The Kovenant : S.E.T.I.

Ξ juillet 2nd, 2012 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

The Kovenant : S.E.T.I.Quand on parle de The Kovenant actuellement, beaucoup pense à ce groupe de cyber metal très bizarre et kitsch, faisant autant d’adeptes que de détracteurs. Et pourtant, ces Norvégiens là n’ont pas toujours eu ce parcours. Leur début avait été très prometteur, avec la sortie de « In Times Before the Light » (1996) et du culte « Nexus Polaris » (1998). Le groupe, sous le nom de Covenant, officiait alors dans un black symphonique de grande qualité, pris dans une période riche en rebondissements où Arcturus et Dimmu Borgir avaient imposé leur marque de fabrique, forgeant alors une nouvelle facette au black metal. Ces deux groupes n’étaient pas étrangers à Covenant, composé de Nagash/Blackheart/Astennu (DB), de Sverd (Arcturus) mais aussi d’Hellhammer (Mayhem).

En 1999, Covenant subit des pressions quant à son patronyme et dut le changer, à cause d’un autre Covenant, Suédois, officiant dans l’EBM. Les Norvégiens se choisissent The Kovenant et entament un beau virage en prenant une nouvelle orientation, un peu à la manière de Samael deux ans plus tôt avec « Passage » . Non seulement ils s’éloignent de leur black metal mais en plus ils adoptent une tournure électronique, un concept futuriste, de nouveaux noms de scène et un nouveau look. C’est ainsi que naît « Animatronic », montrant déjà la couleur.

Ce changement de style s’avère irrévocable. The Kovenant s’emmanche davantage dans ses nouvelles idées. La réédition de « In Times Before the Light » (2002) version black electro symphonique montre la décadence de ce groupe, tourné vers quelque chose de plus commercial. L’électro metal est très en vogue à cette époque tandis que le cyber metal se découvre sans être reconnu, Sybreed n’ayant pas encore fait des siennes. Les Norvégiens, opportunistes, oublient leur passé black metal et pondent « SETI » en 2003 (‘Search for Extra-Terrestrial Intelligence’, à traduire par « Recherche d’une Intelligence Extra-Terrestre’).

Ce qui avait été fait sur « Animatronic » au niveau des sonorités se confirme ici. Il s’agit d’électronique à tendance cyber, ensemble froid, mécanique et futuriste, alternant passages rapides et passages plus atmosphériques, voix claires et voix synthétiques. Les choeurs et les parties symphoniques n’ont pas été mises de côté et contribuent au côté spatial de certaines compositions. Toutefois, la mayonnaise ne prend pas…

« SETI », bien qu’étant objectivement original dans l’approche, n’en demeure pas moins raté. The Kovenant se perd dans ses bidouilles électroniques et laisse peu de place aux guitares, qui perdent du poids. Tout se base donc sur les claviers et les vocaux qui en dérangeront plus d’un. Lex Icon aurait dû, soit garder sa voix black, soit ne pas intégrer de voix tant il chante faux. Il est donc difficile de rester concentrés, que ce soit sur « Cyberthrash » ou l’atmosphérique « Pantomine », face à cet ensemble vocal non maîtrisé et sauvé par le synthétique. Malgré une tendance à vouloir imiter des figures importantes en matière d’indus, que ce soit Till Lindemann (Rammstein) ou Marylin Manson, il est difficile de s’y faire et l’overdose n’est jamais très loin.

Bien que « Planet of the Apes » ou « Via Negativa » restent les plus proches, dans l’esprit, de la période « Animatronic » avec cet ensemble plutôt sombre, renforcé par les choeurs et la présence de vocaux féminins, la suite peine à ravir, surtout quand l’électronique est utilisée à outrance, sans réelle ligne directrice, et que le rythme – quasi transe – nous cogne trop dans les oreilles. « Keepers of the Garden », par exemple, nous propose trop de choses à la fois, et le résultat est inaudible.

Écouter cet album d’une traite relève de l’exploit tant il est (trop) long et embourbé dans des idées, qui auraient pu être bonnes, mais qui restent mal exploitées. « Subtopia » met bien en valeur l’aspect extra terrestre, avec ces bruits bizarres et ces vocaux quasi robotiques. Mais l’assemblage est trop maladroit, idem sur « Hollow Earth ». A croire que le tout ait été bâclé.

Ca fait quasiment dix ans que cet album est sorti et pour l’instant, pas de successeur. Il semblerait que The Kovenant ait eu vent de ses erreurs, pas pour rien que Hellhammer (ici sous le nom de Von Blomberg) ait mis les voiles peu de temps après l’enregistrement de l’opus. Les Norvégiens sont tombés dans la facilité et ont raté leur tour de force en tombant bien bas, à savoir dans un cyber de mauvais goût. « SETI » est un album que beaucoup retiennent, mais pas forcément pour ses bonnes qualités, tant il signe la déchéance d’un combo ayant pourtant vécu son heure de gloire. Décevant.

 

Armaga : Mystic

Ξ juillet 2nd, 2012 | → 0 Comments | ∇ Dark Metal |

Armaga : MysticCa fait un petit moment que le quatuor originaire de Moscou fait parler de lui, entre des shows plutôt salués, deux albums à son actif et plusieurs signatures chez des labels russes tels que Molot Records, MSR et maintenant Irond Records. Armaga aura surtout fait sensation lors de la sortie de son premier DVD live, projet ambitieux pour ce jeune groupe manquant d’expérience, ce qui s’est vite fait ressentir, notamment au niveau d’un manque certain d’immersion. Pourtant, le combo a plus d’une corde à son arc et il compte bien le montrer avec la sortie de son nouvel album « Mystic ».

Il s’agit du premier album avec le nouveau chanteur, Sergey Morozov, qu’on avait découvert sur le « Walpurgis Night ». Il faut dire que son arrivée dans la bande a quelque peu changé les habitudes d’Armaga, qui avait fait deux albums mélangeant le doom/gothique et le black symphonique. On avait autant droit à des passages lents, lourds, glauques et mélancoliques qu’à des passages plus rapides, plus black et davantage symphoniques. L’univers était alors horrifique et le groupe jouait avec les atmosphères, à la rencontre de fantômes ou d’être surnaturels. Avec « Mystic », il semble qu’Armaga ait décidé de nous faire rentrer dans son antre. Fini les pochettes mystérieuses avec ce fameux manoir, l’auditeur est cette-fois en plein dans la gueule du loup, pour le meilleur et pour le pire.

Les Russes ont quelque peu laisser tomber leur fameuse alternance pour se concentrer sur une sorte de dark/horror metal. Les éléments black n’existent quasiment plus, si ce n’est la voix de Sergey, octroyant des cris tout à fait caractéristiques à certains moments. A contrario, ce sont les éléments death qui prennent l’avantage, que ce soit au niveau des riffs principaux, et du growl, très présent (« Avenger », « Howl of Despair »). Toutefois, il n’y a pas tant d’accélérations que ça. Le rythme est tantôt lent, tantôt quasi mid tempo, si bien que les atmosphères restent pesantes et plutôt lugubres lorsqu’apparaissent les claviers comme sur « The Past » ou « Mystic », où s’introduisent quelques murmures inquiétants.

Ces éléments permettent au metal d’Armaga de garder son côté horrifique et étrange, comme si des contes horribles nous étaient narrés par un Sergey plutôt convaincant. Les piano, cloches, orgues, xylophones et violons nous embarquent dans ce monde particulier. La démarche en elle-même rappelle les Néerlandais de Carach Angren, que ce soit sur « Trace of Time » ou le flagrant « The Lost Casket », misant sur des voix horribles et un piano dérangeant.

Mais Armaga ne laisse pas de côté ses influences doom pour autant. Car même si le rythme a quelque peu accéléré depuis l’opus « Dark Authority », certains titres gardent cette empreinte toute particulière, comme sur « Masterstroke » et son ensemble bien doom/death, bien que les claviers symphoniques soient de la partie.

On peut de plus remarquer une réelle amélioration au niveau de la production, plus puissante. Les guitares s’imposent davantage ainsi que le chant. Les sonorités symphoniques sont même plus travaillées et plus réelles, collant davantage au concept des Russes, en particulier sur le plus rapide des morceaux, « Evil Spell », bien plus proche du black symphonique actuel, ou sur l’instru finale « Rumble of Horror ».

Armaga rend donc sa musique encore plus « mystique » sur cet opus, renforçant sa personnalité et propulsant l’auditeur dans son univers macabre. Le quatuor a pris l’assurance nécessaire pour convaincre son public mais il faudra encore beaucoup d’effort pour jouer dans la cour des grands et impressionner, par la même occasion.

 

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