Zonaria : Arrival of the Red Sun

Ξ juillet 27th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Melodic Death Metal, Symphonic Blackened Death Metal |

Zonaria : Arrival of the Red SunZonaria fait partie de ces petits groupes qui se démarquent largement de la scène death mélodique, très saturée et surtout remplie de copies plus ou moins conformes. Depuis ses débuts en 2007 avec « Infamy and the Breed », les Suédois ont réussi à imposer leur patte dans un pays où le Death Metal est roi, et ce grâce à la mise en place d’un melo-death lourd aux consonances black et aux relents apocalyptiques. Si « The Cancer Empire » entamait une orientation musicale plus moderne, « Arrival of the Red Sun » la confirme.

Le quatuor, qui se sera au préalable séparé de son bassiste, est de nouveau rentré aux célèbres Abyss Studios sous la houlette de Jonas Kjellgren (Scar Symmetry) pour l’enregistrement de son nouvel opus, qui sort tout de même quatre ans après le précédent. Zonaria aura mis du temps et il faut dire qu’ils ont profité de ce précieux temps pour peaufiner leur compositions, affirmer leur style mais aussi leur position. En effet, ces gars d’Umea font certainement partie de la nouvelle vague death mélodique suédoise, ce qui change largement des groupes aux trop forts relents core.

« Arrival of the Red Sun », de manière conceptuelle, semble être une parfaite suite logique puisque les thématiques sentent bon l’apocalypse, car ici ce « soleil rouge » est le principal responsable de l’holocauste. Pas de retour en arrière possible, tout est censé brûler à en croire la pochette rougeoyante. Si le concept atteint ici son paroxysme, les titres en eux-mêmes se teintent eux aussi d’une aura noire et dense, certes déjà présente sur les opus précédents, mais relevées par la présence de claviers symphoniques. Par conséquent, il va falloir s’habituer à une nouvelle influence notable dans l’appréhension des parties orchestrales : Dimmu Borgir.

La fusion Hypocrisy/Behemoth ne sera donc plus la seule à être détectée. Zonaria a toujours su mettre à profit ses influences afin de ne pas tomber dans la copie facile, mêlant les mélodies et les atmosphères de l’un avec l’agressivité et la lourdeur de l’autre tout en ajoutant une patte bien particulière qui fait la différence. Sur cet opus, ils ne dérogent pas à la règle puisque des titres comme « Arrival of the Red Sun » ou « Liberation Zero » rappellent leurs confrères deathsters. Mais désormais, il faut ajouter à cela des touches symphoniques bien présentes, propulsant Zonaria dans la cour des groupes de death/black mélodique symphonique, avec des arrangements dignes d’un « In Sorte Diaboli » ou d’un « Abrahadabra ».

Concept pessimiste oblige, les claviers apportent donc beaucoup aux ambiances en installant des touches plus ou moins grandiloquentes au sein d’un melo death bien burné. Si la première moitié de l’opus montrait un Zonaria plus traditionnel, plus fidèle à ses anciennes chansons, avec des claviers posant purement et simplement une atmosphère sombre et étouffante (« Arrival of the Red Sun »), la seconde moitié, elle, dirige Zonaria vers un ensemble plus moderne et plus proche de la mode du moment (c’est à dire, le death symphonique). Le trio « Full Spectrum Dominance », « My Vengeance Remains » et « Face My Justice » montrent irrémédiablement de quoi les Suédois sont capables. Les riffs tranchants se mêlent à une voix hargneuse et à du sympho souvent imposant, parfois inquiétant et quelques fois épiques et mystérieux. Les mélodies zonarienne à la guitare s’accompagnent de mélodies typiquement dimmuborgiriennes aux claviers, alternant les passages aux riffs tronçonneurs et les passages plus pompeux. Impossible d’échapper aux choeurs sombres. Ceci dit, c’est réussi.

Avec une production un poil plus propre et un nouveau label, Zonaria s’embarque pour de bon vers une orientation musicale plus accessible et plus tape à l’oreille (si je puis dire). Cependant, sans être révolutionnaires, ils savent varier leur propos et équilibrer le tout sans en faire de trop, sans être trop niais ou trop simpliste, ce qui fait de cet « Arrival of the Red Sun » une des meilleurs sorties de melo-death suédois depuis des années.

 

Archaic Eclipse : The Archaic Years

Ξ juillet 26th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Archaic Eclipse : The Archaic YearsEn l’espace de quelques années, la rencontre de Dustin Wake et de Chris Hayes aura porté ces fruits, conduisant à la formation d’Archaic Eclipse. Inspirés par la mythologie nordique et croyant fortement en l’Asatru (une des différentes manifestations du paganisme nordique-germanique), le petit groupe a su en tirer une certaine force afin de créer des compositions dans un style metal extrême symphonique touchant au pagan, au black et au death metal.

En l’espace de pratiquement trois ans, les Américains ont sorti trois démos en digital, « In Fields of Morning Frost », « They Came with the Fog » et « The Seidkona Oracle ». Ces trois démos ont été regroupés en un même album afin d’en faire une compilation, un cd physique mais aussi montrer une certaine évolution. Car il y en a bien une. Toutes les pistes ont été inclues selon leur date de parution et non dans le désordre, comme le font certains groupes actuellement. Archaic Eclipse ne brouille donc pas les pistes, et montre bel et bien qu’il a eu affaire à des débuts timides avant de partir vers quelque chose de plus grande envergure.

La compilation se compose de neuf titres très tournés vers la nature, chaque trinité appartenant à une démo en particulier. Attaquons nous donc à chacune d’entre elle.

« In Fields of Morning Frost »

Première sortie en 2008, le duo disposait de peu de moyens. Toutefois, il avait beaucoup d’idées en tête, de quoi le différencier de tous les groupes de sympho extrême du moment. Ainsi, pas besoin de comparer le binôme aux formations américaines ou norvégiennes puisqu’il s’approche davantage de la vague épique et folk aux fortes consonances symphoniques. Le titre éponyme le montre bien, avec ses riffs bien caractéristiques et ses plages atmosphériques aux instruments traditionnels (flûtes, violons, guitares acoustiques). La production laisse cependant à désirer au niveau des guitares, parfois cacophoniques, et des vocaux (alternance de chant black et de chant death) qui peinent à se démarquer. Ce sont toute les claviers qui sonnent le mieux avec leur sonorités cristallines, parradés de samples de vent, de clapotis, d’oiseaux ou de loups (l’instrumentale « Soaring Through Wayward Winds » apporte un peu de fraîcheur et est très relaxante si on en a assez des klaxons et de la pollution).

« They Came with the Fog »

Parue en 2009, cette démo montre une amélioration dans le jeu d’Archaic Eclipse. Il diversifie ces influences pour davantage toucher au death metal au niveau du riffing (proche du melo death par moment), soutenu par une alternance de chants extrêmes et par des claviers symphoniques révoltés. L’éponyme met l’accent sur l’agressivité de tous ses instruments ainsi que sur un certain côté sombre et furieux. Les violons aigus et leur côté barrés mêlés aux riffs parfois saccadés rappellent le Chthonic période « Seediq Bale ». A contrario, « Carved into Pale Twilight » mixe le black/death épique avec un côté folk indéniable, proposant même des plages au piano.

« The Seidkona Oracle »

2011 est une date importante pour Archaic Eclipse qui se trouve un bassiste et un guitariste, la batterie étant encore une programmation par ordinateur. La production s’est un tout petit peu améliorée mais c’est surtout le niveau technique et la brutalité des compositions qui étonnent, tranchant littéralement avec les deux précédentes sorties. « The Seidkona Oracle » rappelle les formations de death technique, mais à la sauce pagan et symphonique. Les touches black sont beaucoup moins présentes, c’est son style rival qui est à l’honneur sur la majeure partie des titres, le growl étant bien caverneux, le batterie révoltée avec ses blasts, et les guitares très incisives avec leur dose de technicité. Idem pour « Into the Berseker Frey » qui pourrait faire penser au « Agony » de Fleshgod Apocalypse, avec ces orchestrations et ces choeurs.

Archaic Eclipse manque encore de mediatisation et c’est sans doute ce qui lui fait le plus de tort car il s’agit d’un groupe avec du potentiel, sortant quelque peu des sentiers battus en matière de black/death symphonique, le côté pagan et épique y étant pour quelque chose. Il faudra en tout cas améliorer la production s’ils veulent rendre leur musique plus attrayante.

Dans tous les cas, si vous voulez vous faire une idée du metal de ces Américains, autant vous pencher sur cette compilation qui a le mérite de tout rassembler et de montrer l’évolution musicale d’un petit groupe passionné.

 

Grobyc : Inverse of a Cyborg

Ξ juillet 23rd, 2012 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Grobyc : Inverse of a CyborgIl existe des projets qui sortent de l’ordinaire. Parfois éphémères, ils ne mettent pas en valeur toutes les qualités de ses créateurs mais se suffisent à eux-mêmes. Simples et directs ou au contraire, expérimentaux et subtils, ils permettent d’offrir à l’auditeur quelque chose de relativement différent, même si certains ne survivent pas au temps.

Grobyc fait partie de ses expérimentations hasardeuses qui débouchent sur quelque chose de concret. En 2009, le duo ukrainien Jacek/Apophis décide de créer des compositions pour le fun, histoire de s’entraîner avec leur nouveaux appareils musicaux et électroniques…jusqu’à ce que des mélodies synthétiques et robotiques en découlent. Mélangés aux guitares et à des influences grindcore, le résultat reste très particulier. C’est ainsi que, dans un désir d’archive, les deux musiciens décident d’offrir l’ensemble de ces titres au label en ligne Torn Flesh Records afin d’en faire un mini-cd digital.

Ce mini-cd sera totalement passé inaperçu et pour cause. Il s’agit d’expérimentations plus ou moins assumées par un duo qui se sera vite reconverti dans le drum’n'bass/indus/math un an plus tard sous le nom de Return To Base, faisant même des apparitions sur des morceaux de Tyrant Of Death. Grobyc est donc une sorte d’erreur, mais une erreur mécanique au goût très prononcé d’acier. Les Ukrainiens basent tout leur concept sur les robots et leur emprise sur les humains, ces derniers travaillant pour leur anciennes machines. Rien n’est humain dans ce « Inverse of a Cyborg » car tout est régit par des ordinateurs et non de réels instruments. Seules les guitares restent manipulées par ces humains ukrainiens, le reste étant totalement électronique et hors de contrôle.

Il y en a donc pour neuf minutes. Neuf minutes audacieuses de cyber/grind pour neuf titres on ne peut plus robotiques. N’espérez pas y trouver un soupçon d’humanité car Grobyc nous offre un metal des plus mécaniques, que ce soit au niveau du rythme que des guitares. Les claviers et la programmation apportent les touches électroniques nécessaires, ainsi que des samples et des bruits très futuristes. Les morceaux restent dans l’ensemble dynamiques, pris dans une ambiance très industrielle au sens propre du terme. L’auditeur se retrouve dans une usine, face à des machines et des humains travaillant d’arrache pied. La moindre erreur, et c’est le découpage voire l’interruption de tout circuit électrique (« You Are Terminated »). Les tyrans d’acier s’expriment beaucoup et à leur façon, au sein de ce mini-cd, certaines sonorités font irrémédiablement penser à un langage. Mieux encore, « Mega Drive » mélange l’ère du 8-bit avec de la musique électronique plus moderne et du metal, ce qui donne un résultat aussi kitsch qu’original.

Nul besoin d’en décrire davantage. Les Ukrainiens auront créé une entité musicale très cybernétique hors du commun. Les non initiés auront du mal avec cet univers très spécial, froid et non humain. A noter aussi la petite subtilité du projet : « grobyc » est l’inverse du terme « cyborg », d’où le titre « Inverse of a Cyborg ». Ce qui vous donne une bonne idée de la musique du duo…

 

Grand Alchemist : Disgusting Hedonism

Ξ juillet 22nd, 2012 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Grand Alchemist : Disgusting HedonismSouvenez-vous. En 2002, les Norvégiens de Grand Alchemist, menés par Sigurd et Stoelan, sortaient leur premier opus « Intervening Coma-Celebration », une œuvre ayant très bien été reçue et ayant prouvé que le berceau du black symphonique pouvait subir certaines mutations. En effet, l’opus des compères démontrait une certaine approche transversale du metal symphonique, si bien que les compositions étaient à cheval entre plusieurs styles, pour un résultat difficile à classer. Toutefois, c’était l’aspect indéniablement symphonique qui faisait leur force, et non le côté extrême des titres, pris dans une rythmique mid tempo et des riffs trop peu incisifs.

Dix ans plus tard, Grand Alchemist sort enfin de sa léthargie névrotique. De drôles de changements de line up auront eu lieu, notamment le départ du membre fondateur et batteur Stoelan en 2006, de retour cinq ans plus tard à la basse, ainsi que l’arrivée d’un nouveau claviériste, entre autres. Le nouvel album se nomme donc « Disgusting Hedonism » et se trouve être la suite du premier « Intervening Coma-Celebration », aussi bien musicalement que conceptuellement. La preuve en image avec cette pochette sensiblement proche de la précédente, les tons de couleur étant identiques.

Cette fois-ci, les Norvégiens laissent quelque peu de côté les plans atmosphériques pour mettre plus en avant les guitares. Ces dernières ont plus de pêche et obtiennent un certain niveau d’agressivité qu’on peinait à ressentir sur l’opus précédent. Évolution oblige, le groupe a su combler les trous et apprendre de ses erreurs, ceci dit, il continue sur sa lancée au niveau du rythme. Très mid tempo, les variations sont très rares, si bien qu’on a pas de parties lentes ou de parties plus rapides, plus portées par les blast beats. Bien sûr, la double pédale est à l’honneur sur certains passages, histoire de souligner le caractère agressif des guitares ou de relever l’ambiance, mais cela ne suffit pas à nous faire tourner la tête.

Il n’y a d’ailleurs pas d’introduction et on part directement avec « Crème de la Crème Collapse », un drôle de nom pour un début quelque peu maladroit puisque l’auditeur se retrouve directement pris dans l’univers de Grand Alchemist avec le chant, les guitares et le piano. Aucune entrée en matière, il faut donc tenter de prendre ses marques dès le départ. Pas facile si vous n’êtes pas un amateur du genre ni du groupe. Plus aisé si vous connaissez davantage l’univers étrange des Norvégiens. Cependant, encore une fois, il sera difficile de poser une étiquette sur leur musique tant elle est inclassable. Pas vraiment black, pas vraiment heavy, pas vraiment death, mais très symphonique et bien sûr extrême, le terme plus approprié reste sans doute « metal symphonique extrême ». La preuve avec « Deserted Apocalyptic Cities » ou « Disgusting Hedonism » entres autres, au riffing carrément plus death mais doté de touches thrashy pour ce qui est des saccades, et à la voix rageuse à cheval entre le growl et le chant black. « Synthetic Physical Intercourse » montre de façon plus flagrante l’influence melo death finlandaise, pas si loin de Kalmah pour ne citer que lui, mais toujours avec ces éléments venant d’autres contrées metalliques.

De toute manière, c’est bel et bien le sympho qui se taille la part du lion, avec des mélodies à la fois planantes, plus percutantes ou plus virulentes, il y en a pour tout le monde et on peut dire que le travail du claviériste est très bien fait, malgré quelques petits défauts d’authenticité. « Strongly Addicted to a Simulating Despair » rassemble tous ces éléments, accompagnés du tranchant des guitares et de la hargne des vocaux. Sur « Touching the Cause of My Muse », les notes vont et viennent en continu, proposant même un solo au violon.

Grand Alchemist n’a pas oublié pour autant son goût pour les touches électroniques et orientales. On les avait souvent entendus, ne serait-ce que quelques secondes, sur le « Intervening Coma-Celebration », eh bien c’est toujours le cas sur ce « Disgusting Hedonism ». Il faut dire que ces deux éléments sont étrangement associés, si bien que lorsque l’un montre le bout de son nez, l’autre n’est pas si loin derrière. C’est le cas sur « Deserted Apocalyptic Cities » ou « A Brilliant Dissonance » avec ces touches électroniques étranges et ces notes de cithares, quelque part entre le côté moderne de l’un et le coté plus traditionnel de l’autre. Plus flagrant encore, « Alcohol and Gambling » est le morceau le plus arabisant, très proche du metal des groupes moyen-orientaux. Les mélodies sont typiques ainsi que dans l’utilisation du violon, des instruments traditionnels et des choeurs féminins. On croirait entendre un croisement entre Narjahanam et Arkan.

Finalement, les dix ans d’absence de Grand Alchemist ne leur auront pas tant permis d’évoluer. Bien sûr, les guitares sont davantage mises en avant, mais on gagne en agressivité ce qu’on perd en ambiance, ce qui n’empêche pas à ce « Disgusting Hedonism » d’être, de nouveau, un album de metal symphonique principalement, avec sa dose d’éléments extrêmes, ses bons moments et ses longueurs.

 

Kråke : Conquering Death

Ξ juillet 20th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Kråke : Conquering DeathQu’il est bon de retourner en Norvège, dans le berceau du black symphonique, et de découvrir de nouvelles formations. On attend toujours beaucoup de ce pays pionnier et dès que des groupes posent leurs premières pierres, toute l’attention est portée sur eux : ressembleront-ils aux combos du coin ou au contraire, arriveront-ils à se forger une réelle identité ? Pour Krake, formé en 2007 par deux frères, la réponse n’est pas si évidente.

De prime abord, Krake opte pour un patronyme en norvégien, comme l’ont fait les désormais célèbres Dimmu Borgir. Choisissant le corbeau, ils instaurent donc une aura sombre et morbide, pas si loin de leur thématique principale, centrée sur la mort et la noirceur de la vie. De plus, les influences semblent tourner autour du black norvégien en général, si bien qu’on peut ressentir du Dimmu Borgir ou du Old Man’s Child mais aussi du Bathory pour ce qui est de la Suède. Enfin, le groupe use beaucoup des claviers et de touches très symphoniques.

On s’aperçoit rapidement de ces trois points sur la première moitié de l’opus. Krake offre un black symphoniques loin de ce qui se faisait dans les années 90 mais proche des standards d’aujourd’hui. On retrouve le grandiloquent de DB à la manière d’ « In Sorte Diaboli » sur le très bon « And a Colder Breed » ou « Hearts Blood », des éléments death dans les riffs et les vocaux, très tendances actuellement, ainsi que des touches plus sombres sur certains passages. De ce côté là, le black/death symphonique de Krake n’est pas très original. Certes, les arrangements orchestraux sont de bonnes factures mais restent sans doute trop attendus. Les rythmiques manquent de punch, la voix n’est pas très puissante, et la batterie se retrouve étouffée par les claviers imposants. A ce titre, si l’album devait se contenter de ces morceaux, il passerait vite aux oubliettes.

Toutefois, il ne faut pas s’arrêter là car l’autre moitié de l’album s’avère beaucoup plus intéressante. Là où les débuts ne ressemblaient qu’à du black/death bien symphonique, accessible et simple d’accès, la suite se veut plus tournée vers les atmosphères, le prog et l’épique. « Beneath Black Waters » par exemple propose quelque chose d’assez maritime, avec ces samples de mer et son accordéon. La batterie arrive à mieux tirer son épingle du jeu grâce à des guitares plutôt lancinantes et à un fond très envoûtant. Mais là où on reste scotchés, c’est avec « Victorious, I », qui arrive à distiller une ambiance toute particulière. Krake arrive à créer un morceau épique et atmosphérique, là où le symphonique est véritablement relégué au second plan. La longueur confère un côté prog, qui se fait ressentir grâce aux nombreuses variations. Le refrain, si on peut l’appeler ainsi, rappelle le black épique à la Bathory, ainsi que la magnifique conclusion, tel un hymne.

Le reste de cette deuxième moitié possède son lot de moments forts avec des mélodies enveloppantes et des parties plus bourrines qui frappent là où ça fait mal, comme sur « The Gatekeeper », où l’auditeur se retrouve sur un champ de bataille. A contrario, « Snowfall » est l’instrumental qui embarque en plein hiver, avec ces touches cristallines tandis que « I Ly av Lyset » propose quelque chose de long et d’entraînant, avec ces arrangements black et orchestraux de très bonne qualité.

Pour un premier jet, on peut dire que Krake ne s’en sort pas si mal, arrivant à intégrer toute sorte d’émotions et faisant sa musique à la maison grâce au mixage du guitariste et claviériste Dreugh dans le Gainland Studios, mixage encore maladroit surtout au niveau de la batterie. Le mastering a toutefois été confié à Jens Bogren (Opeth, Katatonia, Soilwork) aux Fascination Street Studios. Il faudra tout de même encore beaucoup de travail pour accomplir un album abouti et maîtrisé car ce « Conquering Death » possède des points noirs qui peuvent encore être corrigés malgré de bons moments qui ne demandent qu’à être retenus.

 

Black Shadow : Awakening of the Black Dragon

Ξ juillet 18th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Black Metal |

Black Shadow : Awakening of the Black DragonLe duo de Black Shadow est sans doute l’entité bicéphale la plus encourageante et la plus remarquée de Russie. Bien que formée en 2004, le petit groupe a d’ores et déjà plus d’une production à son actif, preuve en est avec le grand nombre de sortie, à raison d’un opus ou deux par an. « Awakening of the Black Dragon » est l’exception car ce septième full length sort trois ans après un « War – Everburning Flame of Abyss » de bonne facture, c’est-à-dire, en 2011.

Les blackeux ne changent pas leurs habitudes, optant une nouvelle fois pour une pochette dans les tons de gris et des thématiques sataniques. Ils nous offrent du black metal tout ce qu’il y a de plus classique, quelque part entre Dark Funeral et Naglfar, avec une fougue et une hargne bien à eux. Ainsi, leur musique reste très dynamique, sans réel temps mort, pris dans un déferlement de riffs possédés et de mélodies parfois malsaines, comme le prouve les premiers titres de l’opus, « Power of the Blind Dragon » et « Transformation » en tête.

Les deux uniques membres de Black Shadow ont beau se partager les tâches, on reste surpris par l’usage de la boîte à rythme, plus vraie que nature. Ainsi la plupart des parties batteries, et en particulier les blasts, sonnent très bien et beaucoup pourraient ne pas s’apercevoir du stratagème. En tout cas, cet instrument apporte beaucoup de dynamique aux compositions des Russes, qui ne lésinent pas sur l’agressivité des beats, accompagnés d’une voix black incisive.

On peut regretter la ressemblance entre les morceaux, due en particulier à un manque de variation des mélodies et des rythmiques. Toutefois, Black Shadow arrive à imposer une patte plus sombre sur certains morceaux, en incorporant des soli et des passages aux claviers, à l’image de l’éponyme « Awakening of the Black Dragon » (et ses choeurs ratés) ainsi que « Death Is Only Way Out ».

Pas original certes, mais puissant et bien caractéristique du style, « Awakening of the Black Dragon » mise sur le martèlement intensif de la boîte à rythme, sans pour autant oublier d’apporter les ambiances nécessaires dans le riffing, même si les nombreuses linéarités et les ressemblances avec les opus précédents du groupe ne permettent pas de faire de cet opus un opus qui se démarque. Ce septième méfait fait toutefois mouche si tant est qu’on ne recherche pas quelque chose de bien fouillé.

 

Locus Neminis : Weltenwanderung

Ξ juillet 15th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Locus Neminis : WeltenwanderungL’Autriche est en train de frapper fort… ce n’est pourtant pas le pays le plus en vogue en matière de black symphonique mais il s’avère qu’une nouvelle formation risque fort de faire parler d’elle. En effet, cette dernière est loin de se contenter de suivre les pas des groupes modernes ou de ceux ayant tantôt fait parler de ce petit pays proche de l’Allemagne : loin du côté prog des défunts Amortis, de l’épique de Summoning ou du grandiloquent de Hollenthon, Locus Neminis (et sa locution latine signifiant « No Man’s Land ») opte pour un black symphonique made in 90’s à la Emperor/Limbonic Art croisé avec l’atmosphérique des débuts d’Arcturus et le black ambient de Darkspace (rien que le logo et la pochette évoquent les différents chapitres créés par les Suisses).

A l’instar des groupes sus-cités ou d’Obsidian Gate, Sirius ou Covenant, pour ne citer qu’eux, Locus Neminis fait de l’espace un repère, un refuge sombre et vide loin de notre Terre natale, ainsi que le théâtre de nouvelles émotions. De ce fait, les Autrichiens ont créé un son bizarre et stérile dans le but de faire une atmosphère sombre et inorganique. Ils incorporent des éléments death metal ainsi que des plages ambientes ou, a contrario, très brutales afin de jouer avec les paradoxes. On est loin du black symphonique actuel et donc plus proche de l’ancien avec de discrètes touches industrielles et un côté spatial prédominant.

Il s’agit donc d’un space black metal d’une noirceur et d’une froideur étonnantes. Le sextet ne fait pas de place à la lumière ni aux mélodies gentillettes car il nous plonge irrémédiablement dans les ténèbres infinies de l’univers. « Spiegelbild der Vergangenheint » démarre les hostilités avec une introduction atmosphérique happant l’auditeur dans un monde dépravé et inhumain avant de tomber dans le rouleau compresseur d’une batterie aux blasts maîtrisés, accompagnés des riffs et de chants bien relevés. Tout comme l’éponyme « Weltenwanderung », il s’agit d’un black symphonique porté sur les atmosphères et il n’y a donc rien de bien grandiloquent à l’horizon. Toutefois, l’utilisation des claviers joue beaucoup sur l’apport d’ambiance glaciale et prenante, avec ces choeurs très sombres et ces notes de piano à la Arcturus mais pas que. Les nappes continues, soutenues par des guitares véloces aux riffs bien froids, permettent à l’auditeur de bien s’imprégner de cette musique inhumaine.

Sur la majorité de ce « Weltenwanderung », on retrouve continuellement l’empreinte des groupes de black sympho des 90’s ainsi que celle de Darkspace. Le mélange est des plus intéressants, car bien travaillé et immersif. De plus, l’utilisation de guitares acoustiques et de solos renforcent le côté glacial sans non plus tomber dans la mélodie facile, comme sur « Wenn Die Nacht Den Tag Verdraengt » ou « Ein Neuer Anfang » car c’est souvent un black brutal à l’arrière plan cosmique qui suit ces moments de douceur et de désespoir.

La cohabitation du black et du death metal permet d’apporter plus de profondeur aux morceaux, surtout lorsqu’ils sont mystérieux et tordus à l’image de « Wanduhr » et son alternance growl/chant crié. Le piano y fait aussi beaucoup et contribue à l’apport de mélopées cosmiques, ce qu’on retrouve aussi sur « Mut Zum Letzten Shritt », pas si loin d’Arcturus par moments. Mais à l’inverse des Norvégiens, les Autrichiens arrivent à fusionner les atmosphères avec une brutalité acerbe, une violence dans les riffs, les blasts et les vocaux qui détonnent complètement avec les ambiances créées.

En guise de conclusion, Locus Neminis offre un « Die Begegnung » long de plus de vingt cinq minutes, pris entre ambient, black brutal et black symphonique. C’est sans doute dans ce morceau que les parties les plus symphoniques se feront le plus entendre, les violons ressortant en compagnie du piano. Ne vous fiez pas aux quelques minutes de blanc, elles cachent une autre partie du titre qui décoiffe tout autant avec une batterie folle et des guitares très véloces, sans oublier les claviers, jouant une fois de plus avec le froid et le vide intersidéral.

« Weltenwanderung » est un album remarquable, une sorte d’hommage à un style de black symphonique désormais mort, loin des productions lisses, des métissages avec le death mélo et du grandiloquent de maintenant. Locus Neminis a su combiner le black sympho cosmique made in 90’s avec l’ambient et le brutal pour un résultat bluffant et intense, sans pour autant faire dans le passéiste. Ce voyage dans l’espace ne vous laissera pas indemne, tentez-le.

 

Chysta Krynycya : Symphony of Life

Ξ juillet 11th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Black Pagan |

Chysta Krynycya : Symphony of LifeFondé en 2000 sous le nom de Morose Months Of Melancholy puis adoptant le nom de Chysta Krynycya, ce groupe fait partie des combos de black pagan ukrainien dans un pays fer de lance d’un style souvent nationaliste et colérique mais très attaché aux valeurs traditionnelles. Le quatuor en question aura mis du temps à se trouver avant de finalement adopter une identité adaptée à l’idéal black pagan de leur mère patrie, très proche donc de Nokturnal Mortum. Malgré les idéologies NS de leur membres, ces derniers ne les font pas transparaître pour autant dans leur thématiques, celles-ci étant très portées sur la nature de leur terres hivernales dans leur dernier album en date « Symphony of Life ».

De prime abord, la pochette évoque sans aucun doute celle de Bathory et de son « Blood Fire Death » car il s’agit de la même peinture de Peter Nicolai Arbo du nom de « La Chasse Sauvage d’Odin ». Malgré le côté mythologie nordique qui en découle, Chysta Krynycya ne s’y aventure pas car nous nous situons bien en Ukraine. Les mélodies traditionnelles du pays nous le rappellent ainsi que la langue employée. Toutefois, c’est bien l’aspect guerrier de cette toile qui ressort le plus, le quatuor en question n’hésitant pas à intégrer des morceaux costauds et brutaux dotés d’une voix black très agressive, à l’image de « The Ocean of Snow in the Nordic Heart », « Keepers » ou « Let the World Hear My Silence » avec sa sirène en fond d’ambiance. La production est très adaptée, faisant la part belle à la colère mais aussi à la mélancolie du groupe qui ne lésine pas sur des mélopées on ne peut plus moroses.

A l’instar de leur compères Ukrainiens, Chysta Krynycya intègre des titres plus folkloriques et plus calmes, tranchant littéralement avec la violence des autres chansons. « Fruit and Grape » par exemple apporte son lot d’instruments et de chants traditionnels sur un rythme lent tandis qu’ « Empty Boat » se veut plus dynamique et plus festif avec une alternance de chant féminin et de chant black, accompagnée d’une cornemuse rappelant les pirates.

A la manière du « The Voice of Steel » de Nokturnal Mortum, il y en a pour tous les goûts sur cet opus et si le brutal ne vous sied pas, vous pouvez toujours vous rabattre sur l’entraînant « Today the Gods Dance with Us » où les guitares et le chant agressif se mêlent à des sonorités cristallines et douces, idem sur l’envoûtant « We Are Not Alone ». L’exotisme du chant en ukrainien y est sans doute pour quelque chose ainsi que les mélodies suaves.

Chysta Krynycya arrive à mélanger l’agressivité du black avec les touches traditionnelles propre au folk/pagan mais aussi le côté épique de la musique symphonique comme sur l’éponyme « Symphony of Life », « Wedding Garden » ou sur certains passages en particulier. Ce n’est pas non plus quelque chose de grandiloquent mais ces touches arrivent à apporter l’emprunte nécessaire rappelant les origines du quatuor. De plus, les guerriers arrivent à concocter un « Winter Masquerade » très expérimental qui en déroutera plus d’un. La progression est des plus étranges, les changements de rythme imprévisibles ainsi que le groove basse/batterie et le passage électronique en plein milieu.

Pour une durée de 65 minutes, à peu prêt, Chysta Krynycya arrive à imposer dans son « Symphony of Life » une sorte d’ode à la vie ukrainienne à coup de folklore et de violence, un album à considérer comme un ersatz de Nokturnal Mortum ou comme une transition avec, toutefois, des morceaux beaucoup plus doux. Une oreille curieuse n’est tout de même pas de refus.

 

Syn Ze Sase Tri : Sub Semnul Lupului

Ξ juillet 10th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Syn Ze Sase Tri : Sub Semnul LupuluiSyn Ze Sase Tri fait partie de cette petite branche roumaine à exercer dans un metal lié à la nature et au paganisme comme Negura, Martolea ou Dordeduh, une branche qui se fait de plus en plus rare dans le coin. Toutefois, ces Roumains là ont l’avantage d’officier dans un style qui est loin d’être adopté dans ce pays de l’Est : le black symphonique. En effet, celui-ci ne fait pas légion là bas, la Hongrie lui ayant davantage volé la vedette avec Sear Bliss. Pourtant, Syn Ze Sase Tri essaie de se démarquer depuis sa formation en 2007 en intégrant dans sa musique des éléments liés au folklore de la Roumanie, si bien que l’ensemble aurait pu s’avérer différent de l’ordinaire, si la ressemblance avec certaines pointures du genre ne s’était pas faite ressentir.

Depuis quelques années maintenant, il est très difficile de trouver un black symphonique sortant réellement des sentiers battus et n’empruntant pas aux géants Dimmu Borgir, une grande source d’influence pour la majeure partie des groupes du genre. Syn Ze Sase Tri ne déroge pas à la règle, une bonne partie des claviers et des riffs s’apparentant à la musique des Norvégiens. Cependant, les Roumains ont tout de même quelques atouts qui permettent de faire la différence : leur pays d’origine et leur culture.

Ainsi, le concept de « Sub Semnul Lupului » (à traduire par « sous le signe du loup ») s’articule autour des mythes et légendes de la Transylvanie ainsi que de son passé sanglant. La pochette où se dressent des cavaliers parmi des loups dans un univers hivernal à la Catamenia instaurent une atmosphère sombre et épique que l’on retrouve dans l’ensemble des morceaux. « Sorocul » plante donc le décor dans ce contexte. A la manière de Carach Angren, la narration est de rigueur ainsi que les samples, histoire d’embarquer l’auditeur dans le monde qui s’offre à lui. Arrivent ensuite le long et linéaire « Nascut in Negura » puis un « Vatra Stramoseasca » et un « Legea Strabunilor » plus death, dans le riffing et les vocaux, proche de Immanifest sur ces points là.

De ce côté là, Syn Ze Sase Tri ne possède rien de particulier, les chansons les moins touchées par l’emprunte culturelle du groupe étant les plus banales et les moins prenantes. Par contre, l’éponyme « Sub Semnul Lupului » offre des chants traditionnels que l’on retrouve à plusieurs moments afin de renforcer une certaine aura sombre et dramatique. L’aspect impériale se fait davantage ressentir sur le reste des morceaux, grâce à des orchestrations soignées et de grande qualité. Mais c’est très certainement sur « In Pintecul Pamintului » que se joue la différence. La patte de Syn Ze Sase Tri est plus marquée et même si le début a des airs de ballade, il n’en est rien. La guitare acoustique a beau être présente du début à la fin, il n’empêche que ce sont les airs folkloriques (flutes, violons, percussions), l’orgue, les alternances de vocaux et les nombreux blasts qui emmènent ce morceau de bout en bout, parradés par des choeurs très puissants et enveloppants. Idem sur l’entraînant « Inaripat Si Impietrit », à la différence qu’ici, ce sont les guitares électriques qui mènent le tout, avec une flûte au son très cristallin.

« Sub Semnul Lupului » se situe dans la même lignée que son prédécesseur « Intre Doua Lumi » mais mise plus sur la richesse des mélodies et des ambiances folkloriques roumaines afin de rendre sa musique moins homogène. Toutefois, l’ombre des grands du black symphonique plane sur la majorité des morceaux, ainsi qu’une certaine linéarité et une production peut-être trop synthétique pour le style de Syn Ze Sase Tri, qui aurait dû opter pour quelque chose de plus organique afin de coller avec le concept. Un opus en demie teinte donc, à cheval entre le déjà-vu et le déroutant.

 

Of Celestial : Virgin Blood

Ξ juillet 9th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Death Metal |

Of Celestial : Virgin BloodNiveau metal extrême, l’Ukraine est le vrai prolongement de la Russie car on y retrouve les mêmes types de groupes et d’ambiances : du death metal au black symphonique à atmosphère hivernale, les musiciens ont de quoi avoir du soutient, c’est le cas du quatuor Of Celestial, formé en 2006 par le frontman Vitaly Gabelkov qui avait déjà eu l’occasion de jouer aux côtés de formations telles que Crystal Tears ou Vae Solis. Après un premier jet signé chez le label russe More Hate Productions, les Ukrainiens remettent le couvert avec deux choses en plus : l’expérience et les moyens. Cette combinaison gagnante se ressent donc sur le dernier opus en date « Virgin Blood ».

Il ne faut absolument pas se fier à la pochette car non, nous n’avons pas affaire à du metal gothique mais bien à du death metal qui tire légèrement vers le mélodique mais aussi le symphonique voire le folk sur certains morceaux. Of Celestial arrive à alterner les styles sans en faire de trop, et c’est là où ça devient croustillant. Le quatuor se dote d’un certain professionnalisme qui fait que l’album n’est pas homogène, les morceaux étant loin de se ressembler du début à la fin. De ce fait, l’ensemble ne lasse pas, bien au contraire, puisque finalement, on ne sait pas sur quoi on va tomber au fil de notre écoute.

Exemple concret avec l’éponyme « Virgin Blood », qui ouvre les hostilités à grands coups de riffs death metal. On y retrouve une empreinte brutale avant l’apparition de claviers symphoniques, dotés de sonorités qui côtoieraient sans problème le black symphonique. Le growl est efficace, les changements de rythme et les différents sons nous embarquant dans le monde froid d’Of Celestial, avec des notes de piano quasi gothiques. Ce ne seront que les seules traces.

On croit s’habituer à un death symphonique mais « Tepesh » nous offre un mélange death/thrash efficace avec des touches mélodies qui apportent un peu d’harmonie. Cette harmonie se fera davantage ressentir sur un « Immortal Gold Idol », qui change de nouveau de registre. Cette fois-ci, nous nous situons du côté du folk, avec la guitare acoustique, les choeurs, la flute et les mélodies caractéristiques. Le tout reste bel et bien mélangé au death metal pour un folk/death énergique et très nature.

On retrouve aussi une ballade sous le nom de « Candle of Hearts », lancinante à souhait avant de retrouver le death metal du début de l’album avec « The Shadows Lord », agressif et incisif, les touches mélodiques ne sont pas de refus et on se retrouve avec un bon mélange entre la douceur des mélodies et la brutalité des guitares et de la voix. Ce qui étonne finalement, c’est la façon dont Of Celestial a choisi de conclure son album. Il abandonne le tranchant de ses précédentes compositions pour partir sur une reprise bien festive du célèbre « All We Are » de Doro/Warlock (bien festive au vu des chants d’hommes « bourrés » en guise d’introduction). L’ensemble se pare d’un heavy/death aux accents symphoniques avec un clavier assez kitsch en fond lors du refrain. Une reprise agréable mais loin de valoir l’originale…

Of Celestial livre un bon deuxième album offrant beaucoup de surprises lors de sa première moitié, la seconde manquant légèrement d’inventivité et reprenant les éléments déjà retrouvés précédemment. Toutefois, il est clair que si le quatuor arrive à s’exporter davantage, il risque de faire parler de lui, offrant un peu d’air frais au death metal de l’Est. A surveiller de prêt.

 

Diavoliada : The Unexploration: Chapter 26

Ξ juillet 4th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Diavoliada : The Unexploration: Chapter 26Il est toujours intéressant de se diriger vers les pays de l’Est car ce sont ceux qui restent le plus dans l’ombre. Certes, on n’en entend peu parler, mais il n’empêche qu’ils ont, eux aussi, des groupes prometteurs dans des styles plus ou moins privilégiés. Le manque de promotion et de médiatisation leur fait toutefois défaut, les albums sortant en général en CEI ou CIS en anglais, la fameuse « Communauté des Etats Indépendants », composée de 11 des 15 anciennes républiques soviétiques.

Diavoliada ne vient pas de Russie mais de Biélorussie, un pays dont on ne sait rien en matière de metal. Il ne semble pas y avoir de grandes formations dans le coin, mais rien n’empêche certains petits combos de se mettre en avant et de créer des compositions atypiques. Le moins que l’on puisse dire, c’est que Diavoliada risque de faire parler de lui dans la région, grâce à son black symphonique perturbé et complètement barré.

En effet, les biélorusses n’ont pas choisi la facilité en s’inspirant, tout simplement, des maîtres Norvégiens. Au contraire, ils ont plutôt opté pour une sorte de black symphonique original et pas si facile d’accès. Loin d’opter pour une approche commerciale, ils ont le mérite d’expérimenter et de ne pas effectuer dans du black symphonique bateau, voire même du sympho extrême, comme le font beaucoup les Russes ces temps-ci. Râté. Diavoliada veut faire de sa musique une musique extrême et dérangée qui risque de faire des adeptes.

Pas de mélange Arcturus/Emperor/Dimmu Borgir, mais place à un mélange improbable entre Dimmu Borgir pour les vocaux, Carach Angren pour le côté théâtral, Bishop Of Hexen pour certains aspects burlesques et cirque hanté, Ram-Zet pour les touches dérangés dans les voix et le violon, et enfin Sycronomica pour les touches plus mystiques et l’apparition d’un piano envoûtant. Le résultat est quelque peu saisissant, car il est difficile, lors de la première écoute, de suivre les péripéties étranges et maladives de Diavoliada. Rien que sur le morceau introducteur, les différentes voix, telles des narrations, mélangées à des claviers symphoniques grandiloquents et dignes d’une BO laissent pantois, avant un tour du côté de « Curse of Shadows ». Tout est chanté en russe et Diavoliada nous ouvre les portes de son théâtre.

On remarque déjà la longueur certaine des morceaux, instaurant un aspect progressif à la musique, ce qui renforce ce côté difficile d’accès. Heureusement, les Biélorusses arrivent à bien mettre en mouvement leur musique, ce qui la rend au final pas si ennuyeuse, et rien qu’ « Overthrow » arrive à faire tenir l’auditeur en haleine, avec un ensemble sombre et maladif. Les pianos partent dans tous les sens, les voix sont multiples (chant black, death, clair, murmuré, malsain), le violon fait des va et vient continus et rappelle le travail de Sareeta de Ram-Zet, le résultat n’en est que plus barré et dérangeant. Sans oublier un petit côté Dimmu Borgir, très plaisant, dans certains types de mélodies et intonations de voix.

En réalité, que ce soit les chants, les guitares, les claviers, tout est barré et dément. Diavoliada semble déshumaniser sa musique et la rendre malsaine, comme si l’auditeur se trouvait dans le théâtre des horreurs. C’est surtout le cas sur « Healing of Evil » avec ses choeurs et son orchestre plus vrai que nature et son côté musique de film, c’est aussi le cas sur « Hypostasis » qui rejoint Bishop Of Hexen pour les claviers type cirque/fête foraine.

L’ensemble des morceaux reste très dynamique et rentre dedans, porté par ce côté extrême. Seul « Confession » propose un ensemble majoritairement mid-tempo et envoûtant, avec un travail porté sur les choeurs et le côté mélodique du piano et des riffs, ce qui rappelle fortement l’oeuvre des Allemands de Sycronomica. C’est là qu’on se rend compte que les inspirations de Diavoliada sont peu communes.

Une bonne surprise en tout cas pour ce groupe venu de l’Est. Ce premier jet est déjà très travaillé, encourageant et bien inspiré, il ne manque plus qu’à perfectionner le tout pour renforcer cette identité et ce côté perturbé qui hante cet album. Les amateurs des groupes précédemment cités devraient pouvoir trouver leur bonheur dans ce « The Unexploration : Chapter 26 ».

 

The Kovenant : S.E.T.I.

Ξ juillet 2nd, 2012 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

The Kovenant : S.E.T.I.Quand on parle de The Kovenant actuellement, beaucoup pense à ce groupe de cyber metal très bizarre et kitsch, faisant autant d’adeptes que de détracteurs. Et pourtant, ces Norvégiens là n’ont pas toujours eu ce parcours. Leur début avait été très prometteur, avec la sortie de « In Times Before the Light » (1996) et du culte « Nexus Polaris » (1998). Le groupe, sous le nom de Covenant, officiait alors dans un black symphonique de grande qualité, pris dans une période riche en rebondissements où Arcturus et Dimmu Borgir avaient imposé leur marque de fabrique, forgeant alors une nouvelle facette au black metal. Ces deux groupes n’étaient pas étrangers à Covenant, composé de Nagash/Blackheart/Astennu (DB), de Sverd (Arcturus) mais aussi d’Hellhammer (Mayhem).

En 1999, Covenant subit des pressions quant à son patronyme et dut le changer, à cause d’un autre Covenant, Suédois, officiant dans l’EBM. Les Norvégiens se choisissent The Kovenant et entament un beau virage en prenant une nouvelle orientation, un peu à la manière de Samael deux ans plus tôt avec « Passage » . Non seulement ils s’éloignent de leur black metal mais en plus ils adoptent une tournure électronique, un concept futuriste, de nouveaux noms de scène et un nouveau look. C’est ainsi que naît « Animatronic », montrant déjà la couleur.

Ce changement de style s’avère irrévocable. The Kovenant s’emmanche davantage dans ses nouvelles idées. La réédition de « In Times Before the Light » (2002) version black electro symphonique montre la décadence de ce groupe, tourné vers quelque chose de plus commercial. L’électro metal est très en vogue à cette époque tandis que le cyber metal se découvre sans être reconnu, Sybreed n’ayant pas encore fait des siennes. Les Norvégiens, opportunistes, oublient leur passé black metal et pondent « SETI » en 2003 (‘Search for Extra-Terrestrial Intelligence’, à traduire par « Recherche d’une Intelligence Extra-Terrestre’).

Ce qui avait été fait sur « Animatronic » au niveau des sonorités se confirme ici. Il s’agit d’électronique à tendance cyber, ensemble froid, mécanique et futuriste, alternant passages rapides et passages plus atmosphériques, voix claires et voix synthétiques. Les choeurs et les parties symphoniques n’ont pas été mises de côté et contribuent au côté spatial de certaines compositions. Toutefois, la mayonnaise ne prend pas…

« SETI », bien qu’étant objectivement original dans l’approche, n’en demeure pas moins raté. The Kovenant se perd dans ses bidouilles électroniques et laisse peu de place aux guitares, qui perdent du poids. Tout se base donc sur les claviers et les vocaux qui en dérangeront plus d’un. Lex Icon aurait dû, soit garder sa voix black, soit ne pas intégrer de voix tant il chante faux. Il est donc difficile de rester concentrés, que ce soit sur « Cyberthrash » ou l’atmosphérique « Pantomine », face à cet ensemble vocal non maîtrisé et sauvé par le synthétique. Malgré une tendance à vouloir imiter des figures importantes en matière d’indus, que ce soit Till Lindemann (Rammstein) ou Marylin Manson, il est difficile de s’y faire et l’overdose n’est jamais très loin.

Bien que « Planet of the Apes » ou « Via Negativa » restent les plus proches, dans l’esprit, de la période « Animatronic » avec cet ensemble plutôt sombre, renforcé par les choeurs et la présence de vocaux féminins, la suite peine à ravir, surtout quand l’électronique est utilisée à outrance, sans réelle ligne directrice, et que le rythme – quasi transe – nous cogne trop dans les oreilles. « Keepers of the Garden », par exemple, nous propose trop de choses à la fois, et le résultat est inaudible.

Écouter cet album d’une traite relève de l’exploit tant il est (trop) long et embourbé dans des idées, qui auraient pu être bonnes, mais qui restent mal exploitées. « Subtopia » met bien en valeur l’aspect extra terrestre, avec ces bruits bizarres et ces vocaux quasi robotiques. Mais l’assemblage est trop maladroit, idem sur « Hollow Earth ». A croire que le tout ait été bâclé.

Ca fait quasiment dix ans que cet album est sorti et pour l’instant, pas de successeur. Il semblerait que The Kovenant ait eu vent de ses erreurs, pas pour rien que Hellhammer (ici sous le nom de Von Blomberg) ait mis les voiles peu de temps après l’enregistrement de l’opus. Les Norvégiens sont tombés dans la facilité et ont raté leur tour de force en tombant bien bas, à savoir dans un cyber de mauvais goût. « SETI » est un album que beaucoup retiennent, mais pas forcément pour ses bonnes qualités, tant il signe la déchéance d’un combo ayant pourtant vécu son heure de gloire. Décevant.

 

Armaga : Mystic

Ξ juillet 2nd, 2012 | → 0 Comments | ∇ Dark Metal |

Armaga : MysticCa fait un petit moment que le quatuor originaire de Moscou fait parler de lui, entre des shows plutôt salués, deux albums à son actif et plusieurs signatures chez des labels russes tels que Molot Records, MSR et maintenant Irond Records. Armaga aura surtout fait sensation lors de la sortie de son premier DVD live, projet ambitieux pour ce jeune groupe manquant d’expérience, ce qui s’est vite fait ressentir, notamment au niveau d’un manque certain d’immersion. Pourtant, le combo a plus d’une corde à son arc et il compte bien le montrer avec la sortie de son nouvel album « Mystic ».

Il s’agit du premier album avec le nouveau chanteur, Sergey Morozov, qu’on avait découvert sur le « Walpurgis Night ». Il faut dire que son arrivée dans la bande a quelque peu changé les habitudes d’Armaga, qui avait fait deux albums mélangeant le doom/gothique et le black symphonique. On avait autant droit à des passages lents, lourds, glauques et mélancoliques qu’à des passages plus rapides, plus black et davantage symphoniques. L’univers était alors horrifique et le groupe jouait avec les atmosphères, à la rencontre de fantômes ou d’être surnaturels. Avec « Mystic », il semble qu’Armaga ait décidé de nous faire rentrer dans son antre. Fini les pochettes mystérieuses avec ce fameux manoir, l’auditeur est cette-fois en plein dans la gueule du loup, pour le meilleur et pour le pire.

Les Russes ont quelque peu laisser tomber leur fameuse alternance pour se concentrer sur une sorte de dark/horror metal. Les éléments black n’existent quasiment plus, si ce n’est la voix de Sergey, octroyant des cris tout à fait caractéristiques à certains moments. A contrario, ce sont les éléments death qui prennent l’avantage, que ce soit au niveau des riffs principaux, et du growl, très présent (« Avenger », « Howl of Despair »). Toutefois, il n’y a pas tant d’accélérations que ça. Le rythme est tantôt lent, tantôt quasi mid tempo, si bien que les atmosphères restent pesantes et plutôt lugubres lorsqu’apparaissent les claviers comme sur « The Past » ou « Mystic », où s’introduisent quelques murmures inquiétants.

Ces éléments permettent au metal d’Armaga de garder son côté horrifique et étrange, comme si des contes horribles nous étaient narrés par un Sergey plutôt convaincant. Les piano, cloches, orgues, xylophones et violons nous embarquent dans ce monde particulier. La démarche en elle-même rappelle les Néerlandais de Carach Angren, que ce soit sur « Trace of Time » ou le flagrant « The Lost Casket », misant sur des voix horribles et un piano dérangeant.

Mais Armaga ne laisse pas de côté ses influences doom pour autant. Car même si le rythme a quelque peu accéléré depuis l’opus « Dark Authority », certains titres gardent cette empreinte toute particulière, comme sur « Masterstroke » et son ensemble bien doom/death, bien que les claviers symphoniques soient de la partie.

On peut de plus remarquer une réelle amélioration au niveau de la production, plus puissante. Les guitares s’imposent davantage ainsi que le chant. Les sonorités symphoniques sont même plus travaillées et plus réelles, collant davantage au concept des Russes, en particulier sur le plus rapide des morceaux, « Evil Spell », bien plus proche du black symphonique actuel, ou sur l’instru finale « Rumble of Horror ».

Armaga rend donc sa musique encore plus « mystique » sur cet opus, renforçant sa personnalité et propulsant l’auditeur dans son univers macabre. Le quatuor a pris l’assurance nécessaire pour convaincre son public mais il faudra encore beaucoup d’effort pour jouer dans la cour des grands et impressionner, par la même occasion.

 

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