite d’envoyer un riffing original dans son brutal death assez technique, il faut l’avouer. Puissant, accrocheur et maîtrisé sur un « Summoning Fists to Heaven » faisant la part belle au couple basse/batterie, lourd, dévastateur et entraînant sur le duo «  I Deny My Sickness » et « Bred for Slavery » avec ces changements de rythmiques intéressants, tout est bon à prendre, et le growl efficace de l’autre Enrico (Di Lorenzo) ne peut que nous transporter dans ce déferlement incessant de violence et de technique.

Les soli aussi arrivent à se faire une place en apportant leur dose de mélodicité, comme sur « A New Hope of Worms » ou le terrible « Laughing at the Ephemeral Race » avec son petit côté Behemoth. Bien exploités quoique peu développés finalement, ils savent offrir à l’auditeur l’intensité qu’on réclame chez un groupe de brutal death italien.

Hideous Divinity s’en tire vraiment bien et Enrico Schettino réussit à battre ses confrères d’Hour Of Penance avec brio. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce « Obeisance Rising » a de quoi consoler les déçus du « Sedition », tout en ayant le mérite d’apporter l’efficacité et l’intensité nécessaires pour se placer parmi les sorties les plus marquantes de l’année.

 

Nyne : Nyne

Ξ juin 8th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal, Symphonic Black Metal |

Nyne : NyneIl y a des groupes qui ne connaissent pas la crise en Grèce et qui arrivent malgré tout à composer et à sortir des albums, comme Nyne par exemple. Originaire d’Athènes et formé en 2002, ce combo a de quoi faire parler de lui dans le monde du black metal industriel. Jouant sur les expérimentations, il est difficile de coller une étiquette précise sur sa musique, et rien que les termes « black industriel » restent limités. Car Nyne, c’est avant tout un mélange de cyber black, de black symphonique, et de space black metal.

2012 est l’année de la consécration pour Nyne qui sort enfin son premier album, six ans après une démo prometteuse et révélatrice d’un groupe en devenir. Les Grecs arrivent tout de même à rentrer en studio (Lunatech Sounds Studios) pour cette offrande galactique et puissante très portée sur les ambiances. Le quintette a véritablement su s’adapter afin de se trouver une réelle identité et il faut dire que leur post black ne ressemble pas énormément à tout ce qu’on peut entendre ces temps-ci. Les thématiques, toutefois, ont beaucoup été utilisées par les groupes de black symphonique des 90’s – tout début 2000, et en cela, on ne sera pas étonnés de découvrir des touches spatiales à la Sirius sur « Infrequency » entres autres. On découvrira aussi le côté embarquant et cosmique de The Kovenant (« Necropolis »), les enveloppes froides de Samael période « Eternal », les bidouilles cybernétiques et synthétiques (« Synthetic Dawn »), et ce, bercés par une aura noire et maléfique propre au black metal.

Nyne arrive donc à intégrer tous ces éléments au même niveau ci bien que l’auditeur ne se retrouve pas perdu dans un amas de beat électroniques d’une part, de parties black de l’autre ou de parties plus portées sur les éléments industriels. Le mélange est donc homogène, même si des morceaux font davantage la part belle au côté spatial et atmosphérique des compositions. De ce côté là, il est clair qu’on est servi, et même si ce sont les claviers qui ont un rôle important, la vélocité des guitares, la rapidité du rythme et la hargne du chant apportent énormément de force aux douze pistes de Nyne, qui ne lésine vraiment pas sur l’agressivité et la bestialité synthétique. Ainsi, les blasts sont à l’honneur sur un « Sequence » très symphonique. Les amateurs de black symphonique aux touches électroniques à la Shade Empire, par exemple, pourront peut-être y trouver leur compte.

A l’écoute d’un morceau comme « Machina », on est en droit de se demander quel est le style précis de Nyne, car c’est sans doute là qu’on se rend compte de la pluralité de son black metal. Est-ce Cyber ? Electro ? Symphonique ? Tout ça à la fois en réalité. Et ce n’est pas un « Constellation of Fear » qui nous dira le contraire avec sa patte spatiale impériale, tel un voyage dans les méandres de l’infini accompagné de guitares très tranchantes et d’une voix on ne peut plus maléfique.

Finalement, ceux qui en avaient assez du black industriel plat et sans âme pourront peut-être trouver en Nyne une entité on ne peut plus intéressante et vivante, avec des compositions très efficaces et prenantes. On notera une petite ressemblance dans quelques introductions, mais les Grecs ont le mérite d’offrir un album fourni et foudroyant, entre cyber black, black symphonique et black électronique. Une belle réussite en somme, que les amateurs de space black metal se doivent de découvrir.

 

Anuryzm : Worm’s Eye View

Ξ juin 8th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Oriental Metal, Progressive Metal |

Ayant pour origine le pays du cèdre, le Liban, le projet « Anuryzm » emmené par le guitariste John Bakhos aura parcouru moult pays passant de la Turquie, au Canada, pour finalement s’installer aux cosmopolites Emirats-Arabes-Unis. Un projet qui avait été placé un temps en stand-by avant d’être relancé en 2007. Il prendra un tournant majeur lorsque John obtiendra la présence de l’ex- « Opeth », Martin Lopez sur le premier album qu’il envisage de réaliser. Une équipe est donc rassemblée autour de John avec la garantie de la venue de l’illustre batteur suédois. Celui-ci ne sera pas le seul invité. Le bassiste de jazz Rami Lakkis et le claviériste de « Textures » et d’« Ethereal » Uri Dijk complètent le tableau. Ensemble ils vont créer « Worm’s Eye View », le pendant arabe de « Textures ».

En effet, dès mise en lecture, cet opus nous offre droit à du « Textures »-like sans ambigüité. Sur « Fragmenting the Soul », « Anuryzm » y pratique un metal progressif moderne qui allie mélodies radieuses, un soupçon d’électro et de chant core. On ne devrait pas parler de riffs mais bien d’un courant électrique venant alimenter les circuits d’une machine. Le riffing particulièrement saccadé fera vivre un être inspiré par le chaos sur « Sintax of Trinity ». L’aspect malsain où s’est greffé une légère dose de musique orientale, sera chassé par une brise de mélodies enivrantes sur la seconde partie de piste. Comme pour « Fragmenting the Soul » nous aurons derechef un duel entre chant clair et chant core. Une dualité que nous retrouverons également sur le tourmenté, mais néanmoins rayonnant et lucide « Breaking the Ballot ». Pareil pour l’éponyme « Worm’s Eye View », bien que le chant clair y prenne encore pour cette fois une position plus déterminante. Un titre intéressant, car outre le vibrant tumulte qui irrigue le morceau, on nous met dans les coulisses d’un complot, d’un assassinat politique. Ainsi, l’entame se comprend comme une conversation entre un snipper et son commanditaire.

Il est assez surprenant de trouver ici une formation issue du monde arabe parvenir à un tel niveau technique ou de jouer un metal moderne aussi technique et aussi bien fignolé. Le jeu est particulièrement riche et équilibré, même si cela tient parfois de l’automatisme si on prend en compte la seule rythmique de « Wind Awake ». Car pour ce qui est du reste sur cette piste, on userait de douceur et de beaux artifices. Cette limpidité, cette fraicheur n’arrivera cependant pas à égaler celle de « Where Mockery Falls ». Le morceau se compose en deux parties bien distinctes musicalement: la première à tempo lent, jouissant d’une ambiance légère et jazzy, avec l’orgue Hammond en toile de fond; la seconde explosive et ravageuse. Le contraste est assez prononcé. On passe directement du jour à la nuit, du paradis à l’enfer. La rythmique frénétique de cette seconde partie de « WhereMockery Falls » aurait tendance à s’assimiler à celui de « Killing Time ». Seulement cette violence perdra au fur et à mesure de sa substance par une insertion efficace de mélodies progressives des plus sympathiques et rafraichissantes. Pour ce qui est des mélodies « Skygazing » fait aussi le plein. Ce qui est frappant c’est que nous avons là une ballade façon « Metallica ». Même le chant de Nadeem Bibby s’obstinerait à créer la confusion avec ce fameux groupe.

« Worm’s Eye View » nous fait voir la scène arabe d’un œil différent. Dès le premier ouvrage cette formation libanaise implantée dans le golfe persique parvient à égaler les meilleures formations occidentales du genre. Égaler au point d’y ressembler, voir trop ressembler concernant sa forte similitude à « Textures », dont la musique élaborée semblait tenir à l’épreuve de toute copie. On voit là que la participation de Uri Dijk a du jouer. Au moins elle aura été profitable, bien plus que celle de Martin Lopez qui donnerait ici une prestation moyennement calibrée pour ce style de musique. On critique, on critique, mais nous verrons comment « Anuryzm » s’en tirera avec un claviériste et un batteur à part entière. Pour le moment il faudra leur reconnaître un bon lancement, dont le Moyen-Orient pourrait s’estimer fier.

15/20

Originally reviewed by AlonewithL from Spirit Of Metal webzine.

The review can be read here:

http://www.spirit-of-metal.com/album-groupe-Anuryzm-nom_album-Worm’s_Eye_View-l-fr.html

 

NEOSIS : Neosis

Ξ juin 7th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

NEOSIS : NeosisLes Suisses nous ont toujours réservés des surprises que ce soit Celtic Frost il y a bien longtemps, Samael pour ses expérimentations en tout genre, ou Sybreed pour la mise en place d’un Cyber/Math Metal, tel un croisement entre Fear Factory et Meshuggah. Maintenant, souvenez-vous d’Etna et de leur EP « Retribution Engine ». Dues à quelques divergences, le groupe s’est scindé en deux, d’un côté Breach The Void mené par l’ex-batteur de Sybreed, Alex, de l’autre Neosis, guidé par son frère guitariste, Greg.

Neosis puise dans les mêmes influences, que ce soit le côté syncopé et polyrythmique de Meshuggah et l’indus de Fear Factory mélangés à un son djent et moderne et à des éléments cybernétiques, que ce soit l’aspect mécanique de la rythmique, bien que groovy, l’alternance de vocaux hurlés/clairs, les ambiances froides à l’arrière goût d’acier et futuristes, et le concept SF. En effet, Neosis est un acronyme signifiant « New Evolution Of Society Influenced by Scientism » et renvoyant à un monde régi par les méthodes scientifiques : l’esprit est contrôlé, la réalité n’est plus, et ce, en partie à cause des progrès de l’humanité. La science et les formes d’intelligences forment un tout.

Pour mettre en œuvre ce concept, les Suisses surfent sur la vague cyber/math à la tonalité djent, à la manière de ses compatriotes et d’autres formations telles que Cruentus ou Tyrant Of Death. La musique est pour la plupart du temps plutôt déshumanisée et mécanique, grâce en partie aux touches syncopées, notamment sur « Unwilling Fate », qui met bien en valeur cet univers décadent et technologique avec une basse très profonde et des effets cybernétiques du plus bel effet. Notons aussi les samples tirés de Terminator 4 histoire de bien nous emmener du côté des machines. En parlant de samples, nous avons aussi droit à une introduction tirée de Transformers 3 sur « Everlasting Mind Collapse » avant de nous entraîner dans un déluge de riffs djent couplés aux cris et aux sonorités à l’arrière goût d’acier.

Si un « Fragmentary Alteration » propose un ensemble très synthétique, avec l’apparition de voix robotiques, « Chronic Absolutism » montre la capacité de Neosis à effectuer dans l’efficacité bestiale, avec cet enchaînement précis de riffs, ce gros refrain, et ces voix décharnées, mais aussi ce solo. Neosis, contrairement à ses amis de Sybreed et Breach The Void, mise davantage sur la technique des guitares en intégrant, justement, des solos sur quelques morceaux, ainsi que des passages bien foutus qu’on aurait plus tendance à entendre dans le deathcore voire le death technique (« Supremacy Design » à 01:40 ou « Unwilling Fate » à 00:30).

N’oublions pas « Neo-Euhemrism », originalement présenté sur l’EP d’Etna sous le nom de « Retribution Engine », et récemment réutilisé par Breach The Void sous le même nom. Neosis se situe davantage dans les graves, avec un rythme plus lent, mais on sent d’ors et déjà la différence, notamment au niveau de la puissance : ces Suisses là en ont davantage.

Passons aux points noirs : certains passages peuvent paraître trop répétitifs et linéaires sur la longueur d’un album, cela fait aussi partie des pièges de la musique polyrythmique à la Meshuggah, toutefois si on suit le concept et si on s’attache aux principaux éléments véhiculés, cet côté répétitif ne peut qu’aller dans leurs sens. Pour finir, l’alternance de chant est plutôt bien effectuée mais le chant clair n’est pas toujours top et va parfois un peu trop dans les aigus, ce qui détonne avec une musique relativement composée dans les graves.

Neosis a de quoi concurrencer la scène actuelle, et notamment ses compatriotes de Sybreed et Breach The Void. Plus technique que le premier et plus puissance que le second, on risque d’entendre beaucoup parler de ces Suisses qui arrivent à faire un cyber metal moderne assez accrocheur, mêlant avec brio bestialité synthétique et férocité mécanique.

 

Vergeltung (RUS) : Exploration of Space

Ξ juin 3rd, 2012 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Vergeltung (RUS) : Exploration of SpaceCette année, Vergeltung fête ses dix ans de carrière. Et pour l’occasion, un nouvel album était de rigueur. Malgré cette longévité certaine, le groupe n’est pas très actif ni prolifique, preuve en est avec un album sorti en 2008, « System Overload », qui lui avait permis de se mettre en valeur. Bien que dans l’ombre des grands, les Russes n’ont pas perdu de leur fougue et de leur goût très prononcé pour les bizarreries. En effet, « Exploration of Space » est une suite logique, reprenant les éléments qui avaient fait leur charme, à savoir un cyber décalé et plutôt burlesque.

Le cyber de Vergeltung détient toutes les caractéristiques du cyber « à la russe » ou slave. Il s’agit d’un ensemble majoritairement porté sur l’électronique et le côté rythmé des compositions, à l’instar d’Illidiance ou de Neurotech pour ne citer qu’eux. Bien dynamique, sans temps mort et résolument technologique, la musique des Russes a de quoi en désarçonner plus d’un, non seulement par l’utilisation à outrance d’éléments cybernetico-électroniques et d’une batterie nerveuse très prononcée.

Ainsi, l’entremêlement de ces différentes choses rend le metal de Vergeltung très particulier et assez difficile d’accès. Complètement barré, brouillon aux premiers abords, ce cyber a le mérite de sortir des sentiers battus et d’éviter le rapprochement avec le djent, comme on en voit beaucoup ces temps-ci. Toutefois, son réel point noir reste le côté « irréfléchi », si bien que souvent, on a l’impression que tout a été composé au hasard, comme un délire personnel entre potes.

Et pourtant, il y a un fil conducteur : la Guerre Froide. Si « System Overload » mettait en place ce concept, « Exploration of Space » le poursuit en mettant en valeur l’aspect technologique et futuriste. Ici, on est en pleine construction des machines, on assiste in vivo aux progrès de l’homme et à ce qui le mènera à sa perte. Ainsi, les débuts de l’album restent quelque peu énergiques et très positifs avec cette fois-ci l’intégration permanente de voix. Ces dernières peuvent être, à la fois, dénuées d’âme mais aussi synthétiques voire robotiques, quasiment à la Daft Punk (« Exploration of Space », « In Russland Geboren »), soutenues par des riffs tranchants. Les ambiances sont de la partie, avec en général un ton froid et archi synthétique. Les bidouilles électroniques sont réellement omniprésentes, et ce, sous n’importe quelle forme, que ce soit sur « Transmission » ou le déjanté « The Survivor ». Ce n’est même pas de la « musique » faite par des humains.

La moitié de l’album annonce un déclin dans la conquête de l’espace et ce désir d’aller encore plus loin dans les recherches technologiques. On assiste donc à un assombrissement des ambiances, mais pas à une chute d’intensité pour autant. On retrouve toujours ce rythme très rapide, ce côté cadencé dans les riffs et la batterie, et l’alternance des vocaux.

Ce qu’on peut vite regretter, c’est la ressemblance des compositions. Ces dernières sont quasiment construites de la même manière, si bien qu’à la longue, il n’y a même plus de surprise. Les éléments burlesques reviennent régulièrement, ainsi que certains types de riffs et certaines rythmiques, comme « The Pulse of Universe » qu’on pourrait facilement placer à la place d’un autre titre.

La fin de l’album reste, quant à elle, plus intéressante. Les claviers, bien que parfois casse-oreille, proposent de nouvelles sonorités, que ce soit un fond d’ambiance, des choeurs ou des touches légèrement symphoniques (« Your Choice », « MKC »). D’ailleurs, on retrouve les petites touches black retrouvées sur le « System Overload » avec les atmosphères sombres, les blasts et les riffs qui vont bien avec, ainsi qu’une sirène, en guise d’alarme.

Il ne s’agit pas ici d’un cyber metal décharné et très froid, mais plus d’un cyber très expérimental dont l’utilisation inhumaine de la batterie, le côté tordu des claviers et la robotisation des voix apportent un plus. Toutefois, ce qui pêche vraiment, c’est l’amas conséquent d’innombrables éléments qui rendent parfois la musique de Vergeltung indigeste. En dépit d’une production aux Tower Studios (Devin Townsend, Veils Of Perception, Hypno5e) tout à fait correcte, les Russes livrent un album sympathique, moderne et barré, mais qui aura beaucoup de mal à faire des adeptes, du fait de son côté confus.

 

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